2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Garin/Eve] Bons baisers du Sanctuaire

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Garin DeLyons
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Juin 2075

Finalement, j’ai profité de la nuit, me disant que la journée, j’étais plus facilement repérable. J’ai pris ma moto, que j’ai garée… loin… Et j’ai fait le reste à pieds. J’aime autant vous dire que je n’avais qu’une envie : fuir. Mon instinct hurlait à la fuite primitive par les quatre membres. Mais il fallait que je la vois. Et je n’avais aucune envie d’attendre plus longtemps. Planqué à l’arrière de la caravane d’Eve, j’ai attendu. D’abord pour m’assure qu’elle était là, ensuite, qu’elle était seule. Mon coeur battait si vite que j’ai eu peur que ça s’entende à des kilomètres.

Mon teint est devenu blême quand j’ai entendu Annie parler avant de sortir. Je me suis plaqué à l’arrière de la carrosserie et j’ai tourné la tête pour la voir descendre en souhaitant une bonne nuit à Eve. La respiration courte, je l’ai regardé s’éloigner pour rentrer chez elle. J’en ai déduis que Jason ne devait pas être bien loin également. Raison de plus pour rester discret.

Le silence de retour, je me suis glissé jusqu’à la porte, non sans scruter les alentours et j’ai tapoté contre la grille. Mais je n’ai pour autant pas attendu qu’elle ouvre. C’était un risque qu’il y ait encore quelqu’un à l’intérieur mais j’ai pensé qu’Annie était la seule. Le risque d’être vu devant sa porte, si jamais Annie avait oublié quelque chose, était d’autant plus grand. Alors j’ai ouvert de moi-même et je suis rentré avant de fermer derrière moi avant de me faire repérer.


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Eve
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C’était une soirée comme toutes les autres depuis mon retour au sanctuaire. Il y avait toujours quelqu’un pour me tenir compagnie, s’assurer que j’allais bien. J’allais beaucoup mieux, vraiment, même si parfois je butais encore un peu sur mes souvenirs, ou je les mettais en doute, mais globalement, tout était revenu en ordre.

Ce soir c’était Annie de corvée de Eve-sitting comme je disais. Avec elle c’était simple, on parlait de tout et de rien, des trucs de filles. On n’était pas encore à nous faire les ongles ni à nous coiffer mutuellement, mais je m’entendais bien avec elle.

Je l’avais accompagnée jusqu’à la porte en lui souhaitant une bonne nuit. Après un signe de la main, j’avais refermé la moustiquaire derrière moi. Là tranquillement, j’ai déposé les deux mugs vides dans le lavabo pour les rincer.
Quelqu’un gratta à la grille, j’ai saisi rapidement de quoi m’essuyer les mains pensant qu’Annie revenait pour je ne sais quelle raison.

- Qu’est ce que tu as oubli…é…

J’ai cru avoir la berlue une seconde lorsque j'ai penché la tête vers l'entrée, mon cœur eut un loupé, j’en ai même laissé tomber mon torchon humide et je me suis précipitée dans ses bras avant qu’il ne puisse dire quoique ce soit. Je l’ai serré très fort contre moi pour être certaine que je ne rêvais pas en murmurant.

- Garin, enfin…

Et comme un réflex pavlovien, j’ai utilisé mon pouvoir sur lui pour le soulager de son poids, comme je l’ai toujours fait tout en cherchant ses lèvres, mon front collé au sien. Il était venu, pour moi.


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Garin DeLyons
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Je n'ai même pas cherché à la repousser. C'était un peu comme avoir enfin entre mes bras ce que j'avais cherché pendant près d'un an. Elle n'a même pas eu à chercher longtemps mes lèvres avant de les trouver. Chacun ses réflexes. J'ai su qu'elle usait de son pouvoir lorsque mes bras se sont refermés sur elle. Non seulement je sentais ses baisers, mais je ressentais la force avec laquelle je l'étreignais. En rouvrant des yeux verts naturels dans les siens, j'ai ouvert la bouche pour lui intimer de me rendre mon pouvoir. Aussi léger que je me sentais, aussi soulagé que je pouvais l'être, je me sentais profondément vulnérable. Pour la première fois de ma vie, j'étais gêné par l'absence de mon pouvoir.

– Tu vas bien...

Mais je n'ai rien dit.

J'avais attendu ce moment pendant si longtemps, j'avais rêvé à la retrouver pendant de si longs mois, j'en avais fait ma raison de vivre, mon objectif, le but qui me permettait d'avancer. Et elle était là, enfin, dans mes bras. Je n'ai suivi qu'un seul instinct : profiter.

– Je suis désolé...

D'un tas de trucs, mais sur le moment, je faisais référence à une chose en particulier. D'une main, je soutenais sa nuque, mon pouce glissant sur sa joue, mon front toujours posé contre le sien.

– Je n'aurais pas dû te laisser, je voulais venir, j'ai refusé de te laisser, mais il m'a empêché. J'ai cru que je t'avais perdue. J'ai cru que je ne te reverrai jamais.


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Eve
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Je l'avais dans mes bras, il était là et j'étais contre lui... J'en avais presque oublié sa chaleur, son odeur, la saveur de ses lèvres avec le temps, mais tout me revenait maintenant, je ne le lâcherai plus.
Je me perdais dans nos baisers, ma tête tournait... Vous savez, ce vertige que vous ressentez lorsque vous échangez votre tout premier baiser ? Je revivais cet instant magique.
Sans comprendre pourquoi, ni réfléchir, j'ai rendu à Garin ce que je lui avais pris, très lentement, c'était étrange pour moi, mais je l'ai fait.

Sa main sur ma nuque, j'ai fermé les yeux en secouant doucement la tête. J'étais essoufflée, l'émotion me faisait manquer d'air, j'avais l'impression d'avoir couru tout un marathon en sprintant.

- Tu n'as pas à t'excuser, ce n'est pas de ta faute, et j'aurai du...

J'aurai du faire attention lors de cette mission, mais je ne voulais pas revenir sur ça, d'ailleurs, je ne me souvenais toujours pas des minutes avant que je ne perde connaissance.
J'ai rouvert les yeux et caressé son visage, le souffle toujours aussi court, je parlais très bas.

- Nous sommes ensemble maintenant, tout va bien, tu vas bien et tu es là...

Je l'ai embrassé encore une fois.


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Garin DeLyons
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Alors qu'elle me rendait mon pouvoir - si toutefois elle me l'avait pris une seconde - mes yeux ont repris leur nouvelle teinte ambrée et ma vue est redevenue différente. Petit à petit, j'ai aussi perdu la sensation de sa peau sous mes doigts.

Je n'ai pas vraiment eu le temps de protester qu'elle m'embrassait à nouveau. J'avais d'ailleurs du mal, tout court, à protester.

– Eve... Je ne reste pas.

Je me suis forcé à rouvrir les yeux dans les siens.

– Je ne peux pas.

Ce n'était pas difficile à expliquer alors je lui ai épargné cette insulte. Abel, ma mort, tout ça... Sky n'avait ici aucune raison d'être, le problème était ailleurs. Je savais que Eve le comprendrait, mais je n'étais pas sûr qu'elle l'accepte. Alors j'ai ajouté :

– Je te l'ai dit, tout a changé...

A part Abel, je doutais que qui que ce soit ait pu faire le lien entre moi et le MSS. Mais ça, c'était encore une raison pour laquelle je ne pouvais pas rester. Et je ne parlais pas de rester ici, dans cette caravane, mais bien de rester auprès d'elle.


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Eve
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Je n'avais eu, même brève, que la version de Garin sur ce qui s'était passé avec Abel. Toute cette histoire me dépassait pour être honnête. Même si elle me concernait, je me sentais pourtant si éloignée de tout ça. Je n'avais pas eu le courage de mettre cette histoire à plat avec mon frère, j'attendais avant tout de retrouver Garin.

Mais je ne voulais pas entendre ce qu'il me disait, j'étais dans le déni le plus total. J'ai encore une fois secoué la tête, mes yeux dans les siens.

- Non, tu es là, rien ne peut changer entre nous.

J'ai appuyé mon front plus fort contre le sien.

- Tu ne serais pas là sinon.

Il ne pouvait pas me faire ça, après tout ce que nous avions traversé, vécu, partagé ou perdu... Il ne pouvait pas...



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Garin DeLyons
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J'ai inspiré profondément. Ca devenait difficile. J'ai pris ses poignets dans mes mains et j'ai secoué la tête.

– Je ne peux pas.

C'était même encore plus difficile que je le pensais. Mais je faisais ce qu'il y avait de mieux pour nous. Et ce n'était pas une vie de la laisser entre son frère et moi, avec en prime, une menace constante sur ma tête.

– Si je suis venu...

On lève le menton et on assume.

– Si je suis venu, c'est pour te dire au-revoir.

J'ai dégluti, le front soucieux en l'observant. Je n'étais pas fier. Je ne me sentais pas non plus très propre, après tout ce qu'on avait partagé. J'étais furieux contre moi-même, contre toute cette situation.

– Eve, j'aimerais que les choses soient différentes, mais elles ne le sont pas. Ton frère cherchera toujours à me tuer, on ne sera jamais heureux dans ces conditions.


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Eve
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J'ai inspiré profondément pour me contenir. Chaque mot qu'il usait, j'aurai pu étrangement les anticiper. Il faut dire qu'à sa tête, il n'était pas difficile, à moins d'être aussi vive que le céphalo d'un bulot cuit, de comprendre qu'il ne venait pas m'annoncer qu'Abel lui avait fait envoyer chocolats et l'autorisation de prendre ma main.

Je comprenais. Qui pouvait mieux comprendre que moi la situation ? Personne, non, et personne ne pouvait le connaitre mieux que moi. Malgré ses secrets, je le connaissais par coeur, lui aussi d'ailleurs. Nous étions comme liés, ensemble nous n'étions qu'un.

La décision qu'il avait prise, et seul qui plus est, je la refusais. Je ne voulais pas l'entendre. Je ne suis pas du genre à envier qui que ce soit, mais croyez le ou pas, j'enviais Jason de pouvoir se couper du monde, j'aurai voulu être sourde et ne jamais entendre ce qu'il venait me dire.
Je n'allais pas accepter la situation aussi facilement, jamais, surtout lorsqu'il s'agissait de Garin, de nous. J'ai froncé les sourcils, le front soucieux je n'ai pas caché mon agacement, ni mon étonnement, encore moi ma peine. C'était une spirale infernale d'émotions que je ne pouvais plus nommer, dénombrer, j'étais paumée.

- Et?

J'ai secoué la tête, Garin savait ce que cela signifiait. Je suis presque persuadée qu'il s'attendait à ce qui allait suivre.

- Tu abandonnes ? Tu baisses les bras, tout ça à cause d'Abel ? Tu vas le laisser gagner, lui montrer qu'il avait raison, que tu n'étais pas digne de confiance, de moi ? Je lui ai dit  mainte et mainte fois qu'il se trompait totalement sur ton cas, que jamais tu ne m'abandonnerais. Tu veux vraiment lui donner encore raison ?


Je ne l'avais fait volontairement, j'avais encore une fois absorbé Yu de Garin. Que voulez-vous, je ne pouvais pas faire autrement. Je ne lui voulais que du bien, je n'ai jamais voulu que ça pour lui. Peut être qu'il avait raison, que pour son bien justement, il se devait me fuir, m'abandonner. Mes poignets prisonniers de ses mains, je me suis délicatement délivrée pour lui caresser les bras en les effleurant.

- Il ne peut rien, je suis là, je ne le laisserai jamais se mettre entre nous, il ne te touchera pas, ou alors il devra d'abord me passer sur le corps. Alors ne viens pas me dire que tu t'en vas, jamais...

J'ai encadré son visage de mes mains, mais yeux ne quittaient plus les siens à leur couleur naturelle.

- JAMAIS !

Je me suis à nouveau blottie contre lui.


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Garin DeLyons
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Je me sentais si faible, chaque fois qu'elle jouait avec mon pouvoir, mais au moins je pouvais la ressentir. Quand elle s'est libérée de mes mains, je n'ai pas résisté, elles ont simplement glissé le long de ses bras. Vous vous souvenez, je vous ai déjà dit que pleurer, ce n'était pas dans mon organisme. Mais sans mon pouvoir, je me sentais tellement démuni, plus qu'une spirale d'émotions, j'étais bouleversé, anéanti. Je scrutais son regard à la recherche d'une quelconque aide qui ne venait pas. C'était même pire.

– Eve, je t'aime. Comme jamais je n'ai aimé qui que ce soit et je n'aimerai jamais personne comme je t'aime, toi.

Ma voix était basse, plus basse que la sienne, empreinte de quelque chose que je ne me connaissais pas. J'ai caressé sa joue. J'aurais voulu lui dire. La totalité de la vérité. Sky n'était qu'une raison lointaine à mon départ de la vie d'Eve. Avant ça, il y avait… Tout Liberation. Et le MSS. J'ai dégluti.

– Mais je suis fatigué. J'ai à peine 25 ans et j'ai vécu mille et une vies, qui ne sont même pas les miennes. Si je me confronte à Abel, ce sera lui ou moi… C'est ça que tu veux ? Ce que je suis devenu, j'ai plus d'une chance de mon côté, il se pourrait que le destin me laisse vivre, mais dans ce cas, pas lui. Il ne s'agit pas d'une simple querelle. C'est vraiment ce que tu veux ?! Je suis tellement épuisé, Eve… Si je reste, je devrais me protéger de Liberation, ainsi que Liberation de moi. Tu ne m'écoutes pas quand je te dis que tout a changé… Je ne parle pas uniquement de ce que je suis devenu en revenant à la vie. Je te parle… De ce que je fais, maintenant.

J'ai secoué la tête.

– Tu n'es pas plus digne de confiance que moi. J'essaye de rendre les choses plus faciles ! Je sais ce que j'ai dit et je te demande pardon, je ne peux pas tenir ma promesse !

J'avais commencé à hausser le ton. La voix chevrotante, j'ai laissé tomber :

– Rends-le moi. S'il te plaît.

Mon pouvoir n'était plus un fardeau. C'était aujourd'hui un mécanisme de défense. Et je me sentais perpétuellement en danger. Même ici. Surtout ici.


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Eve
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J’étais sensible au charme de Garin. Un charme assez spécial du mauvais garçon qui voulait se donner un genre. Que voulez-vous, je craquais complètement pour ce genre de mec et il n’avait pas eu besoin de me chercher bien longtemps pour que je tombe dans ses bras, au grand damne de mon frère. Mais ajoutez à cela ce genre de déclaration d’amour, et vous me ramassez à la petite cuillère. C’était paradoxal ces mots qui sortaient de la bouche dans ce genre d’homme dont faisait parti Garin, mais c’était le combo pour la faible femme amoureuse que j’étais. Il m’en avait littéralement coupé le sifflet.

Comment pouvait-il affirmer qu’il m’aimait alors qu’il venait tout simplement… Rompre ?

J’avais beau avoir suivi l’impitoyable entrainement du MSS depuis ma tendre enfance qu’ils m’avaient volée, mes yeux me trahissaient toujours, je n’avais jamais vraiment réussi à dissimuler mes émotions, surtout lorsque je devais exécuter les ordres qui me déplaisaient. Cela m’avait coûté bien des séances de « dressage ». J’étais restée humaine au fond de moi, ils n’avaient étrangement pas réussi à faire de moi une machine à tuer, comme Abel pouvait l’être. Si mon pouvoir n’était pas aussi précieux à leurs yeux, je crois que j’aurai été éliminée dès les premières années, c’est ce que j’en avais déduit.
Garin put lire en moi comme dans un livre ouvert, l’amour qu’il disait me vouer était réciproque, mes yeux ne lui mentaient jamais.

Cependant la suite de son laïus ne me convenait toujours pas, je l’ai laissé finir et rendu son pouvoir dans une grimace pour excuse. J’ai inspiré avant de répondre en posant mes mains sur son torse.

- Même si je ne connais pas tes secrets les plus profonds, j’en sais suffisamment pour comprendre et compatir. Contrairement à ce que tu sous-entends, je t’écoute !

Je sentais comme de la colère au fond de moi, mais je me sentais plus trahie qu’autre chose. J’ai parlé plus fort que je ne l’aurai voulu sans pour autant crier.

- Et en quoi cela sera plus simple ? Explique moi par ce que je ne vois pas comment je pourrais trouver ça plus simple ?! J’ai replacé nerveusement une mèche de cheveux derrière mon oreille tout en me reculant, je cherchais mes mots, le regard baissé sur le sol qui cherchait lui aussi quelque chose sans la trouver, finalement mes yeux sont revenus  sur lui.
Tu crois que ces derniers mois ont été simples pour moi ? Sais-tu combien je flippais alors que je ne me souvenais même plus de mon propre prénom ? Qu’aucun visage ne m’était familier, et pour cause, je n’étais même pas chez moi !

Je me suis encore reculée, je devais m’éloigner de cet homme qui serait bientôt un étranger si je ne jouais pas toutes mes cartes, mais il avait choisi de partir, je ne devais le retenir, j’étais en totale contradiction avec moi-même.

- Et quand l’inconnu que tu étais est apparu, qu’il m’a fait toutes ces promesses que tu ne tiendras pas ! Ces promesses que je n’ai pu comprendre qu’une nuit de septembre. Je savais que quelque chose se passait, je le savais par ce que j’ai eu des flashs de cet inconnu qui ne l’était plus ! Je me souvenais plus de toi avant cet instant, et je n’ai compris de suite que je ne perdais pas qu’un... Tu...

Mes yeux étaient remplis de larmes. Je ne voulais pas le lui dire, je voulais taire cet événement, mais je ne pouvais plus le garder, tant pis. Je ne ferai plus jamais référence à cette triste expérience, à personne, et je me suis promise de ne plus jamais y repenser.  Tu n'étais pas là...

- Et je te perds, encore une fois ce soir. Je me suis reprise, je ne devais pas pleurer, droite et fière j’ai continué. Et c’est certainement une bonne chose que d'avoir perdu ce qui me relierait à toi, qui serait sous mes yeux chaque jour. Mes mots me donnaient la nausée.
Si tu dois passer cette porte, sache que je ne chercherai plus jamais à te contacter, comme c’est ce que tu veux pour ton bien, puisque je t’aime trop pour te retenir… J’ai dégluti difficilement. Sache que j’oublierai totalement qui tu es, que tu ne seras plus jamais qu’un inconnu à mes yeux, quoi qu’il arrive, ne reviens jamais vers moi.
Puisqu’il fuyait Libération, que j’en étais… Que j’obéirai aux ordres.

Ça m’a tuée de devoir dire ce que je ne pensais pas une seule seconde. Mais je devais me montrer déterminée. Je me dégoutais mais je crois qu’il me dégoutait tout autant. Enfin c’est ce que j’essayais de me faire croire. Malheureusement. Garin…

- Comme ça, c’est simple.


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Garin DeLyons
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Plus elle parlait et plus c'était difficile. J'ai bien essayé de garder des images vives dans ma tête pour ne pas perdre le cap.

– Ce n'est pas moi qui t'aie envoyée là-bas ! Je t'ai cherchée pendant des mois, mais je te rappelle que l'inconnu, c'était moi à un moment donné !

Malheureusement, certaines choses, même si je les regrettais au moment où les mots franchissaient mes lèvres, c'était des vérités qui me restaient. Quand bien même, elle avait raison. J'aurais dû tenir ma promesse. Je n'avais simplement pas imaginé ce qui m'arriverait ensuite. Je ne comprenais rien de ce qu'elle me disait. J'étais là, à froncer les sourcils et secouer la tête, essayant de déchiffrer de quoi elle parlait. Quoi, septembre ? J'avais rouvert les yeux en octobre, il m'a fallu une certaine gymnastique pour faire le lien.

– De quoi est-ce que tu parles ?

Je ne voulais pas lui rendre les choses plus difficiles, mais je n'étais pas non plus une lumière… Je crois également que mon esprit n'a absolument pas voulu traduire ce qu'elle me disait. Je l'ai regardée m'insulter presque des yeux, les miens ronds comme des billes à me demander si je le méritais ou bien si j'étais simplement à moitié sourd. Je l'ai fixée sans comprendre. Je comprenais bien que je lui faisais du mal, que je n'avais que ce que je méritais et que, finalement, j'avais ce que je voulais. J'aurais pu partir, comme ça, mais quelque chose me disait qu'elle ne parlait que sous le coup de l'émotion. Elle ne devrait pas tenter de me contacter à nouveau. J'allais employer la même méthode qu'avec Sky, mais cette fois, il ne s'agissait pas de la protéger d'un dealer de drogues… mais de me protéger de son psychopathe de frangin.

– Tu as DÉJÀ oublié qui je suis.

Je pesais, au bas mot, près de 50kg de plus, mes entraînements m'avait donné une largeur d'épaules qui pourrait rendre Abel jaloux, mes yeux avaient changé de couleur, ma peau n'avait plus tout à fait la même texture. Et puis, il y avait les changements à l'intérieur de moi. Mon assurance, ma prudence. J'avais grandi aux côtés de Hyun, grâce au MSS. Enfin... dans ma tête, parce que pour le reste, non, ça, ça n'avait pas changé.

– Tu obéis TOUJOURS aux ordres, Eve ! Je t'ai demandé de venir avec moi. Plus d'une fois ! Tu n'as d'yeux que pour ce type qui t'a laissée pour morte, en train de crever dans une rue… POUR LA STRATÉGIE ! Tu suis aveuglément un psychopathe qui m'a laissé crever entre deux poubelles ! Je t'ai déjà raconté ce qui m'était arrivé quand j'ai été exposé à Yu par la CIA. OUBLIE TOUT CE QUE JE T'AI DIT ! Cette fois, c'était pire ! Ca a été long, douloureux et le réveil a été pire encore ! Il m'a tué… Par STRATÉGIE ! Alors QUOI !

Je ne suis pas sûr qu'avoir haussé le ton soit une bonne idée. Je n'étais pas mieux à voir qu'elle et j'en avais même les mains qui tremblaient. J'avais secrètement espéré que tout se passerait simplement, ce serait long, mais je pensais qu'elle comprendrait. Je n'avais pas imaginé qu'elle puisse s'accrocher à moi. Je ne comprenais pas pourquoi elle le faisait non plus. J'étais peut-être assez stupide pour ne pas saisir les subtilités de son passage à l'Underground, mais je savais encore reconnaître la douleur dans son regard lorsqu'elle parlait de m'oublier. C'était plus un appel à l'aide, pas vrai ?

– Tu veux que je reste là, avec toi, que je me cache, en permanence ? Comme si tout pouvait être comme avant. On soulèverait les rideaux pour être sûr que personne ne nous voit et puis je m'infiltrerai la nuit tombée pour repartir avant le lever du jour ? Tu appelles ça une relation ? RIEN n'est comme avant, Eve… Absolument rien. Je regrette…

Je crois qu'on se dégoûtait mutuellement...

– Mais je dois obéir aux ordres aussi. Et ils n'émanent pas de ton frère. Encore moins de Liberation.


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Eve
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Je ne doutais pas un seul moment de Garin. S'il dit m'avoir cherché durant des mois en vain, je ne vois pas pourquoi je ne le croirais pas. Mais je n'ai pas relevé.
Puis je l'ai regardé, je me suis demandée quand même si il ne se foutait pas un peu de ma gueule. C'était pourtant clair ! Fallait-il vraiment que je lui balance cash ? Apparement oui. C'était juste trop douloureux, j'avais soudainement la gorge sèche, comme si je revivais ce cauchemar, j'ai répondu un peu trop froidement.

- J'ai perdu notre enfant cette fameuse nuit de septembre, Garin.

C'était assez clair là non? J'ai du m'asseoir, c'était éprouvant, mes mains tremblaient. Je ne supportais plus cet affrontement. Je ne savais plus si je devais aller chercher en lui réconfort ou le mettre directement à la porte, histoire d'éviter de se faire plus de mal encore.

- Si je t'ai oublié, ce n'était que temporaire... Je ne t'ai pas oublié Garin, c'est toi qui n'est plus celui que j'ai aimé. Je n'y suis pour rien...

Je l'ai détaillé de la tête aux pieds, et j'ai seulement remarqué combien il était devenu imposant. J'avais l'impression qu'il avait doublé de volume, il était impressionnant. Et lorsque j'ai à nouveau croisé son regard, j'ai baissé le mien. Je l'aimais, c'était un fait avéré... Et il devait avoir la mémoire courte.

- Si j'obéissais, jamais tu n'aurais pu poser ne serait-ce les yeux sur moi. Combien de fois j'ai défié mon frère pour toi ? Je ne le compte  même plus. J'ai secoué la tête de dépit. N'importe qui aurait fait la même chose, tu sais très bien que l'on fonctionne comme ça. J'aurai pris la même décision. Eve... arrête de mentir. J'ai détourné les yeux, je détestais mentir, surtout à Garin. Tu sais qu'un sacrifice parfois est nécessaire, et j'ai été "recueillie", je n'étais pas tombée entre les mains du MSS. Je n'étais qu'à l'Underground ! Autant dire, à Bisouville, sous la protection de Grocalin et Tougentil... Mais je ne cautionne pas pour autant ce qu'Abel a fait. Il m'avait trahi. Et ce Psychopathe m'a sauvée la vie, plus d'une fois. Si mon frère ne nous avait pas sorti de là (comprendre le MSS), je ne serai pas en face de toi, j'aurai fini par me tirer une balle dans la tête ! Je lui dois tout, tu entends !

Je me suis passée une main sur le visage, je ne voulais plus m'emporter.

Excuse-moi... Je ne voulais pas m'énerver contre toi. J'ai inspiré tout en fermant les yeux. J'ai repris plus calmement. Si tu n'es pas prêt à te battre pour être avec moi, comme je le suis, tu peux partir maintenant.

Ne me laissez pas de flingue à portée de main, je crois que je pourrai faire une bêtise.


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Garin DeLyons
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On n'a parfois l'impression de rater sa vie. Cette sourde et désagréable impression que c'est bien arrivé, mais que, d'une certaine façon, on fera mieux la prochaine fois. Un bouton reset pour tout recommencer. On en vient à se demander pourquoi le sort s'acharne, après tout, on s'est contenté de venir au monde, le reste est une suite de conséquences. Pour ma part, je me demande chaque jour si je rêve, si j'hallucine ou je suis bien vivant. Certaines choses m'apparaissent comme… Des voiles, des fantômes traversant mon corps. Je ne réalise pas.

Alors, je crois bien que je n'ai pas entendu la moitié de ce qui a suivi. À part la première phrase. J'ai dû devenir blême. Dans le genre blême cadavérique. Et je pense que j'ai même cessé de respirer. J'ai toujours voulu des enfants, et je me souviens même d'en avoir parlé avec elle. Sur le moment, je me suis surtout rappelé d'un jour, quelque chose comme un ou deux jours avant la mission d'infiltration, où elle m'a demandé si j'en voulais. Honnêtement, je crois que j'ai failli vomir. Loin de moi l'idée d'être dégoûté - sinon de moi-même de ne pas avoir été là - mais après ça, il m'a fallu plusieurs jours entiers pour encaisser. J'aurais dû demander. J'aurais dû être curieux. J'aurais dû… Réagir différemment. Savoir que j'ai été lié de cette manière à Eve, qui sait si ma propre mort a influencé sa vie à elle. Est-ce que Abel savait ? Avait-il réagi plus à cause de ça ou simplement parce que j'attirais le FBI sur Liberation, par le biais d'une recherche sur mes empreintes qui renvoyaient à la CIA ?

En fait, n'avoir pas entendu un traitre mot n'est pas un mal. J'aurais probablement pu devenir violent. Elle continuait de défendre Abel et je ne comprenais pas pourquoi. Nous n'avions qu'une seule source de disputes avec Eve : Abel. Plus que ça, à présent, si je restais… Nous aurions un autre sujet de dispute.

J'ai fait quelque chose que je regrette. Tellement abattu, je n'ai pas trouvé la force de répondre. A dire vrai, il m'arrive d'être assez couard, dans mon genre, refuser le conflit, préférer mon confort… Sur le coup, j'étais plus qu'abattu, j'étais anéanti. J'ai cherché la poignée de la porte dans mon dos, le regard dans le vague. Il fallait que je sorte. Maintenant avant de lui repeindre l'intérieur. Je n'avais toujours pas retrouvé ma respiration.

J'ai rouvert la porte sans demander mon reste. Je n'ai même pas vérifié si quelqu'un arrivait ou était susceptible simplement de me remarquer. J'en avais juste rien à foutre.

Parfois… Je ne réalise pas ma propre vie.


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Eve
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J'ai du le torpiller. Personnellement, j'avais déjà touché le fond. Je crois qu'il a eu la pire des réactions, partir, silencieux. Mais ce n'était peut être pas plus mal, même si j'étais à deux doigts d'aller le rechercher.

Je n'ai pas vu la porte se refermer, j'avais le regard dans le vide, en direction de la table qui me faisait face... Et c'est venu au plus profond de moi-même. Je n'avais plus ressenti autant de peine depuis... Toujours je dirai.

Le sacrifice était fait. Je l'ai laissé partir, pour lui, pour le sauver d'Abel, pour qu'il puisse trouver sa vie normale qu'il espérait tant... Au détriment de mon propre bonheur. Je sentais mes entrailles se tordre, la douleur était trop forte, j'ai craqué... J'ai du pleurer trois jours. Je n'avais plus d'appétit. Je ne suis plus sortie jusqu'à ce qu'on vienne me sortir de force du lit.

Je n'ai parlé de cela à personne. J'ai gardé ça pour moi. C'était dur, mais c'était la seule solution pour le protéger de nous. Je ne sais réellement pas où il se trouve, je ne le chercherai plus, je ne le contacterai pas plus. J'étais comme morte, pour qu'il vive... Cela peut paraître exagéré, mais à peine.


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