2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Alex/Eve] Surveillance constante

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Alex Peterson
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Juillet 2075

Jour de livraison. Avec le club en plus du bar, c'était double ration d'alcool toutes les semaines. J'étais toujours le préposé aux livraisons, ça me permettait de sortir un peu. Je prenais la voiture, je venais jusqu'à la baie, je chargeais le coffre. Une fois par mois, c'était un camion directement qui venait nous livrer. Le reste, c'était le pick up plein. Nous n'étions pas si gros et de toute façon, la plupart des personnes buvaient de la bière sans trop chercher l'exotisme ! Le club, en revanche, était plus gourmand.

Mon épaule était bien guérie, maintenant, mais il m'arrivait, en fonction du temps, de gigoter, comme si je ne trouvais pas bien ma position confortable. Les livraisons étaient aussi une façon pour moi de rester alerte et en mouvement.

Et puis la baie avait son lot de romantisme. Les mouettes, l'odeur de l'océan, la pleine vue sur le soleil, les nuages et l'horizon clair. J'aimais bien rester chez moi, mais j'aimais aussi voir autre chose. Et depuis cette mission pour Liberation, avec l'ouverture du club, je n'avais pas pris de nouvel ordre, restant un peu au vert. J'avais préféré faire profil bas. On me cherchait plus qu'il n'y paraissait et si je pouvais sembler mort encore un moment, ça me conviendrait. Les choses commençaient à prendre un rythme de croisière.

Je serais bientôt à nouveau sur le terrain.



"The secret to happiness with men ?
Lower your expectations.
Because deep down, in my heart... I know Big Foot is real."
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Eve
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La veille, j’ai squatté chez Marlène et Levi. J’avais pu lui piquer un écran, j’avais besoin de me changer les idées, allez savoir pourquoi. Moi je savais, toujours la même rengaine, Garin. Je ne pleurais plus, je ne m’enfermais plus, mais je devais m’occuper l’esprit, et il y avait plein de choses qui se bousculaient dans ma tête, surtout depuis ma discussion avec Jason.

Mon séjour forcé à l’Underground avait laissé des traces. Plus je réfléchissais, plus je trouvais leur organisation intéressante, elle m’inspirait pour être honnête. De ce fait, je me suis intéressée de plus près à tout ce qui nous touchait. Nous avions chacun nos spécialités et la mienne n’était pas de fourrer mon nez dans les dossiers ou la toile.

J’ai commencé par éplucher la press depuis Janvier. Et immanquablement, je suis tombée sur la photo de Jericho. Je me suis arrêtée net, le cœur serré en voyant son visage. Je me suis redressée, appuyé mon dos sur le dossier les mains derrière la tête en soupirant. Il me manquait… Puis j’ai repris ma lecture.

J’ai cliqué sur un lien qui m’avait conduite sur une émission et son flash spécial de Shannon O’Dair du 3 février 2075… Je ne me suis pas attardée sur les images, ni sur ce qu’elle disait. J’ai déroulé les commentaires, des commentaires à foison. Il y avait de tout. Des insultes, des soutiens, des appels à la mobilisation et j’en passe. Venant de tous les bords, de tous les pays.
Je me suis aventurée sur les différents forums mis en lien dans certains commentaires. Là aussi il y avait à boire et à manger. Beaucoup de petits cons qui faisaient les malins, mais aussi d’autres beaucoup plus intéressantes. Les différentes remarques ne m’ont pas laissée indifférente. Je ne sais pas combien de temps je suis restée à lire, chercher, mais cela devait se compter en heures.

Levi m’avait apportée une tasse de café pour me faire lever le nez une minute. C’est que ça bouillonnait dans ma tête. Les yeux dans le vide, je me repassais tout. L’underground, Jericho, rassemblement, soulèvement…
J’ai gardé la tasse dans les mains, presque sur mes lèvres. J’ai dû parler à Marlène, un peu loin dans mes pensées, comme rêveuse à ses yeux.

- Marlène ? Est-ce que tu as la liste de nos intermédiaires ?
Elle a levé le nez de son écran.
- Hum ? Oui, Je…
Je l’ai interrompue.
- Est-ce que tu peux me donner le nom de ceux qui ont le plus bossé pour nous ?
- Attends, tu veux que je te les sorte ?
- Non, laisse moi voir.

Des noms ont défilé mais un en particulier m’a interpelée. BONES CRACKER.

- Celui-là…

J'ai pointé son nom de l'index sur l'écran. Candidat, propriétaire d’un club, d’un bar, régulier, efficace, sa dernière mission nous avait permis d’éradiquer un gang pro-négatif. J’ai souri, j’avais ma cible.
Là où Abel avait pour stratégie la cachette, la discrétion. J’avais des envies de grandeurs. L’underground, Jericho, rassemblement, soulèvement… J’imaginais déjà des milliers d’alliés dans la ville, autant d’armes possibles à notre cause, autant de menace pour les grands de la ville… Nous devions nous étendre. Je devais convaincre Abel et les autres à la prochaine réunion et pour ça je devais avoir matière à présenter, et pour moi, nous devions commencer par nos intermédiaires.


Le lendemain, je me suis postée aux alentours du club, dans mon pickup. Il n’était pas très discret mais je savais comment suivre une voiture sans me faire repérer.
J’ai vu le fameux Bones Cracker, avec une tronche comme la sienne, même avec une photo floutée, tu le reconnaissais…

Je l’ai suivi et je me suis garée sur un parking un peu plus loin de son fournisseur. J’avais un peu de temps devant moi, puisqu’il devait charger le coffre, j’ai eu le temps d’ouvrir mon capot et d’arracher un fil de ma batterie et dévisser une bougie. Au moins ces deux choses là, je savais les réparer si je me prenais un vent.
Une fois la chose faite, je me suis essuyée les mains avec un chiffon. J’en avais toujours un dans la boite à gant, c’est que je tombais souvent en panne avec ce vieux tacot.
J’ai ouvert un bouton de plus à mon chemisier bleu et j’étais prête.

J’ai marché d’un pas décidé jusqu’à sa voiture, le chiffon dans les mains. Une fois près de son véhicule j’ai ralenti et penché la tête pour le voir charger une caisse.

- Salut ! excuse-moi…

Je me suis approchée de lui en souriant. Et j’ai pointé du pouce derrière moi.

- J’ai… ca m’embête tu as l’air de bosser là, mais je suis en panne, ma caisse ne démarre plus et je suis nulle en mécanique… Si tu pouvais regarder sous mon capot, enfin celui de mon pickup, ça serait sympa !

Et là je lui sors mon plus beau sourire. Si c’était vraiment un mec, il ne devrait même pas se poser de question.


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Alex Peterson
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Le coup de la panne, très bien.

Quand j'ai entendu la voix, je me suis redressé en lâchant une caisse dans le pick up. Heureusement, il est vieux mais armé comme un tank, je peux y faire tenir un éléphant sans que les essieux ne plient. En tout cas, à l'époque. Maintenant, un peu moins. Mon regard a alors croisé celui de cette fille et parce que je suis vraiment un mec, je vous le dis : 'Khompâreh'. Deux obus qu'elle m'offrait gratuitement, la demoiselle. J'aimerais vous la faire plus distinguée, mais après tout, je peux encore penser ce que je veux quand je suis tout seul dans ma tête. Je ne parle pas couramment arabe. Encore moins l'arabe perse que ma mère n'a pas su me transmettre malgré qu'elle ait été billingue un jour. Mais je suis pas resté indifférent à mes origines, même si je n'ai pas toujours cherché à en savoir plus sur l'héritage de mon nez… Je ne vois pas meilleur terme pour définir cette fille que mes yeux dévoraient allègrement sans y toucher.

J'ai doucement remonté une manche de ma veste sur mon coude en l'écoutant. Nous disions donc : le coup de la panne. J'ai acquiescé et j'ai ramené une mèche rebelle en arrière d'une main dans mes cheveux avant de la suivre avec un sourire. Je vais vous dire. Elle aurait pu avoir ses obus sous la ceinture que je l'aurais aidée quoi qu'il arrive. Je le peux, alors je le fais.

Je l'ai suivie jusqu'à sa voiture avant de mettre le nez sous le capot - de sa voiture. Sauf que je suis pas un benet. Encore moins un abruti. Et le moteur dégageait suffisamment de chaleur pour que je devine qu'il tournait il y a moins de 30 min. Mais je n'ai rien dit. Après tout...

Je suis vraiment un mec.



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Eve
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J'allais passer pour la chaudasse de service, mais c'était fait pour. Pour preuve que ça fonctionnait, il avait du mal à me regarder dans les yeux. Il ne l'avait pas fait d'ailleurs, à part un sourire... Il m'a suivit sans un mot, alors je me suis sentie obligée de faire la conversation. Et comment passer pour la cruche de service ? En parlant sans cesse. J'ai pointé du doigt l'espèce de bazar de l'autre côté de la route.

- J'ai voulu m'arrêter m'acheter une bricole en face, et quand j'ai voulu repartir, rien...

J'ai haussé les épaules en lui souriant alors j'ai ouvert le capot, enfin, j'ai fait ma godiche deux minutes qui tentait de l'ouvrir.

- J'ai pourtant réussi il n'y pas cinq minutes.

Une fois ouvert, je l'ai invité à y plonger la tête. Je vous avoue que l'idée de le fourrer à l'arrière du pickup après l'avoir assommé m'avait traversé l'esprit, mais en voyant le morceau, j'ai préféré changer mes plans.

- Alors? Tu crois que c'est important?

J'ai appuyé mon arrière-train sur la carrosserie en croisant les bras, faisant semblant de m'intéresser au problème.

- T'es dans la restauration ? C'est un grossiste pour les professionnels ici non?


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Alex Peterson
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Je savais pas si elle faisait exprès ou non mais moi je trouvais ça mignon. J'ai souri d'autant plus en la voyant galérer. Et encore plus quand elle s'est posée contre le capot pour me regarder fouiller sa mécanique. Du moins, celle de sa voiture. Doucement, j'ai tourné la tête pour la regarder, à peine le coude contre la carrosserie. Elle jouait bien les godiches, en tout cas. Il ne lui manquait plus que le cheming-gum et le cache coeur remonté jusque sous les nibards avec la ceinture ne tenant que ses fesses, sans se tenir à ses hanches.

"Je suis gérant d'un club, oui."

La batterie était ce que je voyais de plus évident. J'ai froncé les sourcils en regardant autour. Elle avait pu rouler jusque là ? Avec sa batterie non reliée ? Vraiment ? Admettons que ce soit un câble de sécurité du 22e siècle avant l'heure.

"Et toi ? A part te balader avec une batterie pas branchée, je veux dire."

J'ia continué mon observation, au cas où, fourrant mes mains un peu partout.

"C'est un vieux modèle que tu te trimballes quand même. Tu n'as pas pensé à changer ? Ca t'éviterait le coup de la panne."

Cela dit, notez que je n'allais pas m'en plaindre. Dans d'autres circonstances, j'aurais probablement essayé de l'assommer à l'arrière du camion. Oh pardon, je vous choque, peut-être ?! Ossava. Vous auriez pensé la même chose, même juste une seconde. Même marié.



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Eve
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Si j'avais eu un chewing-gum, j'en aurai même fourré deux dans la bouche et mâché comme un ruminant, et bruyamment s'il vous plait.
Je ne savais pas si Bones était vraiment con, mais si ce n'était pas le cas il jouait vraiment bien. J'ai relevé les sourcils d'étonnement quand il avoua être le gérant d'un club.

- Ah ouè ! Carrément ! Donc ce n'est pas grave si tu rentres à la bourre. Ton patron gueulera pas !

Je me suis montrée très intéressée à lui tout à coup, enfin, si on pouvait en faire plus. Et je me suis accoudée à ses côtés, cherchant la dite "batterie débranchée".

- On a récemment ouvert une entreprise familiale avec mon frère... Elle est où la batterie dans ce bordel ?

J'ai tripoté à droite à gauche comme lui, sauf que, c'était juste pour toucher la mécanique, sans rien y faire.

- Alors j'ai pas trop les moyens de m'offrir une nouvelle voiture. Par les temps qui courent. Mais c'est un marché fleurissant les pompes funèbres. Avec tout ce bordel depuis des mois.


J'ai hoché de la tête.

- T'en connais des mecs de chez libération ? Au fait, moi c'est Lydie.

Je lui ai sorti un sourire charmeur.


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Alex Peterson
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J'ai pouffé de rire.

"Les pompes funèbres, carrément ? Et c'est une bonne situation ça, les pompes funèbres ?"

'Par les temps qui courent' qu'elle m'a répondu. J'ai fermé les yeux et j'ai acquiescé en riant.

"Oui, on va dire ça comme ça. Ce bordel depuis des mois."

Je me suis pris à lui faire un cours de mécanique. Elle s'en foutait probablement royalement mais je m'en fichais qu'elle en ait rien à faire. J'adorais ça, la mécanique. Et puis on cherche tous à plaire quelque part, non ?

"Et ta batterie est là."

En revissant ses bougies et en les serrant pour éviter que ça bouge à nouveau, j'ai secoué la tête, un léger sourire au coin des lèvres.

"Si je connaissais des gars de Liberation - et je vois pas ce qui te donne l'impression sur ma gueule que c'est le cas - je serais pas là pour en parler, ma belle."

Sourire charmeur pour sourire charmeur, j'ai acquiescé.

"Alex."

Je me suis redressé hors du capot et j'ai retiré ma veste pour m'essuyer avec, ma corde de pendentif se libérant. Je n'y tenais pas particulièrement et de toute façon celle que j'utilisais pour les moteurs étaient foutue. Il m'en fallait une nouvelle. Oui, j'aimais utiliser mes vieilles vestes pour faire mon mécano.

"Voilà. Tu peux repartir. Mais tu devrais refaire un point de gonflette à tes pneus, si tu veux mon avis."

Je lui ai désigné l'arrière de la voiture d'un coup de menton.



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J'ai simplement sourit à sa remarque sur mon "activité", quand on jouait une potiche, la meilleure réponse finalement, était un joli sourire. Quant au cours de mécanique, j'ai hoché la tête en relevant les sourcils, faussement intéressée, et je ne m'en cachais pas.

- Ah ouè, la boite noire là donc, ok...

Je l'ai laissé tripoter le reste des entrailles de ma fidèle monture et je me suis reculée lorsqu'il referma le capot.

- Non, mais je veux dire, Libération quoi ! ils sont des fous furieux quand même ! Ils ont pas froid au cul ! Tu ferais quoi toi à leur place ? Tu crois que tu pourrais faire mieux? Je veux dire... T'es baraqué tout ça...

J'ai regardé mes pneus avec une moue immanquable.

-Ah ouè. la pression... Tu sais, j'avais un chiffon pour t'essuyer les mains.

Je me suis approchée de lui, d'un peu plus près que la convenance le voulait tout en lui touchant le bras.

- Je pourrais t'offrir un verre pour te remercier.


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Alex Peterson
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"Ce que je ferais à la place de Liberation ? A quel sujet, sois plus précise. J'ai pas l'âme d'un..."

J'ai regardé sa main. Mon bras.

"...Superman..."

J'ai relevé le regard dans le sien. D'accord...

"Je les laisse sauver le monde, je préfère rester dans ma chambre à jouer à la console, c'est pour ça que j'ai des bras... Barraqués ?"

J'ai pris sa main et je lui ai rendue, avec le sourire avant de refermer son capot. Je n'étais pas contre du contact, mais encore un peu, elle me grimpait dessus. J'avais du travail, pas forcément toute la journée et aussi curieux que ça ne paraisse, j'avais... Ce qu'il fallait en rayon. Qui plus est, l'inconnu et moi, ce n'était pas tout à fait ma tasse de thé. J'avais mon petit confort ! Puis, je me suis retourné vers elle, curieux avec les sourcils froncés.

"Tu m'as l'air bien intéressée par Liberation, c'est quoi... Le mystère ? Les noms de code ? Le danger ? Tu sais ce sont des gens comme toi et moi. Ils rotent et ils pètent à chaque fin de repas." Et puis j'ai souri un peu plus. "Les verres, c'est plutôt moi qui les offre en général. Je suis barman. Je ne bois pas à n'importe quelle taverne, jeune fille."



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Eve
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J'ai haussé les épaules en secouant la tête. Il semblait ne pas vouloir lâcher quoi que ce soit, pas même un avis. Il commençait à m'intéresser. Finalement son dossier reflétait bien ce qu'il était. Mais je devais encore insister, le mettre encore plus à l'épreuve. Pensant qu'au final, si je devais approcher tout le monde de cette façon, avec l'accord d'Abel, ça allait me prendre des mois...

- Tu sais, Libération, l'underground... Pour moi ça change pas grand chose. T'es plutôt pour l'underground alors? T'es plutôt rat d'égout? Par ce que, on n'est plus vraiment en sécurité je trouve, ils devraient arrêter leurs conneries, sérieux.


Je me suis reculée, plutôt farouche comme garçon. Même s'il n'était pas contre continuer la conversation autour d'un bon verre.

- Et... Où est-ce que tu veux aller?

Il fallait que je le pousse à la faute, je ne devais absolument pas me planter.


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Alex Peterson
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Alors, la politique et moi, sûrement pas dans le même panier. Ces histoires Underground/Liberation, pas mon rayon, pas mon problème.

"Et bien... Tu sais... J'imagine, chacun son avis. J'ai ma propre vie, j'ai fort à faire."

Ca, ma double vie qui allait sûrement bientôt reprendre au moment où mon nom se remettrait à clignoter sur la toile... J'étais guéri, la blessure cachée sous l'épaule de mon t-shirt et j'allais bientôt avoir d'un peu de thune. Liberation n'était pas mon seul "commanditaire".

"Qui devrait arrêter leurs conneries ? Underground ou Liberation ? Pour ce que j'en sais ce ne sont pas des conneries, juste... Ils font leur job. Il est moins conventionnel que d'autres, c'est tout. Ils défendent une cause, peu importe laquelle, c'est la leur et ils ont été nombreux à se battre pour notre liberté, Liberation ou l'Underground, ce ne sont que de nouveaux mouvements qui t'apparaissent plus réels qu'un autre parce que tu les vis de plein pied aujourd'hui. Ce n'est pas juste "de l'histoire" pour toi."

J'ai haussé une épaule.

"Mais j'imagine que tant qu'on me fout la paix, mon club, ma famille et moi... Je suis tranquille. Et que dirais-tu du meilleur endroit que je connaisse ? Gratuit, bien placé, pas trop de monde, de l'air et une musique ambiante à t'en taper le cul par terre..."

Je me suis doucement retourné pour lui montrer mon Bronco. C'était un gros pick-up, je ne l'aimais pas que pour son esthétique, il transportait tout et n'importe quoi. C'était un peu le véhicule du bar tout terrain. Chargé à bloc de bouteille.

"Qu'est-ce que tu en dis ? C'est même pas très loin."

En l'accompagnant jusqu'à la voiture, j'ai repris.

"C'est quoi ton problème avec Liberation et l'Underground, en soi ? Tu sais, je ne suis pas sûr qu'il soit très intelligent de débarquer chez un inconnu et de lui demander s'il est plutôt Liberation ou Underground ou Nazi ou Communiste... Tu vas t'attirer des ennuis, et tes airbags ne seront peut-être pas toujours là pour te sauver la mise, malgré ces magnifiques yeux bleus."



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Eve
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Il se défendait pas trop mal, je dirai même très bien. Je l'ai écouté tout en le suivant jusqu'à sa bagnole. Il ne prêchait, ni pour l'un, ni pour l'autre. Autant vous dire que j'étais ravie qu'il ne balance rien sur nous. Et en même temps, je me suis posée la question... Bossait-il aussi pour l'underground ? Après tout, il était en free-lance. Je n'ai rien vu sur son dossier qui faisait référence à ça.

Une fois devant je me suis appuyée sur la carrosserie en croisant les bras, en écoutant encore. Il essayait de m'endormir là non ?

- En fait t'es pas très engagé comme mec. Ta petite vie pépère... Ta femme, tes gosses et ton chien. T'as ton club, ta grosse bagnole. Je l'ai désignée du menton. T'aimes pas prendre des risques...

Je me suis montrée déçue, la carlingue du gars qui ne correspondait pas à la vie pépère qu'il se prétendait.

- Perso, j'trouve pas qu'ils se battent pour MA liberté. Ils se battent pour qui ? Les positifs et les candidats qui se planquent? Non mais sérieux et moi là dedans? J'peux même plus me prendre un café sans avoir une boule au ventre. Que ces terroristes viennent m'exploser la tête gratuitement. J'y suis pour rien moi hein !

Je n'avais pas envie de le suivre en fait, je ne voulais pas m'éloigner de mon véhicule. J'espérais qu'il me donne tout ce que j'attendait de lui, et qu'il me vire ensuite.

J'ai passé une main dans les cheveux pour les mettre en arrière, je me suis montrée flattée, en baissant les yeux timidement, du "compliment" sur mes attributs.

- J'sais pas, je ne sais pas si je dois les trouver courageux ou brave. Si je dois les remercier pour l'humanité, me montrer solidaire et prendre les armes à leurs côtés ou si je dois clairement prendre les armes contre eux et les remettre à leur place. Mais t'es pas comme ça toi, hein, t'as pas d'avis, sauf sur mes airbags, ils sont naturels tu sais.

J'ai regardé les dits airbags avec une moue boudeuse mais pas peu fière.

- T'as pas une clope ?


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Alex Peterson
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"Non, j'ai arrêté il y a plusieurs années. Désolé."

J'ai ouvert la portière passager pour en sortir deux bouteilles de bière dont une que je lui ai tendue. Elle avait des avis bien arrêtés sur Liberation et sûrement autant sur l'Underground. Quand bien même je ne travaillais pas pour le second, j'y connaissais des gens, à commencer par Matt, puis Yuna. Et même si je les trouvais un peu mous, je restais convaincus qu'ils faisaient de leur mieux. A l'arrière du Bronco, je me suis assis sur la plateforme et j'ai ouvert ma bouteille d'un geste du poignet avant de hausser une épaule.

"Et bien... Oui, j'aime bien ma petite vie tranquille et sans histoire. J'ai une petite maison, avec une clôture, un chien... Ma femme et ma fille."

Je lui ai souri et j'ai bu une gorgée avant de rire doucement.

"Non, je n'ai rien de tout ça. Je me suis aménagé un loft à l'étage de mon club et je suis très content comme ça. Et je vis seul. Mon travail, c'est ma vie. Je ne fais rien d'autre. Je suis engagé à vivre. On est pas tous des commandos armés jusqu'aux couilles et entraînés comme des soldats avec rien à perdre. J'ai encore quelque chose à perdre."

Mon travail et mes actives extra professionnelles faisaient partie de ma vie. J'ai pouffé de rire.

"Je prends des risques. Pour vivre, tout simplement. Des risques financiers, relationnels, de complaisances... Liberation se bat contre l'oppression et la dictature, pas pour les droits de l'homme. Ca ne concerne pas que les Positifs et les Candidats, mais aussi les Négatifs. Quand ils dénoncent quelqu'un, ce n'est pas simplement..."

J'ai éclaté de rire en regardant autour de moi.

"Ils ne s'intéressent pas aux gens comme toi et moi. D'accord, je donne l'impression de n'avoir peur de rien, je sais. Ce n'est pas très malin non plus et je n'ai pas dit que je cautionnais leurs actes, je dis juste... Que je n'ai pas peur pour ma peau ! J'ai un avis, une opinion. A leur sujet, celui de l'Underground ou ces gars The Cure. Mais c'est politique. Si tu n'es pas convaincue alors tu n'as pas ta place auprès d'eux, ni des uns, ni des autres. C'est aussi simple que ça. Ils défendent chacun une cause en laquelle ils croient. Si tu n'y croient pas, tu n'es pas non plus obligée d'être contre eux. Tu peux les laisser..."

J'ai levé un bras pour désigner l'horizon dans une moue satisfaite.

"Les laisser ouvrir la voie ! Quant à ton propre avis... Si tu as quelque chose à leur dire, je te suggère de le faire. Il y a mille et une manière de se faire entendre, je suis sûr que tu peux trouver quelque chose pour faire valoir ta propre liberté. Assure-toi simplement de savoir de quoi tu parles..."

Je l'ai dévisagée avec un léger regard amusé.

"Ca te travaille, on dirait. Tu vis à Megalopolis depuis longtemps ?"



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Eve
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J'ai pris la bouteille en souriant, je ne vous cache pas que j'étais rassurée de me retrouver à boire ma bière sur un parking plutôt que de me retrouver dans son club où bossait peut être des mecs que j'avais croisé à l'underground. J'ai levé ma bouteille vers lui puis j'ai pris une gorgée en l'écoutant.

Et je peux vous dire que c'est à partir de ce moment là que j'ai réalisé ce que je souhaitais vraiment, et c'était avec des mecs comme Bones que je voulais le faire, ou du moins amorcer la marche. J'en ferai part à Abel lors de notre réunion avec les autres, je lui dirai ma façon dont je vois Libération évoluer, je devais le convaincre, nos compagnons aussi.

- Et c'est ce que tu fais ? Tu les laisses t'ouvrir la voie? Ça ne te donne pas l'impression d'être un con de mouton? Non par ce que tu as l'air de savoir ce que tu veux et les laisser faire c'est pas un peu bouffer dans ton petit coin de verdure ? Pour moi, ils ne sont qu'une putain de dictature.

J'ai repris une gorgée.

- Tu n'aurais pas une idée de où je pourrais les trouver ? Ça m'éviterait de perdre du temps.

Puis j'ai haussé les épaules en replaçant cette mèche qui n'arrêtait pas de venir dans les yeux derrière l'oreille.

- Je vis ici depuis assez longtemps pour en faire ma propre opinion.


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Alex Peterson
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J'ai haussé les épaules, désinvolte. En regardant l'horizon devant moi, j'ai eu un léger sourire et j'ai porté la bouteille à mes lèvres.

"Ca, c'est ton avis. Ton opinion. Elle n'appartient qu'à toi, personne ne te l'a imposée."

Je ne me suis absolument pas offusqué d'être un mouton. Je savais que je ne l'étais pas, que j'oeuvrais pour Liberation plus souvent que je ne devais le penser, d'ailleurs, mais je ne me plaignais pas. Ce que j'avais en retour - ma sécurité - c'était suffisant. De plus, je ne demandais jamais d'argent, pas à eux, du moins. Ce que pouvait penser cette fille de moi n'avait absolument aucun intérêt. Je l'ai dévisagée à sa question. Elle ne m'apparaissait franchement pas maligne. Elle était là à me poser des questions sur Liberation, comme si j'en faisais partie, ouvertement, sans me connaître... J'ai froncé les sourcils. Est-ce que Liberation envoyait un espion ? Ou est-ce que quelqu'un avait compris que je bossais pour eux et m'envoyait un nettoyeur à son tour ? Je suis devenu méfiant en plissant les paupières, comme si le soleil me gênait.

"Non... Je te l'ai dit : je ne suis pas de Liberation, je ne les connais pas."

Et puis quoi, encore ? De toute évidence, elle ne vivait pas ici depuis assez longtemps, ou bien elle saurait que Liberation est bien caché et même... Qu'ils ne sont pas du genre à laisser les gens venir, mais plutôt à les choisir.

"Comment tu m'as dit que tu t'appelais déjà ?"



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Eve
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Je n'en tirerais rien et m'en félicitais et si je m'attardais encore à lui poser des questions sur nous et les autres en général, il allait finir par se crisper et se douter de quelque chose. Il était maintenant celui que je voulais, je ferai tout pour qu'il soit dans ce que j'appelais la renaissance de Libération.

- Je ne dis pas que tu es de libération ou d'ailleurs, juste que si tu savais dans quel coin ils pourraient se cacher.

J'ai fini ma bière d'une traite, sa question sur mon prénom m'alertait que je devais partir.

- Lydie. Je dois être à la bourre maintenant. Attends...

Je lui ai donné ma bouteille vide en souriant, j'ai regardé à l'avant de sa caisse. Les vitres étaient ouvertes, je me suis penchée en lui offrant une vue imprenable sur mon postérieur moulé par mon jean en attrapant un morceau de papier et un stylo posé sur le siège passager avec la facture de son ravitaillement. J'ai commencé à gribouiller dessus.

- Je te donne mon numéro, au cas où.


Je me suis approchée de lui en coulant un regard plutôt charmeur. Puis je me suis collée contre lui tout en glissant dans sa poche arrière le fameux morceau de papier sans lâcher son regard. J'ai approché ma bouche de son oreille pour lui susurrer d'un souffle chaud sur sa peau, avant de lui déposé un baiser sur la joue en lui caressant doucement l'épaule convalescente.

- A très bientôt, j'espère.

Message à double sens pour moi, et bientôt pour lui lorsqu'il découvrirait celui dans sa poche. Je lui ai tendu le stylo pour qu'il le récupère, puis je suis partie le pas pressé vers mon vieux tas de ferraille à quatre roues.





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Alex Peterson
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Je souriais de moins en moins, en réalité. Où ils se cachent ? Elle pensait vraiment que le commun des mortels - ce pour quoi je me faisais passer - pouvait savoir ça ? J'ai doucement secoué la tête.

"Non..."

Et son propre sourire m'a rafraîchi. Elle était tout de même rudement jolie et ses yeux avaient de quoi transcender. En fait, elle était même assez hypnotisante. Je ne sais pas si c'était parce qu'elle cherchait Liberation, et qu'elle devait donc être dans leur sens d'une certaine façon, si elle avait ce côté sauvage que j'aimais, ou bien simplement parce que je commençais à développer une accoutumance à l'inconnu. Je l'ai suivie des yeux et haussé les sourcils alors qu'elle se penchait.

Vraiment jolie.

Je l'ai regardée revenir vers moi, curieux de ce qu'elle était allée chercher là-bas. J'ai vite eu la "réponse". Je me suis légèrement penché en arrière, feintant le mec pas facile. Mais j'étais surtout un peu surpris. Je n'étais pas farouche, mais je n'étais pas non plus extravagant. Ma peau a frissonné à son baiser et j'ai tourné la tête, d'autant plus surpris. C'était quoi ce cirque ? Parce que c'était un cirque. Un manège. Mes yeux ne l'ont pas quittée alors qu'elle se redressait et s'éloignait. La bouche entrouverte, je me suis demandé ce qui m'était arrivé et ce qui venait de me passer sur le corps. Je n'avais pas parlé de Liberation et alors quoi, elle était déçue ?

J'ai posé ma bière à côté et je me suis légèrement soulevé pour attraper le papier dans ma poche arrière. Quand elle est remontée dans sa voiture, j'avais les sourcils froncés par la curiosité et l'intrigue. J'ai ramené une mèche derrière mon oreille et j'ai déplié le numéro.

Mon coeur s'est arrêté.

Je me suis levé d'un coup et me suis tourné mais déjà elle disparaissait. Le coeur battant contre les tempes, j'ai regardé le message - bien sûr qu'il n'y avait pas de numéro à rappeler -, puis à nouveau la voiture au loin. Est-ce que Liberation elle-même venait de m'approcher ?



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