2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Alex/Eve] I bet on you

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Alex Peterson
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Août 2075

J'avais pratiquement fermé l'ordinateur aussitôt. Et puis j'étais redescendu pour retrouver le bruit, les gens qui parlent... Et un verre. C'était mon soir de repos, et je m'étais retrouvé à finir la soirée à travailler, ranger les tables, nettoyer... Parce que c'est ce que je fais quand je suis nerveux, que je doute. Je n'aime pas qu'on me bouscule et qu'on me dise quoi faire, je n'aime pas qu'on prenne les devants et qu'on tente de diriger ma vie. Le dernier à l'avoir fait fait pousser des tomates dans le jardin de ma mère.

Le lieu de rendez-vous n'était pas très loin du parc où je venais parfois avec Angela pour l'aider à mieux gérer son pouvoir, dans un environnement plus calme et détendu. C'était la frontière entre la Ville Basse et la Ville Médiane. Une sorte d'alcove en forme de falaise. De là, on voyait notre statue de la Liberté, les pieds dans l'eau, de l'autre côté les hauteurs de la Ville Haute, au loin, et devant, l'océan à perte de vue. D'ici, on voyait même rudement bien la ville fantôme qui donnait des frissons à presque tout le monde d'imaginer que des gens vivaient là-bas. Comme survivant de notre siècle, un arbre était encore planté là, compagnon de quelques bancs pour les promeneurs de chiens, les joggers et quelques romantiques. Si ça ne tenait qu'à moi, une rue sombre dans la Ville Basse pour lui donner son paquet et je rentrais chez moi.

Malgré tout, la curiosité me poussait. J'étais persuadé qu'elle avait quelque chose à me dire, je me demandais surtout quoi. J'avais eu le temps de réfléchir en deux jours et j'étais prêt à défendre tous mes arguments en démontant les siens. H avait utilisé notre procédure habituelle pour me transmettre la livraison dans une petite boîte que je savais sûrement bien rembourrée à l'intérieur. Pour tout le monde, ça ressemblait à un Lunch Box des 4 Fantastiques. Le dessin aurait pu nous représenter avec H dans le rôle de la Chose... Vu qu'on sait toujours pas qui c'est. Et Kiki dans le rôle de la femme. Je suis sûr que ça lui ferait plaisir.

Moi, attendre bêtement sur un banc qu'on vienne m'accoster, c'est pas mon truc, alors j'avais les bras croisés sur la rambarde à savourer le vent marin apportant un peu de fraîcheur sur nos journées infernales. J'étais même venu en avance pour me préparer psychologiquement. Kitten m'avait quand même boudé quelques heures. Je ne sais pas si c'est parce qu'il était un peu jaloux ou parce qu'il était déçu que je ne lui ai pas dit de venir avec moi pour avoir cette bombe unique qui m'avait donné rancard ici. Je suis pas non plus du genre hyper romantique. Je l'ai été une fois, ça m'a conduit à un mariage qui s'est mal terminé et à un enfant que je ne vois jamais. Ma faute. Parce que j'avais évalué Liberation et les Candidats à un rang plus élevé que celui de ma propre famille. Tendance que je commençais à chercher à inverser.

En vain.



"The secret to happiness with men ?
Lower your expectations.
Because deep down, in my heart... I know Big Foot is real."
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Eve
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C'était le rush chez nous. Entre les déménagements, emménagements, je dois dire que les deux derniers jours n'avaient pas été de tout repos, et mon nouveau rôle me pompait déjà toute mon énergie. Je devais trop m'en faire ou douter de ce dont j'étais capable. Mais je vais arrêter de me plaindre, de geindre comme une fillette.

Je n'avais pas de distraction autre que l'inventaire des flingues ou des seringues, alors j'espérais beaucoup de cette soirée. Bon je n'allais pas m'éclater avec une bande de filles, brancher le premier mec qui passait, pour un pari à la con, j'allais quand même récupérer un colis. Pas n'importe lequel. Grace à lui nous allions pouvoir souffler en quelque sorte. Ne plus avoir à nous cacher des flics ou du moins, ne plus être affolés lorsque nous en croiserons.

J’allais faire une pierre deux coups ce soir. Je récupérais nos puces, et j’allais tout faire pour que Bones, ou plutôt Alex, rejoigne nos rangs. Il était clean, fiable, pro et propre dans son boulot, une bonne couverture… Non, Alex devait être ma première recrue. Je le voulais, il devait être mien. Un élément trop précieux pour le laisser agir en électron libre.

Je lui avais donné rendez-vous dans un endroit calme, public et surtout neutre. Le coin n’était pas désagréable et nous pourrions passer facilement pour un jeune couple ou je ne sais quoi, bref, deux personnes tranquilles qui errent tranquillement et prennent l’air avec en prime une vue imprenable.

J’arrivais sur les lieux du rendez-vous et je l’ai vite repéré malgré l’endroit plutôt fréquenté. La soirée était douce, ça faisait du bien de faire autre chose, même si cela restait du boulot. Je me suis approchée de lui puis je l’ai imité, je me suis appuyée contre la rambarde et j’ai profité de l’air frais quelques secondes avant de me lancer, le regard vers le large.

Je n’étais pas très fière, j’avais la trouille. Pas de lui, je ne me sentais pas du tout en danger, même dans une rue noire et vide de toute âme, je ne craignais pas pour ma sécurité. J’avais simplement peur de sa réponse, peur de ne pas être convaincante. Et si je n’y arrivais pas, je vous jure que ma fierté et ma faible confiance en moi dans ce nouveau rôle en prendrait un sacré coup.

- Je viens rarement ici, je crois que c’est un tort, ou peut être parce que je ne viens pas souvent que je l’apprécie d’avantage.

J’ai ensuite posé mes yeux sur lui et son « joli paquet ».

- Merci de l’avoir fait.

J'étais moi-même, je ne jouais pas la pimbêche cette fois. J'étais Eve, j'étais Libération, fini de jouer. A nous deux !


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Alex Peterson
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J'avais senti sa présence mais j'avais baissé les yeux jusqu'à ce qu'elle parle. A dire vrai, je pensais que c'était elle, j'avais de gros doutes, mais rien qui ne puisse me confirmer. Et finalement, elle était là. Je ne sais pas si c'était une bonne ou une mauvaise chose, mais je n'ai pas vraiment réfléchi à ça. J'ai fermé les yeux dans un léger soupir. Je pouvais me montrer chiant. Très chiant, même, voire moralisateur. Je n'aimais pas spécialement ça mais je crois que je vieillissais un peu. Et puis c'était du sérieux, pas d'humour, cette fois.

Je lui ai tendu le "paquet", la Lunch box, en la regardant, mais je ne l'ai pas laissée la prendre. Je l'ai ramenée à moi en plongeant mon regard dans le sien et je peux vous dire qu'elle était encore plus belle maintenant qu'elle était elle-même. J'ai ouvert la bouche pour lui répondre.

"Je n'aime pas être testé. Je n'aime pas non plus que l'on décide pour moi."

Je suis pas un Positif, malgré ce que disait ma puce, et je me suis juré que plus jamais ce genre de choses ne m'arriverait.

"J'aimerais autant que ça n'arrive plus jamais."

Mais je lui ai retendu la boîte. En réalité, je faisais surtout référence au fait qu'elle nous avait laissés parler d'elle, tous, sans rien dire, pour voir si moi je dirais probablement quelque chose. Ce que je n'ai pas fait, même après. Si c'était pour ça qu'elle me voulait, je ne lui reprochais pas son approche subtile, mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir vexé. Ce qui pour le coup était plus que rarement le cas.

"Merci d'avoir laissé ma soeur tranquille..."

De ça, en revanche, j'avais eu peur. Qu'ils la traquent, l'enrôlent ou que sais-je. Encore que vu les regards qu'elle m'avait jeté, je doutais qu'elle soit proche de Liberation. Cela dit, vu comment j'avais quitté la maison avec Yuna, il y avait fort à parier qu'elle ait cherché à les contacter. De là à réussir, par contre... En tout cas, aux dernières nouvelles, elle allait bien.



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Eve
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J’ai soutenu son regard et dans son ton, pas qu’il eut été agressif, mais j’ai senti que cela l’avait peut être affecté. Comment lui en vouloir ? Moi même je n’aimais pas être prise au dépourvu, que l’on m’impose des choses sans même écouter mon avis. J’avais été rude sur ce coup et pourtant, je n’arrivais pas à en éprouver quelques remords.

- Ça ne devait pas se passer comme ça.

J’ai pris le paquet qu’il m’avait tendu une seconde fois. Ce soir là sur le Chat, il n’était pas dans mes intentions de traiter avec ce fameux Dr.H. Je venais simplement à la pêche aux infos, voir ce qui se disait sur nous, sur d’éventuels gangs, tout et n’importe quoi en fait. Mais à aucun moment j’ai pensé que je me retrouverai avec ce fameux Dr.H et Bones en même temps. Je n’avais pu faire autrement, il fallait que je saute sur l’occasion, et ne plus leur laisser le choix que de bosser pour moi, surtout Bones pour la livraison. Mais tout ça, je ne voulais pas le lui dire.

- Je ne sais pas si ta frangine est complètement cinglée ou inconsciente, mais elle a eu du cran ce jour là et surtout l’intelligence de ne pas aller mettre son nez là où elle ne devait pas par la suite.

Autant qu’il comprenne qu’on l’avait eu à l’œil. Son expérience avec libération contre un gang à nettoyer avait du la calmer pour un moment et la dissuader à vouloir jouer les gros bras une nouvelle fois. Ou peut être une façon de nous remercier d’avoir sauvé son frère de la mort. Toujours est-il, qu’elle était restée à sa place, elle n’était pas une menace pour nous, nous lui avons foutu la paix comme échange de bons procédés.

Puis je l’ai regardé silencieusement, en fait je n’avais pas lâché du regard depuis que j’avais récupéré mon joli paquet. Je ne sais pas combien de temps cela m’avait pris  avant de me lancer.

- Je te veux Alex… Rejoins nos rangs, j’ai besoin de toi, Libération a besoin de toi.

J’entrais directement dans le vif du sujet. Nous n’étions pas du genre à tourner autour du pot, nous les candidats. Alex était selon moi un homme intelligent, il savait que j'étais ici pour lui aussi.


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Alex Peterson
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D'un coup, j'ai avancé légèrement le menton en haussant les sourcils. Je n'étais pas seulement pris au dépourvu, j'étais carrément mis au pied du mur ! Cette fille, qui qu'elle fut, savait ce qu'elle faisait.

"Excuse-moi ?!"

Je l'ai laissée finir en la fixant avec des yeux ronds et un demi sourire désabusé. Non, mais prenez-moi pour un âne. Liberation avait besoin de moi comme d'un trou dans la tête. Ma vie était un véritable sac de noeuds ! Je n'ai pas pu m'empêcher de rire. Mais de rire franchement !

"C'est une blague ?"

Ah pour ne pas la croire, je ne la croyais pas. Je me suis humecté les lèvres en croisant à nouveau les bras sur la rambarde, comme si je m'installais confortablement pour taper la discut avec une super amie de longue date.

"En quoi Liberation aurait besoin d'un gars comme moi ? Donne-moi..." J'ai levé les yeux au ciel pour réfléchir avec une moue et un index sur les lèvres. Finalement, je l'ai lâché en la regardant, toujours franchement amusé mais avec une dose de sérieux toutefois. Une demie mesure que je cultivais bien. "Je suis gentil. Trois raisons."

Je ne jouais pas la modestie ! Enfin, pas complètement. Mais je ne faisais plus grand chose depuis deux ou trois ans. En tout cas, pour Liberation, je n'avais fait qu'une chose en un an. Pour les autres, je n'avais répondu qu'à une commande. Et encore, j'avais tourné celle-ci à mon avantage, autrement dit, j'avais joué des pieds et des mains (et de H) pour sortir Yuna d'une sacrée merde, et moi avec. Et avant ça... Une orgie de vieux sagouins dans un hangar, on m'avait fait appeler pour tout brûler, corps et âmes et merci. Je n'ai jamais demandé qui était le commanditaire. J'ai juste fait mon boulot. A côté de ça, je faisais passer des petites cargaisons, des petites livraisons. S'il y avait du Liberation là-dedans, je crois que je ne le savais pas. Parfois, c'était Kitten qui me demandait et comme je posais peu de questions...



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Eve
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Je l’ai regardé se marrer sans comprendre pourquoi, il n’y avait rien de drôle dans ce que je venais de lui dire. Je ne savais pas trop comment le prendre mais je crois que je l’ai vraiment mal pris. J’ai froncé les sourcils et poussé doucement son épaule pour qu’il me regarde.

- Il n’y a rien de drôle là-dedans, je suis tout à fait sérieuse là et regarde-moi quand je te parle.

J’ai cherché son regard, je détestais ne pas être prise au sérieuse lorsque je l’étais.

- Ne prends pas ça par dessus la jambe. Arrête de faire le guignol avec moi. Alex… J’ai soupiré d’être obligée de me justifier.
Tu as déjà travaillé pour nous, plus d’une fois et tu nous as fait un travail parfait, tu nous as sorti de la merde à chaque fois. Tu es bon dans ce que tu fais. Tu as toujours été clean, discret, honnête, sérieux. Tu es efficace. Tu es fiable. J’ai confiance en toi. Regarde…

Je me suis reculée d’un pas en écartant les bras et j’ai tourné sur moi-même pour lui montrer que je n’avais même pas un flingue sur moi. Je l’ai détaillé de la tête aux pieds.

- Ta formation vient du MSS ? CIA ?... Je veux dire, que je ne peux pas… Je lui ai touché le torse en le pointant deux ou trois fois du doigt.
On ne pourra pas avancer comme on le veut le faire, sans un mec comme toi. Et je te veux toi.

J’ai croisé les bras en le regardant, ça faisait très gamine prétentieuse, capricieuse qui voulait un jouet en vitrine et qui ne bougerait pas temps qu’elle ne l’aurait pas ramené à la maison et j'en avais rien à faire, j'étais déterminée.


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Alex Peterson
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Elle me donnait plus d'une raison, elle était sérieuse. Mon sourire - comme mon rire - se sont effacés petit à petit alors que je la dévisageais. Quoiqu'il en soit, je préférais cette version de cette fille plutôt que la première, mais j'ai froncé les sourcils en secouant imperceptiblement la tête, parce que j'étais en train d'enregistrer ce qu'elle me disait.

Certains attendaient tout une vie pour voir leur travail récompensé, remercié, reconnu, tout simplement. Je ne l'avais même pas demandé et me voilà face à Liberation. Ou du moins un bout, j'imaginais bien qu'elle n'était pas seule, je me souvenais de la rouquine, mais juste d'elle. Je sais qu'il y avait un homme mais je l'ai pas vu. Je sais que quelqu'un s'est occupé de moi, mais je sais juste qu'elle était brune et j'ai remarqué la couleur de sa peau qui était proche de la mienne, mais je me suis dit que orange comme je la voyais, je devais être sous morphine pour halluciner.

J'ai entrouvert les lèvres mais je n'ai pas compris la question. MSS ?! CIA ??!!

"Non, je… Quoi ?"

Quelle formation ? J'ai baissé les yeux sur ses doigts et j'y ai porté ma main à mon torse quand elle les a récupérés. Je ne doutais pas de sa confiance quant à ne pas venir armée. J'ai cligné des yeux en la regardant et j'ai ouvert un peu plus la bouche.

"Je crois que j'ai besoin de réfléchir à ça…" J'allais dire son prénom mais je ne m'en souvenais vraiment plus ! "Je ne le prends pas par dessus la jambe, c'est juste que… Je gère un night club, j'aide au bar, je passe ma vie là-bas. Je n'ai rien fait pour vous depuis des mois, ce n'est pas seulement parce que j'ai pris une balle dans mon égo et ma fierté, c'est juste que…" J'ai bêtement haussé les épaules. "Quand ?"



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Eve
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Je savais pour son night club, le bar, je savais qu'il essayait surtout de se donner "de bonnes raisons?" pour refuser. En fait, je n'aurai pas aimé être à sa place. Je me demandais ce qui pouvait se dire dans sa caboche. Si Gen avait été là, on aurait avancé bien plus vite, mais je voulais être honnête, comme il l'avait toujours été avec nous, ne pas perdre sa confiance et surtout je voulais le faire seule.

- Tu essaies de te trouver de fausses excuses là. Ton night club, c'est super, garde-le, c'est toujours bon d'avoir une activité en règle, une adresse. Si ça te bouffe trop de temps, embauche quelqu'un. Tu as bien un mec, un pote qui aimerait faire tourner ta boite pendant ton absence?

J'ai haussé les épaules.

- Il n'y a jamais de problème, il n'y a que des solutions, Alex.

Je lui ai souri, vraiment, parce que je le trouvais sympa et intéressant, au-delà de ses capacités. Je me suis appuyée contre la rambarde, je tenais toujours mon précieux paquet.

- T'as l'air d'un chouette type en plus.

J'ai secoué doucement la tête en fronçant les sourcils et je me suis redressée.

- Mais tu ne m'as pas répondu, qui as-tu fuis ? Pour qui bossais-tu avant d'être à ton compte, si je peux le dire comme ça.


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Alex Peterson
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"C'est… gentil ?"

Bon sang, j'avais pas payé pour en recevoir autant. Combien de mecs voulaient rejoindre Liberation et ne pouvaient toucher qu'un rêve, celui là même que j'avais face à moi et qui me reluquait avec ses grands yeux bleus. Pour un peu, j'aurais cru qu'elle me faisait un petit plan de drague mais je n'ai pas été à ce point prétention ni égocentrique. Elle était là pour Liberation, pas pour moi. Enfin si, pour moi, mais pour moi au sein de Liberation. Est-ce que j'étais prêt à ça ?!

"J'ai rêvé de mon club pendant des années, c'est pas pour le donner à quelqu'un d'autre, et on ne peut pas embaucher encore, mais j'ai quelqu'un qui m'aide."

De l'Underground, au passage, mais je ne connaissais pas leurs relations avec eux alors je n'ai rien dit. Ma discrétion allait à un groupe comme à l'autre. D'autant qu'il ne s'agissait pas de Liberation. Ni de l'Underground… Mais de Yuna et Matt.

"J'ai le cul entre deux chaises."

Je l'ai pensé tellement fort que je l'ai dit à voix haute. Et j'ai encore moins compris sa dernière question.

"Quoi ? Mais je n'ai fui personne ! J'ai toujours été à mon compte."

Du jour où j'avais eu ma puce, elle avait été en règle, même si je ne l'ai pas eue à la naissance vu que je ne suis pas né ici. Bordel, je suis même pas né aux Etats-Unis ! La seule personne que j'avais fuie, c'était mon beau père, et il était mort. Je doutais qu'elle fasse référence à ça.

"Est-ce que…" Mes yeux ont commencé à s'ouvrir plus largement. "Est-ce que tu insinues que je suis de la CIA ?!" Je ne connaissais pas le MSS. "Je ne sais pas de quoi tu parles, mais je crois que tu fais erreur. Je suis un pauvre gars qui a débarqué dans une ville côtière du Maryland et qui y a grandi avant de s'échouer ici parce que j'avais une vie de merde là-bas. Enfin, c'est compliqué ! Et en arrivant à Megalopolis, j'avais besoin de blé, alors j'ai commencé à faire des petits boulots, qui m'ont conduit à des trucs un peu plus gros et un moins légaux et ainsi de suite. Je fais ça pour l'argent. Pas pour la gloire."

Définitivement, elle s'était plantée de personne. J'aurais voulu lui dire que j'étais pas un gars chouette, mais… Comme je voulais le croire et que je ne refusais rien à une jolie fille. Oui, je suis faible.

"Quand l'interrogatoire sera terminé, j'ai moi aussi une chose à dire, je ne voulais pas le faire virtuellement, je ne sais pas qui écoute et qui lit."



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Eve
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- Interrogatoire ? Ok... Mais laisse-moi finir avant.

Je n'allais pas l'emmerder plus que ça avec son histoire de boulot. Ce n'était qu'un prétexte selon moi. Si Alex était motivé, il trouverait une solution, ou je l'aiderai à la trouver. Mais je ne pouvais pas croire qu'un mec comme lui, pouvait rêver à une vie bien rangée.

- Tu trouveras une solution, mais j'ai du mal à t'imaginer dans une vie bien rangée. Ton petit club, ta petite vie. Je te l'ai déjà dit, ce n'est pas pour toi, tu... J'ai hésité et après tout, je n'étais pas là non plus pour jouer les assistantes sociale et prendre des gants avec lui. Tu avais déjà tout pour te poser, mais tu ne l'as pas fait, tu ne le feras jamais. J'ai secoué la tête et levé les épaules parce que c'était l'évidence même. Tu dois accepter.

Puis j'ai eu un énorme doute. Soit il se payait encore ma tête, soit il était sérieux et j'espérais que c'était la première solution. Je me suis approchée de lui pour qu'il puisse m'entendre et ne pas être entendue des autres, il y avait un peu trop de passage à mon goût. Je l'ai attiré vers moi. Nous étions proches, trop proches c'est sûr, mais il fallait rester discret.

- Alex... Tu as eu YU pure en toi, il t'a été injecté, tu es un candidat... Volontaire ou pas je m'en tape. Mais qui t'a fait ça ? Tu n'es pas le simple mec, pas un simple positif, un candidat arrête de te foutre de moi, je le sais. Tu n'es pas arrivé ici avec un simple sac à dos aussi facilement, ce n'est pas possible... Ou tu ne me dis pas tout...

Je ne le croyais pas de la CIA, j'étais persuadée qu'il était un des notres, je veux dire, une victime du MSS... Je ne savais plus, quoi penser de lui ?

- Russie ? Chine ? Etats-Unis ?

J'ai du louper un épisode...



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Alex Peterson
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BEAUCOUP trop proche ! J'en ai senti un truc dans mon dos, quelque chose qui coulait, comme… Un frisson. Mais je n'ai pas bougé. Je n'ai pas cillé. Je l'ai suivie du regard et j'ai froncé les sourcils, de plus en plus. Je n'avais pas caché être Candidat. On me l'avait pas demandé, c'est tout. Quant à ces histoires de Yu pur… Vous voulez que je vous dise ? J'étais un amateur dans l'histoire. Je crois qu'elle m'a pris un champion du monde comme eux, mais à l'étendre, je débarquais !

"Hein ?! Non !"

J'ai eu une grimace et j'ai cherché la blague dans son regard, mais il ne venait rien. J'ai secoué la tête, en réfléchissant, cherchant à traduire sa question qui ne me montait définitivement pas au cerveau.

"Tu crois que je suis venu à Megalopolis parce que je suis Candidat ? C'est ça, sa théorie ?" J'ai haussé hauts les sourcils. Elle se payait ma tête, ou quoi ? "Oui, je suis Candidat, mais…" On m'avait jamais trop posé la question qui quand quoi comment. Et moi-même je n'étais pas sûr. "J'en sais trop rien, j'étais gamin." Ca, c'est la réponse facile. "Et c'est pas une histoire que je raconte à une inconnue, même si elle a de beaux yeux."

J'ai pris sa main pour lui rendre mais je ne me suis pas écarté pour autant. Et je ne lui ai pas lâché non plus.

"Je n'ai jamais su. Mais c'était aux Etats-Unis." Je me suis passé la langue sur les lèvres avant de reprendre. J'ai inspiré doucement en regardant par dessus son épaule pour étudier notre environnement. "Contre un gros paquet de fric." Et j'ai reporté mon regard sur elle avant d'ouvrir les bras, légèrement désabusé. "Satisfaite ?" Je l'ai désignée du menton. "Je parle pas gratuitement mais je t'ai fait une avance cadeau. Ton tour."



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Eve
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Je n’avais aucune théorie sur lui, j’essayais simplement de comprendre. J’avais entendu des tas d’histoire, aucune n’étaient rose. Candidats, positifs, même merdier au final. Je l’ai détaillé encore et encore. Tout s’était donc passé aux Etats-Unis pour lui. Il était gamin et ne savais plus… J’ai froncé les sourcils, je ne le croyais pas là, voyez-vous. J’étais gamine moi aussi, et je m’en souvenais que trop bien… Je n’avais oublié que le meilleur de ma trop courte vie, jamais je n’avais oublié le pire.

Là encore je n’allais pas faire dans la dentelle, je savais certaines choses de son passé, ce que j’avais lu dans le dossier que nous tenions. J’ignorais si je voyais juste, mais j’ai tenté le bluff. J’ai légèrement incliné la tête.

- Contre un gros paquet de fric tu dis ? C’est ton beau-père qui t’a vendu ?

Parce qu’une mère, à moins d’être une putain de toxico sans aucun scrupule ne ferait jamais ça, et puis sa frangine avait toujours vécue avec elle, donc la mère était à écarter du puzzle. Le beau-père était selon les dires, un bel enfoiré qui avait la cogne facile… Facile, trop peut être.

Si j’étais satisfaite ?

- Pas vraiment.

J’ai parlé à mon tour, je n’en dirai pas beaucoup, déjà parce que je détestais revenir sur cette histoire et qu’il n’était pas encore avec nous, je veux dire un membre à part entière chez Libération.

- Je devais avoir à peine 5 ans, j’ai été arrachée à mes parents. Soit je les suivais et ils restaient en vie, soit ils refusaient ou je résistais, ils mourraient et je partais malgré tout. Pas de fric dans l’histoire. J’ai atterri en Chine. Etrangement je me souviens très bien de toutes les saloperies qu’on m’a fait, de la tête de chacun de ces enfoirés, leur nom… Pas toi ?

Tout ça pour lui faire comprendre que je ne le croyais pas si amnésique que ça.

- Ton pouvoir consiste en quoi en fait ? Par ce que Bones, c’est chantant comme nom, mais il y a un rapport avec ??

Je me suis écartée pour me dégourdir les jambes, je n'en pouvais plus de rester statique, je lui ai tendu la main et j'ai finalement attrapé son bras.

On marche un peu ?


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Alex Peterson
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J'ai froncé les sourcils, comment elle savait ça ?! Et puis j'ai pouffé de rire en me redressant - Oui avec cette proximité, elle était quand même plus petite que moi - et j'ai regardé ailleurs.

"Bien sûr..."

Elle s'était renseignée sur moi, elle n'avait pas attendu de me poser des questions. En revanche, je savais que la Chine était un sujet délicat. J'étais en partie là pour ça, d'ailleurs. J'ai à nouveau froncé les sourcils en l'écoutant, mais à sa question, j'ai secoué la tête. Je pense qu'en plus d'avoir un esprit protecteur - merci Yu - je prenais conscience que d'autres avaient vécu tellement pire que moi. J'ai secoué la tête.

"Non... Pas vraiment. Ce n'était pas... Si terrible ? Je veux dire, contrairement à ce que je lis dans tes yeux."

La question sur mon pouvoir m'a fait rire à nouveau et je l'ai dévisagée franchement amusé et malicieux en rapprochant mon visage du sien.

"Aaahh, mais je vois qu'on a pas lu le dossier en entier !" Oui, ça m'amusait de la faire chier. Je ne peux pas m'en empêcher. Et mon pouvoir, j'en étais plutôt fier. "J'ai un corps qui se protège de la douleur. C'est pour ça que vous n'avait rien risqué avec moi, j'étais dans le gaz avant même que votre petite copine me fasse sa piqure de calmant le temps d'arriver chez ma mère." J'ai laissé traîner un peu plus longtemps le suspense... et j'ai fini par un sourire. "Mes os se régénèrent. La douleur est trop vive pour mon esprit alors... Je m'évanouis comme une pucelle. Cette... Petite blague vaut pour toutes les blessures, qu'elle guérissent vite ou non." Et j'ai ouvert les bras d'un air désolé. "Il prend un coup dans la cape ton super héros, pas vrai ? Tu le veux toujours avec ça ?"

L'humour pour moi était plus qu'une arme, c'était un équilibre. Si Eve n'y était pas réceptive, ce n'était pas mon problème. Par ailleurs, je ne connaissais toujours pas son nom. Je pariais qu'elle ne m'avait pas donné le nom la première fois alors je me fichais de l'avoir oublié. Je l'ai laissée prendre mon bras sans quitter mon sourire et j'ai porté les mains dans mes poches pour la coincer contre moi.

"C'était comme un camp de vacances, chez nous. Bizarre, le camp, mais on nous faisait passer des batteries de tests. J'avais été malade, un truc sérieux. Je n'ai découvert mon pouvoir qu'en tombant les escaliers plusieurs mois plus tard. Mais pendant un temps, j'ai entendu dire que mon traitement ne se passait pas comme prévu et qu'il n'y avait 'pas d'amélioration'. J'avais 9 ans et je comprenais pas tout. Je faisais confiance à mes parents. Pourquoi la Chine ? Ils font quoi là-bas ?"



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Eve
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Et bien, il n’avait pas l’air vraiment traumatisé d’avoir été vendu. Mais à qui ? Après tout ce n’était qu’un détail qui pouvait bien attendre avant de trouver sa réponse. Une évidence qui ne me venait pas tout de suite. Il semblait garder le moral, et ça m’a fait sourire en fait.

Puis j’ai ri, il se foutait de moi et ça ne me gênait pas. Non parce qu’en fait ce n’était pas contre moi, il tournait même ça en autodérision et ça, j’adorais. Et comme je suis du genre bon public, à rire à toutes les blagues même les plus mauvaises, je n’ai pas pu garder un visage fermé.
Son pouvoir était vraiment fascinant, il se régénérait les os, vraiment fascinant bien qu’handicapant. Si monsieur tournait de l’œil à chaque bobo… J’ai même ri de plus belle. Et c’était bon de rire, je n’en avais pas eu l’occasion ces derniers jours, j’ai enchainé d’un ton joyeux.

- Mais c’est qu’il serait délicat en plus ! Bien sûr que je le veux toujours. Ça ne me fera pas changer d’avis. Je l’ai regardé avec un sourire en coin. Mais, En fait ça doit être super pour attirer l’attention sur soi.

Puis il m’a raconté son histoire, plutôt floue. Accrochée à son bras, j’avais le front soucieux en regardant le sol pour me concentrer sur les détails, bien que rares et faire mon idée.

- En gros c’est comme si tu avais fait ce truc là… Ce genre de réunion… Ils s’appellent comment les gamins qui mangent des chamallow autour d’un feu… Rhaaa j’ai vu ça dans un film… Ils gagnent des badges à la fin… Soit… Ce n’est pas grave, laisse tomber. C’était les vacances pour toi donc, super…

En fait je me ridiculisais là non ? Puis j'ai haussé des épaules. J’essayais de faire de l’humour et je me plantais à cause d’un mot que j’avais oublié. On vait beau apprendre des tas de langues, il nous arrivait parfois de rencontrer quelques lacunes, ou encore des traces de mon incident ? On s’en foutait en fait.

- Tu crois qu’ils auraient pu croire que tu allais y rester ou que tu ne développerais pas de pouvoir ? La seconde solution ne me paraît pas possible, ou alors ils connaissaient encore mal le sujet à l’époque.

Je l’ai regardé sérieusement puis j’ai souri avec un air moqueur, oui moi aussi je pouvais me foutre de sa gueule.

- Je ne dis pas que tu es vieux, enfin si, tu l’es forcément pour moi, mais bon…

J’ai baissé mon regard encore une fois en reprenant rapidement mon sérieux avant de lui parler du MSS. J’ai même ralenti le pas sans m’en rendre compte. Il y avait tellement à dire, et je ne voulais pas en parler plus que ça, mais je pouvais au moins lui dire grossièrement de quoi il s’agissait.

- Ce n’était pas du tout des vacances, là-bas… On t’injecte YU et on te fait subir tout, on allait jusqu’à la torture, noyade, électrocution… -j’ai mouliné de la main pour lui faire comprendre que ça ne s’arrêtait pas qu’à ça- pour déclencher ton pouvoir. Si tu avais de la chance, ton calvaire ne durait que quelques semaines, après… C’est l’armée, du bourrage de crâne au lavage de cerveau… On te dresse, on fait de toi une machine à tuer qui ne discute pas les ordres.
J’ai soupiré. J’ai été entrainée pour servir le MSS. Les services secrets Chinois pour faire simple. Tu n’en as jamais entendu parlé ?

Non je ne m’apitoyais pas sur mon sort. Ça faisait parti de moi, c’est eux aussi qui ont fait ce que j’étais aujourd’hui, Eve. Je n’allais pas les remercier vivement pour ça non plus, pour ces années de douleurs et d’épreuves, mais c’était un fait.


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Alex Peterson
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"Je crois que tu parles des scouts !" Ca ne m'a pas fait rire plus que ça, mais pour l'ironie, j'ai souri. "Ouais, des vacances. Un peu longues, cela dit. Et sans badge à la fin si ce n'est la récompense d'une jolie puce dans le poignet qui dit 'cible verrouillée'".

Et puis, j'ai haussé les épaules. On ne m'avait jamais posé ce genre des questions. Personne n'était encore venu jusque là.

"Non, ils s'inquiétaient de ne pas me voir développer de pouvoir, contrairement aux autres. J'en ai passées des journées à me faire tripoter dans tous les sens... Et j'étais persuadé d'avoir une maladie rare ou un truc comme ça. Mes potes partaient les uns après les autres mais j'ai été le dernier. Et ils connaissaient sûrement mal leur sujet, ouais."

Ce à quoi j'ai ri, cette fois. Mais brièvement. En marchant, je l'ai étudiée du regard. Elle était vraiment jolie, et son rire m'avait donné des frissons. Elle avait ce visage un peu triste qui s'illuminait quand elle souriait, j'avais l'impression de rater une marche. Mais c'est autre chose qui m'a donné la chair de poule en l'écoutant. J'ai perdu mon sourire petit à petit. Vous savez comme je suis sensible aux femmes fragiles. Dès que j'en vois une pleurer, je me transforme en gélatine. Je me suis retenu, car elle demeurait une inconnue dont j'ignorais tout et pourtant, elle me livrait une part intime d'elle, à la réflexion. J'ai doucement secoué la tête.

"Non, mais j'en suis désolé que tu aies eu à vivre ce genre de choses. Je savais que les Chinois faisaient des trucs louches." Je l'ai arrêtée en posant ma main sur son bras, d'autant plus sérieux. "En fait, c'est pour ça que je voulais te voir, quand même, que j'ai accepté. Bon d'accord, il y avait beaucoup de curiosité, mais j'ai découvert quelque chose il y a un petit moment, je ne savais pas comment le communiquer, ni à qui. C'est un peu délicat et j'ai beau avoir fouillé, je n'ai rien trouvé..."

J'ai réfléchi deux secondes et je lui ai lâché le bras en soupirant, les lèvres pincées. D'accord, on aurait pu trouver un meilleur endroit pour discuter, il n'y avait pas grand monde, mais il suffisait d'une personne. J'ai vérifié que les personnes que nous croisions étaient assez loin et j'ai repris.

"Je connais quelqu'un... Qui s'est porté volontaire, récemment." J'ai levé les mains. "Je ne veux pas te dire qui ni quoi, pour l'instant ! Ne me pose pas ces questions. Je sais juste que les Chinois opèrent sur notre sol, comme... Des chercheurs médicaux, comme s'ils pouvaient trouver des remèdes grâce à Yu. Je prends ça pour un rabattement de mauvais goût de Candidats potentiels, mais je suis peut-être influencé par le fait qu'on m'ait menti toute ma vie aussi..." Et puis, j'ai percuté sur autre chose et j'ai froncé les sourcils. "La CIA ? Tu as cru que j'étais de la CIA, pourquoi ?"



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Eve
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J'ai seulement secoué la tête, je n'aimais pas qu'on me prenne en pitié, ou je ne savais trop quel sentiment on éprouvait pour quelqu'un comme moi dans ce genre de situation. D'habitude, j'étais du genre à grogner quand on me regardait comme ça, sauf que là, j'avais envie que l'on pose ce genre de regard sur moi, plus encore quand il m'a touchée le bras... Mais je me suis reprise, j'ai opiné du chef en l'écoutant,  j'ai froncé des sourcils en oubliant mon trouble aussi rapidement qu'il était venu.

Plus il me parlais de cette histoire de Chinois, plus mes yeux s'arrondissaient. Je voyais rouge, vraiment. Je bouillais à chaque mot qu'il prononçait. J'ai parlé bien plus bas.

- Tu ne peux pas me parler de ça ici...

Je me suis reculée d'un pas en ramenant d'un geste mes cheveux en arrière, je l'ai regardé droit dans les yeux, je n'arrivais pas encore à croire ce que je venais d'entendre. La Chine aurait mis en place de quoi recruter sur le territoire même, et ceux qu'ils visaient... Ça me filait presque la nausée.
Je me suis à nouveau approchée de lui.

- Je te pensais de la CIA parce que tu n'as pas bougé des états-Unis, et que figure-toi qu'elle s'y est mise aussi aux candidats quand elle a su pour la Chine.

J'ai relevé les sourcils pour appuyer ce que je sous entendais. Les Etats-Unis voulaient contrer la Chine en créant elle aussi, sa jolie armée de candidats. Je lui ai pris la main pour le forcer à bouger.

- On en peut pas parler de ça ici...  Il faut qu'on bouge, tu connais un endroit tranquille ? Chez toi...

En fait, je ne lui laissais pas vraiment le choix, encore.


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Alex Peterson
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"Je n'ai bougé..."

Elle devenait flippante, en fait. Elle me parlait d'un tas de trucs et tout ça était nouveau. Kitten avait émis des hypothèses mais je ne l'avais jamais écouté, je me suis toujours dit qu'il fabulait, qu'il aimait trop imaginer des complots... Mais là, c'était comme avoir mis le pied dans l'eau en se disant qu'elle n'était pas profonde et de s'y retrouver jusqu'aux coudes. Je devais afficher une tête d'ahuri ! Les yeux ronds, les sourcils hauts, la bouche ouverte à gober les mouches, parfait.

"Wow..."

Elle m'a tiré par la main et je ne sais pas si j'aurais dû me sentir rassuré ou non. Toujours est il que je nous ai faits rentrer au bar en lui présentant ma modeste monture que Matt appelait Romeo. Pour moi c'était "Le Bronco" ou "Jean" quand je voulais me souvenir de ma grand mère. Ca ne m'enchantait pas de l'amener au bar, je vous le cache pas. Vraiment pas, mais aucun endroit dans la ville n'était tranquille et il n'était sûrement pas question d'aller chez elle, maintenant. Mais comme je ne suis pas du genre à garder le silence, une fois dans la voiture en direction de la Ville Basse, j'ai repris.

"Hey, je t'ai dit mon pouvoir, tu m'as pas dit le tien. Tu sais quoi ? J'aime le commerce équitable. Et si toi et moi on doit continuer à faire affaire, autant qu'on soit réglo l'un envers l'autre. Les bons comptes font les bons amis !"



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Eve
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Il avait l'air de tomber des nues le superman rongeur d'os. Il ignorait tout du MSS, plus encore de la CIA. Je me rendais compte combien les gens pouvaient être ignorants finalement, cela faisait germer une idée, la diffusion des infos pourrait être encore plus grande. Si un mec comme Bones pouvait ignorer ce genre d'infos, imaginez un peu le gars lambda.

Je l'ai suivi jusqu'à sa voiture et je me suis laissée conduire. J'avais quelque chose qui me gênait dans ma basket, j'ai commencé par défaire les lacets. Puis j'ai secoué la tête. Il était curieux pourtant et il voulait tout savoir maintenant que la machine était lancée. Il devait aussi comprendre que je ne le lâcherai pas aussi facilement.

- Je ne veux pas faire affaire Alex, je te veux complètement, je te veux à Libération.

Je ne pouvais pas ne pas lui donner quelques infos, ça ne concernait que moi, et connaitre mon pouvoir ne pouvait pas être un réel danger avec lui. J'ai retiré la chaussure de mon pied et retiré le coupable de la gêne, un petit caillou. J'ai d'abord ouvert la vitre pour le jeter et refermé aussitôt.

- J'aime aussi quand c'est équitable.

Ce pouvoir qui faisait de moi quelqu'un d'aimée et détestée, j'en avais fait les frais à l'Underground. Je pouvais soulager ou détruire... J'étais vue comme une solution pour tous les positifs, candidats inclus, ou comme une arme pour les autres...
Je ne suis pas du genre à me poser des questions sur moi-même, comment je me voyais finalement, mais je crois que je me définirai comme un atout à un moment précis où je pourrai m'avérer utile, comme n'importe quel autre individu.

- Je peux annuler les pouvoirs.

J'ai remis ma basket, refait le lacet puis j'ai appuyé mon dos contre la banquette en le regardant.

- Je suis capable de rendre n'importe quel positif ou candidat, négatif.
Mais ce n'est que temporaire...

Je l'ai détaillé au volant de son véhicule, juste par réflexe, pas pour l'analyser.

On va où ?


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Alex Peterson
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Elle me voulait.

"Oui, ça, je crois que j'ai fini par comprendre."

Mais moi je suis un homme d'affaire. Je l'ai regardée, un léger sourire compris sur les lèvres. Annuler les pouvoirs ? J'ai à nouveau tourné la tête vers elle, quittant la route quelques secondes à peine. En voilà une idée. Annuler un pouvoir... Temporaire ou non, c'est hors de question. Je ne sais pas si elle l'a lu dans mon regard, mais en tout cas, je me suis contenté d'acquiescer. Cela dit, ça pouvait être pratique ! Surtout dans sa branche. Je me suis demandé une seconde ce que ça me ferait de redevenir "normal". Mon pouvoir n'était pas des masses encombrant mais j'avouais sans honte ne pas avoir peur de tomber dans les escaliers. Quand bien même j'en gardais toute la sensation et toute la douleur, je savais que ça se réparerait très vite. Pareil si on me fracassait la mâchoire... Si je n'avais plus ça, je me demande si j'oserais toujours prendre autant de coups...

Et puis j'ai ri. Son observation m'a fait sourire un peu plus. Je n'ai rien dit pendant quelques minutes avant de me manifester.

"Quoi... Oui, j'ai un gros nez... Mon papa avait ce nez. Ca me rend unique et singulier !"

Je l'ai dévisagée une seconde en souriant avant de lui répondre.

"Tu m'as dit chez moi, alors... On va chez moi. Je peux aussi faire le tour de la ville en voiture. Mais à moins que tu y aies fait déposer des mouchards, les seules personnes qui soient venues chez moi sont des employés de confiance donc on devrait être tranquilles."



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Eve
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J'ai levé les yeux au plafond en secouant la tête. Non mais... Il n'y avait pas un mec pour rattraper l'autre, c'était lamentable, vraiment. Mais ça m'a fait sourire.

- C'est que je suis coriace.

J'avais toujours ce que je voulais, et je l'aurai, d'une façon ou d'une autre, il integrerait Libération, juste qu'il l'ignorait encore.
Alex était perplexe sur mon pouvoir. Enfin, si sa légère sortie de route voulait dire ça. J'en avais rien à faire de son avis, mais j'avais toujours cet effet avec. Il était tout de même bien pratique pour moi. Pouvoir passer pour une négative, ça allait m'aider, j'en étais certaine. J'ignorais quand, mais ça ne pouvait ne pas m'aider.

Et puis je me suis demandée pourquoi il se mettait à rire, j'ai souri en coin, je ne l'observais pas pour le détailler, j'avais juste les yeux posés sur lui. J'étais tellement dans une optique professionnelle que je ne voyais qu'un individu et non l'homme. J'en ai profité du coup. Il était plutôt bien bâti, pas étonnant, comme beaucoup de candidats "en exercice". Puis j'ai approché légèrement mon visage en fronçant des sourcils.

- Ah ouè c'est vrai qu'il est gros. Puis j'ai haussé les épaules. A chacun son appendice.

Référence à mes "Obus", comme il les avait appelés... Je les trouvais à la bonne taille personnellement, mais bon, ça revient à ce que je disais... Les mec quoi. J'ai croisé les bras sur ma poitrine en l'écoutant.

- Ok, ça me va. Tu sais, les mouchards c'est surfait. Et chez toi c'est au dessus de ton club? J'ai toujours hésité à m'y rendre pour prendre du bon temps. Dans ton club j'entends...

Je m'enfonçais, mais vu le gaillard, je préférais me justifier.


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Alex Peterson
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J'ai ri à nouveau franchement.

"A chacun son appendice, oui."

La saleté. Le pire, c'est que j'aimais bien. La saleté. Bis. J'ai lennnnnnnnnnntement tourné la tête vers elle à son insinuation. Qu'on s'entende bien : oui, j'aimais ça, oui, je ne disais jamais, oui, j'assumais parfaitement, mais non, je ne prenais pas n'importe quelle fille, je ne prenais pas la première qui passait et non, mon appartement n'était pas un baisodrome pour les inconnues de passage affamées. J'aimais les femmes, j'aimais passer du temps avec, je ne cherchais pas une petite amie, mais j'aimais bien retrouver les femmes qui me plaisaient, quand ça leur plaisait.

Et j'ai éclaté de rire à sa précision avant de secouer la tête. Vraiment ? Les insinuations ? En plein.

"Oui... Oui, c'est au-dessus du club, mais c'est plutôt calme. Et je ne sais pas ce que les autres t'ont dit mais je dément au moins la moitié."

Je me suis garé dans l'allée des poubelles et je suis descendu de la voiture avant de claquer la portière.

"Tu sais ce que je trouve injuste ? Tu sais beaucoup de chose sur moi." J'ai avancé pour retrouver la route - et elle - et j'ai repris d'un sourire en coin. "Et je ne me souviens même pas de ton prénom..."

D'un geste, je lui indique la porte, pas celle du bar ni du club, mais une un peu plus loin qui conduit aux parties privées directement. Il était encore tôt et la musique ne s'entendrait pas avant deux bonnes heures.

"Mais quelque chose me dit que c'est pas trop grave, j'avais pas le bon."



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Eve
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Je suis descendue sans oublier mon précieux. Là, concrètement, si on regardait de l'extérieur, ça ne ressemblait vraiment pas à un recrutement, ou plutôt je n'avais rien d'une chasseuse de tête. On aurait plutôt dit deux potes qui se chercher sans jamais se trouver. J'ai claquer la portière derrière moi et j'ai avancé en levant la tête sur le bâtiment. C'était tout de même assez impressionnant.

- Ils ne m'ont rien dit, rassure-toi ! J'ai ri. C'était une conversation légère, sans but, mais ça faisait un bien fou d'oublier pour quelques minutes la vie de dingue que je menais depuis trop longtemps.
J'ai levé les yeux au ciel quand il me demanda mon prénom. Je me suis avancée jusqu'à la porte qu'il m'avait indiqué puis je l'ai attendu avant ajouté sur le ton de l'humour.

- J'ai l'impression que tu es un éternel insatisfait, tout de même. Et à ce rythme, tu en seras beaucoup plus que moi, tu pourrais devenir gênant.

Une fois à ma hauteur, je l'ai regardé droit dans les yeux. J'aurai pu le faire mariner quelque temps, lui donner un prénom encore plus merdique que le premier, j'étais joueuse mais il fallait bien arrêter les conneries à un moment donné.

- Tu n'aimais pas Lydie ? J'ai ri doucement en secouant la tête, c'était un prénom vraiment pourri. Puis je l'ai regardé à nouveau, j'ai repris mon air plus sérieux, une voix plus posée.
Eve... c'est Eve. Je lui ai souri doucement avant de me mettre sur le côté pour qu'il puisse ouvrir la porte de son antre.



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Alex Peterson
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Doucement, j'ai acquiescé à nouveau. J'aimais bien quand on était franc et honnête avec moi. Je n'en saurai jamais plus qu'elle n'en savait pour la simple et bonne raison que je ne cachais qu'une seule chose. D'accord, peut-être deux. La première par sécurité, la seconde par honte. Pour le reste, j'étais un livre ouvert, je n'avais peur ni honte de rien. Mon sourire s'est agrandi un peu plus en la dévisageant.

"Eve. C'est joli."

Et puis j'ai tendu ma main entre nous, comme allant pour prendre la sienne.

"Enchanté. Moi, c'est Alexis. Mais certains de mes amis proches m'appelle Alex. D'autres, Bones."

Et j'aimais bien les choses bien faites, propres. Elle était peut-être jolie, intéressante, mais elle allait bientôt entrer chez moi, et en tout bien tout honneur. Alors que les présentations soient officielles. Je lui ai fait un clin d'oeil - parce que je peux jamais m'en empêcher - et j'ai ouvert la porte.

Elle menait sur un escalier un peu étroit d'une vieille bâtisse, c'était la seule chose que nous n'avions pas rénové avec le club. Et une fois en haut, je l'ai laissée entrée. Je suis un vieux célibataire et chez moi, c'est pas Beyruth, mais pas loin. Encore que j'essayais de faire attention vu qu'on continuait d'entrer chez moi comme dans un moulin. Dont deux filles. Alors c'était peut-être pas le grand luxe, mais c'était juste histoire d'attraper les deux trois fringues qui traînaient pour aller les jeter sur mon fauteuil dans la chambre.

La pièce principale était la plus grande, éclairée par deux immenses fenêtres à l'abris d'un grand arbre. Au fond, une kitchenette et sur la droite, une autre porte qui menait au club. Un "loft" tout en longueur avec les fenêtres du côté cours et un mur avec un accès chambre et salle de bain côté rue. Ca rendait la pièce bigrement calme et agréable. J'avais posé au milieu ma table basse avec mon canapé sous la fenêtre, quant aux décos, j'avais laissé Lexy s'amuser. Elle m'a tout refait dans une sorte de beige et accroché des trucs qu'elle avait ramené de ses voyages. Sur une étagère, j'avais des photos de nous, Matt, Angela, le bar en général. Ma vie, quoi. En fait, c'était carrément con de ma part de l'avoir amenée ici. Mais elle était de Liberation, je pouvais lui faire confiance, non ?

Elle me voulait après tout. Autant qu'elle voit ce qui était susceptible de me retenir.

A la cuisine, j'ai ouvert mon frigo pour lui sortir une bière et lui tendre après en avoir récupéré une pour moi aussi. Au moins, c'était convivial, moins froid et impersonnel que l'appart au-dessus du bar encore que j'avais pas mal habité la chambre. Ici, je faisais attention, j'admets, je me sentais enfin chez moi.

"Ici, on devrait être tranquilles. Tu veux boire quelque chose ?"

J'avais tablé sur la bière, mais je pouvais encore me planter.



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Eve
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Je l'ai suivi. J'en ai profité pour regarder un peu comment était fait le bâtiment. Pourquoi on se demande bien, juste un réflexe d'agent que j'avais été, de "terroriste" que je suis. C'était un vieux bâtiment et c'était du costaud. Rapidement nous sommes arrivé dans l'appartement, ou le loft plutôt douillet et un peu en désordre. Là encore j'ai photographié sa disposition, ne m'en voulez pas, c'est plus fort que moi. Je me suis approchée de l'étagère où trônaient des photos lorsqu'il allait faire face à son frigo. Dessus ? Alex, une blonde, d'autres... j'ai reconnu Matt de l'underground... A croire que tout ceux que j'approchais ou fréquentais, connaissaient un membre de l'underground. En même temps... Ils étaient tellement une flopée là-dessous.

- Je veux bien un coca si tu as.

Je me suis tournée vers lui et j'ai pincé les lèvres en le voyant avec deux bières.

- J'ai un peu de mal avec l'alcool, même les boissons peu fortes.

Puis je suis allée déposer ma LunchBox sur la table basse, je ne me suis pas assise non, j'étais bien élevée. Oui, même au MSS on vous apprend à bien vous tenir en plus de bien tenir une arme. Une fille bien élevée, c'était bien mieux pour coincer des politiciens, surtout si elle était jolie en prime.

- Tu sais, tu aurais pu trouver toutes les informations sur notre site. On balance tout dessus. Le MSS, la CIA, tout y est. Ça m'étonne que tu ne l'aies jamais lu. C'est presque insultant !

J'ai souri, on ne pouvait pas forcer tout le monde à lire et même croire ce que nous balancions.
Je ne voulais pas faire de remarque sur son chez lui même si j'enviais tout cet espace pour un seul homme ! Mais je n'ai pas pu m'en empêcher. J'ai levé le nez partout en riant un peu.

- T'embauches ? Parce que je postule tout de suite si je peux me payer le même appart.

En fait j'aurai pu, même me payer mieux, nous ne manquions pas d'argent, juste que, rester chez les plus bas de l'échelle, ça m'aidait à ne pas me déconnecter de la réalité de la vie et surtout, ils étaient plus nombreux, je pouvais plus facilement passer inaperçu.



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Alex Peterson
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J'ai ri à nouveau (oui encore) en revenant avec un coca que je lui ai tendu en m'asseyant, l'invitant à faire de même.

"Non, pour l'instant, j'ai embauché tout ce que je pouvais. Mais, je peux te trouver quelque chose, si tu cherches."

Ca aussi, c'était un de mes "arts cachés", l'immobilier ! Il faut dire, avec tous ces contacts qui meurent, ça fait marcher un bon business. En ouvrant ma bouteille, je me suis raclé la gorge et j'ai jeté la capsule sur la table.

"Je n'ai pas forcément le temps de tout lire. Je réponds aux demandes, j'agis si je peux... A côté de ça, je passe ma vie ici, je travaille tout le temps, c'est tout juste si j'ai une vie." Je me suis frotté un oeil. "Je ne m'en plains pas, j'aime ce que je fais. Je dis juste que... Mes journées sont bien remplies, alors quand je passe du côté de Liberation, ce n'est pas vraiment pour ça, c'est plus... Pour me détendre."

J'ai haussé les épaules et j'ai bu une gorgée. Liberation n'était pas forcément là pour me détendre, mais je crois que je n'avais pas envie non plus de savoir. J'ai inspiré profondément et j'ai tourné la tête vers elle.

"Comment ça se passe ces agences ? Ils recrutent sur le tas, comme des agents, ce genre de choses ? J'imagine que ça n'a rien à voir avec la télé, mais je me demandais. Je pose plus facilement mes yeux sur la ville et les quartiers chauds pour donner aux gens une vie plus sûre, que sur le gouvernement que, de toute façon, je ne peux pas atteindre."



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Eve
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J'ai pris mon coca puis je me suis assise à côté de lui, le bras tendu sur le dossier. J'ai ri quand il disait de Libération, de la détente, ça c'était vraiment drôle. L'action pouvait être salvatrice, euphorisant, mais je ne me suis jamais sentie détendue après une mission, même menée avec succès.

- Et bien, si tu veux te détendre, je suis là pour t'aider. Il n'y a pas mieux placée !

J'ai bu une gorgée l'air de rien. Non parce que là, si il était aussi tordu que doué dans ce qu'il faisait, il allait sûrement rebondir... Il fallait vraiment que je fasse attention à ce que je dis.

- Pour le MSS, ils se fournissaient grâce aux enlèvements d'enfants en Chine, Pays de l'est et Russie. Ils ont fini par ralentir ces enlèvements, changement de politique en somme. Il y a aussi les volontaires, des hommes et des femmes comme ton amie, mais sains... Enfin si on peut trouver de sain quelqu'un qui veut faire parti du MSS... J'ai secoué la tête dépitée en posant mon coca sur la table basse.
Pour la CIA, des volontaires également, ou des accords comme pour toi, en fait c'est peut être à eux qu'on t'a vendu, mais je ne peux pas te le garantir. J'ai grimacé. Qui sait ce qui se passe derrière chaque mur de cette ville... On a bien des doutes, mais aucunes preuves. Et ça, c'est vraiment rageant. Comme la Walkman, il y a des cellules secrètes, mais rien, on a rien, pas moyen d'avoir une preuve.

J'ai marqué un long moment en le regardant droit dans les yeux. Je n'arrivais pas à croire, et pourtant je le croyais, que le MSS en était arrivé à recruter des malades... Il fallait aussi qu'on se protège le cul, et vite, par ce que j'étais certaine qu'ils continuaient à nous traquer et ils étaient trop proche de la réussite.

- Alex... C'est complètement fou ce que tu me racontes. Le MSS ici... Et Yu à des fins thérapeutique?

J'ai soupiré et mis mes mains sur mon visage avant de les laisser retomber sur mes cuisses.

- Qu'est-ce que tu peux me dire à ce sujet ? Alex... Il ne faut absolument pas laisser faire ça... Je veux dire, on doit agir vite, trouver tous les renseignements c'est...

J'ai pris mon portable dans ma poche intérieure de ma veste que j'ai ensuite retirée. J'ai envoyé un SMS à Jason pour qu'il voit rapidement ce qui en retournait, s'il pouvait attraper quelques informations. Puis je l'ai gardé dans la main une fois le message envoyé. J'ai observé Alex, mais je suis restée silencieuse, cette fois.


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Alex Peterson
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Je n'ai pas relevé. Pour deux raisons. La première, c'est que c'était trop facile. La seconde, Eve n'était pas une fille que je cherchais à impressionner, et je n'avais pas non plus envie de passer pour un obsédé à ses yeux. J'ai souri, tout au plus, prenant ça à la blague, mais je n'ai pas remis une pièce de monnaie pour jouer l'acte suivant.

Mes yeux dans les siens, je l'ai écoutée en me rendant moyennement compte que tout ça était la réalité. Les sourcils froncés, je l'ai étudiée en silence alors que tout se bousculait dans ma tête. J'ai fini par ouvrir les mains en haussant les sourcils.

"Je n'en sais rien, elle n'est pas allée jusqu'à parler de MSS. Elle m'a parlé de chinois et d'un gars, un ami à elle qui l'aurait rencardée. Elle était malade, il a voulu l'aider, je ne sais pas qui il est, je ne l'ai jamais vu. Elle ne m'en a pas dit grand chose, sauf son nom. Gavin, je crois. Je n'ai rien pu faire, je l'ai su des mois plus tard ! Visiblement, lui, il a essayé de la dissuader. Je le sais parce qu'elle me l'a craché à la tronche que je lui ressemblais, ou quelque chose comme ça. Depuis qu'elle m'en a parlé, j'essaye de regrouper des informations, je voulais voir Liberation avant, mais je n'ai pas eu le temps, je n'ai pas réussi..."



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Eve
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Je l'ai écouté, je ne l'ai pas lâché des yeux, je buvais ses paroles. Puis le temps s'est comme... arrêté. Le choc avait été fatal. "Gavin"... Cela ne pouvait être que Garin... J'ai d'ailleurs prononcé correctement son prénom, enfin soufflé, puisque j'avais le souffle coupé par ce que j'entendais. C'était comme prendre une plaque de marbre lancée avec élan dans le bide.

- Garin...

J'ai du me décomposer à vue d'oeil. Comment... Comment avait-il pu me faire ça? Garin au MSS... Il ne pouvait pas me faire pire traitrise, à part finir avec une blonde, il ne manquerait plus que ça, tiens...
Mes mains ont lâché le téléphone qui fini par tomber sur sol, je n'ai même pas eu la force de me baisser pour le récupérer. Ça ne collait pas, ça ne pouvait pas coller avec Garin... Et pourtant, Garin ... recrutait-il vraiment ? S'était-il joué de la jeune femme en la guidant là-bas ? Ma tête allait exploser. Ce n'était pas possible.

Je vivais un cauchemar, ma vie cette dernière année n'avait été qu'une accumulation de merdes, et quand vous pensez que c'est fini, non, on vient vous finir à coup de pioche pour vous mettre la tête dedans. Garin au MSS, sur le sol Americain, recrutant peut être des candidats volontaires. Ça puait pour nous, pour eux aussi. J'ignorais comment il était entré, ce qu'il y faisait réellement. Je devais le découvrir.

J'ai regardé Alex, mes yeux cherchaient un soutien que je ne trouverai certainement pas ici. Je me suis levée tel un zombie pour me diriger à la fenêtre la plus proche. Je ne sais pas ce que m'aidait à tenir encore debout. Mais j'ai fini par coller mon front contre la vitre, mes yeux ne regardaient rien, je ne voyais pas, juste le regard dans le vide et je murmurais pour moi-même. Nous avions un traitre, Garin était le traitre de Libération. Je réfléchissais à la meilleure façon de faire, d'agir et contrer.

- Comment a-t-il pu me faire ça ? Comment peut-il nous trahir de la sorte ? Il faut se débarrasser d'eux... Des candidats, tous... On doit retrouver le Chinois et Garin. Oui, il faut le retrouver.

Je me suis retourner vers Alex, complètement assommée par la révélation, mais capable de réfléchir encore un peu, oui, nous étions tous entrainés pour tenir jusqu'au bout. Et pourtant, j'avais mal, il fallait que je tienne encore.

- Garin ? J'espère que ton amie n'a pas entrainé d'autres personnes avec elle, parce qu'elle est dans une merde noire... Et eux aussi...

Si quelqu'un d'autre avait été en contact avec Garin et l'amie d'Alex, je ne lui donnais pas cher pour la suite. J'étais tendue comme pas possible, je serrais les poings si fort, de colère, que mes phalanges viraient au blanc. J'en avais marre, j'étais au bout, j'étais sur le point de craquer, vraiment, mais je ne savais pas comment faire.


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Alex Peterson
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"Je l'aide à..."

Le temps s'est comme suspendu, c'est exactement ça. Je la fixais sans comprendre, me demandant ce que j'avais pu dire ! Je me suis figé dans ma phrase quand son téléphone est tombé et qu'elle ne me quittait pas des yeux. J'ai attendu une réaction qui n'est pas venue, en dehors de la correction. Et là, j'ai su que j'avais fait une connerie. Plus grosse que moi. Etais-je à ce point en lien avec Liberation sans que je le sache ?! J'ai ouvert la bouche et je l'ai regardée se lever.

"Est-ce que ça va ? C'est... Quelque chose que j'ai dit ?"

J'essayais de rendre ma voix la plus douce possible car j'ai bien senti qu'il se passait quelque chose en face qui pourrait bien me revenir tout droit dans la figure. Et puis, j'ai repris mais je ne savais pas trop qui je devais défendre dans l'histoire, tout à coup.

"Elle était malade. Cancer. Il connaissait des gens pouvant l'aider, un nouveau traitement, je crois qu'il faisait ça comme... Une dette. Elle lui avait sauvé la vie, alors il lui rendait." J'ai levé une main prudente. Angela avait été... Plutôt bavarde. "Je doute qu'il savait ce qui l'attendait. Parce que quand il l'a découvert, il a tout fait pour la dissuader. Mais elle a dit oui. De ce que j'ai compris, il a été piégé, comme... Un marché. Il avait quelque chose que les chinois voulaient et en d'autres termes, ils sauvaient la fille, et lui leur donnait. Je ne sais pas ce que c'était et elle non plus."

J'ai soupiré, Angela avait été bavarde oui, et je savais qu'elle était dans la merde, mais je n'avais pas imaginé à ce point. Si elle avait aujourd'hui Liberation et une agence gouvernementale aux fesses... J'avais pourtant essayé de la prévenir, mais c'était déjà trop tard.

"Sa mutation l'a guérie. Visiblement, quelqu'un a trouvé comment manipuler une mutation, parce que je sais que la nature est bien faite, mais quand même. Je n'avais aucune prédisposition pour ce pouvoir et je doute que le tien avait une raison bien particulière d'exister ! Combien y avait-il de chance que Yu réponde à son cancer de façon aussi positive ? Pardonne-moi le jeu de mots. Et s'ils avaient trouvé le moyen d'aider des gens ?"

J'étais un homme de réflexion et de suffisamment de diplomatie pour explorer tous les angles avant de me faire un jugement. Je me suis penché pour ramasser le téléphone et le reposer sur la table en me levant.

"Je ne sais pas où il est... On n'en a pas vraiment reparlé. Pas de lui, en tout cas. Mais, je vais voir, je vais lui parler, d'accord ? Non, je ne pense pas qu'elle ait entraîné qui que ce soit et elle n'en a parlé qu'à moi parce que je suis Candidat, aussi."



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Eve
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Alex devenait plus bavard. Etait-ce à cause de ma réaction, je n'en savais rien. Heureusement pour Garin et cette femme d'ailleurs. Et d'après ce que je pouvais comprendre, Garin s'était encore foutu dans une jolie merde en voulant jouer le joli coeur, c'était à parier. Abel avait raison, il avait le don d'attirer les emmerdes sur lui.
Donc cette nana avait accepté de se faire soigner, enfin pour moi elle était là plus pour une expérience qu'autre chose à leurs yeux. Et Garin, piégé, leur devait quelque chose en retour.

Je réfléchissais, j'ai froncé les sourcils en levant une main vers Alex pour qu'il arrête deux secondes de parler, puis j'ai secoué la tête.

- Non, ils ne cherchent pas à aider les gens. S'ils ont un lien avec le MSS, ce qu'ils ont pour marchander avec Garin... Mais quoi ? Certainement en rapport avec nous... Je le crains.
Ton amie n'est rien qu'un rat de laboratoire, ils misent sur le désespoir des gens pour les manipuler. Ils sont condamner de toute façon, si en plus, par le pur des hasards ils développaient un pouvoir...

J'ai secoué la tête, je ne devais pas faire de suppositions. J'avais en face de moi un homme susceptible de me servir toutes les réponses sur un plateau. Je l'ai regardé.

- Alex... J'ai fait un pas vers lui. Accepte, rejoins-nous, c'est toi qu'il me faut sur ce coup, c'est pour toi, une première mission.J'ai posé ma main sur son bras.
Essaie d'avoir le plus d'informations sur ce qu'elle a fait, avec qui, où... Et trouve-moi Garin, trouve-moi sa planque. Garin est malin mais il peut les conduire à nous, volontairement ou pas. Une fois tout ça réuni, nous aviserons, nous devons nous rendre compte de l'ampleur de ce qui ne s'apparente pas pour moi à du social, le MSS ne fait pas dans le social.

J'ai serré mon emprise sur lui.

- Si c'est ce que je crois, nous sommes tous dans la merde jusqu'au cou, toi y compris puisque tu en sais déjà trop. Elle les conduira à toi, elle m'a l'air bien bavarde, elle ne tiendra pas deux minutes face à eux. J'ai regardé mon paquet sur la table. Je dois faire vite, prévenir les autres par précaution. Est-ce que je peux compter sur toi, maintenant ?


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Alex Peterson
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J'ai ouvert la bouche mais elle continuait de parler. C'était comme si j'avais ouvert une vanne et qu'il n'y avait plus rien pour l'arrêter. J'ai regardé sa main sur mon bras et j'ai relevé les yeux dans les siens.

"Eve, je suis un grand garçon, je sais me défendre. Personne n'est venu jusqu'au bar depuis, j e connais mes clients, on ne craint rien. Et si ça sent le roussi, je vous appellerai." J'ai inspiré profondément. "Je ne peux pas vous rejoindre. Je vous aiderai, je ferai tout ce que je peux pour vous aider, mais je ne veux pas être membre actif de Liberation."

La seule chose à laquelle je pensais, c'était Matt. Et ma fille. Je ne voulais pas être contre l'un, et pour l'autre, je caressais encore le doux espoir de renvoyer l'image d'un père peut-être salop mais pas terroriste. J'ai posé ma main sur la sienne pour lui prendre et serrer ses doigts dans les miens. J'étais captivé par ses yeux que je n'aurais pu voir autre chose, même si je le voulais.

"Dès que j'en sais plus, je te tiens au courant, tu peux compter sur moi. Je reste là pour vous, laisse-moi gérer. Occupe-toi de Liberation, je m'occupe du reste, comme d'habitude. Mais si tu veux que je trouve toutes les infos, je vais commencer par toi. Qui est Garin ?"



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Eve
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Mes doigts dans sa mains, je l'ai écouté refuser de rejoindre nos rangs, mais il continuerait à bosser pour nous. J'aurai préféré qu'il franchise enfin le pas, j'allais lui laisser le temps d'y réfléchir encore, je ne voulais pas perdre ce soutien précieux qu'il était. J'ai froncé les sourcils.

- Tu es peut être un grand garçon, tu sais te défendre, mais là tu ne seras pas en face d'un petit gang pro négatifs. Si c'est le MSS comme je le pressens, les autres auront l'air de danseuses à côté. Ne joue pas au héros seul face à eux. Appelle-nous, n'hésite pas.

Je lui ai bien fait sentir que cet avertissement n'était pas à prendre à la légère.

- Contente-toi d'avoir les informations, trouve-moi Garin, mais ne fait rien, ne prend pas contact avec lui, reste à distance dans un premier temps. J'ai soupiré. Garin est un ancien membre de Libération, il a été un candidat volontaire à la CIA avant de nous rejoindre. Aujourd'hui ? Qui sait, membre du MSS ? Il est dangereux Alex, très dangereux, et peut être plus fort que n'importe quel autre positif. Je veux dire, que tu ne pourrais pas grand chose face à lui. Mais je ne veux pas qui lui arrive quoique ce soit non plus.
Alors tu te contentes de me donner son adresse, compris? On garde toujours le même mode de contact, ça fonctionne très bien comme ça pour l'instant. Je te fais envoyer son descriptif et sa photo.


Je me suis éloignée de lui, pour prendre mon HP, j'ai envoyé un message à Marlène pour faire parvenir les informations rapidement.


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Alex Peterson
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J'ai ressemblé à ces chiens de plages arrières et qui hochent bêtement la tête. Tout ce temps, j'ai acquiescé.

"Oui, bien sûr, je ne suis pas un héros... Je ne suis pas du genre à me lancer dans la gueule du loup sans être sûr de ce que je fais. Ce qui dans le cas présent... N'est pas le cas."

Ses mises en garde étaient inutiles mais j'aimais qu'on soit d'accord. Juste une prise d'informations. Parfait. Non, je ne me sentais pas de rejoindre Liberation pour le moment. Si je l faisais, c'était la fin, comme enterrer ma fille. Jusque là, c'était peut-être foutu avec ma femme, mais j'avais encore une chance de gagner ma fille. Avec Liberation, je pouvais lui dire adieu... Quand bien même il ne s'agissait que d'une subtilité, je ne voulais pas que ma fille me prenne pour un terroriste, elle était suffisamment grande pour comprendre ces choses-là.

"Je vous contacterai dès que j'aurai investigué, c'est promis."

Ca ne devrait pas être trop compliqué, normalement. Angela était assez bavarde, non ? La porte descendant sur le club s'est ouverte, laissant la musique remonter et j'ai ouvert les bras. Elle était grande, belle, avec des mèches blondes et des yeux bleus aussi nordiques que ceux d'Eve, je l'adorais, mais, quand même !

"Bones ! Je savais bien que je t'avais vu passer devant le bar, quelqu'un a téléphoné pour toi."

Lexy ne semblait pas vouloir s'attarder, pourtant, elle a jeté un oeil à Eve pour lui sourire en acquiesçant dans un salut.

"Mais oui bien sûr, entrez tous chez moi comme dans un moulin !"

"Je vais pas tarder d'y aller, surtout, j'avais peur d'oublier. Je t'ai laissé le message derrière le bar. Bonsoir !"

"Lyddie, Lexy, Lexy, Lyddie."

Et elle s'est approchée pour lui serrer la main, les sourcils hauts et l sourire malicieux. MMhh, mais qui était cette jeune fille toute habillée chez moi ? oh mon dieu, mais que faisait la protection de la petite culotte libre ?!

"Enchantée !"



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Eve
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Puis la musique s'est faite entendre et une jolie blonde est entrée. J'ai pris une posture et une mine plus décontractée.

- Enchantée Lexy, je partais justement.

Je lui ai serrée la main qu'elle me tendait en lui souriant. Puis j'ai attrapé mon sac à puces, avant de me coller à Alex en lui caressant le torse, un grand sourire digne de la Lydie que j'incarnais.

- Tu peux me déposer mon chaton s'il te plait ?


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Alex Peterson
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Lexy a haussé les sourcils et son sourire s'est agrandi en passant lentement d'Eve à moi. Autant vous dire que... Euh... Je ne me suis pas senti très à l'aise. C'était toujours comme ça avec elle. Je me suis mis à rire en prenant la main de Eve.

"Bien sûr, oui !"

Lexy, quant à elle, admirait le spectacle et je m'attendais à en entendre parler pendant un moment. Ses yeux sont allés de la table à Eve, puis à moi.

"Ouah... La première que je vois toute habillée." Elle m'a montré son pouce, bien fière. "Félicitations, Bones."

Je l'ai imitée, les lèvres pincées et entre les dents, je l'ai remerciée.

"Précision inutile mais merci..."

"Bien... Ravie d'avoir rencontré l'amie d'Alex." Elle a agité une main vers nous en revenant vers la porte. "Bonne fin de journée !"

Et elle a disparu. Une fois seuls, je me suis tourné vers Eve avec un sourire sur les lèvres, pas vexé d'un sou.

"Et... C'était en quel honneur ?"



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Eve
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A la réflexion de Lexy, j'avais envie de rire pour me moquer d'Alex mais le pire de tout, est que j'aurai voulu lui répondre du tac au tac, mais j'aurai laissé l'impression d'avoir un peu trop d'esprit pour le genre de fille que j'incarnais, aussi j'ai ri bêtement à sa remarque, en me collant plus encore à lui.

J'ai agité la main jusqu'à ce qu'elle ne soit plus visible. Pour répondre à Alex, je ne me suis pas détachée de lui, j'ai joué avec le col de son T-shirt, la bouche en cul de poule.

- J'ai trouvé tellement mignon que tu te souviennes de mon prénom tout à coup, Bones. J'ai dandiné de la tête. Et merci de m'avoir laissé mes vêtements.

J'ai eu un sourire en coin et je me suis reculée.

- Allez, j'ai assez trainé ici. J'ai avancé puis je me suis retournée vers lui. Ah au fait ! Les toilettes des mecs, la petite fenêtre qui donne dehors, une femme peut s'y glisser aisément. Tu devrais y mettre des barreaux. Puis je me suis dirigée vers la porte, pour l'attendre.


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Alex Peterson
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"Ah ah... Bizarrement, oui, ça m'est revenu tout à coup ! C'est marrant, j'avoue."

Je n'ai pas compris la référence aux toilettes. J'ai froncé les sourcils, mais je crois qu'en fait, je n'ai pas cherché à en comprendre plus. Je lui suis passé à côté en dodelinant de la tête.

"Les femmes..." Je l'ai regardée avec un sourire amusé. "C'est pour ça qu'elles sont rarement habillées : je cherche pas à comprendre et je ne pose pas de questions." Et je lui ai offert le plus magnifique de mes clins d'oeil. "Mais si tu veux, je peux encore te les enlever."

Parce que je suis comme ça, parce que c'est ma nature, c'est ma façon à moi de dédramatiser les choses, d'atteindre les gens d'une certaine façon, un peu détournée. De les mettre en confiance, aussi un peu. L'assurance de certains aide parfois à forger celle des autres.



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Eve
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Je l'ai regardé en l'écoutant, il roulait presque des mécaniques. Je me suis appuyée contre le mur sans rien dire en me redressant, j'ai même levé le menton avec un regard quelque peu, fiévreux.

- Ah oui vraiment ?

Nous étions deux grands joueurs, je ne le pensais pas capable d'aller jusque là, en fait, je ne l'ai pas pris au sérieux une seconde, j'ai replacé mes cheveux en arrière avant de plaquer ma tête contre le mur.

- Mais je crois qu'on t'attend en bas.

Je l'ai laissé s'approcher, j'ai laissé tomber mon sac à mes pieds, puis je l'ai poussé doucement sur le côté. C'était un jeu "dangereux", mais je n'avais pas eu ma dose d'extreme depuis trop longtemps, j'avais besoin de sortir de ma routine, un peu.


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Alex Peterson
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J'ai haussé les sourcils. Ca, c'était de la provocation à laquelle je n'étais plus habitué. Et Eve n'était pas n'importe quelle fille sortant de nulle part. Plus maintenant. Cependant, elle me provoquait. Ouvertement. Et croire que je n'irai pas jusque là a été sa plus grande erreur, me concernant. Je pensais qu'elle m'avait mieux observé.

Mon sourire s'est agrandi alors que je m'approchais d'autant plus d'elle. C'était un jeu, ni plus ni moins. Mon but n'était pas d'aller ni plus loin, ni où que ce soit, d'ailleurs. J'aimais ces jeux-là, je ne m'en cachais pas et je n'ai pas vu pourquoi j'aurais dû m'en priver.

Alors que je parlais, mon visage se rapprochait dangereusement de celui d'Eve, avec une voix basse comme j'en avais l'habitude, lorsque je décidais de tourner la sensualité à mon avantage.

"Non, Lexy a dit qu'elle m'avait laissé un mot. C'est mon jour de repos, je descends si j'ai envie."

J'ai plissé le nez avec amusement, frôlant à peine le sien, pour jouer avec elle et la narguer. Et d'un index, j'ai lentement fait remonter son débardeur sur son ventre. Je n'en étais pas à la déshabiller totalement, mais j'étais persuadé qu'elle ne me laisserait jamais aller au-delà. Elle avait cette beauté froide qui la rendait bien plus grande gueule que vraie gueule.

"Oh oui, vraiment."



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Eve
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Je me suis mordillée la lèvre au contact de son index, aussi j'ai passé une main sur sa nuque.
Je n'étais pas ce genre de fille, croyez-moi. Je ne suis pas de celles qui écartaient les cuisses facilement, je le répète, et là c'était un jeu, pour moi, ça ne comptait pas. J'avais fait ça peut être des dizaines de fois pour des missions, pour attraper mes futures victimes quand on ne me les apportait pas sur un plateau.
Parce que oui, j'avais ce côté nordique, un peu dépaysant qui plaisait à un grand nombre d'hommes. Je n'avais pas les cheveux blonds, mais j'avais d'autres arguments de taille qui fonctionnaient très bien. Je ne suis pas prétentieuse, je ne me trouve pas exceptionnellement belle, mais la nature ne m'avait pas faite laide.

- Est-ce que j'aurai droit à un verre après le dessert ?

Je l'ai regardé avec gourmandise et j'ai dirigé sa main sur ma hanche, histoire qu'il comprenne que je ne me contenterai pas que d'un doigt.

- Alex ? Mon souffle était maintenant court. Je peux te demander quelque chose avant ? Mon nez est venu caresser le sien.



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Alex Peterson
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En moi-même, je me suis dit 'Je crains le pire.' Je ne sais pas si c'est parce que j'avais flairé le mammouth sous la montagne ou juste parce que je n'en avais pas envie, mais je n'ai pris aucun devant. Peut-être parce que je n'avais reçu aucun signal de sa part, alors selon moi, c'était du chiqué. J'avais ri à sa première question et j'avais acquiescé alors que mon index remontait d'une légère caresse contre la peau de son ventre en remontant jusqu'à sa poitrine, soulevant toujours un peu plus son débardeur au passage.

Dans la vie, il faut parfois savoir jouer, et je n'étais plus tout à fait ce mec affamé comme l'année précédente avec un gros manque de vie sociale. Que l'on ne se méprenne pas, j'en aurais méchamment bien fait mon quart d'heure, de l'islandaise. Elle avait... Tout ce que j'aimais. De grands yeux bleus glacés, une chevelure de fauve, des formes plus que généreuses, une jolie peau laiteuse... Le petit hic étant qu'elle me rappelait étrangement ma femme, mais ce n'est un hic que pour celui qui le sait et qui peut éventuellement montré un transfert du doigt. Cependant, je n'ai pas non plus pour habitude de prendre ce qu'on ne m'a pas offert au préalable. Et dans ce domaine, je n'achète pas non plus. C'est donnant-donnant.

Lâchant le débardeur qui est retombé sur son ventre, mon index a pourtant continué sa course, jusqu'à sa gorge, puis son menton que j'ai pincé avant que mon pouce ne souligne délicatement sa lèvre inférieure. Je suis joueur, mais j'aime les formes, j'aime les surprises, j'aime avant tout me marrer et en fait, je vous dirais même que sans rien derrière, tout ce qui me suffit, c'est un bon moment avec quelqu'un. J'aime m'occuper des gens avant tout et je me fiche qu'on ne s'occupe pas de moi, parce que je ne suis pas là pour ça. Et en attendant, mes lèvres flirtaient dangereusement avec les siennes alors que je lui relevais doucement le menton vers moi.

"Mmmhhh ?"



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Eve
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Il pouvait me tripoter de partout s'il le souhaitait avec ses mains baladeuses même si j'étais loin d'être fan, il avait l'intelligence de ne pas abuser de ce que je lui offrais faussement.
De ce que j'avais pu connaitre en terme d'homme, il faisait parti de ceux qui trônaient en haut de mon estime malgré du peu que je connaissais de l'homme et non du candidat. C'était rare pour le souligner, je vous assure, qu'il y avait de place dans la tour d'Abel, je ne sais pas si c'était du respect ou de la simple retenue, mais ça m'allait.

Cependant, je n'ai pas lâché le jeu, nos lèvres flirtaient dangereusement, j'ai parlé d'une voix chaude, mes doigts s'étaient glissés sous son t-shirt pour effleurer sa peau. Ma jambe, est montée lentement le long la sienne.

- J'aurai besoin que tu me files un boulot au club, plongeuse, serveuse peu importe, il me faut ce job, quelques heures...

Je lui ai mordillé la lèvre inférieure puis j'ai soufflé.

- S'il te plait.



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Alex Peterson
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En matière de sexe, je n'ai qu'une règle : soit je me fais littéralement sauter dessus (coucou Angela), et la question ne se pose pas, ou bien je fais face à une timide (c'est toi, Eve), et alors je me donne le temps de trois signaux avant de frapper à la porte. J'avais reçu le premier dans le coffre du Bronco. Demander à Matt s'il n'a pas marabouté mon pick-up : check. Le deuxième était l'invitation provocante à lui retirer ses vêtements, signal vérifié et verrouillé : check. Sa jambe... C'était le troisième signal. Ou sa main. Ou le fait qu'elle me mordille la lèvre !

Je mentirais si je disais que ça ne me faisait rien. Quand une fille, qui entre entièrement dans vos critères, vous fait de la jambe... Vous avez tendance à vouloir envoyer se faire foutre votre raison et votre votre conscience là où ça servirait à quelqu'un que ça intéresse. Seulement voilà. A sa demande, j'ai attrapé sa main d'un coup pour lui écarter, riant légèrement sans me dégager, et j'ai fermé les yeux.

"Ok, euh... Donne-moi une seconde, je réfléchis, je suis certain de pouvoir de trouver une réponse à ça."

La promotion canapé ne faisait pas partie de mes règles, mais plutôt de mes - -. Ce sont plutôt les choses qui font que je n'engage PAS une personne. Je le répète encore une fois pour ceux qui m'écoutent : je ne suis PAS indifférent aux charmes de cette fille, et j'aime autant vous dire que je me fais sacrément violence pour deux raisons. La première : Liberation. Eve n'est pas là pour jouer à Mon Petit Poney dans la nouvelle maison de Barbie, elle est là pour bosser, parce que je lui livre quelque chose. Autrement dit, je ne mélange pas le travail - surtout celui-ci - avec le plaisir. Que je sache, elle pourrait aussi bien jouer les mantes religieuses. Et je tiens à mon costard trois pièces iranien. La seconde est qu'elle veut un boulot. Il se trouve que j'ai de l'Underground caché au bar ET au club et je n'ai aucune idée de comment sont leurs relations. Dans ce cas-là, je vais me la retrouver tous les matins. Et autant j'ai déjà dérapé - deux fois - avec Angela, autant, j'aimerais éviter de recommencer. Qui plus est, cela faisait déjà plusieurs mois que Angela était là au bar la première fois, et puis c'était une soirée où elle n'allait pas bien. Je l'ai réconfortée. Oui, tout à fait, parce que je suis grand seigneur. Et que j'avais faim. Très faim.

Cette famine ayant été apaisée, même si j'aurais bien dévoré Eve toute crue sans sa permission... J'ai tout de même récupéré ma retenue nécessaire à éviter les conneries. Pour changer, un peu.

"Avant de répondre, il faut que je vérifie quelque chose. C'est très important dans mon métier, les pré-requis. J'ai une clientèle très sélecte, qui a l'oeil, et qui aime bénéficier d'un service de qualité et d'excellence." Mon sourire commençait à naître sur le coin de mes lèvres alors que je lorgnais sur ses yeux. "Qui plus est, on va me poser la question, je n'aime pas décevoir mon public..."

Encore un peu d'étirement sur les zigomates. Elle était tout contre moi, je sentais sa jambe contre la mienne, et j'étais pratiquement certain que les battements de mon coeur répondaient aux siens. Dans ma tête, j'ai poussé un soupir... Extrême. J'en étais à espérer que sa demande ne soit qu'un leurre, une farce, et que je puisse envoyer ma conscience jouer au ballon sur l'autoroute. Mais juste au cas où la demande soit réelle et fondée, j'ai embrassé sa lèvre en la pinçant entre les miennes, serrant un peu plus son menton entre mes doigts et mon autre main a commencé à remonter le long de sa cuisse. Faites qu'elle ne veuille pas réellement travailler ici... Que tout ça ne soit qu'un jeu !

"Est-ce que ce sont des vrais ?"



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Mon menton coincé entre ses doigts, je lui ai offert un sourire en coin avant qu'il ne vienne pincer ma lèvre à son tour. La main qu'il m'avait retirée de son dos, est repartie à la charge, elle a même glissée légèrement sous la ceinture en haut de ses fesses. Il tenait bien la tentation même si je sentais contre moi, combien il était... content. Je le testais, il le savait, mais pour combien de temps?

- Je suis capable de leur répondre aussi, tu sais.

J'ai baissé la tête pour regarder "mes obus" comme il avait aimé les nommer, j'avais oublié dans quelle langue il l'avait dit, c'est dommage, je lui aurai bien ressorti et j'ai commencé à jouer du bassin en le serrant contre moi.

- Mes yeux sont vraiment bleus. Je commence quand ?

Et je suis allée glisser ma bouche dans son cou, puis je suis revenu contre le mur. D'après ce qu'avait laissé entendre Lexy, Alex devait être, un homme à femmes, et il me fallait quelqu'un qui ne se laisse pas attraper par la première qui passait. C'était un peu pipé, j'avoue. Il savait que j'étais pour Libération, mais qu'est-ce qui passait avant tout pour lui, le boulot ou les plaisirs ?
Mes mains sont allées jouer avec la boucle de sa ceinture, ma jambe descendait doucement, j'ai affiché une petite moue.

- Je suis encore habillée...


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Alex Peterson
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Je la haïssais.

Soyons honnêtes............ Une minute, rien que vous et moi. J'aurais pas su qu'elle était de Liberation, j'aurais pas fait tant de chichi. Ce n'était pas une question d'interdit ni vraiment de jeu, elle me plaisait vraiment. Et qu'on soit francs les uns envers les autres, je suis pas homme à tergiverser longtemps sur ce que je voulais et ce que je pouvais avoir. Je me fous des questions qu'on peut se poser. Je me moque totalement de l'avant et de l'après, je suis sur l'instant présent. Une fille me plaît, je lui plais... Je m'encombre pas. Eve, c'était du boulot et j'aurais voulu m'en empêcher. cependant, elle insistait, et lourdement, elle savait où et comment, à croire que sur ça aussi, elle avait enquêté. Et puis, elle n'était pas pour moi la première qui passait. Qui plus est, il y avait ce petit sentiment, quelque part dans ma tête, qui voyait Liberation comme une lune sur laquelle on planterait bien un drapeau pour dire 'Moi qui y suis allé !'. De toute façon, quelqu'un devait aller vérifier. Je me dévouais à la cause. Alors pardonnez-moi...

J'ai cédé.

Je l'ai soulevée dans mes bras, tenant ses hanches dans mes mains avant que ces dernières ne relèvent les pans de son débardeur, sa peau réchauffant mes paumes. On était au-delà de la provocation. Je m'en suis voulu, après, d'avoir craqué aussi facilement, d'avoir montré cette... 'faiblesse', qui plus est à Liberation. Mais après tout, on est ce qu'on est. Et j'ai embrassé ma destinée. Et elle avait un doucereux goût d'y reviens-y. Avec un sourire en coin, j'ai soupiré contre ses lèvres :

"Puisque tu insistes..."

Et je me suis légèrement décalé, le temps de lui soulever le débardeur pour lui retirer.



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Eve
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Il avait craqué, je l'avais un peu trop cherché aussi. Là je m'en voulais à mort. Cette prise de conscience qu'on était allée trop loin, mais trop tard. J'avais envie de fuir, j'aurai voulu qu'Oblivion soit là pour me faire disparaitre et ne plus jamais revoir Alex face à face. Que de la gueule me direz-vous ? Oui. Et je n'avais rien pour ma défense.
Quand il a voulu retirer mon débardeur, j'ai fait bloc en ne levant pas les bras. Je ne l'ai pas repoussée comme une brute épaisse, j'allais certainement le frustrer, et j'aurai voulu me mettre des baffes. J'ai secoué la tête en lui retenant les mains.

- Non, Alex non...

Je lui ai baissé lentement et je me suis dégagée. Je n'ai même pas eu le courage de le regarder droit dans les yeux, pas tout de suite.

- Je suis désolée mais il me faut vraiment ce boulot, et je ne peux pas faire ça...

Oui, c'est ça, mettre ça sur le dos du taff, pas sur lui ou moi. Ce n'était pas sincère, mais tant pis. Je l'ai regardé désolée, et je l'étais, une garce aussi, je me sentais laide maintenant. Je ne sais pas ce qui m'arrivait. Je devais certainement consulter... Il fallait que j'arrête de m'apitoyer sur mon sort, de faire la faible, parce que je ne l'étais pas. Je n'étais pas la première ni la dernière à vivre des moments difficiles, est-ce que je devais pour autant faire des conneries grosses comme celles-ci ? Certainement pas ! J'ai pas ma main dans les cheveux en fuyant son regard.

- Il me le faut tout autant que ces puces... Même si j'aurai préféré... Ça fait longtemps... Enfin voilà... J'ai plus besoin de ce boulot que de toi pour... J'ai levé les yeux au plafond en dodelinant de la tête.

Vas y, enfonce toi Eve, c'est bien. Et c'était vrai que j'aurai préféré un moment de détente, parce que malgré tout, j'avais une dalle pas possible. Mais, pas avec lui, pas pour Libération non plus.

- Je suis désolée, je vais rentrer, je vais prendre le bus. Oublie, je chercherai ailleurs.

Je trouverai bien un boulot même minable ailleurs.


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Alex Peterson
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Néanmoins, je ne suis pas un salopard. Quand elle a fait barrage, ça m'a alerté instantanément. J'ai reculé la tête en la laissant glisser jusqu'au sol, mais j'ai gardé mes yeux ronds.

"Quoi ?"

J'étais pas stupide, je savais encore reconnaître quand une fille avait envie, je savais encore faire la différence entre un traquenard et une belle promesse ! Alors tout à coup, il y avait un problème, je n'ai pas compris, mais je n'ai pas insisté non plus. Et pire que tout, elle fuyait mon regard.

"Quoi ?!"

Les yeux ronds d'attendre la réponse, quand celle-ci est tombée, ils se sont d'autant plus arrondis, si c'était possible. Je savais qu'elle ne se fichait pas de moi, mais elle me servait le plateau du boulot ?! Est-ce qu'elle avait VRAIMENT essayé de me séduire... Pour un pauvre job ?!

"C'est ça ta défense ?! Ca t'ennuierait de me regarder quand tu me verses une douche froide ? Assume au moins ça, à défaut du reste."

J'étais un peu sec et brutal, je l'avoue. Mais j'en prenais sévèrement pour mon grade et le pire ?! C'est que je ne comprenais pas pourquoi. C'était incohérent dans ma tête, quelque chose clochait, je n'étais pas sûr que ce soit moi. Alors quand elle a essayé de fuir, je l'ai rattrapée par le poignet. Je lui ai donné ce regard, celui que je servais à Angela quand j'étais quelque peu en colère, mais pas furieux. Ce regard qui signifie 'Tu te payes ma tête, mais regarde-moi, je suis gentil, je vais te faire une fleur.' J'ai inspiré profondément.

"Je n'embauche pas des filles frivoles. J'embauche des volontaires. Je ne suis pas non plus de ceux qui se servent d'un canapé comme d'un CV, si c'est ce que tu as cru, tu te plantes et sauvagement, c'est tout l'inverse. Parce que tu as pris ce parti, tu viens d'échouer à ton premier test de recrutement. Je suis pas une marionnette, j'estime que tu as suffisamment joué à la poupée pour le moment en ce qui me concerne, je t'ai déjà dit que je n'aimais pas ça, je veux bien servir Liberation, mais pas être à ton service. Cependant..."

Je l'ai dévisagée longuement. Comment savoir jusqu'où elle me testait ? Et pourquoi ? Parce qu'à présent, je le savais, elle me testait, mais et si ce n'était pas le cas ? J'étais criblé de doutes. J'ai joué des mâchoires quelques secondes. Cependant... J'avais ressenti une certaine détresse dans sa façon de m'arrêter, c'était même ce qui m'avait alerté aussitôt, avant son barrage. C'étaient des choses que je sentais et ressentais, j'étais plutôt bon empathe. J'ai lâché son poignet doucement.

"Je vais le regretter... Est-ce que tu as déjà tenu un bar ? Compté une caisse, géré du stress, logistiques, gestion... Tu as besoin de ce boulot, sauf que je suis pas là pour te payer tes vacances. C'est un club, on se contente pas de verser de la bière. Pourquoi tu veux ce job-là ? Pourquoi tu m'as pas demandé comme une personne normale ? Avec un CV, ou comme un service, j'en sais rien, je m'en fous !"

Liberation ou rien, ça n'avait pas d'importance pour moi, elle restait une personne, elle n'était pas non plus Dieu alors je me permettais de lui parler comme elle m'avait considéré.



"The secret to happiness with men ?
Lower your expectations.
Because deep down, in my heart... I know Big Foot is real."
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Eve
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Lorsqu’il m’attrapa le poignet, je n’ai pas résisté, je lui ai fait face, je ne l’ai plus quitté des yeux comme il me l’avait demandé. Je l’ai laissé parler, cracher sa colère, si on estimait que c’en était.
Je ne lui en voulais pas, je m’en voulais de cette maladresse… Maddie, viens on remonte le temps et je recommence ? Non ? Tant pis…
Vous voyez, je ne peux pas revenir en arrière, juste peut-être rattraper ma connerie si c’était encore faisable.

Passer pour une fille qui n’obtenait ce qu’elle voulait qu’avec son cul, c’est tout ce que j’étais à ses yeux. C’est ce que je lui avais montré, je ne devais m’en prendre qu’à moi-même, tiens. Sauf que là, ma connerie allait peut être finir par entrainer tous mes copains avec. Qu’est-ce que j’aurai du faire ? Prendre mon pied et partir ? Certainement. Mais non, dix mille fois non.

Je n’ai toujours pas bougé quand il m’a libérée. Un peu et on aurait dit que j’étais au garde à vous, ce n’était pas le cas, mais c’était tout comme. Bordel Abel, pourquoi m’as-tu laissée ce merdier ?
Je crois que je lui devais une petite explication. Ma voix était monotone, on aurait dit une petite merdeuse qui s’expliquait devant un tuteur un peu tyrannique sur les bords. Autant la jouer franc jeu.

- Je ne suis pas ce genre de fille Alex, loin de là. Je t’avais dit que je ne te testerais plus, mais la remarque de Lexy tout à l’heure m’a fait douter, je voulais savoir jusqu’où il fallait aller pour qu’une femme te fasse céder. Sauf que, je suis joueuse et je me suis laissée prendre au jeu.
Je ne veux pas me trouver d’excuse mais, je ne sais plus quand était la dernière fois où l’on m’a trouvée jolie ou qu'on m'a désirée. J’ai voulu croire à ce que tu avais dit l’autre soir sur le Chat. Ça fait un an qu’on ne m’a pas touchée et je te pris de croire que j’ai tout de même un peu la dalle, tu vois.
J’ai pincé mes lèvres une seconde.
Le boulot ? c’était un service que je te demandais, sauf que ça ne s’est pas déroulé comme je le voulais. J’ai ouvert les mains devant lui. J’ai merdé vraiment, excuse-moi. Et je ne couche pas plus avec mes intermédiaires.

J’ai soupiré, j’ai continué d’une voix plus aigue, mais épaules légèrement relevées.

- Je ne sais rien faire d’autre que faire parler les gens ou poser des bombes, je fais ça depuis plus de vingt ans. Des vacances… je ne sais même pas à quoi ça ressemble et je ne pense pas me tromper en te disant que je ne connaîtrais jamais. Je n’ai jamais eu de « vrai job » non plus, et jusqu’à l’année dernière, j’ignorais qu’il fallait mettre de l’eau à bouillir pour faire cuire du riz…
Je ne veux pas bosser au club parce que je pense que c’est facile, Alex, t’es un mec bien, j’ai confiance en toi et tu as prouvé encore une fois que j’ai raison. Si je dois bosser et me faire engueuler par quelqu’un, parce que je fais quelque chose de travers, je veux que ce soit par toi. J’ai besoin d’avoir un bout de vie qui paraisse normale, pour ma sécurité.
J’ai montré mon pauvre sac.
Encore une fois je suis désolée.


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Alex Peterson
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En lui faisant un peu plus face, j'ai ouvert les bras et j'ai explosé avec les yeux écarquillés parce que pour le coup, la fureur me montait.

"ARRÊTE de me tester ! Lexy est ma meilleure amie, c'est un sport national de nous provoquer mutuellement, comme ça."

Quant au reste, j'ai cru halluciner. Cette fille doutait d'elle au point de jouer à ces petits jeux là juste pour se rassurer ? En plus de me tester ? J'ai ouvert la bouche mais je n'arrivais pas à en faire sortir de son. L'année d'abstinence, je l'avais frôlée, mais... Sans vraiment s'en rendre compte, ou alors en toute conscience, elle me dévoilait un peu plus Liberation et ce que ces gars-là faisaient dans l'ombre. Et de vous à moi, j'en tombais de haut, quelque peu. Je n'avais rien à voir avec eux, j'avais une vie normale, à laquelle je me raccrochais. Mais j'avais donc bien ressenti cette détresse dans son geste plus tôt, mais je n'en comprenais toujours pas le sens. Alors quoi, elle jouait si bien la comédie, et en vrai elle était une fille farouche. Mais je me fichais de passer les tests ou quoi, je n'étais pas de Liberation, je pensais avoir suffisamment fait mes preuves pour ce dont elle avait besoin. Ca me mettait passablement en colère - et à part Angela, c'était rare de me pousser jusque là.

J'ai plissé les sourcils pour exprimer mon mécontentement, mais elle s'excusait tellement, j'ai voulu la croire sincère. Quant à la faire bosser au club, si elle n'avait jamais rien fait de sa vie, on allait encore me demander si j'employais pas à la gueule, comme avec Yuna. Matt n'aurait sûrement pas tort mais maintenant que nous connaissions nos allégeances, je supposais qu'il s'en méfierait comme la peste surtout. Mais... Je n'étais pas là. Pas encore. J'ai finalement inspiré profondément en dressant une main pour parler.

"Premièrement ? J'ai pensé chaque mot. Deuxièmement ? J'ai pensé chaque geste. Troisièmement ?" J'ai levé la deuxième main. "Bon sang mais vous êtes des troglodytes qui sortent subitement d'un trou à rat, ou quoi ? On vous entend plus ou presque pendant des mains et tout à coup, vous sortez du bois pour recruter sur le plancher des vaches ?! Il se passe quoi chez vous, en ce moment pour avoir un besoin de cinq fausses puces, tout à coup ?" Et puis j'ai soupiré en laissant mes mains retomber avant de mouliner du poignet. "Et je ne peux pas t'embaucher comme ça... Lexy va croire que je le fais à la gueule et les autres vont penser que je recrute pas de façon objective. Mais..."

Je me suis passé une main dans les cheveux pour les ramener en arrière. J'ai soupiré en me passant les mains sur le visage. Ces gonzesses, elles me flinguaient. Je me suis rapproché d'elle, finalement, et j'ai posé mes mains sur ses épaules pour plonger mon regard dans le sien.

"Ecoute, je vais voir. Je suis un peu fauché ces dernières semaines, je pourrai pas te donner grand chose pour commencer. Mais je ne veux plus que tu me testes, je ne veux plus que tu joues avec moi, dorénavant, tu me dis les choses, tu me demandes les choses comme une personne normale. Tu veux une vie normale, comment par agir comme telle. Et tout se passera très bien." J'ai pris son poignet pour le retourner et voir la mini cicatrice avant de lui rendre en dodelinant de la tête avec un soupir. "Reviens me voir quand vous ferez à nouveau partie du système. Avec un CV. Ca me laissera le temps de réfléchir. D'accord ?"

J'ai porté ma main à sa joue pour la dévisager. C'était l'une des plus belles femmes qui m'ait été donnée de connaître. Et pourtant, je me damnerai toute ma vie pour Lexy. Eve me tuait.

"Sincèrement, ce sont des vrais ?"

Et j'ai tiré son décolleté d'un index pour regarder dedans. Pitié, ne me jugez pas.



"The secret to happiness with men ?
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Because deep down, in my heart... I know Big Foot is real."
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Eve
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Quand il a explosé, je n’ai pas bougé, je n’ai pas non plus fait de commentaire. Il était d’un comique. Comment aurai-je pu deviner qu’ils jouaient, Lexy et lui, à se balancer des vannes de ce genre. Je n’étais pas cartomancienne non plus !

- Je ne sais pas qui est le plus renfermé finalement, tu as l’air d’avoir oublié beaucoup de ces six derniers mois…

J’ai secoué la tête, je n’avais pas là lui fournir plus d’informations sur nous, il refusait de nous rejoindre, pourtant, il n’était pas compliqué de comprendre ce qui se passait chez Libération quand on y réfléchissait deux minutes. J’étais certaine qu’il avait compris, d’ailleurs la suite me conforta.

J’ai simplement hoché de la tête pour le boulot, fallait-il donc être moche pour avoir un boulot ? Je pensais que justement, un physique avantageux attirait les clients, j’ai du me tromper.

- Tu n’es pas obligé de me payer au prix fort, juste de quoi créer un mouvement sur mon compte, régulièrement tu vois ?

Je n’avais pas besoin qu’on me paie des sommes astronomiques, je n’avais jamais eu besoin de bosser, les fonds que nous touchions nous suffisaient largement à subvenir à nos besoins, du temps d’Abel... J’ai encore une fois opiné du chef, promettant ainsi que je repasserai au club pour venir poser ma candidature sans détacher mon regard du sien.

Alex avait presque réussi à m’arracher un sourire à sa question. J’ai posé ma main sur mon débardeur pour qu’il arrête de reluquer dedans en soupirant, désabusée.

- Oui, ils sont vrais… Ramène moi s’il te plait.


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[CLOS] [Alex/Eve] I bet on you
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