2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Eve/Oblivion] Ce n'était ni un twix, ni un mars, pas plus un Snickers ...

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Eve
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Début Août 2075

De toute façon, il fallait bouger, déménager. Nous n’avions pas d’autres choix.
J’étais dans ma chambre, les mains sur les hanches, et j’ai regardé tout autour de moi. Et il y avait du taff.
La caravane n’était pas grande, mais je peux vous dire qu’il y en avait du bordel d’accumulé depuis ces années.
Je n’étais pas comme certain, je n’attachais pas d’importance à ce que j’avais et je me contentais très bien du minimum. Une caravane ou un loft ? Pour moi ça restait une planque et un endroit où dormir à l’abri.
Je n’avais pas encore trouvé d’appart, mais il fallait bien débarrasser tout ça. Je m’étais dit au départ, que je ne prendrai qu’un sac ou deux, et puis non, j’allais faire don du reste ou d’une bonne partie.

J’ai commencé par ouvrir la porte de la « mini penderie ». Et il y avait à boire et à manger là-dedans. J’ai pris les premières chemises qui passaient pour les jeter sur le lit et bon sang ce qu’elles étaient laides ! J’ai même souri, j’avais une chemise Hawaïenne… Ridicule, je ne me souvenais pas quand je l’avais portée, et c’était tant mieux.
Mon regard s’est posé sur une hanse, un sac kaki au sol sous un tas de jupes et jeans, j’ai froncé des sourcils en l’attrapant. Je me suis assise sur le bord du lit en le déposant à côté de moi. Mon visage s’est fermé lorsque j’ai découvert ce qui se cachait à l’intérieur. Des vêtements de femme, les miens, mais aussi quelques affaires d’homme. Celles de Garin. Il laissait toujours quelques affaires de rechange, au cas où il passerait la nuit ici. Il y avait un sweat à capuche noir, deux chemises, caleçons, chaussettes… J’ai soupiré avant de tout remettre en boule dans le sac sans finir l’inventaire et de le balancer rageusement à travers la caravane. Il traversa la cuisine et finit par s’écraser contre la porte de la salle d’eau non sans un juron.

- Svín !

Puis j’ai repris mon tri avec moins de délicatesse qu’au départ.


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Tibor Bruusgaard
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Se faufiler, telle une anguille, sans être vu ni se faire remarquer, c'est un art qui n'appartient qu'aux plus agiles. Et à ceux qui savent jouer de leur environnement. Pour ainsi dire, Eve était une curiosité que Tibor avait toujours souhaité étudier. Pas qu'elle fut mystérieuse ou secrète, mais d'une part, c'était une fille. D'autres part... Elle pouvait l'entendre. Même lorsqu'elle n'était pas censée. S'il s'était intéressé à elle avant, il l'avait oubliée avec les années, mais son intérêt était remonté en flèche quelques jours plus tôt, quand il avait compris qu'elle l'entendait et qu'elle était la seule. Cette fois, elle avait eu toute son attention.

Il regardait l'intérieur de la caravane et s'amusait de ce que cela représentait pour lui et de quelle manière ça le liait à elle. Un sourire s'étira sur ses lèvres mais il restait le plus silencieux possible. Si l'islandais n'était pas sa langue, certaines sonorités s'en rapprochait toutefois. Il tourna la tête mais eut tout juste le temps d'écarquiller les yeux et de recevoir le sac en pleine tronche. D'un bras, il l'attrapa, mais se rendant compte de son réflexe, il le lâcha aussitôt et l'objet s'immobilisa au sol dans un "pof" sourd.

Immobilisé dans l'air, une main levée, l'autre sur la bouche qui bouchait son nez pour l'empêcher de respirer, il espéra qu'elle ne l'ait pas remarqué. Elle reprit son tri et il se détendit. C'était idiot de vouloir rester invisible avec elle, mais c'était comme un jeu. Il lui tourna alors le dos pour aller injustement fouiller du regard d'autres détails de sa vie intime, mais un de ses pieds se prit dans la lanière du sac par terre et il se vautra de tout son long en travers de la caravane.



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UNTIL IT BECOMES A MEMORY.
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Eve
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C'était rageant, pourquoi fallait-il que je tombe sur ses affaires... Comme si j'avais besoin de ça en ce moment. Qu'est ce que j'avais fait au bon Dieu pour être punie de la sorte. Et puis pourquoi je me cassais la tête à vouloir trier ? sincèrement ? Et...

Je me suis tournée tout en trombe lorsque j'ai entendu un énorme bruit dans la caravane, je me suis jetée au sol sans réfléchir pour me mettre à couvert et attraper la première arme qui me passait sous la main, le fusil à pompe dissimulé sous mon lit, entre autre...
Le bruit ne ressemblait pas à la porte qui s'ouvrait ou se refermait, ce n'était pas aussi sourd. On aurait dit qu'on balançait quelque chose de suffisamment lourd pour faire trembler le sol de la caravane... C'était quoi ce bordel ? Cela ne pouvait être Jason, ni même Annie... Personne en fait, ils s'annonçaient toujours en gueulant une fois à l'intérieur. Quelqu'un venait, et pas en ami !

Je me suis adossée contre une parois, j'ai vérifié que mon arme était chargée, par précaution, mes armes étaient toujours chargées. Puis je me suis relevée calmement avant de me ruée jusqu'à la porte qui donnait de ma chambre à la cuisine prête à tirer dans le tas. Il n'y avait personne...

J'ai jeté un rapide coup d'oeil par la fenêtre, pas de véhicule, de toute façon je n'avais rien entendu avant. Il n'y avait pas un chat à l'extérieur. Comme ce n'était pas grand, je suis tout de même, dirigée jusqu'à la porte de la salle de bain, j'ai poussé du pied le sac qui me gênait le passage avant de me jeter dans les 3m2 et me rendre compte que là aussi, c'était vide... WTF ?!

J'ai soufflé pour faire voler les cheveux qui me venaient dans les yeux, et j'ai baissé mon arme. Sans comprendre ce qui avait pu causer ce bruit, j'ai finalement tourné les talons, encore sur mes gardes, pour reprendre le tri que j'avais abandonné.


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Tibor Bruusgaard
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Il ferma les yeux et resta sur le dos, soulagé qu'elle ne l'ait pas remarqué, finalement. Il avait de la chance qu'elle se soit adoucie avec le temps, qu'elle ait perdu quelques... Réflexes. Il n'aurait pas donné cher de sa peau si sa voie lactée était devenue une géante rouge...

Lentement, il se redressa pour voir une paire de chaussettes roulées en boule qui s'était échappé du sac et il la ramassa en se relevant complètement, dans une discrétion inégalée. Il en avait quelque peu perdu l'habitude, mais c'était comme le vélo, ça revenait en pédalant. Il reculant d'un ou deux pas pour s'éloigner du sac et se passa la langue sur la lèvre supérieure, tout en levant une main armée… de coton.

Il estima quelques secondes son tir avant de lancer les chaussettes pour qu'elle atteigne sa tête. Malheureusement, elle était plus loin qu'il n'avait estimé et la boule de chaussettes frappa son délicat mais rebondissant fessier.

Il fit un pas de plus en arrière.

Quand il l'avait vue la première fois avec son frère, elle l'avait déjà intriguée par son regard sans qu'il ne sache trop pourquoi. Elle avait été la raison pour laquelle il était resté invisible alors qu'il rentrait chez lui, ou du moins, cette seule roulotte restante qu'il pouvait appeler 'maison'. Son subconscient l'avait intimé à la prudence et il l'avait écouté, comme toujours, mais la curiosité était plus forte et aujourd'hui, la situation était différente, l'époque n'était pas la même. Il ne souhait pas tellement se cacher, mais il voulait la voir le chercher.



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Eve
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Je n'étais pas sur de moi, mais lorsque j'ai senti un truc me taper les fesses, je me suis retournée comme une furie en armant mon fusil, il n'y avait toujours personne, j'ai tout de suite compris ce qui se tramait.

- Maintenant t'arrête tes conneries ! Soit tu te montres, soit tu te casses et tu diras à ton pote qu'il t'attache la prochaine fois !

J'ai senti sa présence, mais je devais me concentrer plus qu'à l'accoutumé. C'était une sensation dérangeante. Je sentais qu'il était là, mais je n'arrivais pas à le saisir. Et si j'arrivais à l'atteindre, il m'échappait aussitôt, j'étais trop lente...

- Si je n'avais pas entendu ta voix, j'aurai dit que tu étais une saloperie de Chinois ! Ils sont sournois, comme toi tu vois !

Et les candidats comme nous, enfin moi, je n'aurai pas aimé l'insulte.


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Tibor Bruusgaard
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Farouche, difficile à atteindre, discret, joueur, et avec ça une autodérision insolente. Elle pouvait bien l'insulter à sa guise, ça ne le touchait pas. Il en avait vues d'autres ! L'un de ses surnoms était quand même l'un des Douze Dégénérés. En terme d'insulte, il lui manquait de l'imagination à la jeune fille. Néanmoins, elle était armée alors il n'allait sûrement pas lui donner sa position aussi facilement. Il lui sembla déjà redoubler d'effort pour lui échapper...

Accroupit devant la porte d'entrée de la caravane, il la poussa lentement, très lentement, faisant mine de sortir. Si elle tirait, ce serait dans la porte, il était 1m50 plus bas, dissimulé derrière la banquette et sa table booth. En soi, c'était déjà une insulte qu'il lui faisait de jouer ainsi avec elle. S'il pouvait encore la rendre chèvre un petit peu. Juste un petit peu avant de lui dévoiler sa gueule cassée.

Il avait embrassé une voiture quelques semaines plus tôt et probablement que sans Zaan, justement, il y serait toujours, sous la voiture.



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Eve
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Et j'ai tiré, une fois, dans le mur derrière la porte. La porte s'était refermée et il fallait lui faire comprendre que je n'aimais pas me faire emmerder, surtout en ce moment ! C'était la merde, et là, il n'y avait personne pour me calmer, pas de Jason, pas de Zaan, je suis devenue une furie, il ne m'avait pas fallu de beaucoup pour craquer, j'ai complètement disjoncté.

- T'as pas compris que c'était pas le moment ?! T'as pas capté ça ?!

Et il restait silencieux l'enfoiré, je savais qu'il était encore là, encore plus près en fait et plus atteignable. Derrière la banquette... j'ai fait mine de le viser et finalement, j'ai réussi à lui absorber YU mais je n'ai pu, pour je ne sais quelle raison, le tenir, j'ai tout lâché, réinjectant son pouvoir violemment... Je savais que ça allait lui faire... "un peu mal".

J'ai nerveusement éclaté de rire.

- Alors t'as aimé ? T'en veux encore ? Sors !


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Tibor Bruusgaard
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Oh si, il avait capté. Bien même. Mais alors, c'était le genre de choses qui lui passait totalement au-dessus. Il s'était plaqué les mains sur les oreilles en sursautant, ne s'attendant pas à ce qu'elle tire pour de vrai. Il en avait le sifflement dans le tympan. Quand elle s'approcha, il se décala légèrement pour la voir du coin de la banquette. Tant qu'elle ne visait pas à la chevrotine...

Et puis il perdit pied et s'effondra au sol avec une douleur aigüe dans tout son corps. Le souffle lui manqua et il vit ses mains au sol pendant quelques secondes. Même lui ne se voyait pas lorsqu'il était invisible. Autre chose vibra dans sa tête et il comprit que la douleur venait de là, comme si quelque chose se passait à l'intérieur de sa tête, lui indiquant qu'il connaissait très bien cette douleur, cette sensation de vide et de profonde invulnérabilité. Pour certains Candidats, la douleur était plus douce. Pour d'autres, elle avoisinait gravement le niveau ressenti par un Positif, tant il était fusionnel. Et c'était son cas.

Vivement, il secoua la tête pour se reprendre alors qu'elle le "lâchait". Il reprenait le dessus. Il se releva pour lui faire face, à nouveau invisible. Oui, il connaissait cette sensation mais il ne la replaça pas tout de suite. Il regarda autour de lui, à la recherche de quelque chose à lui balancer, qui ne soit pas un de ses couteaux. Il n'avait VRAIMENT pas envie de lui indiquer mieux sa position mais elle semblait le sentir et il avait horreur de ça. Un petit combat Yu vs Yu qui n'était pas sans lui rappeler quelques expériences.

Finalement, si elle voulait jouer...

Il prit un de ses couteaux à sa cheville et lui lança à quelques centimètres du visage, planté dans le mur.



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Eve
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J'ai senti quelque chose me frôler le visage, ce quelque chose était un couteau maintenant planté dans le mur. J'ai compris qu'il voulait jouer, même un gamin n'aurait pu me louper dans un espace aussi réduit. Il avait de la chance, j'étais joueuse aussi, j'avais beaucoup joué avant, j'étais rouillée certes, mais je voulais retrouver cette sensation, la chasse à l'homme était ouverte.

J'ai senti approximativement sa position, j'avais l'impression qu'il bougeait tout le temps et pourtant, ce n'était peut être pas le cas. J'ai tenté le tout pour le tout, je me suis jetée, la cross en avant et je crois que je l'ai atteint. Je suis incapable de vous dire ce que j'avais touché et je me suis reculée sous effet du choc.

C'était dingue cette sensation qui me revenait, ce besoin de survie. Je n'avais pas envie de le tuer, j'avais besoin de me défouler. Je n'avais qu'un seul regret, ne pas avoir un terrain de jeu plus vaste.

- Montre-toi maintenant ! T'as peur de quoi là ?

J'ai fait un signe de la main pour qu'il approche, qu'il se montre, j'aimais voir avec qui je jouais. J'essayais à nouveau de lui prendre son pouvoir, en vain...


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Tibor Bruusgaard
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Tibor luttait à grosses gouttes. Eve était une coriace et pas des moindres, mais cette sensation lui rappelait le MSS, à n'en point douter, qui dit mieux, même, de sacrées roustes en guise de punition. Ah ça oui, il s'en souvenait bien. Il se souvint aussi qu'on l'avait poussé à se battre contre un autre Candidat et il se rappela avoir surpris des paris qui l'avaient rendu presque fou. L'image du dit Candidat n'eut même pas le temps de se faire un chemin qu'il encaissa le coup de crosse dans son épaule alors qu'il tentait de se décaler. Dans cet espace si réduit, il n'avait que peu de marge de manoeuvre, lui qui n'aimait pas être proche des gens...

Avant d'embrasser cette voiture, on lui avait tiré dessus, dans l'épaule, une blessure qu'il n'avait pas eu le temps de guérir avant plusieurs heures. Sous le coup, il ne put s'empêcher de hurler, mais répondit aussi avec une brutalité proportionnelle à la décharge qui lui animait le bras. Son coude visa sa mâchoire et alors qu'il était dos à l'évier, il lui balança un pied dans l'abdomen pour la faire reculer.

Le problème de son pouvoir, c'est qu'actif, sa mémoire lui jouait salement des tours. Il luttait beaucoup trop, alors il s'autorisa à réapparaître, la fixant avec un regard des plus mauvais. D'un coup sec, il arracha son couteau du mur à côté et se frotta l'arcade sourcilière du poignet pour en essuyer la sueur qui lui perlait le front. Ca commençait à lui revenir, maintenant... Des grands yeux bleus, la Houdini du Yu...

Pour être moche à voir, il n'avait rien de bien fier. Il retourna le couteau dans la pomme de sa main. Si elle le prenait comme ça... Si elle pensait qu'il avait peur. Il l'attendait.



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Eve
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J'avais visé juste, j'avais tapé fort et il hurla. J'étais animée par une fureur que je ne me connaissais pas, ou que j'avais oublié. Mais je n'ai pas eu le temps de me féliciter de cette réussite que déjà, ma mâchoire prit un méchant coup, ça ressemblait à un coup de coude, j'en avais déjà pris pas mal, suffisamment pour reconnaître la douleur, vite anesthésiée pendant quelques secondes par un coup à l'abdomen. J'ai traversé une partie de la caravane sans toucher le sol, la chute avait été violente.

Le gout du sang avait déjà gagné ma bouche. Mais le souffle coupé par le coup dans l'abdomen, m'empêcha de réagir. J'ai roulé sur moi-même puis j'ai craché le sang de ma bouche avant de m'essuyer avec ma manche. Je me suis relevée péniblement, en deux temps en m'aidant de mon fusil et il se tenait là, devant moi, le regard aussi mauvais que le mieux. Il m'a fallu quelques secondes pour le remettre. Un retour une dizaine d'année maximum en arrière. il avait le visage abimé et des hématomes qui ne dataient pas d'aujourd'hui, et même négligé, je n'avais pas de doute, l'homme invisible...

- T'as bien grandi dis-moi...

J'ai avancé laborieusement, j'étais essoufflée. Je le voyais, c'était plus simple, et j'ai commencé à lui retirer Yu lentement, comme au bon vieux temps...


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Tibor Bruusgaard
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Eve confirma l'impression qu'il avait et le souvenir qui lui remontait dans la poitrine. La même rage qui habitait la jeune femme se communiqua à lui et il détempêta pas pour autant. Elle pouvait bien faire ce qu'elle voulait, il s'en fichait. Elle n'avait pas compris que son pouvoir était une protection. Pas une arme. Sans se concentrer sur la lutte dans sa tête, il fut bien plus alerte sur ses coups.

Il fendit l'air de son couteau à petite fine lame mais elle esquiva et au dernier coup, il attrapa son fusil par le canon. Au moins, si elle tirait, ce serait dans le vide ! Grâce à sa prise sur l'arme, il attira Eve à lui et joua de son front contre le haut de son nez pour lui faire voir des étoiles.

Il ne lui laissa pas le temps de se secouer et il jeta le fusil dans son dos avant de la renverser sur le sol d'un chassé dans sa cheville, et il plaça sa lame sous sa gorge, son nez à quelques centimètres du sien. Le souffle court, il la fixa en pinçant les lèvres. Il avait attendu ce moment probablement plus qu'il ne voulait bien s'en souvenir.

"Je me suis juré que le jour où je te retrouverai, je te ferai la peau. Mais j'aurais jamais cru que ce serait toi, Xena." Il haussa les sourcils. "Tu veux que je te dise ? J'en ai rien à cirer..."



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Eve
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Je n'avais aucun effet sur lui, je me suis souvenue mais trop tard, que je ne pouvais le maitriser de cette façon que déjà, il se jetait sur moi.
J'ai pu esquiver la lame mais il avait saisi mon fusil par le canon et le coup partit tout seul dans le plafond, le bruit était assourdissant.

Puis tout est allé trop vite, le corps à corps n'était pas mon fort, surtout quand le gaillard d'en face ne sourcillait pas à mon pouvoir. Je ne fais pas de la poésie, mais j'ai vu des étoiles. Non il n'avait pas frappé comme un ours sur la tête, sa peau... j'ai vraiment vu des étoiles scintiller de sa peau... Vous savez ces poissons qui font de la lumière pour hypnotiser leur proie ? Et bien j'étais cette proie je n'ai rien pu faire.

Puis il m'arracha le fusil des mains pour me retrouver aussitôt au sol, le couteau sous la gorge, la lame froide sur ma peau, j'avais le souffle court. Je peux l'avouer, j'ai ressenti de la peur, sentir le froid de la mort sous ma gorge avant le coup final, comme il y avait dix ans, sauf que là, il n'y avait pas d'agents pour nous séparer, pour me sauver les fesses. Il avait gagné, encore une fois.
Il ne me restait plus qu'à prier très fort pour que Zaan débarque...

Nos visages étaient proches et contre toute attente, il se mit à parler de sa voix et son accent froid. Je ne vous cache pas combien j'ai été soufflée lorsqu'il m'appela Xena. Il n'y avait qu'une personne pour m'appeler comme ça, comment pouvait-il connaitre le surnom que m'avait donné Bogdan alors que nous fuyons le MSS et tentions de gagner le sol Américain lorsqu'il m'affubla de ce nom ? Je n'ai pu lui cacher ma surprise, et j'aurai voulu savoir comment il pouvait justement, savoir... Et comment je pouvais être pour lui, jusqu'à maintenant, deux personnes différentes ?

J'ai ouvert la bouche, mais je n'en ai rien fait, rien dit.

- Alors fais ça bien, s'il te plait...

Et j'espérai que sa lame était bien aiguisée, je ne voulais pas souffrir des heures à attendre de me vider totalement de mon sang. Je voulais une mort rapide, si possible.
J'ai pensé à Abel, puis Garin. J'ai levé le menton en fermant les yeux, pour lui offrir un peu plus mon cou.


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Tibor Bruusgaard
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Le souffle court, les lèvres pincées, il la fixa sans rien faire. Dans son esprit, deux contradictions s'affrontaient comme des titans. Il y avait cette gamine qui lui avait fait vivre un enfer de torture quelques dix années en arrière, et puis il y avait cette fille dont il ne se souvenait pas du prénom mais que tout le monde appelait Eve, aujourd'hui. Dans sa tête, il l'appelait Xena parce que c'était ce qu'il avait retenu de Bogdan. Et en repensant à ce dernier, Tibor hésita. Il était resté tant de temps caché des uns et des autres, avec la paranoia que s'il se montrait, il mettait les autres en danger... Les autres essayaient de vivre une vie normale. Même Six. Quant à lui, il ne ressentait rien de mieux qu'un bon soldat, bien formaté et bien éduqué.

Aujourd'hui pourtant, ils étaient tous les deux du même côté, pas vrai ? Il avait tellement envie de prendre sa revanche, elle l'avait mis à terre plus d'une fois et outre le problème d'égo, il y avait ce goût d'inachevé, ce combat qu'on avortait à chaque fois parce qu'il n'était pas non plus question de tuer l'un ou l'autre des sujets. Il n'en avait que des bribes qui remontaient et alors qu'il fixait ses yeux, des siens vrais, cette fois, il fut certain que c'était bien elle. Pour autant, était-il prêt à la tuer ? A lui arracher sa vie ? Comme ça, par pure vengeance ? Par pure désir de finalité, comme un croque-mitaine dans la cave qu'on arrive enfin à vaincre ?

La douleur du pouvoir d'Eve sur le sien lui vrillait toujours les tempes et sa main se mit à trembler sous sa gorge. Soit était-ce par doute, soit par lutte contre lui-même.

Finalement, il se redressa d'un coup en la laissant à terre. Il fit quelques pas en arrière et la jaugea d'en haut. Elle était la petite chérie protégée de Zaan, maintenant, il savait que s'il lui faisait du mal, l'autre grand père pourrait lui réclamer des comptes. Heureusement, ce n'était pas la seule raison de sa merci. Il changea son arme de main et tendit le bras qu'elle n'avait pas touché plus tôt vers elle pour l'aider à se relever.

Non, il y avait autre chose qui l'avait empêcher de finir ce qu'il avait commencé.



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Eve
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J'ai fermé les yeux plus fort et rien n'est venu me trancher la gorge. A croire qu'il voulait m'entendre le supplier de me laisser la vie sauve ou qu'il aimait faire durer le plaisir. J'ai ouvert les yeux lentement sur lui, il n'avait pas bougé d'un poil. Lèvres pincées, regard de dingue, respiration rapide...

J'avais retenu mon souffle jusque là, j'allais finir pas étouffer alors ma respiration est redevenue courte. Je le voyais hésiter, le mec que j'avais eu en face de moi dix ans plus tôt n'aurait jamais hésité, il était même du genre incontrôlable quand il se lançait dans une furie folle. Il était plus grand, plus fort grand, ma mâchoire peut le confirmer. Combien de fois ai-je cru qu'il allait me mettre en pièce, qu'ils n'arriveraient jamais à le remettre sous contrôle? trop assurément.

Je l'ai regardé en serrant les dents, me demandant encore et encore pourquoi il ne le faisait pas alors que j'aurai du simplement espérer qu'il ne passerait pas à l'acte. Soudain il me lâcha pour se relever et me toiser.
J'ai passé une main sur ma gorge encore en un seul morceau, je ne l'avais pas quitté des yeux. Je me suis redressée. J'ai pris son bras offert après un moment d'hésitation pour me relever, j'ai reculé d'un pas moi aussi. Il n'était pas bavard en plus.

- T'es complètement cinglé tu sais !

Je n'avais rien trouvé de mieux à dire. Parce que, si pour moi j'avais retrouvé dans ce face à face "le jeu" d'avant, lui semblait ne pas partager le même point de vue. J'ai passé à nouveau une main sur ma gorge, hébétée par ce qui venait de se passer. J'étais encore en vie, seulement par ce qu'il  l'avait décidé.

- Et je peux savoir comment tu sais autant de choses sur nous ? Je ne te parle pas de Libération !

Je me suis approchée de lui pour lui faire face, sans agressivité cette fois, je voulais comprendre comment il connaissait Bogdan, comment savait-il que celui-ci connaissait nos vraies identités en plus des petits surnoms intimes. Je l'ai désigné du menton le front soucieux.

- T'es qui bon sang ?

J'ai détaillé son visage abimé. Même si, il n'était pas joli à voir, je retrouvais les traits du jeune homme conditionné et tout aussi perdu que moi à l'époque. Il avait vieilli, évidemment, mais il n'avait pas tant changé pour moi...


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Tibor Bruusgaard
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Cinglé ou pas, son avis, elle pouvait bien se le mettre où il pensait. Il était venu par curiosité, s'était montré joueur, et elle avait dégainé Yu comme on rajoute du sel sur ses frites. Son regard n'avait rien d'amical, et le couteau qu'il pointa vers elle pour l'empêcher d'approcher plus n'était pas plus envieux. En prime, il fit un nouveau pas en arrière. Cette fille, c'était pour lui Satan en personne. Il aurait pu s'en aller. Il aurait dû s'enfuir et disparaître à nouveau. Malgré tout, il se savait un peu bloqué pendant quelques temps, ici.

Pas bavard, c'était le moins que l'on puisse dire. Pourtant, il consentit à lui offrir au moins une réponse.

"J'ai entendu Bogdan t'appeler comme ça une fois. Je connaissais pas ton nom, ou alors je m'en souviens plus. Alors j'ai gardé celui-ci."

Il lui aurait bien répondu quelque chose comme 'Ca ne te regarde pas' mais il sentit qu'en faisant ça, il se montrait pour le moins détestable. Aussi, il se retint. Répondre 'un ami' l'aurait doucement faite se taper le cul sur la commode également. Il ouvrit la bouche mais ne sut absolument pas quoi lui dire. Il essaya de comprendre son inquiétude - en vain - et parla d'une voix plus basse.

"Je ne dirai rien..."

Il ne parlait pas de lui, mais bien de ce qu'il savait, qu'il ne répèterait pas. Encore que ses dires pouvaient porter à confusion. Le côté social de la vie, ce n'était pas vraiment son fort, autrement dit, il avait clairement des lacunes. Il semblait même assez 'primitif', le genre de gars qui ne sait pas se tenir et à qui il faut apprendre que manger, c'est avec une fourchette et un couteau. Et bien les relations humaines, c'était encore pire.



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Eve
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J'ai levé les mains quand il me menaça clairement de ne pas approcher, je me suis reculée, je n'ai pas discuté. Je reviens sur ce que j'ai dit, non je ne le reconnaissais pas finalement. Si j'avais cru voir un soupçon d'humanité dans son geste, j'avais en face de moi un fou furieux, un vrai sauvageon...

- Ok tu l'a entendu, mais où ? Parce que Bogdan, je ne l'ai pas vu depuis des années...

Sur le fond c'était vrai, dans la forme...

- Et sinon ? Comment on te nomme ? Parce que tu vois, à part connard, j'ai rien d'autre qui me vient là, et je ne pense pas que tu apprécies vraiment...

Je lui ai souri en gardant les mains levées, je n'osais pas faire de geste brusque, de peur qu'il revienne à la charge. Je lui ai pointé la banquette de mes index.

- On pourrait s'asseoir tranquillement et repartir sur de bonnes bases, c'est une bonne idée n'est-ce pas? Je peux même te faire un café.

Je me suis avancée lentement vers la petite banquette qui faisait face à celle qui était destinée à mon "invité". Je ne me suis pas assise, j'attendais sagement que ce soit lui qui m'y invite. Comble de tout, j'étais chez moi ! Mais je sentais là, qu'en fait, je n'étais pas vraiment maitre de la situation...


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Tibor Bruusgaard
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"Mon nom ?"

Il fronça les sourcils. Ah s'il s'en souvenait, de celui-ci, il ne laisserait pas les autres le surnommer de mille manières. Le dernier en date étant Milky Way par Six. Pourtant, elle, son prénom, elle devait s'en souvenir. Il n'aimait pas, mais il n'aimait rien, de toute façon. Il s'était donné un nom qu'il était sûr de ne pas oublier. De gestes lents en gestes rassurants, Tibor s'apaisa et baissa son arme, petit à petit. De là à s'asseoir, fallait pas trop lui en demander non plus.

"Oblivion."

C'était plus un nom de code qu'un nom tout court. Ils pourraient se regarder ainsi pendant un moment, lui-même à côté de la banquette qui se trouvait en face de celle d'Eve.

Seul le frère de Bogdan avait perçu Tibor de par son pouvoir. Mais celui-ci avait bien tenu sa langue à la demande du blondinet, pour autant, Vasile lui avait raconté leurs périples avant que l'aîné ne reprenne la route. Il n'avait observé Eve qu'une journée mais à l'écoute de l'histoire du frangin, il avait eu l'impression de la connaître. Il la dévisageait comme si elle était encore plus que la curiosité qui l'intriguait. Il avait un véritable contact avec elle, à présent et il n'était pas certain de ce qui pouvait/devait faire. Elle était à portée de main, pourrait répondre à ses questions, mais il aimait le côté mystérieux de la chose. Avoir les réponses ne l'intéressait pas.

"Bogdan ne devait pas savoir que j'étais là. Je vous ai observés jusqu'à ce que vous partiez."



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Eve
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Je me suis assise doucement, sans le quitter du regard. Même si Oblivion avait baissé son arme, je n'allais pas lui tourner le dos de sitôt. C'était un nom bien étrange qu'il me donnait. Ça ressemblait plutôt à un nom de code que l'on vous donne au téléphone avant de vous délivrer une mission. Je le regardais, je l'analysais même. Il était le type même d'un agent du MSS... J'avais l'impression de me retrouver face à Abel à sa grande époque d'agent. Et je peux vous dire, que de voir un homme dans cet état, quand on a un minimum de coeur, ça faisait mal, et plus encore de savoir qu'ils étaient nombreux comme lui. J'ai joint mes mains jusqu'à ma bouche, les coudes sur la table. Puis je les ai reposé en lui souriant.

- Oblivion... J'ai continué à sourire en hochant de la tête. Je m'attendais avec un tel accent à Wollert ou Norbjørn. Mais D'accord, Oblivion. Tu peux t'asseoir, tu sais.


Je ne me souvenais pas de lui en dehors des rencontres musclées. J'avais beau me creuser la tête, Son visage ne me revenait pas, je n'avais aucun autre souvenir.

- C'était où ? Pourquoi Bogdan ne devait pas te voir ? C'est plutôt un mec sympa pourtant

J'ai regardé le plafond défoncé en face de moi... En plus de prier pour reste en vie, j'allais prier qu'il ne pleuve pas cette nuit.


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Tibor Bruusgaard
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Il eut peut-être un sourire. Très léger s'il en était. Le genre qui hausse imperceptiblement une lèvre et se dit 'extatique'. Il l'imita alors finalement, reportant son arme à sa place, à sa cheville et il s'assit délicatement, des fois qu'elle tente de le berner. Il posa ses mains sur la table et il décida de lui répondre.

"Je sais. C'est un ami d'enfance. Mais on s'était promis de ne pas se retrouver, par sécurité. Je ne pensais pas le trouver là-bas, il avait dit ne jamais rentrer à la maison. Son frère m'a repéré par contre."

Eve se montrait compréhensive, intéressée, et calme, sans pour autant être inquisitrice, ce qui eu le mérite de l'apaiser un peu plus.

"Le dernier surnom qu'on m'a donné, c'est Milky Way. Mais j'aime pas."

Etait-il en train d'avoir une véritablement conversation avec un être humain ? En tout cas, de loin ça y ressemblait. Zaan n'était pas plus bavard que lui, déjà qu'ils ne se voyaient pas régulièrement, seulement quand le grand père avait besoin de lui, mais leurs échanges étaient plus proches de la gestuelle que de la véritable suite de mots.

Il suivit son regard et se retourna pour voir le trou dans le plafond. Il reporta son attention sur elle et reprit.

"Je ne pensais pas te faire peur. Je pourrais te le réparer, si tu veux."

Il s'essaya à la conciliation, forme de réconciliation à défaut d'un oreiller moelleux et d'une main douce.



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Eve
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J'ai relevé les sourcils de surprise, un sourire à pleines dents.

- Vraiment ? Tu les connais depuis l'enfance ? Tu vas pouvoir me raconter plein de choses alors, parce que j'aimerai pouvoir les taquiner, quand je les reverrai.

Et Vasile, je n'avais plus aucun signe de vie depuis notre départ. Je me demandais parfois ce qu'il faisait. Je regardais régulièrement notre boite, comme promis. Heureusement et l'inverse aussi, elle restait vide. Lorsqu'il évoqua la promesse pour leur sécurité, mes épaules sont retombées, je me suis légèrement affaissée en le regardant avec une moue non dissimulée. Je détestais ce genre de promesse, en fait je détestais les promesses, tout court.

- Laisse tomber pour la caravane. J'ai agité la main. C'est de ma faute. Je suis désolée, je ne sais pas ce qui m'a pris, je n'avais pas l'intention de te tuer, tu sais. Puis j'ai fait un grand geste pour désigner mon chez moi. Et de toute façon je la brûle bientôt.

Pour effacer toutes les traces, il n'y avait rien de mieux. J'ai marqué un temps en regardant mes mains, j'avais réussi jusqu'ici le tour de force de ne pas me moquer. Puis je me suis mise à rire, j'ai bien tenté de ne pas éclater, mais je n'ai pas pu, j'ai mis une main devant ma bouche pour me contenir, je l'ai regardé en me pinçant les lèvres.

- Milky way... Sérieusement ? C'est quoi ce nom pourri ? Et pourquoi ?

Non, je ne lui dirais pas que Jason m'appelle "la loutre"...


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Tibor Bruusgaard
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"Non, je ne vais pas te parler de Bogdan ni de qui que ce soit d'autre, je ne suis pas celui avec qui il a traversé l'Océan Atlantique, ni celui qui sait où il se trouve maintenant."

Sous entendu : Eve le connaissait mieux que lui aujourd'hui. Il inspira profondément en l'observant, alors qu'elle essayait de ne pas se moquer de lui. Il aurait pu jouer de la mâchoire si le surnom ne le contrariait pas plus que sa taquinerie elle-même. Sa voix était si linéaire que parfois, c'était presque difficile de savoir s'il était juste impassible ou blasé.

"A cause de la couleur de ma peau."

Il la fixa plusieurs secondes avant de reprendre.

"Pas l'intention de me tuer ? Vraiment ? Je t'ai jeté une paire de chaussettes, tu m'as tiré dessus à coup de fusil à pompe." Et toujours pas l'once d'une expression. "Je commence à en avoir marre de me faire tirer dessus sans raison. Je sais que je ne suis pas d'ici, ni très... Confortablement installé au sein de la civilisation, mais je ne crois pas que le coton tue."

Peut-être faisait-il aussi référence à leur passé, en plus de l'utilisation de son pouvoir sur le sien.



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Eve
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Je me suis laissée tomber sur le dossier en soupirant. Bon sang j'avais oublié combien ils étaient aussi... ternes. Sa voix morne, l'air morose. Je ne savais pas comment le dérider, franchement, ça relever du challenge chez lui. Mais il avait raison, j'ai été vraiment excessive, et si il y avait un des deux non civilisé ici, c'est bien moi.

- Je sais, je suis désolée je te dis, j'ai eu tort, - j'ai ouvert les bras - qu'est ce qu'il faut que je te fasse pour que tu acceptes ? Si j'avais voulu te descendre, j'aurai réussi, il faudrait être aveugle et manchot pour louper quelqu'un ici. Je suis désolée si je t'ai fait mal. J'ai été nulle sur ce coup, c'est moi la sauvage dans la ville...

De ce fait, je ne savais plus où me foutre. Voilà que c'était lui qui me faisait la morale.
J'ai secoué la tête puis j'ai regardé sa peau. Je cherchais le rapport là... Il avait des  ecchymoses mais rien qui ne partirait pas avec le temps.

- Qu'est-ce qu'elle a ta peau ? Je me suis penchée sur la table pour le scruter, j'ai même plissé les yeux. J'vois pas là...

Même si Obli restait aussi émotif qu'une cuiller à café, il me répondait. Pas toujours ce que je voudrais entendre, toujours sur un ton qui me laissait perplexe, mais au moins, on communiquait, on ne se foutait plus sur la tronche...


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Tibor Bruusgaard
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Alors qu'elle s'approchait, il plissa les paupières et recula légèrement la tête. Vraiment ?

"Elle brille et parfois elle est translucide."

Parfois. Quand il se fait blesser ou qu'il ne se sent pas bien du tout. Ce qui n'était pas le cas à cet instant, mais il n'était pas du genre à étaler ses faiblesses gratuitement, sauvage qu'il était. Mais puisqu'elle s'excusait, il ressentit le besoin de le faire, parce que quelque part, il fonctionnait à l'adaptation, à l'imitation. Elle était plus habituée à cette vie que lui, aussi, elle devait mieux savoir quoi faire que lui.

"Et je suis désolé de m'être introduit chez toi sans rien dire. J'étais curieux de voir où tu vivais. Je ne voulais pas te faire peur. Et je suis désolé d'avoir lancé un couteau à ton visage, même si j'ai fait exprès de te rater parce que je ne voulais pas te tuer non plus."

C'était beaucoup de mots pour un tel manque d'expressivité. Mais ça ne faisait pas de lui un mauvais bougre. Il avait toujours envie de tuer la gamine qui lui avait fait subir des tortures et des instants de pur enfer, mais l'adulte qu'elle était devenue était une amie de Bogdan, pour ce qu'il s'en souvenait. Les subilités Underground VS Liberation ne l'intéressaient pas, et même, il ne les comprenait pas. Ils étaient tous dans la même ville, sous les mêmes conditions, sujets aux mêmes discordes. Ils avaient besoin des uns et des autres, alors pourquoi toutes ces factions ? Si ça ne tenait qu'à lui, il aurait une belle et grande armée et il foutrait le feu à tous ces pèquenauds.



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Eve
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- Elle brille ? Tu veux dire partout partout? Tu me montres? je ne me souvenais plus de ça...

Etait-ce que j'ai aperçu lorsqu'il m'avait plaqué au sol ? J'ai posé mon menton sur mes mains, j'ai écouté ses excuses.

- Ok, on est quitte alors, mais la prochaine fois, mets-y un peu plus de conviction dans les mots, histoire qu'on te pense sincère. - j'ai levé une main - Je te pense sincère ce n'est pas ce que je dis.

J'avais bossé déjà ce genre de mec, ouè, mon frère vous vous souvenez ? Je confirme, c'est le même. J'ai incliné la tête.

- Pourquoi tu voulais voir où je vivais ? Si tu voulais voir, il suffisait de me le demander, j'aurai accepté. Il aurait aussi fallu que tu te montres à moi. D'ailleurs, vous vivez où avec Zaan ?

Ils savaient beaucoup sur nous et finalement nous n'en savions que trop peu sur eux, je ne trouvais pas ça très équitable.


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Tibor Bruusgaard
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"Elle ne brille pas, là, tout de suite... Je suis pas un jouet à piles, pour quoi tu me prends ?"

En réalité, Tibor ne savait pas grand chose. Il savait juste qui était Eve, et encore, il n'en savait que le peu qu'il avait vu et elle lui avait plu. Rien de plus. Quant à Liberation, il n'en savait rien et n'avait pas revu Bogdan depuis la Roumanie ce qui était... 5 ans plus tôt.

"Je suis toujours sincère, pourquoi je mentirais ?"

Ah ! Les questions qui fâchent. Son regard bifurqua sur le côté, dans le vague, comme s'il la fuyait ou qu'elle avait enfin touché quelque chose.

"J'étais juste curieux, je te dis. Je ne voulais pas que tu saches que j'étais curieux de savoir où tu vivais." L'imitation pouvait aller loin, parfois... "Je ne sais pas où il vit, je ne passe pas mon temps avec lui. Il m'a juste aidé une fois et je l'ai aidé en retour."

Il reporta son regard sur elle. C'était donc le temps des questions ? Ils se jaugeaient l'un l'autre comme deux inconnus qui apprenaient à se connaître ? Pourtant, ils savaient tous les deux des choses intimes l'un sur l'autre, probablement des choses que Abel ou même Bogdan ignoraient. Peut-être, qui sait, des choses que Eve n'avaient dites à personne. Quant à lui, où vivait-il ? Nulle part serait assez proche de la vérité.

"En quoi c'est pas le moment ? Pourquoi tu veux tout brûler ?"



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Eve
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J'ai froncé les sourcils, j'allais réussir à le vexer, ce n'était pas le but.

- Je ne veux pas te froisser Oblivion... Je pensais que tu pouvais le faire de ta propre volonté.

Par compassion, j'ai voulu poser une main sur la sienne, mais à peine l'ai-je effleuré, je me suis ravisée. Nous étions trop différents, ne nous connaissions pas, un tel contact aurait pu le raidir. J'ai soupiré intérieurement.

- Je sais que tu es sincère... Evidemment, il ne devait mentir que par omission et encore, j'en doutais. Il était formaté, c'était flippant, mais sa curiosité montrait son envie, je m'avance peut être, je ne suis pas psy non plus, d'être moins ce qu'il était ? Bon sang qu'est-ce qu'il foutait ici ?

- Je suis curieuse aussi, ça tombe bien. Tu veux boire quelque chose ? je... J'ai montré mon placard. Je vais me lever là, mais c'est juste pour prendre des verres, flippe pas.

J'ai souri en me levant lentement. En fait, je me rendais compte combien c'était épuisant de vivre avec un candidat, version Abel j'entends. Heureusement, celui-là n'était que de passage. j'ai continué la conversation.

- J'ai cru que vous vivez ensemble. Et tu fais quoi, tu es une sorte de bras droit ? Son nettoyeur? J'ai sorti deux verres propres, je les ai posé sur la table avant de me diriger vers le frigo.
Là je vais chercher un truc à boire, le fusil est à côté mais je n'y touche pas, il n'est plus chargé de toute façon... Alors j'ai hmmmm... Du lait... Du coca, il me reste une bière heu, sans alcool la bière. J'ai grimacé pour lui faire comprendre combien c'était dégueulasse.

Je me suis appuyé sur la porte du réfrigérateur en le matant.

- Qu'est ce que t'as fait pour être dans cet état ? J'ai fait un cercle avec un doigt autour de mon visage.


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Tibor Bruusgaard
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En fait, qu'on l'appelle Oblivion lui fit tout bizarre. Qu'on l'appelle tout court. S'il se souvenait de son prénom plus que de son nom de code, ça lui serait probablement d'une grande aide. A son premier avertissement, il commença à inspirer en regardant ailleurs, mais ne dit rien.

"Non. Je ne suis rien, je te l'ai dit, il m'a aidé, je l'aide. Ca ne va pas plus loin."

Ca ne voulait pas dire qu'il ne lui cachait rien... Tibor avait un pouvoir extrêmement avantageux pour ceux qui cherchaient quelque chose. Il offrait alors une cachette... Exceptionnelle. A son deuxième avertissement, il ne put se taire.

"Vraiment ? Je suis pas non plus un primate."

Il savait bien qu'elle ne tenterait plus rien, sinon, elle l'aurait déjà fait et puis, même à distance, elle pouvait l'atteindre. Ce qui, tout à coup, ne le rassura pas des masses et il ne la quitta pas des yeux. Il lui aurait bien répondu de l'eau, mais...

"Du lait, ce sera très bien."

C'était très bon pour la forme et les os. Et puis... Ca lui allait si bien, n'est-ce pas ? Sa question le laissa interdit. En quoi ça l'intéressait ? A peine la question lui traversa l'esprit qu'il se rendit compte à quel point il était socialement inadapté. Elle faisait un effort et il allait la repousser ? Alors que c'était lui qui était venu à elle le premier ?

"Une voiture a essayé m'embrasser, je n'ai pas beaucoup apprécié la manoeuvre." Peut-être pas hyper socialement adapté, mais pas non plus dénué d'humour. Et après quelques secondes. "Tu n'as pas répondu à ma question."



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Eve
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J'ai levé les mains, il n'était pas un primate mais bon.

- Non, je ne veux juste pas me prendre un couteau entre les deux yeux.

J'ai pris la bouteille de lait à moitié pleine, restons positif, et j'ai attendu devant en levant le nez au plafond, une main sur la porte du réfrigérateur toujours ouverte. Pourquoi ? et Pourquoi? Parce que.. Parce que ?

- Je dois quitter ma caravane, beaucoup trop de personnes, qui ne me veulent peut être pas que du bien, savent ou je vis. Je ne suis plus en sécurité. Tous les membres de Libération ne sont plus en sécurité. Notre QG aussi nous devons l'abandonner, pour les même raisons. Je pensais que Zaan t'en avais parlé.

J'ai refermé la porte et je me suis appuyée dessus. J'ai pris la bouteille fraiche dans les deux mains, je la regardais.

- J'ai eu une année difficile, j'ai perdu la mémoire, vécue chez des étrangers, On a perdu un des nôtres, je me suis faite larguée par mon mec, mon frère s'est tiré... Je me sens fatiguée, je ne suis plus à la hauteur, un rien m'agace... J'en ai juste marre je crois.

J'ai inspiré profondément et j'ai forcé un sourire en m'approchant. J'ai servi deux verres de lait et j'ai repris ma place.

- La vache une bagnole ? Elle ne t'a pas vu je parie ?

Oui, je fais de l'humour à deux balles...

- Tu ne m'as pas répondu non plus. Tu vis où?


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Tibor Bruusgaard
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Il inspira à nouveau et lui répondit entre ses dents.

"Je ne suis pas dans ses petits souliers."

Etrangement, il eut envie de la consoler. Le souvenir qu'il avait d'elle était plutôt rayonnant et bien qu'elle le trouve peu expressif, il n'en ressentait pas moins d'empathie pour elle. S'il n'avait comme mémoire celle qu'ils partageaient, il n'en aurait rien eu à faire, mais heureusement pour elle, il se souvenait aussi de la femme qu'elle était.

"Je suis désolé."

C'était assez froid, mais il ne savait pas quoi dire d'autre. Néanmoins, il eut un sursaut de rire. Oui, oui, tout à fait. Le coin des lèvres suffisamment étiré et les épaules secouées d'un soubresaut timide.

"Non, j'étais visible. Merci."

Il prit le verre pour le porter à ses lèvres et boire une gorgée. Ce qui lui donna suffisamment de temps pour réfléchir à une réponse à sa question. Passer pour un pauvre stupide et monstrueux inhumain, ce n'était pas son genre.

"J'imagine que si je dois rester ici quelques temps, je vais devoir me trouver un endroit où dormir."

Autrement dit, il n'avait pas l'habitude. Il ne connaissait que les routes et hébergements gracieux chez l'habitant. Il travaillait des saisons pour avancer comme un nomade et ce, depuis des années. S'arrêter en ville n'était pas dans ses plans. D'ailleurs, il aurait dû fuir depuis des semaines. Mais il se passait quelque chose ici et comme à chaque fois qu'il sentait le vent tourner, il s'arrêtait et se trouvait un petit job, et un petit toit. Il enquêtait, trouvait, terminait une histoire et passait à la suivante. Sauf que celle-ci était pour le moins... Explosive.

Il l'observa longuement en réfléchissant. Les pertes de mémoire, c'était un truc qu'ils avaient en commun, en plus de leur histoire. Une main serrant son verre, il se laissa retomber dans le fond de la banquette sans la quitter des yeux, qu'il montrait peut-être plus doux. Ses doigts glissèrent pour retomber sur sa cuisse.

"Pourquoi Bogdan n'est pas resté avec vous ? C'est quoi le problème avec l'Underground ?"



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Eve
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j'ai continué à me plaindre. Je n'aimais pas ça, je ne le faisais jamais, mais j'avais besoin de parler en fait, je n'arrêtais plus, en plus il était désolé pour moi.

- C'est gentil... Mais c'est trop demandé quand même ? Je ne demande pas grand chose, je veux juste qu'on s'occupe un peu de moi, qu'on me veuille moi, pas mon pouvoir pour se soulager de deux poids !

Je me suis arrêtée net. Non, ce n'était pas ma copine, je n'allais pas non plus commencer à lui parler de mes cycles... Je me suis éclaircie la voix en me replaçant.
Je l'ai regardé avec deux grands yeux ronds. Ils dormaient où là?

- Ne me dis pas que tu dors dehors ? Parce que, vu l'état de ma caravane, je crois que je vais squatter le saloon. Tu peux venir avec moi. Tu prendras la chambre d'Abel, j'irai dormir en bas.


Sur le lit picot, je veillerai sur les petits de l'arsenal en plus. Puis il posa la question, celle que je n'attendais pas. Bogdan... Le frileux de la gâchette. Ce n'était pas un terroriste, il ne voulait pas faire de victimes... C'était un choix, il l'avait assumé, je n'arrivais pas à comprendre.

- Bogdan... N'adhérait pas avec nos méthodes. Le problème avec l'Underground ? La même chose que pour Bogdan pour faire simple. Ils n'aiment pas les terroristes, c'est ce qu'on est à leurs yeux. Je crois qu'ils n'aiment pas se dire, que les dommages collatéraux sont inévitables, il ne peut pas y avoir de changement sans sacrifice selon moi. J'ai secoué la tête. Je suis une justicière, pas une terroriste.


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Tibor Bruusgaard
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Tibor plissa les paupières d'autant plus. Elle se foutait de sa gueule ou quoi ?

"Parce qu'il y a des gens qui ont 'besoin' de ton pouvoir ? En ce qui me concerne, je te préviens, essaye encore de me toucher, je ferai moins de sentiment à te 'soulager'."

C'était sûrement de ça que Zaan parlait quand il lui disait qu'il devrait faire un peu plus attention à sa façon de parler. Mais pourquoi ferait-il attention face à la personne qui lui avait pourri son adolescence ? Et oui, il vivait dehors, et alors ? Qu'aurait-elle dit quand il avait traversé l'Europe de ville en ville ? Le seul problème avec Megalopolis, c'est qu'ici, personne ne se parlait ni ne communiquait. Difficile de trouver des gens accueillants avec un bout de jardin pour planter une tente.

Tibor la dévisagea sans rien dire, presque comme si elle l'avait insulté, mais encore une fois, il essaya de ne pas se montrer trop farouche. Il baissa les yeux et reprit le verre en soupirant.

"Je ne veux pas la chambre d'Abel." Et comme un fait exprès, cette réponse coïncidait avec celle qu'il allait lui donner. "Nous ne sommes pas des tueurs, même si certains d'entre nous le sont devenus. Bogdan n'en a pas fait partie, il n'est pas de ceux capables de prendre la vie d'autrui consciemment." Si Bogdan n'avait jamais parlé de ce qu'il avait fait, d'autres, comme Tibor, avaient facilement deviné. Il avait payé son propre sacrifice. "Il est toujours resté derrière à protéger les autres, il ne s'est jamais montré en première ligne." Il releva les yeux dans les siens. "S'il a suivi Abel, c'est pour toi. Pas pour lui. Je ne l'ai pas vu depuis longtemps mais il fait aussi partie de ces gens que le MSS n'a pas changé, il est toujours resté le même. Ce gars-là a forcé une nature qu'il n'est pas. Bogdan ne connaît pas la vengeance. Au pire, il s'est endurci."

Il était resté assez de temps pour observer Bogdan au contact d'Eve. Bogdan lui avait toujours semblé plus humain que la majorité d'entre eux. Lui, ainsi que Six. Pour la majorité, ils ressemblaient plus à Eve ou Tibor. Il pencha légèrement la tête. Il était à deux doigts de la provoquer à nouveau en lui demandant ce que Bogdan serait devenu à son autre contact, mais il tourna la langue dans sa bouche plus d'une fois pour se retenir. Il lui faudrait peut-être un peu de temps pour ne revoir en elle que cette jeune femme qui l'intriguait tant.

"Pourquoi personne ne s'occupe de toi ?"

Ca lui pensait impensable, elle était pourtant entourée !

"Si tu as besoin, pourquoi tu ne demandes pas, simplement ? C'est comme ça qu'on fait, non ?"

Oui, vous avez bien entendu.



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Eve
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Je me suis calée tout au fond de la banquette. Il avait été clair, je ne le toucherai plus, je l'avais à peine effleuré une fois. J'avais compris que mon pouvoir était un souci pour lui. J'ai placé mes cheveux en arrière, alors que je me sentais à l'aise, le voilà qu'il redevenait agressif verbalement, son accent n'aidait en rien à la tranquillité.

- Excuse-moi, je ne le ferai plus. Et oui, il y a des candidats pour qui YU est, un fardeau, quelque chose de pesant, de douloureux physiquement. J'arrive à les soulager, simplement en les privant de leur pouvoir. Ensuite, ils deviennent des sangsues en découvrant ce que je peux leur faire, et il ne me voient que pour ça, et non plus pour ce que je suis.

Je ne savais pas quelle mouche l'avait piqué, je savais que le sujet de mon pouvoir était délicat avec lui, et pour cause justement justifiée, j'ai cependant moins compris pourquoi il refusait la chambre d'Abel.

- Prends mon lit alors ! J'ai tendu la main vers la chambre derrière lui, un peu agacée pour le coup. Puis j'ai ri, légèrement en secouant la tête. j'avais bien entendu ce qu'il avait à dire.
Non, Bogdan était là pour Abel je peux te le certifier. Il lui était dévoué, fidèle jusqu'à ce que sa raison ne l'éloigne de nous. Mais je te rejoins, Bogdan est protecteur, pas un tueur.

Après j'ai cru à une blague, je suis restée stoïk devant lui, et rapidement je me suis souvenue à qui j'avais affaire, instinct de survie je vous dirai, je n'ai pas éclaté de rire, juste souri.

- On s'occupe de moi évidemment, on prend soin de moi, mes amis par exemple. J'ai secouée la tête tout de même amusée. Et ce dont j'ai besoin, comme j'en ai besoin et envie, ça ne se demande pas, ça doit être réciproque avec l'autre et, ça se fait simplement, tout seul, en principe. Tu vois ce que je veux dire?

J'avais l'impression de faire l'éducation à un gamin de six ans...


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Tibor Bruusgaard
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Encore qu'il se foutait bien de ses excuses. Ca ne changerait rien à ce qu'elle avait fait de lui. Parce que oui, ce qu'il était devenu s'était forgé dans leurs affrontements.

Tibor ne voulait pas se battre avec elle, aussi, il n'insista pas. Il ne comprendrait jamais la décision de Bogdan, de toute façon. Pas plus qu'il ne comprendrait comment, après des années de torture, on pouvait finalement passer à un rôle aussi salvateur. Ce à quoi il grimaça légèrement en fronçant les sourcils à la réflexion. Il y avait fort à parer, pour expliquer son incompréhension, qu'Eve n'ait jamais été été confrontée à son propre pouvoir, aussi ne pouvait-elle pas comprendre ce que l'on ressentait.

Il faisait tourner son verre entre ses doigts en suivant son geste des yeux quand elle s'expliqua un peu plus. Il reporta son attention sur elle. Sans pour autant afficher une immense stupéfaction sur son visage, il haussa légèrement un sourcil, la tête toujours penchée. Il réfléchit une seconde en baladant son regard vaguement et il finit par secouer la tête dans une moue dubitative.

"Non, quand j'ai besoin de quelque chose, je demande. C'est plus facile, comme ça."

Il se redressa et croisa les bras sur la table en regardant autour de lui, l'air toujours intéressé. Il reprit d'une voix plus évasive.

"Mais j'admets que les relations humaines, c'est pas trop mon domaine." Une blague... "Alors les femmes..."



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Eve
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Je me suis levée en prenant mon verre de lait que je n'avais pas encore touché, je me suis appuyée devant l'évier en lui faisant face. La conversation était étrange. Je n'étais pas très à l'aise de parler relation avec un homme avec qui je discutais pour la première fois.

- Tu as certainement raison, demander serait peut être la meilleure solution. J'ai pris un gorgée. Mais je ne suis pas certaine d'en être capable.

Il devenait bavard et intéressant, il ne faisait plus simplement poser des questions, il répondait, donnait même son avis. Il n'était pas si irrécupérable qu'il ne le laissait paraitre.

- Pour les relations humaines, je peux t'aider si tu veux. J'ai haussé les épaules. Je ne suis pas experte, mais je peux essayer. On s'entend bien non ? J'ai joué des sourcils.
Si tu préfères les hommes, ce n'est pas un problème pour moi, c'est ta vie tu sais. J'ai peut être quelqu'un à te présenter, si tu veux.

Pour rendre service à Jason ou Samael, je suis certaine qu'il leur plairait.


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Tibor Bruusgaard
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Il la regarda se lever en se demandant pourquoi elle gigotait autant. Il allait lui répondre quand elle reprit. Il prenait plus son mouvement pour une invitation à mettre fin à la discussion, voire même, à s'en aller, comme si elle s'ennuyait de lui, ce qu'il pouvait parfaitement comprendre. Il restait plus par curiosité que par véritable envie. Elle était face à lui, maintenant, après tout, il pouvait lui poser toutes les questions, elle conserverait une part de mystère, quoi qu'il arrive.

Il porta son verre à ses lèvres en l'écoutant. S'il devait partir, qu'il finisse au moins le lait, c'est que pour de vrai, il avait soif. Derrière le verre, ses sourcils se sont haussés de surprise et il continua à l'écouter. Ils s'entendaient bien ? Oui, après un couteau sous la gorge et un fusil à pompe déchargé ! C'est tout à fait ce qu'il entendait par 'Les relations humaines, ce n'est pas mon domaine'. Tout à fait. Mais alors la suite, alors qu'elle jouait des sourcils...

Le lait lui explosa au visage alors qu'il le recrachait en même temps et il porta d'un coup son poignet à son menton alors que des filets blancs lui coulaient jusque dans la gorge. Il reposa le verre, les joues gonflées d'avoir toujours la bouche pleine. Il déglutit avec peine tout en s'essuyant les lèvres et quand il retira sa main, elles laissèrent place à un sourire amusé.

"Non, ça c'est pas mon domaine, c'est carrément pas mon truc."

Et il se leva pour la rejoindre à l'évier, mais plutôt pour se laver les mains.

"Je suis désolé, je crois que j'en ai renversé..."



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Eve
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Le voir recracher son lait, c'était juste, très drôle, j'ai éclaté de rire, et de bon coeur. J'étais même contente de le voir sourire à mon erreur. Il s'est approché de l'évier, j'ai attrapé le torchon, ouvert l'eau pour qu'il puisse se nettoyer.

- J'ai compris de travers, c'est de ma faute ! J'ai continué à rire. Attends... t'en as là. Je lui montré mon menton.Je vais essuyer le reste sur la table, c'est bon, t'inquiète.. Et finalement, après une longue hésitation, il ne voulait pas que je le touche, il avait été clair sur ce point, mais tant pis... je lui ai relevé doucement le menton pour le lui essuyer.Je peux ?


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Tibor Bruusgaard
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Le contact d'Eve fit ressurgir des souvenirs d'elle qui avaient été subitement masqués par la vision de cette fille qui lui arrachait son pouvoir. Et si à l'époque, elle était déjà une jolie fille, elle n'en était devenue qu'une belle femme et Tibor n'était pas moins insensible à ce charme nordique qui faisait tout de même sensation auprès de pas mal d'hommes. Encore fallait-il qu'Eve les laisse approcher. Il aurait su qu'elle le comparait mentalement à son frère, il aurait grogné comme un lion mécontent.

Des histoires étranges et parfois farfelues, il avait eu son compte, mais c'était à croire que ça ne le quittait jamais. A errer sur les routes, plus de femmes que d'hommes avaient été enclines à lui ouvrir leur porte et parfois plus si affinités. Il lui avait même une ou deux fois offert asile et confort en échange de son travail d'une histoire éphémère dont le souvenir persistant n'avait d'égal qu'un rêve duquel on se réveille content de l'avoir eu avant de se lever pour vivre sa journée.

Sauvage, peut-être, pas non plus extrêmement farouche, son sourire s'était évanoui le temps qu'il atteigne l'évier, mais le rire d'Eve était si communicatif et rafraîchissant qu'il en restait tout de même un rictus en coin. Il secoua ses mains, allant pour les porter à son menton et finir de s'essuyer, mais elle le devança et il planta ses yeux dans les siens. Peu importe ce qu'elle ait vu en lui, ou de lui, ce qu'il ait pu renvoyer comme image, il n'avait pas non plus cinq ans ! Il lui attrapa son poignet avant qu'elle n'agisse, reculant légèrement la tête en levant le menton pour lui échapper. Ce n'était pas tant qu'il ne veuille pas qu'elle le touche - il parlait essentiellement de son pouvoir, pas de son contact à proprement parler-, c'était surtout qu'il avait sa fierté.

Quand même.

Une fierté qui lui conférait toutefois une audace lui ayant coûté plusieurs gifles bien placées au fil des âges. A défaut d'être doué en relations humaines, il possédait un instinct surdéveloppé et avait interprété les dires d'Eve comme une demande silencieuse, répondant par ailleurs aux siennes. Et ça se mélangeait dans sa tête ! Eve n'était plus seulement Eve, elle était aussi... Elle, ce démon qu'il portait en lui et qu'il détestait de toute son âme ! Mais n'avait-elle pas promis de ne plus user de son pouvoir sur lui ? Les doucereuses images d'Eve en train de rire reprirent le dessus et il approcha son visage, son nez contre le sien, retenant son souffle des fois qu'elle fasse partie de celle qui lui collerait une belle grosse baffe en travers de la mouille. Cependant, quelque chose lui dit qu'elle n'en ferait rien. Probablement à tort, mais qui ne tente rien à rien, il n'était pas de ceux qui attendaient d'être servis pour manger. C'est qu'en général, il avait trop faim pour attendre Un gaillard pareil finissait bien les assiettes jusqu'à lécher les bords que ça fasse poli ou non, politiquement correct ou pas. La faim et la soif sont probablement les deux pires états que l'homme puisse connaître, jusqu'à le rendre fou. Alors non. Il n'était pas de ceux qui se privent et font la grève de la faim sous prétexte d'une quelconque rébellion ou résistance à telle ou telle cause. Quand son estomac gargouillait et que l'assiette était pleine. Il mangeait. Point.

Il franchit alors le dernier centimètre qui séparait ses lèvres des siennes en se collant un peu plus à elle, la gratifiant d'un baiser appuyé. Au pire, il aurait une marque de plus sur le visage. Au moins, elle lui répondrait. Dans les deux cas, il n'était pas homme de regrets.



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Eve
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C’était juste surréaliste ce qui se passait dans cette caravane. Nous nous étions battus, nous avions tenté de nous apprivoiser, nous avions réussi à tenir une conversation sans nous arracher les yeux. Nous rions maintenant, avec plus de retenu pour l’un que chez l’autre… Tout ça en moins de deux heures…

Puis j’étais là, à vouloir lui essuyer le menton, par ce que finalement, je ne le détestais pas. Pourquoi ? Parce qu’il me rappelait mon frère d’une certaine manière ? Pas impossible du tout.
J’étais avec mon torchon et j’ai vite compris que je faisais une erreur. Il n’était pas d’accord, pas d’accord du tout. Je l’ai senti à son regard, ce regard qui dénoté avec ce rictus qu’il avait pourtant lorsqu’il s’était approché de moi pour se nettoyer les mains.
Je ne voulais que l’aider, c’était idiot je l’admets, surtout qu’il m’avait mise en garde. C’est un geste que j’aurai eu avec Abel, il aurait grogné lui aussi, c’est sûr, il détestait quand je voulais le « materner », moi je voulais simplement, de temps en temps, m’occuper de lui comme il l’avait toujours fait pour moi.

Mais Oblivion n’était pas Abel malgré leurs similitudes. Il refusait tout contact et s’était reculé comme si j’étais contagieuse. Je suis restée interdite alors qu’il m’attrapait le poignet. J’ai vraiment cru qu’il allait m’en remettre une, mais je n’ai pas baissé les yeux, je n’étais pas de celles qui craignaient les coups, mais qui les encaissaient pour mieux les rendre.

Il avait maintenant son nez contre le mien, je m’attendais à me retrouver au sol une seconde fois, j’avais déjà serré les poings, prête à riposter. Cette fois, je ne serai pas la première à lancer les festivités. Sa réaction me paraissait toute aussi démesurée que celle que j’ai eu plus tôt, mais soit.

C’était trop calme, je n’entendais que l’eau qui coulait du robinet, puis il m’a embrassée. Si je m’étais attendue à ça… La surprise était telle que je n’ai pas eu le réflexe de me reculer, de le gifler, de lui arracher la lèvre inférieure avec les dents. Non, j’ai eu un soupir tremblant, qui s’apparentait à celui du plaisir, le laissant m’entrainer un peu plus contre lui. Mes mains se sont lentement ouvertes à en laisser tomber le torchon que j’avais dans la main qu’il retenait toujours.

Non je ne suis pas une fille facile, je n’étais pas non plus remise du départ de Garin et je ne m’en remettrai certainement jamais. Mais était-ce pour autant que j’allais prendre le voile ? Non plus. J’ai été surprise, parce que personne n’aurait pu s’attendre à un tel retournement de situation. Je nous savais tous plus ou moins siphonnés du ciboulot, les rescapés du MSS, mais là nous avions atteins des sommets. Mais j’avais tellement besoin de ce genre de marque d’affection, d’attention…

Je me suis retirée doucement en gémissant, non pas pour lui échapper, mais son baiser appuyé, que j’ai voulu lui rendre avait réveillé la douleur à la mâchoire, et j’ai porté ma main libre contre ma joue. C’était suffisamment peu gênant pour parler sans que cela se voit, mais pas vraiment agréable quand on appuyait trop dessus. Mes joues avaient rosies sous le baiser malgré moi, j’ai parlé plus bas.

- Pas que je m’en plaigne, c’est plus agréable que le couteau… Mais tu y es allé un peu fort sur la mâchoire tout à l’heure.

Je l’ai regardé par en dessous, les lèvres légèrement pincées.


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Tibor Bruusgaard
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En même temps qu'elle se détacha de lui, il l'imita, posant une seconde son front contre le sien.

"Je suis désolé." Pour le coup ou le baiser, allez savoir. "Je croyais... Avec ce que tu disais tout à l'heure..."

Surtout pour le baiser, en fait. Attendez une seconde, elle ne l'avait pas non plus repoussé. Il cligna des yeux en l'observant.  Il rouvrit les yeux dans les siens et s'écarta pour reprendre une distance raisonnable. Du bout des doigts, il frôla sa mâchoire. Non, en réalité, pour ça il n'était pas désolé. Sa voix demeura aussi basse que la sienne. Même s'il s'était éloigné, ce n'était que de quelques centimètres. Toutefois, il lâcha doucement son poignet pour lui rendre sa liberté, sentant sa peau glisser contre sa paume jusqu'à rencontrer ses doigts.

"Tu m'as cherché..."

C'était même plus un réflexe qu'autre chose compte tenu du coup auquel il répondait initialement. Il sentait encore la douleur sourde et lancinante dans son épaule, plus gênante que véritablement douloureuse, cependant. On vous y verrait bien avec une blessure pareille à presque bout portant. Ses doigts continuèrent d'explorer se lèvres en les effleurant à peine.

"Comment tu fais pour m'entendre ? Je n'existe pour personne quand je suis invisible..."



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Eve
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Il était désolé, pour l'un ou pour l'autre, il ne devait pas selon moi. J'ai fermé une seconde les yeux lorsque ses doigts frôlèrent ma joue, ce simple geste me fit un frisson plutôt agréable. J'ai compris alors qu'il parlait du baiser. Je voulais lui dire que je ne lui avais pas demandé d'arrêter, mais sa question m'avait coupé dans mon élan.

Comment je faisais ? Je ressentais tous les mutants, c'était ça mon pouvoir, puis je pouvais aller au delà de ça, absorber YU, reconstituer un ADN de négatif...
Mais avec Oblivion, c'était plus compliqué, cela devait venir de son propre pouvoir.

- Je n'en sais rien. Je sais détecter YU, je le ressens, c'est ce qui me permet de savoir où tu te trouves. Mais tu me donnes du fil à retordre là où c'est très simple chez les autres. J'ai réfléchi, comment pouvais-je expliquer ce qui se passait lorsque nos pouvoirs se défiaient? C'est... comme si tu repoussais mon pouvoir sans que je puisse y faire quoique ce soit et que j'arrivais à reprendre le dessus à mon tour, et c'est comme ça sans cesse... Mais tu dis ne pas exister pour les autres ? Pourquoi?

Je me suis aventurée à effleurer moi aussi sa joue du revers de la main, en détaillant son visage. J'ai hésité à poser ma question, je me la suis toujours posée, et Oblivion était celui qui avait été le plus exposé à mon pouvoir et le seul à lui avoir survécu quand je l'utilisais comme une arme, je n'avais pas le droit de l'achever. J'en étais réellement désolée.

- Qu'est ce... que tu ressens quand je l'utilise contre toi ?...


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Tibor Bruusgaard
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Il haussa simplement les épaules.

"C'est mon don. Ce qui me rend invisible à l'oeil nu."

Pourquoi il pleut, pourquoi le feu brûle... Quelle question. Quant à la suite, il ne réagit pas. Il détailla son regard du sien sans rien dire. Comment lui décrire ce qu'elle faisait aux autres ? C'était à la fois tout un dictionnaire et en même temps si indescriptible. Il ne douta pas que n'importe qui ressentait la même chose quand elle agissait sur eux. En était-il de même avec les Négatifs, allez savoir.

"C'est comme..." Son index longea doucement le bord de sa mâchoire et il suivit son geste des yeux. Sa voix était lente et profonde. "Une violente migraine alors qu'on te plonge dans un bain de flammes. C'est comme si on t'arrachait la peau et chacun de tes muscles alors que tu vis encore. Il te manque quelque chose, mais tu ne sais pas quoi, c'est un membre fantôme qui te fait tourner en rond et te déséquilibre. Tu pourrais hurler, personne t'entend. Et c'est là que la folie intervient..."

Il avait détaché chacun de ses mots, elle avait posé la question, il lui répondait. Mais quelque chose lui dit qu'elle comprendrait mieux... Sa caresse se transforma en un point de pression qu'il exerça de son pouce sur le bleu qu'il lui avait infligé à la mâchoire, jusqu'à lui faire renverser la tête en arrière. Il ne la quitta pas des yeux mais puisqu'elle voulait savoir... Il pouvait bien lui rendre ce service, n'est-ce pas ?

"Imagine ça pendant des heures sans repos."

Peut-être lui faudrait-il un peu plus de temps pour lui pardonner. Cette fois, il coupa l'eau et s'écarta pour de bon.



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Eve
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OK... Ça ne m'avançait pas plus que ça, son don qui le rendait invisible... Ça ne m'expliquait pas pourquoi j'en bavais avec lui. C'est une question que je devrais aborder avec Maddison, si je la croise un jour.

Sa description de la douleur me glaça le sang. j'avais imaginé des tas de possibilités, je savais que c'était atroce, mais jamais une telle description ne m'avait effleuré l'esprit.
Mais lorsqu'il appuya sur ma mâchoire, pour me faire mal volontairement, jusqu'à me renverser la tête, je n'avais qu'une envie, qu'il parte. Il s'est d'ailleurs éloigné mais je ne voulais plus de ce malade chez moi.

Je l'ai pointé du doigt pour l'intimer à partir, mais d'autres mots sont sortis de ma bouche, le ton plus haut.

- Tu n'as pas le droit de m'en vouloir ! Je n'avais pas le choix ! Et toi aussi tu m'en as fait du mal, ce n'était pas une partie de plaisir ! Quand tu m'explosais des côtes, ou pétais le nez ! T'as oublié ça ? Tu m'as même explosée la rate !

Je me suis approchée de lui pour lui faire face, il ne me faisait pas peur. J'ai serré les dents même si la mâchoire me rappelait son existence.

- On est deux victimes dans l'histoire ! Tu sais aussi bien que moi ce qu'ils nous auraient fait si on refusait de s'affronter ! Alors arrête !

Et là sont remontées toutes ces années de calvaires ou j'ai du faire parler des femmes et des hommes en leur infligeant mon pouvoir dès l'âge de 8 ans, assistée au début, puis j'ai grandi avec ce pouvoir que je maîtrisais à la perfection pour être encore plus efficace.

- Je n'ai jamais aimé l'utiliser comme ça. Je l'ai poussé avec mes deux mains sur son torse. Je n'ai jamais demandé à torturer les gens ! je déteste ça ! Je l'ai poussé une seconde fois. C'est pour ça qu'on a fuit ! Puis j'ai tout balancé d'un geste du bras, tout ce qui se trouvait autour de l'évier a valsé.

Il fallait que ça sorte et pourtant je me contenais encore. Je me suis assise sur le sol, dos appuyé contre un placard. J'ai remonté mes genoux contre ma poitrine tout en passant une main sous mon nez. Si je le regardais encore une fois, je crois que je lui collais une droite pour me détendre.


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Tibor Bruusgaard
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Il se laissa repousser une fois. Puis la deuxième fois aussi. En fait, il ne chercha même pas à la confronter encore et recula de deux pas. Elle marquait toutefois un point : il ne s'était jamais posé dans cette optique là. A défaut de s'être porté en victime, il s'était toujours montré vaillant et hargneux mais il fallait reconnaître qu'en quelques entrevues privées à peine, il l'avait démolie plus facilement qu'à son tour sans qu'ils puissent se voir. Il y avait pire que la douleur, songea-t-il, il y avait le fait de savoir votre bourreau quelque part autour de vous mais sans jamais pouvoir le voir, ni l'entendre. Juste... Le ressentir dans vos os. Alors, le jour où vous vous retrouvez en face à face pour la première fois... Ce n'est que de la haine qui vous sort du ventre.

Elle fit tout valser et il sursauta légèrement en faisant un pas de côté avant de baisser les yeux. Décidément, les relations humaines n'étaient absolument pas son fort. Tout ce temps où il ne parlait pas, c'est pour ne pas passer pour un inadapté social. Ce qu'il était pourtant. Mais cette fois, il décida de se taire, vraiment. Quoiqu'il dise, il avait dépassé les bornes, ce qui le décevait car il était content - oui ça ne se voyait pas vraiment - d'avoir noué un lien avec Eve, même bancal.

Aussi, il se rendit invisible d'un coup. Nul doute qu'elle ne voudrait plus lui parler et pour lui, être visible lui donnait chaud, comme s'il était en plein soleil tout le temps. Il se sentait tellement mieux sous cette forme. Aujourd'hui, est-ce qu'il l'aurait frappée de la même manière ? Probablement pas, mais rien n'était moins sûr.

"Je suis désolé..."

Le problème quand on ne sait pas vraiment quoi dire, qu'on fonctionne au mimétisme en disant ce qu'on pense que les gens veulent entendre, c'est qu'on tape souvent à côté et pire... On n'est pas sincères. A côté de ça, elle avait posé la question, il avait répondu ! C'était aussi simple que ça, même s'il y avait mis une petite part de vengeance. Certaines choses ne s'échappaient pas de sa mémoire. Jamais.

"Je voulais juste..."

Il voulait apprendre un peu à la connaître, et finalement... Il n'était franchement pas doué. Il soupira et secoua la tête en tournant les talons.



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Eve
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Il était aussi désolé que moi j’avais envie de retourner jouer l’agent au MSS. Mais soit, ce n’était pas si grave finalement. Je m’emportais trop facilement, je ne savais pas comment faire pour que cet état de nerf s’arrête. J’ai simplement haussé des épaules, comme si pour moi, tout ça n’était plus si grave finalement. Ça laissait des traces, mais c’était derrière moi, c’était la philosophie à adopter, je croyais.

Puis il a disparu, il était toujours là, je le savais. J’ai repris un ton plus doux, il fallait vraiment qu’on arrête nos conneries, surtout moi en fait, lui n’y était vraiment pas pour grand chose.

- On va arrêter d’être désolés tu veux bien…Je me suis relevée non sans attraper deux trois bricoles et les remettre en place. Mon téléphone s’est mis à sonner dans la chambre, mais je ne me suis pas déplacée pour aller répondre. Obli… Je peux t’appeler comme ça ? Tu sais, ce n’est pas la peine de te cacher avec moi, enfin si tu te sens mieux comme ça, je ne vais pas te forcer.

Je ne savais pas s’il me faisait face ou pas, mais j’ai souri, au cas où il me regardait.
Finalement, je me suis approchée, lorsque j’ai évalué la distance entre lui et moi, j’ai tenté de poser une main sur lui. Ce que j’estimais être un bras, j’ai doucement laissé glissé mes doigts.

- Je n’ai pas été sympa avec toi. On peut repartir sur une bonne base, je suis certaine qu’on pourrait s’entendre. Qu’est ce que tu disais ?

Si en plus il devait rester dans le coin quelque temps, je préférais l’avoir de mon côté qu’en face.


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Tibor Bruusgaard
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Il s'était déjà senti paumé. Et pour cause, il s'était souvent senti plus que perdu. Physiquement perdu, à ne plus être capable de dissocier le nord de l'est et à marcher de longues heures jusqu'à trouver une maison habitée. Certaines journées ont été... Longues. Mais Eve était une autre sorte de boussole et celle-ci, il ne savait pas s'en servir. En réalité, il n'avait pas très envie de partir parce que l'idée d'avoir un toit sur la tête gratuit, aka la caravane qu'elle lui offrait, d'une manière, l'attirait autant qu'elle.

Par réflexe, à la sonnerie du téléphone, il se raidit en portant son regard vers la chambre, s'attendant à ce qu'elle y aille. La technologie et lui, c'était pas tout à fait ça. Il n'avait qu'une arme et il l'avait planquée pour le moment, ne gardant que ses couteaux de lancer à la cheville. On était à Megalopolis, il avait jugé que ce serait plus utile qu'une arme bizarre avec plein de trucs bizarres amenant plein de questions bizarres.

Sa voix l'apaisa à nouveau et il reporta son attention sur elle pour admirer son sourire. Elle ressemblait à une aveugle alors qu'elle le cherchait des yeux, jusqu'à ce qu'elle trouve son bras. Des frissons lui remontèrent jusque dans la nuque. Personne ne savait qu'il était là et qu'il existait quand il se rendait invisible. Sauf pour elle. Avec elle, il était réel, ce qui était assez paradoxal car, maintenant qu'il comprenait pourquoi elle l'avait tant intrigué jusque là, elle lui sembla être la seule chose réelle dans sa vie également.

De là à l'appeler Obli... Il aurait pourtant bien voulu lui donner son prénom, mais il ne s'en souvenait plus. Et ça, c'était une véritable ironie.

Alors que ses doigts coulaient sur son bras, jusqu'à sa main, progressivement, il se rendit à nouveau visible, non sans un regard méfiant. Elle était au moins aussi imprévisible que lui, autant dire que ça promettait de longues heures craintives. Il fallait reconnaître que malgré son propre déséquilibre actuel, Eve savait y faire. C'était inné chez elle, ce contact avec les gens, peut-être était-ce aussi dû à son pouvoir.

Il acquiesça doucement, prudemment. Arrêter d'être désolés, c'était un bon début.

"Je n'ai pas été très sympa avec toi non plus."

Il lui refit lentement face et désigna son visage, n'osant plus vraiment s'en approcher. C'est qu'il lui avait envoyé une jolie tête, aussi. Il y avait de quoi en perdre la boule...

"Il faudrait mettre quelque chose là-dessus avant que ça n'enfle. J'ai vu que tu avais une petite trousse à pharmacie dans ta salle de bain." Il baissa le regard - à peine - et haussa une épaule. "Désolé, j'ai un peu fouillé pendant que tu ne m'entendais pas."

Il s'écarta d'elle pour rejoindre la salle de bain en évitant de marcher sur les objets qui restaient par terre. Maintenant, ils pouvaient arrêter d'être désolés.



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Eve
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Il est réapparu et j'ai souri de plus belle, satisfaite qu'il arrête de se cacher, pourquoi combien de temps ? Allez savoir. Lorsqu'il désigna mon visage j'ai porté la main sur ma mâchoire. De toute manière, il était déjà trop tard, à la façon dont ça battait sur tout le visage, j'allais avoir une sacré tête demain matin.

- On va dire que je l'ai mérité.

Je l'ai détaillé, vraiment. Je n'avais vu que ses ecchymoses, je n'avais pas prêté attention à quel point il était négligé. En même temps, quand on était vu de personne, pourquoi prendre soin de soit ? Ou était-ce un signe qu'il n'allait pas bien tout simplement. Puis il s'est éloigné. Je me suis tournée pour me rendre une nouvelle fois vers le réfrigérateur mais cette fois, j'ai ouvert le freezer pour prendre un sac à glaçons. Il n'y avait que ça à l'intérieur, une dizaine, l'indispensable accessoire du casse-cou. Pratique à la fin d'un mission. J'ai fait les gros yeux lorsque mon cerveau décoda que Oblivion avait fouillé la caravane, comme il venait de me dire. J'ai refermé la porte avec mon sac gelé.

- Ouè ! Et à côté t'as la boite de tampons aussi ! et j'ai sifflé pour moi entre les dents en secouant la tête. p'tit con...

J'ai plaqué doucement le sac à glaçons sur ma joue en grognant un peu. J'ai penché la tête vers la salle de bain.

- Et... tu étais là depuis combien de temps en fait ? Si tu veux fouiller je dois trier toutes mes affaires si ça t'amuse...

Et j'ai bloqué en posant la question. Etait-il possible qu'il soit là depuis un moment. Etait-ce la première fois qu'il venait ? M'avait-il vu sortir de ma douche ou vu dormir ?... La vache, je crois que j'allais prendre beaucoup plus de précaution à l'avenir. Non mais sérieusement.. Oblivion, quand même...


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Tibor Bruusgaard
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Tibor tourna lentement vers elle pour aviser son sérieux. Une boîte de tampons ? Il soupira et secoua la tête. Néanmoins, il lui dissimula un sourire après son insulte. En général, cela signifiait qu'on l'appréciait. Il se méfiait bien plus des flatteries. Il se désintéressa totalement d'elle pour fouiller à la recherche d'un tube de pommade magique. Il en avait vu une, un peu comme l'objet indispensable à Liberation avec les pinces à épiler (pour retirer les balles des cavités épidermiques !)

"Peu importe depuis combien de temps j'étais là." Il se redressa avec un tube et l'examina. "Je ne t'ai pas vue nue..." Et il se retourna pour revenir vers elle - quoi qu'il n'y eut pas beaucoup de distance à parcourir et il le débouchonna en relevant les yeux dans les siens. "Si c'est la question que tu te poses. Je suis invisible... Pas un profiteur."

Il retira sa veste lourde, non sans une légère grimace en en dégageant son bras gauche, jouant de son épaule, puis il la posa sur le lavabo. Dessous, il portait encore un t-shirt et son pull à capuche, à croire que ce type était encore en Norvège. Il se rapprocha d'elle en posant une noix de pommade sur le bout de ses doigts et il lui attrapa le poignet pour lui écarter du visage. C'est qu'en prime, il ne possédait pas les gestes les plus doux du monde. Malgré tout, il prit soin d'elle et de sa blessure, suivant ses propres mouvements des yeux.

Ah si le MSS les voyait à cet instant... La proie en train de s'occuper des blessures du prédateur. Car c'était ça, à l'époque, il était la proie, la nourriture, d'un prédateur rare et précieux. De sa main libre, il lui tourna un peu plus le visage pour étaler la pommade. Les silences gênés n'existaient pas pour lui, au contraire, il s'était habitué au silence et se sentait même plus facilement gêné par le bruit ou les paroles inutiles. Cependant, il risqua un regard vers le sien.

"Tu as une tête à faire peur."

Ca, c'était gratuit. Et sa voix grave et désabusée lui donnait un air sans complexe aucun. Mais elle ne semblait pas en meilleur état que lui... La différent étant que pour elle, c'était mental et émotionnel. Pour lui ? Purement physique.



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Eve
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Peu importe depuis combien de temps ? Si cela ne lui posait aucun problème, moi il m'en posait. Je n'étais pas pudique, la pudeur on apprenait à la perdre. Quand vous passez des heures entières à poil devant des tas de mecs qui vous auscultaient les moindres orifices, pores de peau, enfin pour moi, je vous assure que maintenant, montrer une fesse ou un sein, ça n'avait rien de gênant ni d'humiliant. Mon regard dans les siens, j'avais pu apprécier la couleur de ses yeux.

- J'en ai rien à faire de ce que tu as vue de moi ou non, mais... c'est gentil de le souligner.

Quand il a retiré sa veste, quand j'ai vu ce qu'il portait encore dessous... A cette saison, moi, j'aurai fondu comme neige au soleil... J'ai aussi remarqué sa grimace et la difficulté qu'il avait à retirer sa manche, j'ai fait mine de ne rien voir.
J'ai grimacé lorsqu'il appliqua la pommade, c'est une vraie brute, mais j'appréciais le geste. Je ne l'ai pas lâché des yeux jusqu'à ce qu'il me tourne la tête, je les au donc baissé sur le sol, on aurait entendu une mouche péter.
A ses paroles, j'ai ri puis je l'ai regardé.

- Merci, t'es pas mal non plus dans ton genre.

Je l'ai pointé du menton en le détaillant de la tête aux pieds, histoire qu'il comprenne bien qu'il faisait peur comme ça.

- Je sais que j'y suis allée un peu fort moi aussi, mais quand même... Ton épaule, ça va?

Je n'avais pas la force pour l'handicaper à ce point. Je n'étais pas certaine de l'avoir touché avec la crosse à cet endroit mais il avait l'air de souffrir.


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Tibor Bruusgaard
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Son renvoi de balle lui valut un léger sourire en coin. Et quand il eut fini de lui appliquer généreusement, il baissa les yeux sur le tube en la lâchant, non sans avoir fini sur une longue caresse du pouce. Il le referma et s'écarta d'elle pour le ranger.

"Non, ce n'est pas toi. Tu tapes comme une gonzesse. C'était déjà là avant. Mais ça va, merci, c'est rien."

Plus enjoué... Tu meurs. Se retournant vers elle, il regarda autour de lui avec une moue assez intéressée.

"Elle perd de la value à cause des trous dans la taule mais en soi, c'est plutôt fonctionnel. C'est pas comme si j'avais vécu dans un truc similaire la moitié de ma vie."

J'ai repris son poignet pour lui remettre les glaçons sur la mâchoire.

"Tu devrais commencer à travailler ton attitude rebelle, ça t'éviterait de prendre des coups inutilement. Je te dis ça, mais..."

Il haussa les épaules et récupéra sa veste pour sortir. Sauf qu'elle lui barrait le passage.



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[CLOS] [Eve/Oblivion] Ce n'était ni un twix, ni un mars, pas plus un Snickers ...
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