2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Eve/Oblivion] Ce n'était ni un twix, ni un mars, pas plus un Snickers ...

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Eve
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Il était étonnant ce garçon et tellement... extrême dans son comportement. Comment pouvait-il être à la fois brutal et aussi doux, froid et "amical" ? Sa caresse du pouce sur ma joue le prouvait encore.
Je lui ai lancé un regard faussement mauvais à son insulte misogyne, mais j'avais un gros doute sur son état, aussi je n'ai rien dit, je l'ai observé, nous nous observions mutuellement depuis le début, même si nous étions plus détendus, comme si, bien malgré nous, le combat n'était pas encore fini. Mais finirait-il un jour ?

J'ai levé les yeux vers le trou béant causé par mon dernier tir. Ce n'était pas très malin, mais de toute manière, elle allait finir à la casse, j'ai haussé des épaules.

- Comme je te l'ai dit, je vais m'en débarrasser.

J'ai grimacé une nouvelle fois lorsque qu'il replaça la glace sur ma mâchoire, plus parce que le froid m'avait surprise que par la douleur. Je lui ai souri.

- Merci Obli...  Puis j'ai ri à sa remarque gonflée sur mon attitude, on croyait rêver là non ? Tu me dis ça, mais... tu devrais travailler un peu sur toi aussi, non ? On a du boulot à nous deux.

J'ai suivi son geste lorsqu'il récupéra sa veste, mes yeux ont été attirés par une tâche parmi d'autres, mais celle-ci était plus foncée et il ne m'avait pas semblé l'avoir remarquée il y a une minute. Je me suis approchée de lui.

- Attends... Ne bouge pas.

J'ai posé mon index sur la tâche au niveau de son épaule alors que je tenais toujours la glace de l'autre contre mon visage. C'était humide, et quand j'ai tourné ma main pour observer mon doigt, j'ai remarqué qu'il était rouge, la tâche elle, continuait à s'étendre. J'ai posé mon sac dans l'évier, il y avait plus urgent selon moi.

- Ce n'est peut être rien, mais ça saigne...

Je lui ai retiré sa veste des mains pour la lancer sur la banquette, puis j'ai posé mes mains sur mes hanches.

- Et ne fais pas tes yeux furibonds, déshabille toi que j'y jette un oeil. Je suis médecin, j'ai eu une formation sur le tas pendant trois mois.

J'ai ponctué ma phrase par un clin d'oeil.


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Tibor Bruusgaard
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'Ne bouge pas ?' Le moins que l'on puisse dire, c'était que Eve avait de l'humour. Quand elle s'est approchée de son épaule, il fronça les sourcils et tourna la tête pour suivre son geste, tordant le bras pour mieux voir. Il la repoussa doucement en reculant son bras. C'est quoi ces manières ? Il tira sur son pull pour voir la tâche, mais il n'y avait aucune raison que ça saigne ! A moins qu'elle lui ait tiré dessus, elle aussi, mais il aurait dû le sentir, non ?

'Déshabille-toi' ?! Il haussa hauts les sourcils en reportant son regard dans le sien. Sans rire ? Elle ne semblait pas vouloir rire. Cependant, il rit. Elle était médecin ? Celle-ci, il ne l'avait pas vue venir. Alors d'une voix un peu aigüe, il lui répondit simplement :

"Non !"

Il n'était pas question de pudeur, non, de ce côté-là, il était comme elle, et peut-être avec moins de complexes encore qu'elle, si c'était possible. Il n'avait, tout simplement, pas envie de se mettre à nu devant elle, voilà tout ! Même un homme blessé a sa fierté.

"Je ne vais pas me déshabiller, non."

D'accord, peut-être y avait-il tout de même un petit peu de pudeur, mais quoiqu'il en soi, ça n'avait rien à voir avec la nudité. Pourtant, devant son regard... Il soupira, elle ne le laisserait jamais passer et il n'avait pas envie de se battre, il était fatigué, peut-être autant qu'elle.

"Tu ne pouvais rien trouver de mieux que Obli ? Quitte à me donner un surnom toi aussi, choisis-le bien, je suis pas difficile."

Certains ont des principes, d'autres des priorités... Lui, il avait les deux. De la même manière que sa veste, il retira son pull dans un soupir qui en disait bigrement long. De là à se 'déshabiller' complètement... Il n'était pas homme facile et il lui fit comprendre du regard en plissant les paupières. Il lui tendit son pull, qu'elle en fasse ce qu'elle voulait, l'accrocher en pendentif, le brûler... Et il songea à comment il allait nettoyer cette tache-là en portant les yeux sur sa blessure qui avait... Doublé de volume. Il remonta mieux sa manche courte de t-shirt pour voir. Il n'avait pas souvenir que ça ressemblait à ça, la dernière fois. Il posa son index en bordure et fut impressionné par la douleur qui occasionnait.

Finalement, il ouvrit son bras libre, les sourcils hauts, et la regarda en face, désabusé.

"Tu as vu, ce que tu as fait ? Je retire ce que j'ai dit, tu tapes comme un ogre."

Elle n'avait rien à voir avec ça, ce n'était pas son forfait, mais c'est sa technique pour dédramatiser...



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Eve
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J'ai levé un sourcil lorsqu'il refusa de se déshabiller. Je lui demandais de retirer son pull, rien de plus... Cependant je n'ai pas eu à insister, il avait compris que je n'étais pas du genre à laisser tomber aussi facilement. Quand j'avais une chose dans la tête, je ne lâchais pas l'affaire, demander à Abel.
J'ai récupérer son pull qui a fini par rejoindre la veste.

- Ce que tu peux être susceptible, Oblivion...

Je n'allais pas l'affubler d'un autre surnom, déjà que Milky Way était franchement ridicule, Obli était simplement un diminutif, au delà de deux syllabes, les prénoms étaient coupés systématiquement. Enfin, si ça ne lui plaisait pas...

J'ai plissé des yeux au départ, je me suis approchée de sa blessure puis je l'ai regardé quand il tenta de dédramatiser son état.

- Tu ne peux pas rester dans cet état... Je peux?

Je lui ai seulement demandé pour la forme, parce qu'en fait, je ne lui laissais pas le choix. J'ai a mon tour touché le bord de la blessure sans appuyer. C'était très chaud, rouge et d'une sale couleur quand on s'approchait de l'impact. j'ai voulu relever la manche, mais elle gênait. J'ai fouillé dans la trousse de secours pour en sortir une paire de ciseaux. Avant de faire quoique ce soit, je l'ai regardé, mais là encore, il devrait faire avec, j'ai découpé la manche du T-shirt et ce que j'avais trouvé dessous ne me faisait pas franchement rire. Une blessure par balle, sur-infectée. Je lui ai fait levé le bras lentement, j'étais délicate dans mes gestes MOI. L'infection avait gagné aussi le côté par où était ressortie la balle. C'était... Un joli trophée de guerre qu'il avait là...

- C'est infecté... Tu es comme ça depuis combien de temps ? La douleur doit être insupportable en plus...

J'ai soupiré en secouant la tête, j'ai à nouveau inspecté les dégâts.

- Tu ne peux pas rester comme ça.


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Tibor Bruusgaard
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"Je ne suis pas..." Il soupira et regarda ailleurs pendant qu'elle s'occupait de son bras. Dans sa barbe mal taillée, il marmonna. "Je vais bien..."

Oui sauf que quand elle approcha de la plaie, il grimaça et tourna la tête pour voir à son tour. C'était rudement moche. Et à peine eut-elle sorti les ciseaux qu'il leva sa main libre. Et c'était fini... Après le pull taché de sang, le t-shirt déchiré. Il ouvrit la bouche et la fixa avant de prendre une voix vexée.

"J'aurais pu l'enlever ! C'est mon unique t-shirt ! Tu crois que je me trimballe avec une valise de fringues ?"

En vérité, non, pas du tout. Il ne possédait que ce qu'il portait et cela n'incluait pas de téléphone quoi que ce soit de ce genre. Ses vêtements, un pendentif, une montre rayée, un ou deux bracelets, et un peu d'argent de poche de services qu'il offrait contre une douche et un lit suivant l'endroit. Ca partait de la réparation diverse et variées dans une maison à la livraison d'un colis sans question. Et quand vraiment il n'avait plus rien pour s'habiller, il se trouvait un truc en dépôt vente ou il le piquait ou alors on lui donnait. Mais Megalopolis était une ville rude et sans pitié à laquelle il avait un mal fou à se faire.

Mais il coupa court en voyant l'état de son épaule. Il la tourna doucement pour l'inspecter en grimaçant franchement, plus par dégoût que par douleur. Il secoua doucement la tête.

"Non... Ca guérissait. C'est Zaan qui s'en est occupé. Mais non, avant ça, je ne sentais rien. Enfin, presque pas. Je pensais que c'était normal, c'est pas très vieux non plus. Merde... C'est vraiment moche."



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Eve
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Pour moi, son t-shirt qui tenait debout seul c'était secondaire, j'ai même répondu l'air ailleurs.

- Je te filerai des fringues pour remplacer ceux-là.

On avait largement de quoi rhabiller quelqu'un pour quelques jours, mec, nana, grand ou petit, mince ou gros. On en avait pour tous les goûts, on laissait tous un peu de fringues au saloon au cas où. J'ai l'ai regardé. Il avait les yeux vitreux. Je me suis approchée de lui, j'ai pris son visage dans mes mains pour le baiser et poser mes lèvres sur son front, grimpée sur la pointe des pieds pour sentir qu'il était fiévreux.

Je lui ai rendu sa liberté, je me suis reculée en le regardant, j'étais dépitée.

- T'es dans un sale état... J'ai attrapé les clefs du pickup accrochées au clou, je n'avais qu'un pas en arrière à faire et un bras à tendre. Je n'ai rien pour te soigner ici, je ne peux pas te laisser comme ça. Juste laisse moi prendre...

J'ai pointé ma chambre du doigt pour qu'il me laisse passer. J'ai pris mon sac où j'avais les clefs du saloon, un flingue et j'ai récupéré mon téléphone. Le tout en moins de trente secondes.

- Je t'emmène au saloon. Go !

Je lui ai tendu sa veste en passant, puis je suis sortie de la caravane, je l'ai attendue devant.


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Tibor Bruusgaard
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Mais il ne voulait pas d'autres fringues, il aimait ce t-shirt, il lui allait si bien ! Il soupira en étudiant sa plaie mais alors, il sentit ses mains sur son visage. Il se redressa en fronçant les sourcils, pensant l'éviter, mais la pièce était si petite et elle l'avait pris par surprise. Déjà, elle déposait ses lèvres sur son front et il se figea. En quel honneur ? Pourquoi ? Qu'avait-il fait pour mériter pareille attention gratuitement ? Autant de questions qui traversèrent son regard porté dans le sien. A aucun moment il n'avait pensé qu'elle lui prenait la température. D'ailleurs, il ne comprit toujours pas. Dans un sale état ?! Quel était le rapport ! Il était moche, donc elle l'embrassait ?!

Il cligna des yeux et déjà, elle était dehors. Il attrapa sa veste au vol en sursautant légèrement. La surprise le rendit même invisible une seconde. Une véritable fusée, cette fille. Il jeta un nouveau regard à sa blessure et grimaça encore. Il n'eut pas vraiment le choix que de la suivre. Il était peut-être en mauvais état, mais il n'avait pas envie de claquer aussi stupidement, par une infection qu'il aurait dû mieux traiter. Il remit son pull - plus par réflexe - et sortit à la suite d'Eve, sa veste dans une main.

"Je croyais que les Saloon, c'était dans le Far West."

Inadapté social et décalé de la société, mais pas dépourvu de références alakon.

"Je peux continuer de t'appeler Xena ?"

La preuve...



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Eve
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Le Far West ?... Je crois j'ai bloqué trois secondes. J'ai écarté les bras après avoir ouvert ma portière.

- Mais c'est le Far West partout ici ! On se tire tous dessus pour un oui ou pour un non. Ferme la porte derrière.

Xena ? Vraiment ? Je l'ai encore regardé, c'est qu'il était sérieux en plus.

- Seulement si je peux t'appeler Buffalo ! Allez grimpe cow-boy.

Et puis le temps de faire la route, nous sommes restés silencieux, la caravane n'était pas si loin du saloon. Nous sommes arrivés, une fois à l'intérieur et après avoir verrouillé derrière moi, je lui ai fait signe de me suivre à l'étage.

- Il y a une douche là haut, profite, le temps que je prépare de quoi te soigner. Il y a tout ce qu'il faut. Ça sera mieux pour ta plaie.

Je lui ai montré la chambre d'Abel et finalement je l'ai accompagné pour le guider.

- Alors là tu as des fringues, si elles ne te conviennent pas, il y en a encore de l'autre côté. Je lui ai montré la porte de ce qui nous servait d'infirmerie. Il restait dans le placard de mon frère quelques trucs dont des serviettes, je lui en ai sorti une. Tu as ce qu'il faut là dedans. Je lui ai indiqué la salle de bain. Je suis en face, crie si tu as besoin de moi.



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Tibor Bruusgaard
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Et il se retrouva avec une serviette dans les mains, planté là alors qu'elle repartait.

Pas sûr que Buffalo irait bien avec sa tignasse blonde, ses yeux bleus et son teint pâle. Mais il en avait eu un léger sourire. Finalement, il se faisait plutôt bien aux surnoms des uns et des autres. C'était une façon pour lui d'exister auprès de ceux-là mais pas d'autres.

Il scruta les environs, comme il avait étudié tout le Sanctuaire sur le chemin, et sans fouiller, il regarda un peu partout. Les murs, les meubles... Les vêtements. Il tourna quelques minutes dans la salle de bain aussi en cherchant l'histoire de ce lieu dont il ignorait tout. Il avait trouvé l'idée du Saloon intéressante. Dommage que Eve ait décidé de tout brûler. La douche lui prit moins de temps que son exploration, finalement. Mais il en profita pour se laver les cheveux et se décrasser complètement. Si la dame avait désigné la douche, il avait bien compris qu'il laissait clairement à désirer. Aussi avait-il pris soin de ne pas lésiner sur la mousse sur sa peau.

Parce que c'est magique, il ne trouva pas de vêtements à son goût dans l'armoire. Il avait un principe : pas de goût. Son style constituait d'un jean, d'un t-shirt et d'un hoodie avec sa veste qui le suivait partout depuis des années. En réalité, il ne restait qu'un pull. Une sorte de chandail informe à rayures et formes géométriques entrelacées. D'une couleur douteuse... Il soupira et prit un t-shirt avec le dit pull. Puis, il rejoignit Eve avec une tête de tueur à l'idée de porter cette chose. Pourquoi remettre un t-shirt si elle devait encore le découper ? Aussi, il revint vers elle torse nu en se contorsionnant pour réussir à voir sa blessure.

"C'est ton frère qui vivait ici ?"



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Eve
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Il est arrivé torse nu, oui, j'ai détaillé parce que, ce n'est pas parce qu'on est au régime sec qu'on ne peut pas regarder la carte, même si le moment était mal venu.
J'avais préparé la table avec un drap propre dessus, un plateau avec une seringue, scalpel, compresses, bandes, de quoi rassurer mon patient, en somme.

- Ça fait du bien ? Installe-toi.

J’ai regardé le pull qu’il s'était dégoté, j’ai eu un sourire en coin avant de partir vers l’armoire. J’ai pris de quoi désinfecter, deux boites avec des comprimés.

- Sympa ton chandail.

Je suis revenue vers lui. Plus sérieuse. Je m’étais lavée les mains, puis j’ai regardé son épaule de plus près.

- Oui, il vivait ici, et nous aussi un peu. Je vais devoir t’injecter un antibiotique, et je crois qu’il va falloir inciser pour retirer l’infection. Pour les sutures, je suis la meilleure t’as de la chance.

C’était un peu barbare, mais je n’avais pas grand chose non plus à proposer. C’était un mélange de survie à la MSS, et des cours d’Echo…

- Allonge-toi.

Puis j’ai pris la seringue et l’ampoule pour la préparer.


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Tibor Bruusgaard
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A sa question, il se contenta d'un marmonnement en hochant la tête. Il posa les vêtements à côté et s'assit sur la table en la suivant des yeux. Il la laissa faire non sans une pointe de méfiance. Pas qu'il n'eut pas confiance en elle... Mais vous la laisseriez faire sans rien craindre ?! On a beau être résistant à la douleur, on n'en éprouve pas moins la sensation extrêmement désagréable. Alors quand il vit la seringue juste après avoir parler "d'inciser", il ne manqua pas tant de tourner de l'oeil, cependant, il inspira profondément.

Il allait en chier.

"Est-ce vraiment obligé, je veux dire, je me sens bien."

Et puis, c'était quoi cette ampoule, Zaan n'avait pas utilisé tout ce matériel. Zaan n'était pas médecin et l'avait rafistolé comme il avait pu, un peu comme il s'était rafistolé lui-même avec les moyens du bord, c'est à dire : avec un morceau de torchon et une bouteille d'alcool, qui ne devait pas être très forte.

Barbare, c'était le mot juste.

Il s'allongea malgré tout, "rassuré" qu'elle soit la meilleure pour la couture. Il avait traîné avec un vieux tailleur autrichien un peu sénile, pendant plusieurs mois, il avait même appris les rudiments de la confection d'un beau costume. Pas pour ça qu'il en portait un lui-même, mais bon...

"Je l'ai vu ton frère, je me souvenais pas bien de lui mais ça m'est revenu quand je l'ai retrouvé à l'aéroport. Enfin, encore une fois, il ne savait pas que j'étais là." Il tourna la tête vers elle. "Il a pas l'air commode..." C'est rien de le dire. "Tu sais..."

Il leva lentement les mains, comme s'il hésitait en la regardant, et il imita des doigts crochus avec une grimace de vilain sur le visage. Et puis il grogna comme un vieux vampire défraîchi mal réveillé qui a trop chanté la veille.

"Ce genre pas commode-là."

Son état normal, ou bien la fièvre. Au choix.



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Eve
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- C'est ça, tu te sens bien et dans peu de temps on te coupera tout le bras ça te va?

A cette allure, il allait finir avec un moignon à la place de l'épaule, ça l'aiderait vachement à l'avenir.
J'ai secoué la tête en me concentrant sur la dose que j'allais lui administrer. Je ne lui dirai pas ce qu'il allait recevoir, il aurait la surprise une fois la chose dans ses veines.

J'étais prête, je me suis mise face à lui qui était allongé, j'ai incliné la tête pour le regarder, un bras autour de ma taille et l'autre plié, la seringue au niveau du visage.

- Merci de les avoir aidé à l'aéroport.

J'ai vu sa peau scintiller autour de la plaie, je me suis approchée pour voir ça, j'ai même touché du bout des doigts par curiosité, à parier qu'il n'allait pas aimer mais ça je m'en fichais. Puis j'ai ri à son imitation.

- Oui, c'est tout à fait ça, il vide une vierge chaque matin pour le petit dèj, il doit en rester une ou deux à la cave. J'ai soupiré avec un sourire en coin. Arrête de dire n'importe quoi, il n'est pas aussi peu commode, tu peux me croire. Allez Edward, à la piqûre.

Le vampire qui brille... Un des films qui m'avait fait rire avec Skandar, il avait eu le chic pour me montrer de sacrés navets. J'ai pris le morceau de ouate imbibé d'alcool et j'ai fait le tour de la table. J'ai allongé son bras pour chercher une jolie veine en frottant avec le morceau de coton. Une petite intraveineuse pour le jeune homme, ça aussi j'aimais faire... Quand je piquais du premier coup.

- Ne bouge plus.

Une chance pour lui, je l'ai piqué comme une vraie pro, puis j'ai injecté lentement le produit en lui faisant la conversation.

- Qu'est ce que tu es venu faire à Mégalopolis ?


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Tibor Bruusgaard
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"Edward ?"

Encore un surnom. Il pouffa de rire. Légèrement, faut pas déconner non plus. il soupira en regardant le plafond et la laissa faire, pas certain que ce soit une bonne idée, mais avait-il vraiment le choix ? Pour autant, il suivit son geste dans son bras. Il y tenait à son bras, après tout. Il releva ls eux sur elle pour répondre à sa question d'un ton calme.

"Je venais chercher Bogdan."

Il commença à sentir ses paupières lourdes et songea que la fatigue le gagnait après autant de tensions. De bonne constitution était-il tout de même, elle aurait tout aussi bien pu le tuer, il lui tendait le bras. Mais c'était Eve, la seule pour qui il existait réellement, même quand il se substituait au souvenir et à la connaissance des autres. Lentement, il cligna des paupières.

"Mais j'ai trouvé quelqu'un d'autre."

Accessoirement, celle qui lui avait fait un trou dans le bras. Mais ce n'était pas la question d'Eve. Il se sentit partir à tel point que sa tête lui tourna et il comprit que ce n'était pas seulement la fatigue. Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase et sa tête roula sur le côté. Il sombra dans l'inconscience, un rideau noir enfermant son esprit.

Quand il rouvrit les yeux, faiblement, sa gorge était pâteuse, sa tête lui tournait toujours, il se sentit si lourd qu'il aurait pu traversé la table par son poids. Il la chercha du regard, les lèvres à peine entrouvertes.

"Qu'est-ce que tu m'as donné ?"



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Eve
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Il s'était écroulé comme prévu. Je ne pensais pas qu'il perdrait conscience mais ce n'était pas plus mal finalement, je pourrais utiliser mon pouvoir sur lui au besoin. Il n'aurait pas fallu qu'il se mette à disparaitre alors que je lui taillais le bras. Je l'ai également attaché avec les sangles en cuir, chevilles et poignets, je devais m'assurer qu'il ne pourrait pas se débattre s'il se réveillait.

Je me suis penchée sur la blessure sans être sûre de moi. Je n'ai pas regardé combien de temps j'ai travaillé dessus, mais lorsque j'ai levé le nez, le soleil commençait à virer aux couleurs préférées de Garin. J'ai soupiré, mais j'étais satisfaite de mon boulot. Je n'ai pas eu à utiliser mon pouvoir, c'est comme s'il dormait du sommeil du jute. Pour cela que j'avais pris tout mon temps, qui plus est, c'était bien la première fois que je m'attaquais à un tel ouvrage.

J'ai fini par m'endormir sur le petit fauteuil que j'avais installé à son chevet. Lui détaché, pansé et une perfusion d'antibiotique, je surveillais sa fièvre et j'attendais qu'il se réveille, parce que je crois qu'il avait vraiment besoin de dormir.

Je l'ai entendu bouger doucement, puis il m'a parlé. Juste le temps de sursauter et de me pencher sur lui pour poser une main sur son front. La nuit était tombée, nous étions éclairés par une simple lampe de bureau au coin du mur.

- C'était un calmant, assez puissant. Tu vas te sentir pâteux encore une bonne demi heure. Comment tu te sens ?



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Tibor Bruusgaard
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Elle avait eu bien raison de ne rien dire. Il lui aurait déphasé les oreilles s'il avait eu le temps de se défendre. Il s'humecta les lèvres et ferma les yeux en portant une main à son front.

"Comme si on avait dressé la Muraille de Chine sur mon front."

Il rouvrit les paupières et la dévisagea sans rien dire elle, puis autour d'eux, remarquant l'absence de jour et de soleil. Il avait dormi autant de temps ? Il chercha à se redresser dans une grimace avant de porter sa main à son bras. Il y jeta d'ailleurs un oeil et ne put s'empêcher d'exprimer sa surprise. Ce n'était pas franchement plus beau, mais ça avait le mérite d'être plus prometteur et avec un joli bandage. Il aurait intérêt à bien s'en occuper de celui-ci. Eve ne serait probablement pas là si sa blessure se réinfectait une troisième fois. Si seulement Six savait à quel point elle n'avait pas manqué son coup.

"T'avais peur que je hurle comme une pucelle, ou quoi ? C'était pas utile. Vraiment. Je t'ai connue toi, alors de la couture..."

Eve avait été un excellent entraînement pour la tolérance de la douleur. Il ne cherchait pas à la blâmer ou à l'enfoncer d'autant plus, mais les faits étaient là. Grâce à elle, il supportait un peu plus de souffrances que la moyenne. Encore qu'elle eut raison, il aurait pu se mettre à clignoter comme un bug d'affichage et rendre son office bien plus complexe.

"Mais merci."

Il baissa les yeux, pas habitué aux remerciements, mais le calmant faisant toujours effet, le gardant encore dans un état quelque peu second, Eve devrait donc en profiter.



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Eve
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Alors qu'il inspectait son bandage, je me suis levée pour lui servir un fond d'eau, parfois, en s'humectant un peu les lèvres ou en avalant un peu d'eau, cela aidait à se reprendre un peu. Ce n'était pas une anesthésie que je lui avais fait à proprement dit, mais vu comme je l'avais assommé avec le calmant, je préférais rester prudente. Je suis revenue vers lui et je me suis assise sur le tabouret sur roulettes avant de lui tendre le verre.

- Je crois que tu aurais facilement supporté la couture, mais pas la boucherie.

Je vous passerai les détails, mais ce n'était pas joli à voir lorsque je grattais l'infection. Fort heureusement, cela n'était atteint que le gras du bras. Par contre, je me suis assombrie, les références peu flatteuses du passé en ce qui me concernait, ne me plaisaient guère, je détestais ça même. Cela s'entendait au son de ma voix.

- Il faudra changer le bandage tous les deux ou trois jours. Je pourrais te le faire si tu as besoin. J'ai haussé les épaules. Et tu auras une gélule à prendre tous les jours, jusqu'à ce que le flacon soit vide. j'ai pris le dit flacon sur la tablette près de moi puis je l'ai secoué. Si tu fais bien tout ce que je viens de te dire, tu seras remis dans un mois, complètement j'entends.

J'ai posé une seconde fois une main sur son front, puis sur son torse avant de lui demander.

- Pourquoi est-ce que tu cherches Bogdan? Et qui as tu trouvé à la place ?


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Tibor Bruusgaard
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Il prit le verre sans se faire prier et le but d'une traite avant de se laisser retomber sur le dos. Il ferma les yeux en l'écoutant, sans pour autant noter le ton de sa voix. Il n'avait parlé avec aucun reproche, aussi n'aurait-il pas compris. Encore que, dans le sens inverse, il l'aurait eue amère aussi. Il soupira en sentant sa main sur son front et ne réagit pas non plus qu'elle la posa sur son torse. Il s'humecta à nouveau les lèvres en hésitant à répondre. Après tout, ça ne la regardait pas... Seulement Eve le connaissait, elle semblait savoir où il était, ainsi que l'autre fille, Gen. En plusieurs mois, il n'avait pas réussi à atteindre une seule trace de lui.

Il rouvrit les yeux et tourna la tête pour la dévisager quelques secondes, puis il secoua le menton en regardant ailleurs.

"C'est sa mère. Elle est malade. Elle ne passera pas l'année." Il avisa Eve un court temps. "Je l'ai cherché partout... Il se cache mieux que moi, on dirait. Ou alors j'ai visiblement pas assez de poitrine et trop de poil aux pattes."

Et il sourit à nouveau, la mine moins sombre.

"Tu pourras lui dire ? Ca serait bien qu'il rentre un peu. Le MSS n'ira plus là-bas, il n'y a presque plus rien et Vasile fait son job, il protège bien le village. "

A nouveau, il regarda son épaule, se passant une main sur le bandage.

"C'est vrai que t'es douée. Et celle que j'ai trouvée, c'est celle qui m'a tiré dessus. Mais je ne lui en veux pas... Elle ne m'a pas vu venir et ne m'a pas reconnu tout de suite."



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Eve
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J'en ai eu le souffle coupé, un point au coeur, les larmes me sont montées sans pour autant couler. Emilia avait été une mère pour moi durant ces quelques jours en Roumanie, c'était une femme formidable, si bonne. Apprendre qu'elle était dans ses derniers instants m'a littéralement sapée le moral.

- Tu... Je me suis passée la main sur les yeux pour me reprendre. Tu viendras avec moi le lui dire.

Je prendrai rendez-vous avec Maze, lui demandant de venir avec Bogdan, je n'étais pas sûr qu'il le laisse venir seul de toute façon, je n'étais pas sûre qu'il aurait suffisamment confiance en moi pour laisser un de ses gars en tête à tête avec moi. J'ai forcé un sourire.

- Tu me flatteras quand ton épaule sera totalement guérie, pas avant.

J'ai froncé les sourcils. Une voiture lui roule dessus, on lui tire dessus et cette personne était même une connaissance... Mais dans quoi s'était-il fourré ?

- D'abord une voiture, puis quelqu'un qui te connait te tire dessus... Bon sang Oblivion, qu'est-ce que t'as foutu ?

J'ai repris son verre pour le poser, il n'aurait rien de plus. Puis je me suis levée en lui prenant une main.

- Tu crois que tu peux t'asseoir un instant? Après je te conduirai jusqu'au lit, ça sera plus confortable pour toi, j'ai préparé le lit tout à l'heure.


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Tibor Bruusgaard
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Tibor ne sut pas vraiment comment réagir. Eve sembla touchée, mais pour le coup, il ne comprit pas. Il ne l'avait pas observée tout son temps en Roumanie, non plus. Juste une journée. Pourtant, il ne dit rien. Quant à y aller avec elle, sûrement pas. Il secoua la tête et regarda ailleurs. Tibor pouvait se montrer grand sentimental. Ils s'étaient jurés de ne pas se retrouver et il en a pris la fâcheuse habitude de rester loin. Et seul. Six était une exception, il la croyait en danger. Cela dit, il avait envie de revoir son ami de longue date, mais c'était une de ces choses qu'on a du mal à assumer.

"Je n'ai rien 'foutu', comme tu dis."

Il se redressa, non sans l'ombre d'un effort et s'assit sur le bord de la table, ses mains le serrant pour se tenir.

"Et je me suis fait tirer dessus d'abord. Mais je n'avais rien sous la main, alors, j'ai fait comme j'ai pu. Une onde de Zaan m'a déséquilibré alors que j'étais invisible. Entre la chute et mon bras, je suis redevenu visible, une voiture m'avait pas prévu et m'a renversé." Il releva les yeux sur elle. "Je peux me conduire tout seul où je veux."

Non mais. Il se laissa glisser de la table et chercha le pull pour l'enfiler. Pas qu'il eut froid, mais moche ou pas, il n'avait pas envie de rester à poil devant elle.

"Cela dit, après réflexion, j'accepte ta suggestion du toit... Et des bandages."

Une fois, pas deux. Il ne ferait pas la bêtise de refuser l'aide médicale d'Eve.



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Eve
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Je suis restée prudente, prête à l'aider à se redresser si Tibor venait à être déséquilibré. J'ai simplement acquiescé à son explication. Mais j'ai froncé les sourcils lorsqu'il me parlait d'une onde de Zaan. Cependant j'ai laissé couler, pour le moment.

- Attends, tu as la perfusion, là... je peux te la retirer maintenant que tu es réveillé.

J'ai pris sa main pour la mettre sur mon genou. J'ai retiré lentement le pansement qui tenait le cathéter. J'ai pris la précaution, une nouvelle fois, de prendre un morceau de coton que j'ai imbibé d'alcool. Je l'ai posé sur la main avant de retirer définitivement la perfusion, puis j'ai appuyé un instant dessus pour éviter que le sang ne coule, le temps que ça coagule.

J'ai souri franchement, soulagée quand il accepta mes offres.

- Super ! C'est que tu deviendrais raisonnable en plus.

Je lui ai rendu sa main, je ne lui ai pas fait l'affront de lui mettre un pansement, il aurait grogné, j'ai préféré laisser sa virilité, fierté, intégrité ce que vous voulez, intact. Je me suis levée pour lui tendre le pull...

- Il y en a d'autre dans le placard là bas, celui-ci est vraiment immonde. Si tu veux changer.

Puis je me suis levée, je lui ai montré la chambre d'un geste du bras pour qu'il s'y rende, tout seul comme un grand.

- Après toi, Oblivion.


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Tibor Bruusgaard
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Raisonnable, raisonnable... Tibor savait où se trouvait son intérêt, voilà tout. Il la regarda le détacher, comme s'il avait été un prisonnier. Plus encore : heureusement qu'il ne savait pas qu'elle l'avait attaché, elle aurait brûlé sur place. Une ou deux secondes, pendant qu'elle s'affairait, il releva les yeux sur elle pour l'observer et l'étudier, mais il ne vit pas grand chose de plus. Sa remarque le sortant de ses pensées, il acquiesça doucement.

"Plus tard, oui. Merci..."

Il se rendit compte qu'il était assez fatigué et il concentrait la plupart de son attention sur la douleur sourde et lourde dans son épaule. Il avait l'impression que ce n'était qu'un bloc de béton qui ferait couler le Titanic. Il acquiesça à nouveau et lâcha la table de sa main pour se réengager vers la chambre. Il ne fit pas le fier, cependant, et ne marchait pas d'un grand pas haletant.

"Je sais que c'est ton frère, mais c'est étonnant comme vous ne vous ressemblez pas. Tu ressembles un peu plus à la soeur de Bogdan, par exemple. T'es sûre de pas avoir été adoptée ?"

Il lui coula un regard... Amusé. Avec un léger sourire en coin. Il ne se payait pas sa tête, mais il tentait de faire état d'humour. Il s'assit au pied du lit et soupira en se laissant tomber en arrière. Un lit. Un vrai lit. Volontiers que dans moins de 10 min, il se sera endormi.



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Eve
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Je l'ai regardé se laisser tomber en arrière sur le lit d'Abel en croisant les bras. Il est vrai que nous ne nous ressemblons pas mon frère et moi. L'un devait plus tenir du père, l'autre de la mère. Je n'ai plus de souvenir d'eux. J'ai bien deux visages qui me viennent à l'esprit, mais de là à dire que ce sont là les visages de mes parents, je n'en mettrai pas ma main à couper. J'ai haussé des épaules.

- Je ne connais pas sa soeur.

Tout à coup, j'ai eu envie de partir en Islande, retrouver mes parents, voir s'ils allaient bien, si... Ils vivaient toujours dans notre maison en attendant notre retour, où si... ils nous avaient remplacés par d'autres enfants ou nous avaient totalement oublié... Cette curiosité, c'était étrange, comme une envie d'avoir mal en découvrant tout ce que j'avais manqué, tout ce que nous n'avons pas été. Mais c'était impossible, plus jamais je ne remettrai les pieds dans mon pays, pour leur sécurité avant tout. J'ai soupiré puis j'ai retrouvé le sourire en voyant le sien.

- Tu as des frères et soeurs ?

Je suis restée debout, je voyais combien il était crevé, je n'allais pas lui pourrir le reste de sa nuit en lui poser des questions à la con sur sa vie. Tel qu'il était, il allait encore m'envoyer me faire voir chez les négatifs.

- Tu dois être fatigué, je te laisse dormir, je serai à côté si tu as besoin - j'ai levé une main- même si je sais que tu es un grand garçon qui sait se débrouiller seul, mais je suis là, OK?


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Tibor Bruusgaard
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Avait-il des frères et soeurs ? A sa connaissance, non, mais qui sait... Peut-être avait-il oublié, bien que ça lui semble peu probable. Même sans le souvenir précis, Tibor savait toujours si son cerveau avait un jour obtenu la réponse ou non. Comme le prénom de Sky, par exemple, ou celui d'Eve, ou encore même son propre prénom. Il le savait, il avait juste... Oublié. Alors un frère ou une soeur, son cerveau analysa et rien de familier ne lui parvint, il en déduit qu'il n'avait rien oublié. Il secoua la tête et porta ses mains à son visage pour se le frotter.

Quand elle reprit la parole, il se redressa pour la regarder. Le laisser dormir ? Tout seul ? Ici, dans cet endroit inconnu, la chambre d'un mec qui était selon lui un mort vivant à l'heure qu'il était, et surveillé par une fille qui venait de le droguer ? D'accord, pour le soigner, mais cette même fille avait vidé un chargeur à pompe sur lui alors qu'il ne s'était contenté que de jouer avec une balle de chaussettes. Aussi... Non, il ne lui offrit pas le luxe de faire le guet pour lui, pas gratuitement. Il n'était pas SI fatigué, après tout. Et puis, se faire materner, encore moins. Qui sait... Elle pourrait fouiller dans ses affaires. Il n'avait pas grand chose sur lui mais s'il ne portait pas ses vêtements - et il ne dormait pas habillé de son jean ou de sa veste - ce que contenaient ses poches ne bénéficiaient pas de son pouvoir d'oubli. Et il y avait des secrets, dans ces petites poches...

Il se leva et s'étira en se rapprochant d'elle. C'était hors de question.

"En fait, à bien y réfléchir..." Il haussa une épaule, à la limite de la provocation. "J'ai faim." Puisqu'elle voulait le materner... "Et puis, peut-être que tu pourrais me raconter des trucs sur toi. Comme ce que tu es venue faire à Megalopolis ?"

Il n'oubliait pas sa curiosité, et il avait envie d'apprendre à la connaître, et pas uniquement en l'observant de loin, sans qu'elle le sache.



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Eve
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Si il y avait bien une chose qui m'horripilait, c'était de ne pas avoir de réponses à mes questions. Je ne sais pas si Oblivion connaissait mes fonctions au sein du MSS autres que celui "de chasseur", mais j'étais, malgré ma réticence d'avoir recours à la torture, frustrée voire angoissée de ne pas obtenir sa réponse. Comme si ma vie en dépendait encore... Et c'était pour tout comme ça, il faut croire qu'on ne guérissait jamais de ses traumatismes.

Je l'ai regardé se lever, il avait faim, soit, mais il n'avait pas frappé à la bonne porte.

- Je ne sais si c'est une bonne idée, mais si tu as faim c'est que tout va bien, non?

Je lui ai fait un signe de la tête pour qu'il me suive jusqu'en bas. Il pouvait se déplacer seul, il n'avait pas sommeil, alors il pouvait affronter les escaliers et pire que tout, gouter ma cuisine...
Evidemment, j'étais plus rapide, et je suis arrivée un étage plus bas avant lui. Je me suis dirigée vers la cuisine et ouvert le frigo du frangin. De quoi faire de pancakes, normal... Du pain de mie, du beurre de cacahuète de synthèse et rien d'autre. Et bien, on irait pas loin avec tout ça.

Je me suis reculée et penchée en arrière pour le voir en lui criant.

- Tu sais cuisiner avec trois fois rien ?

Ou cuisiner tout court, par ce que personnellement, à part beurrer des tartines, je n'étais pas bonne à grand chose dans une cuisine.


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Tibor Bruusgaard
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Ne pas être fatigué, c'était jouer la comédie. Son bras le gênait vraiment et il joua de l'épaule en descendant, pendant qu'elle ne le voyait pas. Il pouvait lui être reconnaissant mais se plaindre - même silencieusement - de la douleur. Encore que, tant que les calmants faisaient effet, il pouvait la remercier. D'ici quelques heures, il n'aurait peut-être pas la même chanson.

Sa question le sortit de ses pensées alors qu'il mettait un pied au sol, en bas des marches. Cuisiner était un bien grand verbe pour lui, mais il s'approcha en se passant la main machinalement dans les cheveux, les sourcils froncés par la réflexion. A le regarder, avec son air de grand dadet, il avait tout du mec endormi qui vient de se réveiller dans quelque chose ressemblant vaguement à une benne à ordure après avoir dormi sous les ponts pendant des mois. Les cheveux dérangés, la barbe hirsute, une blessure moche, un pull hideux assez grand pour lui creuser un décolleté sur le torse tellement il n'était pas épais... Il serait tout de même assez inquiétant de se rendre compte que ce genre de gars-là plaisait à Eve... Abel serait ravi !

"Euh... Je me débrouille."

Avec un lapin chassé, à la brochette sur un réchaud, oui. Il regarda ce qu'il restait et haussa les sourcils. Les pancakes... C'était pas son domaine. Il ne se souvint même pas en avoir goûté un jour, alors de ce qu'il voyait là... A part des tartines avec des oeufs brouillés... Il haussa les sourcils.

"Je suis censé pouvoir faire quoi avec ça ?"



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Eve
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Je l'ai regardé en riant doucement, les bras croisés. Il avait une de ces allures, et je me foutais gentiment de lui. Il avait une de ces allures comme ça, même propre, il avait encore l'air négligé, plus encore avec ce pull qui aurait mieux faire de bruler que de finir dans un placard. D'ailleurs je n'avais jamais vu ce pull sur Abel. Elle sortait de où cette horreur?

J'ai penché la tête vers le frigo ouvert en haussant des épaules.

- A toi de me le dire, je suis une bonne couturière mais une piètre cuisinière. C'est Abel qui me faisait la cuisine.

Et adieux l'image du guerrier viril et pas commode qui fait des pancakes tous les matins ou presque à sa petite soeur.
Ce qui m'intriguait, c'était sa volonté de savoir des choses sur moi, au point d'aller fouiller chez moi, me poser des questions qui n'avaient à mes yeux aucune importance. Il ne semblait pas vouloir lâcher.

- Mais pourquoi tu veux savoir ce genre de chose sur moi ? Je suis quoi ? Une sorte de bête de foire ?

J'ai sorti la boite d'oeufs.


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Tibor Bruusgaard
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"Dommage..."

Il se serait bien laissé faire à manger, pour changer. Il réfléchit alors ce qu'il pourrait faire de tout ça et il songea bien à plusieurs choses, mais déjà elle reprenait. Sans contexte, il haussa un sourcil et la regarda.

"Quel genre de choses ?"

Ils parlaient cuisine, pas d'elle ! Avait-il loupé une marche ? D'accord, il oubliait des choses, parfois récentes, mais tout de même ! Il prit la boîte d'oeufs et la posa à côté, n'usant que d'un seul bras jusqu'à nouvel ordre. Il ne vit pas de quoi elle partait, pourtant. Il avait été si indiscret ? D'accord, il avait un peu fouillé chez elle, mais seulement sur des objets de tous les jours, il n'avait pas regardé dans ses affaires personnelles et intimes. Et puis, elle s'était déjà vengée, après tout ! Elle l'avait drogué et avait fait on ne sait quoi sur son bras. Machinalement, il y porta une main, et regarda son épaule, comme s'il pouvait voir à travers.

"Comment ça, tu es quoi ?" Il releva les yeux sur elle et la détailla de la tête aux pieds. Une bête de foire ? En voilà des idées... "Non... Pourquoi ?"



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Eve
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J'ai secoué la tête, en fait je n'avais plus envie d'en parler alors que j'avais relancé la conversation. J'avais l'impression de me retrouver face à un mur, je parlais dans le vide la plupart du temps sans savoir ce qu'il pensait. J'étais certainement trop hâtive, je souhaitais qu'il me dévoile tout alors que nous ne nous connaissons pas pour ainsi dire. Je continuais à sortir les aliments qu'il y avait dans le frigo, un par un.

- Je ne sais pas, c'est ce que je voudrais savoir. Pourquoi fouiller ainsi, dans quel but ? Pourquoi moi ?

Je l'ai regardé en serrant le paquet de pain de mie entamé contre mon ventre.

- Pourquoi est-ce que tu ... J'ai soupiré doucement en appuyant ma hanche sur le plan de travail. J'ai posé doucement le pain. Laisse tomber... J'ai repris avec plus d'entrain. Est-ce que tu veux de l'aide? ça sera plus simple avec ton bras à moitié valide.

Je l'ai regardé, j'aurai préféré qu'il reste couché tranquillement pour récupérer plutôt que de le voir s'obstiner à rester debout.

- Alors, par quoi allons-nous commencer ?


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Tibor Bruusgaard
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Le truc avec Tibor, c'est qu'il pouvait être malin comme un singe, avec un instinct de survie surdéveloppé... Mais qu'en matière de relations humaines, il ne brillait pas par son intelligence. Heureusement que Eve précisa car il était déjà bien loin d'avoir la tête dans le sujet. Il sourit malgré lui en récupérant les ingrédients, mais ne répondit pas. Pas tout de suite. Il commençait à avoir une idée de quoi faire avec ce qu'il lui restait à manger.

"Je suis pas handicapé. Ca ira, merci."

Et elle lui avait donné une dose de cheval, il sentait à peine son bras. Ou en tout cas, pas la douleur. Il se rapprocha d'elle pour lui prendre le pain.

"Je vais faire du pain perdu. Je sais pas faire grand chose, mais ça au moins, c'est facile et ça met tout le monde d'accord."

Il s'attela à sa tâche et finit par répondre à sa première question, ayant pris le temps de réfléchir à ses mots jusque là.

"Et j'en savais rien moi-même. Je savais juste que y avait un truc particulier avec toi, mais pas quoi. J'étais curieux. Maintenant, je sais." Ce n'était pas plus compliqué que ça. Ou peut-être un peu plus. Il haussa une épaule, reprenant d'une voix encore plus basse - si c'était possible. "Et puis j'aimais tes yeux."



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Eve
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Evidemment, monsieur n'était pas handicapé, je n'allais pas relever. J'ai malgré tout secoué la tête, il était buté le garçon !
J'ai souri quand il m'annonça le menu. Je n'avais peut être manqué du pain perdu qu'une seule fois dans ma vie, et cela devait être en Roumanie justement, c'était étrange de repenser à cette époque et surtout cette période qui avait marquée ma vie bien plus que j'avais laissé paraitre, surtout à Abel.

- Ça fait des années que je n'en ai pas mangé !

J'étais enthousiaste encore, si Tibor avait été mon frère, je lui aurai sauté au cou pour l'embrasser, non là sincèrement il ne fallait pas pousser. Dans tous les cas, j'en salivais d'avance.
Je ne comprenais pas vraiment ce qu'il entendait par "particulier", aussi il fallait que je comprenne.

- Tu veux dire, parce que je peux t'entendre quand tu es censé ne plus être là ?

Zaan avait compris que je l'entendais, je ne comprenais pas vraiment le pouvoir de Tibor, mais j'en avais déduit qu'il y avait un lien de ce genre. Puis au pseudo compliment sur mes yeux, je n'arrivais pas à croire ce que je venais d'entendre. Le ton était d'ailleurs si bas, que je n'était pas certaine d'avoir bien entendu, j'étais gênée aussi.

- Pardon ? J'ai froncé succinctement les sourcils. Merci... Ils te rappellent ceux de la soeur de Bogdan, peut être ?

Il avait parlé de la jeune femme, si on se ressemblait après tout, il devait avoir le béguin pour elle.


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Tibor Bruusgaard
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"Non, je parlais de..." Il releva les yeux sur elle et hésita. Il n'avait pas envie de se battre, plus avec elle et encore moins maintenant. "De l'autre chose..."

Mais pourtant, même sa question suivante l'y ramenait. Sa mémoire lui jouait souvent des tours, mais quand paradoxalement, quand quelque chose avait été si fort pour son esprit, cela laissait une empreinte, qu'il en soit conscient ou non.

"Non... Je ne me souviens pas vraiment d'elle, d'ailleurs. Je ne l'ai jamais revue. Je me souviens juste qu'il avait une soeur et deux frères." Il ne se souvient plus de son prénom, une chose aussi élémentaire, mais une information aussi inutile était pourtant restée imprimée dans sa tête. Un silence. "Tes yeux, et leur couleur en fait, c'est surtout la seule chose que j'ai retenue."

Ses yeux étaient assez particuliers, ils l'avaient marqué, même inconsciemment. Pour s'occuper les mains, et ne pas avoir à rester les yeux rivés sur elle, il continua de s'occuper de la cuisine tout en parlant, même si, comme toujours, il n'était pas un grand bavard. Il soupira doucement.

"Et non plus... Je ne sais pas comment tu fais pour m'entendre quand personne ne sait que je suis là, mais tu es la seule."

Si elle ne comprenait pas son pouvoir, il comprenait encore moins le sien !



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Eve
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Je n’arrivais toujours pas à croire combien il avait été marqué par notre passé en commun. Je ne pouvais pas revenir en arrière pour effacer tout ce que j’avais pu lui faire subir, ou refuser de me défendre contre lui. Il m’était impossible de revenir à cette époque, et je ne suis pas la seule à penser que de changer le passé ne pouvait résoudre de problèmes sans en provoquer d’autres. Autant faire avec et régler ceux que nous rencontrons lorsque nous les subissons.

Finalement, quand on faisait le bilan des révélations par Tibor, je pouvais en conclure qu’il ne se souvenait que de peu de choses, si je le croyais sur parole. J’ai posé le bout de mes doigts sur le rebord en le caressant nerveusement.

- Tu ne te souviens pas de grand chose, on dirait.

La suite avait failli me faire éclater de rire, mais je me suis retenue. Pourquoi ? Parce que je trouvais ça, touchant ? Pour la première fois de ma vie, si je mettais de côté Garin, un homme se souvenait de moi pour mes yeux, contrairement aux autres qui étaient plutôt marqués par ce que j’avais sous le débardeur. Je l’ai regardé intriguée, touchée. En temps normal peut être que cet aveux ne m’aurait rien fait, là je lui accordais peut être un trop grand intérêt, je n’arrivais plus à le lâcher du regard alors qu’il s’afférait. Il restait encore un mystère pour moi.

Je suis passée derrière lui pour préparer la table, ou plutôt les couverts. J’ai glissé au passage une main sur son dos dans une caresse. Je n’ai plus rien dit, je n’avais rien à dire en fait. Je nous ai servi deux verres d’eau, je n’allais pas lui proposer de l’alcool avec tout ce que je lui avais mis dans le corps.
J’ai sorti deux assiettes, autant de couteaux et fourchettes et je l’ai laissé finir. Mon regard se portait sans cesse sur ce qu’il préparait, et ce visage que j’essayais de percer à jour.


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Tibor Bruusgaard
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Dans toute la simplicité du moment, il acquiesça.

"MMmmhh."

Si Tibor ne devait avoir qu'un complexe, ce serait sa mémoire. D'ailleurs, à y réfléchir, il n'avait pas d'autre complexe tout court. Des secrets, quelques mystères, peut-être, mais c'était bien tout. On lui posait souvent des questions : d'où tu viens, c'est quoi ton accent, t'es un de ces mutants, pourquoi tu parles pas... etc. Que des questions auxquelles il ne pouvait pas répondre. Celles d'Eve avaient au moins le mérite de sortir de ses habitudes. Ce qui lui arracha un faible sourire.

"Je n'ai pas une mémoire exceptionnelle, en effet."

Quand il capta son regard intrigué une seconde, il haussa un sourcil, mais ne dit rien. Qu'est-ce qu'il avait bien pu dire, encore ? Qui plus est, le fait qu'il n'ait retenu de son bourreau que la forme et la couleur particulières de ses yeux ne lui semblerait pas très touchant, si on lui demandait son avis. Il avait presque fini - prenant un peu plus de temps que prévu car il n'avait qu'un bras de vraiment valide - quand il sentit sa main dans son dos. Il se redressa légèrement et tourna la tête pour la voir alors qu'un frisson lui descendait jusque dans les reins. Il la suivit des yeux, la poele dans la main avec le pain en train de cramer dedans.

Il lui sourit et peut-être même, qui sait, fussent une légère teinte rouge sur ses joues. Il baissa la tête à nouveau pour se cacher, mais chaque fois qu'il la regardait à nouveau, elle avait les yeux dans sa direction, ce qui lui força d'autant plus le sourire sur ses lèvres. Ce fut son tour de poser des questions.

"Quoi ? J'ai de la terre dans les cheveux ?"

Notez que ce n'était pas impossible, malgré la douche. Il servit les assiettes, mais son sourire resta figé sur ses lèvres tout le temps. Elle l'observait, c'était certain, mais il se demandait bien pourquoi. Ils avaient finalement autant de questions l'un pour l'autre et autant qu'ils n'osaient pas poser.



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Eve
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Je me suis rapprochée avec les verres dans les mains en riant doucement, puis j'ai inspecté ses cheveux d'abord en plissant les yeux en lui faisant le tour. J'ai posé un verre à côté de lui alors qu'il dressait les assiettes. S'il n'était pas derrière les fourneaux, j'aurai cru qu'il rougissait peut être sous mon regard insistant, chose peu probable. J'ai passé une main dans ses cheveux blonds.

- Tout est propre, rien à signaler.

J'ai replacé plus ou moins les mèches déjà emmêlées entre elles. J'ai bu une gorgée d'eau ensuite.
J'ai montré le pain qu'il avait laissé un peu trop cuire du menton en me foutant de lui ouvertement, je n'ai pas pu m'empêcher, j'aimais me moquer des gens qui se disait plus ou moins capable de préparer quelque chose à manger et qu'ils se plantaient lamentablement.

- Tu l'as laissé cramé chef, ça me rassure, je ne suis pas la seule à ne pas savoir cuisiner, mais moi je l'assume.

Je l'ai un peu bousculé d'un léger coup de hanche pour appuyer ma boutade. La tension était retombée de mon point de vue, je pouvais me relâcher. J'espérais simplement qu'Oblivion en fasse autant maintenant. Et ça, ce n'était pas gagné d'avance.
J'ai attrapé mes couverts, le regard gourmand.

- C'est prêt? Je peux goûter ?


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Tibor Bruusgaard
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Il fut incapable de détourner son regard de son visage alors qu'elle passait sa main dans ses cheveux. Selon lui, c'était presque une invitation. Elle était tactile et il n'aurait su dire s'il appréciait, si cela le dérangeait, ou si véritablement il aimait. Un peu des trois, aussi, il ne bougea pas et ne chercha même pas à se dérober. Quelque chose lui réchauffa le torse et il en oublia totalement la douleur sourde dans son bras. Aussi cauchemardesque qu'elle avait rendu sa vie, aujourd'hui, et même depuis qu'il l'avait vue rire et sourire en Roumanie, elle ne lui inspirait qu'une douce chaleur. Il en oublia même qu'elle avait tenté de le tuer quelques heures auparavant. Elle était sur la défensive, comme lui, voilà tout. Il eut subitement envie de l'embrasser, prenant son geste comme une invitation à se rapprocher d'elle, mais à peine avait-il esquissé un mouvement du menton qu'elle le rappelait à l'ordre.

Il tourna vivement la tête pour voir son repas se carboniser et il étouffa un juron dans le fond de sa gorge. Et pendant qu'il s'en occupait, elle s'éloigna. il se surprit à s'en sentir déçu, mais après tout, ce n'était peut-être que pour le mieux. Allez savoir si elle l'entendit ou non, mais il accueillit son coup de hanche avec son tout droit sorti de sa gorge, tout à fait. Un rire.

"Tu me déconcentres..."

Comme si ça pouvait tout excuser. Lorsqu'elle se montra impatiente, il lui servit le moins grillé et posa l'assiette devant elle et je me suis installé à mon tour, sans pour autant me jeter sur la nourriture. Je me suis massé le bras doucement en la regardant. En réalité, il n'arrivait pas à détacher ses yeux d'elle, tout court.

"Pourquoi vous avez quitté la Roumanie ? Avec Vasile, vous étiez tranquilles, pourtant, non ? A quatre, vous auriez largement pu défendre le village si besoin. Non ?"



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Eve
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Le rire était bienvenu, et l'excuse bidon faisait du bien à entendre. Il fallait juste prendre le temps de l'apprivoiser finalement. Je ne sais pas si cela allait être long ou non, j'ignorais d'ailleurs combien de temps Zaan et lui resteraient pour nous aider.

Lorsque Tibor me servit, j'ai commencé par couper un petit morceau que j'ai porté à la bouche. S'il me regardait, c'était pour avoir mon verdict n'est ce pas, j'ai approuvé sa cuisine dans un petit gémissement. J'ai attendu d'avaler le second morceau sans lâcher son regard avant de lui répondre.

- Certainement que oui, mais Abel avait des projets, on était déjà resté plus longtemps que prévu.

J'avais fait des pieds et des mains pour rester quelques jours de plus, j'avais besoin de me poser un peu, et j'avais senti aussi que Vasile n'était pas si pressé de partir, il était resté même, en se dégonflant au dernier moment, de mon point de vue.
Puis il n'était pas nécessaire d'entrer dans les détails, Oblivion pouvait deviner aisément de quel projet il s'agissait, rien que Libération déjà, c'était un sacré morceau à lui tout seul.

- Qu'est ce que tu comptes faire ensuite ? Suivre Zaan ?

J'ai pointé son pain avec ma fourchette.

- Ce n'est pas trop cramé ?


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Tibor Bruusgaard
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Il acquiesça et lâcha son bras pour se mettre à manger. Et encore, en présence d'une fille, il se força à ne pas le dévorer. Il ne voulait pas sembler plus affamé qu'il ne l'était. Il secoua la tête à sa propre question. En même temps, il n'était pas difficile en terme de nourriture. Il en avait, déjà pas mal. Les sourcils froncés, il se redressa et reprit.

"Vasile est resté, lui. Je ne comprends pas..." Il baissa les yeux en jouant avec sa fourchette dans son pain. "Je t'ai vue là-bas. Je suis pas resté longtemps, à peine quelques heures, mais tu m'avais l'air de t'y plaire."

Ce qu'il allait faire maintenant ? En voilà une bonne question. Il haussa les épaules.

"Je ne sais pas trop ce que je vais faire maintenant. Je dois juste m'occuper de quelque chose. Et je ne suis personne."

Dans le genre solitaire, Tibor était passé maître. Et finalement, sa conversation était aussi élastique et confuse qu'il ne l'était d'être là, en face d'elle à parler 'chiffons'. Il hésita à se montrer plus revanchard, d'ailleurs, envers Abel. L'adolescente d'Eve méritait peut-être d'être enfermée et la vie qu'elle menait ici, mais celle qu'il avait vue en Roumanie - et qui se tenait en face de lui -, il aurait voulu lui donner bien mieux. Il releva les yeux vers elle.

"Certainement ? Ca veut dire quoi... Tu l'as suivi parce que c'est ton frère ? Et Bogdan ?"

Contrairement à elle, il n'avait pas tellement évolué, il avait été forgé par ce que le MSS lui avait fait vivre, quant à elle, elle semblait bien s'en sortir. Bien mieux que lui, en tout cas. Grâce à Abel ? Il ne savait rien d'elle, de toute façon, alors il ne pouvait que la découvrir, même si ce n'était pas de beaucoup.

"Comment tu l'as connu, Bogdan ?"



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Eve
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J’ai posé ma fourchette à côté de mon assiette sans plus y toucher. Entre la fatigue et les questions qui coupaient l’appétit, je ne pouvais plus rien avaler.
Je me plaisais vraiment en Roumanie, la raison était toute simple. Ce pays, ce village avait été pour moi la première vraie pause depuis mon enlèvement par le MSS ? Une pause pas seulement physique, j’avais complètement lâché ma vigilance. Avec Vasile, Bogdan et mon frère, je me sentais en sécurité. Pour la première fois je pouvais retrouver mon insouciance.

- Vasile est resté auprès des siens pour les protéger, je ne vois pas en quoi c’est étrange.

En réalité, cela m’avait presque brisé le cœur qu’il ne nous suive pas plus loin. Ce que je n’avais pas compris en revanche, pourquoi Bogdan lui était venu ? Je n’avais pas la réponse.

- Certainement ? Parce qu’à nous quatre on aurait pu défendre le village sans aucun souci, mais… Est-ce que rester à quatre là-bas était nécessaire, on aurait surement attiré trop l’attention, trop nombreux, trop visible. Bogdan croyait aux aspirations d’Abel, assez pour le suivre.

Oui, parce que mon frère aussi. Abel et moi, l’un sans l’autre, ça ne pouvait pas fonctionner, il était et sera toujours ma moitié, et c’était difficile sans lui aujourd’hui. Pas que nous n’ayons jamais été séparés pour des missions, c’est arrivé mais nous savions toujours, plus ou moins pour combien de temps. Là ? C’était encore l’inconnu.

Je me suis étirée en baillant, je n’en pouvais plus, j’ai haussé des épaules.

- On a croisé Bogdan en route.

J’ai posé mon coude à côté de mon assiette, ma tête dans la main en le regardant, le regard vitreux.


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Tibor Bruusgaard
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Il ne sut dire sur quoi il avait marché, mais ça avait coupé le courant. Il la dévisagea comme elle le regardait avec cet air étrange qu'il arborait lui-même la plupart du temps. Il chercha dans ses yeux ce qu'il avait pu dire qui foute en l'air leur petit terrain d'entente. Il n'avait lui-même pas excessivement faim, mais il savait qu'il devait manger s'il voulait se rétablir au plus vite. Il ne tiendrait pas longtemps avec son bras à capacité réduite.

A bien y réfléchir, c'était à croire qu'ils étaient incapables de communiquer. En soi, il avait eu sa réponse : elle n'avait pas suivi son frère pour les idées de Liberation. Elle était donc ici par choix, non par conviction. Quant à son avis et opinion, il se le garda. Le terrain semblait bien trop glissant. Et pour Bogdan, au pire, un jour, par curiosité, il lui demanderait à lui-même.

Elle s'était occupée de lui, et bien trop si on lui demandait. Il se leva pour débarrasser, alors même qu'il n'avait pas fini sa bouchée. Si elle ne finissait pas, il le ferait pour elle. Il alla pour prendre son assiette, mais il se contenta de la tenir et de la regarder, comme s'il attendait sa permission.

"Tu devrais aller te reposer. Prends le lit, ça me va très bien."

C'était lui qui parler de se reposer, avec ses poches de 10kg sous les yeux.

"Je vais aller vérifier ta deuxième armoire... Voir si je trouve un truc un peu plus dans mon style."

Si toutefois il avait un style.



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Eve
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J'ai acquiescé lorsqu'il voulut prendre mon assiette pour la débarrasser. Je n'aurai pas pu aller plus loin dans la dégustation. Je l'ai laissé débarrassé en finissant mon verre. J'ai ensuite secoué la tête.

- Non, c'est à toi de dormir, prends le lit, je prendrais la table de l'autre côté. Je l'ai déjà fait, c'est confortable.

Il ne fallait pas non plus déconner, il venait de se faire charcuter par mes soins, en plus il avait pris la liberté de se lever alors qu'il aurait du rester sans bouger jusqu'au lendemain... Il était hors de question que je le laisse dormir je ne sais trop où.

Je me suis approchée pour lui toucher le front encore une fois, il était à peine chaud, c'était bon signe, la fièvre tombait. J'ai posé la main sur sa loue en souriant.

- La fièvre tombe, c'est une bonne chose. Allez, monte, on va regarder ce qu'on te trouve de plus saillant.

J'ai ouvert la route et j'ai pris les escaliers, jusqu'à la fameuse armoire que j'ai ouverte. Je savais ce qu'il y avait, il restait quelques fringues de Jericho. Dont un sweet dans le même esprit que portait Tibor sur lui.
J'ai ouvert la route et j'ai pris les escaliers, jusqu'à la fameuse armoire que j'ai ouverte. Je savais ce qu'il y avait, il restait quelques fringues de Jericho. Dont un sweet dans le même esprit que portait Tibor sur lui.

Je l’ai sorti pour le lui tendre, le bras dans le vide, je n’étais même pas certaine qu’il se trouvait déjà derrière moi. La tête dans les piles, je suis restée comme ça jusqu’à ce qu’il me libère.

- Ça te va ce truc là ?


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Tibor Bruusgaard
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Il lui aurait bien dit qu'il n'était pas habitué aux vrais lits, mais il eut peur qu'elle ne pose des questions gênantes. Soit dit en passant, dormir dans un vrai lit le fit doucement rêvasser. Il acquiesça, de ce rogne morne et vaseux et alors qu'il rangeait tout dans l'évier, après avoir fini la part d'Eve - la sienne lui ayant finalement ouvert l'appétit en plus d'être moins bonne - il recula le front instinctivement lorsqu'elle leva la main. Il tourna la tête pour la regarder, intrigué et les sourcils sur le nez, mais la laissa poser sa paume sur sa joue. Il ignorait s'il avait de la fièvre ou non, mais elle, en tout cas, elle avait les mains bien douces, le geste bien délicat, et la peau bien agréablement chaude. Il cligna des paupières et la suivit des yeux alors qu'elle s'éloigna. Ne tardant pas à la suivre, il enleva le chandail affreux et trop grand qui le couvrait jusque là et le posa sur un tabouret avant de prendre celui qu'elle lui tendait. Comble de l'idéal, il y avait de quoi faire passer ses pouces dans le poignet des manches.

A peine l'eut-il enfilé qu'il prit cette main tendue dans la sienne, ses doigts dépassant à peine des manches, et il la tira à lui doucement, ramenant Eve contre lui de ce fait. Du même geste qu'il se pencha sur elle et que ses lèvres rejoignent les siennes, il enferma la base de sa mâchoire dans sa paume de main, le bout de ses doigts écartant ses cheveux pour libérer son oreille.

Il n'avait pu s'en empêcher, il n'arrêtait plus d'y penser depuis plusieurs longues minutes. En réalité, depuis qu'elle avait passé sa main dans son dos.

Il pressa ses lèvres contre les siennes en réduisant considérablement l'espace entre eux. Qui sait, peut-être que c'était l'oeuvre des anti inflammatoires et des anti douleurs... Ou juste des restes de fièvre ? Ou peut-être juste qu'en plus de son pouvoir, il avait un autre moyen de jouer avec la mémoire, en remplaçant une désagréable par une plus agréable. Ah, si le MSS les voyait en ce moment-même...



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Eve
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Contre toute attente, Tibor m’attira vers lui et m’embrassa, une seconde fois. Si je devais tenter de comprendre pourquoi il s’intéressait à moi, je ne voyais plus que cette explication. Etonnant quand on sait que j’ai été son bourreau bien des fois. Avec l’effet de surprise, j’ai peu être répondu deux secondes à ce baiser. Il était doux dans ses gestes, sa main sur mon visage, le geste délicat pour écarter ma mèche… De quoi me faire littéralement fondre. Il ne me plaisait pas de prime abord, ou alors si, mais ce n’était que physique, il était plutôt mon genre en y réfléchissant, j’aurai pu répondre plus volontiers à cet appel, mais je n’étais pas une fille facile ! (Pas ce soir, j’ai la migraine)

Je me suis reculée un peu plus brusquement que je n’aurai voulu de ses lèvres fièvreuses, j’avais une de mes mains qui avait imité son geste sur son visage sans que je ne m’en rende compte. J’ai gardé les yeux fermés, la bouche entrouverte en secouant lentement la tête pour reprendre mes esprits. J’ai parlé d’une voix basse, comme si je craignais réveiller quelqu’un qui dormait dans la même pièce.

- Oblivion… -J’ai ri doucement dans un souffle-  Je crois que tu ne supportes pas très bien les doses, et – j’ai porté mes doigts sur mes lèvres – tu dois avoir plus de fièvre que je ne le pensais.

Je me suis reculée franchement de son étreinte et je lui ai indiqué sa chambre, ou plutôt celle d’Abel.

- Tu y verras plus clair demain matin.


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Tibor Bruusgaard
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Alors qu'elle écartait son visage, ses propres lèvres cherchèrent les siennes. Elle avait pris soin de lui, il lui sembla normal de faire de même, surtout que pour le coup, il avait bon souvenir de ce qu'elle lui avait dit plus tôt. Il rouvrit les yeux sur elle, son pouce glissant sur sa joue. Drogue ou pas, il était parfaitement conscient.

"Non, ça va..."

Il n'avait pas de fièvre, ou du moins, pas à ce point-là, ça c'était certain. Sa main glissa de son visage et il se redressa, se rendant compte qu'il avait mal interprété ses gestes.

"Désolé."

Peut-être qu'à l'avenir, Eve serait un peu moins tactile avec lui, ce qu'il regrettait, d'une certaine façon. Il baissa la tête, remontant quelque peu la fermeture du pull, puis il se détourna, passant son pouce sur ses propres lèvres. Il remonta finalement et passa par la salle de bain pour se passer le visage sous l'eau. Il retira le pull, préférant le t-shirt pour dormir, et repassa sa chaîne, qu'il gardait la poche de son pantalon, autour de son cou avant de la rentrer dans son col.

Cette fois, il ne joua pas les plus rebelles et se laissa tomber sur le lit dans un profond soupir, se frottant le visage de ses mains. Non, Eve n'était pas un danger, ni son ennemi. Ou en tout cas, pas ce soir. Alors qu'elle fasse le guet pour lui, il préféra ne pas trop y penser, risquant de s'empêcher de dormir. Et du sommeil, il en avait sacrément à rattraper. Il se tourna sur le côté et serra un oreiller contre lui pour y cacher la moitié de son visage, oubliant d'éteindre les lumières. Cette nuit, il s'autorisait à dormir.



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Eve
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Je l'ai laissé partir, non sans une pointe de regret à mon grand étonnement. C'était tout de même très agréable et surtout étrange de se retrouver dans cette situation. Je l'ai regardé s’éloigner, je n'avais pas de réponse, je ne m'expliquais pas ses gestes qui pour moi, si je me l'avouais, devenaient un besoin. Coincée sans aucun doute dans le souvenir de Garin, et à la fois tiraillée par un besoin naturel, une envie qui me pourrissait l'existence depuis quelques semaines et que je refusais d'assouvir.

J’ai fermé l’armoire puis je l’ai laissé vivre sa vie. Le temps de tout vérifier, verrouiller pour sécuriser le saloon. Je suis descendue dans l’arsenal pour me prendre deux armes, au cas où. Une fois tout ceci réglé, je suis remontée, épuisée, puis j’ai commencé par éteindre toutes les lumières que Tibor avait laissées allumées derrière lui.

J’allais me diriger vers l’infirmerie pour me coucher sur la table d’examen, je la savais que très peu confortable. J’ai regardé Tibor qui dormait du sommeil du juste, n’utilisant que la moitié du lit d’Abel. Je le trouvais beau, plus je le détaillais, plus je lui trouvais de l'attrait. J'ai longuement hésité, épuisée, j’avais froid, j’avais besoin de réconfort. Je suis allée éteindre la dernière lumière, puis je me suis dirigée vers le lit. Je l'ai regardé encore, j'avais envie de ce lit mais je ne voulais pas que Tibor s'imagine des choses. Au pire, avec mon pouvoir et sa blessure, j'avais de quoi me défendre et avoir le dessus. Mais je ne le voyais pas comme mon ennemi, au contraire. Alors j’ai glissé une arme sous le lit, l’autre sous l’oreiller, faisant attention de ne pas le réveiller.
J’ai retiré mon jean pour ensuite me glisser à côté de Tibor qui dégageait la chaleur qui me manquait. Doucement, je me suis rapprochée pour me coller, de dos. J’avais froid, j’ai remonté le drap et la couverture puis je n’ai pas attendu longtemps avant de m’endormir.


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Tibor Bruusgaard
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Tibor avait le sommeil léger, tout confortable qu'il était. Il la sentit se glisser sous la couverture et il ouvrit lentement les yeux, essayant de comprendre ce qui se passait. Son esprit trop embrumé, il la laissa s'installer, soulevant son bras d'un même geste. Ce dernier retomba contre Eve pour l'envelopper et il poussa un profond soupir en engouffrant son nez dans ses cheveux. Confortablement installé, et au chaud lui aussi - bien qu'il n'ait jamais ni chaud ni froid, il se rendormit aussitôt. A coup sûr, il ne se souviendrait même pas de s'être réveillé tant il avait réagit comme un somnambule.

Et quand les premiers bruits et lumières du jour s'infiltrèrent dans la chambre, son esprit s'éveilla avant lui, sa respiration changea, se faisant moins profonde. Etait-ce le nouveau jour qui le ramenait parmi les vivants ? Ou bien était-ce cette douleur lancinante dans son bras, maintenant que les drogues ne faisaient plus effet ? Ca, c'était bien quelque chose qu'il n'était pas près d'oublier. Mais il y avait autre chose, son bras avait une mauvaise position, sa blessure gênée par quelque chose.

Et puis... Une odeur lui parvint au nez, une qu'il ne connaissait pas, doucereuse et franchement agréable. Pour autant, son nez le chatouillait. Il fronça les sourcils, se réveillant d'autant plus. Petit à petit, ses yeux s'ouvrirent sur le monde qui l'entouraient et il découvrit une pièce dont il ne connaissait pas les couleurs orangées. Et à côté de lui, quelqu'un. Une femme. La première question qui lui vint fut "Où suis-je...". Il portait encore ses vêtements, il n'était donc pas échoué quelque part et perdu... Doucement, lentement, il leva son bras pour libérer la jeune femme et grimaça de la douleur que le mouvement lui procurait.

Il se redressa sur son autre coude et se passa une main sur le visage en regardant autour de lui. Non, ça ne lui revenait pas. Pas encore. Il fallait encore quelques secondes avant que son esprit ne recolle tous les morceaux. Déjà la pièce lui sembla un peu plus familière avec le temps. Il se pencha sur la jeune femme pour voir son visage, qui aiderait sa mémoire à se recomposer.

Ce visage rond, légèrement potelé comme une enfant, les traits adoucis par le sommeil, et ses lèvres généreuses, elle n'eut même pas besoin d'ouvrir les yeux, il la reconnut alors. Il soupira de soulagement et se laissa retomber sur le dos, les deux mains sur le visage. C'est alors qu'il se rendit compte qu'il avait suspendue sa respiration tout ce temps, tant il était prêt à agir et à se défendre s'il le fallait, ou même à fuir. Décidément, ces problèmes de mémoire adoraient lui jouer des tours. En revanche, ils ne prirent pas la peine de lui expliquer ce qu'elle faisait là...



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Eve
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Je dormais profondément depuis trop peu de temps, mais ça, c'était avant que le lit aux ressors qui avaient vécus et mous, ne me secoue doucement. J'avais conscience que ça bougeait autour de moi, mais le reste de mon corps était incapable de bouger. Les bruits n'étaient pas suspect, Tibor devait se replacer pour son bras, ou il se réveillait lentement. Je n'ai pas sourcillé, l'envie de continuer ma nuit était trop grande et nécessaire.

Puis le lit bougea plus franchement, comme si quelqu'un s'installait sans même prendre la peine de faire attention à celui qui dormait à côté. Déjà qu'avec un réveil tout à fait correct, j'étais plutôt du genre grognon, alors imaginez quand on ne me réveillait pas en douceur, que je n'avais dormi que trop peu, ça vous donne une idée de la violence de mon soupir quand je me suis retournée en plaquant l'oreiller sur ma tête.
Oui, Je n'avais pas le réveil facile, encore moins agréable, pas avant un ou deux cafés, et une bonne douche, longue et chaude, très chaude.

Mon cerveau m'empêchait de sombrer à nouveau. Il me rappelait que j'avais passé la nuit aux côtés d'un blessé, mon "patient", et que... si j'avais un minimum de conscience, je m'inquiéterai pour lui. Sauf que.. Héhé, non, pas tout de suite.
J'ai prêté l'oreille en retirant lentement l'oreiller de ma tête, seules mes mains avaient glissé en m'ébouriffant mes cheveux. Puis je n'ai plus bougé. Tibor ne semblait pas se plaindre, pas de gémissement, sa respiration paraissait normale. Docteur, après un examen succinct, je peux vous dire que votre patient et sain et sauf pour aujourd'hui. Je pouvais m'endormir n'est-ce pas ? Non... Définitivement non.

Le jour qui passait à travers les volets m'éblouissait déjà, même avant d'avoir ouvert mes paupières. Je me suis doucement étirée, sur le ventre en gémissant doucement, c'était bon de prendre son temps. J'ai tourné mon visage de son côté, je n'ai pas ouvert les yeux, mes paupières pesaient chacune au moins une tonne. J'ai inspiré par le nez, soufflé de la même manière en fronçant les sourcils. Ouè, c'était compliqué là... J'ai ouvert lentement les yeux, à peine, juste pour le voir, allongé près de moi, j'ai soupiré, encore puis j'ai fourré mon visage entre mon bras et l'oreiller. Laissez-moi dormir !


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Tibor Bruusgaard
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Tibor avait refermé les yeux, une main sur son torse pour vérifier la présence de sa chaînette autour de son cou. Quand il n'était pas dans un lieu très sûr et qu'il avait juste eu besoin de dormir quelques heures, il se levait d'un coup et vérifiait tout. Sa chaîne, ses bracelets, un par un et ils étaient 12, numérotés, s'il en manquait un, il le saurait. Il en avait 9 à un poignet et 3 à l'autre. De fins petits bracelets de cordes ou de cuir, parfois tressés de coton. C'était une façon de compter, de se rappeler aussi, un moyen mnémotechnique au réveil de se repasser sa vie. Il vérifiait aussi le nombre de couteau, au nombre de 4, parce qu'il avait été le quatrième à descendre de la fenêtre. Il n'avait pas grand chose de plus à vérifier, pourtant, tout avait un sens, pour lui. S'il perdait un couteau, il le remplaçait par autre chose. Sa chaîne, c'était un peu l'unité, le chiffre 1. L'anneau unique. Le précieux.

Son check up fait, il laissa ses mains retomber sur le lit. Peut-être que si la douleur dans son bras s'apaisait, il pourrait se rendormir. Ses yeux le brûlaient également, il comprit qu'il était fatigué et si Eve ne bougeait pas, alors il ne se ferait pas prier. Mais elle bougea. Il rouvrit difficilement les yeux et tourna la tête pour la voir se camoufler sous son oreiller. Une... deux... Trois... Elle ne bougea plus. Ses yeux se refermèrent et sa respiration redevint plus tranquille. Son bras calés sur son torse, son épaule ne le lançait plus autant et il essaya de profiter de ce répit. Celui-ci fut pourtant de courte durée.

A peine Eve se remit-elle à bouger - et à gémir, ce qui acheva ses rêves de se rendormir complètement - qu'il rouvrit aussi lentement qu'elle les yeux pour l'observer grogner comme un ours mal réveillé qu'on lèche dans le mauvais sens du poil. Elle se cacha à nouveau et cela lui arracha un sourire amusé. Il était du matin, lui. Et plutôt vite réveillé, en règle générale. Le confort alourdissait ses paupières, mais dans d'autres circonstances, il serait déjà loin, bien armé, bien réveillé... Ce qui lui donna une idée...

Il se rendit invisible, mais n'eut pas besoin de se porter inexistant pour elle, il savait que ça ne marcherait pas. Il se rapprocha d'elle en se laissant glisser sur le côté, puis le ventre et du bout de l'index, il chatouilla son bras, remontant jusqu'à son visage qu'il tenta d'apercevoir en relevant, toujours de son doigt, l'oreiller, lentement, le sourire malicieusement invisible.



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Eve
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Je sombrais, c'était bon, Tibor était calé et ne bougeait plus, nous avions tous les deux besoin de dormir. Surtout lui, le repos l'aiderait à vite se remettre en jambe. Je me sentais partir et déjà j'avais quelques images, d'abord des visages, celui d'Abel, quelques années plus jeune, puis une femme, blonde aux yeux bleus et un homme, souriant avec elle, brun, je n'arrive pas à voir la couleur de ses yeux, jamais. Toujours la même chose, un pique-nique, des rires...

Ce sont des images que je n'ai jamais su interpréter. Des souvenirs que je rêvais ? Un fantasme, moi qui voulais à tout prix une famille, retrouver MA famille ? C'était un rêve tout aussi agréable que gênant. J'étais là avec mon frère et deux inconnus, puis je tombe dans le vide. Cette sensation dans le ventre qui vous sort de vos songes avec cette envie de vous rattraper et... Vous vous réveillez, encore groggy de fatigue, dans un petit sursaut.

Puis j'ai senti une bestiole avancer sur mon bras. J'ai joué du coude sans réfléchir, les mouches qui vous galopent sur le bras, c'était fréquent et d'un désagréable. Puis je me suis grattée, j'ai ouvert les yeux pour jeter un oeil, voir si l'insecte était bien parti. Je n'ai rien vu, je n'avais même pas remarqué l'absence de Tibor, il ne devait pas être loin? Je me suis donc replacée, le nez caché dans le creux de mon bras, confortablement. J'ai baillé doucement.


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Tibor Bruusgaard
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Tibor sourit d'autant plus et cala sa tête doucement dans son propre coude, se servant de son autre bras, le blessé. Tant qu'il ne s'appuyait pas dessus... Son petit baillement lui tira des papillons dans le ventre. C'est qu'en prime, elle était tellement mignonne quand elle dormait. Il se souvint de sa veste qu'elle lui avait retournée la veille au soir, aussi il ne tenta pas d'approche plus "indiscrète". Doucement, il souffla sur son bras d'une brise légère.

Pour autant, il l'observa sans rien dire, se demandant bien à quel moment elle l'avait rejoint et pour quelle raison. Il demeura silencieux, cette fois bien réveillé et un millier de pensées traversèrent son esprit. Megalopolis, les raisons de son séjour, celles qui le poussaient à rester, tout ce que Eve ignorait, tout ce que lui ignorait... Un véritable exercice de mémoire pour certaines choses, mais un exercice très utile dans son cas.

Bien réveillé ou pas, à quelques centimètres d'elle, il referma les yeux. Il se sentait en confiance, confortablement installé, le Sanctuaire était calme, il était en sécurité. Autant de poids sur ses épaules - et sur son bras - qui s'évaporèrent et il se laissa retomber doucement dans un sommeil de surface, sa main chue près de son coude. Il se sentait tellement vaseux qu'il se demanda si cela venait des soins d'Eve, ou juste du fait qu'il appréciait ces instants de calme en sa compagnie.



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Eve
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Une petite brise me fit froid sur le bras et dresser les poils. J'avais oublié de fermer la fenêtre, et pourtant, je me souvenais très bien de l'avoir fermée. J'ai inspiré profondément, en tournant ma tête du côté de la fenêtre justement, chose idiote quand j'ai pris conscience que le souffle venait de l'opposé. Un courant d'air alors?

Je me suis étirée, je sortais un peu plus de mon sommeil. D'allongée sur le ventre, je me suis redressée, j'ai emporté avec moi mon oreiller et je me suis agenouillée, les fesses sur mes talons, les yeux encore fermés. Mon oreiller entre mes cuisses nues, les yeux mis clos et le menton levé, je faisais face à la tête de lit.
Je ne voyais pas Tibor mais je savais qu'il n'était pas loin, dans le saloon du moins. Seulement, j'étais encore trop à l'ouest pour déterminer où, je sentais sa présence, simplement. J'ai pris le flingue en face de moi, je l'ai posé, ne me demandez pas comment, sur la table de chevet à côté.

Je suis restée des longues secondes ainsi, zombifiée sans aucune motivation. Puis, je me suis laissée tomber lamentablement de tout mon long sur le lit, sans retenue.
Alors que je pensais me retrouver le matelas plutôt confortable, j'ai sentir comme un corps sous le mien.

Je vous prie de croire que je me suis réveillée tout à coup, quand j'ai compris que je venais de tomber sur Tibor invisible. J'ai posé mes mains partout sans savoir où je les mettais dans la panique...

- Putain ! merde ! pardon, pardon... ça va?


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Tibor Bruusgaard
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Tibor hurla en se retournant d'un coup sur le dos, serrant son épaule d'une main. Il se rendormait si bien que le choc lui tourna la tête. S'il ne réapparut pas complètement, la douleur lui fit vriller le Yu et il se mit à grésiller comme une ampoule mal vissée. Une pléiade de jurons s'échappèrent de ses lèvres, en russe. Il se redressa suffisamment pour regarder son épaule sous sa main légèrement tremblante. En cet instant, le regard meurtrier n'était pas vraiment pour Eve, mais plutôt pour Six, qui lui avait tiré dessus.

Il ferma les yeux et laissa sa tête retomber dans l'oreiller derrière lui. Immobilisé par Eve, il ne chercha même pas à se débattre. Qu'elle se soit effondrée de tout son poids sur son bras lui avait arraché plus qu'un cri et un juron.

Il rouvrit les yeux une fois que la douleur fut un peu plus éloignée. Il avait mal, toujours, mais le choc était passé à présent, il ne lui resta plus que les lourdes pulsations et son "scintillement" s'arrêta progressivement. Cette fois, il resta visible ! Il releva les yeux sur elle, un brin revanchard tout de même.

"Fallait le dire que tu voulais le lit, finalement, je te l'ai dit que ça me dérangeait pas de dormir ailleurs !"

D'accord, la douleur lui fit employer un ton sans grande sympathie. Il regarda à nouveau son épaule et maugréa.

"Ca va, je vivrai."

Et il laissa sa tête cogner la tête de lit en refermant les yeux. Il soupira et reprenant ses esprits. Il était si calme, si paisible... Et tout à coup... C'était le retour à la réalité.



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[CLOS] [Eve/Oblivion] Ce n'était ni un twix, ni un mars, pas plus un Snickers ...
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