2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Jason/Eden] Home sweet home

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Eden
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Eden avait trouvé un duplex dans la ville basse sous les toits. L’appartement était agréable, assez grand pour abriter le matériel informatique de la faction tout en la logeant. Pratique. Pratique et discret. En une journée, elle avait déménagé ses affaires. Cela n’était guère difficile, elle s’encombrait de peu de choses…

Le duplex en question se composait, au rez-de-chaussée, de quelques pièces. L’entrée s’ouvrait sur un vestibule qui menait à une grande pièce composée d’une cuisine et d’un salon. La cuisine n’avait rien de glorieux, cependant elle était fonctionnelle et cela lui suffisait. A quelques pas, Eden avait posé un canapé en velours vert et deux fauteuils crapauds autour d’une table basse qui avait vécu sa vie et même plusieurs. Deux grandes fenêtres donnaient un point de vue sur la ville basse et rendait la pièce lumineuse et chaleureuse. La jeune femme avait installé sa chambre dans une pièce contiguë au salon, qui comprenait une petite salle de bain et un dressing symbolique, qu’elle avait vite rempli.

Près de sa chambre, un escalier en colimaçon s’élançait vers l’étage. Tout en zinc, il menait vers une pièce ouverte où Eden avait installé les ordinateurs. Elle avait pris son temps afin de se ménager un espace de travail logique et fonctionnel, puis s’était attelée à ranger méticuleusement les fils. Elle avait aussi installé une petite table où voisinaient une cafetière, une bouilloire, quelques mugs et une boîte de thé en vrac. Elle avait pour vice de boire du Darjeeling en travaillant et n’entendait pas renoncer à cette habitude… Derrière la cloison, une seconde pièce avait été aménagée en bureau avec quelques rangements. Ici, elle pourrait travailler au calme et ranger quelques affaires. Elle avait dégoté un meuble qui ferait l’affaire dans un dépôt vente. Il trônait maintenant au centre de la pièce avec une chaise à l’assise confortable. Quelques meubles attendaient d’être montés et les planches correspondantes reposaient contre un mur, près d’un œil de bœuf. Les deux pièces étaient éclairées chacune par un puits de lumière sur le toit.

Eden s’était activée tout le jour et contempla le résultat, satisfaite. Il manquait encore des doubles rideaux et quelques plantes, mais ce n’était pas si mal. Elle serait bien ici. Transpirante, elle décida d’inaugurer la douche. En quelques pas, elle fut dans la salle de bain. Elle ouvrit le robinet d’eau chaude, qui mit quelques instants pour être à température. Elle en profita pour ôter son jeans et son débardeur. Elle vérifia la température de l’eau et satisfaite, la jeune femme balança culotte et soutien-gorge dans la corbeille à linge. La jeune femme se glissa dans la douche et se délecta un bon moment sous le jet d’eau brûlant. La vapeur envahissait la pièce. Elle attrapa son gel douche. En quelques gestes, elle se sentit propre. Un shampooing au miel suivit. Eden se rinça rapidement et ferma le robinet. Elle sortit de la douche et elle s’enveloppa dans une grande serviette éponge. L’eau ruisselait le long de ses cheveux et gouttait au sol. Elle se fit un turban avec une serviette plus petite et s’observa dans le miroir humide en souriant. Voilà, elle était chez elle.


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Jason Israel
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6 mois à vivre dans le doute, l'incertitude et la colère de ne pas tout savoir. Liberation avait souffert depuis la mort de Jericho, mise à mal par des non dits et des zones d'ombre sur lesquelles la lumière n'avait toujours pas été totalement faite. Mais depuis qu'ils avaient dû déménager, brûler le Saloon et changer radicalement leur vie, Jason était encore plus soupe au lait qu'avant. Déjà, changer d'environnement le perturbait plus qu'il ne l'aurait pensé. Ensuite, cette chose dans son poignet comme une cible de tir à vue. Depuis qu'il avait quitté la CIA avec perte et fracas, il avait pris un soin particulier à se faire passer pour mort et cela avait marché car la rubrique nécrologique d'un canard de Los Angeles. Il avait même eu un petit office dans une église presbytérienne.

Sauf que Jason n'était pas mort. Et aujourd'hui, il était même rené de ses cendres. Ca avait de quoi le déranger. Quand bien même c'était pour le mieux de Liberation, il lui faudrait quelques temps pour s'adapter. Jason n'aimait pas beaucoup être perturbé dans ses habitudes. Et alors qu'ils s'installaient avec Gen, il retrouva plusieurs affaires perdues de Marlene, vestiges de son passage par son appartement lorsqu'il vivait encore avec Annie. Quelques sous vêtements égarés - trop grands pour la jeune et frêle Annie à côté de la sulfureuse latino - des petites choses oubliées... Il avait placé le tout dans un carton qu'il décida de lui apporter après le travail.

Marlene était probablement celle qui s'en tirait le mieux. Un appartement en duplex en pleine Ville Basse, de quoi le rendre jaloux. Il avisa le bâtiment et soupira avant de monter jusqu'à frapper à sa porte.

"Marlene, c'est Jason."


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Eden
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On toqua à la porte. Surprise, Marlene dressa l’oreille. Le nouvel arrivant se présenta à travers la porte, c’était Jason. Elle fut vaguement troublée. Que venait donc faire Jason chez elle ? Evidemment, il se pointait alors qu’elle était en petite tenue… Ils entretenaient une relation étrange. Très suspicieux, ce dernier n’avait cessé de la mettre à l’épreuve et de la surveiller depuis son arrivée à Libération. Cette attitude l’avait blessée, même si elle ne le lui avait jamais dit. Ce n’était que depuis très peu de temps qu’elle le sentait fléchir. Sa position envers elle lors de leur réunion au sanctuaire l’avait surprise, il avait fait quelques pas vers elle mais elle demeurait distante. Polie, mais distante… Après un instant d’hésitation, elle répondit d’une voix claire :

- Deux secondes, j’arrive !

D’un mouvement de hanches, la serviette glissa au sol et secouant la tête, le turban suivit le même chemin. Marlene s’observa rapidement. Ses cours de boxe commençaient à porter ses fruits. Ses bras étaient plus musclés et son ventre, hyper plat. Elle esquissa un sourire et attrapant la brosse, elle brossa énergiquement ses cheveux humides pour les rassembler derrière la tête avec une pince. Nue comme un ver, la jeune femme se rendit à son micro-dressing duquel elle attrapa la première tenue qui se présentait : une ample robe trapèze qui marquait la taille et révélait ses jambes bronzées. Elle l’enfila à la va-vite. On verrait plus tard pour les sous-vêtements… Elle trottina vers la porte pour ouvrir au nouveau venu. Elle découvrit Jason qui attendait sagement devant sa porte, une boîte dans les mains. Elle eut un mince sourire et s’effaça du passage pour le laisser passer.

- Désolée pour l’attente, j’étais sous la douche… Je t’en prie, entre.


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Jason Israel
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Jason attendit sagement. Encore qu'il n'eut pas le choix de faire autrement. Il regarda autour de lui, un léger soupir d'humeur. Il voulait juste lui rendre ses affaires... Quand elle ouvrit, finalement, il se retourna pour lui offrir un léger sourire. Le même : poli, mais distant. Il se serait bien contenté de lui rendre ses affaires et de repartir sans en demander plus, mais il repensa aux dires d'Annie et acquiesça doucement en rentrant. Il avait promis de faire des efforts, et puis il voulait voir ce qu'elle avait réussi à se dégoter comme toit sur la tête.

Quand bien même il avait compris la manoeuvre, abandonner l'appartement qu'il occupait depuis des années, depuis son arrivée à Megalopolis, en vérité, lui avait coûté bien plus qu'il ne l'avait imaginé. Le Sanctuaire, ça n'avait rien à voir. Pourtant, il dormait mieux, les nuits étaient plus calmes, les couleurs plus jolies, les voisins moins chiants... Il finirait par s'y faire, il lui fallait juste plus de temps.

Il leva le menton pour étudier les alentours de l'appartement et il dut reconnaître que c'était un endroit auquel il se serait vite fait ! Quoiqu'un peu grand, peut-être. Jason aimait ce qui était intimiste et réservé. Comme lui. Après quelques pas, il se retourna vers elle et lui tendit le petit carton.

"J'ai retrouvé des trucs à toi et ton oncle. Comme j'ai fini de tout ranger, je te les ai ramenés." Il jeta un nouveau regard à l'appartement. "Ca va, tu t'installes ?" Et s'avança vers le salon en désignant ce dernier. "Je peux regarder ?"


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Eden
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Jason entra dans le vestibule et fit quelques pas sans cacher sa curiosité. Marlene referma la porte derrière lui et le rejoignit. Il lui tendit un carton, indiquant qu’il s’agissait d’effets personnels qu’elle et Levi avaient oubliés suite à leur départ. Elle hocha la tête et prit la boîte, celle-ci n’était pas bien lourde. La jeune femme l’entrouvrit et son regard tomba immédiatement sur des sous-vêtements, des culottes à vrai dire. Elle s’empourpra. Cela lui rappela que justement, elle n’avait pas eu le temps d’en enfiler en sortant de la douche… Elle referma la boîte bien vite, en tentant de balayer cette idée perturbante de son esprit. Jason lui demanda si son installation se passait bien, le sujet tombait à point.

- Oui, comme tu peux le voir, j’ai presque fini...

Cette discussion légère entretenue avec Jason était assez inédite. Assez distants, ils se connaissaient peu et depuis plusieurs mois, Marlene faisait son possible pour l’éviter. Elle n’affectionnait pas des masses son regard suspicieux posé sur elle en permanence et ses réactions soupe au lait face à tout ce qu'elle pouvait bien dire. Cette situation compliquée ne les avait pas aidés à forger des liens d’amitié. De tous les membres de libération, il était celui qui lui était le plus étranger. Aussi, en cet instant, le sujet de son installation était assez anodin pour être abordé sans crispations de part et d’autre alors autant le développer… Jason fit encore quelques pas et s’avançant vers le salon, il demanda très poliment s’il pouvait regarder. Elle n’y voyait pas d’inconvénients surtout que l’appartement en question abritait le matériel informatique de la faction. Il avait son mot à dire là-dessus… Tout aussi polie, elle accéda à sa demande :

- Je t’en prie, tu peux visiter si tu veux…

Elle l’observa un instant déambuler dans la pièce, posant son regard çà et là. Il semblait s’intéresser réellement au logement qu’elle avait déniché. Décidément, il n’en finissait pas de la surprendre, mais ce n’était pas pour autant qu’elle allait baisser sa garde. Faisant tout de même un effort, elle
reprit :

- Ici, il y a deux pièces : le séjour avec la cuisine et puis la chambre tout à côté. Je viens de finir d’installer les ordinateurs à l’étage, tu peux aller voir si tu veux. Dans la pièce contiguë, j’ai aménagé un petit bureau. C’est toujours utile…

Elle avait l’impression de jacasser à tort et à travers, alors elle se tut. Il devait bien se moquer de savoir qu’elle avait ou n’avait pas de bureau…


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Jason Israel
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Jason observa, tourna lentement dans la pièce et s'attarda surtout sur la vue. Elle était un peu en hauteur et même si ce n'était pas une vue plongeante, c'était tout de même plus que ce qu'il avait au Sanctuaire. Quand elle parla, il la regarda et la suivit dans ses gestes. Aller voir les ordinateurs, il les connaissait déjà, il les avait déjà vus... Et l'informatique, ce n'était pas son truc. Probablement même qu'il était le seul à ne pas s'en servir et à ne pas se balader sur les réseaux, comme Eve, par exemple ou Marlene également.

En fait, de tout Liberation, Annie était la plus transparente dans ce monde. Samaël était comme une cape invisible sur lui-même, mais Jason avait ce qui s'apparentait le plus à une vie... Normale. Il dormait, petit déjeunait, partait travailler, passait un peu de temps avec des amis - et certains n'étaient pas de Liberation - et rentrait chez lui. A présent, son nom d'emprunt était son véritable nom, il avait une puce, une voiture en règle... S'il n'y avait pas Liberation, Jason aurait été le parfait exemple américain.

"Je te fais confiance pour le matériel, je suis pas venu te fliquer !"

Il sourit un peu plus, dévoilant quelques dents, un léger souffle de rire s'en échappant.

"Des nouvelles de Levi ?"

Eve en avait bien eues, elle. Il fourra ses mains dans ses poches et se rapprocha d'elle. Libby n'avait pas cherché à lui parler et pour ainsi dire, Jason laissait Eve s'occuper du contact avec Abel. Il lui faisait confiance pour poser les bonnes questions, secouer Abel s'il le fallait. Et si Eve ne réagissait pas plus que ça, alors c'était que la situation était sous contrôle.


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Eden
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Sa proposition tomba à plat. Visiblement, Jason n’était pas venu pour visiter son installation informatique et sa réflexion finale, lui indiquant qu’il n’était pas venu la fliquer, la tendit. Son premier réflexe était de se fermer, mais elle comprit à temps, en voyant son sourire, qu’il plaisantait. Marlene n’avait pas l’habitude d’entendre l’humour de Jason, de ce fait, elle l’observa plus attentivement. Elle reconnaissait l’effort manifeste qu’il faisait pour être aimable. Habituée à ses mines sévères, elle songea que cette nouvelle expression, qu’elle ne lui connaissait pas, lui allait plutôt bien. Les traits de son visage étaient moins marqués, il paraissait plus jeune, plus ouvert. Par effet réflexe, elle se détendit et son sourire devint plus chaleureux.

- Heureuse de te l’entendre dire…

Il lui demanda si elle avait eu des nouvelles de son oncle. Elle savait qu’Eve avait eu des nouvelles du groupuscule qui s’en était allé, donc il devait savoir que Levi était sauf et en sécurité. Le sujet relançait agréablement la discussion. En tous les cas, il ne pouvait y avoir de fâcherie possible. S’éloignant de la fenêtre d’où il avait scruté la ville, il se rapprocha d’elle à pas lents.

- Oui, le voyage s’est bien passé et il va bien. J’avoue que le fait qu’il soit parti m’inquiète. Là-bas, je ne pourrais pas veiller sur lui… J’espère qu’il me donnera de ses nouvelles régulièrement… Dans le cas contraire, je risque d’être d’une humeur de chien, je te préviens ! Je suppose que tu reconnaîtras les signes annonciateurs…

En quelques mots, elle abordait le sujet de leur ancienne relation, en y mettant un peu d’humour ou de provocation, il choisirait… Un mince sourire étirait ses lèvres. Elle posa une main sur le canapé, l’invitant d’une façon muette à s’asseoir. Jason avait fait le tour du salon et n’entendait pas monter visiter l’étage, mais ils n’allaient tout de même pas rester plantés là au milieu du salon !

- Est-ce que je peux t’offrir quelque chose à boire ? J’ai du Jack Daniels, de la bière, du jus d’orange, du café et du thé. Si tu veux du thé, j’en ai des très différents…

Elle ne savait pas vers où allait ses préférences, alors elle lui débita tout ce qu’elle avait, c’est-à-dire pas grand-chose… Son bar serait mieux garni dans les prochains jours. Elle avait en tête une soirée entre filles, ici dans son appartement, peut-être même une soirée pyjama. Ce serait une façon amusante d’inaugurer son appartement et de remiser les tensions, qu’elle espérait anciennes, au sein du groupe. Il lui fallait un pur moment de rigolade entre filles, quelque chose de déjanté et d’alcoolisé…


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Jason Israel
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Jason n'était certes pas un grand communicateur, mais à peine un an plus tôt, elle ne l'aurait probablement pas reconnu. Ce grand noir sérieux au visage rigide était parfois le premier à proposer une sortie entre Libérés et sans se laisser endormir sur les verres. Quand bien même les petites cachotteries de Gen, Libby et Jericho ne le passionnaient pas, ils ne disaient jamais non à un verre un peu serré. D'ailleurs, l'une des dernières soirées "tous réunis", il avait ouvertement dragué une serveuse du bar dans lequel ils se trouvaient. Et à l'époque, c'était au pire étonnant de le voir aborder ainsi une inconnue dans le feu de l'action, au mieux amusant de le voir employer une technique de drague vieille comme le monde - mais qui marche. Mais jamais "déconnant" de la part de Jason. Si la situation se répétait aujourd'hui, personne ne croirait le conteur de l'anecdote. Et pourtant... C'était bien Jason qui avait invité cette inconnue devant l'église à aller boire un café avec lui.

Non, Jason n'était ni dépourvu d'humour, ni d'intérêt pour la gente féminine, quoique certaines mauvaises langues aient pu dire. De simples bouches jalouses de ne pas comprendre comment aborder cette masse discrète que seuls le devoir et la foi animent. (et ça, c'est pour ceusse qui lisent gros smile Cordialement,) Aussi, quand Marlene fit de l'humour, et dans cet environnement propice à l'entendre, il sourit d'autant plus. C'était de loin le sourire le plus large que la jeune femme lui ait connu. Pour autant, c'était loin d'être le plus grand dont il fut capable. Il acquiesça doucement.

"Je pense que je vais survivre."

Et elle aussi, par la même occasion mais aussi "aimable" pouvait-il être en cet instant... Il ne fallait pas non plus pousser jusqu'à l'entendre se mettre à mal pour exprimer ses excuses ! Il avait promis à Annie de le faire, il avait dit à Eve et Gen qu'il le ferait, il y viendrait. Mais pas sans préliminaires. (oui, toutafé, ce n'est pas un souci de vocabulaire). Contre toute attente, même, il répondit favorablement à l'invitation, retirant sa veste pour la poser sur le dossier. Il ne venait pas pour ça, mais... Rentrer tout de suite au Sanctuaire lui sembla une option moins alléchante que profiter encore un peu de la Ville Basse. Quand on est un garçon issu des quartiers très moyens d'une ville en ruines, on a tendance, malgré la forte pluviométrie comparée à l'ouest du pays, à trouver un confort familier à Megalopolis. Familier, et rassurant.

Mais avant de répondre, il rit. Oui, oui. Elle se transformait en salon de thé à elle-seule ? Il lui sembla déceler une certaine forme de nervosité, mais il fut bien incapable d'en deviner la source. Ce n'était pas non plus un rire aux éclats, plutôt quelque chose de léger, expiré comme une stupéfaction, tout en ayant un peu plus élargi le sourire sur ses lèvres. Marlene... Faisait mouche. Il prit le temps d'étudier la carte du menu, non sans détailler le visage de sa collègue, qu'elle avait fort joli, il l'avait déjà remarqué, mais pour une fois, il prit le temps de l'apprécier.

"Une bière, je veux bien. Merci."

Il attendit qu'elle revienne et s'assit avec elle en prenant son rafraîchissement. Plus sérieusement, il reprit, les yeux sur sa bière à la faire jouer entre ses doigts.

"Je pense que le jour où quelque chose n'ira pas, ils nous contacteront aussitôt. Levi ne restera pas sans nouvelles. Pas avec toi, en tout cas. Mais c'est un trio intelligent, qui ne laisse rien au hasard et on oncle ne les laissera pas virer à la dépression, j'imagine." Il acquiesça doucement et releva les yeux vers elle en tendant sa boisson vers celle de Marlene pour trinquer. "Pour l'instant, ils sont en sécurité avec l'Aube."


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Eden
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Il ne prit pas mal sa réflexion et sourit largement avant de lui répondre. Sa réponse était empreinte de détachement et d’humour. Quelques mois plus tôt, il ne lui aurait pas fait cette réponse, c’était certain… Ils avançaient, à petits pas, certes, mais c’était tout de même un progrès.

Jason comprit son invite car il ôta sa veste pour la poser sur un fauteuil près de lui. La liste des boissons qu’elle lui avait proposées sembla l’étonner car il se mit à rire franchement. Stupéfaite par sa réaction, elle le regarda bien en face alors qu’il l’observait plus attentivement. Un peu gênée par ce contact oculaire, franc et direct, elle bougea légèrement, pour se donner une contenance. Après un silence qui lui parut très long, il finit par porter son choix sur une bière. Elle hocha la tête.

- Alors, une bière ce sera !

Marlene en profita pour mettre un peu de distance avec Jason en allant dans la cuisine. Elle se sentait étrangement mal à l’aise et gauche. De plus, la proximité d’avec lui était… perturbante, oui c’était le mot. Ce n’était pas la sensation d’avant, c’était quelque chose de nouveau. Enfin, c’était bizarre, voilà !

La jeune femme fit quelques pas et ouvrit le réfrigérateur. Elle y dénicha deux bières qui tintèrent l’une contre l’autre lorsqu’elle les attrapa et les déposa sur un plateau. Deux verres et un décapsuleur suivirent. Elle aurait choisi un autre décapsuleur si elle en avait eu un autre, mais ce n’était pas le cas. Celui-là était en forme de pin-up… Elle soupira fugacement et traîna à dessein, retardant quelque peu son retour vers le salon. Marlene était une cérébrale et la situation avait de quoi la faire réfléchir. Elle mettait à profit ce temps, fouillant ici et là dans les placards à la recherche du bocal d’olives qu’elle se rappelait avoir acheté. Elle mit enfin la main sur le fameux bocal et en déversa une partie dans un ramequin. Fin prête, elle saisit le plateau et s’en fut le poser sur la table basse du salon. Elle s’assit, prenant bien soin de ramener les plis de sa robe sur ses genoux. Elle releva son visage vers Jason, qui s’était assis. elle décapsula les bières et lui tendit  bouteille et verre avant de se servir. Il fit jouer la bouteille entre ses doigts alors qu’elle versait le contenu de la sienne dans son verre. Elle n’aimait pas boire au goulot, mais entendait profiter de sa bière, la humer, contempler sa couleur ambrée… C’était quelque chose d’éminemment sensoriel, voire même de sensuel, comme son vice pour le thé.

Jason reprit la discussion où elle s’était arrêtée, à propos de Levi. Ses paroles étaient rassurantes. Elle le remercia d’un sourire fugace. Il tendit sa bouteille vers elle, manifestement pour trinquer. Elle fit tinter son verre contre son rafraîchissement et rebondit sur ses propos :

- Je sais qu’ils sont intelligents et solides… Je ne doute pas de leurs compétences. Je ressens juste de l’inquiétude parce que je ne suis pas là-bas à veiller sur Levi. Tu sais, il a toujours été là. Dans le passé, il m‘a aidée à fuir et c’est la dernière famille qui me reste…

Spontanément, elle lui sourit franchement.

- Excuse-moi, je ne veux pas te saouler…Tu n’es pas venu pour ça, hein ?


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Jason Israel
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Il tiqua un peu plus. Il se savait quelque peu difficile à vivre avec elle depuis le début de l'année. Mais pas de là à l'impressionner, aussi ce sentiment ne le gagna aucunement et il continua à ne pas comprendre ce qui semblait la mettre si mal à l'aise. Il était pourtant... Comme d'habitude.

"Non, je suis venu te ramener tes petites affaires qui étaient tombées derrière mes gros meubles."

Cette fois, son sourire se fit bien plus franc avant qu'il ne boive une rasade. Peut-être la faute à ce décapsuleur euh... Original. Il ne le commenta pas, cependant, pourtant il se demanda ce qu'un objet pareil faisait chez une fille pareille. Peut-être des restes d'anciens locataires ? Des vestiges de son oncle ? Petit à petit, son sourire s'effaça pour redevenir plus sérieux.

"On a tous quelqu'un qui nous a aidé à fuir. Je comprends tes inquiétudes, j'ai les mêmes." Il réfléchit une seconde, le regard dans le vide puis il leva les yeux dans les siens. "En général. Je veux dire, je m'inquiète pour Levi et les autres aussi."

Jason se trouva mal à l'aise à cause du propre malaise de la jeune femme, comme s'il était communicatif. Au moins, ce petit déséquilibre offrit à Marlene tout un parc d'attractions du sourire à commencer par les descentes en canyon de ses zygomatiques.

"De toute façon, avec ton matériel, tu peux suivre à distance, non ? Je ne suis pas... Vraiment doué avec ces choses-là, mais je sais qu'un satellite est vite passé."

Dans sa carrière d'analyste, des machines, il en avait croisé et des surf sur internet, aussi. Mais ce que faisait Marlene, et Jericho avant elle, était bien différent. Et puisqu'on en parle... Il se racla la gorge et reprit, sur un ton plus léger.

"Je ne sais as vraiment d'où tu viens ni de quoi tu as fui, d'ailleurs. Pas lus que ton histoire en général."


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Eden
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L’allusion au motif de sa venue lui remit en tête la vision perturbante des culottes de dentelle à l’intérieur du carton. Piqûre de rappel qui lui rappela que justement, elle n’avait pas eu le temps d’en mettre une après sa douche. Elle n’avait pas de soutien-gorge non plus d’ailleurs… Elle comprit tout à coup la raison d’une partie de son trouble. Elle se sentait nue face à Jason et cela la déconcertait. A vrai dire, qu’elle porte une culotte n’aurait pas changé grand-chose, cependant elle se serait sentie plus sûre d’elle, ça c’était certain ! Incroyable que le pouvoir un simple bout de tissu ! (dérivé d’une réplique de maître Yoda, mais il ne parlait pas de culotte, hein ! ;) )

- Je t’en remercie, d’ailleurs… Je ne crois pas l’avoir fait.

Il sourit et son expression passa par une palette d’expressions diverses et variées jusqu’à ce qu’il devienne sérieux, physionomie qu’elle lui connaissait davantage. Les yeux dans les yeux, il lui annonça qu’il s’inquiétait aussi pour eux, mais elle n’en doutait pas. Jason était quelqu’un d’entier qui se souciait beaucoup de la sécurité des membres de la faction.

- Je n’en doute pas, Jason… Je suppose que je me sentirai mieux quand ils seront rentrés, voilà tout… Leur absence me rend nerveuse.

A vrai dire, il n’y avait pas que ça qui la rendait nerveuse, mais jamais elle ne l’aurait avoué et surtout pas à lui. S’il se posait des questions, au moins aurait-il un os à ronger.

Il reprit, lui indiquant qu’elle avait les moyens de suivre leur trace et de les contacter si besoin. Il avait raison. Sans nouvelle de Levi et des autres, elle les traquerait c’était certain. Cependant, on n’était pas rendu là… Pour l’heure, tout allait pour le mieux, n’est-ce pas ? Elle chassa cette inquiétude de son esprit, elle refusait de songer à la disparition éventuelle de Lévi. Elle était perdue dans ses pensées lorsqu’il changea de sujet pour aborder celui de son passé. Son cœur eut un raté. Sous la surprise, elle croisa le regard du jeune homme, en écarquillant les yeux. A la vérité, elle n’aurait jamais songé que le premier qui lui parlerait de son passé serait Jason. Elle avait pensé plutôt à Annie ou Eve, avec lesquelles elle nourrissait des liens d’amitié et une connivence certaine.

- Excuse-moi de ma réaction… Ta question m’a surprise.

Elle se tut quelques instants et réfléchit rapidement. Son regard balaya à droite et à gauche. Spontanément, la question de sa sécurité revenait, insidieusement. Elle avait du mal à faire confiance. Elle se reprit. Jason était un membre de Libération, elle ne craignait rien… Elle respira doucement, tentant de calmer son cœur qui s’était emballé. A vrai dire, cela faisait une éternité qu’elle ne s’était épanchée sur le sujet. Il y avait bien Lévi, mais entre eux, point besoin de paroles, un simple coup d’œil et il comprenait le tumulte qui avait cours en elle. Alors, elle allait courir ou boxer, c’était selon… Elle ramena son regard vers Jason.

- Eh bien, c’est vrai, je n’en ai parlé à aucun de vous…Je suppose que tu as le droit de savoir.

Elle tripota une mèche de cheveux en un geste machinal, qui trahissait son degré de nervosité. Elle ne savait vraiment comment présenter les choses, alors fidèle à sa nature très directe, elle se lança :

- Je viens de Saint-Louis, dans le Missouri… Mon père était ouvrier d’une filiale de la Waleman Dynamics et j’ai grandi dans cet environnement.  Mon enfance a été heureuse et j’ai été bien entourée… Je me suis intéressée à l’informatique assez jeune, d’autant plus que j’étais douée. Ca me plaisait et mes parents étaient si fiers... Vers mes 18 ans, la Waleman Dynamics m’a offert une bourse d’études à Megalopolis. Vu que mes parents étaient au chômage, ça tombait bien. Je les aidais en hackant déjà à cette époque et on s’en tirait…

Elle fit une pause, en l’observant. Jason écoutait, sans la couper. Elle reprit :

- Mes études se passaient bien. A vrai dire, je trouvais ça facile et je trouve toujours que ça l’est… Cependant, en dernière année, certains de la promo ont été sélectionnés pour un exercice de travaux pratiques. J’étais contente d’être dans le lot et qu’on m’ait remarquée… Au début, ça s’est passé assez normalement. On nous a fait visiter les laboratoires secrets de la Waleman et puis, je ne me rappelle pas… Je me suis réveillée là-bas, mais j’étais entravée. Ils m’ont exposée à Yu, sous contrôle médical, comme une saleté de rat de laboratoire… J’avoue que lorsque Sam m’a « aidée » à découvrir quel était mon pouvoir, cela m’a rappelé cet épisode. Je crains de n’avoir pas été des plus agréables…

Elle eut un sourire désabusé.

- C’est Levi qui m’a trouvée et qui m’a aidée à m'échapper… En conséquence, on m’a punie, tu sais… On m’a punie et de la manière la plus abjecte qui soit.

Elle soupira profondément et cracha l’information :

- Ils ont exécuté mes parents en représailles… C’est comme si je les avais tués moi-même, en somme. Je suis responsable. Jéricho nous a trouvés ensuite. The end.

Elle plongea son regard dans celui de Jason et se tut. Elle avait parlé beaucoup. Cela suffisait.


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Jason Israel
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Au fur et à mesure qu'elle parlait, Jason s'assombrit, la bouteille entre ses mains. Il finit même pas la poser sur la table et froncer les sourcils. La Waleman ? Dans son esprit passa le nom de Lisbet et il se demanda si celle-ci était au fait de ces agissements. Jason ne savait pas si Marlene avait parlé de tout ça avec les autres, ne serait-ce avec Abel. Il lui avait posé des questions, n'est-ce pas ? En avait-il seulement eu le temps ? Il avait intégré Marlene et Levi avec une telle rapidité... Jason était, finalement, celui qui avait rencontré le plus de problèmes avec eux.

"Excuse-moi, je ne pensais as faire remonter ce genre de choses."

Marlene était une preuve que a Waleman fomentait des choses dans ses labos secrets. Il ne serait pas étonné que ceux qui avaient fait enfermer Samaël étaient les mêmes qui avaient conditionné la jeune femme contre son gré. Bientôt, leur nouvelle cible serait verrouillée, à ce rythme.

"Mais tu n'es pas responsable pour tes parents. Il n'y a qu'eux, ce sont les seuls responsables. Tu n'as pas à t'en vouloir et très probablement, même, que tu n'aurais absolument rien pu faire pour tes parents."

Il en était certain, mais il chercha à l'apaiser. Si personne n'avait fait assassiner sa famille, c'est parce que toute la CIA espérait bien que son ouaille traîtresse rentrerait un jour au bercail. Et ce jour-là serait le dernier de sa vie dont il entendrait les sons.

Il avait retrouvé un visage que Marlene connaissait bien et où la colère et la froideur implacable se lisait. Pour autant, cette fois-ci, ce ne fut pas dirigé vers elle, ni contre elle, mais plutôt pour elle.

"Quand tu es arrivée, tu as dit avoir trouvé les Protecteurs, en cherchant Liberation..." Il secoua la tête et décroisa brièvement les doigts, curieux. "Pourquoi ? Le plupart des gens Candidats contre leur gré, ou même des Positifs oppressés, réclament au pire notre aide mais sans pour autant chercher à nous rejoindre."

Quand bien même Jason avait "repoussé" Marlene tout ce temps, il n'avait pas pour autant perdu une miette de ce qu'elle avait déclaré s'il avait pu l'entendre.


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I don't wanna be the next anybody.
I just wanna be me."
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Eden
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- Tu n’y es pour rien, rassures-toi. J’aurais pu choisir de ne rien te dire… J’y pense tous les jours... Par contre, cela fait très longtemps que je n’en ai pas parlé à quelqu’un. Je ne sais pas si tu l’as remarqué, mais j’ai du mal à accorder ma confiance…

Il eut des paroles apaisantes à son égard et tenta de lui faire comprendre qu’elle n’avait pas de culpabilité à entretenir au sujet de l’exécution de ses parents. Cependant, ce sentiment était enraciné très loin en elle. Elle hocha la tête machinalement, plus pour lui faire comprendre qu’elle l'avait entendu . Elle le regarda bien en face.

- Parfois, j’imagine que si je n’avais pas fait d’études ou si j’étais restée enfermée dans le labo de la Waleman, mes parents seraient toujours en vie. Tous les scénarii que j’imagine conduisent à la même issue : sans moi, ils n’auraient pas été exécutés… Je te remercie, Jason pour tes paroles et ta sollicitude. J’imagine que je n’arriverai jamais à me dépêtrer de l’idée que j’ai ma part de responsabilité dans le meurtre de mes parents, qu’elle soit directe ou indirecte… Et je dois vivre avec ça.

Marlene se tut et attrapant son verre, elle but une gorgée de bière. Le liquide lui parut bien fade. Elle aurait dû se servir un double bourbon. Elle était tentée de repousser sa bière et d’aller se servir le verre qu’elle désirait à présent, mais bon, ça attendrait. La jeune femme ramena son attention vers Jason. Son visage était devenu bien sombre et son sourire n’était plus qu’un souvenir. Il finit par citer une phrase qu’elle avait dite. Elle haussa un sourcil. Il ne l’avait pas vraiment ignorée finalement, mais finement observée, écoutée, étudiée. La question qu’il lui posa la surprit, mais cela l’éclairait sur ses réactions du début à son égard. Après un silence, elle lui répondit :

- La question qu’il faudrait plutôt poser est pourquoi pas ?

Elle ne résista à faire un peu de provocation :

- De plus, je ne sais pas si tu as remarqué mais je ne suis pas la plupart des gens…

Elle sourit et s’expliqua :

- Si je suis venue parmi vous, c’est pour me battre à vos côtés, car vos idées sont les miennes. Est-ce si étonnant ?


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Jason Israel
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Quand bien même il sut que ses paroles n'auraient aucune influence, il ne put s'empêcher de les prononcer.

"Je sais que c'est sûrement la chose la plus dure que tu devras faire, mais il faut absolument que tu cesses de voir les choses de cette manière. Tu vivras toujours avec, c'est certain... Mais ça finira par te tuer."

Il eut la confirmation qu'elle n'en avait donc pas parlé avec Abel. Ou était-elle restée très succinte ! Venant de l'islandais, c'était fort peu probable, mais finalement pas étonnant compte tenu des derniers mois. Abel avait agi si bizarrement, et personne n'avait la réponse. Enfin, au regard de Liberation, Jason secoua doucement la tête. Cette fois-ci, il ne répondit pas à son sourire. Quand bien même il ne fit montre d'aucune animosité, lorsqu'on parlait de la faction, il ne plaisantait pas.

"Encore une fois, la plupart des gens ne prennent pas forcément part au combat. J'entends par là, activement. Je me posais plutôt la question de savoir... Ce qui a été le déclic. Ce qui t'a poussée, décidée, motivée à nous rejoindre. Tu aurais pu rester en arrière ou même juste une informatrice, tu vois ce que je veux dire ? ils sont nombreux à rester à distance, pour juste écouter, relayer..."

Il haussa les épaules.

"On a tous nos raisons, aucun de nous n'est là par hasard. Toi... Tu nous cherchais... Tu..."

Machinalement, il leva une main vers son visage et passa son pouce sur une de ses pommettes pour lui retirer un cil qui le gênait dans sa vision depuis plusieurs minutes.

"Tu te croyais encore Négative."

Et comme si de rien n'était, il récupéra sa main pour reprendre sa bouteille et la porter à ses lèvres.

"Ce n'est pas un reproche ! Je suis juste curieux."


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Eden
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Voir les choses différemment ? C’était plus facile à dire qu’à faire.

- Ca me ronge… Je fais souvent des cauchemars d’ailleurs. Le sport est un bon exutoire. J’ai commencé la boxe et je cours, ça me permet de me vider un peu la tête…

Il revint sur sa question et la développa en prenant son temps. Visiblement, ce qu’elle avait répondu ne le contentait pas. Le ton de sa voix n’était pas abrupt, il était juste curieux, peut être souhaitait-il tout simplement la connaître mieux… Soudain, tout en parlant, il avança une main vers son visage. Elle sentit bientôt son pouce glisser sur la peau, le long de sa pommette, comme si cela était très naturel entre eux. Il en retira un cil et satisfait, il attrapa sa bière, pour en boire une gorgée. Figée, elle le regarda un peu stupéfaite. Son contact n’avait pas été désagréable, c’est juste que c’était… intime. Elle tenta là-dessus de répondre à sa question, mais troublée elle ne put. A la place, elle saisit son verre pour boire également une gorgée de bière. Elle tenta de mettre de l’ordre dans ses idées. Il parlait de quoi déjà ? Ah oui, ses motivations d’avoir rejoint Libération. Très franche, elle lui délivra le fond de sa pensée :

- Tu veux savoir quelle est ma motivation ? Eh bien, j’en ai plusieurs. Je suppose que le monde dans lequel nous vivons ne me convient pas. La façon dont on traite les positifs m’a toujours révoltée, même en tant que négative et j’ai choisi sciemment de m’engager pour lutter contre ça. J’aspire à la liberté de vivre comme je l’entends et sans craindre d’être traquée ! Secondo, on m’a changée, moi ! on m’a forcée à devenir candidate pour « servir » ! Tercio, on a tué mes parents, comme ça, comme s’ils n’étaient rien d’autres que des objets dont on pouvait disposer librement pour m’atteindre…

Le ton de sa voix était égal et n’avait rien d’agressif. Malgré tout, des émotions contradictoires  provoquées à la fois par le geste de Jason et le souvenir de ce qu’elle avait vécu se percutèrent. Le mélange était explosif. Sans qu’elle se rende compte, sa peau commença progressivement à changer de couleur.


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Jason Israel
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Jason secoua doucement la tête.

"Nombreux sont ceux ayant perdu quelqu'un ou quelque chose, ayant été mal mené et restant sujet à l'oppression et une part d'esclavage, ça ne fait pas de nous tous des combattants, ni des soldats. A part Annie, tu es la seule à n'avoir jamais reçu d'entraînement militaire ou même paramilitaire. ne vois pas là comme un reproche, je suis simplement curieux, c'est tout. J'aime bien comprendre les gens, d'autant plus lorsque ceux-ci font partie de mon équipe."

Il aurait bien dit "famille", mais pour l'heure, Marlene n'en faisait pas partie. Trop récente dans le groupe. Il eut un sourire en coin, incrédule.

"Et au moment où tu nous cherchais, tu ne savais pas que tu étais déjà Candidate. Mais ce n'est pas très important, tu es là, maintenant."

Pas qu'il ait eu grands mots à dire, d'ailleurs. Un simple "La ferme" de la part d'Abel avait clos le débat et de toute façon, Liberation n'avait vraiment eu le temps de délibérer sur la tâche. Levi et Marlene ont intégré la faction et les choses ont poursuivi leur course.

"Malgré tout, je comprends ta colère, mais ce n'est pas ce qui doit te motiver. Qui plus est... Tu es avec nous, tu es donc traquée. Liberation n'a pas que des amis."


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Eden
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Par ses questions, Jason exprimait les raisons de la suspicion qu'il avait nourrie à son égard. En fait, il n’arrivait pas à comprendre ce qu’elle faisait parmi eux et cette idée l’avait rendu soupçonneux dès son arrivée, d’autant plus qu’elle se croyait négative. Jason revenait beaucoup sur cet état de fait d’ailleurs, comme si cela l’avait déconcerté. Une négative se battant pour des positifs… La mort de Jéricho avait eu lieu au même moment. La colère et la rancune avait alors pris le pas sur le reste. Elle ne savait pas vraiment que lui dire de plus et finalement, elle n’avait pas envie à cette heure de le convaincre sur ce qu’elle était. Marlene avait vraiment besoin d’un verre plus corsé à présent et elle tergiversa pour savoir si elle allait se le servir tout de suite ou juste l’instant d’après. Jason finit par sourire et clore le sujet. La jeune femme se détendit un peu et, lissant les plis de sa robe, répondit d'une voix claire :

- Comme tu le dis, je suis là et je n’ai pas l’intention de partir.

Jason reprit le sujet de sa motivation à œuvrer à leur côté. Manifestement, il ne trouvait pas que la colère était un motif suffisant pour s’engager. Son questionnement à son endroit finit par la piquer. Il lui faisait un entretien d’embauche ou quoi ? Bientôt, il allait lui demander de citer ses qualités et ses défauts ! Et quoi ensuite ? La promotion canapé ? Posant une main sur la table basse, la jeune femme se pencha vers lui et, plongeant son regard dans le sien, elle poursuivit :

- Je pense que chacun a des raisons très différentes de combattre au sein de la faction et ma raison est tout aussi honorable… D’ailleurs, cela ne regarde que moi. Quant à la traque, oui, je suis traquée en étant à vos côtés, mais j’étais aussi traquée suite à ma fuite des labos de la Waleman et je l’aurais été toute ma vie durant si j’étais restée seule. Franchement, traquée pour être traquée, je ne vois pas la différence… Maintenant que j’y réfléchis, si, je la vois la différence ! Maintenant, je ne suis plus seule avec Lévi, j’ai rejoint une communauté humaine. Tu comprends, je ne suis plus seule…

Marlene acheva son laïus et baissant les yeux vers sa main posée à plat sur la table, elle s'aperçut que sa peau chatoyait à présent, semblable à la nacre des coquillages marins. Elle comprit que si elle ne calmait pas le tumulte d’émotions qui avait cours en elle, elle allait lui faire le coup de la femme invisible. Franchemant, avait-elle vraiment besoin de ça à l’instant présent? Elle regarda Jason calmement et lui adressa un mince sourire. Il n'avait jamais vu son pouvoir se manifester, il devait être surpris... Elle respira profondément pour tenter d’inverser le processus qui avait cours en elle.


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Jason Israel
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La tension était palpable et Jason était parfaitement conscient d'avoir touché un nerf sensible. Quant à un entretien d'embauche, la jeune femme n'en avait jamais eu, alors qu'elle aurait dû. On l'avait laissée entrer dans l'antre, comme ça, sans interrogatoire, on l'avait laissée les découvrir, un à un, visage, nom, histoire, pouvoir... Mais parce que Liberation avait besoin d'elle, on n'avait pas posé de questions ? Alors quoi, Jason était le premier à le faire ?

Il continua de croire que d'une certaine manière, sa présence était risquée. Il ne pensa pas une seconde qu'elle puisse leur faire du mal ou d'être indigne de confiance. Cependant, ils n'avaient pas non plus besoin d'un nouvel élément traqué. Ce qui l'inquiétait surtout étant qu'elle ne voyait pas la différence. Il espéra ne pas avoir à lui faire découvrir cette divergence d'opinion.

Il attendit qu'elle se calme. Il n'en était pas à son premier Candidat et comme à l'accoutumée, il resta de marbre, jusqu'à ce qu'elle se soit calmée. Enfin, il répondit d'un ton calme et posé.

"Je crois qu'il serait intéressant de travailler à tes problèmes de colère."

Et il était sincère. Il ne plaisantait pas lorsqu'il jugeait la colère un mauvais moteur d'action. Jason était un des rares membres de Liberation à ne pas être animé par cette émotion risquée. Marlene en avait fait les frais, lorsqu'il était en colère, il explosait. Tout simplement, peu doué à retenir ce sentiment dans ses tripes.

De toute façon, comme elle le disait, elle n'avait pas l'intention de partir, alors autant la recadrer et l'aider si besoin était. En tout cas, il ne baisserait pas sa garde en ce qui la concernait.


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Eden
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Il garda le silence, attendant manifestement qu'elle se calme. La technique de respiration par le ventre était efficace et progressivement, sa peau retrouva la teinte qu'on lui connaissait. C'est alors que Jason prononça une série de mots qui la laissèrent coïte. Elle leva les yeux vers lui, interdite. Après un instant, elle lui répondit très calmement :

- Et tu proposes quoi concrètement, pour y remédier?

Elle se leva et s'en alla quérir sa bouteille de bourbon. La bière finie, elle avait bien envie de quelque chose de plus fort. Revenant dans le salon, elle lui montra la bouteille.

- Tu en veux?

Puis, elle s'assit et se servit une généreuse rasade.


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Jason Israel
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Il montra sa bouteille à moitié pleine. Jason ou comment être le seul à pouvoir conduire à la fin des soirées. Il secoua doucement la tête.

"Je vais déjà finir celle-ci, merci."

D'autant que quelque chose de plus fort, ce n'était pas son heure. En jouant avec l'étiquette de la bouteille de verre, il lui répondit.

"Commencer par accepter ce qui t'est arrivé, ça aidera à diminuer ta colère. Tu ne pourras jamais la faire taire, de toute façon. Mais tu dois trouver un autre moteur. La conviction de faire quelque chose de bien, d'oeuvrer pour des idées. Pour ça, tu dois trouver un équilibre entre ton passé et ton présent. Là où tu vas, ton passé, tout le monde s'en fiche."

Jason était plutôt dur, mais après tout, c'était la seule chose qu'on attendait de lui. Il releva les yeux sur elle sans hausser plus ce ton calme qui le caractérisait.

"Je n'ai jamais dit que c'était un remède facile à ingérer, mais c'est le seul que j'ai, le seul que je connaisse. La vengeance et tous ces trucs, c'est pas bon pour le business, ça rend imprévisible et irréfléchi, tu vois ce que je veux dire ? Tu dois trouver un moyen de transformer la colère que tu ressens en quelque chose de plus motivant. En joignant Liberation, ce n'est pas toi que tu vas aider. On s'en fiche de toi, de moi, des autres... Ce sont eux qu'on veut aider et qu'on va aider, c'est cette oppression à laquelle on veut mettre un terme. Eviter que d'autres innocents subissent la même chose que nous et connaissent le même sort."

Jason le premier s'était soustrait à la foule, sans pour autant devenir mercenaire. Mais plus que sa vie, il était devenu lui-même Liberation. S'il n'en était pas un symbole comme Abel, il l'imitait bien. Il n'avait plus de nom, sinon celui qu'il s'était donné pour des raisons pratiques et non sentimentales, même sa personnalité était réduite au minimum, sans parler de ses contacts avec le monde extérieur. Ce n'était qu'à force de voir les autres se "faire plaisir" qu'il avait songé à en faire autant. Cependant, il était dévoué à Liberation, tout entier. Pas sûr que les autres voient les choses de la même manière, jusque là, personne ne lui avait rien dit...


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Eden
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Il n’avait pas fini sa bière aussi il refusa sa proposition. Elle hocha la tête et saisit son verre pour boire une lampée du breuvage qu’elle s’était versé. Jason prit la parole et explicita sa vision des choses d’une voix posée. Les yeux baissés, Marlene l’écoutait attentivement, tout en faisant basculer légèrement son verre d’un côté puis de l’autre. La lumière éclairait le liquide alcoolisé de nuances chaudes et ambrées qui variaient au gré des mouvements de son poignet.

Il était difficile pour Marlene d’entendre ces paroles de la part de Jason, qu’elle ignorait quasiment la veille encore. Il semblait avoir beaucoup travaillé sur lui pour en arriver à ces conclusions et entendait manifestement lui faire profiter de son expérience. Elle ne le coupa pas, le laissant développer ses idées. Il avait lancé son harpon, mais elle entendait voir jusqu’où menait la corde.

- Je vois parfaitement ce que tu veux dire…

Il parlait beaucoup de sa colère et c’est vrai qu’elle en avait au fond d’elle. Il continua à argumenter mais il l’avait mal cernée sur plusieurs points. A sa décharge, il la connaissait peu… Il parlait d’aider les autres, mais c’est ce qu’elle faisait et de son mieux encore. Il parlait de faire cesser l’oppression, c’était l’une de ses motivations et depuis qu’elle était Négative d’ailleurs. Croyait-il qu’elle était si égocentrique, si égoïste qu’elle ne songeait qu’à elle-même, qu’elle pensait uniquement à sauver sa peau ? Non. La preuve. Si elle avait songé un seul instant qu’elle puisse être un danger pour eux tous, elle serait partie sans prévenir personne et sans se retourner, en laissant Levi en sécurité derrière elle. Elle se serait battue, seule, mais ses idées n’auraient pas été différentes… La jeune femme changea de position, ramenant ses jambes sous elle en prenant un soin particulier, voire minutieux, à ramener les plis de sa robe sur ses genoux. Elle but une autre gorgée de son bourbon et prit la parole :

- Crois-tu réellement que je sois si égocentrique ? Tu dois avoir une bien piètre opinion de moi en ce cas.

Elle leva les yeux vers lui, légèrement blessée. Elle répliqua :

- Je crois que ton expertise est inexacte. Je ne me bats pas pour moi, sinon je me serais contentée de combattre ceux qui m’ont changée et qui ont tué mes parents. La cible aurait été verrouillée et j’aurais mis toute mon énergie en ce but…

Elle joua avec une mèche de cheveux échappée de sa coiffure.

- Comme tu l’as souligné à maintes reprises, je me croyais Négative lorsque je vous ai rejoints. L’oppression à l’encontre des Positifs, cela fait un moment que je la combats. Je n’ai pas attendu d’être dans vos rangs pour m’y mettre et je passe d’ailleurs pas mal de mon temps à le faire… Maintenant, si tu crois que je n’ai pas ma place parmi vous, je suppose que je peux comprendre ton point de vue.

Cette phrase, qui pouvait passer pour anodine, ne l’était pourtant pas. Elle annonçait même un détachement, mais il y avait peu de chances que Jason le comprenne réellement, vu qu’il ne la connaissait pas. Marlene n’entendait pas être un fardeau. Si tel était le cas, il était grand temps qu’elle réfléchisse à la situation.


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Jason Israel
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"Ce n'est pas ce que j'ai dit."

Il inspira profondément en reposant la bière sur la table.

"Mon problème c'est que Liberation n'est pas à prendre à la légère, mais c'est ce qu'Abel a fait en vous acceptant, comme ça, sans rien dire, simplement parce que Jericho s'est suicidé pour vous laisser la vie sauve. Mais j'imagine que ça va avec le reste. On a tous eu droit à un passage en règle, ce qu'on sait, ce qu'on veut, ce qu'on va faire et comment on le veut. Comprend qu'en ce qui te concerne... Tu es arrivée comme un cheveux sur la soupe. Je veux simplement m'assurer qu'on soit d'accord. Je n'ai pas d'opinion de toi, je ne te connais pas."

Il mêla ses doigts entre eux, les bras appuyés sur ses genoux.

"Ecoute, je sais que j'ai été particulièrement injuste avec toi et je n'en suis pas entièrement désolé, même si une part de moi s'en excuse."

Faut pas pousser, Annie...

"Seulement, tu as vu dans quel état est Liberation, la mort de Jericho est un peu la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, ce n'était déjà pas glorieux avant que tu arrives. Petit à petit, on dirait que chacun s'évade, regarde ailleurs et honnêtement, j'ai du mal à accepter certaines choses, cependant, je n'en dis rien, après tout, ça ne me regarde pas, sauf quand cela fait du tort à Liberation. Tout ce que j'espère, c'est que..."

Jason haussa les sourcils et secoua la tête en cherchant ses mots. Il se passa un pouce sur le coin de la bouche et finit par ouvrir les mains.

"Tu as la tête avec Liberation et que tu ne t'éparpilleras pas. On a du travail, je veux simplement m'assurer que tu es avec nous et que tu vas le rester. Tu comprends ce que je veux dire ?"

Il n'irait pas jusqu'à dire qu'ils avaient absolument inconditionnellement besoin d'elle, mais maintenant qu'elle savait qui ils étaient, il s'agissait de ne pas la laisser repartir, comme ça. La confiance de Jason s'obtenait à long terme...


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Eden
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Il lui dit qu’elle avait mal compris ses propos. En silence, elle l’observa reposer sa bière sur la table basse. Il reprit son monologue. Les mots qu’il prononça les uns derrière les autres ne l’aidèrent pas à se détendre. Le sujet de son arrivée et la mort de Jéricho en particulier était encore difficile. Elle s’était sentie responsable et l’attitude de Jason ne l’avait franchement pas aidée à dépasser ce sentiment douloureux. Au contraire, même. A chaque fois qu’elle apercevait ses yeux sombres posés sur elle, elle pensait aux raisons de sa défiance, à Jéricho. Elle soupira profondément et but une gorgée de bourbon. Elle espéra que la boisson ferait bientôt son effet.

Il embraya sur des excuses qui n’en étaient pas vraiment, faisant un pas vers elle pour reculer immédiatement. Elle haussa un sourcil. A vrai dire, elle ne savait qu’en penser, mais au moins était-il franc.

Il reprit sur le contexte dans lequel elle était arrivée et les usages des uns, qu’il n’approuvait absolument pas. Quoi ? Les histoires de sexes? Il y en avait, c’était certain cependant personne ne pouvait lui en reprocher aucune. Elle s’arrangeait, quand elle en ressentait le besoin, de choisir des hommes rencontrés au gré du hasard, simples rencontres d’un soir auxquels elle n’accordait rien : ni identité, ni adresse, ni numéro de téléphone, ni sentiments. Rien. Cela simplifiait les choses et empêchait les problèmes de survenir. Cela faisait longtemps d’ailleurs qu’elle n’avait connu un homme. Les soucis au sein de la faction avaient été suffisamment compliqués, il y avait eu aussi le départ de Levi, le déménagement, le travail en plus… Ayant intégrée  la faction, craignait-il qu’elle adopte les us et coutumes d’autres personnes qui la composaient? Décidément, il la connaissait mal et devant ce décalage de perspectives, elle ne put s’empêcher de pouffer de rire. En réalité, Jason lui parlant de sexe, à mots couverts, était vraiment un événement très drôle !

- Pourquoi veux-tu que je « m’éparpille » ? Est-ce que je vous ai donné des raisons de le croire ? D’ailleurs, si tu veux qu’on parle de… d’ « éparpillement » comme tu le dis pudiquement… Moi, je préfère des termes clairs : si tu veux qu’on parle de sexe, Go !

Elle le regarda franchement et sans gêne encore. Le sexe était une histoire d’adultes et en tant que femme épanouie, elle ne s’embarrassait pas de terminologie obscure.

- Jusqu’à présent, question sexe, j’ai toujours observé une ligne de conduite stricte, c’est-à-dire que si j’ai envie d’un homme, je le prends. Cependant, je m’assure d’un minimum de choses…  Cette rencontre d’un soir se finit là où elle s’est passée, sans promesses ni informations pour me retrouver. Tu comprends, Jason ?

Elle espérait qu’il comprendrait qu’elle était sérieuse et ne mettait pas le groupe en danger pour des histoires pareilles… Quant à son travail au sein de Libération, personne n’avait eu à dire quoi que ce soit. Il ne pouvait s’en rendre compte mais elle y passait du temps… D’autant plus que le matériel informatique était à demeure.

- Je n’ai, à priori, pas de raisons de vous tourner de dos. Donc, si ta question est de savoir si je vais partir, je t’ai déjà dit que j’avais l’intention de rester et de travailler à vos côtés. Je suppose donc que le sujet est clos et que tu es rassuré…


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Jason Israel
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"Mais non !"

Jason enfouit son visage dans ses mains et baissa la tête, accoudé sur ses genoux. Le désespoir était lisible sur ses traits. L'agacement et la frustration de ne pas voir ses dires compris. Il l'écouta tergiverser en sentant l'énervement lui remonter des tripes à une vitesse grand V. il fit glisser sa tête dans ses doigts pour la voir. D'un coup, il la libéra et haussa légèrement le ton.

"Je parle de concentration ! Je parle d'avoir sa tête au travail ! Je suis désolé si tu as cru que ta vie sexuelle m'intéressait, mais ce n'est vraiment pas le cas, du tout ! Si tu veux te taper le premier venu, du moment que tu fais gaffe à Liberation, je m'en contre cogne, c'est clair ?!"

Il inspira profondément avant de reprendre sa voix calme.

"Je ne te parle pas de partir, je me répète, j'espère juste qu'on est d'accord parce que que je sache, personne n'a véritablement pris la peine de t'expliquer comment on fonctionnait parce que tout le monde est trop occupé à protéger le cul des uns et des autres qui ne sont PAS de Liberation. Et moi, tout ce que j'espère, c'est que tu es concentrée et que tu ne te laisseras pas distraire par peu importe quoi ! Ta colère, tes sentiments envers un mec de l'Underground ou ce que j'en sais, encore !"

Si sa voix était redevenue "plus calme", son ton n'en demeura pas moins passionné.

"Tout ce que je demande, c'est que cette foutue de faction redevienne ce qu'elle était, c'est à dire : pas le Gala de Yu ! Tu peux faire ce que tu veux, de la même manière que je ne demande pas la permission à qui que ce soit de faire ce qui me plaît, du moment que Liberation a toute ta concentration et ton attention, histoire qu'on ne se mange pas des casques gros comme les Romains à nouveau !"

Marlene ne pouvait pas demander à Jason d'être insensible à sa présence. Ils avaient tous dû s'intégrer et elle n'avait rencontré aucune résistance, à part lui. Pendant que des Garin, des Bogdan et d'autres Maddison (*tousse*) perturbaient les rangs de Liberation et les empêchaient de garder la tête claire, lui essayait de marcher droit !

"Je me fiche que tu quittes Liberation un jour, ça peut arriver à tout le monde de se dire 'Tiens, finalement, j'ai pas envie de faire ça', tu serais pas la première et je vais même te confier un secret : j'y ai déjà moi-même pensé, et j'ai même pas eu besoin de toi pour ça. Mais non, je ne suis pas rassuré. Et je suis désolé si ça t'indispose, mais j'ai essayé, je n'arrive pas à te faire entièrement confiance pour le moment."

Il soupira en secouant la tête.

"Désolé. J'ai besoin de plus de temps que ça."


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Eden
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Elle le sentit se tendre et il péta son plomb sans prévenir. Elle ne comprenait pas sa réaction. Il parlait de sexe, clairement, pour après lui dire qu’il s’en fichait !? Il posait ses questions ou embrayait sur des sujets sensibles et franchement difficiles, pour ensuite se soustraire à ce qu’elle pouvait répondre… Visiblement, ils ne se comprenaient pas, mais était-ce si étonnant ? A échanger au maximum vingt mots lorsqu’ils se rencontraient, rien ne les avaient préparés à se connaître. Il tenta de se calmer comme il le pouvait. Etonnée par sa réaction, Marlène le regarda, interdite :

- Je ne vois pas pourquoi tu t’énerves. J’ai été franche et honnête avec toi. Maintenant si ce sujet te met dans un état pareil, autant l’éviter… Cependant, à éviter les sujets sensibles, je crains qu’on n’ait plus grand-chose à se dire. Il nous restera la météo, peut être… Et pour tout te dire, j’ai passé six mois difficiles avec toi, je n’ai pas envie que nos rapports se dégradent davantage…

Il voulait que la faction redevienne ce qu’elle avait été, mais Marlene ne savait de quoi il parlait, elle venait d’arriver en son sein. Elle reprit :

- Je te trouve injuste, Jason. Je n’y peux rien de l’état de la faction. Je viens d’arriver et je n’ai pas à essuyer les plâtres de ce que certains ont fait ou pas fait, selon ton opinion.

Elle se redressa et reprit :

- Tout à l’heure, je t’ai juste expliqué mon fonctionnement, afin que tu comprennes que le sexe ne viendra pas enrayer ma concentration ou mon travail, c’est tout… Après, ma colère, c’est autre chose et tu as raison. Cependant, s’il faut absolument que je le dise, je te le dis ! Oui, il faut que je travaille dessus pour ne pas être perturbée ou mettre la faction en danger malgré moi. Voilà, es-tu content ?

Quant au reste, elle ne savait que lui dire de plus… Elle décela de l’agressivité en lui à son égard. Elle n’en comprenait pas la raison et commençait à penser qu’au final, leur relation d’avant lui convenait mieux. Autant s’ignorer mutuellement, cela la toucherait moins et visiblement, cela le satisferait de garder sa méfiance à son endroit. Ils se regarderaient en chiens de faïence et point final.

- Si ce que je te dis ne te rassure pas et bien je ne peux rien y faire. Tes doutes à mon égard t’appartiennent, je les respecte tout comme je respecte tes opinions.

Elle le regarda avec un pauvre sourire. Franchement, la situation pouvait-elle empirer encore ? Elle fit cependant un pas vers lui. Elle ramena ses jambes au sol et se penchant vers lui, elle lui posa une main sur le bras. Elle lui dit :

- A vrai dire, je ne sais que te dire de plus… Si tu ne peux ou ne veut me faire confiance, Jason, eh bien ne le fait pas… C’est pas grave.

Elle finit d’un trait son Jack Daniels et posa son verre vide sur la table. Elle regarda dehors, la lumière commençait à baisser sur la ville basse. La fin de soirée serait belle.


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Jason Israel
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Et Marlene renforça le gouffre de leur incompréhension. En bon Chrétien, il jura.

"Nom de Dieu..."

L'exaspération. Il disparut à nouveau dans ses mains et soupira en l'écoutant. Quel sujet sensible, quand avait-il ouvertement parlé de sexe ? Il faisait référence aux histoires de cul des autres, oui, mais de celles qui mettaient Liberation en danger, celle qui avaient posé Liberation au bord de la falaise, littéralement ! Pour le reste, ce n'était que général ! Ils étaient en plein quiproquo, pour ce que Jason pouvait constater et il ignorait totalement comment se sortir de ce mauvais pas. Aussi, quand il sentit sa main, il ne bougea pas.

Enfin le silence reprit et il sortit les yeux de sa cachette pour la regarder. Elle lui faisait un peu peur, quand même. Que n'avait-elle pas compris dans 'Je me fiche de ta vie sexuelle' ? Il soupira et laissa ses mains retomber. Ca ne servait à rien de parler, il expliquait, mais quelque chose ne faisait pas son chemin de l'autre côté. Il n'allait pas se répéter au risque de lui sembler persécuteur, ce qu'il ne souhaitait pas, pour une fois.

"Avant, Liberation n'avait rien à voir. On avait des missions régulières et pas de tension. Aujourd'hui, on veut une vie normale et on se tape dessus au moindre pépin. Ca ne me dit rien qui vaille, je n'ai jamais dit que c'était à cause de toi."

Il prit sur lui, ferma les yeux deux secondes et continua en la regardant à nouveau.

"Je sais que j'ai été particulièrement injuste envers toi, je te l'ai déjà dit et je m'en excuse. Mais Liberation, ce n'est pas juste pour le fun ou pour s'amuser, on ne nous cherche pas pour actes terroristes pour rien. Levi et toi, vous êtes arrivés et on vous a acceptés, comme ça, d'un claquement de doigts ! Ce que je veux dire, c'est que... J'aurais aimé avoir mon mot à dire. J'aurais aimé qu'on en discute tous ensemble, comme avant, pour savoir quoi faire. Imagine la Waleman, ou peu importe le laboratoire qui a conduit cette exposition sur toi, t'a à l'oeil et n'attend que le bon moment pour frapper, tout en nous ayant également sous la main. Tu comprends mes inquiétudes ? Moi, c'est de ça que je te parle. Fondamentalement, je n'ai aucun problème avec toi. Aucun ! Je me fiche de ce que tu fais de ton temps libre, de qui tu vois, du moment que ça ne va pas à l'encontre de Liberation, et si tu y fais déjà attention, alors parfait ! Je veux te faire confiance, c'est juste..."

Il soupira en secouant la tête.

"Je ne veux pas qu'on répète les mêmes erreurs, c'est tout. Tu es de Liberation, maintenant. Ta vie, telle que tu l'as connue, n'existe plus. Ni la tienne, ni la nôtre. Si les autres pensent pouvoir vivre une vie normale, ils se fourrent le doigt dans l'oeil jusqu'au coude ! Nous ne connaîtrons jamais de vie normale. Je veux juste être sûr que... Que tu sois consciente de tout ça. Et que tu feras attention."


"I'm not good at everything.
I'm just doing my best at everything.
I don't wanna be the next anybody.
I just wanna be me."
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Eden
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Durant tout le temps qu’elle avait parlé, il s’était caché le visage et elle ne put décrypter sa physionomie. Elle se tut, ne sachant plus que dire. C’est alors qu’il découvrit ses yeux pour la regarder, son regard était complexe : profond, insondable. Silencieuse, elle le soutint calmement. C’est alors qu’il parla…

Il parla de Libération, de la faction qu’il avait connue et qu’il souhaitait visiblement retrouver. Elle fut fort aise d’entendre qu’elle n’était pour rien aux récentes tensions qui avaient secoué la vie du groupe. Il avait fermé les yeux, mais reprenant son explication, il les rouvrit et ramena son attention vers elle. Elle le laissa aller au bout de ce qu’il avait à dire. Il reconnut qu’il avait été injuste avec elle, elle hocha la tête. Il embraya sur son intégration au sein de la faction, qu’il avait jugée précipitée. Elle comprenait ses inquiétudes, mais que pouvait-elle faire à son niveau? Elle surveillait la Waleman depuis un moment et rien ne laissait croire qu’ils savaient où la trouver, cependant si  c’était le cas, il n’y avait qu’une solution : partir. Elle ne pourrait supporter d’avoir été un cheval de Troie visant à les attraper tous. Son visage devint plus sombre et son regard, vitreux. Elle lâcha son bras. Il y avait de cela quelques heures encore, aucun projet de ce genre n’avait traversé son esprit et maintenant, elle envisageait les choses d'un point de vue nouveau. Elle n’entendait déjà plus vraiment ce qu’il disait, focalisée sur l’idée qui germait peu à peu dans son esprit. Partir. Ce ne serait pas si difficile… Elle savait comment disparaître et trouver de l’argent. Elle serait seule, mais finalement était-elle si entourée ? Levi... Elle garderait un œil dessus et tout irait bien. Son esprit raccrocha à ce qu’il disait. Il disait qu’elle n’aurait jamais de vie normale, mais elle le savait bien. Il voulait qu’elle en soit consciente… Elle soupira et se leva pour se poster devant une fenêtre du salon. Le temps était doux, la lumière rougeâtre colorait les bâtiments d’une lueur sanglante. Prise d’une vive émotion, elle sentit ses yeux s’embuer et leva automatiquement les yeux vers l’étage pour éviter l’humiliation de laisser quelques larmes lui échapper devant lui. Elle se racla la gorge, tentant de garder une voix égale et lui répondit :

- Eh bien, j’en suis consciente.

Elle se tut un instant. Libération ne pourrait continuer à fonctionner avec cette animosité et les doutes qu’il avait à son encontre. Les sujets n’avaient pas tous été abordés au Sanctuaire et peut être que d’autres personnes du groupe partageaient ses idées sans oser le dire. Elle en prit conscience brutalement. Elle n’était cependant pas une pleutre et encore moins du genre à nier un problème lorsqu’il se présentait. Elle fit une proposition :

- Si tu veux, on fait une réunion avec tout le monde. Si d’autres personnes partagent tes idées à mon égard, je partirai. Je ne serai pas celle par qui la chute arrive.

Se retournant, elle le regarda droit dans les yeux. Son émotion devait être visible, mais finalement, elle s'en fichait. Elle n'était pas une fichue boîte de conserve.


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Jason Israel
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Jason la regarda se lever mais ne la suivit pas. Et quand elle se remit à parler, sa voix avait changé ce qui lui indiqua qu'elle abdiquer. Peut-être même qu'il avait réussi à lui faire saisir certaines subtilités auxquelles il était, lui, habitué. Pourtant, à sa proposition, il haussa un sourcil. Voilà qui commençait sérieusement à l'énerver à l'intérieur. Il n'avait jamais eu pareille idée et il n'apprécierait guère qu'elle lui prête des pensées qu'il n'avait jamais nourries, pas même dans son sommeil. Alors, il se leva enfin, s'appuyant de ses mains sur ses genoux, sans la quitter des yeux.

"Je vais me répéter, ce sera la dernière fois."

Il se rapprocha d'elle en fourrant ses mains dans ses poches, sans jamais rompre le contact visuel.

"Tu es là, maintenant. Les autres t'ont acceptée. Depuis le début. Personne ne s'est posé autant de questions que moi, tu fais partie de Liberation, tu es Liberation, à présent. Tu es des nôtres, comme ton oncle. Tu as fait le choix de nous rejoindre. Je n'ai jamais dit que je te détestais. Ou bien que j'étais contre ta présence ici. J'ai dit que je ne te faisais pas une entière confiance. C'est une nuance non négligeable. Il n'y aura pas de réunion pour déterminer si oui ou non qui que ce soit partage une opinion qui m'est propre et personnelle. Si problème il y a, c'est uniquement entre toi et moi. Si les autres ne viennent pas d'eux-mêmes, c'est leur problème. Enfin..."

D'un geste lent du menton, il avisa ses yeux.

"Ce que je te dis ne doit jamais te toucher ni t'atteindre. Jamais. Compris ?"


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Eden
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Jason se leva lentement, le visage indéchiffrable. Il lui dit qu’il allait se répéter, pour la dernière fois. Elle resta de marbre, contenant à grand peine ses émotions. Elle n’en pouvait plus de cette discussion, elle était épuisée nerveusement. Sans la quitter des yeux, il s’approcha d’elle à pas lents, plus qu’elle ne l’aurait imaginé. La proximité d’avec lui la mettait mal à l’aise, mais elle ne recula pas.

Visiblement, Jason était surpris de sa proposition et il ne s’en cacha pas. Son visage figé s’anima et il se remit à parler, sans se soustraire à son regard. Il lui avait fait part de ses doutes mais il lui révéla qu’ils étaient uniquement siens et qu’elle faisait dès lors partie de la faction, même si lui ne lui faisait pas confiance. Le problème entre eux était réel, mais existait seulement entre eux deux… Elle songea que c’était déjà ça. Cependant, s’il avait fallu, Marlene aurait affronté la faction. Elle ne voulait pas que le sujet de son arrivée gangrène Libération avec des non-dits.

Marlene se rendit compte qu’il avait perçu son trouble. Il lui dit que ce qu’il lui disait ne devait jamais la toucher ni l’atteindre… Ses paroles la désarçonnèrent, elle ne s’était pas attendue pas à cette réaction qui ne se voulait pas désagréable, non... Il lui demandait le détachement, la séparation stricte de ses émotions de sa réflexion. Elle se tut. Le silence s’installa. Elle entendait l’aiguille des secondes de l’horloge cliqueter. Une mouche traversa la pièce. Elle finit par hocher la tête et baissa les yeux. Elle resta là où elle était, sans bouger, cherchant désespérément quelque chose à dire... Alors, n’y parvenant pas, elle releva le menton pour affronter son regard.


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Jason Israel
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Dans un vieux thriller ou policier noir, on les aura surnommés "Le sourd et la muette". Et probablement que, comme n'importe quels psychopathes terroristes, leur couple aurait fait des ravages de popularité, on les aurait probablement traqués... Mais tout ce qu'ils avaient n'était rien de bien fictionnel, à part leurs noms.

Jason attendit, mais Marlene n'ouvrit pas la bouche. Même, elle baissa les yeux. Dans d'autres circonstances, il l'aurait probablement secouée dans tous les sens pour la réveiller, ou bien qu'elle s'énerve, s'insurge, sûrement pas s'écraser... Mais il était tout au plus moralisateur, mais pas pédagogue. Finalement, il acquiesça.

"Bien." Pour le coup, il ne se voyait pas en dire plus non plus. "Merci pour la bière."

Il fit quelques pas en arrière et vint récupérer sa veste et lui accorda un regard par-dessus son épaule.


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Eden
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Il la remercia pour la bière et saisit son blouson. Manifestement, il s’en allait. Elle en fut soulagée. Qu’il s’en aille et ne revienne pas. La conversation avait pris des détours étranges. Elle aurait davantage attendu ses questions de la part d’Eve d’ailleurs… Elle songea que leur relation ne pouvait pas être pire, mais c’était comme ça. S’il lui plaisait de la surveiller, eh bien qu’il le fasse. Elle ne rentrerait pas dans son jeu.

- De rien, tu connais la sortie.

Se retournant, elle resta là, à contempler les derniers rayons du soleil qui perçaient au loin.


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[CLOS] [Jason/Eden] Home sweet home
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