2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [Itembe/Deniz] Eventide

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Deniz Raven
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Novembre 2075

Du concours de drift, Deniz n'avait pas remporté beaucoup. Sa participation avait permis quelques billets, mais il n'était pas question qu'elle paye pour les frais de drogues. Que pour les repas de la semaine. Aussi, elle ne donnait jamais de son argent. Elle voulait bien payer pour les autres, mais elle ne leur aurait jamais permis d'aller s'acheter des sachets de poudre dans son dos. Elle peut être parfois stupide, mais quand on parle d'argent... Elle n'aime pas se faire avoir.

Alors qu'ils dînaient un soir de grand frais, Bip s'était assis à côté d'elle, près du feu. Il avait toujours la même dégaine ! La tête dissimulée sous une capuche, l'oeil hagard mais brillant... Elle mangeait une barre chocolatée, le régime des gagnants et elle l'a détaillé avec curiosité. Il semblait vouloir dire quelque chose mais aucun son ne sortait.

"Accouche, loser."
"J'ai entendu dire des trucs chelous."
"Genre ?"
"Tu sais, Itembe, le mec frappadingue, là."

Elle a haussé un sourcil, sans voir où il voulait en venir. Elle devinait comment Bip pouvait connaître Itembe, mais là encore, elle ne dirait rien. Bip restait le plus 'lucide' de tous, le moins accro. Lui aussi tenait à son fric. Elle le soupçonnait même d'être plus un dealer qu'un consommateur. De là à savoir s'il était un des petits marchands secrets d'Itembe... L'histoire ne le dit pas.

"Ca s'agite du côté des ruines."

Ils étaient plus rentrés dans les terres. Dans le Queens, oui, mais le côté vivant.

"On raconte qu'il y a une récompense à qui chope Six." Cette fois, il avait capturé son attention et elle baissa sa barre de chocolat. "Six et une gamine à sucettes. Ca se bat pas mal de ce côté de la ville. On dit aussi que les types du gang des maliens qui ont été coffrés y a quelques semaines, bah c'était la faute de Six."
"Où est-ce que tu pourrais avoir potentiellement entendu ces rumeurs débiles ?"
"On s'en fout ! Ecoute quand je te parle ! C'est pas incohérent, Six a toujours été un peu... Tu vois ! Défenseresse des opprimés et tout."
"C'est même pas un vrai mot."
"Tu le fais exprès ou quoi ? La fille à sucettes... Ce serait une nana genre son nom, c'est Star, Cloud, ou Sky, un truc comme ça."

Il n'avait pas obtenu que son attention. Sa curiosité aussi et le coeur de Denise s'est mis à battre plus fort.

"Ca te parle, hein ? Y aurait même une récompense pour sa tête à elle."
"Combien ?"

Les chiffres. Toujours.

"Beaucoup. J'ai pas le chiffre, j'en sais pas plus. Mais je sais que c'est beaucoup."

Le lendemain, Denise s'est attifée de son meilleur blouson chaud pour aller arpenter le Queens à la recherche d'un gars d'Itembe ou assimilé. Sur son leggins en faux cuir, elle portait des boots montantes et ouvertes jusqu'au milieu du mollet. Une des deux chaussures manquait d'un lacet. De sa capuche en moumoutte s'échappaient ses longs cheveux blonds dorés et bouclés, de quoi ne pas passer inaperçue dans ces rues sombres. Elle finirait par trouver quelqu'un qui pourrait lui en dire plus - voir tout. Elle espérait poser une négociation. Elle ne savait pas où se trouvait Sky à l'heure actuelle. A dire vrai, elle avait clairement eu autre chose à foutre. Mais selon elle, ce ne serait pas difficile de lui mettre la main dessus. Plus simple que Six, en tout cas. Celle-ci l'intéressait moins, mais peut-être que Itembe trouverait une valeur qui vaudrait la recherche active de la pimbêche.



‎"La forêt est belle, profonde et sombre,
Mais j'ai tant de promesses à tenir,
Et avant de m'endormir,
Il y a tellement de chemins encore à parcourir.
"
- Robert Frost
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Itembe
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Je tirais la Dame de cœur et y jetais à peine un coup d’œil que je lui cherchais déjà un roi noir au milieu de la réussite qui s’étalait  sur la petite table de fortune de l’entrepôt vide. Un vieux bâtiment ouvert aux quatre vents parce que toutes les portes avaient été défoncées. Dans le quartier, y’avait bien que celui que le gars a fait cramer qui était encore utilisable. J’me souviens, Itembe avait ragé quand il avait du se résoudre à tout faire brûler pour effacer les traces. Bon ok, il enrageait plus parce que le gorille rigolo lui avait démonté la mâchoire mais quand même, ca lui avait fait un trou de balle que de devoir payer le type pour pas avoir les flics sur le cul. Parce que même en basse, ces cons se déplaçaient encore pour des homicides.
Bref.
Aujourd’hui, on se gelait les noix dans celui-ci en attendant que le Grand Tout Noir daigne nous adresser la parole. Plus exactement, nous donner un ordre qui signifierait qu’on a retrouvé en odeur de sainteté.
Swift était allongé sur un tas de caisses éventrées, complètement shooté. J’avais horreur quand il se mettait dans cet état mais je devais reconnaître que pour une fois il avait une excuse. Dans l’accident de bagnole son airbag avait foiré et c’était gonflé qu’à moitié. Ca avait amorti mais il s’était quand même mangé le tableau. Bilan : deux dents en moins, une fracture du nez et de l’arcade et un décalage de la mâchoire. Il douillait grave. Quand les médecins avaient voulu lui filer quelque chose pour la douleur, il avait hurle qu’ils se gardent leur drogue que c’était que des enfoirés de dealers et que c’était pas un camé. Mon cul. Il savait surtout qu’il trouverait mieux chez Itembe.
Ah ca ! on n’avait pas moufté chez les flics. On n’est pas des balances nous, alors on a juste dit qu’on n’avait pas compris, un accident con monsieur l’agent, j’vous jure, une voiture arrêtée tous feux éteints vraiment on n’a rien compris. On est quand même restés en zonzon pendant 48h. Les enfoirés. Ils avaient rien contre nous, on était clean, mais ils ont laissé Swift sans le soigner en espérant que la douleur lui ferait cracher le Grand Noir. C’était mal nous connaître. C’était pas d’eux qu’on avait peur. On avait bien plus peur de lui. Alors on n’a rien dit même si on a douillé. Moi j’m’en suis tiré avec un petit passage à tabac bien gentil, j’me plaignais pas.
N’empêche que depuis, le patron avait pas voulu prendre de risque alors il nous avait éloigné de lui et nous refilait que du petit boulot de merde. Un peu pour nous punir aussi d’avoir perdu la blonde de vue. Un peu beaucoup. Ok ! il était vénère.
Bon là, typiquement, on attendait que son petit revendeur de quartier épuise sa marchandise pour ramener l’oseille à Moussa. Depuis qu’il avait entrepris de faire le ménage, il était proche de ses sous le Grand Noir. Moi je me faisais chier à cent dollars de l’heure, sur des réussites qui n’en finissaient pas, à regretter de pas avoir pris un sweet de plus tellement y’a de courants d’air dans cet entrepôt de merde.
Swift gémit dans sa défonce mais ne fit pas mine de se levait. Les secondes comptaient comme des heures et je commençais à devenir dingue. Je levais la tête en soupira et en tâtant mes poches pour trouver une clope.
C’est là que je l’ai vue.
J’ai d’abord avisé son boule. Hey j’suis un mec ! C’est ce que font tous les mecs ! D’abord j’avise le boule ET APRES je regarde la tronche. Faut que y’ait combo sinon je passe. Si elle a un joli cul mais une sale gueule ca me coupe tout. Si elle a une jolie gueule mais que y’a rien avec quoi jouer, j’m’emmerde. Donc là j’ai d’abord repéré son booty, le genre que j’aime bien parce que les gonzesses aujourd’hui, elles passent leur temps à vouloir le faire rentrer dans les jeans de leurs petits frères. Y’a rien à bouffer dessus. Pas celui-là.
Elle a échangé deux mots avec la petite merde de dealer puis a tourné la tête vers nous. Enfin vers moi. Swift était trop loin de sa conscience. Même avec la distance j’ai vu tout de suite qu’elle avait aussi un joli visage et puis des grandes boucles toutes blonde, comme dans les publicités. Là je me suis dit qu’il devait y’avoir un piège. Une petite gonzesse comme elle, à se balader seule dans le coin, elle avait beau avoir la dégaine des déchets de la civilisation, elle jurait un peu dans le paysage.
J’me suis méfié. Mon entrejambe me disait « fonce », mon cerveau me disait « tas d’emmerdes ». Nous les mecs, on est parfois confronté à des choix supers difficiles. Faut pas s’étonner qu’on fasse les mauvais. Puis là elle a avancé dans ma direction.
Je sentais mon flingue planqué dans la ceinture de mon jean, sur la défensive. En quelques enjambés, je l’avais juste sous mon nez.
Elle sentait la rue.
J’ai posé mes cartes et froncé les sourcils. Enfin pas trop quand même parce que j’avais encore un putain d’hématome autour de l’œil qui me faisait mal. Souvenir de la flicaille. L’avantage d’être noir c’est qu’un œil au beurre noir… comment dire… c’est discret.
J’lui ai même pas dit salut.

- Qu’est-ce tu veux ?
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Deniz Raven
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Le genre de question qui peut engendrer toutes sortes de réponses. Elle a mis ses mains dans les poches de son blouson à triple épaisseur et elle a haussé les épaules avec une moue désinvolte en secouant la tête.

"Par où je commence, mmhhh... Une glace parfum vanille. Juste vanille, rien que de la vanille. Un oreiller moelleux et une nouvelle barrette pour mes cheveux. Ah ! Et un million de dollars."

Elle a dévisagé le type sans sourire. Ou du moins, celui qu'elle arborait jusque là, aussi fin soit-il, s'est évanoui. Elle a dévisagé le type qui avait une allure de demeuré. Le froid lui rougissait les yeux. Mais il l'intéressait : il était noir. En général, les Maliens ne sont pas très blancs. Aussi, elle jugea être tombée sur la bonne personne.

"Y paraît que vous cherchez deux nanas. Je les connais. Paraît aussi que y a un pactole à la clé. Je veux savoir combien."

Droit au but. Elle n'était pas du genre patiente.

"Et je pousserai bien ma chance à demander pourquoi bien que j'ai un début de réponse."

Denise a terminé sa phrase avec un de ses sourires les plus malicieux.



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- Robert Frost
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Itembe
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Je me gelais bien trop les couilles pour avoir de l’humour. Je l’ai laissé déblatérer son petit laïus de merde tandis que je mettais enfin la main sur une clope. Une fois calée dans ma bouche et allumée, la première bouffée m’aida à me détendre.

- On en cherche qu’une, que je lui répondis laconiquement.

La poupée à sucettes on savait où elle créchait, juste que c’était pas sur notre territoire. Enlever une gonzesse, même une demie-portion, ca jetterait un froid dans les relations déjà tendues qu’Itembé avait avec le caïd du coin. Le Grand Noir était trop fier pour savoir quand il fallait fermer sa gueule, mais il était pas assez con pour aller chercher la merde à un type qui avait plus de moyens que lui. La médiane c’est pas un secret, ca paye mieux que le Queen’s.
J’observais un peu plus en détail cette gonzesse. Elle savait au moins ce qu’elle voulait et elle avait pas l’air d’être le genre à chercher à se mettre à la colle avec un gars d’Itembe pour obtenir quelques rétributions. Non, elle, s’était le genre à te vendre sa mère si t’en offrais un bon prix. Le genre qui te broie les noix si tu les lui laisses trop longtemps dans la main.
Façon de causer.

- Itembe c’est le gars super généreux. Si tu lui amènes la tête de Six au bout d’une pique il te filera ce que tu veux : de la came, des flingues, du pognon même. La poupée à sucettes il la veut vivante et en bonne santé sinon pas de récompense.

J’ai eu un doute quand ses paroles refirent le chemin inverse dans mon esprit.

- D’où tu connais ces gonzesses, toi ?
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Deniz Raven
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"Fumer tue, tu sais ?"

Et trop ouvrir sa gueule, aussi. Elle le savait pourtant, mais elle s'en fichait un peu. A défaut de tenter le diable et de mourir dans de stupides circonstances, elle aimait bien le défi. Elle tenait trop à sa vie pour se fourrer dans des situations suicidaires - non, elle en avait fini avec cette partie là de sa vie, heureusement. Mais c'était dit avec une certaine douceur - toute relative - et une moue des lèvres qui ne se voulait pas... Méchante, finalement, mais demeurait tout de même franchement déplacé face à quelqu'un d'inconnu.

Elle n'a pas réussi à dissimuler sa surprise quand le type a parlé de n'en chercher qu'une. Bip avait entendu les deux et de ce qu'elle savait, il avait les oreilles qui traînaient trop, mais plutôt pas mal.

"Généreux dans le sens où si je réclame 500 dollars alors qu'il peut m'en rajouter un 0 de plus, généreux ? Ouais, je l'utilise aussi, cette technique. Le genre 'Fixe ton prix'. C'est dingue ce que les gens sont pas prêts à mettre dans leur poche juste par vengeance ou ces conneries."

La suite l'a faite réfléchir et elle a gardé le silence quelques secondes. Sérieusement, elle lui a presque craché à la tête.

"Je suis pas un assassin, votre sale boulot, je vous le laisse. Je vous dis où elle est et vous en faites ce que vous voulez. Ca m'est égal ce qui lui arrive."

Et puisqu'il jouait la défensive - ou presque - elle s'est forcément mise sur la sienne.

"D'où je dois répondre à tes questions ?"

Elle a croisé les bras.

"Qu'est-ce qu'il lui veut à cette pétasse ? Je veux dire, je comprends son problème avec Six, elle est pas trop con et c'est une grosse fouineuse d'emmerdes. Mais Sky, elle a rien pour elle, elle est même pas belle, elle est stupide, c'est un vampire à opportunités et elle tiendrait pas 10 min dans son harem avant de se mettre à couiner comme une souris malade à supplier pour sa vie qu'elle mérite pas. Je suis sûre qu'elle doit pas difficile à trouver. La vermine, ça a tendance à se répandre, pas l'inverse."

Elle posait la question par curiosité mais elle savait qu'il n'y répondrait pas. Sinon il aurait été plus exhaustif déjà.

"Il fait vachement froid par ici..." Elle l'a regardé et l'a désigné du menton avec un sourire en coin. "Tu vois avoir les burnes comme des raisins secs."

Elle a soupiré, l'air expirant bruyamment d'entre ses lèvres en regardant autour d'elle.

"J'ai besoin de quelques jours, mais... Ca peut se faire, je pense."

Elle ne le ferait pas elle-même. Son idée était d'y envoyer Bip. Elle ne se grillerait pas auprès de Six pour si peu. Surtout si Itembe manquait sa prise, elle n'avait pas envie d'être l'ennemie de Six. Pas encore. De Sky, en revanche... Elle s'en fichait royalement.

"Où est-ce que je peux vous retrouver disons d'ici... Une semaine ? J'imagine que vous créchez... pas... Ici."

Même elle avait des goûts de luxe. Et une fois par semaine, le droit à une nuit en foyer. Malheureusement, elle n'était plus mineur, rejetée socialement par sa seule famille, moralité, qui en avait quelque chose à faire d'elle ? Mais la ville était si clémente dans ces quartiers où la pauvreté et la délinquance dominait. Elle a grimacé à la vue du paysage et elle se sentait presque désolée pour le type.



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Itembe
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Ca me fit marrer de la voir avec sa grande gueule. On pouvait pas dire qu’elle avait froid aux yeux en tous cas, ne serait-ce que pour nous aborder avec autant de désinvolture et de se permettre en plus de me faire des remarques. Pour ce que j’en avais à foutre. Juste ca me faisait marrer.
J’ai quand même allumé ma clope et tiré quelques bouffées dessus. Ca me donnait l’impression de me réchauffer.

- T’es peut-être pas un assassin mais lui mettre la main dessus c’est pas facile. La ramener à Itembe, à moins qu’elle soit morte, je vois pas comment tu t’y prendrais.

Je la jaugeais du regard et franchement, du peu que j’avais vu Six sur holo-écran, la blonde là, elle faisait pas le poids. C’était le genre poupée à câliner mais pas à taper. J’me suis sentie l’âme d’une mère Térésa quand même et plutôt que de l’envoyer chier, j’me suis pris à faire la conversation avec elle. Puis ca me changeait de ces réussites de merde.

- Itembe il ajuste la récompense en fonction de ce que tu lui apportes alors je peux pas te dire ce qu’il te donnerait. Après j’te dirais bien j’t’amène jusqu’à lui mais ce serait pas une bonne idée. Je pense pas. La dernière blondinette qui l’a croisé elle a failli en crever. J’m’en voudrais de devoir trainer ton cadavre dans les égouts. Pas que ca m’fasse un trou là où j’en ai d’jà un, c’est juste que ca pue et qu’en plus d’y faire froid, il y fait humide.

Son petit laïus sur la poupée à sucettes attisa beaucoup plus ma curiosité. Pour être honnête, cette gonzesse, on la connaissait même pas. Itembe l’avait croisée juste le temps de prendre son mec de face, comme le Shuttle. Autant dire qu’il s’est pas attardé pour prendre des nouvelles. Elle en revanche, elle semblait avoir une opinion bien arrêtée sur la question et même pas franchement sympathique. Pour ce qu’on en savait, elle pouvait bien avoir raison, c’était pas pour ca qu’elle intéressait le Grand Tout Noir, mais ca suggérait que y’avait peut-être du règlement de compte personnel derrière tout ca.

- Dans son harem hmm ? Ouais c’est possible, dis-je en haussant les épaules. Mais de ce que je sais c’est pas pour son plaisir perso qu’il veut mettre la main dessus. Disons qu’il a un compte à solder avec elle et son copain et qu’en plus elle peut l’aider à faire sortir l’italienne de son trou. Il ferait une pierre deux coups, tu vois ?

Elle avait de la suite dans les idées et peut-être bien qu’elle pourrait réussir à nous ramener Six. Ce serait miraculeux mais hey, des fois le hasard fait bien les choses. Ca arrive. La bonne fortune touche aussi les branleurs dans notre genre parfois.

- Tu connais le « Night Time » ? C’est un bouge du Queen’s. Tu nous y trouveras à partir de minuit. Demande…

J’allais lui balancer mon nom, comme ca. Sauf que je savais pas d’où elle sortait cette môme. Ca se trouve elle était flic en planque.

- Demande Swift !

Ouais c’est pourri je sais. Mais il comate là, il s’en rend même pas compte.
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Deniz Raven
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"Ouais bah, sauf son respect à l'autre suicidaire, je suis pas la dernière blondinette. J'en ai vu d'autres. Et j'ai pas dit que je voulais le grand gorille roi de la jungle, j'ai dit que je voulais la récompense."

Elle se fichait un peu de l'image qu'elle pouvait renvoyer. Quoiqu'en fait, non, elle ne s'en fichait pas, c'était son passeport. C'était comme ça qu'elle aurait Six... Et comme ça qu'elle aurait Sky aussi. Le chemin de l'ascension est pavé de plein de manigances. Elle n'aurait vraiment pas pensé qu'il lui parle de Sky mais au fur et à mesure qu'il livrait quelques infos, le sourire de Denise s'est élargi. Elle a commencé à minaudé des épaules.

"Alors comme ça, on a un p'tit copain, hein..."

De la suite dans les idées, elle avait même plus que ça. La rage au ventre, surtout.

"T'inquiète, l'italienne, je la ferai sortir de son trou avec ça." Elle a montré ses yeux d'un index. "Elle résiste pas à un chien paumé, c'est Mère Teresa, cette gonzesse."

La mention de l'adresse l'a faite grimacer quelque peu et elle a secoué la tête.

"Glam. Chic et de bon goût. Bref..." Elle a inspiré profondément. "Et il a besoin d'autre chose le grand tout noir du Queens ? Pendant que j'y suis, je lui fais ses courses ?" Son sourire est revenu sur ses lèvres alors qu'elle le détaillait de haut en bas. "T'as besoin d'un truc particulier ? Tu peux me demander ce que tu veux, je peux tout faire."

Clairement, "Swift" n'était pas son genre. Absolument pas. Encore qu'elle n'avait pas de genre, il pouvait toujours le devenir, elle n'était pas fermée aux nouvelles expériences et de souvenir, elle n'avait jamais fréquenté un black. Elle aurait bien vérifié si les rumeurs disaient vrai. Elle a pris sa voix la plus charmante.

"Ok, Swift, moi c'est Deniz. Rencard dans une semaine ? Je garantis pas le package total mais j'aurai quelque chose."



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Itembe
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Elle pouvait bien utiliser la méthode qu’elle voulait pour parvenir à ses fins, de ce que j’en avais à foutre. Quand elle m’a montré ses yeux bleus je les ai regardé mais j’ai pas vraiment vu ce qu’il pouvait y’avoir là-dedans qui rendrait l’italienne moins méfiante. Que notre bouge lui plaise pas en revanche, c’était pas mon problème. Y’avait pas quarante mille lieux où on pouvait s’amuser peinard et se retrouver ensemble sans que ce soit un repère à flics. La nuit, c’était cette boite.

- Itembe il a pas besoin de coursier mais si c’était la cas tu serais la première au courant je pense. Mais à l’occasion tu lui demanderas toi-même. Moi, ce dont j’ai besoin, tu peux rien y faire.

Tout ce que je voulais c’était qu’Itembe arrête de nous faire la gueule et que Swift arrête de se défoncer. J’avais même plus le cœur à aller voir les filles ou à me mater un de ces films de gros bras que j’aimais bien. Ca me minait. J’suis sûr j’étais au bord de la dépression. Au moins son nom n’était pas difficile à retenir même si pour le moins, il était original. Je secouais la tête quand elle confirma le rencard.

- C’est ca, dans une semaine. Et si j’peux te donnais un conseil t’as intérêt à avoir des infos parce qu’en ce moment j’ai pas des masses de patience.

De toutes manières, même si elle n’en avait pas, ca nous mènerait pas plus bas que ce qu’on était maintenant. Si elle en avait ma foi, ca pouvait bien être mon jour de chance finalement.
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Deniz Raven
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Elle a agrandi son sourire et sa voix s'est fait d'autant plus chaleureuse.

"Essaye toujours, tu serais peut-être étonné."

En revanche, son conseil, il pouvait bien se le mettre où il pense. Quant à sa patience... Comme le veut l'adage : elle n'en avait cure.

"Hey, je suis pas née de la dernière pluie, ok ? Je traînais avec ces deux connes dans la rue, t'étais encore à reluquer les nibards de ta mère."

Elle a soupiré et fait tomber sa capuche pour dégager son visage de ses boucles. Certains sacrifices requièrent... D'autres sacrifices.

"Ok, maintenant, frappe-moi."

Je suis un gentleman, même pour une mission, je ne frapperai pas une femme, c'est comme ça, c'est tout. Encore moins si je ne sais pas pourquoi. Mais elle, elle était prête à se faire molester, simplement pour vendre une fille qui l'avait tant aidée, tout ça pour de l'argent. Et une place au chaud. Ce gars avait raison, Deniz était du genre à vendre sa mère. Sauf qu'elle n'en avait pas, donc elle ne risquait rien. Quant à son père, personne ne pourrait faire pression grâce à lui, maintenant qu'ils avaient coupé les ponts. peut-être finira-t-il par le regretter, je n'en sais rien. Sur le moment, en tout cas, n'avoir personne était un avantage. Elle pouvait faire ce qu'elle voulait, comme elle voulait. Elle a levé les mains pour l'inciter soit à la frapper, soit à lui en remettre une pour rendre la chose plus réaliste.

"Il me faut de la matière, je peux pas hurler au loup si aucun chien m'a mordue."



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Itembe
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- Na j’essaye pas toujours, j’veux rien avoir à faire avec toi, j’ai assez d’emmerdes en ce moment.

Oui elle était mignonne et oui elle était serviable mais putain cette fille sentait les problèmes à des kilomètres à la ronde. Elle pouvait se parfumer, se maquiller ou remuer du cul, ca n’y changeait rien. Donc j’aimais autant éviter de lui devoir quoi que ce soit. Chacun pour soi et la coke pour tous !
J’en revenais pas qu’elle était encore là à jacasser à me filer un putain de mal de crâne. Je tirais lentement et consciencieusement sur ma clope pour me concentrer sur autre chose.
Mais elle insistait. En plus fallait que je la frappe.

- Tu m’emmerdes là. T’es gentille mais tu m’emmerdes. T’as qu’à te jeter contre un mur et ca fera pareil ok ? tape le crane, y’a rien dedans j’ai l’impression ca devrait pas être trop lourd de conséquence.

J’ai sorti mon flingue de derrière ma ceinture et je lui ai montré.

- Maintenant si tu préfères une balle dans le genou ca me soulagerait. C’est tout a fait envisageable, hmm ? Allez casse toi. Tu me fatigues.
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Deniz Raven
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Au moins, ils étaient deux à se pomper l'air. Elle a haussé le ton en désignant le coeur du quartier d'une main dans son dos.

"Ecoute, Six, c'est le genre détecteur de mensonges, tu vois ce que je veux dire ? Si je lui dis que la bande à Itembe m'a cramée le pif avec une demie douzaine d'allumettes alors que je me suis défoncé le poing contre le mur d'à côté, elle va savoir que je mens et vous, vous aurez que dalle. Tu l'imprimes dans ton crâne de camé ou je dois le dire en italien ? Une balle, je marcherai pas jusque là-bas. T'es pas du genre malin, on dirait."

Elle a inspiré profondément. Le pire, c'est qu'elle était bigrement sérieuse.

"Ca me plaît pas plus qu'à toi et je suis désolée ou non de te fatiguer, mais si vous voulez Six sur un plateau, il va falloir y mettre un peu de votre cul dans l'assiette pour que j'ai de la matière, tu piges ? Je te demande pas de me ravaler la dentition, mais de pas me faire mentir quand je vais lui offrir ma performance Oscar de l'année. On ne peut PAS mentir à Six, tu comprends ce que je dis ? Mutante ! Dégénérée ! Pouvoirs magiques dans sa tête ! Ne me dites pas que vous chassez la pieuvre sans savoir combien elle a de tentacules !"

A force de le provoquer, il finirait peut-être par lui en balancer une. Qui sait si, quelque part au fond d'elle, il n'y avait pas une part d'envie de se faire tabasser. Avoir des excuses de se faire plaindre, ça avait du bon, mine de rien. Elle n'aimait pas ça, c'est sûr et se mutiler ne faisait pas non plus partie de ses prérogatives, mais parfois, il fallait bien ça !



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Itembe
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Effectivement c’était une information qu’on n’avait pas. C’est con, mais même si on se doutait qu’elle était une putain de mutante vu les dégénérés qui l’entouraient, on ne savait pas exactement ce qu’il en était d’elle.
J’ai froncé les sourcils. Elle avait raison mais j’dois dire que de casser la gueule à une fille qui m’avait rien fait encore, c’était pas mon genre. Sûr, un mec comme Moussa il aurait pas hésité longtemps. Il lui en aurait donné pour son fric, trop peut-être. Mais moi non.
J’ai soupiré comme si je devais vider tous mes poumons, me suis levé puis écrasé ma clope sous mon talon.

- Tu viendras pas pleurer. Et si je t’entends geindre, j’te jure que j’en aurais rien à foutre de jusqu’où t’iras ou pas, et j’te colle une bastos dans le genou quand même.

Sans lui laisser le temps de me répondre, parce que je savais qu’elle allait le faire, je lui ai mis un direct dans la mâchoire. J’ai pas franchement retenu mes coups mais j’dois avouer que ca m’a fait un bien fou. D’un coup j’avais même plus froid. Histoire de compléter le tableau, je lui ai mis un coup de genou dans l’estomac et un coup de pied dans la cuisse. Ca marque bien la cuisse.
C’est pile à ce moment que Swift a émergé ce con.

- Hey mec ! ca va pas non ?

C’est sa voix qui a détourné mon attention. J’ai laissé la gonzesse au sol et me suis tourné vers lui, incrédule.

- Quoi !
- Qu’est-ce tu fous ? Elle t’a fait quoi ?
- T’occupes ! C’est un truc entre nous.

Il avait la bouche pâteuse des médicaments et de ses blessures alors il a pas insisté. Il a juste jeté un œil à la fille et a secoué la tête, typique du mec qui comprend rien.

- T’as une clope ?
- Ouais…. Que j’ai répondu en lui tendant mon paquet.
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Deniz Raven
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Elle a cru qu'il allait vraiment lui tirer une balle alors elle a levé les mains en criant.

"Non, non, non, pas le..."

Par conséquent, elle a d'autant plus dégusté la mandale dans la mâchoire. A peine le temps de respirer qu'il la pliait en deux et qu'elle a manqué de rejoindre le sol, mais le coup de pied à la cuisse a achevé la manoeuvre. Elle a gémi au sol en posant ses mains à plat pour se redresser.

"Pas parce qu'on vit dans la rue qu'on bouffe pas dur tous les jours. Si tu m'as pété une dent, je te garantis que je te refais les tiennes, compris ?"

Elle a porté une main à sa mâchoire. C'était ce qu'elle avait demandé et au moins, elle aurait de quoi faire face à Six. Ah ça oui, ça allait bien fonctionner, comme ça. Elle s'est relevée, en boitant de la cuisse qui la lançait férocement. Il n'avait rien cassé, rien troué, rien déchiré... Mais ce type savait où frapper pour que ça fasse mal, ça c'était sûr. Elle l'a incendié du regard. C'était ce qu'elle avait demandé, oui ! Mais pour un mec qui se l'est jouée gentleman deux minutes, il avait vite révélé sa nature de Malien. Elle a craché toute la salive qui lui montait à la bouche et s'est passé le poignet sur les lèvres. Elle a commencé à reculer en boitant.

"Tu frappes comme une gonzesse." Et elle l'a désigné de ses doigts. "A dans une semaine, les nazes."

Elle reculait des fois qu'il veuille la finir gratuitement...



‎"La forêt est belle, profonde et sombre,
Mais j'ai tant de promesses à tenir,
Et avant de m'endormir,
Il y a tellement de chemins encore à parcourir.
"
- Robert Frost
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Itembe
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J’avoue, ca m’a traversé l’esprit de la finir gratuitement mais bon fallait pas avoir fait beaucoup d’études pour comprendre que c’était que de la provocation. Et ca tombait plutôt bien parce que des études, j’en avais justement pas fait beaucoup. J’ai rallumé une cigarette aussi pendant qu’elle se barrait. Swift lui jetait des petits coups d’œil en biais et attendit qu’elle soit vraiment partie pour me questionner du regard.

- Juste une gonzesse qui dit qu’elle connait Six.

Il hocha la tête comme si tout s’éclairait d’un coup.

- La vache elle en connait plein des gonzesses l’italienne….

C’était pas complètement dénué de sens comme remarque, je devais bien l’admettre.

- Que des blondes…. Il ajouta, pensif.

De là à dire que la bimbo avait un faible pour les poulettes… on s’était peut-être planté de cible quand on avait visé le minet. Blond aussi.

- Putain t’as raison ! Elle kiffe les blonds ! J’avais jamais fait gaffe.
- Ouais ! Itembe a aucune chance mec.
- T’es trop con !
- Hey ta gueule ! Moi j’dis juste ce que je vois hein, c’est tout. Et d’ailleurs qu’est-ca nous fout qu’elle connaisse Six ?
- Elle nous la ramène.
- Sérieux ?
- C’est ce qu’elle dit.

Je haussai les épaules, clairement dubitatif, tout en tirant sur ma clope. Je doutais vraiment qu’on la revoit mais au moins j’étais satisfait de lui avoir fermé la bouche. Son petit côté « j’ai peur de rien, j’emmerde le monde et j’suis plus vieille que ma grand-mère », ca me gonflait un peu. En fait non. Reflexion faite j’étais à peu près sur de la revoir. Je me demandais juste duquel, Six ou Itembe, allait lui refaire le portrait in fine. Et j’aurais pas obligatoirement parié sur le Grand Tout Noir.

- Et comment tu sais que c’est pas du bluff et qu’elle la connait ?
- Elle en sait plus que nous en tous cas.
- Ah ouais ?
- Ouais. Elle sait c’est quoi son putain de pouvoir

Il garda le silence, attentif. Je tirais une latte et tournais la tête vers lui.

- Elle sait quand tu mens et tu dois lui dire la vérité.

Swift ouvrit les yeux, interdit, puis éclata de rire.

- Oh merde ! comme c’est pourri comme truc !
- Pas sur...
- « Oh chéri comme ton poulet cajun est trop booooon » … « Tu mens ! Tu le trouves dégueulasse »
- Putain mais qu’est-ce que t’es con ! T’as jamais bouffé de poulet cajun !
- Non mais si ca m’arrivait j’saurais s’il est dégueulasse ou non !

J’vous jure y’a des fois j’arrivais pas à suivre la logique swiftienne. La plupart du temps, j’abandonnais. Comme là. Je tirais une autre latte et secouait la tête.

- Allez on se barre ! J’ai les couilles qui se sont déjà rentrées, elles, tellement ca pèle.
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Deniz Raven
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En une semaine, son bleu à la mâchoire ne s'était pas totalement résorbé, mais elle ne boitait plus malgré les jolies couleurs que 'Swift' lui avait laissées. Cela dit, elle avait eu peur que les blessures disparaissent avant qu'elle n'ait trouvé Six. Ca lui a pris trois jours pour lui mettre la main dessus. L'italienne ne lui a posé aucune questions pièges, bien qu'elle se soit méfiée. Les astres avaient même été de son côté quand Six lui avait demandé comment elle s'était retrouvée du côté d'Itembe, quelqu'un a dit qu'elle ressemblait à Sky. Le tour était joué... Même en disant qu'elle s'était enfuie avant qu'on lui en remette une couche, ce n'était pas un mensonge. Denise est douée pour déformer la vérité mais l'aide reçue était la plus bienvenue.

Bien sur, Six lui avait proposé de rester chez eux et... Elle avait accepté. Pas longtemps, juste le temps de se remettre un peu parce qu'elle avait Bip dans les parages et qu'elle ne voulait pas l'abandonner. C'était histoire de voir où vivait Six, avec combien de gens, combien de Positifs et dans quelles conditions. Dans sa vie, Denise n'est pas la plus maligne des jeunes femmes. Mais quand il s'agit de coup bas... Ils étaient même plusieurs à pouvoir la conduire à Sky, mais pour ça, elle aurait besoin de Six avant, pour jouer les avocats du diable.

Aussi elle a rencontré l'entourage un peu étroit de Six, notamment ses gardes du corps, ses informateurs et ses têtes pensantes. C'était à se demander ce que Six faisait, finalement, à part donner des ordres. Mais l'italienne était douée et avait presque failli la rallier à sa cause. Pourtant, tous ces mutants, ça la dégoutait. Si forts, si fiers... L'un d'entre eux lui donnait tellement de sourires que ça la répugnait.

Elle s'est pointée au bouge comme prévu. Elle se savait seule - et donc pas en avantage - mais les informations qu'elle apportait sauraient sûrement faire plaisir à son demandeur.

"Je suis Deniz. Je viens voir Swift, il sait qui je suis."



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Itembe
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Le type de l’entrée, un gros bébé bien noir avec de grosses lunettes de soleil même en pleine nuit, l’a reluquée de haut en bas. Ellle n’avait pas le profil du genre de gonzesses qu’il laissait entrer. Swift ? Ca lui fit ouvrir les yeux en grands et même lui arracha un sourire.

- T’attends là , qu’il lui a ordonné avant de passer une double porte qui donnait sur une boite de nuit au son assourdissant.

Deniz dut attendre bien 10 minutes avant que le type se ramène accompagné d’un sac d’os tout aussi noir mais qui était loin de me ressembler. On était aussi bien assorti qu’une enclume et un pneu. C’est dire.
Il était même pas défoncé ce soir, juste un peu saoul. C’est peut-être pour ca qu’il l’a reconnu tout de suite. Swift a éclaté de rire et s’est tourné vers le vigile.

- C’est la gonzesse à qui il a pété la gueule, en tournant un pouce vers lui.

L’autre l’a regardé comme on mate un junkie en plein trip. Avec condescendance et lassitude. Il devrait pas le considérer comme ca Swift. C’est un type un peu dingue mais il est sérieux dans le boulot et il aime pas qu’on se foute de sa gueule. Je dois être le seul a vraiment le comprendre.

- J’vois c’que tu fous là. Viens.

C’était même pas un ordre, plus une invitation, mais avec les gonzesses il a jamais su y faire. Et encore, vous l’aviez jamais vu amoureux… une vraie lopette bégayante !

Il a passé à travers les groupes de gansta qui s’envoyaient autant de drogue que d’alcool et pour les plus chanceux ou les plus fortunés, quelques gonzesses aussi.
J’étais assis sur une banquette à fumer des clopes en écoutant les potes parler musique ou se vanter de leurs derniers coups. J’aimais bien cette ambiance même si moi, la coke, c’était pas mon trip. Je tournais à l’alcool quand je voulais me déchirer. C’est peut-être pour ca qu’Itembe me faisait confiance même s’il me portait pas vraiment en haute estime.
J’ai vu Swift m’amener la blonde à grande gueule et j’ai souri. Elle avait eu le cran de venir jusque là, preuve s’il en était de sa détermination à la mettre profond à ses ex-copines.
Elle s’est faite reluquer pendant tout le trajet. Une blanche c’était rare. Une blanche blonde encore plus. Une blanche blonde qui venait s’asseoir à ma table, la vierge et son petit jésus auraient pu aller se rhabiller s’ils avaient été là en personne, on les aurait même pas remarqués.

- Tiens qui v’là ! Alors quelles sont les nouvelles ? que je lui ai demandé sans même un « bonsoir ».

Oui quand je voulais j’étais mal élevé.
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Deniz Raven
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Le nouveau, elle l'a dévisagé sans réagir. Elle l'avait reconnu et s'était douté que 'Swift' était un pseudo, mais se faire prendre pour une conne, elle n'a pas énormément apprécié. Pour autant, elle n'a rien dit. Elle a suivi Swift sans rien dire, le visage déterminé. Pour elle, c'était une semaine de merde qu'elle venait de passer et le clos du spectacle lui donnait envie de vomir. Ce n'est pas pour ça qu'elle a fait la farouche. Tous les regards qu'on lui lançait, elle les rendait avec un sourire enjôleur. Elle est très douée pour danser des sourcils.

Quand Swift l'a amenée à à son collègue, elle a lentement retiré son manteau pour dévoiler ses bras nus et elle s'est assise sur le premier accoudoir libre en croisant ses jambes, faisant crisser le faux cuir de son leggings.

"Je sais où elle vit. Je ne l'ai pas amenée, elle ne m'aurait pas suivie jusqu'ici."

Elle a légèrement agité sa tête pour déployer ses boucles sur ses épaules.

"Mais... Je sais où elle crèche avec tous ses petits copains. Et je confirme. Itembe, ce n'est pas une mission. C'est une obsession. Je suis certaine qu'ils pourraient trouver un terrain... D'entente."

Elle a sorti son téléphone pour déployer une carte de la Basse et elle s'est penchée par-dessus la table lui montrer où ils se trouvaient.

"Bref, ils sont là. Dans les ruines de Ghost Island. Six a créé des accès ici, et là. Ils se sont enfoncés dans les ruines par ici." Elle a relevé les yeux sur le copain de Swift et a continué en ramenant ses cheveux derrière une oreille. "Pour l'instant, c'est tout ce que je peux avoir. Je ne peux pas rester trop longtemps auprès d'eux,je prendrais le risque d'être découverte. Quant à Sky, j'ai besoin de Six pour l'atteindre. Sky ne m'écoutera pas, elle me fermera la porte au nez, elle se foutra de tout ce que je dis. Je sais où elle est, je les ai entendus parler. Elle a mis deux gars sur elle pour la protéger. Un mécano et un type invisible. Sky ne possède aucune confiance en moi. Mais Six lui parle en ma faveur... Alors je pourrai l'attirer. Mais j'ai besoin de temps pour ça."



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Itembe
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Je devais lui reconnaître un truc, c’est qu’au moins elle avait tenu parole. Ce qu’elle me montrait était pas dénué d’intérêt, loin de là. En fait on se doutait d’où Six créchait mais elle bougeait souvent et les rares fois où on s’était aventuré sur son territoire, si on arrivait à mettre la main sur un campement tout le monde avait déjà déguerpi. Une véritable anguille.

- Qu’est-ce tu veux dire par « terrain d’entente » ? Elle veut négocier ?

Je voyais pas trop où elle voulait en venir et j’avais les yeux rivés sur l’holo carte qu’elle avait déployée. Pour le coup ca avait fini d’attirer l’attention autour de nous et les autres mecs de ma table nous lâchaient pas des yeux. Forcément, un moment ou un autre il fallait bien que ca attire le mauvais œil. Celui du Chef.
J’essayais d’imprimer les informations qu’elle me donnait dans la tête en concomitance avec la carte. La poupée pour le moment on s’en branlait, Deniz pouvait bien prendre le temps qu’elle voulait. Si on mettait la main sur Six, elle serait qu’une mignardise, un dessert bien mérité.
J’ai entendu un pouf glisser sur la moquette pourrie qui recouvrait le sol et j’ai tourné la tête.
Itembe avait posé sa grande carcasse dessus et le regardait avec un sourire qui alignait toutes ses dents au milieu de sa face d’ébène. Les avant-bras en appui sur ses cuisses massives, il attendait.

- Hey ! Tu nous présentes pas ?

J’ai secoué la tête et me suis tourné vers la blonde.

- Deniz.

Je voyais pas trop quoi ajouter. Elle était pas de la famille hein, c’était évident, et c’était pas non plus une amie. Il ne fallait pas se fier à sa face joviale. J’avais bien compris que je venais de faire une bourde en laissant l’ovni qu’elle était déambuler dans le club, me faire son topo, sans même avoir commencé par la présenter au grand manitou. Mais vous savez quoi ? Je préférais d’abord m’assurer qu’elle avait de vraies infos. Parce que si y’a bien un truc que Itembe déteste, c’est qu’on lui fasse perdre son temps.
Du coup, j’ai ajouté dans la foulée

- Elle a des infos sur l’italienne. Des infos intéressantes. Regarde…

Je tournais l’holo-carte vers lui mais il n’en avait visiblement rien à foutre. Ses yeux détaillaient la blonde. On aurait dit un gros pervers. Ce qu’il n’était pas. Il ne manquait pas de défauts mais n’avait pas celui là… du moins sexuellement parlant. Enfin je crois pas. En fait j’en savais foutrement rien.
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Deniz Raven
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"Je faisais de l'humour, beau black. Six ne veut rien négocier, elle veut le voir au frais."

Elle a continué à dire ce qu'elle savait. Du moins, une partie. Pour l'instant, elle n'avait pas vu la couleur, même pastel, de l'argent, aussi, elle s'en gardait sous le pied. Elle en a donc montré suffisamment pour attirer le marchand et négocierait la marchandise restante.

Alors quand Itembe est arrivé, elle s'est redressée, retirant à la vue son décolleté plongeant et a planté ses yeux dans les siens. Il ne l'intimidait pas. Encore qu'un peu, si. D'ailleurs, elle aurait aimé l'éviter. Denise n'a pas le désir de monter en grade. Elle aime avoir sa place, être respectée et travailler ce qu'elle aime le plus sans qu'on lui dise ce qu'elle doit faire, ni comment elle doit le faire. Finalement, elle aime présenter ses aptitudes, être reconnue pour celles-ci. De là à connaître Dieu... Non. Elle n'aimait pas impressionnée, encore moins que ça se voit.

Aussi, elle a montré un visage neutre, ne lâchant pas Itembe du regard. Il pouvait la défier, elle ne s'autorisait pas de plier.

"Ouais, comme il dit. J'ai entendu dire que vous la cherchiez."

Elle ne faisait pas de politesses à Itembe, elle lui parlait comme à un groupe entier.



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Itembe
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Maline la petite. Pas de provocation inutile (ca, visiblement, c’était que pour ma pomme) et elle se perdait pas en blabla. J’ai juste attendu qu’Itembe veuille bien daigner s’intéresser à ce que je lui montrais avant d’ouvrir ma bouche.
Il a eu un petit mouvement du menton dans ma direction et j’ai expliqué ce que venait de me dire la blonde. J’ai rajouté la petite information qu’elle m’avait déjà lâchée sur le pouvoir de Six, en quoi il consistait. En dix minutes, on venait de lui filer plus d’éléments qu’il n’en avait eus en six mois. C’était pas le genre à exulter, non, mais j’avais bien compris que je venais de capter son attention. Mieux que ca. Je venais de m’offrir un retour en grâce. Swift ne mouftait à côté de moi mais son genou tressautait d’impatience. Cette gonzesse c’était le meilleur truc qui aurait pu arriver à deux loosers comme nous.

- Combien de types au total ? Demanda Itembe à Deniz. Combien de soldats et combien de bouches inutiles ?

Tous ceux qui entouraient Six ne devaient pas être armés ni même dangereux. Elle avait de tout dans son entourage. On s’était frotté à quelques-uns, des gars malins et habiles, mais d’autres qu’on avait pu choper n’étaient clairement pas des combattants.
Le Grand Tout Noir se servit un verre d’alcool à notre table et en remplit un autre pour la blonde. Il le lui donna en attendant sa réponse. Dans les codes maliens, c’était plutôt bon signe. Ca voulait dire qu’il était content et que jusqu’à ce qu’elle merde, elle était la bienvenue. C’était dangereux aussi, j’étais bien placé pour le savoir. Ce geste vous mettait en confiance et le premier coup de machette que vous preniez dans la gueule vous ne le voyiez pas venir.

- J’veux savoir pourquoi, ajouta-t-il. Si t’es pas une poule qu’elle m’envoie pour mieux me la mettre, pourquoi tu la baises, elle ?

Itembe était à la hauteur de sa réputation… mais Six aussi. Si vous étiez paumée et en quête de reconnaissance, c’est pas du côté des maliens que vous vous tourneriez non ? Surtout une gonzesse, blanche et blonde comme les blés.
J’étais curieux de voir si elle allait lui en dire plus qu’à moi.
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Deniz Raven
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Deniz a secoué la tête. Elle n'était pas restée très longtemps, finalement.

"Combien exactement, je ne sais pas. Une centaine en tout, peut-être ete une bonne vingtaine avec elle, sur place. Je serais pas étonnée qu'elle ait ses petites magouilles un peu partout en ville. Dans la Haute également, qui sait."

Elle a haussé les épaules en prenant le verre qu'on lui tendait. Confiance ou pas, ce n'était pas son but. Elle s'endormirait pas sur un verre. Denise n'a jamais eu confiance en personne. Sauf en Six, Sky, Bip et Roswell. D'où la déception destructrice. Avec le recul, elle se dit que le seul en qui elle avait vraiment, profondément confiance... C'était son père. Personne d'autre ne possédat sa confiance à 100%. Il y avait toujours cette part de doute, cette faille dans laquelle les disputes et séparations s'étaient engouffrées.

"Des soldats, je pense pas, mais des mecs avec la rage au bide, ouais. Pas mal. Y a beaucoup de Positifs. Si on me demande, ce sont tous des bouches inutiles et c'est pas ce que tu veux entendre. Six est maligne. Elle me dira rien pour le moment, elle n'a pas confiance en moi."

Alors forcément, elle s'imaginait que Itembe fonctionnait comme elle : confiance 0%. S'il n'avait pas besoin d'elle, il ne ferait pas dans la dentelle. Qui plus est, il lui posait une questsion dont la réponse prendrait des jours. Il n'était pas du genre à vouloir écouter du bla bla inutile, encore moins venant d'une inconnue. Il voudrait une réponse efficace qui irait dans SON sens à lui, pas quelque sorte de justification de sa part à elle. Elle a regardé le fond du verre avant d'en boire une gorgée et elle l'a reposé sur la table et haussé les épaule.

"Six roule pour la gloire. Moi, je fais ça pour l'argent."

Et elle a relevé les yeux sur Itembe pour lui sourire avec toute la saloperie qui peut l'animer.



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Itembe
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J’estimais qu’en une semaine elle avait déjà pas mal ramené de renseignements. C’était toujours plus que ce qu’on n’avait jamais eu, et sans avoir la prétention d’être dans les petits papiers du Grand Manitou, je me doutais que s’il en avait su plus, il nous l’aurait dit.
Il hocha la tête, à sa dernière remarque.
La motivation par l’argent, c’était un truc qu’il comprenait parfaitement. Par la drogue aussi mais ca faisait de ses informateurs ses débiteurs et s’il préférait – en terme d’aliénation – il s’avait aussi qu’ils étaient peu fiables.
Itembe avait assez de moyens pour payer Deniz.
Il mit la main dans une poche de son treillis et en sorti une liasse de dollars aussi épaisse qu’on voit dans les films. Inutile de vous dire que le Grand Tout Noir n’était pas du genre à faire confiance aux banquiers. Il ne prit pas même la peine de compte, détacha quelques billets du paquet, les plia et les posa sur les genoux de Deniz.

- A dans une semaine mon cœur !

Et il se leva sa grande carcasse pour retourner à sa place.
Autour de nous les conversations reprirent doucement. C’est d’ailleurs à ce moment que je m’aperçus qu’elle s’étaient arrêtées. J’ai poussé un soupir de soulagement malgré moi et j’ai sorti mon propre HP.

- Envoie moi ta carte avec tes infos à ce numéro, dis-je en lui donnant mon 555. La prochaine fois tu pourras te contenter de t’annoncer et tu pourras rentrer. Ce sera pas utile de faire dans la discrétion hein ?

C’était surtout impossible.
Je me doutais bien qu’elle n’aurait pas toujours autant d’infos à nous donner mais si elle venait régulièrement, elle finirait par devenir transparente aux yeux des autres.

- Si t’as une urgence ou un truc… tu pourras aussi me joindre à ce numéro.

Je montrai son verre d’un index et ajoutai

- Tu veux boire un autre truc ?
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Deniz Raven
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De l'argent de poche. Une avance sur salaire. Voilà ce que c'était. Mais Denise a pris l'argent avec une certaine surprise. Elle s'était plutôt attendue à ce qu'il lui donne son dû la mission entièrement terminée. A moins que les informations qu'elle avait ramenées soient suffisantes. Si tel était le cas, il ne l'aurait pas invitée à revenir dans une semaine. D'où l'argent de poche. Toutes les semaines, elle aurait une somme d'argent pour les informations qu'elle tirait de Six. Une bonne ou une mauvaise chose ?

Elle a suivi le grand tout noir avec ses grands yeux bleus, les lèvres entrouvertes. Quant l'autre a repris, elle a seulement tourné la tête vers lui. Elle s'est exécutée sans grande résistance. Elle a échangé ses infos et s'est même sentie en odeur de sainteté lorsqu'il lui a dit de l'appeler si jamais elle avait un problème. Elle lui a souri alors que c'était aussi pour ça qu'elle avait préféré Itembe à Six. Les chiens perdus pouvaient bien aller se réfugier chez l'italienne, Denise, elle, valorisait sa propre sécurité à long terme. Encore qu'avec Itembe, cette chose était assez relative.

Elle a placé la majorité de l'argent dans son leggings, coincé contre sa hanche. Le reste, dans sa poitrine. Elle voudrait bien partager le dîner, mais pas c'était pas Thanksgiving, non plus. Elle restait canadienne et au Canada, c'était déjà passé à ce moment-là. Denise a sourit à l'un des multiples bras d'Itembe grâce aux coups desquels elle avait eu les premières faveurs de Six.

"C'est gentil, mais j'ai plus la dalle que soif. C'est jour de paye alors on m'attend, tu vois ?"

Elle s'est relevée en prenant son manteau et avant de l'enfiler, elle a envoyé un baiser en l'air à son intermédiaire.

"Dans une semaine, alors, beau black. Tout ce que tu voudras."

Elle lui a offert un clin d'oeil avec un sourire aguicheur et a reposé son manteau sur ses épaules avant de repartir. Les bouges, très peu pour elle. En tout cas, à ce moment-là. Si Itembe faisait dans la promotion, peut-être qu'elle s'y ferait. Pour le moment, elle n'était qu'une informatrice qui comptait bien faire cracher d'autres billets au grand tout noir. Elle avait d'ailleurs d'autres informations sous le pied, mais il ne fallait pas abuser des bonnes choses et garder de la place pour Noël, pas vrai ?



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[Itembe/Deniz] Eventide
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