2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [David/Lizzie] Uptown girl

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Lizzie Scott
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Mardi 19 février 2075

Ce soir c'était le mardi gras, pas forcément une fête très prisée sur le nouveau continent mais il existait pas mal de monde encore qui appréciait de jouer au "Carnaval" et Lizzie en faisait parti.

Elle avait reçu un peu à la dernière minute une invitation pour deux à une soirée costumée en ville haute et n'étant pas du genre à oublier ses promesses elle avait décidé de proposer à David une sortie.

Bien sûr elle aurait pu téléphoner au bureau fédéral et demander à parler à l'agent Foster mais elle avait des habitudes autres et donc souhaitait s'amuser. Elle avait donc mis dans une enveloppe un mot écrit de sa main et s'était appliquée. Enveloppe remise à un coursier qui le déposa au bureau de David de bon matin.


Une soirée surprenante, costumée, dans un temple que je vénère.
Rdv 21h au 115 5th Ave, New York, NY 10011.


Rien de plus comme indication, à David de se montrer curieux ou pas.


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David Foster
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L'invitation m'avait pour le moins surpris. D'autant qu'elle était anonyme. Ca pouvait venir de n'importe qui. Ami ou ennemi ? Quand on était n'importe lequel gars du coin, cette question ne se posait pas. Mais quand on était agent du FBI, on avait tendance à être un peu parano face à ce genre de courrier. L'interrogatoire du coursier n'avait pas suffit à éclairer ma lanterne et je reconnaissais pas l'écriture.

Appuyé contre le dossier de mon fauteuil, j'avais observé la carte une nouvelle fois. Une fête costumée, c'était un bon moyen pour un ennemi de se frayer un chemin jusqu'à moi sans se faire repérer. D'un autre côté, c'était en ville haute. Et je doutais réellement que les ennemis que j'aie pu me faire à travers ce métier aient la possibilité d'entrer en ville haute. Ou du moins, pas aussi facilement. Et puis, sincèrement, à cette adresse ?

J'avais hésité, longuement. Toute la journée en fait. J'étais méfiant, mais curieux aussi. Deux choses qui ne font pas forcément bon ménage. A moins de rester sur ses gardes. J'avais donc, finalement, pris la décision de m'y rendre.

J'avais échappé de peu au déguisement de Leprechaun qu'Angie avait ressorti d'un placard dès qu'elle avait entendu parler de cette soirée costumée. Bon sang, je l'avais oublié celui-là. Ce n'était pourtant pas la faute de la photo posée sur un meuble dans le salon qui me le rappelait à chaque fois que je la regardais. J'avais adressé un regard dubitatif à ma petite soeur et avais jeté mon dévolu sur quelque chose qui me ressemblait plus.

Debout devant la porte qui me donnerait accès à la fête, je réajustai la veste de mon vieil uniforme de ranger. Je n'avais pas été tellement étonné de voir qu'il m'allait encore. Mais l'enfiler à nouveau, après toutes ces années, m'avait laissé une sensation étrange. Quoique j'en dise et bien que je garde un souvenir amer de cette période, je n'en demeurais pas moins un soldat. Pour l'occasion, j'avais d'ailleurs ressorti la panoplie complète, allant même jusqu'à passer autour de mon cou la chaîne argentée à laquelle était suspendue ma plaque d'identité militaire (en deux exemplaires comme le veut le règlement). En un mot, j'étais redevenu le ranger que j'étais 8 ans plus tôt.

Je pris une profonde inspiration et ouvris la porte. Rapidement, mon regard parcourut ceux des personnes présentes dans la salle, à la recherche d'un visage connu. Inutile de vous dire qu'avec tous ces masques, la tâche n'était pas vraiment aisée. Et ça n'était pas pour me détendre. Pas plus que le lieu dans lequel je me trouvais, d'ailleurs...


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Lizzie Scott
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Lizzie ne savait pas si son invité allait venir, elle savait avoir été joueuse en ne donnant pratiquement aucune invitation mais c'était une façon comme une autre de voir de quel bois était fait cet agent fédéral qui semblait tellement sévère ou plutôt se refusait à voir la vie autrement que par son travail et...sa soeur.

Oui dit comme ça c'était pas encourageant mais Lizzie allait mieux, les mois avaient passé et elle avait remonté la pente doucement, repris ses recherches plus que jamais, elle voulait tout savoir, tout comprendre et surtout pouvoir tout rejeter en bloc dès qu'il s'agissait de yu, cela n'avait pas changé au contraire.

L'antre de la mode, de la lingerie plus précisément ou se tenait ce soir une soirée costumée était aussi le cadre d'une vente privée réservée à une élite fortunée dont elle faisait partie.

A son arrivée elle avait montré une photo de David, trouvé aisément sur le net , un article sur une mission du FBI, ainsi ce dernier eut champ libre pour rentrer, le videur ne lui ayant pas demandé le carton que seule Lizzie possédait.

David se retrouvait donc au milieu d'un bain de naïades toutes dévêtues et charmantes à voir vantant les derniers modèles de la collection de cette maison à la réputation toujours inégalée.



Lizzie se trouvait en retrait, sa tenue comme celle de David et de nombreux autres clients détonait, elle avait failli opter pour de la provocation simple et arborer un des modèles du lieux mais avait renoncé parce qu'il faisait froid.

Près du bar improvisé elle devisait avec une journaliste de mode quand David entra, elle ne le vit pas de suite car elle écoutait avec attention ce que lui contait Mary Hemsworth de Vogue.

Lizzie pour sa part était vêtue d'une tenue à l'ancienne, une robe rouge à la mode du 19ème siècle.



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David Foster
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C'était une blague ? Dites moi que c'en était une. Ca ne pouvait pas être autre chose de toute façon. L'invitation, le lieu, l'ambiance, tout ça. J'avais légèrement tiqué en lisant l'adresse, mais la curiosité de savoir qui était l'expéditeur de l'invitation l'avait emporté sur le reste. En tout cas, qu'elle que soit cette personne, soit elle avait choisi ce lieu par hasard, soit parce qu'elle me connaissait suffisamment bien pour savoir que je n'y serai pas dans mon élément. Si c'était un ennemi, le fait qu'il me connaisse à ce point n'était pas franchement rassurant.

Heureusement pour moi, il y avait aussi pas mal de monde qui avait choisi un costume plus "classique". Et finalement, avec mon vieil uniforme je me fondais plus ou moins dans la masse, même si je crois que j'avais attiré le regard de deux ou trois jeunes femmes en entrant. L'uniforme confère à l'homme une certaine prestance qui semble avoir de l'effet chez certaines femmes. Une chose que je ne m'étais jamais expliquée d'ailleurs. J'avais décidément bien du mal à les comprendre. Pour ce soir, je mettais ces regards sur le compte que, contrairement à l'homme un peu plus loin qui semblait avoir pris le sien dans un magasin de location (il n'était même pas réglementaire !), le mien au contraire avait l'air d'avoir fait la guerre. En même temps, il l'avait faite. Et quelqu'un d'un peu observateur ne manquerait pas de remarquer cet accro, à peu près au niveau du cœur, à quelques centimètres près, qui avait été raccommodé avec soin.

Continuant mon inspection de la foule, je me décidai enfin à me décoller du seuil de la pièce pour me rapprocher du bar. Quelle que soit la personne qui m'avait invitée, elle finirait bien par me trouver non ? Après tout, même si l'uniforme me donnait une autre allure que le costume cravate habituel au FBI, je ne portais pas de masque. Et dans la mesure où je ne savais pas qui m'avait fait parvenir l'invitation, que pouvais-je faire d'autre qu'attendre que cette personne se manifeste ? Et quitte à attendre, autant le faire avec une bière. En espérant qu'ils en aient, mais vu le standing de la soirée, ça c'était moins sûr.

Quoiqu'il en soit, je n'eus pas le temps de demander. En arrivant au bar, mon regard fut attiré par une jeune femme en tenue d'époque dont le visage ne m'était pas inconnu.

- Mademoiselle Scott ?

Bon, il y avait au moins quelqu'un que je connaissais dans cette pièce immense. Même si je doutais sincèrement que l'invitation vienne d'elle.


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Lizzie Scott
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Elle attendait son invité en se demandant si il aurait la curiosité de venir et devisait tranquillement au bar, un verre de soda pétillant en main. La conversation était des plus basiques et pas forcément très enrichissante mais elle était toujours à, l’affût des nouveauté et tendances, quand il s'agissait de jouer les femmes mondaines elle savait s'y prendre.

Elle ne le vit donc pas s'approcher et quand elle entendit sa voix elle tourna la tête et lui sourit, visiblement aussi surprise que contente qu'il soit là.

- Monsieur Foster, quel plaisir de vous voir.

Elle prit son verre en main et se tourna vers la journaliste en souriant.

- Vous permettez Mme Hemsworth que je vous abandonne un moment?

Cela allait de soit que cela ne posait aucun souci, c'était le lot dans ce genre de soirée, de papillonner , de voleter, d'admirer, de complimenter, bref de rayonner et de se montrer. Reposant son attention sur David elle avisa son costume et demanda.

- Vrai déguisement ou ancien uniforme de service? Si c'est le cas, chapeau il vous va toujours comme un gant.

Montrant son verre elle ajouta.

- Je vous commande quelque chose à boire? vous êtes après tout mon invité ce soir.


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David Foster
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Elizabeth semblait telle que dans mon souvenir : vive, prompte à distribuer ses sourires. Alors qu’elle délaissait son interlocutrice pour se tourner vers moi, je ne pus m’empêcher de voir ses yeux. Aussi bleus, aussi troublants que dans mon souvenir…

A son commentaire sur mon uniforme, je baissai les yeux sur moi. C’était marrant ce réflexe qu’on pouvait avoir, souvent, quand on parlait de nous ou de notre tenue, comme si on ne se souvenait plus comment on était. Pourtant, on s’en souvenait. J’enfonçai les mains dans les poches de mon treillis et me redressai, gonflant légèrement le torse sous le compliment. Les réflexes de soldats et la posture revenaient vite chez mois, comme s’ils m’étaient naturels (mais m’avaient-ils vraiment quittés ?) Ce faisant ma plaque capta la lumière et la renvoya, brièvement, l’espace d’une seconde avant que je ne bouge légèrement à nouveau.

- Merci. C’est… Un coin de ma bouche se leva en une ébauche de sourire et je me repris. C’était le mien oui. Quand j’étais ranger. Il a pas mal voyagé.

Comme si je ressentais le besoin d’expliquer son état, clairement pas neuf. Et entre nous, ce n’étaient pas tellement les voyages qui l’avaient usé, mais plutôt les combats, les blessures, tout ça.

- Vous êtes très jolie dans ce costume.

Oui, j’étais un gars poli. Et je savais que le compliment qu’elle m’avait fait en appelait un autre en retour. Simple politesse, un automatisme. On aurait presque pu se demander si je le pensais vraiment. Mais oui, pourtant.

Et puis la révélation tomba et j’en fus si étonné que j’eus du mal à ne pas le montrer. Mon regard se plongea dans le sien, comme pour le sonder et je haussai un sourcil.

- Votre invité ? Alors c’était vous ? Pourquoi tant de mystères ?

Là, pour le coup, je me sentais un petit peu idiot sur les bords. Dire que j’avais imaginé tout autre chose et que j’étais même venu avec mon arme (que ma plaque d’agent m’avait permis de conserver sur moi). Bon sang, est-ce que j’étais en train de devenir parano ? En même temps, comment ne pas l’être dans ce boulot ?

- Je m’attendais à une toute autre personne.

Et puis, je me rappelai qu’elle venait tout juste de me proposer de boire quelque chose. J’interpellai le barman qui passait justement.

- Une bière, s’il vous plait. Brune.
- Je suis désolé, mais nous n’avons pas de bières ici, Monsieur.

Ouais, je m’en serais douté, ça ne correspondait pas au standing de la soirée

- Alors la même chose qu’elle, répondis-je en désignant le verre qu’Elizabeth tenait dans la main.

En attendant qu’il me serve, je me tournai vers Elizabeth et sortis une main de ma poche pour m’accouder au comptoir et prendre appui dessus.

- Je dois avouer que c’est une surprise. Après l’autre soirée, je ne m’attendais pas à vous revoir un jour.

Il faut dire qu’elle s’était quand même limite enfuie. Ce que je pouvais comprendre vu la façon dont je m’étais conduit. Je ne me l’expliquais toujours pas d’ailleurs.

- Et que me vaut l’honneur que vous vous soyez rappelé de moi ?


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Lizzie Scott
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Lizzie acquiesça en souriant doucement.

- Nul doute que vous avez de nombreuses missions à raconter avec ce bel uniforme. Bon choix au demeurant pour une soirée dans ce temple de la mode... L'uniforme exerce souvent un attrait inexpliqué sur les femmes, allez savoir pourquoi d'ailleurs.

C'était un fait établi mais non expliquable aux yeux de la pétillante Ecossaise.

- Je vous remercie pour le compliment, j'aime beaucoup les costumes d'époque, ils ont cette capacité à me faire rêver d'un autre temps, d'autres moeurs. Alors dès que j'en ai l'occasion je ne refuse pas une soirée costumée.

Par contre elle fut surprise de voir qu'il s'attendait à quelqu'un d'autre pour l'invitation. Malicieuse son regard balaya l'assemblée.

- Quelqu'un d'autre? Vous avez des amis qui ont bon gout alors. Allez dites m'en plus, connaitriez vous une de ces magnifiques naïades déjà prêtes à plonger dans des piscines? Un journaliste peut-être?

Oui c'était amusant de se demander à qui il avait pu songer pour une soirée de vente privée chez victoria's secret en haute ville.
Par contre sa tête l'amusa quand il demanda une bière. Montrant son verre elle prit un air dépité.

- Je crains que ce ne soit une soirée à calories négatives voyez vous. Sodas sans sucres ajoutés, des fruits frais, de la nourriture vegan... que du bon pour la santé parait-il.


Elle n'avait pas l'air très convaincue pour sa part.

- Je suis quelqu'un d'assez compliqué je le sais bien mais j'ai apprécié la soirée que nous avons passé au bar. Le temps ensuite m'a joué des sales tours dirons nous, j'ai eu quelques ennuis de santé sans gravité qui m'ont cependant forcé à rester chez moi, puis j'ai repris ma thèse et l'envie m'est venue de sortir en recevant cette invitation et je me suis dit que ce serait l'occasion de montrer a un sévère agent un pan de la haute ville qu'il ne connait pas forcément.


il y avait beaucoup de vrai dans ses paroles et des trous pour combler ce qu'elle cachait mais dur de le sentir sans la connaître vraiment.


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David Foster
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Je haussai un sourcil au commentaire d'Elizabeth sur mon "bon choix". J'aurais pu lui dire que vu les possibilités qui s'offraient à moi ce soir en matière de costume, ce n'était pas un choix du tout, c'était une évidence. (Non, mais sérieux, vous croyiez vraiment que je me serais ramené en Leprechaun ? C'était pas la Saint Patrick et je n'étais pas bourré, 2 conditions obligatoires pour que je remette ce costume un jour). Mais je restai silencieux, à cause de la seconde partie de son commentaire. Je jetai un regard autour de moi et... dû me rendre à l'évidence qu'elle avait raison.

Un peu embarrassé, je sortis une main de ma poche pour me la passer dans les cheveux et relevai les yeux sur Elizabeth, esquissant un sourire poli alors qu'elle me parlait maintenant de son propre costume. De vous à moi, j'étais content qu'elle ait choisi ce genre de tenue plutôt que celles que portaient un certain nombre des jeunes femmes présentes à cette soirée.

Je me raclai la gorge pour répondre à sa question, un peu gêné d'avouer ma méprise.

- Je... J'esquissai un sourire et secouai la tête. Vous savez, dans mon métier on se fait un certain nombre d'ennemis. Une invitation anonyme, ça peut-être relativement suspect. Quelque soit le lieu et le genre de soirée. Ne m'en voulez pas d'avoir été méfiant. C'est cette méfiance qui fait que je suis toujours en vie.

Je me tournai vers le barman pour le remercier alors qu'il venait poser ma commande devant moi.  A la remarque d'Elizabeth, je baissai les yeux sur mon verre pour en jauger le contenu. J'avais l'air aussi convaincu qu'elle. Bon pour la santé ? Je relevai sur Elizabeth un regard plus que dubitatif traduisant parfaitement ma pensée. Mais encore une fois, je me gardai de tout commentaire. D'autant qu'elle avait repris la parole.

Ce qu'elle me disait me fit froncer les sourcils. Des sales tours ? Des ennuis de santé ? J'espère que ce n'était pas trop grave. Et puis les mots "sévère agent" me parvinrent et...

- J'ai vraiment l'air si sévère ?

Et comme je disais ça, je pris conscience de ce froncement de sourcil caractéristique aux choses qui m'intriguaient, ou m'étonnaient. Cela me tira un petit rire ironique.

- Ok, je suis peut-être un peu trop sérieux, je vous l'accorde. Mais il me semble que la dernière fois, vous aviez plutôt réussi à... à quoi au juste ? à ce que je me déride un peu. Enfin, je crois.

Oui, parce que "dérider", c'était quand même un bien grand mot. Mieux valait changer de sujet.

- Je suis content de vous voir en tout cas.

Navrant, David. Vraiment navrant. Dans le genre banalités convenues et inutiles, on ne faisait guère mieux.

- J'espère que vos ennuis n'ont pas été trop graves ?


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Lizzie Scott
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David semblait surpris par le commentaire de Lizzie mais la jeune femme s'y était attendu. Il n'était pas conscience d'être un bel homme et de surcroît avec un uniforme il était l'incarnation d'un fantasme commun.

Il cacha difficilement son embarras et lui expliqua la raison pour laquelle il n'avait pas pensé à elle.

- Je suis navrée cela ne m'a même pas traversé l'esprit que vous puissiez songer à un ennemi, je trouvais juste cela amusant pour ma part. Je ne peux vous en vouloir d'avoir été méfiant, c'est plus à moi de m'excuser de vous avoir invité de cette manière et de vous avoir causé du souci.

La tête de ce cher agent du FBi valait son pesant d'or pour le coup.
Continuant sur son envie de passer une bonne soirée elle répondit amusée.

- Non je plaisantais, vous êtes juste difficilement accessible mais j'ai bien vu que vous saviez vous amuser et profiter d'une soirée. Et j'avais envie de vous montrer ce à quoi je suis habituée tout simplement. Vous m'avez ouvert les portes d'un bar chaleureux en ville basse et je voulais vous montrer quelque chose de nouveau.

Elle but quelques gorgées de son verre et héla une serveuse pour avoir quelques mets forts sympathiques, verrines de légumes et fruits épicés.

- J'imagine que vous n'avez jamais assisté à une soirée privée dans une antre de la mode non? Il va y avoir un défilé d'ici peu avec les collections à venir et ensuite il est possible d'en commander. C'est futile, superficiel mais je l'avoue j'adore la simple idée de posséder des tenues que d'autres ne pourront avoir que la saison suivante.


Eludant ses histoires de soucis elle répondit néanmoins.

- N'ayez crainte, aujourd'hui je vais bien. Et vous comment allez vous depuis la dernière fois? Toujours occupé par votre travail ou prenez vous un peu de temps pour vous ?


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David Foster
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Face aux excuses d'Elizabeth, je ne pus que lui répondre par un léger sourire et secouer la tête.

- Ne vous en faites pas. Ce n'est pas grave. Vous ne pensiez pas à mal. Et vous étiez certainement à cent lieues de vous douter que je pourrais le prendre de cette façon. Quoiqu'il en soit, je préfère que ce soit vous. Je dirais même que je suis soulagé, quelque part ! C'est moins dangereux !

Vraiment David ? En es-tu sûr ? Va savoir ce qu'il peut arriver dans une soirée pareille avec une jeune femme telle qu'Elizabeth à tes côtés.

- Difficilement accessible...

Baissant les yeux sur mon verre, je répétai les mots d'Elizabeth, tel un automate, alors que je réfléchissais à ceux-ci. Elle avait raison, bien sûr. C'était pas faute d'essayer de corriger cela, mais le fait est que je ne m'y prenais pas correctement. Et puis, c'était plus facile à dire qu'à faire. On ne change pas sa nature si facilement.

- Je n'ai pourtant pas toujours été comme ça.

C'était sorti tout seul, comme si je réfléchissais tout haut. Je n'avais même pas conscience qu'Elizabeth aurait pu l'entendre. Je relevai les yeux sur elle et esquissai un sourire.

- Vous avez eu une bonne idée. Mon regard parcourut la pièce, passant rapidement sur les gens costumés, les autres jeunes femmes. Enfin, je crois. Je viens rarement dans ce genre de soirée, c'est vrai. J'y suis rarement convié aussi. Pour ne pas dire jamais en fait !   Cela me tira un petit rire. Elizabeth avait un don pour me "détendre", ou alors c'était le boulot sur moi-même qui commençait à donner des fruits, allez savoir. Quoiqu'il en soit, sans être pour autant comme un poisson dans l'eau, j'étais moins mal à l'aise que lors de notre soirée ensemble dans ce bar.

- Il faut dire aussi que je n'ai pas le même intérêt que vous pour la mode. Et encore moins celle-là ! Je porte les mêmes vieux jeans depuis quelques années déjà.

Comme je vous le disais, je n'avais absolument pas changé depuis que j'avais quitté l'armée, mon uniforme en était la preuve !

Elizabeth répondit rapidement à ma question sur ses ennuis, se contentant de me dire qu'elle allait bien, sans pour autant entrer dans les détails. Est-ce que je pouvais la croire, je ne sais pas. Mais si elle ne voulait pas s'attarder dessus, je n'allais pas insister. Quant à moi :

- Et bien... Je dirais que la situation n'a pas tellement changé. J'ai toujours pas mal de travail et j'ai rarement l'occasion de lever le pied. Il faut dire que je n'ai pas beaucoup d'opportunités pour sortir. Comme vous l'avez si bien fait remarquer, je suis difficilement accessible.

Je haussai les épaules et bus une gorgée de mon verre. Gorgée qui me tira aussitôt une légère grimace. Ok, ça avait vraiment un drôle de goût ce truc. Ils pouvaient pas juste servir des bonnes bières, comme tout le monde ? Quand à la nourriture qui fut apportée à Elizabeth, comment vous dire ? Elle ne me faisait pas tellement envie... Je soupirai et indiquai la salle du menton.

- Alors, dites-moi. Comment ça se passe ce genre de soirée ? Il y a un défilé, génial..., et ensuite ?


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Lizzie Scott
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David avait clairement raison, pas un seul instant elle n'avait pu imaginé que ce message anonyme puisse être mal pris mais avec du recul pourtant, un message sans expéditeur, livré au bureau d'un agent fédéral vu qu'elle ne connaissait pas son adresse, cela pouvait passer pour de la provocation en un sens et cela fit rire.

- Oh mon dieu, j'imagine l'angoisse si vous aviez cru que cette manifestation paisible courrait un risque, que de potentiels terroristes comptaient s'en prendre aux gens... Voir débarquer des unités du FBI armées, équipées... le bazar que cela aurait pu être, je suis désolée, cela m'apprendra à écrire anonymement au bureau d'un agent fédéral.

Pour le coup c'était drôle car par chance David n'avait pas été "trop" paranoïaque.

La suite surpris Lizzie car David avait parlé sans réfléchir, sans cette retenue qu'il arborait et qui lui servait de carapace de protection sûrement, qu'avait-il vécu pour se cacher ainsi?

- Si vous avez envie d'essayer d'en parler je suis à votre écoute. Je suis neutre, je n'irai parler à personne de votre connaissance et j'ai appris que garder pour soi ce qui nous ronge ne fait que nous faire plonger plus dans le noir qu'autre chose.

Sans Jeremiah et son soutien elle ne serait jamais sortie du trou et de chez elle, et si elle pouvait aider quelqu'un, en étant simplement présente, elle était prête à la faire, oui elle devenait peut-être moins égoïste, bon et surtout, David était negatif c'était un bon point pour lui, depuis les révélations, elle peinait encore plus à supporter les positifs et sa colocataire, sa simple présence l'irritait, elle ne faisait rien, était adorable, serviable, mais... elle était positive !

- Je me doute que vous ne venez pas forcément à ce genre de soirée, elles sont réservées à ceux qui sont assez futiles pour dépenser une fortune dans des sous vêtements que personne ne voit presque jamais finalement hormis notre miroir, voyez vous le genre?

Elle tentait de le détendre en se moquant de son mode de vie, née la cuillère en argent dans la bouche elle ne pouvait renier ses origines , elle aimait cette vie de toutes façons.

- Je ne voulais pas vous vexer en disant que vous sembliez peu accessible mais vous m'avez donné l'impression d'être un homme qui ne faisait pas les choses à moitié et votre travail est le coeur de votre vie tout simplement. Quand à la soirée c'est d'une banalité presque affligeante. On se fait beau *montre leurs tenues et celle d'une femme très ronde coincée dans une robe qui la fait ressembler a un saucisson, faute de gout* on vient se montrer, on sourit, on profite du bar et du buffet *désigne un couple de personnes d'une cinquantaine d'années qui enfilent les amuses bouche non stop* on parle fort et on rit pour se faire remarquer en espérant qu'un des journalistes de mode nous prendra en photo pour illustrer son article sur la soirée.

Elle termine son cocktail de jus de fruits et poursuit.

- Ensuite les mannequins défilent pour présenter la collection, on commente, on critique, on dit qu'on aime ou on hurle notre désapprobation et ensuite on est assailli par les commerciaux qui veulent qu'on sorte la carte de crédit pour avoir l'exclusivité de porter ces modèles avant que le grand public y ait accès dans quelques mois.... Passionnant non?


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David Foster
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Le rire de Lizzie était assez communicatif. Ce qui, à mon niveau, se traduisit par un franc sourire. Oui, non, j'étais difficilement accessible, vous vous souvenez ? Il me fallait un peu plus d'alcool dans le sang pour me détendre vraiment. Et en terme d'alcool, ce cocktail... bah disons qu'il ne serait pas d'une très grande efficacité.

- Ca serait mieux que vous vous absteniez en effet. A l'avenir, si vous vouliez me refaire une surprise du genre, peut-être vaudrait-il mieux que vous accompagniez le carton d'invitation. Ca sera moins suspect.

Cela sous entendait qu'elle pourrait avoir envie de me revoir. C'était peut-être un peu présomptueux de ma part. Et c'était sorti tout seul d'ailleurs. Je me passai une main sur la nuque, un peu gêné, et me repris.

- Enfin, à moi ou à un autre agent du FBI, je veux dire.

Ok, David, tu t'enfonces. Je pris une gorgée de mon cocktail pour donner le change, avant de me rappeler qu'il était relativement dégueu sur les bords. Heureusement pour moi, elle changeait de sujet. Mais celui qu'elle abordait était relativement étonnant.

- Je...

OK, qu'est-ce que je pouvais répondre à ça ? Elle me prenait totalement au dépourvu. Ma main vint effleurer l'accro de ma veste, comme un geste réflexe, donnant l'ébauche de la réponse malgré moi et finis par se glisser dans ma poche. Je haussai les épaules et secouai la tête.

- C'est très gentil à vous. Mais je n'ai pas pour habitude de parler de ce qui me ronge. Conscient que j'étais, encore une fois, un peu trop sérieux, je m'efforçai de prendre un ton plus léger. Enfin, pas aux jeunes inconnues en tout cas. Même si elles me regardent avec leurs grands yeux bleus.

Ce disant, je plongeai mes yeux dans les siens, par réflexe et me fis encore une fois cette réflexion que mieux valait ne pas les regarder trop longtemps, au risque de m'y perdre.

Je l'écoutai ensuite m'expliquer un peu plus en détail le déroulement de ce genre de soirée. Du regard, je parcourais l'ensemble de la pièce, les gens qui s'y trouvaient, m'arrêtant sur les personnes qu'elle me désignait. Ses remarques me faisaient sourire. Il est une chose qu'Elizabeth maitrisait parfaitement, apparemment, c'était l'auto-dérision. Elle se moquait de ces gens, tout en sachant qu'elle en faisait partie. C'était une qualité que j'appréciais beaucoup.

- Passionnant en effet...

Je me sentais légèrement sarcastique pour le coup et m'en voulu aussitôt. Ce n'était pas juste vis à vis d'Elizabeth qui m'avait tout de même invité. Elle espérait probablement que je passe une bonne soirée, comme j'espérais qu'elle l'avait fait lorsque je l'avais emmenée au concert d'Angie.

- Malheureusement pour tous ces commerciaux, je ne suis clairement pas un client potentiel ! Et vous ne m'avez pas vexé. Je détachai mon index de mon verre pour l'indiquer. Vous n'avez fait qu'émettre une vérité. Je suis relativement inaccessible oui. Mais c'est plus par la force des choses que par réelle envie de mettre de la distance. Croyez-moi. J'essaie pourtant, mais il semblerait que ce ne soit pas le domaine où j'excelle le plus ! Je relevai les yeux sur elle et esquissai un sourire. Peut-être que vous pourriez m'apprendre ? Vous êtes manifestement plus douée que moi en la matière.

Je levai à nouveau mon verre pour reprendre une gorgée. J'étais du genre tellement bien élevé que même quand je n'aimais pas, je terminais.


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Lizzie Scott
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- J'y songerai c'est promis.

Elle avait bien compris le sous entendu et si elle ne cherchait pas de relation en ce moment, elle appréciait David, il la sortait de son monde avec sa vision à l'opposé, c'était dépaysant et cela changeait de sa naturelle complicité avec Jerry.

Elle n'insista pas quand il s'embrouilla, nul besoin d'aller le faire rougir, perdre ses moyens, il y arrivait très bien tout seul. Vivait-il vraiment en mode ours solitaire avec sa petite soeur depuis si longtemps que cela?

- Hey vous savez tout sur moi, jusqu'à ma date de naissance, si c'est pas un élément d'importance pour une femme. Comment pouvez vous me comparer à une inconnue, je suis à mille lieux d'être une Jane Doe tout de même.

Elle passait un bon c'était le but de cette soirée, elle avait eu raison de la proposer à David pour lui montrer quelque chose d'étrange et nouveau pour lui.

- Peu importe que vous soyez leur client ce jour, vous avez vu ce qu'ils faisaient, un jour prochain vous aurez une petite amie à qui vous aurez envie de faire plaisir et la mener dans ce genre d'endroit est toujours une source d'émerveillement. Elle ne vous en adorera que plus.


Elle baissa un instant le regard vers son verre et son sourire se ternit un bref instant.

- L'art des apparences , c'est un domaine dans lequel j'ai toujours excellé, on m'a enseigné dès mon plus jeune âge que le paraître était ce qui comptait le plus, peu importe ce qu'on ressent, on montre son plus beau sourire au monde, car cela ouvre de nombreuses portes. Vous avez donc une vie à rattraper pour m'égaler mais certaines personnes sont plus naturellement douées que d'autres et qui sait quel élève d'exception vous pourriez vous révéler être...


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David Foster
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Son indignation me tira un nouveau sourire. Presque un petit rire en fait, ce qui était un bon point pour Elizabeth parce que ce n'était pas toujours évident.

- Oui, je sais quelques trucs, en effet. Des faits, quelques informations consignées dans votre dossier. Mais je ne vous connais pas vraiment pour autant. Je sais ce que vous êtes, mais pas qui vous êtes.

Je n'étais peut-être pas d'une clarté très limpide. Je cherchai quelques secondes une moyen de lui exprimer mieux ma connaissance d'elle.

- Disons que, si vous étiez un livre, je n'en connaîtrais que la couverture, pas le contenu. Et vous savez certainement aussi bien que moi à quel point une couverture peut n'avoir rien à voir avec le contenu.

Je pris une nouvelle gorgée de mon cocktail avant de continuer.

- J'ai eu votre dossier entre les mains, c'est vrai. Et je connais votre date de naissance, entre autres, ce qui me donne, j'avoue, un certain avantage. Mon sourire revint, un brin plus malicieux peut-être, étonnamment. Mais entre nous, c'est ce qui n'est pas dans le dossier qui est le plus intéressant.

Ne voyez dans ces paroles aucune arrière pensée quelle qu'elle soit. Je parlais seulement d'expérience. De part mon métier, j'avais eu entre les mains les dossiers de tas de gens. Et beaucoup de ces gens, lorsque je les avais eus en face de moi, s'étaient révélés différents de ce que leur dossier pouvait laisser entendre.

- Quant à l'éventualité que j'amène mon amie dans ce genre d'endroit, il faudrait déjà pour cela que j'en ai une et ce n'est pas gagné.

Phrase qui sonnait un peu désespérée dite comme ça, alors que je ne l'étais pas tant que ça, enfin, pas à ce point-là. Je me repris, tentant d'alléger un peu tout ça.

- Enfin, je veux dire, vous l'avez dit vous-même, je ne suis pas très accessible. Et mon métier ne m'aide pas ! Quelle femme voudrait sortir avec un agent du FBI qui peut être appelé à disparaître quelques jours, quelques semaines, ou plus - qui sait - dans une mission potentiellement dangereuse ?

Je ne me faisais pas tellement d'illusions. Je savais de quoi je parlais. Emily n'avait pas tenu face à cette angoisse qu'elle pouvait ressentir lorsque j'étais absent. Et je n'avais eu personne d'autre depuis.

Je la dévisageai alors qu'elle abordait le thème des apparences, baissant les yeux sur son verre. Comme si le sujet était quelque peu dérangeant. Comme si c'était quelque chose qu'elle maîtrisait malgré elle. Et peut-être était-ce le cas ?

- N'ouliez pas que vous parlez à un agent spécialisé dans l'infiltration. J'esquissai un nouveau sourire probablement pour la rassurer. Je peux être n'importe qui, quand la situation l'exige. Mais pas moi. Je crois que j'ai oublié comment être simplement moi.

Je penchai la tête pour essayer de capter son regard, ses grands yeux si bleus, si dangereux presque. Mais c'était plus fort que moi, il fallait que je regarde les gens dans les yeux quand je leur parlais. Tellement de choses passaient par le regard, des choses que la bouche contredisait parfois.

- Dites moi, quand est-ce que vous êtes simplement vous ? Juste vous, sans jouer avec les apparences ? J'ai une idée. Et si ce soir, nous essayions d'être simplement nous ? De retrouver cette personne que nous sommes au fond et de la faire remonter, l'espace de quelques heures ? L'exercice ne sera pas évident,  du moins en ce qui me concerne, mais qui sait, je pense qu'on peut y arriver.


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Lizzie Scott
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Elisabeth souriait franchement, bien sûr que ce n'étaient que de éléments totalement factuels et administratifs, encore que l'analyse de l'adn de ses cheveux avait révélé que les prises de substances illicites n'étaient pas une première chez elle.

Elle l'écoutait parler sans vraiment répondre parce que la question qui elle était était devenu un sujet sensible pour elle, quelque part avec la kryptonite elle s'était perdue, et avait découvert un pan d'elle même qu'elle ne supportait pas, qu'elle ne parvenait pas à accepter. D'ici peu Edward aurait réussi à synthétiser un nouveau sérum ou vaccin et elle partirait en Afrique du Sud pour prendre ce remède à sa...dégénérescence d'adn, elle ne pouvait pas rester positive, c'était impossible, y songer lui donnait le tourni.

Elle n'entendit pas forcément tout ce que David dit, elle se tenait la tête, en proie à un vertige.

Elle s'accrocha au bar pour ne pas tomber et resta quelques longues secondes muette à chercher son souffle.

Quand elle trouva le courage de se parler et de se reprendre elle leva un regard empreint d'une grande tristesse dans celui de David.

- Si je vous dis que je ne sais même pas qui je suis réellement, que ma vie entière repose sur un mensonge que je m'efforce de corriger pour pouvoir vivre de nouveau normalement, vous me croyez?


Ces paroles étaient étranges forcément mais pouvait-on annoncer de but en blanc qu'elle avait eu la chance de recevoir des sérums depuis son enfance qui rendait son Yu inexistant? Qu'elle venait de le découvrir parce que justement ce serum n'avait pas une durée d'effet très longue et qu'il lui fallait une nouvelle dose?


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David Foster
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Alors que je parlais, Elizabeth eut soudain un comportement étrange. J'aurais été superstitieux, j'aurais pu commencer à croire que c'était de ma faute. Un moyen de se débarrasser de moi peut-être, vu ce qui s'était passé au bar. Mais par chance, je ne l'étais pas.

- Est-ce que ça va ?

Elle se tenait la tête et je la vis se retenir au comptoir, comme si elle était prise d'un malaise et qu'elle avait besoin de quelque chose pour l'empêcher de tomber. Par précaution, je tendis la main pour la retenir par le coude, des fois que. Alors qu'elle s'accrochait toujours au comptoir, semblant reprendre son souffle, je tirai un tabouret derrière elle.

- Tenez, asseyez-vous si vous voulez.

La soutenant toujours par le coude, je la détaillai du regard. La dernière fois, elle m'avait parlé d'une crise d'angoisse. En faisait-elle souvent ? Qu'est-ce qui pouvait les déclencher de la sorte alors que deux secondes auparavant, elle semblait aller très bien ?

La réponse finit par arriver, alors qu'Elizabeth reprenait la parole. Et bon sang, quelles paroles ! Et quel regard aussi, elle avait l'air tellement bouleversée tout à coup. Il n'en fallait pas plus pour que mon instinct de protecteur se réveille.

J'acquiesçai doucement.

- Bien sûr.

Ce n'était pas tant parce que je sentais qu'elle avait besoin d'être rassurée, mais je la croyais vraiment, oui. Après tout, elle n'était pas la première et ne serait certainement pas la dernière à avoir une vie basée sur un mensonge. Je me tournai rapidement pour héler le barman.

- S'il vous plait, on pourrait avoir un verre d'eau ? Merci.

Le serveur ne fut pas très long et lorsqu'il déposa le verre devant nous, je m'en emparai pour le tendre à Elizabeth.

- Est-ce que vous voulez en parler ? Peut-être que cela vous soulagerait ?


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Lizzie Scott
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Est-ce que cela allait? Non c'eut été mentir que de prétendre le contraire aussi Lizzie préféra-t-elle ne pas répondre tout simplement, son regard en disait assez long sur la vérité.

Elle accepta le tabouret sans hésiter et s'installa, comment des semaines après avoir appris la vérité elle peinait encore à l'accepter et pourquoi se mettait-elle dans tous ses états?

David demanda un verre d'eau et elle lui en fut reconnaissante, avait-elle envie d'en parler? Elle ne savait pas vraiment, elle craignait surtout que d'ouvrir les vannes ne soit pas une bonne chose pour elle, pour sa retenue naturelle.

Et pourtant... Elle avala d'un trait son verre d'eau et lâcha d'une manière aussi neutre que possible.

- Je suis positive de troisième génération.

David avait lu son dossier, vu sa puce, ce qui était déclaré...

- Je l'ai appris à mes dépends durant l'été grâce... à la kryptonite, je cherchais des informations sur cette drogue pas pour la consommer mais sur ses origines, pour savoir qui était assez malade pour produire une telle chose, vérifier que cela venait de positifs qui voulaient contrôler des leurs... pour un article...


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David Foster
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Gardant mon regard fixé sur elle, j'attendis qu'elle sois prête à parler. Il n'était pas question que je reprenne la parole le premier, ce n'était pas comme cela que je fonctionnais. En cet instant, je me mis à me comporter avec Elizabeth précisément comme je le faisais avec Angie lorsqu'elle me parlait de quelque chose de préoccupant. Je me conduisais en grand frère attentif dont la simple présence à ses côtés prouvait d'elle-même qu'elle pouvait compter sur moi. Du moins, c'était comme cela qu'Angela le ressentait.

Je lui laissai le temps de boire son verre d'eau et de prendre la décision de parler ou non. Quelle que soit celle qu'elle prendrait, je suivrais. La révélation me fit froncer les sourcils. Je jetai un regard autour de nous, pour m'assurer que personne ne pouvait nous entendre, mais ils étaient tous occupés à autre chose. Rassuré sur ce point, je tirai un autre tabouret pour moi et reportai mon attention sur elle, maintenant à sa hauteur.

- Et cette Kryptonite a eu sur vous les mêmes effets que sur un positif, c'est ça ?

Je pris une profonde inspiration et plongeai mon regard dans le sien. J'aurais pu ne pas la croire. Après tout, d'après sa puce, elle était déclarée comme négative. Mais j'étais bien placé pour savoir qu'une puce, ça ne disait pas toujours la vérité, n'est-ce pas ? Un point pour Elizabeth. D'un autre côté, elle avait un passé de toxico tout de même. Je l'avais arrêtée pour ça, non ? Et elle venait de me faire comprendre qu'elle n'avait pas vraiment arrêté. Mais elle était tellement bouleversée que je ne mettais même pas sa parole en doute.

- Comment se fait-il que vous n'ayez pas su que vous étiez positive plus tôt ? D'ordinaire, les aptitudes des positifs se manifestent durant l'enfance. Vous n'êtes plus vraiment une enfant.

Je me redressai, scrutant toujours son visage.

- Sans compter que si vous êtes positive, alors l'un de vos parents doit l'être. Ou au moins un de vos grands parents, mais dans ce cas, vous feriez partie des rares positifs où Yu saute une génération. Vous n'avez jamais remarqué quelque chose de différent dans votre famille ?


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Lizzie Scott
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La jeune femme avait repris une contenance certaine même si elle n'était pas totalement rassurée. Elle en parlait à quelqu'un d'extérieur de son cercle très restreint d'amis à savoir Jerry et Edward.

- C'est exactement ça... Je... je me suis sentie obligée de faire ce que demandait ce maudit Rêveur... J'ai réussi par miracle à résister ou parce que mon maudit don n'était pas encore pleinement actif...

Les semaines passant elle avait fini par comprendre quel était son don et comment il fonctionnait.

- Dans l'aristocratie on a le sang pur... les nobles ne sont pas sensés être atteint par cette dégénérescence génétique.

Oui c'était toujours ainsi qu'elle percevait Yu, elle n'y pouvait rien et ne comptait pas changer son opinion la dessus.

- De ce que j'ai appris, mon pouvoir s'est manifesté dès mon plus jeune âge justement et... mes parents avaient des moyens considérables et ils ont payé des amis scientifiques qui ont mis au point un serum qui endort et cache Yu. La mutation devenait inopérante et invisible, c'est pour cela que je suis déclarée négative. Ce serum n'a qu'une durée courte et sans le savoir régulièrement on me l'injectait. Mes parents devaient me croire encore incapable de prendre une décision seule à mon âge vu qu'ils ne m'avaient rien dit quand j'ai refusé de les rejoindre pour les fêtes de fin d'année chez nos amis....

Autant dire qu'elle n'avait pas digéré qu'ils aient menti après sa majorité ou même à l'adolescence, elle aurait couru chez les King pour avoir ce serum tous les ans sans hésiter un instant.

- Il semblerait que ma mère soit positive... son géniteur n'est pas mon grand père...

pour le coup elle méprisait sa grand mère qui avait fauté, la parole, l'engagement, c'était quelque chose de sacré aux yeux de l'écossaise. elle se permit un sourire.

- Pathétique comme histoire mais bientôt ce ne sera plus qu'un mauvais rêve




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David Foster
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A cet instant, il y a des tas de choses que j'aurais pu lui dire. J'aurais pu aussi commencer par lui faire la morale. Elle avait bien dit qu'elle arrêterait la drogue, non ? Vous m'expliquez comment cette Kryptonite a pu finir dans son sang ? Mais c'était, bien évidemment, la dernière des choses à lui dire. Je me contentai plutôt d'hocher la tête alors qu'elle me disait avoir réussi à résister à l'effet "obéissance" de la drogue.

Son histoire d'aristocratie en revanche ne me laissa pas totalement de marbre. Je plantai mon regard dans le sien, à moitié sceptique.

- Elizabeth, vous croyez vraiment que le fait d'appartenir à la Haute Société vous protège contre Yu ? Yu frappe au hasard, peu importe que vous soyez riche ou pauvre, blanc ou noir.

Encore que les positifs asiatiques ou noirs étaient plus rares. Cela n'avait rien d'étonnant, vous n'avez jamais appris, en cours de biologie, que les blancs, blonds aux yeux bleus, ont des gênes plus "faibles" ? Oui je sais, génétiquement parlant, je suis une mauviette.

- Il frappe et c'est tout. Quand les Chinois ont largué cette bombe, tout le monde s'est retrouvé à la même enseigne face à Yu. Ceux qui avaient l'anomalie génétique nécessaire pour qu'il s'accroche ont survécu. Les autres sont morts.

Je l'écoutai continuer son explication. Cette histoire de sérum capable de dissimuler Yu, je n'en avais jamais entendu parler. Il était plutôt étonnant que cette chose soit resté inconnue du "public". Vous imaginez, un sérum qui permet de dissimuler Yu, même momentanément ? Pas de pouvoir, indétectable, comme si vous n'étiez ni plus ni moins qu'un négatif. Combien de personnes seraient prêtes à payer pour ça ? Sans parler du gouvernement qui aurait certainement voulu, à un moment donné, mettre la main sur cette formule pour l'administrer à tous les positifs qui lui tombait sous la main... Heureusement, cette époque semblait révolue. Encore que...

Je l'écoutai avec attention, oui. Et ses dernières paroles étaient plutôt inquiétantes. Je fronçai les sourcils, plissai les yeux et détaillai son expression, pour essayer de démêler le sens caché derrière ces mots.

- Comment ça, ce ne sera plus qu'un mauvais rêve ? Que comptez-vous faire ?


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Lizzie Scott
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Le sourire de la jeune Ecossaise s’agrandit aux paroles de David.

- Bien sûr que la génétique et l'activation de Yu a frappé au hasard lors du bombardement, cependant, les nobles ne se marient que sous des contrats de mariage complexes et dont l'une des premières clauses reste la négativité. C"est ainsi qu'ils protègent leur patrimoine génétique.

C'était tellement banal à ses yeux qu'elle n'avait jamais pris le temps de réfléchir au fait que dans le monde ce n'était pas forcément pareil, encore que vu ce que le PRD avait autorisé ou interdit, cela revenait au même.

- Il n'y a pas d'avortement ou d'interdiction en Ecosse de se marier entre positifs mais certaines classes sociales... font leur propre tri. Je suis une paria tant que je demeure ainsi.


Et cela elle ne le supportait pas, ne pas rentrer dans le rang, ne pas pouvoir prétendre être la digne héritière de son grand père, cet homme grâce à qui elle avait pu entrer à Eton notamment car il avait ouvert les portes de cette célèbre université aux femmes d'exception et... riches.

Elle termina son verre d'eau et demanda à un serveur de porter de quoi manger, le stress lui donnait faim. Cela lui permit de réfléchir, mais finalement ce serait assez simple, David était à ses yeux un homme d'honneur, de parole et surtout pas quelqu'un qui profiterait des paroles dites, mais il s'en souviendrait et son attention serait attirée par ses paroles à venir.

Elle parla mais à voix basse et pour se faire se rapprocha de David, il était le seul à pouvoir entendre ses mots.

- Je vais bientôt partir en Afrique du Sud chez mon ami, il a repris les recherches de ses parents, de zéro presque vu que le brevet originel de ses parents a été récupéré je ne sais comment par la Waleman. Mais cette fois ci il travaille sur un vaccin et je vais le tester, imaginez David si il réussit, les gens auront le choix, le choix de mener la vie qu'ils veulent, rester positif ou devenir négatif.

Ses yeux brillaient à cette idée, ce vaccin quand il serait mis au point pourrait changer la face du monde et puis sa vie aussi.


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David Foster
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Evidemment, cela ne pouvait se passer qu'ainsi dans les Hautes Sphères. J'aurais dû m'en douter. Je m'en doutais déjà un peu d'ailleurs. Il y avait encore des gens qui considéraient les positifs comme des aberrations de la nature. Ils étaient nombreux d'ailleurs, et pas seulement dans l'aristocratie. Le fait qu'ils soient plus que regardant sur les origines de leurs conjoints n'avait, en soi, rien de surprenant. De tout temps les hommes ont voulu protéger la "pureté" de leur sang en choisissant des partenaires en conséquence. Vive le romantisme, n'est-ce pas ? Il faut dire également, que les anciennes lois abondaient dans ce sens, ce qui n'aidait pas non plus les gens à faire preuve de tolérance et d'ouverture d'esprit. Heureusement, monsieur Aberline avait changé ces lois.

Je soupirai et redressai la tête.

- Vous pouvez voir les choses sous cet angle et vous dire qu'effectivement, vous êtes une paria. Ou alors, vous pouvez voir le verre à moitié plein, et considérer que vous pouvez amener une évolution des mentalités, une ouverture sur le monde actuel.

Je n'étais pas très sûr de la position de Lizzie à propos des positifs. Mais je connaissais la mienne. Et sans trop la dévoiler, j'essayai de réconforter la jeune femme. Je pouvais comprendre que c'était difficile, pour elle, d'apprendre qu'elle n'était pas ce qu'elle avait toujours cru être. Mais elle n'avait pas d'autre choix que d'accepter et vivre avec, non ? Sinon, elle courait à l'auto-destruction. Et je m'y connais en auto-destruction, Angie s'était révélée assez douée pour ça, même si désormais, elle commençait à reprendre pied.

Un réflexe me fit me rapprocher d'elle, moi aussi, alors qu'elle chuchotait pour n'être entendue que de moi. Cependant, je ne pus m'empêcher de réagir, physiquement dans un premier temps, à ses paroles. Je me redressai, reprenant ma position initiale et m'éloignant ainsi un peu d'elle et plantai mon regard dans le sien. Est-ce qu'elle était sérieuse ?

- J'imagine, oui, ce que ce vaccin pourrait apporter au monde. Et les dérives qui vont avec également. Je vois très bien de quelle façon les autorités pourraient se servir de ce vaccin sur des positifs, contre leur volonté, et sans se soucier de savoir s'ils sont réellement dangereux ou pas.

Et c'en était assez effrayant, quelque part. Je repensais au pouvoir d'Angie. Elle pouvait soigner les gens, vous imaginez un peu, le bien qu'elle pouvait faire autour d'elle ? Elle ne guérissait que de petites maladies pour l'instant, mais son pouvoir était sensé évoluer un jour. Imaginez qu'elle soit capable de guérir des maladies totalement incurables pour la médecine "normale", le progrès que cela pourrait être. Et je ne parlais que d'Angie, mais elle n'était pas la seule à avoir un pouvoir qui pouvait aider les gens. Ils étaient des milliers à travers toute la planète.

- Elizabeth, vous êtes sûre que c'est ce que vous voulez ? Yu fusionne tellement bien avec son hôte qu'il est impossible de le déloger sans perdre l'hôte en question. Je ne sais pas comment agirait ce vaccin, mais vous êtes vraiment prête à prendre ce risque ?


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Lizzie Scott
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Bien sûr qu'Elisabeth pouvait le voir, elle n'envisageait même pas de le voir autrement, elle n'était pas celle qu'elle aurait du être tout simplement et c'était juste inconcevable à ses yeux.

- Vous êtes un utopiste David non?


Ce n'était pas une critique loin s'en fallait, mais l'écossaise avait des qualités et surtout de nombreux défauts et changer le monde, le rendre bon ou meilleur n'était pas forcément dans sa to do list.

- Ce n'est pas ce que je cherche, je ne suis pas faite pour changer les choses ainsi.


La suite la laissa perplexe, il semblait dubitatif suite à cette histoire de vaccin, normal, il décrivait ce que la Waleman pouvait faire, pas ce que Edward pouvait offrir au monde, Edward lui était un philanthrope comme ses parents.

- La Waleman a volé le brevet originel, ils sont ceux qui peuvent nuire aux gens, mon ami, il n'est pas ainsi, il est bon, généreux, sa famille est de ces rares philanthropes et mécènes du monde. Les King ont subi de lourds revers à cause de la Waleman justement parce qu'ils ne voyaient pas le monde pareil, il fera pour le meilleur pour tous, sans rien imposer.


C'était une certitude, quand à la dernière question elle n'avait même pas l'ombre d'une hésitation?

- J'en suis persuadée oui, je fais le bon choix, je ne veux pas de cette mutation, je ne veux pas être différente et... avoir cette capacité à manipuler les gens justement. Je prendrai les risques nécessaires pour cela David.



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David Foster
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Est-ce que j'étais un utopiste ? Fondamentalement, non, je ne crois pas. Ou alors peut-être que c'était inconscient. Mais je me définissais plus volontiers comme quelqu'un de lucide qu'utopiste. Et j'essayais toujours de voir les choses sous différents angles afin de choisir le bon. Ok, je reconnais que dans certaines circonstances, il m'arrivait d'oublier de le faire. Mais face à une jeune femme vraisemblablement troublée par ce qu'elle venait d'apprendre, pouvais-je faire autre chose qu'essayer de l'aider en lui montrer que ce qu'elle prenait pour une catastrophe n'en était peut-être pas une ? Tout dépendait du point de vue sous lequel on se plaçait.

J'esquissai un sourire compréhensif alors qu'elle repoussait en bloc ma façon de voir les choses.

- Evidemment que ce n'est pas ce que vous voulez. Et personne ne vous forcera à le faire. Vous êtes la seule à pouvoir décider où se trouve votre vraie place. Je vous expose seulement deux possibilités, deux voies. A vous de choisir laquelle vous voulez suivre.

Sachant qu'à mon humble avis, celle qu'Elizabeth semblait vouloir prendre actuellement n'était pas celle qui serait le mieux pour elle. Comment pouvait-on se sentir bien dans sa peau, dans son être, dans sa vie, si on niait ce qu'on était réellement, si on refusait de l'accepter et faisait tout pour l'oublier ? Il y avait toujours un moment où ça vous explosait à la figure. Et si ça n'explosait pas ? Alors ça vous hantait jusqu'à la fin de vos jours.

Alors qu'Elizabeth essayait de de me démontrer que contrairement à ce que je pensais, ce vaccin pouvait réellement être bénéfique. Selon elle, ses amis, les King, n'avaient aucune mauvaise intention. Je voulais bien la croire. J'aimerais sincèrement qu'il en soit ainsi et qu'il n'y ait pas d'autres possibilités. Seulement ça ne se passait pas comme ça.

- N'oubliez pas à qui vous parlez, Elizabeth. J'esquissai un autre léger sourire avant de retrouver mon air sérieux. Vous allez dire que je suis un peu trop parano, mais c'est mon travail d'envisager toutes les scenari possibles, même les pires. Surtout les pires, en fait, je crois. Vous avez dit que la Waleman avait volé le brevet aux King ? Qui vous dit que cela ne recommencera pas ? Votre ami ne travaille certainement pas seul. Il a probablement un ordinateur, ou des papiers, sur lesquels il note les résultats de ses recherches. Tout ceci peut tomber entre de mauvaises mains. Son vaccin peut être vendu par un de ses collaborateurs peu scrupuleux. Tout est possible. Ne faites pas l'erreur de croire que sa formule est totalement protégée et qu'elle ne tombera jamais entre de mauvaises mains. L'Histoire est remplie d'exemples où les choses ont mal tourné. Je soupirai et me redressai. Peut-être que je me trompe. J'espère que je me trompe. Mais je me dois d'envisager toutes les possibilités. C'est mon travail. Et il se trouve qu'il a tendance à empiéter sur le privé. Je suis désolé.

Oh que oui, il empiétait sur le privé. C'était le moins qu'on puisse dire. Et c'était certainement pour ça que je paraissais aussi inaccessible. Mais je ne pouvais pas faire autrement, tout ceci était tellement instinctif. A croire que finalement, je n'étais rien d'autre que l'agent Foster.

Alors qu'elle affirmait sa volonté, mon regard se fit soudain plus intense et je vrillai mes yeux dans les siens.

- Vous avez conscience qu'au vu de la situation actuelle, ça en reviendrait presque à du suicide. Rejetez-vous à ce point l'idée d'être positive au point d'être prête à mourir pour ne plus l'être ?

Je baissai les yeux et soupirai. Un geste impulsif me fit prendre sa main entre les miennes, comme je l'aurais fait avec Angie. Et je repris la parole sans lui laisser le temps de répondre à quoique ce soit.

- Elizabeth... je comprends où vous voulez en venir, et pourquoi vous voulez le faire. Mais est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? Vous ne voulez pas de cette capacité à manipuler les gens ? D'accord. Je dois admettre que je n'en voudrais certainement pas non plus. Mais vous pourriez ne pas vous en servir, faire comme si elle n'était pas là, tout simplement. Avec un peu d'entrainement, les Positifs apprennent à maîtriser leurs pouvoirs au point d'être capable de les déclencher à volonté ou au contraire, de ne jamais les utiliser. Ca peut demander un peu de temps, quelques mois, peut-être. Mais vous pouvez apprendre à ne plus manipuler les gens sans le vouloir. Est-ce que ce n'est pas mieux de continuer avec vivre, avec un pouvoir, certes, mais que vous n'utiliserez jamais, plutôt que de mourir, purement et simplement, en essayant de vous en débarrasser ?

Je fixai sa main entre les miennes quelques secondes encore. Elle se trompait, je n'étais pas un utopiste. J'étais juste un défenseur de la vie. Attendez, cette fille, venait de m'avouer qu'elle voulait se lancer dans une expérience qui pouvait très bien la tuer, tout en étant parfaitement consciente de ça et en acceptant les risques. Je ne pouvais pas la laisser prendre cette décision sans être sûr qu'elle n'avait pas eu toutes les cartes en main, n'est-ce pas ? Est-ce que je pourrais encore me regarder en face si je n'essayais pas ? Elle me faisait penser à Angie, ma petite soeur qui avait pris sensiblement le même risque, mais pas dans le même but. Mais Angie avait un comportement auto-destructeur, des tendances suicidaires depuis quelques années, et je n'avais pas pu l'en empêcher.

- Vous dites que vous êtes capable de manipuler les gens ? Dans quelle mesure ?


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Lizzie Scott
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David comprenait, enfin était réellement compréhensif mais Elisabeth était loin d'être sotte et elle aurait pu déceler une pointe de prosélitisme pour son propre point de vue dans ses propos. Mais dans le fond elle avait aussi besoin d'entendre cela, cela lui permettait de remettre de l'ordre dans ses idées et de faire réellement la part des choses.

- J'avais bien compris David rassurez vous et c'est gentil à vous de me montrer qu'il y a une autre voie même si je ne l'ai pas envisagée encore, au moins maintenant je ne pourrais pas dire que je n'avais pas été prévenue.


Le serveur vint porter ce qu'elle avait commandé, de la vraie nourriture, qu'elle régla, dans ce faste, ce luxe, rien n'était donné et elle n'était pas une adepte du végétarisme ou autre forme de nourriture "saine" à tout prix, elle aimait la vie, et la nourriture.

Elle picora tout en écoutant avec la plus vive attention ce que David lui disait, son point de vue était intéressant, et pas qu'un peu et c'était hélas envisageable qu'une nouvelle fois son ami puisse subir les fourberies ou traîtrises de la Waleman mais elle espérait que cela n'arriverait pas non !

- Vous avez un point de vue particulier en effet, je n'ai pas votre capacité à me méfier de tout en fin de compte mais peut-être que vous voyez un angle trop noir malgré tout? Mais je ne connais pas l'avenir, je ne sais si cela peut se reproduire, je sais juste que Edward King a pris bien plus de mesures de précaution que ses parents, la King Cybernétics a été mise à mal à cause de malversation et il part de loin, peut-être est-ce à son avantage d'être retombé dans l'ombre justement?

Tout cela elle l'avait dit à voix basse, comme si en parler pouvait attirer la poisse ou que savait-elle encore.

La suite cependant la fit ouvrir de grands yeux.

- Du suicide? Non croyez moi cela n'en est pas, je tiens trop à la vie pour cela, j'ai trop de choses à vivre et à découvrir pour envisager cette horreur, et c'est un blasphème, j'irai en enfer si cela me venait en tête.


Oui parce que bon malgré tout, elle avait été élevée dans les préceptes de la religion, et si elle n'était pas franchement croyante, elle avait des réflexes, des choses tellement entendues qui restent ancrées en vous.
La fin par contre la laissa perplexe.

-  Vous me dites que plutôt que devenir normale je devrais accepter cette mutation, apprendre à la contrôler pour... la cacher au monde entier? Je trouve cela trop hypocrite pour l'envisager soit je suis positive et je l'accepte soit je ne le suis pas, le choix me semble simple puisque je suis devant cette fameuse porte.

Elle resta muette un instant, sentant justement ce maudit don qui la titillait, il eut été simple d'essayer de l'utiliser, de s'en servir pour que David adhère à son point de vue mais elle ne voulait pas de cela.

- Si on considère les catégorisations officielles, je suis une wisher, je peux vous convaincre que ce que vous faites vous en avez envie, vous le souhaitez, que c'est bon pour vous et j'en passe, je n'ai pas expérimenté je ne veux pas être tentée de manipuler les gens tout simplement. Vous pouvez comprendre cela j'imagine? Se croire supérieur et imposer sa volonté, c'est ça qu'offre Yu et je refuse d'y céder.


Et elle n'en détestait que plus ceux qui usaient de leurs dons pour le coup.


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David Foster
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- C'est pourtant ce que vous vous apprêtez à faire non ?

Je haussai les épaules et plongeai mon regard dans le sien. Comment lui faire comprendre que se soumettre à se vaccin, c'était la même chose que mentir sur sa condition ? Je réfléchis quelques secondes et choisis mes mots avec précautions. Avec Angela, j'aurais su comment lui parler, comme lui faire comprendre mon point de vue, sans pour autant chercher à l'influencer, ce n'était pas mon but. Mais avec Elizabeth ? Tout ce que je voulais, c'était lui donner toutes les cartes, lui faire voir tous les points de vue, qu'elle puisse faire son choix en ayant vraiment conscience de toutes les autres possibilités qui s'offraient à elle. Je n'essayais pas de la convaincre de voir les choses comme moi, non, loin de là.

- Vous êtes née positive, Elizabeth, quand bien même cela ne vous plait pas. En vous soumettant à ce vaccin, ça ne fera qu'étouffer Yu une bonne fois pour toutes mais sans l'éliminer totalement, n'est-ce pas ? Est-ce que ce ne serait pas une autre forme de mensonge. Là encore, vous cacherez au monde votre condition. Mais vous ne la changerez pas. Vous ne pouvez pas. Quand on nait positif, on ne devient pas négatif, ce n'est pas possible dans ce sens-là, et vous le savez. A moins que votre ami n'ait mis au point une solution miracle pour extraire Yu de votre ADN sans vous tuer. Mais ça, au vu de l'état actuel de la rechercher scientifique à ce sujet, c'est encore impossible.

Je fronçai les sourcils et lâchai sa main. Je pouvais paraître dur et intransigeant, mais, au fond, j'étais comme ça, non ? Je me devais de lui dire ce que je pensais réellement. Si je lui disais uniquement ce qu'elle avait envie d'entendre, alors je serais un bel hypocrite. Et surtout, ça ne servirait à rien, sinon à la conforter dans ses illusions.

- Et si vous vous trompiez de porte, Elizabeth. Vous n'avez pas le choix entre être positive, ou ne pas l'être. Ce choix, on l'a fait pour vous quand vous êtes née. Le choix que vous avez en face de vous, c'est de l'accepter, ou de ne pas l'accepter. Je suis conscient que ce que je vous dis là ne vous plait probablement pas mais...

Je me penchai légèrement vers elle avant de continuer, sur le ton de la confidence.

- La discussion serait beaucoup moins intéressante, si j'étais entièrement d'accord avec vous, n'est-ce pas ? C'est aussi à ça que sert une discussion, à confronter les opinions pour tirer le meilleur parti de chacune. J'aime les débats. J'esquissai un sourire. Et j'aime me faire l'avocat du diable. Si vous dites blanc, il y a fort à parier que je vous dise noir, juste pour vous forcer à envisager les deux points de vue. A moins, bien sûr, que je ne sois résolument contre le noir. Encore que, ce que je pense réellement de tout ça n'ait pas à entrer en ligne de compte.

Je lorgnai quelques secondes du côté de son assiette. Ca aurait été Angie, je ne me serais pas gêné pour tendre la main et lui en piquer un petit peu. Mais Elizabeth n'était pas ma soeur, et j'avais, naturellement, beaucoup plus de retenue avec les personnes qui ne m'étaient pas aussi familières qu'Angie. Dire que ma petite soeur était probablement la seule personne à pouvoir m'approcher d'un peu plus près... Elizabeth avait définitivement raison. Je me rendais moi-même inaccessible.

- Une wisher, hein ?

Mais... attendez une minute. Une lueur de compréhension s'alluma dans mon regard alors que je repensais à cette fameuse soirée au bar. A ce moment, là, où, sans savoir pourquoi, j'avais eu l'irrésistible envie de l'embrasser, et où je l'avais fait d'ailleurs. Je n'avais toujours pas compris pourquoi je m'étais laissé aller à le faire, ça ne me ressemblait tellement pas. Mais ça commençait à prendre du sens...

- Effectivement, ce pouvoir n'est pas des plus évidents. Vous ne voulez pas plier les gens à votre volonté, c'est tout à votre honneur. Mais si vous voyez les choses d'un autre point de vue... vous pouvez utiliser ce pouvoir pour faire du bien autour de vous. En convaincant les gens que la violence n'est pas une solution par exemple. Imaginez un peu... vous vous baladez en ville et vous voyez quelqu'un en train d'agresser une autre personne. Avec votre pouvoir, vous pourriez convaincre l'agresseur que ce qu'il fait n'est pas bien, et par-là même, protéger la victime.

Je haussai les épaules et me passai la main sur la nuque avec un sourire un brin gêné quand même.

- Vous voyez, vous me dites noir, je vous dis blanc. C'est presque instinctif !


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Lizzie Scott
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Elisabeth connaissait les risques mais elle ne pouvait pas envisager de ne pas essayer, aucun rapport avec une drogue quelconque soit dit en passant juste qu'elle se haïssait littéralement depuis qu'elle avait enfin su la vérité sur toute cette histoire, elle ne pouvait pas être cette chose qu'elle abhorrait.

David avait plongé son regard dans le sien pour tenter de la convaincre, d'appuyer ses propos, elle comprenait sa façon de faire et eut un instant l'impression de sentir de nouveau face à l'agent Foster, chassez le naturel vous connaissez la suite.

- Yu a peut-être choisi de s'accrocher comme un parasite à moi à ma conception mais ma vie entière je l'ai passée négative, mes parents ont fait ce choix pour moi et je ne compte pas changer d'opinion à presque trente ans. Je suis négative, je l'ai toujours été, j'ai grandi et vécu ainsi David avec Yu endormi, je veux que cela continue ainsi, qu'il m'oublie et si jamais il peut être annihilé le jour ou j'aurais des enfants ils auront une chance en moins d'hériter de ce .. fardeau.

Bien sûr qu'à l'heure actuelle, le vaccin était un rêve, mais le sérum fonctionnait sur une durée qui allait en années sur la fin, alors ce n'était pas trop que d'espérer quelque chose de plus définitif à ses yeux.

- Mais reprenons vos mots et alors je vous le dit, je refuse d'être positive.

Elle avait souri quand il avait ajouté que si il acquiesçait à ses propos ce serait moins intéressant elle était d'accord oui.

- Par principe vous allez à l'encontre de ce que pensent les gens? Ne passez vous pas pour un empêcheur de tourner en rond si vous agissez ainsi à chaque fois David? *sourire amusé* toujours chercher a montrer l'autre côté d'une pièce est-ce bien utile? Parfois les gens ont juste besoin qu'on soutienne leur choix pas qu'on leur pointe du doigt pourquoi leur choix est mauvais vous savez.

Elle avait des frères elle aussi et connaissait les conflits, confidences, même si depuis des années déjà ils ne se voyaient que très peu.

Elle vit dans le regard de David une lueur de compréhension sur leur soirée, elle avait senti ce soir la que cela n'allait pas, mais sur le moment elle n'avait pas compris, ensuite... Elle ne rougit pas, ce n'était pas son genre, elle était femme faite de longue date et assumait ses actes, tous quels qu'ils fussent.

- Oui une wisher David. Et si je reprends vos propres arguments, je pourrais tout aussi bien faire n'importe quoi avec ce pouvoir et obtenir tout ce que bon me semble. Je ne suis pas une sainte, je suis le fruit d'une éducation élitiste, une enfant gâtée par sa naissance, sa fortune, j'ai l'habitude d'obtenir ce que je veux par mes efforts, mon travail, mon argent, imaginez si ma soif de conquête se nourrit de ce pouvoir... Je ne suis pas assez altruiste ou humaniste pour me soucier du bien commun des gens et jamais je n'ai vu ce genre de scènes dont vous parlez, je ne vis pas dans ce monde la.


Ok elle avait vu des gars armés de fusils d'assauts mais c'était un autre sujet.


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David Foster
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Elle refusait d'être positive. J'acquiesçai, l'air grave, mais n'ajoutai rien. Je mourrais d'envie de lui dire quelque chose cependant. Mais je n'étais pas là ce soir en tant que l'agent Foster, chargé de protéger les gens et de faire respecter la loi (parce que je n'étais pas certain que ses histoires de vaccins testés sur un être humain le soient vraiment, sans compter que sa puce, pour le coup, était comme une fausse puce, non ?). J'étais là en tant que David, et même si j'avais énormément de mal à faire la différence et à savoir qui était vraiment David, au fond, je n'avais pas envie qu'il soit un donneur de leçon qui essayait par tous les moyens de convaincre les gens en dépit de ce qu'ils choisissaient eux-mêmes pour leur propre vie.

Je n'aimais pas l'idée qu'elle refuse d'accepter ce qu'elle était donc, parce que pour moi c'était synonyme de mauvaises années à venir, l'annonce d'un mal-être. Mais je ne pouvais pas la protéger contre ça malgré elle, ce n'était pas mon rôle.

- Vous n'avez pas besoin de vous justifier, Elizabeth. Je comprends.

Oui, parce que même si je pressentais qu'elle se trompait de voie, je comprenais parfaitement qu'elle puisse prendre celle-là.

Face à son sourire amusé, je me surpris à rire légèrement moi-même. Un empêcheur de tourner en rond, moi ?

- C'est fort probable. C'est peut-être un peu pour ça que je suis encore seul d'ailleurs ? Je secouai la tête et mon sourire se dissipa doucement. Je ne sais pas si je suis un empêcheur de tourner en rond. Je sais que certaines personnes ont besoin qu'on leur montrer le revers de la médaille, pour qu'elles puisse se remettre en cause et prendre la bonne décision. Je sais que d'autres, en revanche, n'ont pas la moindre envie d'écouter une autre opinion que la leur. Angie fait partie de ceux-là. C'est une vraie tête de mule et refuse de céder du terrain face à moi, comme si c'était une question d'honneur, ou de principe. Mais il faut croire, cependant, qu'elle entend quand même ce que je dis. Il n'est pas rare qu'elle revienne me voir, quelque temps plus tard en me disant que je n'avais pas complètement tort non plus. Il y a quand même une chose qu'il ne faut pas oublier, je levai mon index et l'agitai sous son nez, comme pour attirer vraiment son attention sur ce que j'allais dire, ce n'est pas parce que j'exprime une opinion contraire à ce qu'on me dit que je ne respecte pas la décision qu'on prend. Angie sait parfaitement que même si je ne suis pas toujours d'accord avec les choix qu'elle fait, en revanche, elle aura toujours mon soutien, quoiqu'il arrive. Et ce qui est bon pour elle, est bon pour chaque personne que j'apprécie et qui compte un tant soit peu à mes yeux.

Elizabeth pouvait prendre cela comme elle le voulait, mais si elle savait lire entre les lignes, elle pouvait comprendre qu'elle y avait droit, elle aussi. Ce n'est pas qu'elle m'était si chère que ça, c'est juste que je la connaissais, je l'appréciais, et qu'elle me donnait envie de la protéger. J'avais un gros problème avec les jeunes femmes en détresse, certainement un côté chevalier blanc qui ressortait ?

Quant à ce qui était de l'utilisation de son don...

- C'est vrai, vous pourriez faire n'importe quoi avec votre don et vous en servir pour plier les gens à votre volonté. Mais je ne crois pas que vous le feriez. Vous savez pourquoi ? Vous n'en avez pas envie, et vous êtes tellement déterminée à ne pas le faire qu'il me semble peu probable que vous dériviez. Sans comptez que, vous venez de le dire, tout ce que vous avez obtenu jusqu'à présence, c'est à force de travail et de persévérance que vous l'avez eu. Je suppose que vous en tirez une certaine satisfaction, de voir que vos efforts sont récompensés comme ils se doivent. Quelle satisfaction auriez-vous si vous obteniez la même chose grâce à de pouvoir ?

Bon, c'était bien gentil tout ça, mais il y avait quand même un petit détail qui me dérangeait. Un petit quelque chose que je n'arrivais pas à bien comprendre.

- Donc concrètement, comment ça marche ? Vous pensez à quelque chose que vous voulez, et la personne en face de vous n'a d'autre choix que d'avoir envie de vous la donner ?

C'était absurde, pourquoi aurait-elle eu envie que je l'embrasse, comme ça, en plein milieu d'un bar bondé, alors que nous ne nous connaissions même pas ?


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Lizzie Scott
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Elisabeth avait bien vu que son point de vue dérangeait David, pas dans le mauvais du terme mais qu'il ne parvenait pas à comprendre peut-être. Elle picorait toujours dans son assiette et réalisa son impolitesse, elle la mit entre elle et lui, qu'il puisse manger des vrais aliments et pas du tofu sous toutes ses formes.

- On trouve toujours mille raison au fait d'être seul, j'avoue préférer cela pour ma part, pas d'attache, je suis libre d'avancer, le jour ou j'aurais un poste de journaliste à Londres, j'envisagerai surement ce que mes parents attendent depuis longtemps, un mari et des enfants mais pour l'heure j'ai trop à apprendre ou faire pour songer à quoi que ce soit de sérieux.

Bien sûr elle devait admettre qu'elle appréciait Jerry, beaucoup même mais ils venaient de deux mondes différents et elle doutait d'avoir le cran de sortir des sentiers balisés et de son monde. Elle restait une jeune femme conformiste, délurée pour certaines choses mais elle se plierait à la tradition cela ne faisait aucun doute.

- C'est votre soeur, c'est forcément particulier voire biaisé comme échange, vous êtes le plus à même de pouvoir la contrarier mais aussi probablement celui dont elle cherche l'approbation. Les relations ne sont jamais simples du coup mais elle est plus honnête que moi, je ne reconnais jamais mes tords devant mes frères, je suis trop...fière pour cela? *sourire en songeant aux nombreuses disputes enfants*

Elle écouta parler de son don et rajouta un détail qui avait selon elle son importance.

- et n'oublions pas que cette chose s'est manifestée alors que je n'étais qu'une enfant en bas âge, j'aurais du avoir une vie pour apprendre à me maîtriser, je suis une adulte depuis longtemps et combien d'années me faudrait-il pour me contrôler et être certaine que lorsque j'obtiens quelque chose c'est parce que je l'ai mérité, que je le vaux ou parce que mon pouvoir m'a échappé? Je ne veux pas vivre avec ce doute justement David.

La suite par contre lui fit ouvrir de grands yeux.

- C'est compliqué, je n'ai pas forcément beaucoup essayé, j'ai peur de ce que cela pourrait faire réellement mais... imaginons que je pourrais vous convaincre que ce dont vous rêvez ce soir c'est d'aller essayer une des tenues que porte ces mannequins ? Plus sérieusement plus c'est plausible et logique mieux cela fonctionne. Je devrais pouvoir vous convaincre que vous pouvez déboutonner le haut de votre chemise, que vous pouvez être à l'aise, que vous n'êtes pas en danger ici.... Ou que sais-je encore mais pas d'aller défiler c'est certain.


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David Foster
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- Ne pas avoir d'attache, c'est bien aussi. Ca peut juste être un peu pesant à la longue. Surtout quand on a déjà goûté à un autre style de vie et qu'on l'a apprécié.

Je fronçai les sourcils et me repris aussitôt. Ce n'était pas le moment de me livrer, qui sait comment elle pourrait le prendre. Et de toute façon, c'étaient le genre de détails qu'elle n'avait pas besoin de savoir.

J'esquissai un sourire alors qu'elle abordait le sujet des relations fraternelles. Si je me souvenais bien, et ma mémoire était excellente, Elizabeth n'avait jamais eu avec ses frères le même genre de relation que nous avions, Angie et moi. Je dirais même que nous, c'était particulier. Elle se reposait sur moi, quettait mon approbation à chaque instant, c'est vrai, mais n'en faisait quand même qu'à sa tête en espérant que ça passerait. Elle savait que quoiqu'il arrive, je serai là pour redresser les choses. Quelque part, c'était épuisant, Angela était une adulte, elle ne devrait plus avoir besoin de moi pour la guider. Mais elle était comme ça. Nous nous étions assuré qu'elle le soit, quand elle était enfant, puis ado. Rien d'étonnant à ce qu'elle le soit toujours.

- Un point pour vous, répondis-je, alors qu'elle argumentait à nouveau sa façon de voir les choses et qu'elle m'expliquait pourquoi elle préférait se débarrasser de son pouvoir. Mais soyez prudente tout de même. Vous vous rappelez ce que je vous ai dit la première fois qu'on s'est vus ?  Que je n'aimerai pas vous retrouver morte à cause d'une overdose. Là, c'est pareil. Je n'ai pas envie de voir votre nom dans la rubrique nécrologique.

Je lui adressai un regard appuyé et détournai les yeux pour les poser sur l'assiette qu'elle avait un peu rapprochée de moi, comme pour m'inviter à me servir. J'esquissai un sourire et reportai mon attention sur elle alors qu'elle commençait à m'expliquer un peu plus en quoi consistait son pouvoir. J'avoue que sa première idée m'a tiré une moue légèrement dubitative.

- Je vous le déconseille de tout façon, ça foutrait en l'air ma crédibilité. Encore pire qu'un déguisement de Leprechaun. Et j'ai quelques cicatrices qui risqueraient de faire peur à l'assemblée. Quant au reste... Mon regard si fixa au sien et je me perdis dans ses yeux bleus quelques secondes. Je sais déjà que je ne suis pas en danger ici. Ce n'était peut-être pas une évidence quand je suis arrivé, mais maintenant, ça l'est.


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Lizzie Scott
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Elisabeth était intelligence et surtout attentive à son environnement, et David avait aussi laissé entendre la première fois au bar qu'il avait eu une attache et cela ne semblait pas encore une histoire qu'il avait oublié et enterré.

- Je vais vous poser une question mais vous pouvez ne pas y répondre David, mais vous semblez regretter votre ancienne compagne, avez vous essayé de ... recoller les morceaux?


Elle pouvait dans le fond imaginer sans peine que la vie de David en ranger ou maintenant agent du FBI n'était pas simple pour quelqu'un ayant une vie simple, on devait vivre dans la peur en permanence de ce qu'il pouvait affronter en infiltration, oui ce devait être dur au quotidien de s'inquiéter pour quelqu'un avec son travail et surtout qui aimait son travail.

Les lumières se tamisèrent alors et des spots s'allumèrent au centre du temple de la mode, le défilé, pièce maîtresse et finale de la soirée allait débuter et toute la collection allait être présentée.

- C'est gentil à vous David mais je ne souhaite pas mourir non plus.


Elle hésita et ajouta.

- Je ne voulais pas tester la kryptonite mais... j'avais besoin de m'en procurer pour le faire analyser et écrire dessus... Mais le Rêveur ne la vendait que pour consommation et j'ai du en prendre une dose... Cela fut... effrayant croyez moi.


Dire que pour le coup elle n'avait pas pris la moindre drogue dure depuis l'été passé? C'était la vérité, elle fumait toujours, parfois un peu de canabis certes mais rien d'autre.

- Les cicatrices ça peut aussi avoir quelque chose de très sexy allons. Vous avez la chance de ne pas en avoir sur le visage, le reste.... c'est un livre à découvrir, une histoire écrite sur un corps comme les tatouages finalement non? Et vous ne risquez rien c'est l'entière vérité, je suis presque totalement inoffensive.






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David Foster
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- Elle...

Bons sang, cette question. Je ne l'attendais pas du tout celle-là. Je restai interdit quelques secondes, puis me passai la main sur la nuque, le regard dans le vague avant de baisser les yeux. Qu'es-ce que je pouvais répondre à ça ? La situation, n'était pas si simple. Ou peut-être qu'elle l'était en fait, pour des yeux extérieurs. Je n'en savais rien.

- C'est elle qui est partie. Enfin, non, c'est moi. C'était loin d'être clair, je tentai de lui résumer la situation en quelques mots. On vivait à Atlanta à l'époque. Quand j'ai dû revenir à Megalopolis, j'ai demandé à Emily de venir avec moi. Elle a refusé. Je respecte son choix.

Oui, je le respectais, et je l'avais accepté. Je m'étais fait à l'idée. Ca ne m'empêchait pas, cependant, d'être un peu nostalgique de cette époque où j'avais quelqu'un à mes côtés. Quelqu'un d'autre que ma soeur je veux dire. Vous savez, ça peut être vraiment agréable de choyer quelqu'un, de se montrer tendre et attentif, et de recevoir la même chose en retour. Emily et moi, j'avais toujours cru qu'on s'était bien trouvé et qu'on aurait un avenir ensemble. La vie en a décidé autrement.

- Je crois que mon métier et mes absences répétées sans donner de nouvelles commençaient à lui peser aussi. Je suppose qu'elle a vu dans mon départ l'occasion de se libérer.

La luminosité diminua et mon regard dériva quelque peu en direction de l'endroit où une personne annonçait le début du défilé, le temps que le sujet revienne sur Lizzie et ce secret qu'elle venait de me confier.

- Vous n'avez pas à vous justifier Elizabeth, je ne suis pas votre juge. Et de toute façon, c'est du passé, nous ne reviendrons pas dessus. Cependant, la prochaine fois que vous voudrez, enquêter, sur quelque chose d'aussi dangereux, vous pourriez peut-être m'appeler avant. Il y a des informations que nous n'avons pas le droit de divulguer, bien sûr. Mais on peut aussi en donner quelques unes aux journalistes. Alors n'hésitez pas à passer par nous d'abord. C'est moins dangereux.

Je lui adressai un sourire. Attention, que cela soit bien clair, je ne venais pas de lui promettre de lui donner toutes les informations qu'elle voudrait sur un sujet, seulement celles que j'étais autorisé à communiquer.

Je finis par me laisser tenter par le contenu de son assiette et étendis la main pour en prélever une bouchée. Nous venions d'enchaîner sur mes cicatrices et comme Elizabeth déclarait que je n'en avais pas sur le visage, je ne pus m'empêcher de la corriger.

- En fait, j'en ai une. Je portai la main à ma lèvre supérieure. J'avais une très fine estafilade qui partait de la lèvre et remontait sur deux ou trois centimètres. Mais suivant la lumière, elle ne se voit pas toujours.

L'histoire du livre à découvrir me fit sourire.

- C'est pas faux. Mais ce genre d'histoires ne sont pas toujours anecdotiques. Les miennes sont loin de l'être.

J'esquissai un sourire et descendis de mon tabouret pour lui offrir mon bras, en parfait gentleman que je n'étais pas toujours.

- Je crois que vous vouliez voir le défilé non ? Vous avez certainement envie de vous approcher ?

Je fis quelques pas en direction de l'estrade et puis tournai finalement la tête vers elle, avec un léger sourire en coin.

- Comment ça "presque totalement inoffensive" ?


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Lizzie Scott
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Lizzie le sentait bien avait touché un point sensible, trop peut-être? Mais finalement David avait répondu et ne s'était pas vexé ou fermé devant ses questions malgré tout très personnelles, c'était bien finalement, l'échange était dans les deux sens, chacun livrant avec parcimonie un bout de son histoire de son vécu.

- Je comprends en effet.

Comprendre c'était une chose, le vivre au quotidien, l'accepter cela devait en être une autre, il n'y avait pas de crise, de colère, c'était pire peut-être une séparation sans cri sans rien, comme ça, comme une simple page tournée dans un livre. Et on a beau revenir en arrière, la page suivante reste la même. David n'état pas slider et elle non plus par chance.

- Même si c'est du passé cela n'a pas du être simple ni pour l'un ni pour l'autre, je suis navrée pour vous.


Pour les deux tout simplement.

- Je me suis prise pour un reporter, prête à affronter un terrain que je connaissais bien tout simplement et je n'ai pas voulu rebrousser chemin arrivée devant cet homme, j'avais besoin de récupérer ces pilules pour les faire analyser justement et... je ne pouvais surtout pas imaginer qu'elles auraient un effet sur moi autre que banal... Mais je note que vous êtes prêts à m'aider pour d'éventuels futurs sujets.

Autant dire que celui ci elle n'avait rien écrit dessus, c'était pas possible pour elle au final, trop impliquée et effrayée par ce que cela sous entendait. Un jour prochain elle le pourrait mais pas encore.

Elle se leva pour voir de plus près la cicatrice et sourit, mutine.

- Celle ci fait tellement banale ou accident d'enfant turbulent qu'elle ne peut pas compter allons.

Elle prit le bras de david et le suivit.

- Oui j'avoue je suis une accroc aux tissus hors de prix et curieuse de voir ce qu'ils ont créé pour cette nouvelle année. Et je suis presque innoffensive car je reste une femme, nous avons toutes plus d'un tour dans notre sac, pourquoi croyez vous que nos sacs restent des mystères pour les hommes?



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David Foster
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Ca n'avait pas été simple, non. Vraiment pas. Le fait est qu'aucun de nous deux n'avait de réelles raisons de quitter l'autre. Elle aurait pu venir avec moi. C'était une décision qui pouvait être difficile à prendre, je le conçois, mais quand on aime quelqu'un, on est prêt à ce genre de sacrifice, non ? Peut-être qu'elle ne m'aimait pas autant que je l'aimais. Ou peut-être qu'effectivement, elle avait des raisons de me quitter mais ne savait pas comment le faire avant ? En somme, je lui aurais fourni l'occasion parfaite pour le faire ? Je n'en savais rien, et je ne le saurais jamais. Mais c'était terminé, il fallait faire avec et continuer d'avancer. C'est ce que j'essayais de faire.

- Ne le soyez pas. Je vais bien.

Aussi bien que je pouvais aller en tout cas. Elle n'avait aucune raison d'être désolée pour moi. D'une part parce qu'elle n'y était pour rien. Et puis, c'était des choses qui arrivaient, ce n'était pas grave. Il y avait tant d'autres choses pour lesquelles on pouvait être désolé.

Alors qu'elle acceptait l'aide éventuelle du FBI pour la suite de ses "enquêtes", je ne pus cependant m'empêcher de lever une main, pour atténuer un peu tout ça et préciser certaines choses aussi. Autant être clair dès le départ, non ?

- Vous êtes consciente néanmoins que nous ne pourrons vous donner que les informations que nous aurons le droit de divulguer ? Ne vous attendez pas à ce qu'on vous fournisse des informations trop sensibles qui risqueraient de compromettre nos actions !

Ca semblait évident, mais allez savoir, je préférai préciser. Les journalistes avaient tendance à croire qu'ils avaient le droit de parler de tout et de tout dire. Ils évoquaient la liberté de la presse pour ça. Sur le principe, j'étais d'accord. Mais que se passait-il quand cette soit-disant liberté de la presse interférait avec nos missions ? parce que ça arrivait. Lors d'une traque, les journalistes avaient donné, presque en temps réels, les mouvements des forces de l'ordre. Il ne restait plus aux criminels qu'à écouter les infos pour savoir où nous étions, et ainsi nous filer entre les doigts en passant par où nous n'étions pas. Du coup, j'étais prudent avec les journalistes.

Elle se rapprocha un peu pour voir la cicatrice, cherchant certainement l'angle qui lui permettrait de la distinguer. Il est vrai qu'elle était discrète, mais elle était bien là, cependant. Moi je la voyais très bien quand je regardais mon reflet dans le miroir. Et je revoyais très bien également dans quelles conditions je me l'étais faite.

- C'est une explosion, en fait. J'étais proche du point d'impact et je me suis pris des gravats.

Inutile de préciser que l'impact en question était celui d'une roquette qui nous était destinée, à mon camarade et moi, que nous avions tous les deux volés dans les airs sur quelques mètres et qu'il était mort... sur moi. C'était le genre de détails un peu glauque qu'une jeune femme de la condition d'Elizabeth n'apprécierait certainement pas. Et de toute façon, c'était le genre de détail que je ne donnais pas. Jamais. J'évitais autant que possible de parler des horreurs que j'avais vues ou vécues quand j'étais en Turquie. Ou ailleurs.

- Mais j'ai de la chance, elle aurait pu être beaucoup plus moche que ça.

Je la guidai jusqu'aux chaises installées de par et d'autre de l'estrade pour les invités qui voudraient assister au défilé.

- Et donc, qu'avez vous dans votre sac qui pourrait vous rendre dangereuse ?

Ses yeux. C'était la réponse qui me vint instantanément alors que je plongeais à nouveau mon regard dans le sien.


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Lizzie Scott
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Elisabeth n'était pas du genre à interférer dans la vie des gens, surtout quand c'était quelque chose de personnel aussi elle acquiesça quand David dit qu'il allait bien, elle ne le connaissait pas assez pour pouvoir juger quoi qu'il arrive.

La suite la fit sourire.

- Rassurez vous je me doute bien de cela, mais parfois un mot, un vague indice, permet d'ouvrir de nouvelles perspectives pour une enquête qu'elle soit de votre ressort ou d'un souhait d'investigation journalistique tout simplement. Je n'irai jamais compromettre une enquête fédérale... volontairement du moins.

Oui parce que bon les aléas de la vie faisaient que parfois cela pouvait arriver sans qu'on ne le réalise vraiment.

La jeune femme paru surprise par contre à l'évocation de la récupération de la discrète cicatrice.

- vous avez en effet eu bien de la chance de n'avoir que cela.

Installés ils continuèrent à parler avant que ne débute la musique et le défilé, ensuite ce serait bien moins aisé forcément.

- Si je vous dis ce qui me rend dangereuse, je perds aussi l'effet de surprise mais comme j'ai confiance en vous... depuis mon arrivée à Megalpolis j'ai changé ma façon de voir le monde et me croire en sécurité en fin de compte, la vie est plus dangereuse ici qu'elle ne l'était dans mon Ecosse ou à Eton et Londres.

Elle s'approcha de David et murmura amusée.

- J'ai une bombe de poivre...



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David Foster
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J'esquissai un sourire. Cette cicatrice, ça n'était pas la seule que j'avais eue dans des circonstances qui auraient pu me coûter la vie. Seulement les autres étaient beaucoup moins discrètes. La pire étant celle que j'avais près du coeur, sur le torse et dans le dos. Ma cicatrice à la lèvre passait presque pour jolie en comparaison. Et d'après Angie, ça faisait craquer toutes les filles ce genre de cicatrices. Mouais, j'en suis pas aussi convaincu qu'elle. Ou alors autre chose chez moi leur faisait trop peur pour qu'elles osent m'approcher.

Je m'installai aux côtés d'Elizabeth, sur une des chaises entourant le podium. Je n'avais pas particulièrement envie d'assister au défilé. A dire vrai, je m'en passerais bien, même. Ce n'était clairement pas ma tasse de thé. Mais c'était Elizabeth qui m'avait invité, lui fausser compagnie aurait été malpoli. Cela dit, être assis à ses côtés ne signifiait pas forcément que j'allais regarder. J'allais juste faire acte de présence, comme on dit.

- Une bombe au poivre ?

Un petit sourire en coin se dessina sur mon visage. Il n'y avait pas beaucoup de gens qui y avaient droit à celui-là. C'était l'un des rares que je ne contrôlais pas. Il venait quand il en avait envie, c'était tout. Et si je me forçais à le faire, il ressemblait tout de suite plus à une grimace qu'à un sourire.

- Mais vous êtes une redoutable jeune femme alors ! Rappelez moi de ne jamais vous chercher d'ennuis !


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Lizzie Scott
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Elle avait réussi son petit effet en tout cas, bien sûr qu'elle ne faisait pas parti des femmes qu'on pouvait qualifier de dangereuse, elle n'avait jamais pratiqué le moindre art martial ou appris une seule technique de self défense, peut-être aurait-elle du depuis son arrivée à Megalopolis mais c'était trop loin de ce qu'elle était et cela ne lui plaisait pas du tout.

Elle avait fait de la danse classique pendant des années, du jazz aussi et pratiqué l'équitation ainsi qu'un truc assez peu ordinaire, le tir à l'arc la bas dans les Highlands, elle aimait cela surtout quand ils paraient chassaient avec son père et ses frère avec leurs arcs... Les oiseaux en riaient encore dans le fond et rares étaient les proies ramenées mais c'étaient surtout pour le plaisir de la balade dans les plaines et forêts à cheval pour parfois tenter de prendre un oiseau ou un lapin mais rien de plus.

Revenant à la réalité et oubliant ses souvenirs elle répondit.

- Je ne sais pas pourquoi mais je ne vous imagine pas cherchant les ennuis volontairement David surtout avec une jeune femme.

Les lumière s'étinrent, la musique empli alors la salle et alors que les spots éclairaient la scène et l'allée, les premiers mannequins commencèrent le show. Pour un non amateur cela n'avait pas le moindre intérêt il fallait l'avouer mais pour celles qui comme Lizzie aimaient être à la pointe de la mode jusque dans les détails des sous vêtements et en avaient les moyens, c'était un régal.

La jeune restait néanmoins disponible et certains modèles elle n'hésita pas à les critiquer auprès de David, ils n'étaient pas portables hormis par les mannequins justement car elles avaient des corps toutes aux mêmes mensurations presque et le commun des mortels ne pouvait donc faire tenir les bouts de tissus comme il fallait. C'était la triste vérité même pour elle même qui était presque maigre aux yeux de certains, son souci c'était sa petite taille, 1m70 c'est bien différent du mètre quatre vingt de rigueur pour ces mannequins.

Elle avait pris le soin de cocher plusieurs modèles durant le défilé sur le prospectus livré avec les invitations, elle n'aurait plus qu'à le laisser en caisse, payer, son compte, ses mensurations, sa taille, tout était déjà enregistré par la célèbre enseigne de sous vêtements.

Quand les néons et la musique signalèrent que le show était fini elle se tourna vers David pour voir si il était dépité ou amusé par ce genre de spectacle.

- Alors qu'en avez vous vraiment pensé?




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David Foster
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La réponse de la jeune femme me tira un petit rire. Elle avait un truc cette Elizabeth, elle arrivait à ce que je me détende petit à petit. C'était comme si elle m'apprivoisait, progressivement. Elle me faisait presque baisser ma garde et c'en était assez surprenant d'ailleurs, quand on sait à quel point elle était résistante. Sunny s'en était presque cassé le nez d'ailleurs.

Je baissai la tête et haussai les épaules, amusé.

- Touché. Ce n'est absolument pas mon genre, en effet ! Cela dit, je levai un index en signe d'avertissement, essayez de transgresser la loi et il se pourrait que je vous en cherche, méfiez-vous. Encore que tout dépend du point de vue sous lequel on se place. Du votre, je pourrais, en effet, avoir l'air de vous chercher les ennuis. Du mien, je me contenterai de faire mon boulot et j'essayerai, éventuellement, de vous éviter de trop en avoir.

Tout était toujours question de point de vue dans la vie. Je l'avais rapidement compris lorsque nous étions en Turquie. Pour nos supérieurs, nous remplissions une mission essentielle en traquant jusque là-bas les ennemis de notre patrie. Certes, des innocents étaient tués au milieu de tout ça, mais pour la hiérarchie, ce n'étaient que de regrettables dommages collatéraux. J'étais formaté pour penser cela aussi. Mais j'avais rapidement commencé à changer d'avis. L'homme que j'avais au bout de mon fusil avait peut-être une femme, des enfants. Je n'avais pas tué que des djihadistes là-bas, j'étais comme mes camarades, je suivais les ordres qu'on me donnait. Et si une femme ou un enfant perdait la vie dans les combats, j'étais le complice de ce massacre, même si je n'avais pas été celui qui avait tiré la balle. A leurs yeux, l'ennemi, c'étaient nous. Nous qui venions jusque chez eux et qui tuions ceux qu'ils aimaient au nom d'un grand principe.

Bref... L'une de mes mains était venue chercher les morceaux de métal qui pendaient au bout de la chaîne que je portai au cou. Ces deux plaques étaient totalement identiques et contenaient mon identité gravée dessus, tout ce qu'il fallait savoir sur moi, tout ce qui permettait de m'identifier clairement sans prendre le risque de me confondre avec un autre "David A. Foster". Pourquoi deux ? Parce que je n'étais pas mort, tout simplement. A la mort d'un soldat, l'une de ces plaques était remise à ses supérieurs pour qu'ils puissent établir le bilan des pertes et l'autre restait sur le corps ad vitam aeternam.

La lumière s'éteignit, me forçant à détacher mon attention d'Elizabeth pour la reporter sur l'estrade. Dire que j'accordai une attention particulière au défilé était un bien grand mot. Comme je vous le disais, je fis plutôt acte de présence. Je jouais le jeu cependant, me penchant légèrement pour mieux entendre les critiques d'Elizabeth. Relevant brièvement les yeux sur le mannequin dont elle était en train de parler. Pour tout vous avouer, toutes ces préoccupations me passaient à mille kilomètres au-dessus de la tête. Déjà, parce que, d'une part, et bien, j'étais un homme plutôt simple, qui appréciaient les choses simples. Je n'étais pas contre un peu de fantaisie, je n'ai pas dit ça. Mais dans une certaine mesure, sans tomber dans l'excentricité non plus. Et d'autre part parce que...

- Ne soyez pas ridicule, je suis sûre que vous pouvez porter tout ce que vous voulez et que ça vous irait à merveille.

Je ne parlais pas de ces sous-vêtements en particulier hein, je ne me serais pas permis. Je n'y songeais même pas d'ailleurs. Mais c'était bien un truc de femme ça, toujours à se trouver trop petite ou trop grande, ou trop grosse. La femme que j'avais à mes côtés était sublime, elle n'avait pas à se poser la moindre question et elle porterait certainement ces modèles aussi bien que les mannequins qui les présentaient. Enfin, je suppose, je n'irai pas vérifier.

Enfin le défilé se termina et je laissai échapper un soupire de soulagement. Je laissai mon dos aller contre le dossier de la chaise et tendis les jambes devant moi, comme quelqu'un qui vient de subir un mauvais film de quatre heures... Oui bon, d'accord, il n'était pas si mauvais. C'est juste que je ne serais pas allé le voir de moi-même celui-là.

- Euh...

La question d'Elizabeth me fit reprendre une position un peu plus "décente" dirons-nous. Les mains posées sur l'assise de ma chaise, je m'appuyai dessus pour me redresser et forcer mon dos à se tenir un peu plus droit.

- Disons que la mode et tout... je levai la main en direction de l'estrade où venait de se dérouler le fameux défilé... ça, ça n'est clairement pas ma tasse de thé. Désolé.

J'esquissai un sourire navré. Elizabeth m'avait invité à cette soirée et j'étais en train de lui dire que c'était absolument pas le genre de soirée que j'affectionnais. Enfin, vous me direz, hormis le défilé, ça se passait plutôt bien. Bon, ça manquait de bière et de sandwichs, mais la jeune femme était d'une compagnie très agréable et je prenais plaisir à discuter avec elle.

- Et qu'est-ce qui se passe maintenant ?


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Lizzie Scott
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Elisabeth répondit d'un sourire angélique aux paroles de David.

- Eh bien je crois avoir trouvé un protecteur dans cette grande ville, ce n'est pas une mauvaise idée d'en avoir un non?

Bien qu'elle doutât franchement en avoir besoin, elle était une grande fille, qui faisait et assumait ses bêtises et écarts quoi qu'il arrive même si parfois les conséquences étaient plutôt désastreuses ces derniers mois.

La jeune écossaise ne se plaignait pas, elle savait sa chance, physiquement elle avait été gâtée par mère nature mais force était d'admettre malgré tout que la haute couture et la mode de la haute société n'était pas portable pour la grande majorité des femmes. Et une robe parfaite sur un mannequin de 1m85 tombait totalement à plat sur une jeune femme faisant 15cm de moins quand bien même elle aurait eu les mêmes proportions en terme de mensuration. C'était la vie.

La tête de David et son premier mot étaient parfaitement révélateurs de sa pensée. Elle s'en doutait mais pour le coup elle avait juste eu envie de lui montrer autre chose, un événement excentrique, hors de sa vie habituelle.

- N'ayez pas honte, vous pouvez même dire que vous avez trouvé des modèles hideux, c'est le jeu, rassurez vous je n'aime pas forcément ce que je vois mais j'aime bien assister à ce genre de défilés, quand à la suite.

Elle se leva et se dirigea vers des chargées de comm debout près de la scène improvisée, pendant le défilé elles avait installé une table et de nombreuses pochettes fermées portant le nom de l'enseigne s'y trouvaient. Elle discuta trois secondes, désigna David et revint avec deux sacs.

Elle en tendit un au jeune agent.

- C'est pour votre soeur, c'est un foulard, un cadeau de la maison, autant profiter non? Bien sûr il y a un maillot assorti mais en soit c'est no nécessaire. J'ai pris du bleu clair, elle est blonde comme vous, cela lui ira.

Les acheteuses passaient leurs commandes, c'était l'effervescence derrière eux, la fête en soi touchait à sa fin et d'ici peu la boutique fermerait pour être réouverte le lendemain pour des ventes normales.


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David Foster
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La réplique d'Elizabeth me fit sourire et baisser la tête en même temps. Un truc qui m'était habituel, comme si j'essayais en permanence de cacher ce sourire qui venait spontanément. A croire que j'essayais en toutes circonstances de garder cette attitude froide et distante qui me caractérisait lorsque j'étais en service. Ou peut-être qu'elle me caractérisait tout court ? A force, je ne savais plus très bien faire la différence entre les airs que je me donnais et ceux que j'avais réellement. J'espérais pourtant ne pas être toujours aussi glacial et... comment avait-elle dit déjà ? ah oui, "difficilement accessible".

Il y avait de cela dans mon attitude, oui, mais aussi un brin de gêne. Parler de sous-vêtements féminins ? Sérieusement, c'était loin d'être l'un de mes sujets de conversation favoris. Encore moins avec une jeune femme telle qu'Elizabeth. Je vous rappelle que j'étais un garçon relativement timide et que je n'étais pas spécialement habitué à fréquenter des jeunes femmes en dehors du travail ou du cercle familial. A se demander comment j'avais réussi à séduire Emily hein ? En fait, je n'avais rien fait. Strictement rien. Elle m'avait abordé la première et je m'étais contenté de lui répondre, comme je le faisais avec Elizabeth ce soir.

- Désolé, même si je dois reconnaître que vous n'êtes pas une totale inconnue, c'est le genre de sujet que je n'aborde qu'avec les femmes qui me sont proches.

J'esquissai un nouveau sourire, m'efforçant d'effacer toute trace de gêne. C'était une façon pour moi de détourner Elizabeth du sujet de conversation qu'elle avait choisi sans pour autant avoir l'air trop ridicule.

Je la suivis du regard alors qu'elle se dirigeait vers des tables chargées de paquets certainement destinés à faire la promotion de la marque. Alors qu'elle discutait avec la jeune femme derrière la table, mon esprit se mit à divaguer quelque peu. Sans en être pour autant rendu à m'intéresser vraiment à elle, il me fallait reconnaître qu'Elizabeth était particulièrement jolie. Mais c'étaient ses yeux, surtout, qui captaient mon attention. J'avais un truc avec les yeux, et les regards comme ceux d'Elizabeth pouvaient être capables de me noyer si je n'y prenais pas garde.

Lorsqu'elle revint vers moi avec deux paquets dans les mains et qu'elle m'en tendit un, je me relevai de ma chaise et lui adressai un regard étonné. Pour Angie ?

- C'est... hum... très gentil de votre part de penser à elle. Mais vous savez, pour autant que je connaisse ma soeur, je crains que ce ne soit pas tout à fait de son goût. Angie a plutôt un style relativement masculin. Enfin je veux dire, vous l'avez vue sur scène. Je peux vous assurer que c'était son style habituel. Je crains que ça ne reste au fond d'un placard, dans le meilleur des cas. Vous devriez peut-être le garder pour vous ? Vous en ferez certainement un meilleur usage qu'elle.

Et je lui tendis le paquet en retour.


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Lizzie Scott
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Est-ce qu'elle se formalisa de ce que lui répondit David, dur de le dire, elle était maîtresse dans l'art du paraître en toute circonstance ou hors de toute prise de substance quelconque en somme.

- Ne vous excusez pas allons David ce n'est pas le but.


Revenue avec son "cadeau" pour Angela elle écouta la réponse de David en acquiesçant mais n'esquissa pas le moindre geste pour reprendre le paquet.

- En fait ce foulard ne vous ira pas c'est pour cela que j'ai pensé à votre soeur, si elle n'en veut pas, qu'elle le donne ou le jette, c'est un présent pour ceux qui ont assisté au défilé, votre récompense pour avoir supporter cet événement mondain en somme. Et je ne peux le prendre la couleur ne m'irait pas du tout au teint.

Et elle était on ne peut plus sérieuse, on ne mettait pas n'importe quoi sur n'importe qui sous peine de ressembler à rien du tout. Néanmoins la soirée touchait à sa fin et elle demanda.

- Est-ce que je peux encore abuser un peu de votre compagnie pour que vous m'accompagniez jusqu'à la borne de taxi? J'en ai réservé un il doit m'attendre /*regarde sa montre*/ depuis un moment d'ailleurs je pensais que ce serait plus court.



hj: vu mon retard je préfère clore pour repartir sur du nouveau, je me traine trop sur mes rps je suis navrée sad


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David Foster
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Je relevai les yeux sur elle, haussant un sourcil sceptique. Alors que je détaillais rapidement son visage, je me posai la question de savoir si elle était sérieuse ou non. En quoi un foulard bleu clair pourrait ne pas lui aller au teint ? Ce n'était qu'une couleur. Et ça irait bien avec ses yeux, non ? Décidément, je ne comprenais pas la mode.

Soupirant, je décidai d'abandonner toute idée de lui faire reprendre son cadeau.

- D'accord, je le lui donnerai. Merci.

Bon sang, ma petite soeur allait me rire au nez quand je lui donnerais le paquet. Et encore plus quand elle saurait comment il m'avait atterri entre les mains. Le bon côté de la chose, c'est qu'elle n'ébruiterait pas l'affaire. Ma réputation en  aurait pris un sérieux coup, n'est-ce pas ?

Je repliai le paquet sur lui-même (Quoi ? c'était un foulard, ça se pliait sans problème !) et le fourrai dans une des poches de mon treillis (Oui, les poches des uniformes de l'armée américaine sont plutôt grandes. C'est qu'on a des choses à y mettre !), ma délicatesse prouvant d'elle-même à quel point je ne m'y intéressais pas, à toutes ces histoires de mode.

Alors qu'elle me demandait de la raccompagner, j'acquiesçai.

- Oui, bien sûr.

Un semblant de galanterie me fit lui présenter mon bras. Pourquoi ? Bonne question, mais c'était comme ça. Nous devions former un drôle de couple vus de l'extérieur. Le ranger et la fille sortie d'un autre temps... Enfin bon, passons.

Arrivés à la borne de taxis, je récupérai mon bras et enfonçai les mains dans mes poches. Je crois que c'était à moi de parler.

- Je suis désolé, je crains de n'avoir pas été le compagnon idéal pour ce genre de soirée. Mais je vous remercie de votre invitation.


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Lizzie Scott
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Bien sûr qu'il allait le lui donner c'était ce qu'elle souhaitait, un instant infime elle se demanda si sa maudite mutation avait pu influencer d'une manière ou d'une autre david mais décida que non, c'était juste un acte dans l'ordre naturel des choses et cela se devait de l'être.

Elle déposa sans même une hésitation son bras sur celui du jeune agent du FBI, c'était agréable la galanterie même dans un monde empli d'inégalités et de revendications féministes, chaque acte devait être pris isolément pour elle et elle l'appréciait à sa juste valeur.

Devant le taxi qui attendait elle esquissa un franc sourire, il s'excusait encore c'était mignon non?

- Vous avez été très bien David, ayez confiance en vous, j'ai passé une bonne soirée c'est peut-être à moi de vous demander pardon de vous avoir organisé ce traquenard.


Elle s'installa dans le taxi et ajouta.

- Au plaisir de vous revoir ranger Foster.

Après tout c'était son déguisement du jour non?

[hj] finito pour moi et merci


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[David/Lizzie] Uptown girl
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