2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS][Itembe/Wu] China Vs Africa

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Itembe
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Je m’étais écroulé sur mon lit comme un mort tellement j’étais crevé. Mes nuits étaient mauvaises et blanches pour la plupart (un comble), alors je me tapais des siestes dignes d’un poupon. Pourtant quand j’ai ouvert les yeux dans l’appartement j’ai eu comme un sale pressentiment. Le genre de pensée qui vous cueille direct au saut du lit avant votre premier rail de coke et qui vous lâche pas quoi que vous fassiez. J’avais mal au crane déjà. Je me suis pincé les yeux, j’ai pris un soda froid et quelques cachets que m’a filés Swift mais à part un petit trip psychédélique, j’avais toujours le cerveau pressé dans un étau. Fait chier ce con. J’devrais arrêter de prendre ce qu’il me donne sans lui poser de questions.
Pour la peine, quand j’suis passé à côté de son matelas où il comatait avec des écouteurs sur les oreilles, je lui ai filé un coup de talon dans les côtes. On partagerait la douleur.
Itembe nous attendait en début de nuit dans son bouge.
Depuis qu’on avait pris une déculotté sur Brooklyn il n’avait pas rameuté ses troupes. Il nous avait même pas fait chier pour les petits dealers habituels qui nous payaient quand ils y pensaient ou les lots de came qui disparaissait avec les escarmouches des mecs de l’Enclave. C’était zarb’… il restait indifférent. Limite joyeux.
J’observais mes yeux encore injectés de sang dans le miroir brisé du boui-boui merdique qui nous servait de salle d’eau. Définitivement j’avais une sale gueule. J’allais avoir du boulot pour me rendre présentable. A bien y réfléchir, pendant que je me passais de l’eau froide sur le visage, je pense que c’est la petite bombe atomique qui vient rouler du cul dans la boite qui le calme. Quand elle ramène ses boucles d’or de princesse Disney, ses yeux de biche et son boule de bourgeoise blanche, y’a comme un frisson qui parcourt les gars. Cette fille…. C’est quoi son nom déjà ? Ah ouais ! Deniz ! J’dois bien être le seul à m’en rappeler d’ailleurs… Itembe l’appelle la « Flutiste ». Avec lui on se demande toujours si ca a pas rapport avec le cul (y’a pas une gonzesse à qui il a pas filé un petit surnom digne d’un bon porno) mais un jour, sur le ton de la confidence, je l’ai entendu dire à Moussa que cette fille était sa « petite joueuse de flute. Elle va gentiment me ramener tous les rats et tous les gamins puants jusqu’au Queen’s. »
Le Grand Noir patientait. Peu importaient ses défaites, peu importaient ses pertes, il avançait dans les eaux sombres de la guerre des gangs comme un crocodile affamé. Silencieux, tranquille, immobile même. Deniz lui apporterait sur un plateau la poupée blonde à sucettes et, par extension, son obsession la plus italienne, Six, sans qu’il ait à faire autre chose que de cligner de ses yeux reptiliens.
Je sais pas au juste pourquoi il lui faisait confiance à ce point. Cette fille n’était même pas positive. Imaginez un peu : une blanche aussi éblouissante qu’un soleil au milieu d’un nid de bâtards et de junkies noirs comme des trous de balles cosmiques. Elle était aussi incongrue qu’une nonne dans un bordel ! Mais la gonzesse aimait le pognon et pour lui, elle aurait même vendu sa mère. En fait je crois que pour Itembe, c’était une preuve de confiance suffisante. Il savait à quoi elle carburait et il possédait assez de dollars pour s’acheter sa loyauté. Elle ne se droguait pas et ne faisait pas de vague. En quelques semaines, elle avait acquis cette aura d’immunité qui faisait d’elle une madone intouchable. Même à poser un regard sur elle ou à lui mater les nichons, les gars avaient l’impression de commettre un crime de lèse-majesté. Moi, elle me gonflait la plupart du temps et m’excitait le reste. Et franchement, je savais pas quoi foutre de ca… du coup, c’est Swift qui supportait ma mauvaise humeur.

Quand on a débarqué au « Night Time » quelques heures plus tard, ce con n’avait toujours pas lâché ses écouteurs. Il balançait la tête comme un abruti psychotique au rythme de son rap des rues d’obscurs artistes qui avaient autant de talent que de chances de sortir de la boue du Queen’s mais qu’il adorait comme des idoles vaudou. J’en connaissais quelques-uns… ils prenaient leur came chez Itembe qui les recevait toujours comme des rois. Façon de fidéliser la clientèle et leur cohorte de fans j’imagine. J’ai jeté un bref coup d’œil à l’assemblée pour repérer le visage angélique de Deniz mais elle n’était pas là. A mon insu, j’en ressentis un grand soulagement.
Le Grand Tout Noir était à sa table habituelle, encadré par Moussa et Toubib. Sur la banquette adjacente, Ron, le seul blanc de la soirée, était en train de geeker sur un holo-écran portatif.
J’ai allumé une clope en restant debout près du bar. Le serveur me connaissait bien et il me remplit un verre de whisky sans même que j’eus besoin de lui demander.
Pendant quelques minutes, j’ai échangé des poignées de mains ou des accolades avec la faune qui constituait l’entourage d’Itembe parmi ceux que je connaissais le mieux. Swift, assis sur un haut tabouret, un soda devant lui, utilisait une vielle carte à jouer pour étaler sa première ligne de coco de la soirée. Il faisait chier, sérieux !
Depuis que Deniz était entrée dans notre monde, le Chef nous faisait de nouveau confiance. Ca m’énervait de prendre le risque de tout foutre en l’air juste parce que ce petit con passait plus de temps à se défoncer qu’à réfléchir ! En tous cas, quand Itembe est monté sur la table pour parler et que la musique s’est tue, il a posé ses écouteurs à cheval sur son cou pour être attentif.

- Mes amis… j’ai bien compris que depuis quelques temps vous vous emmerdiez un peu.

Le silence lui répondit.

- Bon ok non c’est pas vrai, on s’est pris quelques branlés dans Brooklyn et les enfoirés de l’Enclave continue de nous pourrir la vie mais hey ! On va pas se laisser marcher sur les tongs, ok ? On est des maliens, on est des sauvages et Mégalopolis est une jungle ! On est les rois de la jungle !!!

Itembe rugit comme un lion, très théâtral. Le public applaudit et approuva. Même moi ca me fit sourire.

- On va renouer avec nos bonnes vieilles coutumes histoire de remplir les caisses. Ron dit qu’on manque un peu de liquidités en ce moment et de secouer nos dealers ca suffit pas.


Du pouce il indiqua le blanc-bec qui releva le nez de son HP. Depuis quand Ron tenait les comptes ? Ou était passé le Comptable ? C’est vrai ca… ca faisait déjà quelques semaines que je l’avais pas vu…. Bizarre…

- Y’a longtemps qu’on s’est pas occupé du petit commerce j’me suis dis. Les gens au Queen’s vivent bien et grâce à nous. Ils pourraient au moins nous être reconnaissants pour ca. Ils paient des impôts à Mogdawi et qu’est-ce qu’il en fait ? Rien ! Du pognon jeté dans les égouts. Alors on va collecter notre impôt à nous et en échange, on continuera d’assurer leur sécurité. Comme ca au moins, tout le monde est content, ok ?

Des fois je me demandais qui croyait vraiment à ses discours. J’veux dire… est-ce qu’ils avaient tous le cerveau assez défoncé pour ne pas voir combien c’était juste délirant ce qu’il racontait ? Ou bien ils s’en foutaient en fait. Hey j’suis pas un enfant de cœur ok ! mais j’ai pas besoin qu’on me raconte de la merde pour faire mon sale boulot. On me donne un ordre, j’exécute, on me paie. J’demande rien d’autre. C’est juste un job. Mais pour eux ?

- Donc… j’vous ai divisé en équipes ! Chaque équipe a un quartier et dans chaque quartier, je veux que vous me rameniez ces impôts. Vous avez le nombre de dollars que je veux pour chaque équipe et s’il en manque…


Il haussa les épaules et posa les yeux sur la machette qui pendait à sa ceinture. On savait tous ce que ca voulait dire. J’ai pas entendu la fin du discours parce que je suis allé directement vers Ron pour connaître mon équipe et mon quartier. J’avais pas envie de trainer et je voulais en finir au plus vite.
Apparemment, j’avais hérité du coin des restaus chinois. Y’en n’avait pas beaucoup par chez nous, la plupart était dans Brooklyn, mais certains s’étaient égarés. Illégaux souvent, peuplés de clandestins toujours. La misère appelait la misère. J’avais une équipe de dix bras cassés au cerveau à moitié détruit, Swift inclus, et pas moins de 5000 dollars à ramener. Soirée de merde en perspective qui me fit soupirer et allumer une autre clope au mégot de la précédente.
Quand faut y aller…
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Wu Peng
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La nuit avait commencé et la rue était déserte et sombre. Le néon jaune de l' Emperor Delice grésillait au dessus du boui-boui encore ouvert. L'ambiance poisseuse était agrémentée d'une forte odeur de crevettes et d'oignons frits. Une voiture passe devant Wu accroupi devant la vitrine.

Dans un silence citadin, la lumière du magasin s'éteint et Wu rentre dans le magasin. Une faible ampoule s'allume sur une petite table et éclaire deux visages dans la pénombre du magasin.
L'un des chinois est vieux, calme, il mange tranquillement, on l'entend très peu.
L'autre asiatique est jeune et parle chinois la bouche pleine, avec des grands gestes:

- L'Underground tu dis? Je sais même pas où c'est. *chomp*chomp* De toute façon j'pourrais pas vivre sous terre comme eux !
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Itembe
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- Swift t’es un porc !

Il me retourna un regard vide qui signifiait clairement « je vois pas du tout de quoi tu parles », le casque accroché à son cou.
Dans la voiture j’étais en train de suffoquer et j’ai appuyé sur le bouton pour ouvrir un peu la fenêtre.

- J’sais pas ce que t’as bouffé encore mais tu pourries de l’intérieur c’est pas possible autrement !

Les deux tocards assis à l’arrière ricanèrent comme des cons, faisant l’exposition de leurs chicots abîmés par trop de came et trop d’alcool. L’un des deux avait orné les dents encore à peu près potables avec des bagues dorées qui lui donnait un air de gros dur. Il n’en avait que l’air…

- Vos gueules bande de branleurs !

Mon invective n’eut comme effet que de déclencher un peu plus leur hilarité. Pour la peine, j’ai ouvert la fenêtre plus grand encore et je me suis allumé une clope en conduisant rageusement. On n’était pas loin du quartier et derrière nous, suivait une autre bagnole avec les quatre autres abrutis qui me servirait d’infanterie. J’en avais déjà marre alors qu’on n’avait même pas commencé.
J’ai fini par tourner au bout de l’avenue et me suis enfoncé dans les rues noires et sales qui sentaient encore plus mauvais que mon acolyte. Après quelques minutes, j’ai repéré la moto qui nous attendait.
Cassius était en train de fumer tout en patientant.
Lui, c’était le seul type valable de mon escouade. Le genre qui faisait son taff sans faire de bruit et qui tournait à la weed. Son vice c’était les gonzesses mais ca, c’était pas mon biz. Moi, tout ce que je voyais, c’est que c’était le seul sur lequel je pouvais compter.
Cassius était métisse. Sa mère était une blanche du Queen’s, une pauvre fille, mais il avait hérité de la carrure des afro-américains et de la finesse des traits caucasiens. Il pouvait emballer n’importe quel petit lot et cet enfoiré le savait bien. J’en étais presque jaloux. La suite en général se passait moins bien…
J’ai arrêté le moteur et je suis descendu à sa rencontre sans me soucier des autres. Une virile poignée de main, pas un mot et j’ai observé le quartier. A cette heure, tout était calme. C’était pas encore la saison du sang chaud, celle où les esprits s’échauffaient à la vitesse de la lumière. Tout le monde se ramassait, dans sa baraque pour ceux qui avaient la chance d’en avoir une, attendant que la nuit passe pour un demain aussi pourri qu’un hier.
J’ai frappé dans mes mains pour briser le silence de la rue et j’ai inspiré profondément. Les ouailles m’écoutaient.

- Bon on va se séparer par équipes. Vous trois, vous visitez les commerces en partant de cette rue et en remontant jusqu’au boulevard. Vous quatre, l’inverse.

J’observais Cassius du coin de l’œil qui attendait mes directives. Ce mec valait bien deux blackos à lui tout seul.

- Nous trois, on attaque les rues transverses. On se retrouve dans….

Je zieutais la fausse rolex que j’avais autour de mon poignet d’ébène. Le métal doré clinquait comme le maquillage d’une voiture volée.

- … dans 2 heures. Pas plus, j’me pèle déjà le jonc !

Il faisait pas froid pourtant mais mon mal de crâne avait repris sa sérénade. Et ce coup ci, j’avais rien demandé à Swift.
En quelques secondes les maliens se dispersèrent et mes deux comparses m’emboitèrent le pas.
Y’a des nuits, je vous jure, vous avez tellement la poisse que vous faites d’emblée le mauvais choix.
Le premier boui-boui sur lequel j’ai posé mon dévolu avait l’air assez miteux pour me donner une fausse impression de sécurité.
Au néon jaune qui éclairait l’intérieur, je distinguais deux chinois, un vieux et un jeune, en train de manger la bouffe qu’ils essayaient de vendre la plupart du temps.
J’ai poussé la porte d’entrée sans ménagement, faisant tinter la petite cloche d’alerte. Cassius me suivait, Swift fermait la marche.
J’ai jeté le mégot de ma cigarette sur le sol avant de l’écraser du talon de ma chaussure et j’ai allumé une seconde tige aussitôt.

- Ho ! salut l’ancien ! nouveau dans le quartier ? Ta tête me dit rien !


Ouais je sais, j’suis faible. Avant de racketter les types j’essaie toujours de me montrer sympathique. Ma mère m’a bien élevé j’crois. Trop bien pour une racaille de mon espèce.
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Wu Peng
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*cling* - bruit des baguettes qui tombent -

Un fort coup de vent passe dans la rue et soulève les papiers les moins crasseux.
Le vieux chinois se levait très lentement et on n'y voyait vraiment pas grand chose dans le boui-boui des asiat'.
Les types n'avaient pas levé le nez et ils ne voyaient pas le nuage noir sur le point de craquer.

En voyant les blacks entrer,  Wu avait pris un peu de recul pour rester dans l'ombre, prêt, sabre en main.
Le vieux s'est levé, une main posée sur la petite arme de poingqu'il planquait toujours pas loin, question de survie. Il n'avait pas l'air de vouloir répondre aux politesses. Pas né de la dernière pluie le vieux...

- Oh mais Qu'est que vous voulez ? c'est fermé ! Barrez vous.


Seulement protégé par une petite table le long de la vitrine, le vieux fait face aux types, courageux défenseur de sa propriété.

Wu est posté derrière une étagère, à quelques mètres, un léger bruit d'écoulement commence à se faire entendre quand Wu entaille quelques sacs de riz qui se déversent à terre.
Coup du hasard, quelques secondes après la pluie commence à faire frémir la rue et son grondement enfle petit à petit. Voilà l'humidité qui arrive avec un parfum de mousson à Pékin.

Team China joue à domicile ce soir... Avec les moyens du bord.
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Itembe
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Putain j’suis pas raciste ! j’vous jure. Ou alors si mais juste avec les noïch’ mais on peut pas m’en vouloir, mon peuple a souffert à cause d’eux. J’ai pas oublié. Du coup quand y’en a un qui me cause mal, j’peux pas m’empêcher d’avoir juste envie de lui faire bouffer ses dents aussi jaunes que sa gueule. C’est viscéral. Quand le vieux m’a parlé comme ca, j’me suis raidit malgré moi et j’ai bien senti que Cassius aussi commençait à serrer les poings.
Shift s’est retourné vers la rue qui devenait encore plus noire qu’elle ne l’était sous l’effet de la pluie et dans laquelle les bourrasques de vent soulever les immondices oubliées par les autochtones.
Le gamin s’est reculé dans l’ombre. S’il croit que je l’ai pas vu… j’ai pas trop saisi pourquoi il s’amusait à percer les sacs de riz mais j’en n’avais rien à branler. Le vieux accaparait toute mon attention et mon énervement.
J’ai tiré nerveusement sur ma clope et j’ai soupiré en exhalant la fumée pour cacher ma tension.

- Ecoute le vieux, t’as plus l’âge pour ces conneries, et ca tombe bien, moi non plus, ok ? Alors on va faire ca tranquille, sans s’énerver. Tu vas dire au jeune chiot là-bas derrière de pas faire de conneries parce que ca va encore finir dans le sang cette merde et j’ai pas envie.

J’ai inspiré profondément et j’ai écarté les mains en signe de paix. Ou du moins, ce qui y ressemblait.
Dans mon dos Cassius faisait craquer ses jointures et s’était légèrement écarté de moi. Swift, lui, avait remis son casque sur les oreilles et tenait dans ses doigts décharnés un flingue de gros calibre.

- On est là pour la sécurité du quartier, que tu puisses faire ton business tranquille sans être emmerdé. Mon boss il est pour le petit commerce qui crée de l’emploi, aide au développement local et toutes ses conneries dont j’ai strictement rien à foutre en fait… donc voilà comment ca marche. Tu fais ton business, et nous on fait le notre et on prend un petit pourcentage sur tout ca, dis-je en englobant du doigt le boui-boui miteux.

Franchement, j’étais même pas sur que ces deux là arrivent à se payer à bouffer avec ce que ca devait rapporter. Mais moi, c’était non seulement ma crédibilité que je jouais, mais connaissant Itembe, c’était aussi ma vie. Là pile, à ce moment, j’aurais donné n’importe quoi pour être au chaud dans un petit cul avec une bouteille de whisky loin des emmerdes de ce monde. Mais on choisit pas, hein ?

- On va juste prendre un premier versement pour ce mois et après on se barre. Disons… 500 dollars. C’est bien ca, 500. C’est un compte rond. Tu nous les donnes et on se casse et on vous laisse toi et ton moutard, ok ?

J’étais conciliant hein ? Super conciliant. J’ai regardé Cassius pour qu’il appuie mes propos et déjà je le voyais changer, devenir plus clair. D’ici quelques minutes, ce serait un véritable caméléon. Cet enfoiré était vraiment trop beau, trop bon et trop… génial. Ca m’énervait encore plus.
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Wu Peng
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Le vieux Lee ferme les yeux et baisse la tête, il avait été presque étonné de tenir aussi longtemps dans le coin sans emmerdes. La présence du jeune Wu avait sécurisé son affaire ces derniers temps mais il sentait que ce soir c'était autre chose... Il se sentait fatigué et la lutte lui semblait vaine. Du bout des lèvres il répond ce qu'ils s'attendent déjà à entendre:

- J'ai pas 500 dollars

A cet instant Wu donne un grand coup de pied dans l'étagère qui le masquait et elle s'écrase aux pieds du gang dans le vacarme des bouteilles de sauce soja qui explosent.
Les assaillants de l'Emperor Delice sont stupéfaits et aspergés d'une sauce collante.
Le petit asiatique en débardeur se dévoile avec un regard de tueur, le visage complétement fermé. Il trône au milieu d'un tas de riz, le sabre menaçant.
Alors que le chef de bande allait se foutre de la gueule de cette intervention "éxotique", c'est l’ancien aux cheveux blancs qui réagit le premier et pointe son arme sur Swift. Swift a beau être camé, cette fois il réagit à temps et son arme fait feu avant celle du vieux.

BLAM

Lee est touché au ventre et il s'écroule face contre terre, tas de chair et de gémissements dont le seul intérêt - pour qui aime le soucis du détail hors du commun - est la longue natte de cheveux blanc attachée par un ruban rouge qui pend dans son dos.

Wu a hurlé une phrase en chinois et entamé une série de mouvements sur place, lui et son sabre font un cercle de vitesse, d'intensité. La larme qui coule de l'oeil de Wu brille fugacement.

Cet enchainement était superbe à voir mais toujours aussi inopérant... C'était bon pour le cirque son truc !
En face l'homme à la cigarette, leader du groupe, se mit à rire :

- Arrêtes tes conneries ptit c'est ridicu...

- TCHUUUUUUUUUUUUUUU

Le cri de Wu accompagne un coup de sabre surpuissant visant ces types qu'il hait, il projette son Yu et toute son énergie. Son pouvoir, comme un vent puissant, fait voler le flot de riz sous forme d'un serpent. Le serpent, qu'on aurait dit lové dans les jambes de l'asiatique, se jette gueule ouverte vers Swift, Cassius et leur chef à toute vitesse.
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Itembe
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[HJ : je ne tiens pas compte du rp que tu as joué à la place de mon PNJ parce que la réaction n’est pas celle qu’il aurait eu et j’ai trop de mal à l’intégrer dans mon rp  ]

Le bruit de l’arme dans un si petit réduit m’a littéralement explosé l’oreille. J’suis pas du genre peureux mais je ne m’y attendais tellement pas que j’ai sursauté.
Tandis que le vieux s’écroulait, je me suis tourné vers Swift qui tenait encore son arme à la main. J’aurais voulu lui passer le savon du siècle et j’étais même à deux doigts de l’insulter mais je constatai aussitôt qu’il tremblait encore d’avoir tiré. Ce con ne l’avait même pas fait exprès !!! Le coup était parti tout seul, sans doute parce que sous l’effet de la drogue il n’avait pas mesuré la pression qu’il exerçait sur la gâchette. Combien de fois je lui avais répété de mettre la sécurité, hein ? Combien de putain de fois merde ? Voilà comment la situation a dégénéré en une fraction de secondes, juste parce que ce con écoute qu’à moitié ce que je lui dis.
J’étais encore un peu abasourdi par la tournure des événements et c’est Cassius qui a régi le premier. Son avertissement s’est mêlé au cri du jeune chinois qui attaquait et ce coup-ci, c’est moi qui ai sorti mon flingue. Le métisse avait déjà disparu, utilisant son pouvoir de caméléon pour se fondre dans le décor pourtant bariolé du boui-boui.

Jet de dés #1 Wu se jette sur :
1 et 2 : Cassius
3 et 4 : Bibi
5 et 6 : Swift

Jet de dés #2 Le serpent de riz se jette sur :
1 et 2 : Cassius
3 et 4 : Bibi
5 et 6 : Swift

[HJ : Tu peux désigner tes cibles en revanche. Si tu ne sais pas qui tu veux, tu peux le tirer aux dés. Tu ne juges pas des conséquences de tes interventions (sauf si elles ne concernent que toi ou un de tes pnj) mais tu peux choisir tes cibles]

Jet de dés #3 Attaque au sabre de Wu
Succès Succès : L’arme entaille sa cible dans un longue balafre qui part du bas du menton jusqu’à l’aine. Le combattant est hors d’état de nuire avec ce coup.
Succès Echec : L’arme entaille sa cible sur le torse et le combattant recule sous l’effet. Il lui faut quelques secondes pour se ressaisir, il ne riposte pas.
Echec Succès : L’arme entaille sa cible sur le torse mais le combattant riposte aussitôt.
Echec Echec : L’arme manque sa cible et le combattant riposte aussitôt

Jet de dés #4 (si résultats jet #3)
Double Succès : L’arme à feu touche Wu et le combattant se positionne hors d’atteinte
Un succès : L’arme à feu touche Wu
Double Echec : La riposte foire. Wu bouge trop vite.

Le serpent est inefficace en combat au corps à corps quand il est en riz mais il a au moins l’avantage de déstabiliser l’adversaire. C’est pas tous les jours qu’un sac de riz vous saute dessus, non ? Je levai les bras devant moi en un geste réflexe de défense et détournai la tête pour me protéger le visage. Les grains de riz explosèrent sur mes avant-bras en une multitude de petites billes blanches impossible à contrer.

J’étais haletant, déboussolé et je n’avais même pas compris que le jeune chinois avait voulu venger son grand-père et s’en était pris à Swift. Au moins ce dernier n’avait pas manqué d’agilité. Il lui manquait des neurones mais pas de l’agilité. Il avait vu le vent tourner quand le gamin avait jeté un regard noir et il s’était écarté de son chemin juste à temps. Le sabre avait fendu l’air, ratant la mouille du black à un centimètre près. Incroyable. Sous la pression, il avait perdu l’équilibre et était tombé sur le cul. Du sol, il avait tiré une seconde fois en direction de la furie chinoise et… coup de bol ? ne l’avait pas manqué.
De son côté, Cassius avait visé l’efficacité.
Plutôt que de s’en prendre à la jeunesse, il s’était approché du vieux. Invisible à l’œil nu il pouvait être un adversaire redoutable. Toutefois je savais qu’il n’utilisait pas d’arme à feux mais préférait de loin les couteaux.
De la mienne, arme, je visais la tête de l’ancien et je me mis à hurler :

- T’arrêtes tout de suite tes conneries petit ! Sinon j’te jure que je lui fais exploser la cervelle comme un melon !


On sait jamais, peut-être qu’il y tenait à son vieux. Un "pet" on s’y attache souvent… comme les gonzesses.
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Butterfly Effect
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Le membre 'Itembe' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


#1 'Dé de 6' : 6

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#2 'Dé de 6' : 4

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#3 'Quitte ou double' :
 

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#4 'Quitte ou double' :
 
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Wu Peng
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Les armes à feu c'était vraiment un truc de lâches et Wu sentait la haine monter en lui.
En plus il n'avait pas souvent utilisé son pouvoir mais s'attendait à faire beaucoup mieux, il avait eu tout loisir de préparer son action et voyait déjà le riz percer les peaux des racketteurs. Non, ça n'avait qu'à peine gêné l'un des types!
La cerise sur le gâteau c'est qu'il avait perdu de vue un des 3 gars.

La colère d'être inefficace au combat s'ajoutait à sa haine et formait une boule dans son ventre. Ce cocktail d'émotions non maitrisées ruinait sa maitrise et il ne pu éviter la deuxième balle de Swift.

Touché, lui le vif, l’insaisissable, touché ! Tout son corps est secoué, la balle se loge dans son bras, celui qui ne porte pas le sabre. Son énergie vengeresse tombe en morceaux et il oscille, le sabre pourtant encore vaguement pointé vers Swift.

Silencieux, il tourne la tête vers le chef de bande qui l'enjoint à stopper le combat. Vexé, brisé, blessé, le jeune asiatique baisse la tête et le sabre. Des grosses larmes se forment aux coins de ses yeux.
La douleur le tance et Wu grimace alors qu'il va vers Lee pour vérifier l'état de l'ancien.
Il tourne de nouveau la tête vers le chef de bande. Son regard est dur et témoigne de son insoumission alors qu'il a stoppé le combat et de fait, posé son arme au sol.

- On n'a rien pour vous
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Itembe
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J’ai pas tout de suite compris ce qu’il me disait. Je m’attendais tellement à ce qu’il proteste, qu’il riposte, qu’il réduise Swift en miettes… il m’a fallu quelques secondes, haletant, pour comprendre qu’en fait il rendait les armes.
J’ai d’abord acquiescé doucement, puis plus vigoureusement.

- Ok. D’accord… j’ai compris.

Ouais en fait qu’ils n’aient pas le pognon ca m’étonnait pas vraiment mais surtout ca voulait dire qu’il se calmait et vu la tournure des événements, pour une fois, on était sur la même longueur d’ondes.
Cassius avait du se rapprocher du vieux en loucedé mais pour ce que j’en savais, il pouvait bien être près du gamin. Il restait invisible.
J’ai baissé mon arme mais pas ma vigilance et Swift s’est relevé sur ses deux jambes en s’éloignant du ninja pour se rapprocher de la porte.
J’ai attendu un peu avant de reprendre la parole.

- Bon ! Disons qu’on peut trouver un arrangement. On prend une avance en guise de bonne foi sur ce que vous avez dans la caisse hein, et on vous laisse… 48 ? ouais voilà ! 48 heures c’est bien ! On revient dans 48h chercher le reste. Cassius ?

J’ai senti sa présence avant de le voir puis il est revenu au monde juste à côté de moi. Je l’ai observé et du menton j’ai indiqué le comptoir, ou tout du moins ce qui y ressemblait.

- Va chercher le pognon dans la caisse et on se casse. J’ai ma dose de sang pour la soirée.

En fait j’avais ma dose tout court hein mais j’allais pas entrer dans les détails.
Le caméléon s’est exécuté et a pas eu de mal à mettre la main sur la boite qui contenait leur maigre fortune de la journée. Une fois fait, on a rejoint Swift qui a ouvert la porte de sortie aussi vite que ce con avait tiré. J’ai laissé Cassius passer et avant de disparaître j’ai réitéré mes conditions.

- Dans 48h ! Et pas plus. Moi aussi j’ai un boss et Itembe il est clairement pas aussi patient que moi tu peux me croire.


Un dernier coup d’œil au vieux puis au gamin et j’ai suivi mes acolytes. Il nous restait quelques boui-boui à faire et j’espérais vraiment que ca se passerait mieux qu’ici. Vraiment….
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Wu Peng
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Wu le laisse parler et poser tous les ultimatums qu'il veut sans réagir. Le nom d'Itembe reste gravé dans sa tête. Le maître du Queens s'est fait un nouvel ennemi ce soir.
Les 3 brutes partent puis Wu ramasse le vénérable Lee.
Son bras le fait souffrir alors qu'il fait l'effort de porter le vieux pour le poser dans la caisse de son tricycle. Il n'est pas mort...
Wu, malgré la souffrance, récupère quelques objets de valeur dont le pistolet puis se dépêche de démarrer le moteur 50 cc.
En jettant des regards inquiets a l'homme qui gît dans la caisse devant lui, il file en direction du sanctuaire.
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