2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [Matt D/Bogdan] The Devil Within

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Bogdan Lupescu
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MAI 2076

Depuis que je suis rentré du Mexique, je vis sur une autre planète. En un an, ma vie a radicalement changé et je sais que je vais devoir prendre des décisions. L'une d'elle est dans ma poche. Je viens de finir de l'écrire et je l'ai pliée avant que quelqu'un ne puisse me surprendre. A ce moment, le Magic Alice est toujours debout, je ne suis pas Slider, ni Precog, ni rien de tout ça... Je ne sais rien de ce qui va arriver, pourtant je suis assis au comptoir et c'est probablement la dernière fois que je viens dans ce bar qui réunit plusieurs membres de l'Underground. Si j'ai décidé d'en partir, ce n'est pas pour m'amuser à croiser les gens ici. Je les aime bien et bon nombre d'entre eux vont me manquer. Enormément. Certains beaucoup plus que d'autres... Mais à force d'entendre combien j'ai fait l'autruche dans ma vie, je crois que j'ai envie d'un peu d'action et d'être à la hauteur de ce pour quoi on m'a formé.

Ce qui est stupide compte tenu de qui m'a formé. Mais je me dis... Autant que ça serve.

Alors que je fourre le papier dans la poche de ma veste, revenant d'une soirée en Ville Haute avec Angelique, je regarde brièvement autour de moi. Il commence à se faire tard, mais je ne suis pas fatigué. Je suis un garçon qui vit la nuit et qui dort beaucoup le matin. Je porte encore mon costume - un truc assez classe pour être remarqué en Basse, mais pas assez pour qu'on essaye de me foutre à poil au beau milieu de la rue, ce qui est rassurant, en fait ! - et j'ai énergiquement frotté mes joues devant le rétroviseur de ma vieille bagnole pour en retirer le fond de teint qui dissimulait les taches noires de ma mâchoire. Jusque là, je n'escorte pas beaucoup de bonnes femmes appréciant les mutants. Ou alors, le sujet n'a pas été abordé. Et comme je débute dans le métier, j'ai pas envie de foutre en l'air mes chances en un temps record. Ma petite collaboration avec Angelique m'a déjà apporté plus de bien que de mal. Pour autant, je suis un type fier de ce qu'il est et je n'ai pas honte de me présenter aux autres tel que je suis. C'est juste qu'en Ville Haute, je préfère rester prudent. Mais ici, je ne risque rien.

Je ne suis pas non plus un habitué de ce bar. Je ne viens pas régulièrement, j'ai longtemps été sans puce et la neuve m'a surtout donné envie d'aller fouiner du côté de la Haute plutôt que de rester enfermé dans ce trou à rats qu'est la Basse, même si c'est ce qui se rapproche plus de chez moi. On s'en rapproche, mais je ne dis pas d'où on part. Bref, je ne connais pas tous les serveurs, je sais juste que l'une d'elle sort avec un fils de riche qui n'a pas plus de communication que mon gros orteil. Je ne le prends pas personnellement, je crois qu'il est comme ça avec tout le monde. Et autant te dire que même s'il m'aime pas, je m'en tape l'oignon avec un ananas. En fait, je ne connais vraiment qu'une seule des serveuses, mais elle est au club, ce soir-là, alors je peux écrire ma lettre sans être surpris. Une Slider, qui plus est. Je n'aime pas les Sliders. Je les ai tolérés pendant longtemps, mais j'en suis arrivé à un point où il vaut mieux qu'ils restent loin de mon champ de vision.

Quand je vois l'un des serveurs, je lève la main et lui montre mon verre vide d'un geste du doigt en haussant les sourcils. J'ai besoin de réfléchir encore un peu à ce que je m'apprête à faire avant de rentrer à l'Underground. Je n'ai pas droit à l'erreur et j'aimerais autant éviter de croiser Maze sur le chemin. Alors je traîne ici. Je sais pas encore jusqu'à quelle heure... mais je suis bien ici. Et des fois que je croise une jolie fille qui me changerait les idées pour la soirée...


Dear Dad,
I think about you every day. The end of your world. The beginning of mine. Six billion lights that went out in six months. Six billion lives lost to a mystery. All the mothers, fathers, sisters, brothers over the age of innocence. Of fifteen years full of missing you.
But I keep you alive in my words.
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Matthew Derkins
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Incroyable comment un boulot comme cela pouvait être si routinier, on ne croirait pas comme ça mais en fait… Il aurait mieux valu être croupier. J’étais là depuis peu et pourtant, je connaissais déjà tous les habitués du coin, les « piliers de bar » pour reprendre une vieille expression. Je suis arrivé ici et, après m’être présenté, on m’a fait comprendre qu’être croupier, c’était pas possible… « C’est pas qu’on veut pas mais c’est physiquement impossible en ce moment ». J’avais haussé un sourcil et on m’avait montré pourquoi : le bâtiment était en ruine. En effet, pour le coup c’était bien « physiquement impossible ». Je me suis retenu de faire une proposition de mini-casino sous le manteau en attendant, histoire de se refaire. Par contre, j’avais besoin de pognon, c’est pour ça que j’en étais là ; à servir les crétins habitués et les crétins non habitués. La soirée touchait même sur sa fin, j’échangeais un sourire poli à ma nouvelle collègue dont je n’arrivais pas à retenir le prénom pour le moment. Angela c’était ça. Elle avait l’air sympa, je me demandais si elle avait un mec. Mon regard embrassa la salle alors que je pensais à cette nana qui était en train de m’héberger actuellement. Je n’avais aucun honneur, je l’avais séduite pendant ma première soirée de travail, après quelques sourires et quelques verres ; nous étions repartis bras dessus, bras dessous jusqu’à son appartement. Après une nuit plus que chaude, j’avais gagné le droit de faire ma nuit dans un lit. Chanceux. Depuis plusieurs années, j’étais capable d’aligner les nanas pour ne pas me retrouver à dormir au poste ou au dispensaire. Je n’étais pas trop regardant et elles, elles semblaient toujours être satisfaites. Bon ça c’était avant que j’ouvre la bouche… et que je me retrouve chassé à coups de poêle ou de chaussures lancées par la fenêtre. J’avais un comportement de merde, c’était indéniable. Mes sourcils se froncèrent alors qu’une main était en train de se tendre et que je m’approchais. Un verre vide, tenu par une main, une main qui appartenait à un type. Il ne faisait pas partie des habitués, c’était la première fois que je voyais sa tronche personnellement. Alors que mes mains se saisirent du verre, je me disais que je n’avais pas le temps de coincer ma collèg… Angela, pour lui demander si elle pouvait me décrire l’historique de cet individu ; donc si il était connu au bataillon. Ma voix prit le ton habituel, quelque peu traînant.

« Je vous remets la même chose donc. »

N’ayant pas envie de discuter, je repartais vers le bar, profitant du fait que j’étais dos à lui pour laisser aller mon nez non loin du verre et deviner ce qu’il avait bien pu prendre. Arrivé au bar, je demandais à Angela de remettre la même chose. Une minute s’écoula avant que le tintement du verre sur le bois ciré du bar se fasse entendre et que je m’en saisisse. En quelques pas, je me retrouvais vers la table et déposais le verre accompagné d’un petit carton estampillé « Magic Alice » pour cesser d’endommager la table. Mon boulot accompli, je me redressais pour constater que le bar se vidait doucement. Ça sentait la fin. Chouette. Machinalement, mes mains vinrent frapper mes poches pour trouver mon paquet de cigarettes. Le filtre trouva sa place entre mes dents alors que je grognais, me rendant compte que le feu me manquait. Bon. Il fallait que je fume. Mon regard se posa de nouveau vers le mec, ce n’était pas mon genre de déranger le client mais pour le coup.

« Excusez-moi, auriez-vous du feu ? »

Mes yeux croisèrent les siens alors que je tapais à nouveau sur le jean ciré noir slim qui me servait de tenue de travail, accompagnant la chemise et les pompes toutes aussi noires. En l’observant, je fronçais les sourcils : il semblait avoir de la poudre sur les joues. Alors qu’il cherchait dans ses poches, je remarquais la même poudre par endroits sur ses manches. C’était un mec qui mettait du fond de teint ou quoi ? J’aurais tout vu. Généralement quand quelqu’un portait ça, c’était plutôt quelqu’un avec des nichons et qui avait quelque chose à cacher… des rides ou une moustache. De toute façon, ce ne serait pas le premier original que je croiserai de la soirée et de toute ma vie. Enfin, il semblait surtout que la poudre rosée servait à planquer des traces de coups. Ce n’était pas mon genre de poser des questions, mais c’était mon genre d’ouvrir ma gueule.

« La nuit a été dure hein ? »

Une pointe d’ironie transperçait mes yeux sombres. Sa gueule de beau gosse ne devait pas revenir à tout le monde. Tant mieux. Je me sentais moins seul.


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Bogdan Lupescu
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"Merci."

Je suis un mec poli. Sauf que le bar se vide et pas l'ombre d'une donzelle pour me réchauffer cette nuit. Est-ce que j'en ai vraiment envie ? En fait, c'est pas tellement une question d'envie. C'est plus une manière de pas m'ennuyer. Techniquement, si je m'écoutais, je pourrais prendre n'importe laquelle, je me ficherais pas mal de son nom et d'où elle vient. La petite blonde là-bas est à l'opposé de toutes les filles que j'avais connues jusque là, ça me changerait un peu ! Elle est pas excessivement jolie, mais elle est naturelle et porte bien le chemisier. Sauf qu'elle est accompagnée.

Je pousse un profond soupir de désespoir. Cette nuit, mon vieux, tu seras tout seul avec ta merde et tes doutes.

Le serveur revient me servir et je lève les yeux sur lui. J'ai bien remarqué Angela, déjà, et je suis même plutôt content qu'elle vienne pas vers moi. Il faut dire qu'à chaque fois, je détourne le regard histoire de lui faire comprendre que je ne veux pas lui parler. Ce n'est pas que je ne l'aime pas, mais je ne veux pas de ses questions, je suis fatigué et j'ai la flemme de réfléchir à des mensonges. Ce qui m'apparaissait jusque là comme inné est gravement entaché en ce moment. Je sors de ma poche mon briquet que je lui tends.

"Vous avez le droit de fumer à l'intérieur ? Parce que si oui, je veux aussi !"

Dure journée ? Je ris en secouant la tête, pas le moins offensé par son "ouverture de gueule". Après tout, la mienne est aussi, sinon plus, grande que la sienne. Il n'a pas l'air plus âgé que moi, mais je me demande quel âge on me donnerait. Je me frotte la joue en plissant le nez.

"Nan, dure année." Je regarde à nouveau autour de moi. "La nuit n'a pas encore commencé. Je me demande où je vais crécher, tiens."

Cela dit, j'ai ma petite idée.

[HJ : A l'arrière du bar, après les cuisines, il y a une petite cour que Matt a remise à neuf avec une petite table, des chaises, des plantes, c'est là qu'en général, ils s'occupent des livraisons.]


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Matthew Derkins
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« Je travaille ici, j’ai bien droit à quelques avantages dans ce bouge tout de même. »

La cigarette fut allumée alors que je lui hochais la tête en signe d’approbation. Sauf que je les voyais déjà venir tous, la preuve c’est que ma collègue… Pardon Angela, me regardait déjà avec cet air réprobateur que j’avais vu dans les yeux de tellement de nanas. Autant ne pas commencer à lui faire comprendre que j’étais un crétin… Si j’avais besoin d’elle ensuite ?! Je grognais doucement en serrant entre mes dents le filtre.

« On va bouger par contre, j’ai fini ma journée. Si tu veux tailler une bavette, je suis dans l’arrière-cour avec une Guinness. Si ça te branche, il peut y en avoir deux. »

La proposition semblait incongrue certes mais je me sentais las de ma journée. Je ne connaissais pas encore trop tout le monde au boulot pour prendre le risque de ne pas m’entendre avec quelqu’un de mon cercle professionnel. Se faisant, je joignis le geste à la parole allant me servir dans le frigo. Ma main toucha avec plaisir ces cannettes noires tant aimées et qui, pour la première fois dans la journée, allaient être miennes. Vraiment miennes. Prenant le chemin de la petite cour intérieure, la boisson fraîche dans ma main ; je bousculais légèrement Angela sur mon passage. Après m’être excusé, j’ouvrais la porte qui menait vers les cuisines. L’odeur rance de la graisse était toujours et inévitablement présente. Même maintenant, il n’y avait plus personne depuis un moment dans cette cuisine aujourd’hui. Je fis la moue en passant dans cet endroit qui avait été plus ou moins récuré et qui servait la majorité du temps à faire des sandwiches pour le petit vieux du coin. Au moins, il n’y avait pas de rats ici. J’en avais croisé dans certains troquets peu recommandables mais ici ça semblait se tenir… ou alors il y avait un mutant contrôleur de rats dans le coin. Une nouvelle fois je passais une porte pour respirer l’air plus frais de la cour intérieure. On m’avait expliqué que c’était celle qui servait aux livraisons mais je n’en avais encore jamais vues ici. Peut-être que cela se passait de jour, quand je n’étais pas là. Laissant la porte entrouverte, au cas où que mon invité éphémère décide de répondre à cet appel tordu et me rejoigne ; je m’installais sur une des deux petites chaises, reposant mollement contre le dossier et laissant ma tête aller en arrière. Le ciel. La nuit noire. Elle était là et, comme toujours, elle me tendait les bras. J’aimais ces moment-là, au dispensaire on me trouvait souvent dans le noir sur la terrasse une cigarette à la main et une bouteille dans l’autre (et encore ça c’est si j’en avais ou que personne ne me l’avait chouravée) à regarder la nuit et me gaver silencieusement d’elle. De ses odeurs et de ses bruits étouffés. Un sourire naquit sur mes lèvres alors que je tirais une nouvelle taffe sur ma cigarette, la fumée ressortant par mes narines doucement. Bientôt, des pas se firent entendre. C’était lui… Quoique… Pas si sûr. Peut-être était-ce Angela qui s’inquiétait de me savoir là. Mais pourquoi donc cela la dérangerait-elle ? Je regrettais presque de ne rien avoir pour diffuser de la musique, j’aurais bien écouté un bon vieux jazz qui date de Mathusalem. Mes mains posèrent la première cannette de bière, un léger bruit de sortie d’air se fit entendre alors que je l’ouvrais. La seconde était posée sur la table alors que je marmonnais après une gorgée.

« Il y en a une pour toi. »

Je restais là, l’entrée était sur mon côté droit et le portail de l’entrée arrière du bar sur ma gauche. On entendait les pas de l’autre côté de celui-ci, des gens qui marchaient et discutaient dans la rue. Peut-être m’étais-je trompé et que personne n’allait venir ? Haussant mentalement les épaules, je bus une nouvelle fois avec plaisir. Ce goût proche du café me plaisait tant alors que je n’étais pas un buveur de café pour autant. C’est marrant, ce type me semblait étrange pourtant ; il avait un air pas tranquille. Qu’est-ce qu’il pouvait bien foutre pour se balader avec du fond de teint sur la tronche ? Cet air pas tranquille, ce côté empressé de croiser quelqu’un, comme si il s’inquiétait de qui allait le voir ou non… Cela ne faisait aucun doute donc…
Nous étions face à un criminel en fuite, soit face à une superstar… ou alors un espion sous couverture vraiment mauvais… Mes yeux se tournèrent vers le nouvel arrivant esquissant un sourire et buvant une nouvelle gorgée.

« Finalement. »


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Bogdan Lupescu
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Le mec a le mérite de me surprendre. Ce qui n'est pas aisé. Je hausse un sourcil. Est-ce qu'il a vraiment le droit de fumer à l'intérieur ? Pas besoin d'être moi pour savoir qu'il me berce près du mur, mais au moins, il se résigne tout seul. Je suis son regard vers Angela, mais je ne relève pas. Je ne suis pas là pour elle ce soir. Je lui ai dit que je m'occuperai d'elle... Mais pas ce soir. Surtout pas quand on me proposait de boire à l'oeil. J'avais prévu de me poser avec une nana quelconque ce soir - une qui n'a pas besoin de payer pour ça - et je me retrouve avec un mec. Dans la vie, faut pas forcer le destin, c'est quelque chose que j'ai appris à mes dépends. Quand quelque chose arrive, c'est que ça doit arriver, c'est tout.

Je vide mon verre d'une traite et ramasse ma veste pour sortir du bar et le contourner. Dans l'allée menant à la cour, il y a ce vieux pick up bleu ciel. Yep, je suis bien en Ville Basse. Quand je rejoins le bonhomme, je suis tout de même étonné de constater qu'il était sincère. Je le savais, je l'ai entendu dans ses paroles, mais je trouve ça marrant, quand même. Son "finalement" me donne l'impression que je suis en retard, et je souris en posant ma veste sur le dossier d'une chaise.

"Ouais, j'ai une jambe de bois, ça me ralentit."

Je suis con, quand même. Je veux dire... Je pourrais m'éloigner de toute civilisation, je n'aurais pas à réfléchir à des mensonges parce que je peux pas dire la vérité, mais non, je préfère venir venir tenir la jambe d'un mec que je connais pas pour m'attaquer à une Guiness qui n'a rien demandé à personne. Mais justement, le fait qu'il s'agisse d'un inconnu, je peux dire tout ce que je veux. C'est comme une page blanche. Il ignore tout de moi, il ne se méfiera pas comme les autres, ne se demandera pas si je lui raconte des conneries ou est-ce que je dis réellement la vérité. Il ne se posera aucune question. Tout ce que je lui dirai, ce ne sera que la stricte vérité. Cependant, s'il connaît Angela, j'ai intérêt à m'en tenir à la version qu'elle a de moi. Pas certain que le coup de la jambe de bois est utile pour le coup.

"Nan, je plaisante, je me suis fait une entorse y a pas longtemps."

J'ai pourtant eu toute la soirée pour gonfler mon capital mensonge. Mais ça me fait tellement de bien d'en dire que je n'ai pas envie de m'arrêter. Ca me détend les muscles et les nerfs, c'est assez incroyable. Je tends la main vers lui pour récupérer mon briquet et l'imite en sortant mon précieux - écrasé pourtant - de la poche arrière de mon pantalon pour l'allumer.

"Ca t'arrive souvent d'attirer des clients à l'arrière de ton bar, comme ça ?"


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Matthew Derkins
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« Ben ouais évidemment, je les viole et ensuite je me fais des cure-dents avec leurs jambes de bois. »

Un léger rire passa mes lèvres alors que je buvais doucement la canette. Le type semblait être un drôle tout de même. Une gueule d’ange et un humour pas piqué des vers… Je le jaugeais du regard, avec une tronche pareille franchement… dans quoi pouvait-il bien bosser tiens ? Bah, autant ne pas se faire chier avec les suppositions et régler cette question immédiatement.

« Si moi je suis serveur dans ce troquet, toi tu fais quoi dans ta vie ? Première fois que je te vois dans le coin… »

Mes yeux croisèrent les siens, de mon ancien boulot, j’étais capable de voir quand est-ce qu’on me mentait. Le coup de la jambe de bois avec un revirement si soudain m’avait mis la puce à l’oreille. Je fronçais les sourcils l’observant toujours attentivement.

« A part la vraie fausse jambe de bois, qu’est-ce-que tu planques alors ? »

Si il en avait d’autres des histoires amusantes à me raconter qu’il se fasse plaisir, moi ; ma journée de boulot était finie alors j’étais preneur de la moindre fantaisie. Mon regard se fit inquisiteur alors que la première question sérieuse survint.

« C’est quoi ton job alors ? »

Je levais la tête vers la nuit noire qui se dressait au-dessus de notre tête, loin derrière nous, on entendait les bruits de la ville : gens et véhicules. L’air était chargé d’une senteur chaude et moite qui avait le don d’humidifier quelque peu mon front au risque d’y voir perler quelques gouttes. Vu sa tronche, je m’attendais quelque peu à sa réponse, une tronche pareille ne pouvait que générer du pognon. Peut-être même qu’il pensait que j’étais intéressé tiens… Evidemment, comme ça dans l’arrière-cour de mon lieu de travail. J’haussais un sourcil buvant le reste de ma bière, campé sur la chaise, jambes écartées. Si ça se trouve… Le mec était un positif et en plus ça l’aidait dans son boulot. Tiens c’était une idée ça. Un truc comme dans le même genre que Jacob, vu que ce dernier était capable de les pousser à l’orgasme les nanas quand il voulait vraiment. Y’avait pas à dire, il était verni lui. Je ne pris même pas la peine d’écraser mon mégot de cigarette alors que j’en rallumais une nouvelle, grattant mollement le tatouage de mon épaule à travers ma chemise noire chargée de l’odeur de sueur accumulée de la nuit. Une nouvelle fois mes yeux se levèrent vers le ciel, le noir de la nuit était en train de se délaver, la nuit était en train de décliner et…

« Je me demande où je vais bien pouvoir poser mon cul tiens. »

Les mots avaient été murmurés, quasiment chuchotés. Cela ne regardait que moi. Mes yeux regardaient le sol, j’avais réussi à me perdre complètement dans cette pensée. Je n’avais réussi à dégoter aucune nana qui avait été assez cruche… ou assez aimable pour me proposer une place sur son canapé… ou dans son lit. Il me restait quoi comme solution désormais ? Le dispensaire ?... Bof, franchement j’en avais un peu ma claque et je croyais que c’était le tour du clodo bourré de puces et de tiques cette semaine… Le carton ? Il faisait chaud, le carton n’était sûrement pas si désagréable après tout… De toute façon après ça, c’était le panier à salade chez les flics. Ma nouvelle collègue Angela était peut-être sympa mais il était un peu tôt pour l’incommoder avec mes conneries et m’arranger pour qu’elle me déteste si vite. La cigarette coincée entre mes dents, je me décidais à marmonner à l’adresse de ce bellâtre à la jambe de bois.

« Tu n’aurais pas un plan pour crécher pour un nécessiteux toi ? »

Un nouveau sourcil haussé alors que j’attendais sa réponse dubitatif, vu comment cela avait commencé avec ce mec ; je me demandais bien ce que ça allait donner comme réponse de sa part. Une chose était sûre… Le moindre de ses mots serait soupesé et jaugé.


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Bogdan Lupescu
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"Ce que je planque ?" C'est qui ce mec ? Je fronce les sourcils. "Rien... Pourquoi ?"

Ce que je fais dans la vie ? Je jète un oeil au bâtiment en imaginant Angela à l'intérieur. C'est parti pour le grand schlem.

"Je... suis financier !" De toute façon, j'ai développé un tel art que c'est pas pour rien que ça se retourne contre moi. "Je suis de Chicago à la base, mais je viens régulièrement pour voir des clients et ma petite soeur qui vit ici." Je balaye l'air d'une main. "Je rentre pas dans les détails, mon travail est d'un ennui terrestre."

Le reste me laisse songeur. Ce mec travaille, il gagne de l'argent, alors je me demande ce qui nécessite qu'il ait besoin de trouver un toit pour la nuit. Et ça me rappelle les déboires de Tibor. Je fais une moue et secoue la tête.

"Non, pas vraiment. Mais je sais que le bar a un appart au-dessus, tu leur as demandé ? Pourquoi tu as besoin ?"

Je me doute que le bar paye pas des masses, mais on est en Ville Basse, c'est pas compliqué de se trouver un petit truc à pas cher, ici. On est loin de la Haute ou de la Médiane, ici, en plus. Si le mec me trouve louche, c'est à mon tour de me poser des questions sur lui, même si détecter ses mensonges ne m'apportera rien de bien sensationnel. Je masque bien mes vérités pour ne pas avoir besoin de m'étendre alors j'imagine qu'il fera de même. Et je comprends. On apprend vite à devenir prudent, par ici.

"Ta femme t'a foutu à la porte aussi ?"

Un sourire moqueur illustre mon visage.


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Matthew Derkins
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« Financier ». Le mec il me sort qu’il est un gâteau. Marrant. Bref. Le temps de poser la canette vide sur la table et ensuite déposer quelques cendres dedans pour essuyer sa moquerie d’un claquement de langue.

« J’aimerais bien tiens. »

Mon regard se porta à nouveau vers le ciel noir orangé par les lumières de la ville. C’est vrai que j’aimerais bien et en même temps… Est-ce que j’avais une tronche à être casé ? Non merci les lardons ça va bien chez les autres. Me grattant la nuque, je me décidais à briser la glace ; de toute façon perdu pour perdu.

« Tu n’aurais pas un plan pour que je me fasse un peu plus de fric car pour le moment… »

J’eus un regard légèrement hautain malgré le cocasse de la situation admettons-le. Mes vieux avaient toujours dit que j’avais des standards bien trop hauts pour un petit merdeux comme moi.

« … J’en ai ma claque de pieuter dans un carton tu vois. »

Une nouvelle cigarette se retrouva allumée, en plus il m’en fallait du pognon pour me payer ce tabac à fumer et aussi… tout ce qui se fumait et qui n’était pas du tabac. Ça, j’avais commencé à y goûter pendant les cours du soir de la fac gratuite… Des fois les délires avaient des allures de cauchemars mais ça… J’y étais habitué après tout. C’était mon monde. Au point où j’en étais, déjà travailler ici, cela montrait à quel point mes standards avaient baissé ; donc ouais j’étais prêt à tout…

« J’ai pas mal de ressources à mobiliser qui peuvent être appréciées dans le cadre du boulot après tout. »

Je n’avais pas mieux comme CV à débiter. Alors ouais c’était sûrement gonflé de balancer ça à un stricte inconnu il y avait encore quelques heures. Mais bon quand on est dans le besoin… Ça sert à rien d’avoir des principes. Mes yeux rencontrèrent les siens. Il n’avait pas trop l’air d’être dans le besoin, il pouvait bien ne pas faire son lourd et me proposer un tuyau si il en avait un. Ce qui serait marrant, ça serait de tomber sur un flic en planque, un nouveau forcément, et qui allait me suggérer d’aller passer la nuit dans une cellule. C’est vrai que le mec était un peu trop propre sur lui, tout de moins, le coup du fond de teint ; comme pour cacher des coups d’une précédente rixe ? Ouais ça pouvait se tenir après tout.

« Tu en veux une autre ? T’es le seul avec qui causer ce soir. Pas de chance pour toi. »

Je me redressais alors que je n’attendais même pas sa réponse pour aller dans les cuisines, ne le perdant pas de vue. Ouvrant la porte du frigo, mon visage se retrouva éclairé d’un coup d’une lumière claire… trop claire pour cette heure de la nuit. Elle me fit mal aux yeux, aussi je m’empressais de refermer la porte du frigo laissant entendre un léger soupir. Les deux canettes dans chaque main, je repris le chemin en sens inverse. Le côté étrange et décalé de la situation avait tout pour mettre mal à l’aise pourtant. Je me décidais à en rajouter une couche sympa.

« Tu es un quoi toi ? Un candidat ? Un positif ? »

J’avais dit cela en m’asseyant à nouveau, posant la canette devant lui. Sans plus attendre, je laissais entendre le craquement d’ouverture de la mienne avant d’en boire une rasade avec plaisir. J’étais pourtant difficile à enivrer mais ce soir, je devais avoir abusé quelque peu car je commençais à sentir mes gencives se ramollir, signe que l’alcool embuait mon esprit. Etre ivre avec juste de la bière… Je n’étais pourtant plus un adolescent. De toutes façons, si je voulais qu’il me réponde, autant montrer patte blanche hein… Mon marmonnement remplit le silence entre nous, tranchant le bruit de fond de la circulation nocturne qui répondait à un rythme lent et régulier ; tel des vagues qu’on entend au loin.

« Moi, j’suis un positif. »


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Bogdan Lupescu
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Je fais pas mal dans le mimétisme. J'ignore si c'est conscient ou juste si je me dis que puisqu'il enchaîne la fumette, j'ai enfin trouvé un pote à suivre, mais quand il s'en rallume une, je suis le mouvement. Je hausse un sourcil à sa question. Je suis conseiller financier pour les entreprises, pas pour le petit peuple... Ecoute moi penser, voilà que je tire vers l'élitisme, exactement ce que Gen me reprochait. J'ai eu envie de répondre que je faisais encore ce que je voulais du moment que ça ramenait de la tune à la "maison". Peut-être qu'il s'imaginait que j'étais quelqu'un d'autre. Peut-être que mes années d'absence ont eu raison de notre connexion. Et puis, de toute façon, je comprends pas. Le mec bosse et vit dans un carton ?

"Euh..."

Travailler plus ? Demander des aides ? Je me suis toujours tellement contenté de peu que maintenant que je gagne à peu près ma vie, je me rends compte de la liberté. Donc en soi, je comprends ce qu'il veut dire et j'inspire profondément. Je me gratte la tête en faisant une moue. J'ai bien une idée mais je viens de lui dire que je suis financier. Si je lui dis qu'en plus, je suis gigolo, le mec va me prendre pour un abruti.

"T'as essayé les courses clandestines au Sanctuaire. Tu paries sur la bonne voiture, je peux te donner des tuyaux et ça te fera un peu de beurre... Et tu n'as pas trouvé un appart pas cher dans la Basse ? Je suis sûr que ça se trouve, demande à tes patrons. Qu'est-ce que tu entends par ressources à mobiliser ?"

Là, je me demande quand même un peu avec qui je suis tombé, et en même temps, je suis même pas dépaysé ! Ma vie est un grand n'importe quoi, de toute façon. J'imagine ce que les gens doivent penser de moi. Je suis toujours là de bonne humeur, à dire bonjour à la dame, merci et au revoir au monsieur... Alors forcément, quand je pète un câble, ça a de quoi surprendre. Mais à se taper les humeurs des copains, on finit par en avoir marre... Et en ce qui me concerne, je fais facilement dans l'extrême. Je me prends pas la tête. Ce que pensent les gens m'importent peu.

Je souris à l'idée d'être le seul à qui causer, ce soir. Je vais pas lui dire qu'on s'est bien trouvés, ce serait une vérité inutilement utilisée, mais ça m'amuse alors que je prends une gorgée de bière ou deux. Et j'aime pas les questions aussi précises ! Ca me force à répondre trop juste à chaque fois. Aussi, je saute sur l'occasion quand il se dit Positif. Ca se voit pas sur sa gueule, cela dit, mais c'est assez courant. Il m'arrive d'être un peu jaloux de ces mecs. Tu me diras, malgré ce qui se voit sur ma tronche, ça leur donne pas d'indice sur ce que je sais faire.

"Ouais, moi aussi."

À partir de là, brosse-toi pour que je t'en dise plus, mon gars ! De toute façon, la culture des Candidats n'a jamais été très étendue dans le monde. La plupart des Candidats déclarés le sont Positifs. Les autres sont clandestins. Ca me fait moyen mentir, du coup vu que ma puce me dit bien Positif, mais il ira pas vérifier dans mon sang, de toute façon. Et puis il y verrait que du feu. A moins qu'il fouille dans ma mémoire. Et alors là, je le mets au défi de survivre plus de 5 minutes après ça. J'ai horreur qu'on fouille dans ma tête. Je tente le poussif, le mec a l'air plutôt bavard.

"C'est quoi ta spécialité ?"


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Matthew Derkins
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« On t’a jamais sorti qu’on serait prêt à payer pour coucher avec toi ? Vu ta tronche de porte-bonheur, on pourrait te le dire, méfie-toi. »

Je le regardais, avec sa gueule de porte-bonheur c’était plus que probable. Dans ces bas quartiers les gens se foutaient un peu des principes et de tout le reste. Je m’étais déjà retrouvé harangué par des filles de bourges, venues ici bourrées pour ressentir le « frisson » tu vois. Alors imaginez quand elles croisent un clodo avec une tronche à peu près potable et des dents qui sont encore en ligne et toutes présentes ! Je me souvenais d’un soir où, après avoir poussé une de leur « copines » contre moi elles cherchaient à ce que l’embrasse en me lançant des billets. Quelles petites connes ces filles de riches… Après ça, il y en avait qui ont mouillé leur culotte, mais pas dans le sens qu’on aurait pu penser. Non c’était plutôt qu’elles étaient toutes parties en courant en proie à des peurs on ne peut plus délicieuses.

« … Je dis ça parce qu’on m’en a déjà parlé. Sauf que maintenant, j’en suis à y réfléchir et à peser le pour et le contre. »

Je bus une nouvelle gorgée de bière alors que je regardais le sol et jetais mon mégot d’une pichenette. Le mec m’avait parlé de courses de bagnoles et tout mais j’éludais cela d’un revers de la main en secouant la tête.

« C’est pas trop mon truc ça… Je suis né un vendredi treize alors je suis jamais dans de bonnes conditions pour gagner. C’est comme ça. »

Je tapais du plat de la main sur mes poches pour trouver dans laquelle était mon paquet, quand je réussis, je mis une cigarette entre mes lèvres et je marmonnais.

« Mon talent à moi c’est de… »

Et dès qu’on parlait de lui, ce pouvoir ne pouvait s’empêcher de faire une petite sortie. Je la sentis cette espèce de souillure immonde suinter par les pores de ma peau, lentement, elle était invisible mais mentalement, je me la représentais comme une pâte noire collante et attaquant tout sur son passage, douée d’une vie certaine et on ne peut plus agitée. L’atmosphère devint un peu plus lourde, les bruits de la ville se firent distants alors que je sentais mon pouvoir agir de façon subtile. Je le sentais juste assez pour avoir la tempe compressée avec la veine qui se mettait à battre un peu plus que d’habitude.

« … Contrôler ta peur. Je peux te faire revenir des souvenirs en tête et te les y incruster. Je décide de combien j’en mets et à quelle puissance je les mets. »

Mon regard sombre, vide et froid croisa le sien, alors que la lourdeur ne s’arrêtait pas de monter… et puis à un moment, je me décidais à rappeler cette foutue souillure à l’ordre. Je lui avais dit que j’étais content d’avoir trouvé quelqu’un à qui parler, ce n’était pas pour qu’il se sauve en courant après une démonstration de force ridicule. Inspirant, je la laissais regagner sa place, au fond de ma personne, alors que l’ambiance s’allégea, le ciel nocturne retrouva sa couleur et sa légèreté habituelle et les bruits aux alentours : aussi bien ceux du bar que ceux de la rue se firent entendre à nouveau. Ricanant, je laissais la fumée sortir de mes narines avant de prendre une nouvelle gorgée de bière.

« Et toi alors, c’est quoi ton petit talent ? Dis m’en plus, je suis curieux. Il y a des détails dégueulasses c’est ça ? »

En tous cas, si il avait une queue de reptile qui lui avait poussé dessus, il la cachait vachement bien ! J’en avais rarement croisé des comme ça, généralement les pauvres étaient cantonnés au dispensaire et alentours car ils avaient peur de sortir… Cela se comprenait en même temps. Dans la loterie de Yu, j’avais réussi à avoir un peu de chance tout de même… De la chance dans ma malchance, ironie pour un « veinard » comme moi… Mon regard se tourna vers le type, il serait temps qu’il me dise comment qu’il se nomme, alors que j’haussais un sourcil interrogateur. Voyons voir qui allait gagner le concours de bite de pouvoir tiens…


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Bogdan Lupescu
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Alors ça, franchement, NON, on me l'a jamais sorti ! Je sais que des femmes apprécient tellement ma compagnie qu'elles me payent pour, mais aller plus loin ? Je crois pas que ce soit inscrit dans mon contrat, non. Je hausse un sourcil en me demandant si c'est un compliment sérieux ou une tentative incongrue. Je décide de raconter des conneries, comme d'hab... Avec une petite grimace de doute pour saucer l'honnêteté.

"Bah disons que vu ce que mon mariage m'a coûté, je me demande lequel des deux a payé l'autre pour se taper le même cul jusqu'à la fin de sa vie..."

Un instant, je crois qu'il parle de moi. Qu'on lui a déjà parlé de moi et de certaines de mes compétences de la Haute. Mais je comprends vite qu'en fait, c'est à lui qu'on a déjà fait ce genre de proposition et... Et ben ça me fait marrer, voilà ! Pas parce que je le crois pas, mais parce que franchement, t'en as qui reculent devant rien ! Si je me faisais payer pour ça, je pense que je serais tombé bien bas. Sauf mon respect pour Angelique...

"Je suis sûr que tu peux te contenter d'accompagner ces dames sans baisser ton froc pour le même prix..."

Quant au reste... Je masque mon déroutement le nez dans ma bière et je fais mine d'être surpris. Un PSY, donc. J'aime pas trop les PSY. Je crois que je les déteste encore plus que les Sliders. C'est con quand on considère mon parcours et mon entourage, mais bon... Mais même si je suis du genre à foncer tête baissée dans à peu près tous les traquenards de l'univers, j'ai des peurs et je les connais. Le confinement, l'euthanasie, être enfermé vivant, noyé... Et ça, c'est sans parler des souvenirs auxquels je donne l'ordre de rester BIEN profondément dans ma cervelle. Pas parce que j'ai peur que l'autre les voit et s'en serve... Mais parce que j'ai vraiment peur de me souvenir clairement d'eux...

Ce mec... Soudain, je m'en méfie comme la peste. Bon, il m'a semblé louche depuis le début, mais là, j'ai envie de prendre mes jambes à mon cou. Sois honnête envers toi-même, Bogdan, t'es pas un mec super téméraire, quand même. De ceux qui te disent courageux n'ont pas entendu ce qui se trame dans ta caboche. Et encore moins la matérialisation de ces dites peurs.

"Euh, dégueulasse, non, pas vraiment !"

A part peut-être les corps meurtris, le sang partout, les canons sur la tempe, les cris nocturnes, les grondements du loup avant qu'il te bouffe tout cru... La vache, je me demande comment je fais pour être encore sain d'esprit, quand même, après tout ce que j'ai vu et vécu.

"Je suis capable de te faire dire la vérité." Techniquement, c'est pas le mien de pouvoir. Mais on va dire que ce soir... C'est Six le détecteur de mensonge. Je me demande ce que ça fait de pas pouvoir mentir, tiens... "Et si tu mens, je suis capable d'entendre la vérité dans ta tête."

Ou un truc du genre...

"T'es le genre de mec qui aime bien lire des trucs gores et regarder des films d'horreur, c'est ça ?"


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Matthew Derkins
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Intéressant son pouvoir, j’avais fait retourner la souillure à sa place, en ma personne. Je terminais ma canette de bière alors qu’il me posait une question qui me fit rire doucement.

« Non ça va merci. Si je veux de l’horreur, j’ai juste à regarder sur mon palier avec ces temps agités. »

Je faisais tourner la canette presque vide entre mes mains, on entendait la bille en plastique qui était présente dans chaque canette pour agiter la bière épaisse, rouler lentement d’un bord à l’autre du cercle. Redressant la tête, je croisais le regard de l’homme. A vrai dire son pouvoir, il pouvait être ce qu’il voulait : il pouvait ne pas mentir ou chier des canetons vivants, je n’en avais rien à secouer. J’étais un type franc, raconter des bobards c’était vraiment pas mon genre ; on me le reprochait bien parfois.

« Non je ne cherche pas l’horreur et la culture de l’horreur, les gens sont tous très capables de se fabriquer eux-mêmes ces deux choses-là. »

Je regardais de nouveau la canette vide et dans un soupir je me levais pour en finir une bonne fois pour toutes : c’est-à-dire que je revenais le voir avec un petit carton qui avait passé un moment dans les réfrigérateurs du Magic Alice et qui contenait quatre pintes de Guinness. Comment ça je n’avais pas encore envie de bouger d’ici ? Au pire, je dormirais là, au grand désarroi de ma collègue… Angie, j’avais l’impression que je la désespérais un peu avec mon attitude celle-là. Une fille de bonne famille qui pouvait s’effaroucher facilement sans doute… Je sortis une pinte en fer blanc avant de l’ouvrir d’un « psssht » sonore. Je croisais son regard une nouvelle fois avant de le regarder.

« Et bien quoi ?... Causer ça donne soif. »

Je buvais une gorgée de bière fraîche et me laissait aller en arrière dans le siège en plastique du vieux salon de jardin délabré qui était là depuis mon arrivée… « Depuis des siècles » si j’en croyais mon homonyme. Cela se voyait… Il était blanc à un moment mais maintenant c’était terminé. Il était gris voire il tirait sur le vert avec des mousses et de l’oxydation. Je repensais à ce qu’il avait pu dire un peu plus tôt dans notre échange. Je me penchais en avant, allumant une nouvelle cigarette, les deux bras ballants sur mes genoux écartés… Ma voix se fit grave alors que je prenais la parole après avoir essuyé une petite quinte de toux et avoir présenté mes excuses d’un geste de la main.

« Si toi, le mec marié, tu as des plans pour faire Escort… Je prends alors. »

Et bien oui, j’étais capable de baisser mes standards au maximum, prêt à coucher avec des vieilles pour du pognon… J’avais des besoins bordel ! Le capitalisme tout ça tout ça, j’allais pas l’apprendre à notre ami gâteau… enfin financier. Je laissais aller mes pensées alors que je tirais sur ma cigarette, regardant entre mes mains calleuses cette braise d’un orange vif. Je crois que j’avais touché le fond à un tel point que j’étais prêt à tout, quitte à m’asservir à une femme qui possèderait de quoi me payer… Ainsi qu’à je ne sais qui, qui dirige tout le bordel. Un soupir passa mes lèvres alors que mon regard scanna mon voisin de bas en haut.

« C’est quoi ton nom alors ? »

En admettant que son pouvoir soit la stricte vérité, au moins je ne devais pas douter… Pourtant, étonnamment, ce n’était pas le cas. Tirant sur ma cigarette, je me pris à penser qu’il était trop propre sur lui, quelque chose me gênait… mais bon, je m’en foutais, j’étais content d’avoir un compagnon pour la soirée. Je ricanais doucement avant de pointer le badge qui était agrafé à ma chemise noire. Il portait le mot « Matthew » en lettres rouges sur du plastique noir qui donnait l’impression d’un bois laqué plutôt qu’un vulgaire plastique. A moins que le pauvre ne sache pas lire, ce qui est totalement possible, normalement il était déjà au courant de mon intitulé. En plus, mon homonyme avait tendance à l’utiliser durant mes heures de travail… Ça devait l’amuser ou alors il avait peur d’oublier son propre prénom… Au choix.


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Bogdan Lupescu
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Quand il s'agit d'horreur, je sais de quoi je parle, c'est un peu ce qui compose mes nuits. Rêves, comme cauchemars. Bizarrement, je le vis plutôt bien. Sûrement le résultat de mon imagination débordante... Et destructrice. Qu'il se resserve ne me choque pas, alors, je hausse les épaules dans une petite moue désinvolte. Et puis, il me fait rire. C'est à peine ironique.

"Ben, je sais pas si j'ai des contacts, mais il se pourrait que je connaisse quelqu'un. Mais c'est une femme exigeante."

Et à en juger par l'allure de ce pseudo SDF, il y aurait une version masculine de Pretty Woman à scénariser ! En même temps, je suis passé par là, alors je sais. Encore que je ne suis pas forcément issu des rues, mais à ce moment-là, je n'avais pas les poches bien pleines et Angelique a tout de même investi en moi. A raison, si j'en crois mes quelques succès jusqu'ici. Quant à mon prénom, je n'ai pas à mentir, ça ne sert à rien. C'est pourtant une vérité intime, mais elle reste à moitié vraie considérant le fait que j'ai changé mon nom de famille le jour où j'ai changé de vie. Et d'ailleurs, même si tout le monde m'appelle Bogdan, rares sont ceux, à part mon frère et peut-être Tibor s'il s'en souvient, qui savent qu'il ne s'agit là que de mon deuxième prénom.

"Bogdan."

Et de nos jours, qu'est-ce qu'un prénom ? La situation de Matthew me rappelait un peu celle de la plupart des gens qui arrivaient à Megalopolis. Perdus, cherchant leur place dans cette ville rongée par la corruption et la pollution et d'autres trucs en -tion. Comme moi à une époque où je me suis retrouvé en transition, un autre tournant dans ma courte vie. A peine 5 ans plus tard, me voilà à un nouveau carrefour de mon existence. Certains me qualifieraient sûrement de girouette. Je préfère me qualifier de nomade. Je vais là où le vent me porte en suivant, toujours, ce que me dicte mon coeur. Ca peut paraître pompeux et prétentieux, et j'imagine que c'est ce que beaucoup pensent, mais je mets un point d'honneur à ne jamais me trahir moi-même. Instinctif, je vogue ma galère sur le rivage d'un temps qui passe sans m'attarder sur des noeuds qui ne feront que m'empêcher d'évoluer et de m'accomplir. La vie est un long chemin, semé d'embuches et ceux qui se mentent à eux-mêmes en se contentant de n'être qu'une ruisseau tranquille, et bien je les laisse stagner. Du moment que je suis fidèle à moi-même, alors je reste vrai. Et compte tenu de mon pouvoir... C'est ce qui compte le plus à mes yeux.

"Ca fait longtemps que tu vis ici ?"


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Matthew Derkins
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Un prénom pas trop du coin si il en est… Assez pour me faire hausser un sourcil et le dévisager plus avant. Je me demandais d’où il pouvait venir et ce qu’il avait pu traverser. Il était propre sur lui, en apparence, mais est-ce-que cela était le cas et surtout toujours été ainsi ? J’en doutais. Si il ressemblait à tous ceux qui étaient dans les rues ici… Sa question m’arracha un sursaut de conscience. Cela faisait un certain temps que j’étais ici… Il y a certains jours où j’avais l’impression d’avoir toujours fait partie de ce décor minable et décrépit. Lever de rideau éternel sur ce théâtre qui pouvait parfois avoir des allures de cour des miracles d’un roman d’un autre âge. Sortant de mes pensées, je rassemblais mes souvenirs avant de prendre une nouvelle gorgée de bière. Mes molaires commençaient à fourmiller légèrement, signe que la bière était en train d’anesthésier mon esprit. Je penchais la tête en arrière alors je remettais mes neurones dans l’ordre, du moins j’essayais.

« Ça fait un bail que je suis dans le coin… Plus de cinq années. »

Putain ça me rajeunissait pas ça. J’avais du mal à croire que je traînais dans ce foutu dispensaire complètement défoncé depuis tant de temps. Ca expliquait pourquoi je connaissais quasiment tout le monde et pourquoi j’étais salué… Bon aussi parce que j’avais tendance à avoir une grande gueule. J’allumais une nouvelle cigarette, c’est qu’on était bien partis pour discuter tout le restant de la nuit voire de la journée qui allait se pointer dans quelques heures. Je prenais de nouveau appui avec mes coudes sur mes cuisses, portant la clope à mes lèvres tirant les yeux perdus dans le vide. Je rependais à ce qu’il venait de me dire, une femme exigeante qu’il connaissait et qui pouvait m’intéresser. Je me laissais aller à cracher légèrement par terre avant de continuer d’une voix grave.

« Et tu pourrais me rencarder avec cette meuf dont tu me parles ? On verra si je suis à la hauteur de ces… exigences. »

Je m’attendais à tout car on pouvait trouver de tout dans ce coin et dans ce domaine. Mais bon si il connaissait quelqu’un monsieur le financier… Comment ça se faisait d’ailleurs ? Il avait quelques petits plaisirs inavouables… ou inavoués ? Remarque ça serait bien le genre. Peut-être que c’était un gosse de riche qui cherchait à ressentir ce… « petit frisson ». Ou peut-être juste qu’il aimait ça. Je l’imaginais bien en gigolo jouet de ces dames tiens… Un léger rire passa mes lèvres alors que je le regardais. Mon esprit me jouait même des tours poussant le vice jusqu’à m’indiquer une représentation, si il pouvait lire dans les pensées il allait se régaler. Je relevais les yeux vers lui.

« Et toi, c’est quoi ton parcours alors ? »

Je tapotais sur la cigarette pour en faire chuter les cendres qui allèrent toucher le sol, certaines s’envolaient au profit d’un courant d’air, pensif je les regardais avant de marmonner d’une voix neutre qui pouvait paraître morne.

« … Du moins ce que j’ai droit d’en savoir. »

On avait tous nos petits secrets après tout. Me redressant, je descendais une bonne partie de la pointe en alu. Je me laissais aller en arrière sur la chaise alors que mon regard le fixait à nouveau. Plus les minutes avançaient plus je me demandais qui était vraiment ce charlot. Il devait penser la même chose de moi après tout. Un bruit de baston de chats se fit entendre dans la rue à côté, derrière le mur qui était sur notre droite. Un bruit violent et ayant éclaté d’un coup, me faisant me tourner la tête rapidement. La bulle de calme installé avait été percée et cela m’avait surpris. Le cri gras et le grognement qui s’en suivit m’arracha un sourire par contre, il semblerait qu’il y en avait un qui était en train de cuver tranquillement et qui ne supportait pas d’être dérangé même si cela était juste par des chats. L’action eut le mérite de me faire croiser le regard de Bogdan et de me faire sourire avant de rire légèrement. Je crois que je devais être quelque peu fatigué pour m’amuser d’un chapelet d’injures on ne peut plus fleuri mais après tout, il fallait savoir apprécier les petits bonheurs du quartier… Même quand ça avait la forme d’un gros crétin dégueulasse qui était dérangé par deux micro fauves en pleine bataille alors qu’il devait être en train de se mater un bon film porno…


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Bogdan Lupescu
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Est-ce que je peux rencarder Angelique ? Gratuitement, c'est à dire. J'ai beau imaginer que oui, j'ignore totalement quelle serait sa réaction. Je fais une moue en hochant doucement la tête.

"Je peux voir ce que je peux faire, oui." Je reportela bière à mes lèvres. "Je lui dirai de venir te voir."

Et il faudra que je sois là pour voir ça. Je crois qu'imaginer Angelique dans mon monde, c'est un peu un de mes fantasmes. Je veux dire que depuis le début, on est surtout dans son monde - et ça me va très bien ! Mais rien qu'à l'idée d'imaginger Angelique venir jusqu'ici, dans ma tête, il y a comme un petit rire un brin moqueur. Avoue-le. Je lui souris, néanmoins, pour lui faire comprendre que je le ferai, bien sûr, de bonne volonté. Après tout, je suis un homme de réseau, maintenant !

Quant à mon parcours, c'est une grande question à laquelle je n'avais pas encore imaginé de réponse ! Je meredresse sur ma chaise et je fais tourner la bière entre mes doigts sur la table. Repliant une jambe sur mon genou, j'inspire profondément.

"Mon parcours !" L'art du mensonge, que tu aies un pouvoir ou non pour ça, c'est encore de choisir ce qu'il y a de plus simple. Quelque chose qu'il te sera facile de te souvenir. "Il est assez basique. Papa est inspecteur des impôts et maman avocate. Naturellement, j'ai trouvé ma place quelque part au milieu. Mais je suis de Chicago, je viens à Megalopolis fréquemment, cela dit. Ma petite soeur, elle a 18 ans et elle veut faire des études à la Waleman, un truc du genre, dans la science, tu vois. Donc je viens souvent pour garder un oeil sur elle, m'assurer qu'elle a besoin de rien, tout ça."

Va expliquer pourquoi elle est au Casino, le machin pour délinquants où on peut éventuellement me retrouver des fois. Avant qu'il croise Sky, j'ai le temps. Et puis, je trouverai un mensonge à lui coller dans les dents, ça passera crème. Comme d'habitude. Quand j'ai entendu les chats se battre, je n'ai pas cillé. Même le bruit de chute violente d'objets non identifiés ne m'a pas alerté plus que ça. On est à Megalopolis, mon gars, pourquoi tu sursautes ? Je cligne des paupières et je hausse les sourcils en l'observant. Hey ça va, j'ai déjà suffisamment de frousses comme ça pour ne pas avoir besoin de m'en rajouter. Moi aussi, j'ai droit à un peu de paix. Je souris, amusé, cela dit.

"Tu n'as jamais entendu des chats se bouffer la truffe ? Y en a plein le quartier, ici."

Il serait pas un peu tendu le bonhomme, tout de même ? Ca fait 6 ans que je suis à Megalopolis et j'ai l'impression que ça fait toute une vie, que j'en connais tous les recoins... Pourtant, pendant un long moment, je n'ai pas beaucoup mis le nez en dehors de l'Underground...


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Matthew Derkins
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« Et alors ? Çà a autant de le droit de me surprendre que lors de la première fois… »

Un sourcil haussé dans sa direction. Il avait donc dit qu’il me laisserait voir la fameuse personne qui pouvait m’aider à… « Enrichir » ma vie. Son histoire de parcours puait un peu tout de même, c’était un tantinet décousu. Mais bon qu’est-ce-que j’en avais à foutre ? J’étais pas de la police ou des autorités. C’était vraiment pour entendre quelque chose et montrer que j’étais un mec poli, propre sur moi et tout et tout. Allumant une nouvelle cigarette, je penchais la tête en arrière alors que la fumée sortait par mes narines et mes yeux cherchaient à capter la lumière d’une étoile esseulée dans un bout de nuit qui était pourtant tuée lentement par tous les lampadaires de Megalopolis. Je me sentais d’humeur à marcher selon l’échange équivalent, même si je n’étais pas sûr du tout de ce qu’il m’avait raconté, je pouvais toujours lui sortir un truc réel ou un succédané de vérité.

« Chez moi c’est biologie et santé… Mon géniteur est biologiste et ma génitrice est infirmière… »

Les termes étaient durs, froids, neutres ; tout comme ils l’avaient été avec moi. Plissant les yeux, je luttais contre les images qui revenaient doucement, un bruit, une sensation, une parole, un cri de douleur… un cri de peur…

« … J’ai un frangin mais je n’ai aucune idée de où il peut bien être. C’est un pingouin, le mec qui a fait des grandes études : avocat ou diplomate… Je sais plus trop. Pas mon genre quoi… »

Mes yeux scrutaient le ciel, observant les ballets des avions dans Megalopolis, les points lumineux et le peu d’étoiles que je voyais. On aurait pu croire que j’étais nostalgique mais ce n’était sûrement pas le cas. Oh non, j’étais bien heureux d’être là où j’en étais désormais ; même si j’en chiais des ronds de chapeau.

« … Quand mon pouvoir s’est réveillé… Je me suis bien fait plaisir sur mes géniteurs… Ça m’a valu d’être viré de chez moi… et d’être à la rue. »

Un léger rire passa mes lèvres alors que je me souvenais de chaque seconde de cet instant, cet instant où je les avais fait hurler de peur. C’était tellement jouissif… Si je pouvais, si j’étais un slider, je me le referais bien encore et encore pour le plaisir. Mes yeux croisèrent ceux du dénommé Bogdan avant d’ajouter.

« … A la rue et dénué de scrupules pour pouvoir gagner ma vie. »

Un léger rire passa mes lèvres alors que j’écrasais mon mégot sur le sol. J’étais prêt à tout de toute façon. Vendre aussi bien l’extérieur de mon corps que l’intérieur. C’était une bonne idée ça tiens, si ça se trouve il avait un plan aussi pour ça…

« Tant que tu y es, si tu connais des plans pour vendre ses organes… Je suis preneur. »

Mes yeux plongèrent dans les siens. J’étais sûr de ce que je faisais. Il pouvait me prendre pour un con ou un type désespéré mais je m’en foutais. Je regardais autour de moi avant de le fixer de nouveau alors que la canette vide tournait entre mes doigts.

« Une nouvelle bière ou bien c’est terminé pour la causerie de ton côté ? Tu as le droit d’en avoir ras le cul en même temps. »

Je posais la canette vide sur la table en fer blanc alors que ma chaise grinçait sous mes fesses. Une nouvelle cigarette alors que le nuage s’envolait lentement dans la lourdeur de l’air pollué et vicié de Megalpolis.

« Tu peux aussi te dire que je suis un mec taré… Tu n’aurais pas tort après tout… »

Le temps d’une quinte de toux et je me reprenais.

« … Tu ne serais sûrement pas le premier et non plus le dernier. »


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Bogdan Lupescu
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Je me qualifie comme un mec plutôt raisonnable. De bonne famille, assez intelligent et quelque peu malin. Mais le mec que j'ai en face, c'est un peu l'inverse. Je n'aurais pas mon pouvoir, je crois que je me demanderais si c'est du lard ou du cochon. Ca me permettrait très sûrement de réagir autrement parce qu'il n'y a rien de rassurant à son assurance. Je sais qu'en Ville Basse, on vit à la dure, mais ils sont pourtant nombreux à s'en sortir malgré tout. Je secoue doucement la tête et pince les lèvres.

"Tu... Veux aussi mon manteau ou je peux le garder ? Hey, mon gars, je peux t'aider un peu, mais je vais pas tout faire pour toi. Je suis conseiller financier pour les entreprises, je suis pas d'ici et même si j'avais un plan pour des trafics d'organes, je te le dirai pas." Je grimace. "T'es qui au juste ?" Je montre le bar. "Ils savent là-dedans pour tes magouilles ou c'est juste moi qui aie une gueule de drogué désigné ?"

Si j'ai envie d'un nouveau verre ? Non, pas vraiment. Mine de rien, quelque chose me dit que c'est exactement ce qu'il attend de moi. Que je me casse. Je me dis que s'il a fait joujou avec ses propres parents pour s'entraîner, il ne vaut mieux pas que je l'énerve et qu'il teste son pouvoir sur le mien... Je n'ose même pas imaginer ce qui pourrait arriver quand on voit ce qui s'est passé sur la plage ou au Casino.

Je commence à devenir parano et je me demande ce qu'il veut ce type. Ca me donne une idée et je sors mon téléphone de ma poche pour regarder si j'ai des messages et y répondre le cas échéant.

"Si tu veux sortir de l'eau, ne plonge pas."

Non, mais c'est vrai ou pas ?

La vérité, c'est que je n'ai aucune idée de comment répondre à ce type. Il me provoque, clairement, il me teste et en même temps, il n'en a rien à carer de ma tronche. Comme il l'a dit, il n'a aucun scrupule. Et en même temps, j'ai le sentiment qu'il me pousse, comme s'il cherchait à comprendre ce que j'étais. Un peu comme si, quelque part, il voulait me tester pour voir si j'étais comme les autres. J'ai un esprit de contradiction qui dit que... Je suis unique et les autres, je les emmerde. J'adore prouver aux gens qu'ils ont tort et ne pas leur donner ce qu'ils veulent, surtout quand ils croient savoir qui je suis. Il faut dire qu'en ce moment, je ne suis absolument pas en mesure de conserver mon calme, même si ça ne se voit pas en apparence. J'ai envie de cogner tous les murs que je croise, même si je parais si tranquille. Il est possible que j'attende qu'il fasse un faux pas pour me défouler à mon tour.


Dear Dad,
I think about you every day. The end of your world. The beginning of mine. Six billion lights that went out in six months. Six billion lives lost to a mystery. All the mothers, fathers, sisters, brothers over the age of innocence. Of fifteen years full of missing you.
But I keep you alive in my words.
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Matthew Derkins
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Oh une jolie métaphore. Bravo pour le bon mot. Vu ce que je pouvais sentir de l’ambiance actuelle, il fallait bien qu’il y en ait un des deux qui mette ses couilles sur la table maintenant… et généralement, quand ça faisait intervenir les partie intimes… et bien je préférais m’en occuper moi-même ! Aussi je me penchais en avant, appuyant mes avant-bras sur mes cuisses, mes doigts jouant avec mon mégot de cigarette qui sentait encore le tabac froid. Déglutissant, je laissais mon regard vaquer entre le sol, mes mains et ce mec.

« Je te l’ai dit, je n’ai aucun scrupule. Mais je n’ai jamais tué personne non plus si ça peut te rassurer. Pour mes vieux, je me suis sûrement lâché sur eux à tort certes mais je ne me voyais pas enquiller des années de psychothérapie… »

D’une pichenette, je laissais aller le mégot s’écraser mollement sur le sol après deux ou trois rebonds. Relevant la tête, je toisais le gars.

« … Traite moi de cinglé si tu veux mais je t’aime bien, tu as l’air chelou certes mais ça m’intéresse. C’est pas comme si j’avais masse de gens à qui parler en même temps. »

Un léger sourire pitoyable gagna mon visage, on en était maintenant à la partie pathos de la conversation. Dieu qu’elle était chiante et la meilleure pour foutre mal à l’aise cette partie ! Mes doigts fouillèrent mes poches, avant de leur donner les tapes caractéristiques de quelqu’un qui cherchait son paquet, le temps de toucher le filtre et d’en sortir une nouvelle pour l’allumer. Un soupir naquit sur mes lèvres alors que je continuais à parler sur un ton monocorde, les yeux fixés dans le vide, quelque part entre mes mains et les genoux de Bogdan.

« Si je t’ai demandé pour ces… ‘services’ particuliers, c’est parce que vu ma gueule, je sais très bien que je peux tirer du pognon de ce machin muté par Yû qui me sert de corps. Je suis pas du genre à vouloir me fatiguer inutilement. Au bar, ils savent que je suis un peu bizarre mais rien de plus. En même temps, on ne te demande pas de raconter toute ta vie pour un entretien d’embauche… surtout dans ce tripot. Je suis juste un serveur avec une belle gueule, qui a la chance de porter le même prénom que le patron, et qui est là pour… tu me passeras l’expression, sucer encore plus de pognon aux clientes en manque de compagnie. »

Un léger rire passa mes lèvres, il avait tellement tiqué sur les organes que çà en était touchant. Je tirais à nouveau sur ma cigarette, laissant la fumée sortir par mes narines, causant de l’agitation sur la cicatrice qui ornait mon cou entre mes clavicules. Mes yeux se fixèrent sur le brushing bien fait du type en face de moi. Si propre sur lui c’était touchant.

« Hey. Les organes c’était une vanne. »

Evidemment, je n’allais pas me séparer de ce qui faisait tourner la machine ! Je n’étais pas désespéré à ce point… du moins pas encore. Mais pour ce qui était de vendre son corps pour du pognon, cela ne me dérangeait pas plus que ça. J’en connais un ou deux qui s’en formaliseraient. Ça serait marrant que mes géniteurs l’apprennent tiens. Bof, en fait ils ne seraient pas si surpris que ça… Je crois même qu’ils me l’avaient déjà dit, que je « n’étais bon qu’à cela ».

« Bon écoute, voilà tu sais pour moi. Maintenant tu fais ce que tu veux, tu m’aides ou tu ne m’aides pas… Au point où j’en suis-je m’en fous. Ta gueule me revenait bien alors je me suis dit que j’allais te causer un peu. »

Lentement, je me levais alors que la cigarette se consumait entre mes lèvres, la fumée sortant toujours de mes narines.

« Je vais sûrement pas te forcer à quoi que ce soit. »

Le mégot alla rejoindre le sol dans un bruit mou et encore quelques rebonds dans les bruits de la nuit et de la rue.


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Bogdan Lupescu
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C'est moi le chelou ? Pourquoi, parce que je porte un manteau un peu cher, qui fait propre sur soi et que je viens de passer un sale quart d'heure depuis deux semaines ? Il faudrait qu'il me voit quand je sors pas du "taf". C'est quoi qui définie le terme "chelou" chez moi ? J'en sais rien. Mais en tout cas, lui, c'est un vrai chelou, si tu veux mon avis. Je suis content de pas être une petite fille sans défense, j'aurais peur de pas avoir le temps de détaler pour appeler les flics. En fait, il débite tellement de conneries à la seconde que je commence à entrevoir à quoi je ressemble face aux autres. J'espère seulement que j'ai l'air plus sympathique.

"Ben... Je vais voir ce que je peux faire pour toi."

Mais y a pas écrit "SPA des chiens égarés" sur ma trogne, normalement. Je regarde ma montre. Depuis que j'avais quitté l'Underground, j'avais erré sans but dans les rues de la ville pendant une heure avant de me perdre ici. Depuis environ deux heures, je n'étais plus un membre des souterrains, je n'étais même plus rien. J'avais une idée d'où aller ensuite, restait à savoir si c'était la bonne solution. Je suis tellement dans le doute et la tête à l'envers que je suis incapable de me concentrer sur autre chose, encore moins sur un mec inconnu comme celui-ci. Je me frotte les cuisses.

"J'ai euh..." Je me passe une main sur le visage. "Une sale journée dans les pattes. On peut même dire une putain de sale semaine, donc... Je suis un peu fatigué, tu vois. Je vais rentrer, il se fait tard et j'ai encore pas mal de choses à régler."

Je me lève en fourrant les mains dans mes poches pour vérifier que j'ai tout.

"Je te promets rien, mais je vais essayer. En attendant, essaye de rester hors des ennuis ? Je te garantis que c'est pas bon pour le business."


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[Matt D/Bogdan] The Devil Within
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