2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [Matt D/David/Angie] Brother and sister

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David Foster
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Septembre 2076

Qu'il était bon de revenir enfin à Megalopolis et de pouvoir être moi, même si avec tous ces changements d'identité, je devais bien avouer que j'avais de plus en plus de mal à démêler ma propre personnalité de toutes celles que j'endossais pour le travail. Le mois précédent, je l'avais passé sous les traits de Stan Carvick, trafiquant d'armes, du côté d'Atlanta. On m'y avait envoyé en soutien de l'équipe locale. le chef du bureau d'Atlanta se souvenait de moi après toutes ces années, en particulier de mon talent pour l'infiltration. L'enquête était délicate, il avait préféré me la confier à moi qui avait déjà fait mes preuves plutôt qu'au bleu qui se trouvait maintenant sous ses ordres.

Un long mois que j'avais passé loin de ma ville et surtout loin d'Angela. C'était la mission la plus longue qu'on m'avait donnée depuis qu'elle était guérie, elle m'avait terriblement manqué. La pauvre devait être morte d'inquiétude. Quand j'étais sous couverture, il était simplement hors de question que je prenne le risque de la griller. Il en valait de ma survie. Je pouvais être surveillé par n'importe qui, n'importe quand. Quand j'étais sous couverture, je devenais totalement l'identité que je me créais. Il était donc hors de question que je joigne Angela d'une façon ou d'une autre, aucun moyen, donc, de lui faire savoir que j'étais toujours en vie et que j'allais bien. Le seul contact avec ma vie présente que j'avais, c'étaient via les nouveaux gadgets totalement indétectables qui permettaient à mon contact au bureau de suivre mes faits et gestes en temps réel. Ni plus ni moins que cela. J'entendais sa voix dans mon oreillette et je pouvais lui répondre par écrit. Mes yeux lui transmettant tout ce que je voyais.

D'aucun dirait que c'était plutôt dur, mentalement, comme boulot.  Ils avaient raison, mais j'étais fait pour ça. Ma petite soeur me manquait, mais je savais pourquoi je partais aussi longtemps, je savais à quoi ça servait. Et Angie le savait aussi. C'était certainement pour cela qu'elle acceptait la situation mieux que quiconque. Et aussi parce que finalement, elle n'était que ma soeur, elle ne ressentait probablement pas mon absence comme une femme ou une petite amie l'aurait fait.

En attendant, j'étais de retour, enfin. Et j'avais décidé d'aller faire la surprise à Angie dès que possible, pour éviter qu'elle ne s'inquiétât plus longtemps à mon sujet. A cette heure-ci, elle devait avoir presque fini son service au Magic Alice. Je ne passais que très rarement au bar, mais ce soir, ça allait être le cas.

Lorsque je pénétrai dans l'établissement, elle était accoudée au comptoir, en grande discussion avec une homme que je ne connaissais pas. Un nouveau serveur, probablement. En tout cas, je ne l'avais jamais vu. Je connaissais déjà Matt, son patron, et Alex, mais lui m'était totalement inconnu au bataillon. Elle devait bien s'entendre avec lui, puisque son rire clair s'éleva dans la salle et parvins à mes oreilles tel une agréable mélodie. Oui, décidément, ma petite sœur m'avait manqué.

Les regards de quelques jeunes femmes installées près de la porte vinrent se coller à moi dès que j'en franchis le seuil. Je m'étais débarrassé de mon costume/cravate, uniforme typique des agents du FBI, pour me revêtir d'un simple jean et d'un t-shirt qui laissait ressortir les tatouages de mes biceps. Je n'en avais pas conscience, mais entre ma carrure de militaire (ex militaire, en fait, mais je continuai à m'entraîner, pour le boulot), mes tatouages et ce qu'Angie appelait ma "gueule d'ange", il n'était pas rare que j'attire les regards.

Affichant mon habituel air sérieux et relativement froid, je traversai la salle en direction du bar pour venir m'appuyer au comptoir aux côtés d'Angie comme l'homme avec qui elle discutait s'éloignait pour aller servir la dite table des jeunes femmes de l'entrée.

- Bonsoir, est-ce que je pourrais avoir une bière s'il vous plait ?

Ma voix la fit se retourner immédiatement vers moi, l'air totalement surprise. Son visage s'éclaira d'un nouveau sourire.

- David ! S'écria-t-elle en se jetant à mon cou.

Je la serrai dans mes bras en riant de bon cœur. Angie était la seule personne qui arrivait à me faire rire de la sorte, il fallait vraiment que j'apprenne à m'ouvrir d'avantage aux gens, à laisser tomber mon masque d'agent, à cesser d'être sur mes gardes en permanence. A croire que j'étais un infiltré dans ma propre vie.

- Tu es revenu ? Depuis quand ? Bon sang, j'étais tellement inquiète, tu n'as jamais été absent aussi longtemps ! J'avais peur qu'il te soit arrivé quelque chose.

Le visage enfoui dans le cou de ma petite sœur, j'esquissai un sourire.

- Je vais bien, ne t'en fais pas. Il ne peut rien m'arriver, tu sais bien qu'on ne peut pas me tuer !

A la table de l'entrée, le groupe de jeunes femmes ne me quittait pas du regard tandis que le nouveau serveur leur posait les commandes sur la table. Chacune y allait de son petit commentaire et c'était une chance que je ne les entende pas de là où j'étais, j'en aurais été particulièrement mal à l'aise. Mes tatouages, ma carrure, mes yeux qu'elles avaient aperçu alors que je scrutais la salle à la recherche d'Angie, et même mes fesses, elles passèrent tout au crible, fantasmant presque à haute voix devant ce pauvre serveur qui, pourtant, n'avait absolument rien à m'envier, pour ce que j'étais capable d'en juger. L'une d'elle alla d'ailleurs jusqu'à l'apostropher.

- Dites, vous connaissez cet homme, il vient souvent ici ?
- Ils sont ensemble ? Ou on a une chance ?
- Pourquoi tu lui demandes ça à lui ?
- C'est son collègue, il doit bien le savoir, non ?

Et trois paires d'yeux se fixèrent sur le jeune homme, attendant la réponse qu'il allait leur donner, réponse qui semblait tout à coup les intéresser au plus haut point.


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Matthew Derkins
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Un soir de plus au Magic Alice, un soir de boulot de plus avant de se dire que de toute façon j’allais avoir Angela dans le lit à mes côtés. La soirée était normale, j’entendais par là qu’il y avait toujours le même quota de bourrés, pétasses et habitués. Mais d’un seul coup, une tête inconnue se montra par la porte, alors que j’étais en train de récupérer sur mon plateau les commandes d’une table de pouffes. Le mec avait de la prestance : il y avait eu un moment de silence quand il avait passé l’entrée. Esquissant quelques pas pour aller jusqu’au repaire des mégères, je suivais du coin de l’œil le type pour me rendre compte qu’il allait droit vers Angela. Pendant ce temps, les dindes faisaient un ou deux commentaires inutiles jusqu’à ce que je sente qu’une d’entre elles tirait la manche de ma chemise au niveau de mon avant-bras. Elle eut droit à un sifflement de dents agacé avant que je ne tire ma manche de ses foutus doigts manucurés.

« Bon Mesdemoiselles les Dindes, je n’en sais foutre rien donc je vous laisse faire l’expérience empirique d’aller… lui demander ?! »

Le ton avait été marmonné, sec et agacé alors que j’avais détourné mon regard de la scène. Il y avait une explication, il devait y en avoir une sans conteste aussi je ne montais pas spécialement dans les tours. Gloria me disait sans relâche un truc qui faisait intervenir la langue, la bouche et le chiffre sept… mais dans quel ordre ? M’en souvenais plus. Les dindes en contrebas de mon regard semblaient avoir oublié ma présence au profit de potins bien plus intéressants et jouaient a pique et pique et colégram pour aller discuter avec le « panneau publicitaire musclé », je ne fais que citer l’assertion. Un léger soupir passa mes lèvres alors que je revenais vers le bar avec le plateau vide et me plaçait devant mon homonyme, non loin d’Angela et de l’homme mystère, afin de prendre de nouvelles commandes. Mon regard croisa celui de ma collègue l’espace d’une seconde alors que Matt, le bien nommé, me donnait de nouvelles consignes. J’hochais la tête avant de comprendre qu’il n’avait pas d’autres consignes et me disait de prendre une pause si je le souhaitais. Le mot pause chez moi avait le don de s’envoler en fumée dans l’arrière-cour. Cette simple pensée me fit esquisser un sourire alors que je reportais mon regard sur ma collègue et, par le truchement de leur proximité, le nouvel arrivant. Etonnamment, je ne me posais pas plus de questions que ça sur lui, mieux encore, en plissant les sourcils ; je me rendais compte qu’il me rappelait quelqu’un… ou plutôt quelqu’une. Déformation professionnelle de mon ancien métier de croupier trop occupé à scruter les visages, je lui distinguais un certain air de famille avec je-ne-sais-quoi à ce type. Mes yeux revinrent sur Angela et je me rendais compte qu’ils partageaient des traits communs, subtils mais certains mouvements faciaux étaient les mêmes. Certaines attitudes aussi au demeurant. Quelqu’un de sa famille ? Son père ? Trop jeune. Son oncle ? Et pourquoi pas tiens… En tous cas, quelqu’un d’un cercle proche. Belle famille, je vous aime déjà. Le type semblait avoir une carrière de militaire, CRS ou de catcheur professionnel. Ça sentait bon les réjouissances ça ! Me souvenant qu’une petite grillade improvisée m’attendait dans l’arrière-cour, je tapotais sur l’épaule de ma collègue avant de me pencher pour lui glisser à l’oreille d’une voix assez forte car l’ambiance était musicale et agitée.

« Je vais m’en griller une pendant que tu profites de tes retrouvailles en famille, Matt dit que c’est bon pour le moment, le pic des consos est redescendu. »

Alors que je faisais chemin vers l’arrière-cour, je laissais ma main glisser sur sa cuisse de façon plus ou moins inconsciente mais une chose était sûre : pas d’une façon très discrète non plus. Après un léger rictus bien de ma composition personnelle, autant dire acide tout en restant charmant ; je me rendais d’un pas ferme vers l’arrière-cour alors que les talons de mes chaussures de boulot claquaient sur le pavé du bar. Arrivé dans mon endroit fétiche, je me saisis d’une chaise décrépie en acier oxydé pour m’y installer, posant mes avant-bras sur mes cuisses, je sortais mon paquet de clopes fétiche : de couleur noire. Tous les buralistes de Megalopolis se foutaient de moi à chaque fois que j’en achetais en me répondait que plus personne ne fumait cela maintenant ! « C’est le futur ici mon petit gars, personne n’est encore attaché à ce machin vintage ! J’en reviens même pas Papy qu’ils en vendent encore c’est dire ! » Mon Zippo tout aussi noir claqua dans l’air alors que le nuage de fumée s’élevait vers le ciel, lui aussi sombre, de la nuit. Alors qui était ce mec ? Comment cela se faisait qu’elle ne m’en avait pas encore parlé ? Bon elle était secrète mais il devait bien l’avoir prévenue avant de venir avec un SMS ou je ne sais quoi non ?


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Angela Foster
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Les dites "dindes" jetèrent un regard offusqué à Matthew avant de se détourner ostensiblement de lui. A la place, elles préférèrent reporter leur attention sur mon frère. Elles le dévoraient du regard. Sincèrement, je les comprenais : David était quand même pas mal dans son genre. Et le pire dans tout ça, c'est qu'il ne s'en rendait même pas compte. Pas plus d'ailleurs qu'il ne voyait les regards que les femmes pouvaient lui jeter parfois. Elles se mirent alors à débattre pour savoir laquelle oserait aller interpeller ce fameux inconnu. Mais dès que Matthew eut le dos tourné, il put entendre une d'entre elles persifler :

- En attendant, il peut s'asseoir sur son pourboire celui-là.
- Dommage, il était pas mal lui non plus...

Moi, de mon côté, je me détachai de David, gardant tout de même les mains sur ses épaules pour le détailler davantage. Mon regard passa sur son visage et descendit sur le reste de son corps à la recherche d'une éventuelle blessure que j'aurais pu déceler. David avait l'habitude de ce genre d'examen et me laissa faire sans se départir de son sourire.

- Alors, rassurée ? Je n'ai rien, Angie, tout va bien !

A partir du moment où j'avais posé les yeux sur David, j'en avais presque totalement oublié Matthew. Désolée pour lui. Mais face à mon frère sachant qu'en plus, je ne l'avais pas vu depuis un mois, Matthew ne pesait pas grand chose...

- J'aime pas quand tu pars aussi longtemps.

En fait, ce n'était pas tant le fait qu'il s'en aille que je n'aimais pas mais plutôt celui de ne pas avoir de nouvelles durant toute son absence. J'avais beau savoir que le FBI nous préviendrait s'il lui arrivait quelque chose de grave, je ne pouvais pas m'empêcher de m'inquiéter. Ses missions étaient dangereuses. Bien souvent, sa survie ne dépendait que de sa capacité à ne pas être démasqué, je redoutais ce qui pourrait arriver si sa couverture tombait un jour. Quand il était absent comme ça, je ne cessais de me demander s'il était toujours en vie et si je le sentirais, au fond de moi, s'il lui arrivait quelque chose. David s'en doutait, bien sûr, que je m'inquiétais. Mais il ne savait pas que mes cauchemars étaient beaucoup plus fréquents et plus forts quand il était en mission. Matthew avait pu s'en rendre compte d'ailleurs, maintenant qu'il partageait mes nuits. Depuis ces dernières semaines, il ne se passait pas une nuit sans que je ne me réveille en sursaut.

- Je sais

Le regard de mon frère se fit plus grave en même temps que son sourire disparaissait quelque peu. Il m'aimait pas que je m'inquiète pour lui. Il estimait certainement être le seul à avoir le droit de s'inquiéter pour l'autre.

Ce fut le moment que Matthew choisit pour me rappeler sa présence en tapotant mon épaule. Nul doute qu'il avait entendu l'échange précédent. Le regard de David se posa aussitôt sur mon collègue et le détaillai des pieds à la tête tandis que mon collègue me parlait à l'oreille et laissait glisser sa main sur ma cuisse.

- Ok, ça marche.

David suivit Matthew du regard tandis qu'il s'éloignait en direction de l'arrière cour et se pencha vers moi, les sourcils froncés.

- C'est qui lui ? Je n'ai pas souvenir de l'avoir déjà vu ici.
- C'est Matthew, notre nouveau serveur.

Peut-être que j'aurais dû lui dire qu'il était bien plus qu'un simple collègue. Mais j'avais encore quelques réserves à le présenter comme mon amant. Je n'étais pas encore très sûre de moi et je ne voulais pas aller trop vite. Je préférais laisser les choses aller à leur rythme. D'ailleurs, au Magic Alice, personne n'était encore au courant de notre relation.

- Il est là depuis... juin, je crois. J'avais toujours du mal avec la notion du temps. Mais ça fait longtemps que tu n'es pas venu.
- Il a l'air de bien t'apprécier.
- Ca, c'est parce que je suis un ange. Tout le monde m'apprécie.

Pas autant que Matthew, c'était certain. Du moins, si j'en croyais ce qu'il me disait. Mais j'avais beau être très proche de David et avoir toujours pu me confier facilement à lui, quelque chose m'empêchait de le faire cette fois. La peur de me planter, peut-être ?

Ce fut alors qu'une des Dindes s'approcha de nous.

- Dites, ça fait une heure qu'on attend d'être servies !

Je jetai un regard à la table qu'elle m'indiquait. Leurs verres étaient encore plein ! Et je n'aimais pas la façon dont elle me parlait. Mais le client était roi alors... Sans dire un mot, je m'emparai de mon plateau, m'excusai auprès de David et partis en direction de la table en question. Ou du moins, j'essayai de partir, mais la main de David sur mon bras m'empêcha de faire un pas.

- Et l'amabilité, c'est une option ? Ca vous dérangerait de lui parler correctement ?


Ah mon frère et son côté surprotecteur ! Je le connaissais par cœur. C'était "touche pas à ma soeur ou tu vas le regretter". L'ennui, c'est qu'il ne connaissait pas la demi-mesure lorsqu'il s'agissait de moi. Face à lui, la Dinde devint cramoisie de honte.

- Je...
- C'est bon David, j'y vais.

J'aurais cru que la Dinde allait me suivre mais en fait, non, elle resta à côté de David encore un peu, se frottant le bras et baissant les yeux comme une petite fille prise en faute. Le temps que j'arrive à la table, la voix de mon frère me parvins aux oreilles, mais dans le brouhaha ambiant, je n'en compris pas un mot. La Dinde revint alors, toute penaude, pendant que je prenais les commandes de ses amies.

- Il a dit qu'il était déjà pris...

Elle m'adressa un drôle de regard, comme si elle m'en voulait personnellement du prétendu non-célibat de mon frère. Cela m'étonnait d'ailleurs, parce que David l'était, en fait, célibataire.

- Et que même s'il ne l'était pas, il ne s'intéressait pas aux... Elle déglutit avant de continuer. Manifestement, mon frère n'avait pas été des plus tendres... "pimbêches qui traitent les gens comme des sous merdes"...

Le rire fusa sans que je puisse le retenir. C'était du David tout craché : intransigeant et direct.

- Tu sais que je t'aime toi ? lui lançai-je en revenant au comptoir, sans me rendre compte que Matthew était revenu de sa pause et qu'il était à portée de voix.

C'étaient des mots que Matthew n'avaient encore jamais entendus, pas venant de moi en tout cas. C'était trop tôt pour ça. Et puis, c'était des mots que je ne disais pas facilement. David était le seul à les entendre depuis quelques années.

Mon frère eut un sourire et se pencha vers moi.

- Tu finis bientôt ? Je meurs de faim !

Mon regard parcourut la salle. Il n'y avait pas énormément de monde, Matthew devrait pouvoir se débrouiller seul jusqu'à la fermeture du bar. De toute façon, moi, j'étais censée terminer dans une demi-heure alors trente minutes plus tôt ou plus tard, est-ce que ça changeait grand chose ? Dans le doute, je préférai tout de même lui demander.

- Hey, Matthew, ça te dérange si je pars plus tôt ce soir ? Tu t'en sortiras tout seul en salle ?


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Matthew Derkins
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Le temps de revenir de ma pause et de me rendre compte que… rien n’avait changé dans le bar : aussi bien pour Angela et la personne qui était de sa famille que pour les puputes qui traînaient dans le fond de l’établissement. Je reprenais ma place derrière le bar alors que j’entendais Angela murmurer des mots doux à son frère. Il y a des fois où je me demandais si elle en faisait exprès ou si elle était vraiment cruche… Mais là c’était un débat conséquent qui méritait l’écriture d’une pléiade complète et je n’en avais pas le temps. Elle en rajouta une couche sur la tartine en me demandant si elle pouvait partir plus tôt et que je m’occupe du reste. Un léger sourire acide naquit sur mes lèvres alors que je posais ma main sur son épaule, une main qui avait l’air amicale ou tendre mais elle seule pouvait sentir la pression de mes doigts sur sa clavicule alors que j’articulais lentement.

« Mais je t’en prie voyons. »

Une phrase qui semblait être issue de la dernière formule de politesse mais qui, quand on me connaissait… montrait tous les shrapnels de verre pilé qui piquaient bien là où il fallait. J’accentuais la pression sur l’épaule avant de lâcher et laisser retomber ma main. Mes yeux croisèrent les siens, mes pupilles étaient redevenues noires et demandaient, telles des trous noirs, à happer tout ce qui se trouvait à proximité. Je me retournais vers de nouveaux clients pour prendre des commandes, le visage n’était plus du tout le même, charmeur et charmant. J’avais eu le temps de remettre mon masque de circonstances. Encore deux jeunes femmes qui étaient venues pour « se distraire » pour ne citer qu’elles. La première avait une chevelure d’un noir de jais alors que la seconde se targuait d’une cascade de cheveux roux flamboyants. Était-ce pour le boulot ou par contrariété que je me laissais aller à prendre la main de cette dernière pour lui faire un baisemain et murmurer à son oreille, chuchotant d’un ton charmeur alors que mes lèvres effleuraient son lobe.

« Je serais votre serveur personnel ce soir beauté aux cheveux de feu, vous ne manquerez de rien. »

La brune haussa les sourcils et se mit à sourire alors que la rousse eut une légère coloration aux pommettes et hocha la tête. Continuant sur ma lancée, je quittais le bar pour les rejoindre. Passant mes mains sur le bas des reins des deux jeunes femmes, je les conduisis dans la pièce qui m’était réservée : le salon privé. Là, les laissant pour un moment toutes seules, je revins au bar pour venir prendre les commandes. Angela et le type étaient encore là, mon regard qui était redevenu froid croisa celui de ma blonde collègue, ils avaient décidé de prendre leur temps ces deux-là ou quoi ?

« Tu vois ne t’en fais pas, comme à mon habitude je gère… Chérie. »

Le ton avait été sifflant, sec et un tantinet acide alors que le dernier mot, chuchoté beaucoup plus bas –au risque de ne pas se faire entendre du tout-, était comme enrobé d’une douceur fausse et sirupeuse de mauvaise foi. Le temps de prendre une bouteille de rhum planteur parfumée à la grenade, un truc qui se boit comme de l’eau et qui décolle bien entre les oreilles et mes chaussures claquaient pour retourner au salon qui m’avait été aménagé pour « divertir » certaines clientes demandeuses. Angela savait où il était, elle savait le pouvoir de la boisson que j’y avais emmené… Un peu comme si j’étais un loup qui entrait dans la bergerie. Elle ne voulait pas qu’on projette notre relation au travail alors elle ne pouvait pas me reprocher de continuer comme ce que je faisais tous les soirs ! Certes, certes j’avais promis mais les promesses ça marche en situation normale et seulement dans ce cas-là. Là elle avait amené un nouveau pion et en plus, je me sentais d’humeur particulièrement puérile ce soir. Entrant dans le petit salon aux dominantes noires et rouge sang, j’adressais un sourire aux deux jeunes femmes avant de les servir de ce breuvage rose qui était impayable pour mettre à l’aise. Une fois chose faite, je prenais place dans le canapé, bien évidemment entre les deux nouvelles arrivantes, il me suffisait de me souvenir de ce que j’avais pu apprendre grâce à la rencontre faite avec Bogdan. Mes mains vinrent s’étendre pour que chacune trouve une épaule et les rapprocher. Mon sourire séducteur ne quittait pas mon visage alors que je n’avais qu’une hâte… Endormir mon esprit pour cesser de penser à ce qui venait de se passer au bar.


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David Foster
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Quelque chose n'allait pas. Je le sentis au regard d'Angela alors que son collègue posait amicalement une main sur son épaule. Il se passait un truc entre ces deux-là, c'était indubitable. Lui la fixait de ses pupilles noires dépourvues de toute chaleur et elle, elle fronçait les sourcils comme si elle ne s'attendait pas à ça et ne comprenait pas. Pourtant, Matthew répondait positivement à sa question. Il se montrait poli, même s'il y avait quelque chose dans son ton qui ne me plaisait pas tellement. Que s'était-il passé pendant qu'il fumait sa clope celui là ? Juste avant, il avait eu l'air amical avec Angie et maintenant, il l'aurait brûlée sur place s'il en avait eu le pouvoir. C'était l'impression que j'en avais en tout cas. Et Angie également, à en voir son expression.

Elle le suivit du regard alors qu'il allait accueillir deux nouvelles clientes et moi, je vis l'expression de ma soeur s'assombrir encore.

- Angie ?

Elle avait toute son attention tournée vers lui et suivant son regard, je le vis accueillir les deux jeunes femmes avec une certaine "bienveillance" avant de les diriger vers un endroit de la pièce, probablement une table, je n'y prêtai pas la moindre attention, me focalisant sur Angie. Mon front était barré d'un pli soucieux et je cherchai à capter son regard.

- Angie, est-ce que ça va ?

Pour attirer son attention, je posai la main sur son épaule et elle sembla revenir à la réalité. Elle m'adressa un sourire qui n'avait rien de sincère ou de chaleureux et acquiesça.

- Tu es sûre ?

Bien sûr qu'elle n'allait pas bien, je la connaissais assez pour m'en rendre compte. Mais Angie avait une certaine fierté et refusais toujours de dire quand elle se sentait mal.

Matthew revint au bar et, instantanément, le regard d'Angie se riva à lui. Mais moi, je ne lui prêtai pas la moindre attention, focalisé que j'étais sur ma soeur, scrutant son visage à la recherche d'une réponse.

- C'est bon, il gère. Allons-nous en.

Et elle se détourna de moi pour aller chercher ses affaires dans le vestiaire des employés. Quant à moi, j'essayai de comprendre. Ça avait forcément un rapport avec ce Matthew puisque le comportement d'Angie avait changé quand il était revenu de sa pause. Mais qu'avait-il pu se passer pendant qu'il était dehors ? Je veux dire, Angie était restée avec moi, il n'avait donc rien pu lui faire. A moins qu'il n'ait un pouvoir qui se déclenchait à distance... ça restait une piste à creuser.

Alors qu'Angie me repassait à côté pour prendre la direction de la sortie, je l'attrapai par le bras et la forçai à s'arrêter au niveau d'une table occupée par des jeunes qui s'amusaient à se prendre en photo en rafale, faisant crépiter leurs flashs à tout va.

- Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien. Je veux qu'on s'en aille. Maintenant.

Les flashs atteignaient Angie en plein dans les yeux, la forçant à les fermes pour ne pas être aveuglée. Pour une épileptique de son "niveau", c'était un stimulus plus que suffisant pour déclencher une crise. Mais elle prenait toujours son traitement, n'est-ce pas ? Je savais qu'elle avait tendance à l'oublier un peu trop souvent, mais là, elle y avait pensé. N'est-ce pas ?

- Arrêtez ces flashs tout de suite ! Ordonnai-je aux jeunes de la table avec suffisamment d'autorité pour qu'ils obtempèrent de suite.

Le regard d'Angie était étrange. Je l'avais déjà vue faire suffisamment de crises pour en reconnaître une quand celle-ci se pointait. J'avais peu de temps devant moi avant qu'elle se n'effondre et que les convulsions ne surviennent.

-  Angie, reste avec moi. Matt, t'as un endroit plus calme ? criai-je au patron

Celui-ci m'indiquai deux portes vers le fond du bar. Je rattrapai Angie de justesse alors qu'elle perdait connaissance et, la portant dans mes bras, je l'emmenai dans la direction indiquée par Matt. Elle était légère comme une plume et son poids n'était pas suffisant pour me ralentir. C'était tant mieux.

Je n'avais pas la moindre idée d'où les deux portes pouvaient mener  et ouvris la plus proche. Il s'agissait d'un petit salon qui était déjà occupé par le collègue d'Angie et les deux jeunes femmes qui étaient arrivées un peu plus tôt. Je ne leur accordai pas tellement d'attention, je n'avais pas envie de savoir ce qu'ils faisaient là et à quoi servait cette pièce.

- Sortez de là ! ordonnai-je avec ma voix d'agent fédéral qui ne souffre aucune discussion.

J'entendis du mouvement et les deux filles sortirent tandis que je déposais Angela à même le sol et dégageai l'espace autour d'elle pour éviter qu'elle ne se blesse. Il était temps, les convulsions commençaient déjà.


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Matthew Derkins
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D’un seul coup le climat venait de changer du tout au tout : était-ce à cause d’Angela devant laquelle j’étais désormais agenouillé avec ce mec qui était venu ou était-ce à cause des deux puputes qui gueulaient parce que je les avais virées du salon privé alors que l’une d’entre elle était en train de déboutonner lentement ma chemise et l’autre mon jean ? Quoiqu’il en soit, désormais j’étais là, en train de la regarder commencer à convulser. Cela me rappelait certains moments au dispensaire : il y en avait eu des clodos, camés ou addicts qui avaient quelque peu « pété un câble en plein milieu du couloir » voire même sur mon lit parfois… La malchance d’être logé, à l’époque, dans un endroit fréquenté. Mon sang ne fit qu’un tour alors que je n’adressais même pas un regard au type qui était à côté de moi. Ma main alla doucement vers sa gorge, cherchant à limiter les contacts et la pression alors que mes doigts, lavés préalablement bien entendu, venaient doucement entre ses lèvres pour s’assurer que sa langue n’allait pas l’étouffer.

« On ne va pas chercher à la maintenir, appelle les urgences… Le service du Docteur Smith… C’est eux qui vont venir le plus rapidement ici. »

Ma main libre caressait lentement son front, du bout des doigts alors que je déglutissais avec bruits sous l’effet de la concentration. Les os de mes mâchoires craquaient sous la pression. Mes pupilles noires croisèrent celles du type, deux trous noirs emplis de détermination. Rapidement, une nouvelle convulsion revenant à nouveau ; je me penchais à nouveau vers elle, dégageant son visage de ses cheveux pour qu’elle n’ait pas de problèmes alors que je marmonnais lentement.

« Crois moi je sais ce que je dis. »

Elle semblait se calmer de façon temporaire, ma main entre ses lèvres se détendit doucement mais ne lâchait pas prise. Celle qui était libre caressait doucement son front, du bout des doigts, pour en chasser les gouttes de sueur et les cheveux qui revenaient inévitablement se coller à la peau. Au point où en était…

« Je suis le petit copain d’Angela. A qui ais-je affaire ? »

Je me demandais ce qu’il allait me répondre… Trop jeune pour être son père. Probable qu’il soit son oncle… peut-être son frère… mais avec pas mal d’écart alors. Une nouvelle convulsion, je ne cherchais pas à la contenir, cela allait être pire. Je n’avais pas de calmants sur moi… Même pas quelques stupéfiants pour la calmer. De toute façon les secours allaient arriver d’un moment à l’autre maintenant. J’avais la conviction qu’il avait bien demandé le bon service. Surveillant toujours Angela du regard, je me décidais à continuer.

« Cela ne fait pas longtemps qu’on est ensemble… Elle… Elle a accepté de m’héberger alors que j’en avais besoin. C’est une fille géniale et elle ne s’en rend même pas compte. »

La remarque eut le mérite de faire naître un sourire sur mes lèvres alors que je veillais toujours au grain. Au moins mon homonyme savait que j’allais gérer avec ce type car personne ne nous dérangeait. Tant mieux. Baissant les yeux sur sa cage thoracique pour surveiller la respiration et le rythme cardiaque de ma main libre, j’entendais déjà l’ambulance arriver. J’eus un léger sourire avant de continuer à discuter d’une voix basse.

« Moi à côté de ça… Je suis plutôt une espèce de crétin à belle gueule. »

Vu qu’il m’avait chopé en pleine action comment vouloir dissimuler quoi que ce soit ? C’était aussi une partie de mon métier et je l’appliquais plus assidûment qu’Angela. J’entendais des gens parler à voix forte, mon homonyme qui indiquait l’endroit et les gens qui entrent en poussant un brancard rapidement après nous avoir demandé de nous écarter. Les secours commencèrent la prise en charge alors que nous nous reculions. Angela fut rapidement mise sur le brancard et prise en charge. Je regardais le mec, mes pupilles plongeant dans les siennes alors que je tendais la main droite.

« Matthew Derkins. On les suit ? »


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David Foster
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[Comme on a dit, je te réponds quand même en éludant les parties qui ne vont pas. Tu modifieras quand tu auras le temps ;) ]


Angie faisait des crises d'épilepsie depuis qu'elle avait 15 ans. J'avais toujours vécu avec elle, hormis les années que j'avais passées sous le drapeau mais qui se réduisaient à peau de chagrin en proportion du reste. Je vivais encore avec elle il y a quelques mois. Alors autant vous dire que les crises d'Angie, je les connaissais et je "maîtrisais". Enfin, façon de parler, on ne maitrise jamais rien dans ces cas-là, mais disons que je savais  ce qu'il fallait faire et ce qu'il ne fallait pas faire.

Dégager ce qu'il y avait autour d'elle et avec quoi elle pouvait éventuellement se blesser en convulsant était la première chose à faire. En dehors de ça, on ne pouvait pas faire grand chose qu'attendre que les convulsions passent. Je m'assis à même le sol, non loin, les yeux  rivés sur Angie, jetant fréquemment des coups d'oeil à ma montre, comme si je chronométrais la crise. Ce fut un mouvement en périphérie qui attira mon regard. Le collègue d'Angie n'était pas parti. Je trouvais ça étonnant, mais je ne m'en préoccupai pas outre mesure. Ce qui m'intéressait, c'était l'état de ma soeur.

Sauf que l'autre avait décidé de s'en mêler, lui aussi. Je le suivis du regard tandis qu'il revenait vers elle. Il avait sa chemise à moitié ouverte, ce qui ne laissait guère de doute sur ce qu'il était en train de faire avec les deux jeunes femmes. Dans un réflexe, j'interceptai sa main alors qu'il s'apprêtait à la mettre dans la bouche d'Angie.

- Ne la touchez pas !

Mon ton avait été froid, cassant, le genre qui ne souffrait aucune réponse. Et je dardai sur lui mes yeux bleus, les mêmes qu'Angie, sauf que les miens étaient habités d'une expression glaciale qui n'existait pas dans les siens ou qui, du moins, ne se montrait qu'en de très rares occasion.

- A moins que vous ne vouliez y laisser quelques doigts, je vous déconseille de les mettre dans sa bouche. Sa mâchoire pourrait se refermer d'un coup sec sur votre main.

Je lâchai sa main de façon un peu brusque sans me départir de mon regard froid, rivé au sien. Le voilà qui me disait d'appeler les secours maintenant. Attendez, il me disait ça, à moi ? Et en plus, il avait l'audace de me dire qu'il savait de quoi il parlait ? Si je n'avais pas été aussi inquiet pour Angie, je crois que j'en aurais ri. A la place, je me dressai entre lui et Angie.

- Ca fait plus de dix ans qu'Angie est épileptique. Des crises comme celle-là, je l'ai vue en faire des tas. Alors je crois que je sais mieux que vous comment les gérer.  Appeler les secours ne servira à rien, il n'y a rien d'autre à faire qu'attendre que les convulsions passent d'elles-mêmes. Alors maintenant, soit vous dégagez, soit vous allez vous asseoir dans un coin et vous attendez.

Je jetai un coup d'oeil à ma montre. Dans une crise "normale", les convulsions ne duraient pas plus de deux minutes. Les deux minutes les plus longues qu'il puisse exister. Ensuite, les muscles d'Angie se relâcheraient complètement, et elle serait alors aussi malléable qu'une poupée de chiffons. C'est à ce moment-là qu'il faudrait s'inquiéter pour sa langue et la mettre en position latérale de sécurité. Mais tant qu'elle convulsait, il n'y avait rien à craindre.


[et je ne vais pas plus loin parce que je me dis que tu as peut-être envie de réagir maintenant avant de me balancer que t'es son p'tit ami, parce que je suppose que tu vas pas te laisser faire aussi facilement.]


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[Matt D/David/Angie] Brother and sister
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