2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Garin/David] Live Fast, Die Hard

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Garin DeLyons
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La baie, l'océan, l'odeur... Tout ça, c'étaient les docks de Megalopolis. Mon bonnet enfoncé sur ma tête, les bras croisés sur la poitrine, j'attendais, comme les autres, un chargement qui devait arriver plus tard que prévu. Le pire, c'est que j'avais chopé un rhume. A défaut de pouvoir m'égratiner, je chopais tous les microbes de la planète. Une douce ironie. J'ai reniflé avant de frotter mon nez d'un pouce.

Quand le bateau est arrivé, nous sommes montés pour le décharger sur les quais. Le vent soufflait et la pluie menaçait de tomber alors notre chef a commencé à s'égosiller pour que nous allions plus vite. Ce n'était pas de la mauvaise volonté mais même à quatre sur une caisse, nos bras tremblaient sous l'effort. Je me suis demandé ce que ça pouvait contenir pour être aussi lourd mais la politique du boulot : pas de questions. Sinon, pas de paiement. Et j'aimais cette indépendance. Personne ne me demandait qui j'étais ni ce que je faisais là. Pour la plupart, nous commencions à nous connaître depuis le temps. Certains avaient des femmes, d'autres personne vers qui rentrer. Certains avaient juste besoin d'argent, d'autres de s'amuser. J'entrais dans toutes les catégories et parfois, nous discutions de notre vie. Pour ma part, je ne m'étalais jamais. Encore une fois, ce n'était pas un luxe que je pouvais me payer. J'aimais notre ambiance. Nous travaillions, nous rigolions, parfois nous nous disputions. C'était une vie normale telle que j'aurais aimée la vivre.

Mais ce soir, c'était différent. Transpirants dans nos t-shirts, nous avons descendu la dernière caisse, les contenaires les plus lourds étant tractés par les machines. Une fois réunies, le boss a commencé à faire l'état des lieux et l'inventaire pour s'assurer que toute la marchandise était bien au complet. Je reconnaissais certaines caisses, d'autres non.  Mon intuition a trouvé ça bizarre, mais je me suis dit qu'après tout, pourquoi pas. Quand l'un de nous a cherché à ouvrir un caisson - comme les autres - pour que le boss puisse faire son inventaire, on l'a arrêté, comme pour lui dire que ce n'était pas la peine pour celui-ci et là mon intuition s'est vraiment posée des questions mais encore une fois, je n'ai pas relevé. Pourquoi ? Hey, moi, je fais mon job et je pose pas de questions. Je suis payé et je mange à ma faim. J'ai de quoi entretenir ma fausse identité, mes faux papiers et pour le reste... Ca ne me regardait pas. Le but ultime était de ne pas se faire remarquer, de ne pas se faire contrôler parce que je n'avais pas de puce et donc de pouvoir revenir la prochaine fois.

J'ai enlevé mes gants, si on ne pouvait plus toucher aux caisses, c'était donc bientôt l'heure de partir... Pas vrai ? Et puis, j'ai senti quelques gouttes sur mes mains nues.


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David Foster
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Cela faisait des semaines qu’on était sur cette enquête, une histoire de trafic de drogue. Quelque chose de lourd. Un magna de la drogue inondait le marché noir avec sa came de qualité supérieure qu’il vendait à prix d’or. Cette came était tellement bonne que des tas de gamins ne s’étaient pas méfiés, avaient pris leur dose habituelle et avaient fait une overdose. Nous, depuis, on était sur les dents. Parce que pendant que ces gamins crevaient, le type à la tête de tout ça, il continuait à s’en mettre plein les poches.

On avait stagné pendant un sacré bout de temps. Impossible de savoir d’où venait la came, comment elle était arrivée là. Et puis un jour, McNeal, l’un de mes collègues, avait fini par mettre la main sur un petit dealer. C’était un peu par hasard en fait. Mais il s’était avéré que ce revendeur vendait justement la came qu’on recherchait. On tenait enfin une piste. Une piste qui remontait jusqu’aux docks. La marchandise était livrée par bateau. Il nous fallait un gars là-bas. Et ce gars, c’était moi. J’étais le meilleur agent d’infiltration de notre unité. Je m’étais fait passer pour un pauvre gars qui cherchait du boulot et j’avais réussi à me faire embaucher. On avait réussi à obtenir  du dealer la date de la prochaine livraison. Ne nous manquait que le nom du bateau.

Alors que je déchargeais le bateau qui venait d’arriver, ce soir là, je me rendis compte qu’il y avait quelque chose de pas très net. Les caisses n’étaient pas toutes identiques comme d’habitude. C’était certainement le bon bateau. Je levai discrètement mon poignet à hauteur de ma bouche pour envoyer un message à mon équipe. Ils n’étaient pas très loin, ils n’étaient jamais très loin. Et décharger un bateau, ça prenait du temps. Ils avaient largement le temps d’arriver avant qu’on ait terminé. Un message dans mon oreille m’annonça bientôt qu’ils étaient en place, au cas où ça serait le bon bateau.

Mais ça, pour le savoir, il aurait fallu ouvrir les caisses. Je m’emparai d’un pied de biche et commençai à ouvrir les caisses, comme on le faisait d’habitude, pour que le boss puis contrôler la marchandise. Mais alors que je m’approchais d’un nouveau caisson, on m’arrêta d’un geste. C’était louche, suffisamment pour que j’appelle l’équipe à la rescousse. Je levai à nouveau mon poignet et murmurai un mot, un seul, le signal :

- Maintenant !

Avant que les travailleurs des docks aient eu le temps de faire le moindre geste, ils étaient encerclés par les policiers. McNeal s’approcha de moi et me tendit ma plaque d’agent du FBI, ainsi que mon holster avec mon arme de service. J’avais tout intérêt à ne pas m’être trompé parce que là, ma couverture était grillée. J’attachai mon holster à ma ceinture et tendis le pied de biche à un policier en uniforme qui alla ouvrir la fameuse caisse. Je me penchai derrière lui pour en observer le contenu. Ben voyons, des sachets de poudre ! Je sortis un opinel de ma poche, sortis la lame et transperçai l'un des sachets. Je prélevai un peu de poudre avec ma lame et la portai à ma bouche pour la cracher tout de suite après.

- C'est ce qu'on cherche.

Je rangeai mon couteau et m'adressai à mes ex collègues dockers.


- Messieurs, FBI. Nous allons procéder à une vérification de vos puces électromagnétiques. Merci de vous montrer coopératifs.
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Garin DeLyons
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David quelque chose. Si c'était son vrai nom alors il pouvait être certain que je le retrouverais. Un p'tit bleu a même donné son nom de famille en lui tendant ses... "biens". Je l'ai fusillé du regard alors qu'il nous alignait presque comme du bétail. Comprenez que je ne supporte pas qu'on vienne déranger mon petit train train quotidien. Ce job, c'était la seule chose normale que je possédais. Je vivais dans une caravane depuis que j'étais arrivé ici, ma condition elle-même n'était pas anodine et je menais une vie au sein de Liberation qui n'avait rien de simple. Alors qu'on m'enlève la seule chose qui coulait comme le sang dans mes veines, c'était une monumentale erreur.

J'ai plissé les yeux en le suivant du regard, prêt à bondir s'il osait ne serait-ce que s'approcher de moi. Le contrôle des puces, ils adoraient ça. Sauf que je n'en avais pas. Arrachée par mes propres moyens quelques années plus tôt, je m'en étais laissé une cicatrice magnifique à l'intérieur du poignet, là où ils pensaient qu'il était trop trop dangereux d'essayer de l'enlever. Le tout, dissimulé sous un barda de bracelets brésiliens et de cordages de cuir, témoignages de ma vie de fugitif. Je savais que la CIA me recherchait activement mais fait étrange, nos visages n'étaient pas placardés comme des most wanted. Ils ne devaient sûrement pas vouloir alerter le monde entier sur le fait que des Candidats se baladaient dans la nature avec un désir de vengeance. Cela dit, un des bureaux du FBI possédait ma photo en portrait robot pour avoir assassiné un des hauts membres du gouvernement britannique. Et ils n'avaient pu l'avoir que par la CIA. Ils avaient très certainement un plan bien précis pour chacun d'entre nous, ne pensant pas que nous oserions nous aventurer sur le territoire américain, le pays le plus sécurisé et technologiquement avancé du monde entier en matière de Candidats et de Positifs. Malheureusement pour eux, j'avais beaucoup changé depuis.

La plupart du temps, quand j'agissais pour le compte de Liberation, j'étais brun, comme en ce moment, d'ailleurs et la journée, je portais des lunettes noires. Il le fallait, mes yeux étaient suffisamment sensibles alors dès qu'il y avait trop de luminosité... Mais en vivant au Sanctuaire, j'étais plutôt tranquille. Mais lorsque nous montions nos coups, nous prenions tous un style opposé au nôtre, pour ne jamais éveiller les soupçons sur notre nature. La supercherie était plutôt efficace la plupart du temps. Ca devait l'être vu que nous étions toujours en vie et libres. Mais pour combien de temps encore ?

Je n'étais pas le seul "clandestin", d'autres que moi n'étaient pas en règle. Et ceux-là n'ont pas attendu qu'on s'approche d'eux. Ils ont juste fui. Ils ont détalé comme des lapins, alertant les policiers sur place, dépêchés pour l'occasion. Une belle brochette de vainqueurs, alors que le Boss essayait de se défendre en disant que ce n'était pas sa came - ce qui était sûrement vrai, nous ne faisons que traiter les arrivées et sorties et n'obéissions qu'aux ordres des clients. Cependant, je n'ai pas attendu d'en savoir plus... Et j'ai détalé moi-même. J'ai d'abord doucement reculé, comme un de mes collègues. Lorsque celui-ci s'est laissé plonger en arrière dans la baie pour disparaître dans la nuit et l'eau noire, j'ai profité de la surprise de l'agent du FBI pour m'enfuir. Les autres n'avaient pas réfléchi et avaient juste pris leurs jambes à leur cou. Alors pendant que tout le monde hurlait pour les poursuivre... Nous nous effacions, oubliés pendant une fenêtre de temps de quelques fractions de secondes à peine. C'était suffisant.

J'étais rapide, agile et je connaissais le quartier comme ma poche pour y travailler depuis des années, maintenant. Nous n'en étions pas à notre fuite, bien sûr. Et j'ai couru à travers les entrepôts des docks que je connaissais par coeur. Je ne pouvais pas me payer le luxe de me faire attraper. Pas quand on était dans la position que j'occupais au sein d'un mouvement jugé terroriste par la majorité des gens et des médias.


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David Foster
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Nous n’avions, pour le moment, pas l’intention d’arrêter qui que ce soit. Ou du moins, pas tous les dockers que nous venions de regrouper. Nous n’étions pas complètement idiots, nous savions bien que parmi eux, la majorité n’était pas impliquée, ne savait même pas ce qu’il se passait ici. Je croisai, ici et là, des regards qui en disaient long. Certains étaient furieux, d’autres inquiets, d’autres encore tout simplement hébétés. Je leur devais une explication.

- Messieurs, tout ceci n’est qu’une simple vérification. Depuis quelques temps déjà, nous sommes sur la piste d’un important trafic de drogue. Ce bateau que vous venez de décharger en contenait, justement.

J’indiquai d’une main la caisse que nous venions d’ouvrir. Rien que dans celle-ci, il y en avait pour plusieurs kilos. Ca allait être une sacrée saisie. De quoi faire vraiment mal au trafiquant qui l’avait envoyée.

- Quand nous aurons relevé votre identité, nous vous poserons quelques questions. Dans votre intérêt, nous vous invitons à y répondre honnêtement. Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous pourrez rejoindre vos foyers dès que nous en aurons terminé.

Je fis un signe aux agents en uniforme pour qu’ils commencent le contrôle des puces. La plupart des dockers se mirent d’eux-mêmes en rang, pressés d’en finir. Ceux là avaient bonne conscience manifestement. Mais pas tous… C’est à ce moment là que certains commencèrent à tenter de s’échapper. Je savais d’expérience que quand on fuyait lors d’un contrôle de police, sans même savoir si on était accusé de quoi que ce soit, c’est qu’on avait quelque chose à se reprocher. Ce soir, il y avait deux hypothèses : soit ils n’avaient pas de puce, ce qui était illégal, soit ils étaient impliqués dans ce trafic de drogue, ce qui l’était tout autant sinon plus.

Tandis que certains de mes collègues se mettaient en chasse des « déserteurs », moi je me mis à courir derrière un jeune homme, pas beaucoup plus jeune que moi d’ailleurs. Il devait être de l’âge d’Angie, à vue d’œil. Mais les apparences étaient parfois trompeuses. Il courait vite, mais moi aussi. Il avait cependant un gros avantage sur moi : il semblait connaitre le quartier comme sa poche. Il allait finir par m’échapper. Et ça, je ne pouvais pas le permettre. On n’avait jamais été aussi proches depuis des semaines. C’était notre première piste ! Tant que je ne saurais pas pourquoi il fuyait, je ne pouvais pas prendre le risque de le laisser me semer. Je ne pouvais prendre le risque de laisser s’échapper d’éventuelles informations. Mais j’avais beau m’accrocher, il commençait à me distancer.

Réfléchissant à tout allure, je dégainai mon arme et la pointait droit sur lui.

- FBI, nous voulons juste vous poser des questions. Arrêtez-vous ou je tire !

En général, ça ne suffisait pas. Mais au moins, on ne pourrait pas m’accuser de tir sans sommation. Je ne pouvais pas le laisser partir, je n’avais pas non plus l’intention de faire une erreur de ce genre qui aurait risqué de bousiller ma carrière.
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Garin DeLyons
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Je haïssais le FBI. Et je haïssais ce type. Il s'était servi de notre job à tous, il avait même peut-être cru qu'il pouvait devenir notre pote. Je ne travaillais pas suffisamment souvent aux docks pour prétendre à une amitié, je pense mais je savais qui il était. Au moment où il a crié, j'ai tourné vivement sur ma gauche en quittant le quai pour m'engouffrer entre deux bâtiments. Celui que je contournais était à deux étages avec d'immenses vitres au second. Je crois c'était une usine de chaussures à une époque. Mes chaussures ont glissé sur le sol légèrement humidifié par les quelques gouttes tombées ces derniers jours et les seaux d'eau balancés pour le nettoyer. Un bruit s'en est échappé et j'avais disparu. Il devrait courir un peu plus pour m'attraper.

Néanmoins, quand bien même je savais ma peau résistante à à peu près tout, je n'avais pas spécialement envie de tester mes tissus vitaux à ce point là. D'autant que, bien que j'imaginais comment mes os pouvaient être solides comme des diamants, je n'arrivais pas à me convaincre qu'il en allait de même pour ma peau. Pas avec les deux seules et uniques cicatrices que j'arborais depuis que j'avais ce pouvoir.

J'ai couru jusqu'au bout du bâtiment, entendant les pas de David derrière moi et j'ai levé les yeux pour étudier mon environnement. J'ai poussé un léger juron silencieux entre mes lèvres en voyant qu'une des échelles, celle de l'autre bâtiment à droite, était défoncée. Il ne pourrait pas me suivre là où j'allais. J'ai commis une erreur. J'ai regardé par-dessus mon épaule où il était avant de me précipiter sur l'échelle pour la gravir. Ce court laps de temps m'a exposé le temps que je monte. J'avais beau être rapide, je ne pouvais oublier qu'il était également entraîné, bien qu'il le soit moins que moi. Rejoindre le Sanctuaire à cette heure-ci n'était pas possible, c'était m'exposer encore plus s'il avait la mauvaise idée de me suivre. Il me faudrait trouver un coin pour la nuit en Ville Basse.

Si je ne m'étais pas demandé à quelle distance de moi il se trouvait, j'aurais été en haut avant qu'il ne brandisse son arme sur moi. Foutues armes à feu... Je les haïssais du plus profond de mon âme.


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David Foster
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*Et merde !*

Évidemment, la sommation n’avait pas suffi. Il avait continué à courir. Et moi, qui m’étais arrêté pour le viser, j’avais perdu du temps. Je me remis à courir aussi vite que je le pouvais. J’avais de l’endurance, l’armée m’avait appris ça. Je piquai un sprint et revint derrière lui juste à temps pour le voir tourner dans une rue. Le sol était humide. Très humide. Je dérapai, me rattrapai de justesse sans pour autant arrêter de courir. Bon sang, ce type avait intérêt à valoir le coût de la poursuite !

Il continuait à me distancer. Pendant un instant, je songeai à passer par les toits. J’étais un très bon grimpeur. Escalader un immeuble ne me prenait pas beaucoup de temps, et une fois sur les toits, on pouvait couper à « travers champs » au lieu de suivre le dessin des rues. Mais le temps que je grimpe, il continuerait à avancer dans le dédale des rues. Je risquais de le perdre définitivement.

J’arrivai à quelques pas de lui au moment où il sautait pour attraper l’échelle. Il avait ralenti, perdu du temps. A réfléchir où il pouvait aller, peut-être ? Quoiqu’il en soit, il était temps de l’arrêter une bonne fois pour toute. J’en avais marre de lui courir après. J’avais gardé mon arme dans la main. Je la levai et la pointait droit sur son torse.

- Dernière chance. Tu t’arrêtes maintenant, ou je tire.

Vous comprenez, je n’étais pas ravi à l’idée de tirer sur un homme quand ce n’était pas absolument nécessaire. J’en avais déjà tué trop. Leurs visages hantaient parfois mes nuits. Surtout ceux dont j’avais appris plus tard qu’ils n’étaient que des pauvres innocents. L’inconvénient, quand on est sniper, c’est qu’on voit leur visage, pendant qu’on ajuste le tir et qu’on attend le bon moment.

Le jeune homme continuait à monter. C’était maintenant ou jamais. Plus tard, il aurait disparu de mon champs de tir et je devrai, moi aussi, me lancer à l’assaut de cette maudite échelle. J’abaissai un peu mon pistolet et tirai. Le coup partit et la balle fila en direction de sa cuisse. J’avais volontairement visé la jambe sur laquelle il était en appui. Et je connaissais assez l’anatomie humaine pour savoir que cette blessure ne serait pas grave, il guérirait vite, mais ça l’arrêterait immédiatement.


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Garin DeLyons
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La balle est venue percuter ma cuisse en transperçant mon cargo. A cet instant, si elle était entrée dans ma jambe, je n'en avais aucunement conscience, la douleur avait été telle que j'en avais poussé un cri et perdit l'équilibre. Je suis tombée sur le dos deux mètres plus bas et j'ai cru que tout l'air avait quitté mes poumons d'un coup. Pendant quelques secondes, je n'ai pas pu bouger. Tout mon corps vibrait sous le choc de la chute et de la balle. Cette dernière avait pénétré ma peau mais pas assez suffisamment pour provoquer un fort saignement. Si j'avais pu la voir à cet instant, je me serais sûrement foutu de sa tronche au mec du FBI. A croire qu'elle s'était écrasée comme un moustique sur le parechoc d'une voiture pour ne devenir qu'une petite plaque ronde de métal. Malgré une légère blessure, je m'attendais, quoi qu'il en soit, à un bleu digne des records du monde des hématomes. En tout cas, je n'ai pas pu poser un pied au sol sans boiter pendant des jours.

Les yeux crispés, j'ai relevé doucement mes jambes douloureuses en me remettant du choc dans mon dos et j'ai commencé à tourner sur le côté pour essayer de me relever. Une quinte de toux m'a pris et j'ai senti mon coeur battre la chamade. Moi qui voulais me sentir vivant, j'étais servi. J'ai poussé un gémissement en posant un genou à terre pour me redresser. Mais alors que je m'apprêtais à me relever pour me remettre à courir malgré ma cuisse contre laquelle j'avais plaquée une main, je me suis senti écrasé sur le ventre à en perdre à nouveau le souffle.

Le type du FBI m'est tombé dessus et j'étais tellement sonné que je n'ai pas pu réagir aussi aisément que je l'aurais fait dans une autre situation. Je voyais encore quelques étoiles devant mes yeux. Je refusais de retourner là-bas. Je ne voulais plus jamais mettre le pied dans un laboratoire. Cet instinct de survie, je l'avais développé dès que j'avais mis un pied hors de la salle des médecins. Et il était plus fort que tout le reste. Il me donnait des ailes et un jet d'adrénaline tel que je me croyais invincible. Je me débattais comme un beau diable. M'attacher les mains dans le dos devait être totalement impossible pour lui malgré ses tentatives.

J'ai gigoté les jambes pour le faire chavirer et qu'il perde son équilibre à son tour, fauché aux chevilles. S'il ne me laissait pas tranquille, je jurais de le tuer pour ne simplement jamais avoir à retourner là-bas.


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David Foster
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J’avais réussi mon coup. La balle l’avait fait lâcher l’échelle et tomber. Je rangeai mon arme et me précipitai pour l’empêcher de se relever. Un coup d’œil à sa jambe me fit froncer les sourcils. C’était comme si quelque chose avait empêché la balle d’entrer complètement, comme elle l’aurait fait pour une personne normale. Ce devait être un positif, ou un candidat. Mais c’était impossible de différencier les uns des autres. Pas à l’œil nu. Merde, qui sait quel pouvoir avait ce type ? Je me surpris à prier pour qu’il ne puisse pas l’utiliser.

Je le plaquai sur le sol, ventre contre terre et l’immobilisai avec mon genou. Si ce type avait l’intention d’utiliser son éventuel pouvoir, mieux valait agir vite avant qu’il n’ait le temps de récupérer toutes ses facultés. Je ramenai ses bras derrière son dos et maintint ses poignets avec l’une de mes mains avec difficulté tandis que de l’autre, je passai ma main derrière mon dos pour attraper mes menottes.

- Merde !

Je ne les avais pas. McNeal m’avait rendu ma plaque, mon flingue, mais pas mes menottes ! Quel imbécile ! Je m’efforçai de le maintenir immobile, mais il se débattait. Bien sûr qu’il se débattait ! Il n’avait pas la moindre envie de se faire choper, sinon il n’aurait pas fuit !

- McNeal, apporte-moi mes menottes ! vite !


J’espérais de tout cœur être à portée de voix des docks. Parce que face à une furie pareille, je ne tiendrai pas très longtemps. J’avais appris à me battre, mais je n’étais pas super doué pour les corps à corps. Mon talent à moi, c’était le tir de précision, j’étais capable de toucher une cible en plein centre à presque un kilomètre de distance. Mais je ne faisais pas le poids en combat rapproché face à quelqu’un de plus entrainé que moi et qui avait un pouvoir dont j’ignorais tout.

- Foster ? T’es où ?

Ah, j’étais bien à portée de voix.

- Par ici ! Grouille

Malheureusement pour moi, cet endroit était un vrai labyrinthe. McNeal n’était pas prêt de me trouver. Et le gars continuait à gigoter. Je pesai un peu plus sur mon genou pour le forcer à l’immobilité.

- Bouge pas toi. T’aurais pas dû t’enfuir. On voulait juste vous poser quelques questions à propos de cette drogue qu’on a trouvée dans le bateau. Maintenant, tu vas avoir droit à un interrogatoire en bonne et due forme.


J'avais de plus en plus de mal à lui tenir les poignets. Merde, mais qu'est-ce que foutait McNeal ?
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Garin DeLyons
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Je n'ai pas pu m'empêcher de pousser un cri de douleur en sentant son genou s'enfoncer dans mon dos alors que je me débattais. Pour un peu, j'en aurais bien pleuré, juste en songeant que je pouvais avoir de très, très très gros ennuis si la CIA me retrouvait. Et je n'avais aucune envie de mourir. Pas comme ça, pas aujourd'hui et pas par le FBI par hasard. J'ai serré les dents quand il a "essayé" de me convaincre combien il faisait une bonne action mais ses mains commençaient à glisser. Si seulement j'avais gardé mes gants, j'aurais pu me dégager beaucoup plus facilement et plus rapidement. En agitant les bras, j'ai fini par récupérer une main et mon coude est parti dans sa mâchoire pour le déstabiliser. En me retournant suffisamment, j'ai pu envoyer mon pied dans son abdomen pour le forcer à reculer.

D'un geste fluide, j'ai récupéré son arme à sa hanche et dans la même danse, je me suis relevé, dirigeant le pistolet sur lui, un genou à terre. A bout de souffle et les joues rouges, j'ai brièvement baissé les yeux sur ma cuisse et haussé les sourcils. Test réussi, bon à savoir. Je sentais du sang me couler le long de la peau et une douleur extrêmement vive dans la plaie. Mon coeur battait à mille à l'heure et si nous ne devions avoir qu'un point commun, c'était bien le désir de ne pas voir mon pouvoir s'activer. Mais si mon coeur ne ralentissait pas, c'est pourtnat bien ce qui nous menaçait.

_ Désolé, vieux mais je passe pas d'interrogatoires.

J'ai voulu me relever mais ma jambe me lançait et je n'arrivais pas à poser le pied à plat. Mes mains tremblaient sur son arme alors que je tentais de reculer, inquiet à l'idée de ne pas pouvoir m'échapper aussi facilement que prévu. J'ai regardé autour de moi, les hauteurs et d'éventuels parcours salvateurs. Mes mains tremblaient de plus en plus, il devait être évident que les armes à feu, ce n'était pas mon truc et pire encore, combien j'en avais horreur, voire peur - mais ne le dites à personne. Quoi qu'il en soit, j'ai senti des perles de sueur sur mon front.

_ Si j'étais toi, je m'approcherais pas. Mais ça, c'est si tu tiens à la vie. Je doute que tu aies la même chance que moi à ce petit jeu, pas vrai ?

Il me fallait absolument trouver un moyen de calmer mon rythme cardiaque qui s'emballait à vue d'oeil. S'il y avait une situation où l'expression de mon pouvoir était plus que déplacée alors celle-ci était sûrement dans les pires.


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David Foster
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Celle là, je ne l’avais pas vue venir. A force de se débattre, il avait réussi à libérer une de ses mains. Je n’ai pas compris ce qu’il s’est passé ensuite .Je sentis tout à coup une vive douleur dans la mâchoire qui me fit rejeter la tête en arrière et lâcher sa seconde main. Et avant que j’ai pu retrouver totalement mes esprits,  son pied me percutait dans l’abdomen, me coupant le souffle et me pliant en deux. Je ne pu pas l’empêcher de me prendre mon arme. Je ne m’en rendis même pas compte. Ce ne fut qu’en me redressant un peu, les mains sur mes côtes que je me retrouvais nez à nez avec le canon de mon propre pistolet.

La surprise me cloua sur place pendant quelques secondes, incapable de réagir. Une boule se forme dans ma gorge et j’essayai de la faire passer en avalant ma salive. Ma mâchoire me lançait et j’avais mal dans les côtes. Mais je ne pouvais pas le laisser s’en tirer comme ça.

Je m’efforçai de reprendre mes esprits, pour pouvoir à nouveau réfléchir correctement. Ce n’était pas la première fois qu’on me braquait. J’avais toujours réussi à m’en tirer jusqu’à présent.

*Bon sang, McNeal, t’es où quand on a besoin de toi !*

Mon collègue ne devait plus être très loin désormais. Il fallait que je gagne du temps. Je m’efforçai de calmer ma respiration et observai mon adversaire. Il n’avait pas l’air à l’aise. Ses mains tremblaient sur mon arme. Et bien que ma balle ne soit pas totalement entrée dans sa cuisse, il semblait avoir trop mal pour pouvoir se relever. Je plongeai alors mon regard dans le sien et tendis une main apaisante dans sa direction mais sans m’approcher. En tant qu’agent du FBI, j’avais également appris à négocier au cas où je me retrouverais dans ce genre de situation.

- Ok. Ecoute, on va discuter un peu tous les deux d’accord ?

Je me doutais bien que la réponse serait non alors, j’enchainai sans même attendre.

- Ecoute, ne fais pas de bêtises ok ? Pour l’instant, on n’a rien à te reprocher. Mais je suis un agent fédéral. Si tu me tires dessus, tu ne t’en tireras pas comme ça. Le secteur est bouclé, ils vont rappliquer ici dès qu’ils auront entendu la détonation. Ils sont même déjà en chemin. Avec ta jambe, tu n’as aucune chance de t’en tirer.

Le raisonner, c’était ma seule chance de m’en tirer. Mais il avait l’air tellement décidé à nous échapper, je n’étais pas sûr que ça marche. Je m’accrochai à son regard. Je savais d’expérience qu’un homme ne peut pas tirer sur un autre tout en le regardant dans les yeux. J’étais de ceux là. Je pris une profonde inspiration qui augmenta la douleur dans mes côtes et me fit grimacer.

- Tu ferais mieux de coopérer. Tout ce qu’on veut, c’est des informations sur le trafic de drogue. Si tu n’as rien avoir dans tout ça, dans une heure tu es libre. A moins…

Je penchai la tête sur le côté et fronçai les sourcils.

- Tu n’as pas de puce c’est ça ? Si c’est ça, c’est pas un problème. Je te dénoncerai pas. Dis-moi juste tout ce que tu sais sur ce qui m'intéresse, et si tu es honnête avec moi, je te laisserai partir.
- Foster ?
- Ils se rapprochent. A ta place, je prendrai une décision, maintenant. Tu ne pourras leur échapper que si je leur dis de te laisser filer.

Tout ce que je voulais en fait, dans un premier temps, c'était qu'il baisse son arme, enfin, mon arme. Il tremblait comme une feuille en serrant la crosse dans sa main. Et un coup, ça part vite. Je n'avais pas très envie de me prendre une balle. D'une part parce que c'était douloureux, j'en avais déjà fait l'expérience. D'autre part... et bien parce qu'une balle au mauvais endroit, ça vous tue son homme, et je n'avais pas la moindre intention de mourir aujourd'hui.
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Garin DeLyons
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Vous savez quand je commence à m'énerver, j'ai un accent anglais qui ressurgit. Je sais pas trop pourquoi. Je crois que ça vient de l'indignation que mon père montrait. Je voulais avoir quelque chose de lui au moins alors j'ai cherché à imité son accent. Alors quand le Foster a cru pouvoir me dire ce que je devais faire, j'ai haussé la voix dans une voix plus aigüe et j'ai grimacé en le toisant de haut en bas.

– Te tirer dessus, pourquoi faire ?! J'essaye plutôt d'éviter que vous tuiez quelqu'un avec vos armes de malheur !

Mais le plus drôle dans tout ça, c'est quand il a essayé de me dire que sans puce, je pouvais m'en sortir. C'est mignon à cet âge-là. On a envie de les bercer un peu plus près du mur. J'ai ri en relevant le menton. Le risque que je prenais en restant là était qu'il m'identifie, qu'il me reconnaisse ou tout simplement, qu'il cherche à m'identifier pour me reconnaître dans un fichier auquel je n'avais pas accès. Bon sang, Abel allait me faire la peau et Jericho devrait sûrement rattraper le coup, ce qui mettrait tout le groupe en danger et me forcerait très probablement à m'exiler un temps.

– Cause toujours. J'ai rien à voir là-dedans, je me contente de venir bosser et je pose pas de questions. Ton infiltration t'a pas permis d'apprendre ça ? Il vous enseigne quoi au FBI, aujourd'hui ?

Quand son collègue est intervenu, j'ai brandi mon arme au-dessus de l'épaule de David pour viser le coin du bâtiment, d'où son collègue devait arriver. J'ai pincé les lèvres et mon coeur s'est emballé un peu plus, ma poitrine se soulevant de façon irrégulière. Je devais impérativement me calmer avant que mes poumons ne concentrent trop d'oxygène. J'ai alors commencé à respirer par le nez. Etant à moitié enrhumé, j'aspirais moins d'air. Bizarrement, je savais maîtriser mon pouvoir mieux que les crises qu'il occasionnait. Celles-ci, je ne pouvais pas les arrêter. Mon pouvoir, lui, se calmer tant que je limitais l'afflux d'oxygène dans mon organisme. Les dents serrées, j'ai baissé les yeux sur ma cuisse qui me faisait un mal de chien et j'ai inspiré quelques bouffées d'air frais par la bouche, inquiet par ma propre situation, puis j'ai reporté mes yeux sur David, me reconcentrant sur lui. Ses yeux étaient aussi brillants que les miens, même à la pénombre. Et puis j'ai froncé les sourcils. Il me rappelait quelqu'un. Jusqu'ici, je n'avais eu qu'un prénom. Maintenant, j'avais un nom et une autre image m'est revenue en tête. Pendant un instant, on a entendu dans l'air que ma propre respiration difficile, au prise avec un dilemme. Les lèvres de David étaient fines, comme les siennes. Sa peau aussi laiteuse, ses yeux fins et étirés et sa chevelure blonde. J'ai resserré mes doigts autour de la crosse et j'ai regardé par dessus son épaule pour suivre la progression de son collègue.

– Il aurait pas une soeur l'agent Foster ? Taille moyenne, blonde, les yeux bleus... Rebelle - J'avais arboré un sourire au dernier souvenir que j'avais d'Angela, de sa main sur ma nuque et de mes lèvres contre les siennes. - Plutôt sexy pour quelqu'un dans son genre.

Sourire que j'ai immédiatement effacé en repointant l'arme sur lui pour le désigner.

– Dis-leur que je me suis enfui mais que tu m'as touché, qu'ils aillent me chercher par Saint Peter's avenue, que tu vas suivre une autre piste. Et pas de farce.

Me servir ainsi d'Angela... C'était une très mauvaise idée. Si je ne me trompais pas et que David était bien celui que je pensais, il s'efforcerait de prendre mes remarques sur sa soeur comme une menace. Et il aurait entièrement raison. Mais encore une fois, je me répète : j'avais un instinct de survie extrêmement développé. J'ai baissé mon arme vers sa propre cuisse.

– Je doute très fortement que tu aies la même chance que moi.


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David Foster
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Je grimaçai en entendant sa réponse.

- C’est toi qui va finir par tuer quelqu’un à trembler comme ça. La différence entre nous, et vous, c’est qu’on sait se servir d’une arme. Et on sait précisément où tirer pour seulement blesser quelqu’un sans mettre ses jours en danger.


Je penchai la tête sur le côté et ramenait ma main sur mes cotes.

- Ok, ok, tu te contentes de venir bosser. Je note. Mais, dis, tu veux pas baisser ton arme ? Ca part tout seul ces trucs là quand on n’a pas l’habitude.

Je ne sais pas ce qui me faisait dire que cet homme n’avait pas l’habitude des armes à feu. La façon dont il la tenait sûrement, ce sentiment de gène qu’il avait l’air de ressentir. Et ses mains qui tremblaient. On ne tremble pas quand on a une arme à feu pointée sur quelqu’un et qu’on sait s’en servir, c’est trop dangereux.

J’avais l’intention de continuer à lui parler, pour gagner du temps. McNeal ne devait plus être très loin, même s’il n’avait pas encore pointé le bout de son nez. Celui-là, il aurait sa place dans mon rapport. Bon sang, on m’avait foutu un bleu dans les pattes qu’était même pas capable de faire son boulot correctement. C’est ce que j’étais en train de penser lorsque mon adversaire me prit par surprise.

- J’ai pas de sœur…

L’habitude du FBI et des infiltrations. La première chose qu’on nous apprend, c’est d’oublier notre famille quand on est en mission. Plus prudent pour eux, au cas où notre couverture tomberait. Mais l’espace d’un instant, le doute est passé dans mon regard. Un doute que je m’efforçai de refouler. J’étais blond, aux yeux bleus. C’était pas sorcier de savoir que si j’avais une sœur, elle me ressemblerait un peu. Mais un mot me fit tressaillir : rebelle. C’est ça, plus que la suite qui m’a vraiment fait réagir, plus que le petit sourire qu’il arborait en parlant d’elle. Parce que ça, « rebelle », c’était du Angie tout craché. Et ça, il ne pouvait pas le découvrir par hasard.

J’ai ignoré sa phrase suivante, j’ai ignoré l’arme pointée sur ma cuisse désormais. Je n’aimais pas le fait qu’il me parle d’Angie. Ca sonnait comme une menace. Et personne ne s’en prenait impunément à ma sœur. Même s’il ne faisait que la menacer. Mes yeux flamboyèrent. Il menaçait ma sœur ? Alors il allait voir un autre David, loin du petit flic gentil qui essaie de négocier pour arranger les choses. Il allait voir le tueur implacable que j’étais devenu à l’armée.

Tenant mes côtes avec ma main droite, je me suis penché vers l’arrière pour prendre appui sur ma main gauche, libérant ainsi ma jambe droite. J’ai écarté le pistolet d’un coup de pied et je l’ai attrapé par son t-shirt, à hauteur de son col. J’ai planté mon regard dans le sien.

- Tu t’approches d’elle et tu es un homme mort.

J’étais tellement obnubilé par ça, par le fait qu’il connaisse Angela que je n’ai même pas assuré mes arrières, ses mains étaient libres et il tenait certainement toujours l’arme. Je n’avais même pas regardé s’il l’avait lâchée ou non. J’avais conscience de cette erreur et de ma position d’infériorité, mais je ne le lâchai pas pour autant. J’étais partagé entre ma conscience professionnelle et ma sœur. Pour le bien de l’enquête, je ne pouvais pas le laisser partir. Mais si on l’arrêtait et qu’on finissait par le libérer parce qu’on n’avait rien contre lui, qui me disait qu’il ne prendrait pas Angie pour cible, pour se venger ? En même temps, j’avais promis à Angie de rester avec elle jusqu’à la fin. Je ne pouvais pas faillir à cette promesse.


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Garin DeLyons
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– Je sais que c'est dangereux, c'est pour ça que j'ai horreur qu'on en pointe un sur moi ! Et je sais me servir de ces trucs-là mais un tocard de bureaucrate m'a planté une balle près d'un nerf et ça fait un mal de chien, je lui ferais dire !

J'avais l'habitude des armes à feu. Du moins, j'y avais été entraîné. Mais je n'avais jamais été à l'aise avec. Alors depuis mon père, c'était la deuxième que je tenais entre mes mains. Je n'étais pas capable de tuer quelqu'un avec autant de facilité. Il me suffisait d'appuyer sur la gâchette, pourtant. Mais je m'y refusais. Ce n'était pas... "fairplay". Croyez-le ou non mais oui, j'avais un besoin de justesse dans un combat. Et pour moi, les armes à feu, c'était de la lâcheté. Et je l'avais suffisamment été comme ça. L'instant de doute que j'ai eu, celui qui m'a fait un peu baisser l'arme et froncer les sourcils, il a suffit pour que David s'en serve. Il n'avait pas de soeur ? J'aurais pourtant juré, dans sa façon de parler et quelques unes de ses mimiques, que je ne me trompais pas alors que je repassais ma conversation avec Angela quelques semaines plus tôt dans l'immeuble. Je me trompais rarement quand j'avais une intuition, en règle générale.

Pourtant, cette fois-ci non plus, je ne m'étais pas trompé. David s'est rué sur moi en faisant voler son arme de mes mains alors que j'arborais un sourcil haut étonné. J'ai senti mon dos heurter le mur et encore une fois, j'ai cru manquer de souffle. J'ai crispé les yeux sous le choc en forçant ma respiration à ne pas s'emballer. J'ai dégluti avant de rire dans un sourire amusé.

– Finalement, il a une soeur, l'agent Foster ? Angie, je crois, c'est ça ?

J'ai rouvert les yeux sur lui et j'ai pris son poignet entre mes mains pour m'y tenir. C'est qu'il était plus grand que moi et il me tenait fermement contre le mur, son visage près du mien. Et j'ai souri un peu plus, extrêmement fier de moi.

– Trop tard.

Je n'ai même pas cherché à me dérober. Je me contentais de le regarder fixement attendant la suite. J'adorais faire tourner un flic en bourrique.

– Tu vas faire quoi, Superflic ?

Si j'arrivais à le garder seul, je pouvais encore m'en sortir. Le but étant de lui faire adopter l'idée qu'il avait un compte personnel à régler avec moi et qu'il ne valait mieux pas que les autres le voit. C'était ma seule chance avec une jambe en moins.


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David Foster
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Le "tocard de bureaucrate", ça devait être moi. Cette réflexion ne me fit pas spécialement plaisir, j’étais un agent de terrain. Bien sûr, il y en avait des bureaucrates au FBI, des agents qui restaient le cul sur leur chaise et derrière leur bureau à étudier des dossiers, des preuves. A faire de recherche, à pirater des ordinateurs. Mais moi, je n’étais pas de ceux là. Moi, j’étais de ceux qui agissent, de ceux qui jouent les infiltrés en risquant leur peau. J’étais de ces agents qui savent ce que c’est que de se prendre une balle.

- Ouais, je sais ce que ça fait. J’ai déjà vécu ça. Mais tu ne vas pas en mourir. J’ai fait attention à ce que je visais.

Bref, ça, c’était avant le moment d’action. Là, pour l’instant, je le tenais, plaqué contre le mur. J’étais même étonné qu’il ne bronche pas plus que ça. Il ne devait plus avoir mon arme, sinon il m’aurait certainement mis le canon contre la tempe pour me faire reculer. C’est ce que moi j’aurais fait, en tout cas. Son rire me fit l’effet d’une douche froide. Je m’étais trahi. J’avais été trop impulsif. Si ça se trouve, avant que je ne réagisse, il n’était même pas sûr de ce qu’il avançait. Maintenant, il l’était en tous cas. Et le fait qu’il connaissait son nom me prouvait qu’il la connaissait vraiment, Angie. Mais, ce n’était rien en comparaison de l’effet qu’allaient me faire ses mots suivants, et son sourire, surtout.

Je fronçai les sourcils et resserrai ma prise, l’écartai un peu du mur pour le plaquer à nouveau violemment contre les parpaings.

- Ca veut dire quoi « trop tard » hein ? Qu’est-ce que tu lui as fait ?


C’était on ne peut plus flou. Il y avait quelque chose que je ne comprenais pas. Déjà, j’avais vu Angie ce matin, elle allait bien, enfin, autant que possible. Et puis, comment la connaissait-il ? Comment savait-il que c’était ma sœur ? Il y a 24h, je ne connaissais même pas ce type, je ne l’avais jamais vu, je ne savais pas qu’il existait. Et le rapport avec Angie, il était où dans tout ça ? Merde, il se passait quoi là ? Est-ce qu’il était impliqué dans cette histoire de trafic et qu’il nous surveillait, qu’il surveillait notre avancée ? Non, je devais être trop parano. Angie sortait tout le temps le soir, dans les bars, les boites. Ca ne me plaisait pas, mais je ne pouvais pas l’en empêcher. Elle rencontrait des tas de personnes là bas. Il avait pu la rencontrer comme ça. Mais ça n’expliquait toujours pas comment il avait fait le rapprochement entre elle et moi.

- Comment tu sais que c’est ma sœur d’ailleurs ?

Sa provocation me fit crisper la mâchoire. Une fois encore, j’étais partagé entre ma conscience professionnelle qui me dictait de l’immobiliser et d’attendre que les autres arrivent, et mon côté grand frère protecteur qui me faisait mourir d’envie d’effacer son sourire à coups de poing. Et pour le moment, le second l’emportait sur le premier. Je lui fis à nouveau heurter violemment le mur tandis que je le foudroyais du regard. Je n’avais pas l’air de lui faire peur apparemment. Il n’avait encore rien vu.

- J’en ai tué des plus innocents que toi. Crois-moi, si tu ne réponds pas à mes questions, tu iras les rejoindre.

J’avais oublié la douleur dans mes côtes, elle n’existait plus. Pour l’instant, la seule qui comptait, c’était ce type, c’était de savoir ce qui se cachait derrière ses menaces à peine voilées.

- Comment tu connais Angie ?

J’étais à deux doigts de lui mettre mon poing dans la figure. J’arrivais encore à me retenir, mais pour combien de temps ?


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Garin DeLyons
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J'ai grimacé en me faisant cogner encore une fois. Bientôt, j'allais finir ma vomir à force d'être secoué. Mais ça n'a pas gâché mon plaisir de voir un flic s'énerver sur moi. J'ai même pouffé de rire à nouveau.

– Je me souviens pas bien - ça c'était pour passer pour un drogué ou alcoolique notoire, pour le provoquer un peu plus - mais elle a trouvé que je me débrouillais bien. - juste histoire d'en rajouter.

La douleur irradiait dans mon dos et j'ai fermé les yeux en déglutissant. Je me sentais brûlant et s'il continuait comme ça, je ne donnais pas cher de son poignet que je tenais entre mes mains. Je n'avais jamais touché qui que ce soit quand mon pouvoir se manifestait mais comme la balle, je n'avais pas envie d'essayer. Mais étrangement, en grandissant, mon pouvoir devait se calmer parce que je ne le sentais pas sortir comme avant. Il était là, au fond de moi, je le sentais bouillir entre la chute et la balle, le stress que ça impliquait... Mais mes mains ne luisaient toujours pas. J'avais juste chaud.

J'ai rouvert les yeux en déglutissant. Son laïus sur les innocents me fit serrer les dents. Je l'ai fixé un instant mais sans rien dire. Si seulement il savait. Mais je ne pouvais le dire comme ça, je ne le connaissais pas. Et Angela était suffisamment une source d'agacement. Je m'en voulais de jouer ainsi avec elle mais je n'avais pas le choix. Il ne me laissait pas le choix. J'ai tourné la tête pour voir le coin de l'immeuble avec le quai au loin. J'ai commencé à m'inquiéter à l'idée de me retrouver bloquer. Et puis j'ai à nouveau regardé David avant de reprendre, les dents serrées mais diablement sérieux.

– Dis-leur... Que je t'ai échappé. - J'ai dégluti, conscient que je commettais une grave erreur mais ne pouvant faire autrement - Sinon, je te jure qu'elle ne m'échappera pas.

Un voile a traversé mon regard. Le genre de sacrifice qu'on balance parce qu'on est face au mur. J'avais perdu des réflexes, je ne m'entrainais plus assez. La CIA commençait à se faire loin derrière moi. J'étais toujours un tas de nerfs, sur le qui vive mais mon entraînement n'avait duré que trois ans et demi en tout et pour tout, ce n'était pas suffisant pour être un agent parfait. Abel, était un agent parfait. Moi, je n'étais qu'un pâle brouillon inachevé. Je manquais encore d'expérience, j'étais celui qui faisait le plus d'erreurs, finalement.

J'ai fixé David un long moment malgré tout. Angela ou non, il devait savoir qu'il n'obtiendrait rien de moi comme ça. S'il voulait que je parle, il faudrait que ce ne soit que tous les deux. Et maintenant, il allait faire quoi le Superflic ? Admettons que je puisse l'aider à remonter quelques clients jusqu'au fournisseur ? Admettons que j'ai des yeux partout... Admettons que j'ai sa soeur dans la poche ? Ce n'était pas à moi de décider. Je jouais un coup de poker et j'ai à nouveau dégluti avant de regarder si quelqu'un arrivait enfin. J'avais la chance d'être tombé sur des bleus. Mais j'aurais cette chance combien de temps ? De retour à dévisager David, j'ai eu un nouveau sourire en coin.


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David Foster
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Cette fois, je ne parvins pas à me retenir. Je savais que ce n’était pas bien. Qu’en tant que flic, je m’exposais trop. Il n’était jamais bon de transformer une enquête en affaire personnelle. Mais là… je ne pouvais pas faire autrement. Il parlait de ma sœur bordel ! Alors, l’agent spécial céda le pas au grand frère et je lui décrochai une droite, la plus puissante dont j’étais capable. Sa tête heurta de nouveau le mur sous le coup. Je pouvais l’assommer, j’en avais plus rien à foutre. Le flic avait disparu, la conscience professionnel avec. Ne restait plus que moi, David Foster, un frère prêt à tout pour protéger sa petite sœur. Quand j’étais gamin, je m’étais fait la promesse de protéger Angie envers et contre tout. Je n’avais failli qu’une seule fois à ma tâche : je n’avais pas empêché la maladie de s’installer. Il n’était pas question de je manque encore une fois à ma parole.

- Je vais te la rafraichir la mémoire si tu veux !

J’avais mal à la main maintenant. Comme si mon poing avait rencontré un mur de béton. J’étais étonné par sa « résistance » mais je n’en étais pas perturbé pour autant. Un nouveau coup de poing l’envoya au sol. Sans lui laisser le temps de réagir, je le pris à nouveau par le col et le relevai.

- Alors, toujours pas ?

Je le plaquai à nouveau contre le mur et sa réponse me cueillit. Je ris jaune.

- Tu crois que je vais te laisser partir ? Non mais tu rêves ! Je vais te faire coffrer, je trouverai bien une raison, n’importe laquelle. Trafic de drogue… ça va déjà chercher assez loin. Ajoute à cela, menace à agent, coups et blessures. Et je suis sûr qu'en creusant un peu, je pourrais ajouter d'autres délits à ton casier et tu seras bon pour la perpétuité mon pote.

Mais la suite de sa phrase stoppa mon rire net, réveillant toute la violence qui se trouvait en moi. Je ne pensais pas, d’ailleurs, qu’il en restait en sommeil dans un coin. J’avais envie de lui éclater la tête, tout de suite, maintenant. De lui tirer une balle en plein dans sa jolie petite gueule d’ange. Non, avec un flingue, c’était trop facile. Je voulais le faire de mes mains.

- Je pourrais aussi te tuer, tout de suite, maintenant. Elle n’aurait plus rien à craindre. Donne-moi une bonne raison de ne pas le faire.

Je le maintenais toujours contre le mur. En cet instant précis, je remerciai le ciel que McNeal soit un foutu escargot. Parce qu’il m’aurait empêché de me défouler sur ce petit enfoiré. En cet instant, j’étais prêt à le tuer. Vraiment. Bien que je m’étais juré de ne plus jamais tuer personne. Je savais que si je le faisais, son visage viendrait s’ajouter aux autres, à tous ceux qui hantaient mes nuits. Mais si ça devait sauvegarder la tranquillité d’Angie, j’étais prêt à vivre avec ça sur la conscience. Elle n’avait plus beaucoup de temps devant elle. C’était mon rôle de m’assurer qu’elle n’ait rien à craindre jusqu’à la fin. Qu’elle puisse continuer à vivre dans l’insouciance et le mépris des règles, l’ignorance de la peur, comme elle le faisait déjà maintenant.
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Garin DeLyons
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Si j'avais eu un frère comme lui, probablement que je ne me serais pas retrouvé dans des situations comme j'ai pu en connaître car personne n'était là pour me dire de faire attention. Ou même juste pour me retenir. Jason essayait malgré tout de jouer ce rôle un peu bizarre mais il était trop tard. C'était avant que j'en aurais eu besoin, quand William avait décidé de devenir le p'tit toutou de la CIA. Me cherchait-il encore ? Le coup de poing de David m'a cueillit comme je m'y étais attendu. Mais je n'ai pas essayé de l'en empêcher. J'ai senti le choc résonner dans ma mâchoire, comme une onde parcourant mes os et pour le coup, je ne me suis pas senti très bien. Je l'ai laissé me cogner sans rien dire, il semblait en avoir besoin et le moins je m'énervais, le moins mon coeur s'emballait. Je ne serais pas étonné si, un jour, je développais un problème cardiaque à force de jouer de la sorte !

J'ai passé une main sur ma lèvre supérieure d'où s'était échappée une douleur aigüe. J'ai été assez étonné d'y voir du sang au creux de ma paume. Et puis je me suis rappelé de mes dents, solides comme des rocs. J'ai eu un sourire d'approbation.

– Pas mal pour un débutant. Tu veux vraiment qu'on parle de blessures ?

Un nouveau poing et cette fois, je me suis mis à tousser en crispant les yeux dans un râle. Il cognait fort et je commençais à voir des étoiles danser devant mes yeux. J'ai toussé à nouveau avant de pencher la tête pour cracher sur le côté. J'ai passé le plat de ma main sur mes lèvres, secoué par une toux que je connaissais si bien, doublée par le rhume et j'ai relevé des yeux noirs sur lui.

– Je suis déjà à perpétué, pauvre naze. Et j'ai fais des trucs, ça rentre même pas dans vos cases de ministres.

Le pire, c'est qu'il me faisait rire. Il était mignon à vouloir protéger sa soeur, en l'empêchant de vivre.

– Je ne te dirai rien. Rappelle tes chiens et on négociera sur ce que je sais. Mais pas avant.

J'ai détaillé son visage, proche du mien. Je me rendais compte à présent combien ils se ressemblaient, maintenant que j'y prêtais vraiment attention. Malgré tout, Angela n'avait pas cette rage dans les yeux. Celle qui rendait son frère profondément stupide, si vous voulez mon avis. J'ai à nouveau approché mon visage du sien. Je ne souriais pas mais la malice était toujours là.

– Continue de l'empêcher de vivre, comme tu le fais. Ca donne plus de goût encore à ses lèvres.

Je sentais toujours le sang cogner dans ma cuisse, réveillant la douleur à chaque battement. Mais petit à petit, je ne l'entendais plus. Je me préparais. J'allais bientôt devoir agir, David était presque à point et ses hommes seraient là d'une seconde à l'autre. Il me fallait juste encore un peu de temps. Pas beaucoup, quelques secondes. Désolé, Angela.

– Je comprends mieux pourquoi elle préfère les mauvais garçons dans mon genre !

Si David ne m'assenait pas un coup avant que j'ai le temps de finir ma phrase, alors il se pourrait que je gagne.


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David Foster
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J’aurais du sentir que quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire, qu’il y avait quelque chose de louche. Il était là, il ne cherchait plus à s’enfuir, il n’essayait même pas à se défendre, il avait même cessé de se débattre. Non, en fait, il restait là, à me provoquer, à me parler d’Angie, comme s’il savait l’effet que ça allait avoir sur moi. Il avait trouvé mon point faible, comme ça, direct. Et il s’en servait. Ca sentait le coup fourré à plein nez. Il me tendait un piège, il me menait là, où il voulait que j’aille. Mais là, j’étais incapable de réfléchir, incapable de m’en rendre compte. J’étais tellement obnubilé par Angie et ma volonté de la protéger envers et contre tout que j’y allais tout droit. S’il me tendait un piège, je fonçais directement dedans.

Non, je ne me rendais compte de rien. Et il ne m’aidait pas à me calmer. Surtout que ce que j’entendais ne me plaisait vraiment pas. L’accusation me tomba sur les épaules comme une chape de plomb. Si j’avais encore des doutes quand à savoir s’il connaissait vraiment Angie ou pas, là ils étaient balayés. Cette histoire, de l’empêcher de vivre, Angie me le reprochait constamment. Mais elle savait aussi que tout ce que je faisais, c’était pour son bien. Pour qu’elle vive plus longtemps… Bon, c’est vrai que j’étais tout le temps sur son dos. Un peu trop. Mais elle me rendait dingue. Elle donnait l’impression d’être constamment à la recherche d’un moyen de se mettre en danger. Mais lui là, qui il était pour me juger comme ça ?

- Ferme-là, tu ne sais pas de quoi tu parles !

Comment j’aurais pu savoir qu’Angie lui avait parlé de tout ça, de la maladie, de sa quête d’adrénaline pour se sentir vivante ? Comment j’aurais pu savoir ce qu’il s’était passé entre eux ? Mais je ne savais rien. Tout ce que je savais c’est que ce type appuyait où ça fait mal. Il se servait d’Angie pour me faire sortir de mes gonds et ça marchait. Je lui envoyai un nouveau coup de poing dans la mâchoire et l’attrapai par son t-shirt.

- Tu veux négocier ? Tu crois que tu es en position de négocier ? Tu crois que j’ai envie de négocier avec toi ?

Je mis à rire, cynique.

- Je t’ai laissé ta chance de négocier tout à l’heure. Tu l’as laissée passer. J’étais prêt à te laisser partir contre tes informations.

Mon rire s’arrêta aussi brutalement qu’il avait commencé et je plongeai mes yeux dans les siens.

- Tu n’aurais jamais dû t’en prendre à ma sœur. Maintenant, je ne suis pas prêt de te lâcher.


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Garin DeLyons
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Cette fois, j'ai cru m'évanouir. Ma tête a tourné et j'ai roulé des yeux avec un haut le coeur. J'avais la peau dur, oui, et des os en béton, mais ça n'enlevait rien aux chocs et à la douleur, malheureusement. J'ai penché la tête pour cracher à nouveau en me remettant à tousser. Allez, Garin, encore un effort, tu as vécu bien pire, non ?

_ Justement, je sais précisément de quoi je parle.

J'ai relevé les yeux sur lui, un peu fatigué. Il commençait sérieusement à me faire mal et puis j'ai clos mes paupières en prenant un répis pour moi, pensif.

_ Tu ne m'aurais jamais laissé partir...

J'ai reporté lentement mon regard sur lui en prenant une voix basse, un avertissement plus qu'une menace.

_ Si tu veux qu'elle arrête de chercher des types comme moi, je serais toi, je commencerais par la traiter comme une femme et non comme une malade. Il serait temps que tu la laisses faire ses propres expériences, tu crois pas ? Tu peux me cogner autant de fois que tu veux... J'ai même pas eu à l'inciter, elle y est venue toute seule comme une grande. Suffit pas d'être flic pour vivre un grand frisson, tu savais ? Chez les Candidats aussi, on s'amuse bien.

J'ai étiré mes lèvres dans un sourire. Mon rire s'est cassé alors qu'une nouvelle quinte de toux me prenait. J'ai reniflé et j'ai commencé à serrer ses poignets de plus en plus fermement. Je m'y accrochais comme je le retenais. C'était extrêmement dangereux de révéler ce que j'étais bien déterminé à ce que nos routes ne se croisent plus. Ce qui signifiait, par conséquent, éliminer Angela de notre entourage. Jason ne me le pardonnerait pas mais il en allait de notre groupe entier. Abel allait me tuer...

_ J'aurais aimé discuter avec toi plus longtemps...

Ma tête est partie la première alors que j'entendais les collègues de l'agent arriver. Ils nous avaient enfin repérés. J'ai cogné mon front entre les yeux de Foster, d'un coup sec pour le faire reculer et je l'ai repoussé d'une jambe avant de me pencher pour ramasser l'arme. A une vitesse fulgurante, je l'ai démantelé et retiré les balles pour les fourrer dans ma poche.

_ Je ne peux pas te laisser repartir avec ça, tu pourrais blesser quelqu'un !

Boitillant légèrement, gonflé à l'adrénaline et le coeur battant alors que mes mains commençaient à luire d'une douce lumière ambrée, je me suis rué vers l'échelle de secours. Mais avant, je me suis retourné vers David.

_ Dis-lui que je suis désolé de m'être servi d'elle ce soir. Vraiment.

J'ai jeté un oeil aux agents qui courraient vers nous, un pied sur l'échelle. J'ai souri à David et l'ai gratifié d'un clin d'oeil, puis malgré la douleur, j'ai grimpé aussi vite que j'ai pu.


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David Foster
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- Si, je l’aurais fait. Tout ce qu’on veut, c’est arrêter ce putain de trafiquant qui tue des pauvres gosses. On t’aurait laissé partir si on n’avait rien à te reprocher. Ou on aurait pu négocier ta liberté contre des infos. Je n’ai qu’une parole.

J’étais sincère. Très énervé, mais sincère. Je secouai la tête et serrai les dents

- Mais tu as été trop loin. On ne menace pas de s’en prendre à ma sœur sans en subir les conséquences.


Je plongeai mon regard dans les siens et sentis ma mâchoire se crisper encore plus lorsqu’il se permit de me donner des conseils sur ma façon de m’occuper d’Angie. Je faisais du mieux que je pouvais, depuis plus de deux ans. Qui s’occupait d’elle quand elle ne tenait plus sur ses jambes après les séances de traitement ? Quand on voit sa sœur affaiblie à ce point là, difficile de la voir autrement que comme une malade. Mais ça, évidemment, il ne l’avait pas vue.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles ! Tu ne vis pas avec elle ! Elle est malade ! Et la dernière chose dont elle a besoin, c’est qu’un petit merdeux dans ton genre vienne lui créer des soucis.

Et je ponctuai mes paroles en lui faisant de nouveau heurter le mur. La suite des événements, par contre, me prit par surprise. Vu qu’il ne se défendait pas, je commençais à me sentir en relative sécurité. Sauf qu’on nous dit toujours de ne pas se fier à l’eau qui dort. Je n’ai pas eu le temps de réagir. J’ai senti une vive douleur dans le crane, pile entre les deux yeux et pendant un instant, je ne vis rien d’autre que des étoiles qui dansaient devant mes yeux. Juste un écran noir et des étoiles. Je le lâchai pour porter mes mains à mon crâne tandis que je sentais son pied me repousser violemment.

Ma vision revint au moment où il ramassait mon arme et en retirait le chargeur. Je lui lançai un regard mauvais, mais je ne pouvais plus rien faire. J’avais l’impression que mon crâne allait exploser. Sa dernière remarque me laissa perplexe, mais tout aussi énervé. Comme ça il était désolé ? Le pire, c’est qu’il avait l’air sincère ! Je ne pus m’empêcher de me demander à quel point il l’a connaissait.

Mais je n’aurais jamais la réponse à cette question. Il disparut sur le toit de l’immeuble au moment où McNeal arrivait suivi de quelques policiers en uniforme. Il était temps qu’ils arrivent ceux-là. Je laissai déferler ma colère et ma frustration sur mon imbécile de coéquipier tandis qu’il m’aidait à me relever.

- Putain McNeal, qu’est-ce que tu foutais ! …

J’allais continuer à incendier mon coéquipier lorsque du coin de l’œil, je vis un agent se pencher pour ramasser mon arme.

- Touchez pas à ça. Y’a ses empreintes dessus.

Je sortis un mouchoir de ma poche et ramassai l’arme en l’enveloppant dans le tissu.

- Envoyez ça au labo. Je veux le nom de ce type, son adresse, tout ce que vous pouvez trouver sur lui !

Il pouvait toujours courir. J’allais le traquer, j’en faisais une affaire personnelle. Je le retrouverai, et cette fois, je ne le laisserai pas s’échapper.


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