2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Jefferson/Maddie] Deux flics et des nouilles tièdes

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Maddison DeLuca
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Mi septembre 2074

J'ai ouvert la portière et j'ai jeté la boîte à pizza sur le tableau de bord. J'ai récupéré mon repas sur mon siège avant de m'engouffrer dans la voiture. Après deux ans d'équipe, il n'était plus vraiment difficile de voir quand quelque chose n'allait pas chez moi. J'ai claqué la porte en me demandant si j'étais furieuse, juste énervée, paniquée, frustrée, coupable, égoïste ou un peu de tout ça. J'avais serré les documents d'Archibald contre moi à l'intérieur de ma veste jusqu'à revenir à la voiture. Je n'avais pas eu le courage de les regarder attentivement et surtout, quand vous avez quelqu'un comme Archibald dans vos connaissances, vous aviez tendance à devenir un peu parano sur qui vous observait. Quoi qu'il en dise, on ne pouvait pas forcer les gens à faire confiance. Certaines personnes avaient dû se servir de lui, à n'en point douter, pour trouver des informations ultra confidentielles, très sûrement, tout comme ces images d'Abel datées de l'assassinat de Stenton. Contrairement aux autres, le pouvoir d'Archibald ne m'intéressait pas. Il me faisait un peu peur. J'avais déjà vu des soldats, des flics, devenir dingues, obsédés par le besoin de savoir, de comprendre, d'agir. Archibald me faisait penser à eux et très honnêtement, ça ne me rassurait pas. Peu importait ce qu'il avait pu me dire.

– Bon appétit.

Jefferson me rappelait mes années à l'armée. Ses réactions étaient proches de celles de Reese et même si nous avions le même grade (à quelques détails), je le considérais d'office comme un supérieur. Et je respectais toujours mes supérieurs, c'était sûrement pour ça que ma relation avec Reese était toujours la même après 10 ans et ce, malgré tout ce que nous avions vécu ensemble. Je le respectais. Et ça me faisait mal de lui mentir. Ce n'était pas honnête. Je le savais. Mais c'était un risque que je devais prendre. Mais Jefferson était un peu plus vieux que Reese et je l'avais toujours vu comme mon supérieur. Je n'étais pas de ceux qui rejètent l'autorité mais plutôt de ceux qui en avaient besoin pour garder l'équilibre, un garde-fou.

J'ai plongé mes baguettes dans mes nouilles avant de grimacer. Elles étaient effectivement tièdes et je les ai reposées sur le tableau de bord avant de prendre une part de pizza. Jefferson me connaissait bien. Quand je ne parlais pas, c'est que quelque chose n'allait pas. Entre deux bouchées, j'ai tourné les yeux vers lui, haussant les sourcils à son habituelle perplexité lorsque j'étais concernée.

– Dis, je pourrais t'emprunter ton téléphone une minute ? - J'ai dégluti pour avaler ma bouchée avant d'ajouter - S'il te plaît.

Avec Archi dans les parages, je ne pouvais utiliser le mien. Abel et moi avions établi des codes d'autant plus stricts depuis que Samiha avait rejoint l'Underground. Plus aucun contact physique dans des endroits susceptibles d'être capturés par image. Plus de rencontres dans la ville haute à cause des drones. Finalement, je devais remonter au Sanctuaire plus souvent qu'avant si je voulais le voir mais j'avais peur d'être suivie. Et avec Archibald, ces règles devenaient bien plus qu'élémentaires. Je n'utiliserai pas mon pouvoir pour revenir en arrière et prendre des précautions encore plus drastiques avant qu'il ne découvre tout, même si cela me démangeait mais j'avais accepté certaines fatalités de la vie. De plus... Archibald ne dirait rien. Pour le moment, du moins. Que se passerait-il le jour où il déciderait de faire confiance à quelqu'un d'autre que moi ? Comme Reese ? Ou Maze. Si j'avais le numéro d'Abel, il n'était que dans ma tête. Un simple message, plus difficile à tracer qu'un appel et cette fois, l'urgence serait de mise. Je ne me sentais pas très propre à l'idée d'agir ainsi mais... En avais-je véritablement le choix ?



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Jefferson Stark
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Cela devait bien faire trois quart d’heure que j’attendais Maddison dans la voiture. Nous étions passés chez le traiteur chinois juste avant qu’elle ne me demande de la déposer et j’avais finis ma commande seul avec moi-même pendant qu’elle faisait dieu sait quoi.  Cela lui arrivait parfois mais en deux ans de travail d’équipe nous avions finis par trouver un équilibre. Il y avait des sujets que nous prenions soin de ne pas aborder. Ce qu’elle décidait de faire pendant nos poses par exemple… Cela m’importait peu. Elle était libre de sa vie, je n’avais pas à intervenir dessus. J’étais en train de me demander si je n’allais pas finir par refiler ses nouilles à Harry, le sans abri local, si elle ne ramenait pas ses fesses dans la minute. Cependant, priver Maddison d’un repas était comme checker Juda dans une église, quelque peu profanatoire… En attendant, j’avais entamé une barre de céréale chocolaté qu’elle stockée en cas de famine dans le fond de la boite à gant. Au moment où je la vis débarquer en furie, j’engloutis le reste des preuves et enfonça le papier dans le fond de ma poche.

Elle prit place à mes côtés, jetant une boite à pizza sur le tableau de bord et lorgnant ses nouilles avec suspicion. Lorsqu’elle se mettait dans un tel état, quelque chose de grave s’était passé. Mais si elle n’en parlait pas, c’est que cela ne me concernait pas. Haussant les épaules je marmonnais seulement d’un air parfaitement détaché.

- Ta technique de mise au chaud n’étant pas breveté, je n’ai pas osé tester… Mais tu as pris les devant manifestement.

Je lorgnais la pizza d’un œil amusé et ne me priva pas pour en prendre un part. Ce n’était pas tout les jours qu’elle partageait pitance. Lorsqu’elle me demanda mon téléphone je restais un instant incrédule. D’ordinaire elle ne se séparait jamais du sien. Ma curiosité était piquée au vif, mais je respectais son silence. Notre équipe fonctionnait parce que nous étions bons, mais aussi parce que j’avais pris le parti de lui faire confiance. Elle était jeune dans le métier, mais volontaire et audacieuse. J’aimais ce trait de caractère là. Ses sautes d’humeurs et son côté imprévisible, je vivais avec sans me poser plus de questions. Le sortant de ma poche de veste je le lui tandis en cherchant son regard.

- Prends en soin. Ça me ferait mal qu’il finisse par la fenêtre…

Je disais cela, je ne disais rien. Avec elle tout pouvait arriver. Tout autant que rien. Je savais que dans ces moments là une seule chose la remettait d’attaque. De l’action. Rapide, agressive mais de l’action avant tout. Rebranchant notre radio de service, il ne restait plus qu’à attendre…
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Maddison DeLuca
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J'ai pris le téléphone pour pianoter, grognant un son rauque en guise de réponse. Je n'allais pas le passer par la fenêtre. J'avais simplement besoin que mon numéro n'attire pas l'attention. J'ai envoyé un simple message. Codé, du reste à Abel. Des coordonnées pour savoir où le retrouver. Cette fois, il comprendrait que c'était urgent. Je n'envoyais pas ce genre de choses si je ne prenais aucune précaution. J'ai effacé mon message envoyé pour ne pas attirer les soupçons. J'avais une grande confiance en Jeff mais il restait un flic. Et nous vivions dans une époque qui ne s'embarrassait plus de politesse pour scruter les ondes radios et satellites des uns et des autres. Nous avions mémorisé nos numéros respectifs afin qu'ils ne soient jamais renseignés dans nos téléphone ou autre mobiles. Nous avions même un numéro d'extrême urgence : celui de Jericho et Elvis. Mais ça, ils l'ignoraient. Si ces téléphones sonnaient pour l'un ou l'autre, Abel comme moi saurions qu'il se passait quelque chose de grave et qu'il nous était arrivé quelque chose. Sorte de système automatique. Le message serait envoyé à la pression d'un seul bouton. Et avec Archibald sur le qui vive, je prenais plus que des précautions... Il ne s'agissait pas là de masquer des preuves. Mais de les préserver. Je lui ai rendu son bien avec un grand sourire.

– Tu sais ce que je pense ? - Je l'ai laissé redémarrer en montrant la route et piochant tout de même dans mes nouilles tièdes. J'avais faim et rien ne pouvait m'arrêter dans ces cas là - Que rien ne vaut une bonne île déserte. Des cocotiers... Des bananes. Non, des ananas ! J'adore les ananas. Et pas de gens. pas de connexion internet, pas d'ondes, pas de télé, ni de Jumbotrons ! Rien ! Juste le sable... Livré à soi-même. Trop de vie dans cette ville. On est jamais tranquilles. Des vacances. J'ai besoin de vacances. - La bouche pleine, j'ai fouillé dans mes nouilles à la recherche d'un petit pois - Viens on s'en va. On regarde pas derrière nous, on s'en va, on prend la direction de Kansas City et on devient des Rock Star avant d'avoir traversé le Mississipi.

J'ai relevé les yeux sur lui en souriant plus timidement. J'ai fini ma bouchée en jetant mes baguettes dans mes nouilles et je les ai posées sur le tableau de bord. Et puis j'ai commencé à faire mon boulot : scruter la ville, checker les coins de rue, chercher le moindre mouvement suspect. J'avais une bonne vue de loin.

– Quand on aura nettoyé cette ville, on prendra des vacances. Loin. Il se pourrait même que je revienne pas ! - J'ai gardé le silence quelques secondes - Doit bien avoir un mec à courser quelque part dans cette fichue ville...



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Jefferson Stark
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Maddison avait un air extrêmement appliqué et sérieux en écrivant son message. Non qu’elle ne le soit pas d’ordinaire, cependant il y avait une sorte de gravité dans l’air que je ne parvenais pas à identifier. Nous avions tous nos petits secrets et depuis le début nous n’avions toujours entretenus que des rapports professionnels certes très solides mais toujours dénués d’informations personnelles. Nous n’avions pas besoins de nous embarrasser de cela. Je l’écoutais curieux de savoir ce qu’elle pouvait avoir dans la tête. D’autre part, j’éprouvais une sorte de fascination à la regarder engloutir ses nouilles froides.  Cette fille n’était pas humaine. Son ventre commandait pour elle et elle ne vivait que pour le satisfaire. Peut importait l’heure et la nourriture…

L’idée de tout quitter m’avait effleuré à plusieurs reprises cependant je ne savais pas où est ce que j’aurais bien pu aller et je ne pouvais pas infliger cela à mon fils ou risquer de le perdre. J’aimais mon travail, ma vie à Megalopolis et ce que je pouvais encore en faire, mais j’avais parfois l’impression d’étouffer. Manifestement je n’étais pas le seul et les propos de Maddison me firent sourire.

- Tu sais ce que je pense Deluca ?

Je tournais ma tête vers elle, la toisant un instant avant de répondre.

- Je crois que tu parles trop, que ton frigo devait contenir quelque chose d’avarié qui te monte à la tête et que les noix de cocos à part en soutien-gorge ça ne t’irais pas du tout !

Je restais un instant pensif avant de conclure d’une voix un peu grave.

- Ce n’est pas dans tes habitudes de vouloir ainsi lâcher l’affaire !


Au même moment un grésillement de radio nous fit reprendre du service et le message de Central me fit sourire.  

« Un suspect en moto a été repéré en contre sens à l’angle de Broadway et Beaver St. Il a provoqué plusieurs collisions entre des véhicules et se dirige actuellement vers Park Row probablement en direction du pont de Brooklyn. Une interception immédiate est demandée aux unités les plus proches. L’homme est vêtu de noir et conduit une Ducati Diavel non immatriculé noire mat. »

Tournant la tête vers Maddison je lui fis un clin d’œil en saisissant la radio.
- Le voilà ton bonhomme à courser ! Je décrochais la radio. Ici Stark et Deluca , nous sommes à deux pas on le prend en chasse !

Je démarrais en trombe faisant crisser les pneus sur l’asphalte. Pourquoi partir quand ici nous pouvions faire ce genre de choses. Gyrophare et sirène enclenché, la ville était à nous.
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Maddison DeLuca
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La force de Jefferson était qu'il me faisait rire. Quoiqu’il arrivait, il me faisait toujours rire, même avec des blagues foireuses ! J’ai secoué la tête avant de lui bousculer l’épaule d’une main en riant. Le traiter d’idiot faisait partie du forfait. Un rire qui s’est rendu plus silencieux sous sa voix grave. Je n’ai pas relevé les yeux, mâchant une nouvelle bouchée et je me suis contentée de hausser les épaules. Que voulait-il que je dise ? J’étais dans un sale pétrin et je ne pouvais lui expliquer. J’avais, en plus, l’impression d’être une histoire de gamine, avec des gamins, et des problèmes d’adolescents. Jeff n’en aurait sûrement rien à faire. Qui plus est, il ne pouvait pas m’aider. Il ne m’aiderait pas à prendre la bonne décision.

Finalement, l’appel du Central a coupé court à la discussion. En écoutant la description, j’ai tiqué en fronçant les sourcils. J’ai relevé les yeux sur la radio en fermant mes nouilles et j’ai repassé en mémoire toutes les motos que je connaissais. J’en avais une et il m’arrivait d’en croiser pas mal. Et dernièrement, les deux que je voyais le plus étaient celles de Matt ou d’Abel. Mais il y en avait une autre. Noire et mat, une Ducati. Avec un type louche connaissant mon nom. Dans son regard, j’avais eu comme un air familier, de déjà-vu mais je n’avais rien pu faire depuis pour m’en souvenir. Je ne connaissais pas ce type. Et si c’était bien lui… Il était à moi. J’ai attaché ma ceinture et testé sa résistance alors que Jeff prenait la route à toute vitesse.

– Je connais ce gars-là. Cette fois, il ne m’échappera pas.

Pourquoi rouler à contre sens ? Il avait dû se dire que tous ces sens uniques n’étaient là que pour son beau plaisir que de les remonter dans le sens inverse. C’était sûrement mon bonhomme. Tout ça n’était qu’un jeu pour lui.

– Il se fiche du pont de Brooklyn. Il y a trop de monde à cette heure-ci et il ne roule pas pour aller d’un point à l’autre. - J’ai repris la radio - Il s’ennuie. - En regardant par les vitres, j’ai cherché des signes d’Hayden. Je voulais l’accrocher et ne plus le lâcher - Central, essayez de recouper autant d’informations que possible avec ce signalement : homme adulte de race blanche, entre 25 et 30 ans, d’environ 1m75 et 70kg. Châtain, les yeux bleus. - Un instant de silence après une hésitation - Positif.

A n’en point douter, l’homme que j’avais affronté en moto n’avait rien d’un Négatif. J’en mettais ma main à couper. J’en étais convaincue, je sentais ces choses-là, j’étais douée dans ce domaine. Quant au Candidat, pour ça, je n’en savais rien et je n’avais pas moyen de le savoir. Mais il était toujours plus difficile de recouper avec un Candidat plutôt qu’un Positif, les informations étaient toujours sous couvert ou bien fausses. J’ai regardé Jeff et… J’ai souri.

– Je ne donne jamais mon numéro à un homme que je ne connais pas. Hors, celui-ci connaît mon nom. Et si j’avais dû conter la Bible à celui-ci… Je m’en serais souvenue.



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Jefferson Stark
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Maddison se laissa aller à rire à côté de moi en me traitant d'idiot. Elle n'avait sans doute pas tord, mais qu'aurais-je pu ajouter de plus. A l'appel de la centrale je fus surpris de constater avec quelle vivacité elle se reprit. Ce n'était pas simplement le fait d'une perspective de course poursuite. Lorsqu'elle commença à le décrire, je sentais dans sa voix briller une sorte de colère sourde, tout du moins d'un instinct de chasse qui ne souffrirait pas de le laisser filer. Haussant un sourcil je l'observais un instant alors que je remontais sur Trinity. Nous, si nous pouvions nous permettre beaucoup de chose, remonter les avenue en contre sens restait du domaine de l'utopique. Ce bonhomme était un grand malade. Surtout avec la fréquentation actuelle.

- C'est un coup d'un soir qui à mal tourné ou quoi? Il a l'air pas mal ton gars au vue de la description!

Tout gyrophares allumés, je fonçais tête baissé en klaxonnant parfois devant le peu de réactivité de Megalopolis... Quittant Trinity pour poursuivre sur Church, je tournais à l'angle du Memorial preview pour couper la route à notre chauffard juste avant Park Row. Alors que nous arrivions à hauteur de l'intersection entre Brodway, Versey et Park Row, un vrombissement sourd sur notre droite nous apprîmes que nous étions arrivé juste avant lui. Accélérant dans le carrefour, je pilais subitement en plein milieu pour lui bloquer la route.

- Cette fois ci tu es fait mon gars!

Réagissant au quart de tour, l'homme braqua le volant et vint s'écraser lourdement contre la portière de Maddison, l'empêchant de pouvoir sortir. J'allais moi même sortir pour l'intercepter lorsqu'il se mit à bouger. Secouant la tête, il nous observa un instant derrière sa visière fumé, resta une seconde de plus sur Maddison, leva une main, fit un doigt d'honneur et démarra en trombe pour reprendre sur Ann street.

Observant un instant ma coéquipière sans rien dire, j' embrayé et me lançais à la poursuite de ce fumier.

- Je ne sais pas ce que tu lui as fait Deluca, mais il n'a pas l'air décidé à se laisser avoir! La prochaine fois, reste au moins jusqu'au petit déjeuner!!

Pour le bloqué, il allé falloir jouer avec un coup d'avance. Mais le bonhomme semblait si imprévisible que l’attraper relèverait probablement de notre exploit annuel!

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Maddison DeLuca
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– Stark, je ne fais pas dans les coups d'un soir. - Je haussai une épaule après réflexion - Du moins... Ils se transforment en plusieurs soirs. Mois... Années ? - Je tournai les yeux vers mon comparse. Pourquoi, même avec lui, j'avais l'impression d'être plus que fautive ? Il ne connaissait pas Abel, il ne semblait même pas avoir d'opinion pour Liberation ! Il n'était pas de l'Underground, ma relation avec le leader n'avait, pour lui, aucun intérêt et ne représentait, finalement, aucun danger. Mais j'avais toujours peur que quelqu'un vienne le questionner, que je lui en dise trop, qu'il lâche une info sans le savoir. Même à lui, je ne pouvais rien dire. Quoiqu'il en soit, il ne roulait pas assez vite. Les yeux rivés sur la rue, pensive, j'ai relevé ses dernières paroles. - Je te le présente s'il t'intéresse. Je reconnais qu'il a quelque chose...

Quelque chose de familier. J'étais toujours bien incapable de dire d'où ni comment. Je me suis accrochée pendant les manoeuvres de Jefferson. Et quand il a pilé, mon corps s'est balancé en avant mais mon regard n'a pas quitté la rue perpendiculaire. J'ai crispé les yeux en recevant le motard contre la portière et la voiture tangua légèrement. Pendant une ou deux secondes de calme, alors qu'il me fixait, j'ai plaqué mes mains contre la vitre. J'ai essayé de mémoriser chaque détail, chaque petite imperfection pouvant m'aider. Mais entre sa visière, l'heure tardive, la faible luminosité, son casque et la rapidité, je n'ai à nouveau retenu que le bleu de ses yeux. Mais c'était bien l'homme auquel je pensais. J'ai alors sursauté à son insulte et j'ai cogné la vitre de mes mains avant de hurler afin qu'il m'entende.

– Qui es-tu !

Nul doute qu'il m'avait reconnue et je n'avais pas réussi à le retrouver depuis notre petite course nocturne. Et encore une fois, il repartait, trop vite, sans que je sache qui il était. J'ai lâché un juron et fusillé mon co-équipier du regard. Ce n'était véritablement pas le moment de faire de l'humour. En repartant, j'ai rageusement commencé à ouvrir ma vitre.

– Je resterai jusqu'au mariage s'il me dit son putain de nom ! Demande des renforts !

Vous savez, dans ma vie, j'ai fait beaucoup de choses. Il m'est arrivé de faire des choses intelligentes, oui ! D'autres, moins. J'ai parfois même carrément fait des trucs rudement stupides. Un jour, au lycée, un mec me plaisait. Il était plus grand que les autres, il avait les yeux noirs, des mèches de cheveux devant les yeux et toutes les filles étaient dingues de lui. Son côté mystérieux et distant, ça les faisait rager. C'était mon cas aussi mais vous pensez bien que je ne l'aurais jamais avoué. Il recevait des lettres, Steven, c'était son nom, je crois. Bref, des chocolats, des cadeaux, des peluches même... Et des ballons. J'étais déjà sportive à l'époque et je faisais partie de l'équipe de foot féminin. Je faisais aussi partie d'un groupe de filles qu'on appelait facilement "les Sorcières". Pourquoi ? Parce que personne ne nous aimait. Déjà à l'époque, j'avais du mal à mentir aux gens, je ne pouvais pas m'empêcher de leur dire ce qu'ils étaient réellement. Je ne me suis pas tant que ça calmée avec le temps. Du moins, Reese a réussi à cacher cette fille au fond d'un trou dans des oubliettes. De temps en temps, comme ce jour-là, elle refaisait surface. Pendant que les garçons s'entraînaient à qui avait le plus de testostérone à déverser, nous avons... engagé une bagarre. Ou du bien, j'ai engagé mon ballon, dans sa tête. Ce qui a déclenché une bagarre. Malheureusement, Massy la grosse balance m'a vue, a pris ça pour un acte de sorcellerie et m'a dénoncée. Ce n'était pas la première fois que je me retrouvais exclue mais c'était aussi la dernière. Je n'allais sûrement pas dire que si j'avais balancé mon ballon à la tête de ce type, c'était parce que j'avais envie de visiter, moi aussi comme les copines, le placard au fond du couloir en charmante compagnie. L'idée était, paraît-il, de mesurer les manches à balais pour s'assurer qu'ils étaient tous en bon état. Je n'ai pas nié cette garce, j'ai pris mon renvoi et je ne suis plus jamais retournée dans cet établissement. Deux jours plus tard, Ari m'a dit qu'un type était passé à la maison pour voir si j'étais là. Il fallait que ce soit ce jour où je passais un entretient pour un petit boulot. Je ne l'ai jamais revu. Un peu plus d'un an plus tard, j'ai passé mon diplôme en candidat libre, je suis partie pour l'armée, j'en suis revenue transformée avec des préceptes de vie enfoncés dans la poitrine comme on vous imprime un tatouage sur la peau à vie, et aujourd'hui je suis là.

Assise sur la vitre ouverte de la voiture, mon arme pointée sur une moto allant, tout naturellement, bien trop vite pour nous. Appuyée sur le capot, je n'ai même pas réalisé à quel point je pouvais tomber, glisser ou même percuter une autre voiture. Mais j'avais confiance en Jefferson, ce n'était pas pour rien que c'était lui qui conduisait le plus souvent et moi qui courrais avec mon flingue. J'ai fermer un oeil pour viser et me suis rappelée de mes entraînements avec Reese. Des heures durant à tenter de m'apprendre à tirer avec un fusil. J'avais horreur de ça. Je ne me servais jamais de mon arme, c'était pour moi contre nature. J'en avais une parce que c'était le protocole. Je m'entraînais encore à viser mais c'était pour garder la forme. Et parce que ça faisait partie de mon job. Je n'étais pas pour ainsi dire une grande tireuse. Mais j'avais la rage au ventre.

SUCCÈS SUCCÈS : Maddison ne s'entraîne pas pour rien. Elle serait même une excellente tireuse si elle prenait le temps. Elle ne vise pas Hayden mais sa roue arrière. Celle-ci éclate et le fait dérailler.
SUCCÈS ÉCHEC : Si elle vise bien, ce n'est pas suffisant. C'est dans le siège arrière que la balle va se loger. Une légère secousse pour Hayden mais insuffisante pour le mettre à l'arrêt.
ÉCHEC SUCCÈS : Une voiture force Hayden à bouger et donc Maddison ne touche pas la bonne cible. Cependant, la roue de la voiture faisant vriller le conducteur, Hayden se retrouve à son tour gêné et va devoir composer avec ça.
ÉCHEC ÉCHEC :  Jefferson doit éviter une valseuse d'Hayden et Maddison n'a même pas l'occasion de tirer. Same player joue encore et en essayant de ne blesser personne, ça changerait pour la ville !


[HJ : Je ne joue plus avec ces dés, c'est fini... >.<]



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'Quitte ou double' :


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Jefferson Stark
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Je n’arrivais pas toujours très bien à cerner Maddison. Ce que je savais néanmoins c’était qu’entre tout ce qu’elle me disait et ne me disait pas la balance n’était pas très équilibré. Cependant, je ne lui avais jamais demandé de me rendre des comptes. Mais elle paraissait un peu plus soucieuse ces derniers temps. Je m’inquiétais pour la qualité de son travail, sa capacité de clairvoyance mais aussi un peu pour elle. Deluca était une grande fille, mais je ne voulais pas qu’il lui arrive quelque chose de mal, elle était ma coéquipière et dans ce genre de métier cela signifiait bien plus que de l’amitié. Nous dansions tout les jours avec la mort, ça ne pouvait pas laisser indifférent. Je la toisais un instant du regard alors qu’elle hurlait en tapant des poings sur la vitre. Elle semblait proche de l’hystérie et sortie du contexte on aurait pu croire une groupie devant une super star. Soutenant son regard furibond, je ne me pressai pas cependant pour saisir la radio, j’embrayais à la poursuite de notre furieux, mais Maddison en faisait une affaire personnelle et là sa commençait sérieusement à sentir mauvais.

- Unité 55 david, nous somme à la poursuite du suspect à moto. L’homme n’est pas armé mais représente un danger, nous demandons du renfort. Il vient de prendre sur Gold à la sortie d’Ann, nous lui suivons toujours.

Un grésillement suivit d’une approbation leur apprirent que du renfort serait envoyé, en attendant, ils ne devaient pas perdre sa trace. Assise sur la vitre de sa portière, Maddison tentait de viser Dieu seul savait quoi. A cette vitesse, il n’y avait qu’un artiste pour réussir un coup pareil. Mais si j’avais bien foi en quelqu’un, c’était elle. Soit elle le toucherait, soit elle ne tirerait pas. Son arme n’était pas une prolongation de son cœur, tuer des gens ou blesser inutilement n’était pas dans sa nature. Lorsque je vis ce furieux ralentir et fouiller dans sa veste je resserrais les doigts sur le volant et lorsque le canon de son arme fit feu sans nous viser je failli manquer l’accident. Le motard avait tiré dans les pneus de la voiture sur notre droite, provoquant une embardé qui aurait pu être violente si je n’avais pas réagis suffisamment vite. Attrapant Maddison au passage par la ceinture, je lui évitais ainsi de passer par la fenêtre alors que je contournais la voiture accidentée et que je me lançais à nouveau à sa poursuite. Saisissant la radio, je lançais un nouvel appel.

- Unité 55 david à central je rectifie, le suspect est dangereux et armé !

Me retournant vers Maddison je contenais à peine la colère que m’inspirait son bonhomme. Pourtant, j’avais l’impression qu’il se jouait de nous. Il ne voulait pas nous tuer, il s’amusait et nous mener en bateau depuis le début. Peut-être même avait-il commençait sa remontait en sens inverse juste pour tomber sur une voiture de flic. Je voyais rouge et dans ces cas là, mieux valait que nous ne l’attrapions pas…

- Rappel moi de te donner mon consentement la prochaine fois que tu te choisis un petit amis !


Toutes sirènes allumés, je m’engageais à sa suite, remontant sur Gold et braquant brusquement le volant lorsqu’il reprit sur Beckmann puis sur Park Row, à ce niveau là, il ne lui restait plus que deux solutions, soit il remontait sur le nord de l’île, soit il prenait le pont… Il commençait à nous distancer lorsque je le vis s’embrancher sur la bretelle du Brooklyn Bridge, dans le bon sens. Le bonhomme commençait à se rendre compte de la situation ? Il ralentit soudain et appuyant sur l’accélérateur je ne comptais plus le lâcher. Mais lorsque nous arrivâmes à sa hauteur, il nous sema presque aussitôt et j’étouffais un juron en reprenant notre course. Oui, se branquignole se moquait de nous !

- Tu me rappelles pourquoi tu le connais sans connaître son nom ? Non mais parce que là, ce n’est pas au mariage mais à ses obsèques qu’il court…

Slalomant entre les voitures, Hayden traversait le pont de Brooklyn comme une balade de campagne. Pas trop vite pour ne pas les distancer mais suffisament pour qu’ils ne représentent aucun danger. C’est vrai, l’après-midi avait été longue et il s’ennuyait ferme. Se mettre un peu de bâton dans les roues lui avait paru un stimulus intéressant et il essayait de voir quelle émotion cela pouvait lui tirer. A part le plaisir de voir Maddison furieuse au travers de sa porte de voiture, il admettait un peu déçu que l’adrénaline manquait un peu et qu’au fond, il ne s’ennuyait pas beaucoup moins. A la sortie de Brooklyn, il comptait prendre sur Queens Expy et sortir au port. Un petit jeu de cache-cache entre les conteneurs et les chariots de livraison réussirait peut-être à allumer la flamme en lui… Ou bien une étincelle de peur dans le regard de Maddison… Il en doutait fortement, cependant, il doutait encore plus de la possibilité qu’une deuxième personne comme lui puisse exister sur cette terre. Un cœur aussi vide, une chance pareil n’était pas donné à tout le monde.
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Maddison DeLuca
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Mon coude a cogné le toit lorsque Jefferson a donné un coup de volant. Je suis rentrée dans la voiture, le coeur battant et le visage blême. A défaut d’avoir vu ma vie défiler, j’ai bien cru un instant que mon action parfaitement démesurée et stupide, aurait pu me coûter la vie. Le vent dans les cheveux, j’ai crié pour ouvrir le bruit et aussi parce que j’entrais dans un nouveau stade de colère.

– Ce n’est pas mon petit ami, Stark ! Je ne suis jamais sortie avec ce type ! Mais si j’ai besoin d’un aval, ce n’est sûrement pas le tien que je demanderais. Je doute que tu apprécies celui que j’ai choisi ! Il te ressemble trop !

Ma ceinture enfoncée, j’ai repris la radio pour décrire le chemin d’Hayden et demander plus de renforts. Je me suis tenue à la poignée en laissant Jefferson conduire, vérifiant parfois derrière nous.

– Je le veux vivant, Stark. Ne lui fais pas de mal ! On s’est amusés sur une route un jour, à moto, et avant de partir, il m’a appelée par mon nom. C’est tout !

J’étais comme ça. Je voulais qu’il soit en état de parler, je voulais tout savoir, je voulais comprendre. Je voulais qu’il m’explique pourquoi je sentais un malaise face à lui et en même temps cette sensation si familière. J’ai repris mon étude de la route, indiquant parfois à Jefferson quelle route prendre. Soit pour un raccourci, soit parce qu’il l’avait perdu de vue une fraction de secondes.

Il a dû se garer à l’entrée du port, ne pouvant approcher plus. Je n’ai pas attendu son aval avant de m’extirper de la voiture et de me mettre à courir dans la direction où j’avais vu Hayden disparaître. Encore une fois, je courrais vite, j’avais une bonne endurance et quand il s’agissait de me rattraper, il fallait de bonnes chaussures. J’aurais pu sortir mon arme. J’aurais pu être plus prudente mais quelque chose me disait que ce type ne me ferait rien. Il m’aurait déjà tiré dessus, sinon. Il avait eu toutes les occasions de m’envoyer dans le décor et il ne l’avait pas fait. Non, c’était autre chose. Comment faisais-je pour ne as avoir peur ? Soit mon moi-future venait me prévenir et j’anticipais, soit j’avais tout simplement une capacité de réflexion aisée. J’étais apte et capable, aisément, de me soustraire à ma propre peur, car elle ne me pétrifiais pas comme la plupart des gens. C’était mon moteur. Je m’en servais comme de l’énergie, de l’essence dans un briquet, du courant dans une prise électrique. C’était ainsi que j’affrontais mes craintes, jour après jour. J’ai tourné dans le couloir de containers où je l’avais vu disparaître, et apercevant une ombre, j’ai redoublé d’effort dans ma course.

– Hey !

Une fois l’ombre disparue, je me suis arrêtée au niveau de la moto. Abandonnée, avec son casque et des affaires. Vous savez quoi ? Je les ai fouillées, je les ai ramassées… Et j’ai cherché un endroit où planquer la moto. Est-ce que je pouvais faire ça sous le nez de Jeff ? Le souffle court, j’ai scruté les environs. Bientôt, cet endroit serait criblé de flics de toutes parts. Ils relèveraient des empreintes. Et je ne pouvais laisser personne d’autre courir après Hayden sans moi. Il n’y avait loin avant que cette affaire remonte plus haut que nous. J’ai fait quelques pas, le casque dans la main, cherchant Hayden des yeux dans la pénombre.

– Je sais que tu es là ! Je sais que tu m’entends ! Et un jour, je clouerai ta putain de tronche sur le sol pour que tu me dises qui tu es et ce que tu cherches ! Je te lâcherai pas jusqu’à ce que tu me supplies ! - Je me suis avancée jusqu’à la baie, scrutant les hauteurs des containers, comme les couloirs. - Je te trouverai ! Je te traquerai ! Si tu voulais t’attirer des ennuis, mon gars, TU AS GAGNÉ ! Tu m’as moi ! Montre-toi, si t’es un homme !



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Jefferson Stark
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L’état de colère de Maddison était monté d’un cran et je me demandais jusqu’à quand elle allait rester contrôlable. Je l’entendais, cependant je ne pouvais pas comprendre pourquoi tout cela la mettait hors d’elle. Personnellement, ce qui me mettait en rage, s’était le pied de nez que nous faisait cet ordure et le plaisir manifeste qu’il y trouvait. De toute façon il n’allait pas aller bien loin, toutes les unités de police de la ville basse étaient à présent sur ses chevilles. Nous l’avons poursuivit jusqu’au port et alors que je ralentissais à peine, Maddison sauta littéralement de la voiture pour se jeter aux trousses de notre suspect.  

- DeLuca !!


Je n’étais même pas sûr qu’elle m’ait entendu. Je ne voulais pas lui laisser prendre trop d’avance, incertain de la manière dont elle se comporterait. D’autres parts, je ne voulais pas prendre le risque qu’elle se fasse attaquer ou tuer par ce type. Nous ne le connaissions pas et  nous ne pouvions pas savoir de quoi il était capable. Garant la voiture un peu plus loin, je sortis de la voiture et tentais de rattraper Maddison.




Entendant le bruit de course dans son dos, Hayden avait accéléré le pas jusqu’à trouver un place de choix au premier rang, là où rien de fâcheux ne pouvait arriver. Cette petite course dans la baie  commençait à devenir intéressante et il sentait monter en lui quelque chose comme de la satisfaction. Pour le plaisir, nous n’y étions pas encore mais il ne doutait pas que les choses deviendraient bientôt amusantes. De là où il se trouvait, il vit la jeune femme s’approcher de sa moto et fouiller dans les affaires qu’il y avait laissé. Elle s’éloigna un peu vers les quais et il ne la quittait pas des yeux. Depuis la toute première fois où il l’avait vue, à Lux, une multitude de question lui avait traversé la tête mais une seule sensation persistait plus forte que tout le reste. Elle lui ressemblait. Pas physiquement, mais il y avait quelque chose de plus transcendant. Et puis, il n’y avait pas de peur en elle, comme si elle possédait une parfaite maîtrise de ses émotions négatives. Pour lui qui ne vivait que pour ça, instiller la peur et la nourrir abondamment, elle représentait un challenge mais aussi une question à élucider. Assis au sommet d’un container, il l’écouta crier au vent tout en souriant. La toisant d’un air amusé, il siffla jusqu’à ce que la jeune femme se retourne vers lui.

- On ne t’a jamais dis que c’était mal de fouiller dans les affaires d’autrui ? Pour un agent des forces de l’ordre cela ne relève t-il pas de la faute professionnelle ?

Dans son regard il y avait de l’amusement, un peu de moquerie mais le reste n’était que vide et silence. Sentiments légers et superflus, rien de profonds, rien de personnel. Se levant, il contourna le haut du container avant de descendre du côté de sa moto. Le casque il n’en avait que faire, ses gants non plus et les faux papiers qu’il promenait étaient en exemplaire unique, il ne pouvait pas être tracé. Le risque était une chose qu’il maîtrisait à la perfection. Il se doutait pourtant que Maddison ne le laisserait pas s’en sortir aussi facilement. Enjambant sa moto, il saisit le double des clés dans sa poche et fit ronronner sourdement le moteur. Se retournant vers Maddison qui arrivait dans son dos, il l’accueillit, arme pointée sur elle.

- Je suis désolé trésor, mais je n’ai pas très envie de finir à l’ombre ce soir… Mais nous nous reverrons bientôt j’en suis certain !

Lui envoyant un baiser du bout des doigts de sa main libre, il démarra en trombe et disparus entre les containers, callant son arme dans le dos de son pantalon. Au premier virage, il tomba nez à nez avec le coéquipier de la jeune femme.




Je me tenais bien droit face à notre homme l’arme pointée sur lui sans trembler. Il s’était arrêté face à moi et dans mon dos résonnait la sirène des véhicules de renfort. Nous le tenions !

- Police ! Descendez de votre véhicule, vous êtes en état d’arrestation !

L’homme ne cilla pas et n’obtempéra pas non plus. Un sourire cynique se dessina soudain sur son visage alors que ces yeux me fixaient d’un air étrange. Je devais tirer, je devais l’interpeller, je devais dire quelque chose au moins… Mais j’étais là, les pieds figés dans le sol, une terreur sans nom au fond de l’âme. Statique, je vis l’homme me contourner doucement, posant un instant une main sur mon épaule comme pour me souhaiter bon courage et disparaître dans mon dos sans un mot. Soudain, la pression se relâcha et je sentis mes jambes céder sous mon propre poids. Je me sentais vidé de l’intérieur, une angoisse terrible au ventre, à genoux en pleins milieux de la route…
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Maddison DeLuca
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Quand Stark a crié mon nom, j’étais déjà bien loin. Mais quand Hayden m’a sifflée, je me suis redressée, cherchant autour de moi où il pouvait se trouver, bien décidée à obtenir des réponses à mes questions. En guise de réponse, je lui ai offert mon majeur. J’avais déjà vu le sien, autant lui montrer le mien.

« On ne t’a jamais dit que ne pas se présenter, c’était mal élevé ? »

Mais ce ne serait pas encore aujourd’hui. Le temps que je me retourne, Hayden m’envoyait déjà un baiser avant de filer. J’ai froncé les sourcils. Je n’arrivais vraiment pas à comprendre ce qui se passait. J’avais beau retourner toute ma mémoire, rien à faire, je ne me souvenais pas de lui. Aurais-je dû ? J’avais croisé tellement  de gens dans ma vie, des comme lui tout autant. Est-ce quelque chose que j’avais dit ou fait ? J’étais incapable de savoir s’il avait une dent contre moi ou bien est-ce qu’il m’aimait bien et que, dans les deux cas, cela l’amusait de me voir courir dans tous les sens.

Je me suis lancée à sa poursuite en lâchant ses affaires et j’ai crié pour lui ordonner de s’arrêter mais il avait déjà tourné. Quand j’ai entendu les sirènes de Stark, j’ai freiné dans le virage en dégainant, prête à tirer sur notre ami commun. Ils se fixaient sans rien dire et j’ai doucement baissé mon arme quand Hayden a commencé à s’éloigner. Pourquoi Jefferson ne tirait-il pas ?! Dans la jambe, dans le bras, dans les pneus, quelque part ! Il restait là, figé, à ne rien dire, rien faire.

Puisqu’il était incapable de le faire, j’ai relevé mon arme pour tirer dans les pneus du motard mais c’est là que j’ai vu mon co-équipier s’effondrer. « Stark ! » Je me suis précipitée vers lui alors que les voitures de renfort commençaient à se garer près de nous. Personne n’avait vu Hayden s’échapper et il n’était plus question pour moi de courir la campagne à présent. Je me suis laissée tombée près de Jefferson et j’ai posé mes mains sur ses épaules, à la recherche d’une blessure. Est-ce qu’il avait tiré ? Je n’avais rien entendu. J’ai ouvert son veston pour trouver une blessure mais rien.

Quoique Hayden ait fait, je me suis demandée pourquoi il n’avait rien opéré sur moi. J’étais celle qui le poursuivait. Celle qu’il poursuivait également. Pourquoi s’en être pris à mon co-équipier et non à moi ?

« Stark, réponds-moi. » J’ai pris son visage entre mes mains pour le relever et le regarder, afin de comprendre où il était blessé et ce qui se passait. Si Hayden pensait qu’il n’y avait aucune peur en moi, c’était sûrement qu’elle ne se manifestait pas de la même façon que les autres. Parce que j’étais en permanence effrayée. C’était pour ça que j’avançais, encore et toujours. J’avais la peur aux trousses et je ne voulais pas qu’elle me rattrape. J’étais passée maître dans la capacité à défier mes propres peurs et à les surmonter parce que je refusais, mieux que personne, de me laisser intimider. Mais c’était aussi quelque chose que je savais parfaitement bien lire aussi chez les autres. La tétanie qui paralysait Jefferson m’a laissée sans voix. Depuis que nous travaillons ensemble, je ne l’avais jamais vu craindre quoi que ce soit, ni qui que ce soit. Alors peu importait ce qui le rendait si pâle et vitreux, ce n’était pas qu’une simple peur. Il était un pilier de ma vie alors s’il s’effondrait, moi aussi. "Stark !"



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Jefferson Stark
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La voix de Maddison lui paraissait lointaine comme tiré d’un rêve. Tout autour de lui n’était que brouillard informe et des étoiles blanches troublaient sa vision. Le sang lui vrillait les tempes, seul témoin qu’un peu de vie l’animait encore. En proie à une tétanie qu’il n’avait jusqu’alors jamais connu, il se sentait incapable du moindre geste, du moindre mot. Les images d’horreur ne cessaient de défiler encore et encore dans son regard vitreux comme un vieux cd rayé. Il savait ce qu’il devait faire. Il devait demander son téléphone à Maddison, appeler son fils, être sûr vérifié, mais l’angoisse était-elle qu’il se sentait incapable de quoique ce soit. Il sentait les mains de sa coéquipière sur son visage mais il ne parvenait pas à capter son regard au travers du brouillard de la peur. Tout paraissait tellement irréaliste. Sa raison lui hurlait de reprendre pied, que tout cela n’était pas réel, qu’il devait retrouver le fugitif, l’interroger et l’emprisonner. Cependant, ses jambes refusaient de le porter, son cœur refusait de s’apaiser. Ce qu’il avait ressenti continuait de le terrifier et il ne pouvait empêcher ses mains de trembler.

Tout avait commencé par une angoisse, une peur sourde et latente. Soudain, tout s’était emballé. L’imaginaire avait pris le pas sur le sentiment et des images s’étaient formées les unes après les autres comme une longue descente en enfer. Il rentrait chez lui, quelque chose n’allait pas. La rue était trop calme, les gens trop aimable et devant lui, la porte de sa maison grande ouverte. Jefferson se précipitait alors à l’intérieur, rien n’avait bougé, rien n’était anormal, pourtant quelque chose de grave s’était produit. C’est en arrivant dans la cuisine qu’il l’avait vue. Etendu sur le sol, son fils gisait dans une marre de sang, les yeux grands ouverts dans une expression de peur sans nom. Mort à jamais… C’est là que ses jambes avaient cédé, qu’il avait perdu tout contrôle de la situation et tout discernement entre réel et imaginaire…



Hayden était déjà loin du bruit des sirènes. Il n’aurait pas cédé aussi facilement à son pouvoir s’il avait eu un autre choix. Mais la proximité d’autant d’agent de police provoquait toujours en lui un instinct de survit qu’il ne pouvait pas négliger. Enfermer, il n’était plus maître de rien. Ouvrant et fermant alternativement sa main droite, il tentait de chasser les derniers symptômes de la manifestation de son pouvoir, un léger tremblement qui remontait jusqu’à son coude.
En dehors de cet effet secondaire, il maîtrisait parfaitement tout les tenants et les aboutissants de son pouvoir. Il n’avait besoins de trois fois rien, juste le début d’un fil qui dépassait légèrement. Le fil d’une émotion souvent gardé secrète, inavoué. Une peur parfois idiote ou parfois terrifiante comme pour se policier. Une fois qu’Hayden tirait un peu sur le fil, sa victime faisait le reste tout seul en cédant à la panique. Il pouvait l’amplifier d’avantage bien sûr, la distordre, mais cela relevait alors plus de la torture. Il n’était pas du genre à utiliser ses dons de cette manière là. Il préférait le faire en réel, les yeux dans les yeux. Se repaitre de cette peur là était bien plus jouissif. De voir la peur se transformer en désespoir puis en fatalisme… Voilà ce qui le faisait véritablement vibrer. S’en prendre à cet agent, c’était simplement pour se donner de la marge, éviter de se faire tirer dans les pneus. Il s’en remettrait, ça prendrait du temps, mais c’était un homme vaillant, terrorisé, mais vaillant. Accélérant un peu l’allure, il filait à toute vitesse en direction du sanctuaire. Il avait besoins de silence, de réfléchir.
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Maddison DeLuca
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« En état de choc ? Il est en état de choc ? Vous voulez rire, pourquoi il serait en état de choc ?! Hey, ça vous ennuierait de me regarder quand je vous parle ? »

L’ambulancier a haussé une épaule avant de s’éloigner de moi et je jure que j’aurais pu l’étrangler. J’ai soupiré et j’ai croisé les bras en reportant les yeux sur Jefferson. Ils l’avaient recouvert d’une couverture et l’ambulance s’apprêtait à le conduire à l’hôpital pour établir des tests. Je l’ai bien sûr accompagné après avoir établi un signalement pour Hayden. J’ai regardé dans la direction où il avait disparu et je me suis demandée ce qu’il avait fait pour mettre Jefferson KO à ce point. Ca ne m’aidait même pas à me souvenir d’où je le connaissais bien que ses yeux me semblaient familiers. Mais j’approchais la trentaine à l’époque et me souvenir de ce qui s’était passé vingt ans plus tôt ne s’est pas avéré aussi facile. D’ailleurs maintenant, même si je sais qui il est, ce n’est qu’avec un retour en arrière que je me suis réellement souvenue de lui, de son visage et de pourquoi il m’avait marquée. A ce moment-là, tout ce dont je me souvenais, quand j’y repensais, c’était d’un petit garçon, pas plus terrifié que moi, avec de grands yeux bleus, des cheveux éparses, tenant une petite soeur geignarde. Je me souvenais qu’il m’avait fixée, regard que je lui avais rendu et… Je ne l’ai plus jamais revu. Je ne me souvenais même pas de son prénom, je ne l’avais croisé qu’une ou deux fois au sein de Lux Aeterna. Mais cette mémoire, cette partie oubliée de ma vie, était bien au fond du tiroir de mes souvenirs et je n’ai pu y connecter Hayden avant un long moment.

Notre service était terminé, il était déjà suffisamment tard et j’ai accompagné Jefferson à l’hôpital. Il me fallait retrouver Abel mais je ne pouvais abandonner mon partenaire. Abel attendrait. Archibald ne ferait rien ce soir, du moins je l’espérais. J’ignore qui j’ai eu au téléphone, sa soeur, sa femme, sa babysitter, sa mère… Je n’ai pas demandé. Je n’ai pas menti non plus en disant qu’il allait bien mais qu’il passait un petit contrôle pour un coup sur la tête. Quoique lui ait fait Hayden, il était effectivement en état de choc. J’ai laissé l’infirmière quitter Jefferson et je me suis postée en face de lui, les mains dans les poches et la tête penchée. On l’avait fait asseoir sur un lit provisoire, entouré d’autres patients en attente d’être réparés de légers bobos.

« Hey… Ils disent que tout va bien. Mais ils vont te donner des trucs pour… Te calmer. Je crois. » Les hôpitaux et moi, c’était pas vraiment mon truc. Je détestais l’odeur, j’étais venue trop souvent à mon sens quand j’étais petite. Je me suis assise à côté de lui et j’ai pris sa main dans les miennes. « Je sais que la règle numéro 1 c’est de se mêler de ce qui nous regarde mais j’ai appelé chez toi, pour prévenir ton fils que tu rentrerais un peu plus tard que prévu. » J’ai eu un léger sourire. « Les règles sont faites pour être transgressées. » Reprenant mon sérieux, j’ai froncé les sourcils et l'ai dévisagé quelques secondes en silence. Je me suis libérée d’une main pour la porter à sa tempe en lui caressant doucement les cheveux. Vous savez quoi ? Moi, avoir des enfants, c’était hors de question. Je n’en voulais pas. Celui que j’avais voulu avoir, je m’en étais débarrassée sans même le regretter une seconde. L’instinct maternel, tu parles. Mais un psy aurait pu en dire sacrément long sur ma façon de me comporter avec ceux que j’aimais.

Personne ne connaissait Stark dans mon entourage. Tout le monde en entendait ponctuellement parler comme « mon partenaire » ou « mon co-équipier ». Parfois, je ne le mentionnais même pas volontairement car je ne voulais pas que l’on imagine qu’il prenait plus de place dans mon esprit que Reese ou l’Underground. Il était différent, cela dit. Il était… Cette part de normalité qui me maintenait la tête hors de l’eau, qui me gardait éveillée et droite.

« Stark, qu’est-ce que tu as vu ? Qu’est-ce qu’il t’a fait ? »



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Jefferson Stark
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Assis sur un lit d’appoint, dans une pièce bondée, j’avais à peine conscience de ce qui m’entourait. Les voix me parvenaient toujours de loin, je n’avais pas perdu la vue, mais mes yeux n’étaient capables de fixer que le sol blanc sur lequel se reflétait la lumière blafarde des néons. La seule présence dont j’étais véritablement conscient, était celle de Maddison. Je la sentais à côté de moi, inquiète et furieuse à la fois mais j’étais toujours incapable du moindre mot. La tétanie ne passait pas et si la peur s’était un peu atténué, j’avais si peur du retour à la réalité que je m’étais enfermé à double tour au fond de moi-même. Si je perdais mon fils, je perdais tout ce que j’avais de plus cher, la seule raison valable de vivre sur cette terre. Que se passerait-il si j’ouvrais les yeux pour de bon et que je me rendais compte que ce n’était pas un rêve ? S’il était véritablement mort que resterait-il ?

Quelque chose dans la voix de Maddison me fit soudain l’effet d’un électrochoc. Sa main sur ma tempe était douce et chaude, mais ce ne fut ni ça, ni ses questions qui me ramenèrent. Tournant lentement la tête vers elle comme s’il s’agissait de l’effort le plus insurmontable, je croisais enfin son regard, toute l’inquiétude du monde au fond des yeux. Je ne pouvais pas contrôler le tremblement dans ma voix, mais j’arrivais tout de même à articuler quelques mots.

- Tu les as prévenus ? …

La véritable question je n’osais pas la poser mais si je ne le faisais pas, je n’allais tout de même pas rester prostré ad vitam aeternam dans un lit d’hôpital.

- Et… Si tu les as eu… Ils vont bien ? Je veux dire, mon garçon, il va bien ?

L’image terrible s’imposa à nouveau à moi et un long frisson me parcouru l’échine. Je n’avais jamais laissé mes émotions m’ôter tout contrôle et professionnalisme. Je ne comprenais pas pourquoi je ne parvenais plus à remettre de l’ordre dans mes pensées. Mais savoir que Maddison était là parvenait à m’apaiser un peu. Elle était ma coéquipière, présente dans nos moments de gloire et nos limites professionnelles plus ou moins flexible. Avec elle tout pouvait arriver, mais tout finissait aussi par s’arranger. Retournant au carrelage à mes pieds, je me faisais la réflexion que je devais bien être pitoyable à voir, pathétique. Je n’avais jamais eu pour habitude de me laisser abattre, de baisser les bras. Non, je faisais face avec vigueur et je remettais les choses en ordre, de grès ou de force. La peur se dissipa soudain complètement de mes veines, rien ni personne ne m’avait jamais fait sortir du chemin. Personne… La colère la remplaça tout aussi vite. Une haine foudroyante prit le dessus lorsque mon esprit chassa définitivement le brouillard. Ce type… Tout cela était arrivé lorsque j’avais croisé son regard, lorsqu’il s’était immiscé dans ma tête. Une demi seconde à peine, je l’avais senti mais tout était allé si vite que je n’avais même pas eu le temps de crier. Cherchant le regard de Maddison, j’étais plein d’une fureur sans borne.

- Je te jure que si je choppe se fils de… Je lui fais avaler son casque avant de le jeter sous un bus…
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Maddison DeLuca
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Une main sur son épaule, j’ai acquiescé dans un sourire. Bien sûr, qu’ils allaient bien. « Ton fils va bien, oui. Il n’est pas seul. Il t’attend. L’infirmière va t’amener un petit truc pour t’aider à dormir cette nuit et te reposer et puis on pourra rentrer. »

Je n’ai pas manqué son regard. Quoiqu’ait fait Hayden, il ne l’avait pas loupé. Dorénavant, mon problème était aussi le sien. Son visage s’est durci et le mien avec. Mais Jeff oubliait une chose. Je me suis fendue d’un léger sourire. « Prends un ticket. J’étais là avant. » J’ai soupiré en tapotant son épaule, cherchant à le réconforter d’une autre manière. « Stark, c’est un Positif, ou un Candidat. Il s’est, de toute évidence, servi d’un pouvoir sur toi. Ce qui fait qu’il n’entre pas dans ta juridiction, mais dans la mienne. Je vais le retrouver. Je ne veux plus que tu t’approches de lui. De toute façon, c’est moi qu’il veut. Je suppose qu’il a paniqué en entendant les renforts et qu’il a agi pour s’échapper plus vite. Il est malin mais je suis intelligente et s’il avait voulu me faire du mal, il l’aurait déjà fait. »

Inquiète, j’ai dévisagée mon collègue du regard. Il s’était passé trop de choses ce soir-là. Entre Archibald, Hayden et Jefferson, ma journée n’était toujours pas finie, il me fallait à présent retrouver Abel et l’avertir d’un danger. « Ca va aller ? Tu veux que je te ramène chez toi ? »

C’était étrange, à y réfléchir. Jefferson savait tout de moi. Pas d’où j’étais, etc, l’Underground, mais de moi-même. De qui j’étais. Je lui avais parfois confié des secrets qu’il était le seul à connaître. Même l’Underground et mon frère l’ignoraient. Si Hayden avait touché à un seul cheveu de mon partenaire, je ne m’en serais sûrement pas arrêtée là. Mais je partais du principe qu’une peur n’était pas insurmontable, que ce n’était pas dangereux. J’avais une approche de ce sentiment que beaucoup qualifiaient de dangereux, justement. Je n’avais pas peur de rien, c’était faux. Cependant, je refusais que quoique ce soit m’empêche de vivre. Aussi, quand les autres avaient peur, ils m’apparaissaient comme faibles. Je n’ai rien osé dire à Jeff malgré tout. Il s’en remettrait très vite. Ce n’était qu’une peur, après tout. Beaucoup disaient que c’était le sentiment le plus difficile à surmonter, mais pour moi… C’était la même chose que le reste.



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[CLOS] [Jefferson/Maddie] Deux flics et des nouilles tièdes
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