2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Maze/Maddie] Bad mojo

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Maddison DeLuca
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Octobre 2074



J'avais demandé à Maze de venir me chercher. Ma moto était au garage et Logan avait emprunté la Jeep. J'aurais pu rentrer seule, mais nous voir, avec tout ce que nous avions à gérer à l'Underground, relevait de l'agenda impossible. Je voulais profiter de ce laps de temps pour discuter avec lui, d'instaurer une espèce de confiance, de trêve, pour ainsi dire. Je me demandais si, sans Reese, nous pouvions mieux nous entendre ou s'il s'agissait simplement d'une épreuve de dominance entre nous à chaque fois. Depuis que Archibald avait tout - ou presque - découvert de Sam et Liberation, il me fallait reconnaître un manque de tranquillité. Notre dispute avait entaché la confiance que j'avais en lui. C'était une manière pour moi de tester Maze mais aussi de me rapprocher de lui. C'était égoïste, et parfaitement intéressé, je l'avoue. Mais à situation désespérée...

Alors que je terminais mon service, la nuit était tombée et Jefferson a garé la voiture à son emplacement, devant le poste. J'avais aperçu Maze quelques mètres plus haut qui attendait déjà. Je suis sortie du véhicule et j'ai laissé mon co-équipier s'en retourner à sa paprasse ainsi que retrouver une tenue de civil. Quant à moi, j'ai rejoint Maze. Une fois à sa hauteur, je me suis passée une main sur les lèvres et j'ai regardé le poste un peu plus loin avant de reporter mon attention sur Maze.

– J'ai quelques trucs à remplir, je dois me changer, j'en ai pas pour longtemps, ça ne te dérange pas d'attendre un peu ?

Quand Jefferson m'avait demandé comment je rentrais, j'avais menti, lui disant que je reprenais les transports, que tout irait bien. J'étais une grande fille. Je ne voulais pas qu'il voit le visage de Maze, je ne voulais pas que l'on puisse m'associer à qui que ce soit d'autre de l'Underground, mon frère exclu, pour la sécurité de la communauté mais aussi de la mienne. C'était idiot alors que nous n'étions qu'à quelques pas du poste.

– Je te payerai un café.

Je lui ai fait un clin d'oeil avec un sourire.



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Maze Ellis
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Sur le coup j’ai cru que c’était une mauvaise blague, non parce que franchement pourquoi c’était à moi qu’elle avait demandé de lui rendre service. De prime abord, sans réfléchir j’avais eu l’envie de l’envoyer chier pour le plaisir, pour la forme et surtout par habitude mais parfois on est bien luné et j’avais écouté jusqu’au bout et comme je ne bossais que la journée ce jour la je pouvais faire un effort et aller la chercher le soir, j’aurais le temps de virer la tenue de boulot ce qui était important pour moi car me promener en pingouin ça ne m’amusait pas.

J’avais donc garé ma caisse, une vieille américaine dont je m’occupais comme on s’occupe d’une femme, avec douceur et délicatesse, j’étais à son écoute, bon certes elle était moins chiante que toutes les femmes que je cotoyais et c’était surement ça qui m’intéressait, elle me foutait la paix et me rendait bien des services, parce que dans le fond, les voitures je m’en foutais un peu.



J’attendais depuis dix minutes à peine quand Maddison fit son apparition. Elle regarda le poste de police, hésita et finalement me demanda un peu de temps. Pour une fois c’était demandé poliment et sans rien exiger. Je haussais les épaules, autant faire contre mauvaise fortune bon cœur.

- T’as dix minutes pour faire tes affaires.

Pour ma part, me montrer même ici ne me dérangeait pas le moins du monde, j’avais un taf officiel, je bossais dans la haute ville le plus souvent alors ma tête si elle était connue ce n’était pas en mal, garde du corps cela restait respectable à mes yeux comme activité et honnête surtout.

Avant qu’elle ne parte j’ajoutais cependant.

- Un double et sans sucre et pas issu d’une machine du poste, un vrai café !

Le tout sans animosité mais avec un ton qui disait que je n’accepterai pas une merde infâme d’un distributeur. Restait donc à attendre la demoiselle, alors je rentrais dans la voiture et je mis de la musique, un truc d’un autre siècle mais toujours aussi efficace, .un bon Led Zep.


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Maddison DeLuca
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J’aurais pourtant bien vu Maze en costume. Je ne l’avais jamais aperçu dans cette tenue mais j’en étais curieuse. Mon uniforme, quant à lui, je le portais avec grande fierté. Je me sentais en sécurité et plus grande que je ne l’étais déjà. Un sentiment de puissance, en quelques sortes. Et le bleu foncé m’allait bien. J’ai secoué la tête en souriant. J’ai finalement acquiescé en lui montrant la ruelle plus loin.

– Dans ce cas, on fera un stop là-bas. Puisque monsieur veut du vraiiiiii café !

J’ai laissé échapper un rire et tourné les talons pour repartir vers le poste, Maze vers sa voiture. J’aimais ces machines parce que mon père les aimait. J’aimais ma Jeep parce qu’elle avait appartenu à mon père. Du moins, parce qu’elle avait sauvé la vie de mon père quand il avait sauvé deux gamins des griffes du PRD. Pour la subtiliser, ils l’avaient repeinte en jaune grâce à un Positif et voilà le travail. Aujourd’hui, cette voiture m’appartenait. Je me demandais combien de personnes connaissaient cette histoire à l’Underground. Je repensais à tout ça en voyant la voiture de Maze qui m’avait arraché un plus grand sourire. J’aimais les voitures, oui mais c’est surtout à cause de mon père. Il n’avait pas eu le temps de me transmettre grand chose, alors, le peu que j’avais… je le chérissais.

Il ne me restait que quelques pas avant d’entrer dans le poste quand j’ai entendu crier du haut de la rue. Une bonne femme, avec des frippes d’un autre siècle aussi, est passée devant Maze en courant et ne s’est arrêtée qu’une fois à ma hauteur. On n’entendait que sa voix stridente dans la nuit calme. Je me suis retournée vers elle en fronçant les sourcils et elle a pris mes bras dans ses mains. J’ai eu un mouvement de recul en rentrant la tête dans les épaules. Je n’étais pas quelqu’un de très tactile et je n’aimais encore moins qu’un étranger mette ses mains sur moi. J’ai levé les bras pour me débarrasser poliment des siens et tenter de calmer la femme qui n’avait de cesse que de parler en hurlant.

– Calmez-vous, qu’est-ce qui se passe ?

– Vous êtes agent de police ? Vous devez venir ! Il y a un homme coincé, je crois, il ne répond plus quand on l’appelle. Il a besoin d’aide ! Vous êtes bien de la police, non ?

– Oui, comme en atteste mon badge, oui, s’il vous plaît calmez-vous !

La bonne femme a regardé partout autour de moi.

– Vous n’êtes pas deux en général ?

– Si mais nous avons fini notre service. Madame, venez avec moi, je vais vous accompagner, vous allez expliquer tout ça à un agent qui prendra soin de vous.

– Non, non non non non non, vous devez venir maintenant ! Maintenant !

Elle m’a tirée par le bras et m’a intimée de la suivre, remontant la rue jusqu’à Maze qu’elle n’avait pas remarqué. J’ai bien tenté de la retenir mais elle avait vraiment une poigne de fer. Et elle ne cessait pas de parler, disant parfois des choses sans queue ni tête. J’ai cru comprendre quelque chose comme une cave, avec des sans abris, une chute dans les escaliers. J’étais flic, pas pompier. Mais quand bien même je lui aurais dit, je pense que ça n’aurait rien changé. Et puis, j’étais curieuse. Son empressement et l’urgence de la situation me poussaient à la suivre sans trop de résistance.

Mais vous savez… J’avais beau être une tête brûlée, j’avais beau aimer mon travail, je ne le faisais jamais seule. Qu’il s’agisse de l’armée, de l’Underground ou de la police, quoi que j’ai fait ou accompli dans ma vie, ce n’était jamais seule. Bien sûr, quand je me mettais à courir à travers la ville pour appréhender un suspect, j’étais seule à ce moment-là mais je savais que Jeff couvrait mes arrières. Je savais qu’au détour de cette rue, il serait là, avec la voiture, pour bloquer la route. Pendant l’armée, je savais que Reese était au bout de ma radio. Nous prenions tous soin des uns des autres. A l’Underground, Reese était toujours là. Amber m’offrait un repaire, quoi que j’en dise, je gardais un oeil sur mon frère et je savais que tant que Maze serait là, il ne pourrait rien nous arriver non plus. Alors, c’est tout naturellement que, lorsque je suis repassée devant sa voiture, je ne lui ai pas dit que je revenais aussi vite que possible.

– Maze !

Mais je lui ai plutôt demandé - sous entendu dans mon appel - de venir avec moi et donc, de couvrir mes arrières.



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Maze Ellis
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Au moins elle ne rouspétait pas et ne m'envoyait pas bouler avec ma requête finalement pas si terrible que cela en fin de compte.

- Deal.

Rien à ajouter de plus en fin de compte. Depuis la voiture ou j'avais mis le son j'avais observé Maddison partir vers le poste de police, déformation pro en un sens, il fallait que je surveille ce qu'il se passait, pour le cas ou quelque chose ne tournerait pas rond. Je vis donc débouler une vieille femme, pas rapide, air anxieux, elle allait trouver les flics clairement. Au vu des gestes de Maddison ce n'était pas réellement dur de comprendre qu'elle lui indiquait de se rendre à l'intérieur pour voir avec ses collègues.
Sauf que la suite n'était pas celle à laquelle je m'étais attendu.

La ou l'incompréhension me gagnait c'est quand cette petite vieille, ce tout petit bout de femme attira Maddison dans une autre direction, c'était donc possible de lui faire changer d'idée ou de direction? Elles remontaient la rue et se dirigeaient vers ma voiture, c'était quoi cette affaire?
Visiblement elle avait réussi à convaincre la flic et cette dernière par chance avait du métier et donc l'intelligence de savoir qu'on avance jamais seul et pour le coup elle m'avait demandé de l'aide. J'avais soupiré bien sûr mais j'avais hoché la tête en signe de confirmation, j'allais venir pour aider cette vieille femme et surveiller les arrières de ma co-équipière du moment. Parce qu'on allait faire équipe même pour récupérer un chat perché, il fallait agir en équipe c'était une règle basique de survie.

Radio coupée, j'enfilais mon blouson, dans la boîte à gant je laissais mon flingue, j'avais un port d'arme pour mon taf mais je ne m'en servais jamais ailleurs, je sortis juste mes papiers, mon téléphone que je glissais dans la poche intérieure du blouson de cuir et je sortis de la voiture. Une fois celle ci fermée je rejoignit en quelques foulées rapides les deux femmes et mon regard interrogateur indiquait que j'espérais savoir dans quoi je me jettais en un sens.


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Maddison DeLuca
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Rassurée par la présence de Maze, j'ai laissé la petite vieille nous conduire. A peine une rue plus loin, elle nous a invités à tourner. Elle scrutait Maze avec des yeux de fouine, ce qui m'a fait froncer les sourcils. Mais après tout, ce n'était pas étonnant. Il était imposant et même si je n'étais pas en reste, il paraissait tout de même faire le double de moi.

– Vous êtes de la police ?

– Non, il est juste avec moi, c'est un ami.

Un ami, un ami… C'était un bien piètre raccourci. Mais la vieille s'en est formalisée et lui a adressé un léger sourire en hochant la tête. Mis à part ça, elle débitait un flot de paroles sur un homme, tombé dans les escaliers en allant dans une cave, qu'il ne répondait plus et qu'elle avait peur du noir, qu'elle ne voulait pas descendre et qu'il ne répondait plus. Affolée, en tout cas, nous l'avons suivie jusqu'à une ruelle perpendiculaire. Elle devait vivre dans le coin et sûrement dans la rue. D'abord à cause de l'odeur qu'elle dégageait, âpre et poussiéreuse.

Elle m'a montrée l'entrée, une vieille porte de fer, sûrement l'ancien accès de secours d'un magasin ou de peu importe quoi, à deux pas du poste. J'ai désigné les escaliers d'un index et haussé les sourcils. Elle a acquiescé et j'ai inspiré profondément en décrochant ma lampe de poche de ma ceinture. Sans plus attendre, je l'ai braquée dans les escaliers mais je n'y ai rien vu. N'importe qui aurait pu trouver tout ça étrange. Mais j'étais flic. Dans une très grande ville. Dans un quartier où les Positifs faisaient la loi. Des choses étranges, bizarres, c'était mon lot de tous les jours. Mais je n'ai rien vu en bas.

– Vous êtes sûre, madame ?

Elle a vivement hoché la tête.

– Il est descendu, il est jamais remonté. Au début, il m'a parlé ! Je descends pas là-dedans, j'ai trop peur ! Et puis j'ai fini par plus l'entendre.

– Madame, que faisiez-vous là-dedans ?

– C'est sa maison ! Tous les jours, je lui apporte des bricoles ! Mais moi je descends pas. Je reste toujours à la porte. Et je l'ai entendu tomber.

J'ai acquiescé à mon tour. J'ai jeté un oeil rapide à Maze et j'ai commencé à descendre les escaliers à la lumière de ma lampe. Grimaçant sous l'odeur de pourri et d'humidité, j'ai atteint la dernière marche.

– Vous le voyez ? Vous m'entendez ? Tombez pas, hein !

Pour moi-même, j'ai marmonné. - Ouais, ouais, t'en fais pas, mamie, tout va b–

En relevant ma lampe, mon coeur a manqué un battement. Face à moi, il y avait une sorte de petit salon éclairé difficilement par une lumière rouge. Un vieux canapé pourri, un fauteuil défoncé, des étagères avec de vieux livres, une table basse et par terre une petite caisse en bois qui avait servi à un homme de se pendre, quelques mètres plus haut, à un tuyau. J'ai dégluti, mon visage passant au livide. Ce sont des choses auxquelles on ne s'habitue pas. J'ai lentement relevé ma lampe jusqu'à apercevoir le visage de l'homme et d'une voix blanche, j'ai appelé.

– Maze ? – J'ai tourné les talons, allant à sa rencontre en attrapant ma radio accrochée à mon épaule. Mais à peine mon collègue exceptionnel avait descendu une marche que la porte s'est lourdement refermée dans son dos et que des bruits, caractéristiques d'un verrouillage, se sont faits entendre.

– Vous pourrez toujours hurler, la police vous entendra pas ! Elle n'entend jamais !

Je n'ai tellement pas compris ce qui arrivait que je suis restée figée en bas des escaliers.



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Maze Ellis
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Quand Maddie annonça que je n’étais qu’un ami la vieille femme me regarda bizarrement, cela aurait sûrement du me mettre, nous mettre la puce à l’oreille non ? Néanmoins on a poursuivi notre route et la vieille de nous livrer ces explications, bizarres peut-être mais logiques aussi.

La porte de fer semblait solide et l’escalier pas destiné à s’effondrer même sous mon poids. J’indiquais à Maddie que je la suivais, je veillais.
Une fois en bas, la pièce montrait un lieu de vie pourri en somme, je m’attendais pas à ça et surtout pas à trouver un mec pendu. Je n’étais pas sensible ou sujet à la compassion mais je lachais un « merde » quand je vis l’homme au visage cireux, la corde tendue sur son cou a l’angle étrange, la gravité faisant son œuvre.

J’allais proposer à Maddison de me charger de descendre l’homme, pour éviter qu’il ne s’écrase au sol déjà quand j’entendis aussi le bruit de la porte métallique. J’étais au milieu des escaliers quand cela arriva et en un réflexe je remontais en courant. J’ai bien du pousser de toutes mes forces pendant de longues minutes, tentant des coups de pieds, des coups d’épaule, déjà l’angle d’attaque n’était pas pratique mais rien à faire, solide. J’observais les gonds, tout était en parfait et vu l’épaisseur des murs et de la porte, personne n’entendrait.

Je regardais plus avant et réalisais alors un truc qui n’allait pas nous aider.

- Bordel, c’est un abri d’avant, tu sais les abris qu’ils construisait au cas ou une bombe nucléaire frapperait le monde, c’est totalement…hermétique ici ! Nos téléphones passeront jamais et personne n’entendra.

Et le pire ? je me retrouvais coincé dans une pièce sordide avec un macchabé et la personne avec qui je ne parvenais jamais à trouver un terrain d’entente.


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Maddison DeLuca
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Pendant que Maze s'énervait sur la porte, j'ai tenté la radio. Mais rien. J'ai pris mon téléphone et il n'affichait aucun réseau. Nous étions dans le futur, nous étions au presque sommet de la très haute technologie dans LA capitale de progrès électronique, devant le Japon et... Nous n'avions pas de réseau. J'ai fini par pousser Maze, des deux mains sur son bras, c'était au moins ce qu'il fallait. Et j'ai commencé à tambouriner la porte. J'ai crié, tentant de faire revenir la vieille, j'ai cogné la porte jusqu'à m'en faire mal aux mains, aux coudes même, mais rien. J'ai alors balancé mes pieds contre la porte, celle-ci résonnant fortement dans l'abri mais en entendant Maze, j'ai soupiré.

J'ai retenu un juron entre mes lèvres pincées et j'ai regardé autour de nous pour confirmer les dires de Maze. Nous étions coincés, Maze et moi, entendez-vous ?, dans une cave sombre avec un cadavre. Bientôt, toute cette histoire me retomberait dessus, vous verrez.

– Jeff m'attend. S'il ne me voit pas revenir pour me changer, il saura que quelque chose ne va pas. On ne part pas avec nos armes de service dans la poche.

De la même façon que Maze, j'avais la mienne, d'arme. Dans mon sac, dans mon casier. J'ai observé à nouveau la porte, le faisceau éclairant les verrous mais je n'ai rien vu d'utile. Tirer dedans ne servirait à rien. Ce truc était blindé, nous étions faits comme des rats. Un instant, j'ai songé utiliser mon pouvoir, revenir 10 minutes en arrière et me prévenir mais quelque chose m'en a dissuadée. Et ce n'était pas la présence de Maze. Ni cet abri en plomb qui, à mon sens, ne m'en aurait pas empêchée. C'était la curiosité. Loin de me trouver égocentrique, j'ai songé que si cette vieille cherchait la police, ce n'était pas innocent. Ce n'était peut-être pas moi qu'elle voulait personnellement mais elle avait un contentieux à régler. Et elle le faisait avec moi. Maze était un "dommage collatéral". Je n'étais pas du genre à fuir les problèmes, non plus. Je ne me servais pas de mon pouvoir pour ça mais pour corriger des injustices ou comprendre certaines choses. Mais sûrement pas pour fuir.

J'ai redescendu les escaliers en réfléchissant, regardant partout autour de nous et j'ai alors commencé à fouiller les lieux. On ne pouvait pas être à ce point enfermés. Mais contrairement à Maze, je me fichais bien d'être coincée avec lui. Je craignais cependant qu'à un moment donné, tout soit de ma faute. Qu'il me tombe dessus comme il lui arrivait de le faire.

– Tu peux m'aider ?

Je suis montée sur la table basse une fois ma reconnaissance faite et j'ai demandé à Maze de m'aider à le décrocher. Et une fois descendu, je l'ai fouillé pour trouver des papiers ou quelque chose qui me mettrait sur une piste. Je réfléchissais à toute vitesse en retirant mon blouson et j'ai retroussé mes manches. J'avais difficilement froid, ce qui en étonnait plus d'un. J'ai à nouveau grimacé.

– Ca fait des heures qu'il est là... C'est dégoûtant.

On ne gagne jamais l'habitude de ces choses là, c'est un fait. Mais on finit par ne plus en avoir peur, ni d'en être affecté. Ce ne sont plus que des corps et ils ne vont pas se relever pour nous dévorer. C'est ce qu'on raconte aux enfants mais...



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Maze Ellis
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Nous avons donc chacun notre tour tenté sans le moindre résultat de faire bouger la porte et d’en chercher une faiblesse, hélas elle semblait bien destinée à rester la, sereine à nous narguer pour un bon moment encore.

- Espérons que ton coéquipier fasse comme tu le dis, si vous avez vos habitudes, en tant que flic il va tiquer oui.

Je ne remettais de fait aucunement en cause ou en doute le professionnalisme de Maddison ou de son partenaire, je savais qu’elle faisait un bon boulot, au final c’était juste notre problème de communication notre souci, pas nos compétences réciproques.

Pour l’heure j’étais surtout en train de me demander comment je réagirai si je venais à croiser cette vieille peau de bique qui venait de nous enfermer tout ça parce qu’elle devait avoir un contentieux avec un flic à la con. Maddison cependant prit les devant et se décida à décrocher le cadavre.

- Regarde sur le canapé il y a un vieux plaid, mets le au sol, je me charge du corps du vieux, je peux le décrocher tout seul, je voudrais pas que tu te blesses pour rien ou que tu te retrouves sous un macchabé.

Et je ne me moquais pas, non c’est juste que je préférais assurer seul le poids du cadavre plutôt que de prendre le risque de faire trop peser le corps sur les bras de Maddie et que cela mère, bref je préservais toujours les autres naturellement. Pas que je doutais d’elle, non c’était juste mon sempiternel paternalisme à la con qui devait profondément l’agacer au final.

Une fois le corps sur le plaid je laissais la flic faire son taff, parce que je ne voulais pas toucher à des preuves, des trucs importants et prendre le risque de déclencher un conflit inutile surtout que la, elle ne pouvait pas sortir et me claquer la porte au nez.

Pendant qu’elle s’occupait du corps et de ses effets personnels j’entamais le tour de la pièce. Sur une des étagère je trouvais deux bouteilles dont l’une ouverte, à l’odeur, un tord boyau quelconque, surement de mauvaise qualité. Un paquet de clopes, un cendrier débordant et rien d’autre au premier coup d’œil. Ah si, la bas posé dans un coin il y avait des conserves fermées et une plaque électrique aussi ragoutante que la pièce. Et un petit lave main et donc de l’eau, enfin en théorie.

J’ouvrais le robinet et je ne fus pas mécontent de voir couler un filet d’eau.

- Il y a de l’eau et de l’alcool et des supers plats maisons si jamais une attaque nucléaire se fait dehors.


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Maddison DeLuca
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Malheureusement, ça n’a pas loupé. Maze a commencé à faire son petit chef. Les mains sur les hanches, debout sur la table basse, je l’ai observé me donner ses petits ordres de grand supérieur à femme démunie. Au bout de quelques secondes, j’ai laissé mes bras retomber de mon corps et j’ai haussé les épaules pour obéir, sautant au sol pour récupérer le plaid. Je l’ai laissé faire, une moue désabusée sur mon visage, cependant prête à exploser. Si je ne disais rien, c’était uniquement parce que nous étions coincés ici pour une durée indéterminée et que pour ça, je n’avais pas envie de voir si l’implosion de nos caractères feraient fondre la porte. Surtout compte tenu des réactions étranges de mon pouvoir ces derniers temps.

J’ai attendu quelques secondes qu’il ait terminé avant de me mettre au travail, couvrant la tête du pauvre homme avec un coin du plaid, non sans exprimer une grimace de dégoût sur mon visage. J’avais horreur de ça. Je détestais ça. Ca me répugnait. Mais je fermais les yeux, je faisais mon travail et ça passait. J’ai roulé des yeux en entendant Maze. Ce type était quand même incroyable. J’ai soupiré.

– Super, papa va nous faire le dîner.

J’avais plus grommelé que parlé, espérant même qu’il ne m’entendrait pas. Une fois fouillé, j’ai regardé ses papiers d’identité mais il n’y avait rien. J’ai tout jeté sur la table basse.

– Un dé à couvre, un mouchoir en tissu - J’ai grimacé d’autant plus en tenant celui-ci par le bout - un billet vert 100$ datant de 1929, on ne se refuse rien, hein papy ! - J’ai adressé un clin d’oeil au cadavre avec un sourire avant de reprendre mon inventaire dans un soupir. - Une pièce de monnaie, un jeton de laverie, un… crocodile en perles, une des allumettes de bar. Et un petit canif. Ca ne me dit pas qui tu es ni d’où tu viens, Papy… On va trouver, t’en fais pas.

M’appuyant sur mes genoux, je me suis redressée et j’ai regardé autour de moi. Ce n’était pas mon environnement. C’était celui de Jeff, c’était lui l’enquêteur. Moi, j’étais celle qui courrait derrière les suspects. Et qui courrait vite, en plus. J’ai tapoté en rythme contre mes cuisses en soufflant, les joues gonflées. Donc, si j’étais Jeff, par quoi est-ce que je commencerais ? Je me suis tournée et suis allée m’installée dans le canapé en faisant abstraction de l’odeur un peu miteuse, de la poussière et des taches de gras. J’ai posé vaillamment un pied sur le bord de la table basse en étudiant tout ce que je voyais d’ici. De ce fait, je n’avais pas à me préoccuper de Maze. D’ici, je voyais la porte en haut, j’entendais mon collègue à côté et je n’étais pas aveuglée par la lumière.

– Je sais ce que tu penses. Les rues ne sont pas sûres. Que fait la police ? Pendant ce temps-là, des gens crèvent de faim. Mais on ne peut pas tout faire, tous les jours… On fait ce qu’on peut. Ce n’est pas suffisant. Ce ne sera jamais suffisant.

J’ai machinalement porté un ongle entre mes dents comme chaque fois que je réfléchissais. Je ne parlais pas à Maze, même si j’en avais l’air, même pensive.



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Maze Ellis
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J'avais bien vu que cela gonflait Maddison que je prenne en charge le corps du mort mais c'était comme ça et pas autrement, je n'avais pas fait le moindre commentaire sur notre captivité la ou j'aurais pu faire preuve d'une mauvaise foi évidente.

Quand elle se foutu de ma gueule, je répliquais avec pragmatisme.

- Chez les flics on t'a peut-être pas appris à analyser ton environnement, chercher ce qui peut t'être utile pour une survie éventuelle, je suis certain qu'on en aura pas besoin mais c'est un réflexe que de faire le tour des ressources quitte à passer pour un con.

Non mais sérieusement, on allait s'engueuler au bout de 20min dans un endroit clos?

J'inspirais pour ne rien ajouter et continuait mon analyse des lieux la ou elle étudiait les maigres possession du mort et s'installait pour réfléchir.

J'étais derrière le fauteuil ou elle avait pris place quand elle se remit à parler et la je crois qu'une sorte de déclic se fit, forcément qu'on ne pouvait pas se comprendre vu qu'elle croyait être capable de savoir ce que je pensais, alors qu'au final elle se foutait le doigt dans l'oeil profondément.

- Je crois que notre problème de communication ne vient pas que du fait que je sois borné, tu crois pouvoir penser pour moi, savoir ce à quoi je pense mais visiblement tu n'en sais rien pour la simple et bonne raison que tu ne me connais pas du tout Maddison. Alors s'il te plait ne présumes pas de ce que peux penser.

C'était super poli en plus alors que j'avais envie de lui dire que le monde tournait pas autour d'elle, qu'on pensait pas comme elle.

- Oui les rues ne sont pas sûres mais je sais que les flics font au mieux tout comme nous dans un autre registre mais moi je ne suis pas un défaitiste, je ne laisserai jamais tomber, on fera en sorte que les rues deviennent sûres pour tous, positifs ou negatifs. Alors pas la peine de jouer le couplet du flic désabusé qui peut pas sauver tout le monde. Quand Reese a dit qu'on pouvait pas aider tout le monde je sais que t'étais d'accord avec lui mais cela n'est toujours pas mon cas.

Je ne l'agressais pas, j'expliquais juste que je me battrai tant que j'aurais un souffle, je voulais vivre et pas seulement survivre, ca c'était facile, j'excellais dans ce domaine même mais vivre c'était un combat quotidien.

Je fis le tour du canapé ou Maddison était installée et je regardais le fauteuil moisi, après un test rapide de sa solidité je m'assis dedans, coudes posés sur les genoux j'étais penché en avant, et j'observais Maddison.

- Reese n'est pas la pour faire tampon ou nous arrêter ou tenter de nous amadouer, c'est peut-être l'occasion de parler franchement tous les deux comme des adultes et de nous expliquer car au final, on ne se parlait pas avant , au départ quoi et le jour ou j'ai dit tout haut mes idées on est entré en conflit et sans que je le réalise j'ai exprimé à haute voix les idées de certains qui se sont mis en tête de me suivre.


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Maddison DeLuca
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J’ai lentement - très lentement - tourné la tête vers Maze. De quoi parlait-il ? J’avais l’impression de déclencher un moulin à paroles alors que pour une fois, je ne m’adressais pas à lui. Je ne lui avais rien dit. Notre problème de communication ? Avait-il réellement envie de considérer cet endroit pour régler nos comptes ? Néanmoins, vu qu’il était parti, je l’ai laissé parler, un sourcil haut. Je n’avais jamais imaginé comment Maze me voyait. Je ne m’étais pas posé la question. Nous ne nous aimions pas, fin de la discussion, quand bien même nous étions conscients de nos capacités l’un et l’autre. C’était autant notre force que notre faiblesse. Mais c’était bien vrai : je ne le connaissais pas. C’était d’ailleurs pour cette raison que je lui avais demandé de venir me chercher. J’essayais, tant bien que mal, de créer un pont, quelque chose, entre lui et moi. Reese m’avait demandé de me calmer, pour le bien de l’Underground. Nos réunions devenaient de plus en plus courtes car Maze et moi n’étions pas capable de rester dans la même pièce sans nous écharper, qu’il s’agisse d’un jeu ou non. Et j’avais beau réfléchir, depuis de très longs mois, aux véritables raisons de ce rejet, je ne trouvais toujours pas.

Je l’ai suivi des yeux sans rien dire alors qu’il venait s’installer plus près de moi. J’ai même pu percevoir son odeur, par dessus celle du cadavre, alors qu’il bougeait devant moi. Il était assez rare que je maintienne son regard. En fait, je le regardais assez rarement. Je le fuyais, le plus souvent. Soit parce que je détestais qu’il ait raison, soit parce qu’il me sortait par les yeux. Mais, les lèvres pincées, je l’ai étudié sans rien dire, écoutant attentivement. Ah ! Voilà Reese. Même sans qu’il ne soit là, il fallait que son ombre le soit. Et voilà qu’il voulait parler. J’ai pincé les lèvres d’autant plus. Parler de quoi ? De lui ? De moi ? De ce qui nous animait ? Et puis quoi encore ? Sa bonne volonté me donnait presque envie de vomir. J’avais l’impression, encore, d’être une petite fille face à papa, chose qui me ramenait des années plus tôt. J’ai serré les dents une seconde et d’un coup, j’ai montré le cadavre. J’avais conservé le silence jusque là et j’ai haussé les sourcils.

– C’est à lui que je parlais. - J’ai soupiré bruyamment en laissant ma tête se renverser en arrière, tapant sur mes cuisses en rythme. - Ok, ok… Tu veux parler dans un abris anti atomique à côté d’un cadavre. Charmant. De quoi tu veux parler ? De tous les sujets qui fâchent, je parie. Ca m’est égal ce que tu penses, Maze. J’ai pas le temps de m’en préoccuper. - Pourtant, du temps, nous en avions, tout à coup. J’ai fermé les yeux en expirant. Génial. Parler avec Maze. Une torture mentale à l’approche de minuit. - Qu’est-ce que tu veux savoir, Maze ? - J’ai mouliné du poignet dans l’air. - Vas-y, déballe, fais-toi plaisir. Je suis un livre ouvert. - J’ai rouvert les yeux pour tourner la tête vers lui. - Mais dis-toi que ce n’est pas le fait que tu aies exprimé tes opinions à haute voix qui m’a chagrinée. Mais le fait que tu exposes celles de Libération comme des remèdes et des solutions alors que c’est ce contre quoi nous tentons de nous battre. Au final, est-ce que la Résistance a sa place à l’Underground, c’est une question que je me suis déjà posée, oui, je le reconnais ! Pour te dire la vérité, c’est une question que je me pose… Tous les jours. Quand je regarde passer un de tes membres, je me demande… A quel moment… Je sais que tu es quelqu’un de volontaire, et de foncièrement bon. Je le sais tout ça, je ne suis pas idiote, j’ai encore suffisamment de discernement pour ça. Tu as des qualités que Libération n’a pas, une vision plus ouverte qu’eux, c’est un fait. C’est pourquoi tu es encore là et non pas là-bas. Mais je me demande sérieusement quand. Tu as déjà prouvé que tu savais parler aux autres et qu’ils te suivraient, sûrement en me tournant volontairement le dos, peut-être même à Reese ! Mais tu possède une telle force de caractère, une telle force de volonté, Maze, qu’un jour, tu ne te contenteras pas d’exprimer tout haut ce que tu penses. Et ce jour-là, c’est tout l’Underground qui en pâtira. Alors oui. Tu me files la trouille. Tous les jours. Parce que malgré toute la confiance que je peux avoir en ton jugement, et tu aurais tort de me sous-estimer sur ce point, elle n’est pas entière. - J’ai haussé les sourcils en agitant mon index. - Et ça, Maze, dans mon monde à moi, si deux chefs ne peuvent pas avoir une confiance totale l’un en l’autre ? Alors ce ne sont pas des chefs. Et nous sommes en sursis.



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Maze Ellis
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[hj] c'est pas souvent que je fais du pavé

Bon décidément il n'y avait pas la moindre méthode qui semblait fonctionner, nous étions des buses tous les deux quand il s'agissait de parler ensemble du moins et elle prit tout ce que je disais comme une agression alors que non pour une fois je cherchais juste à lui donner mon point de vue, le mien, pas que celui du leader de l'underground mais cela ne semblait pas l'atteindre hélas.

Par contre franchement comment j'aurais pu deviner qu'elle était en train de parler à mort, sérieusement, j'étais à côté d'elle et elle trouvait normal de parler à quelqu'un qui ne répondait pas? C'était peut-être ça le truc, il fallait que je m'écrase pour que cela se passe sans heurt? Hélas c'était pas le cas, cela ne risquait pas d'arriver. Je fis donc preuve de l'arme que je maniais le mieux, l'ironie vu que la compassion ou le reste me dépassaient depuis longtemps. J'observais le mort sous son plaid.

- Désolée Mec, j'ai cru qu'elle me parlait.

Revenant sur Maddison qui pour le coup s'était décidée à ouvrir les vannes je secouais la tête.

- Pourquoi penses tu que je veuilles parler de sujets qui fâchent, c'est biaisé comme raisonnement ou alors c'est que nous avons juste une vision du monde, des choses, de tout diamétralement opposé et je doute que cela soit possible de n'être jamais d'accord sur rien.


La suite aurait pu me faire sourire, de quoi je voulais parler? Je n'en savais fichtre rien pour tout dire, on pouvait tout aussi bien, se poser et attendre que le temps passe et que quelqu'un, son coéquipier ne nous chercher non? Mais les paroles de Reese, oui toujours lui, il avait un don inné pour revenir dans nos têtes n'importe quand, me revint, nous devions parler, c'était important.

Et finalement elle livra le fond de sa pensée, enfin, et je ne doutais pas qu'elle parlait avec sincérité en plus. Ainsi donc c'était le fait que j'ai pu cautionner les méthodes de Liberation qui lui faisaient peur, peut-être à juste titre car moi même je me suis toujours demandé jusqu'ou j'étais capable d'aller pour le bien commun, enfin pour aider ceux qui en avaient besoin, devenir un "terroriste" aux yeux du monde aurait du m'effrayer mais quand on ne ressent rien d'autre que de la colère, cela n'est rien finalement la peur qu'un stimulant pour booster son adrenaline et se dépasser.

- Je ne suis pas totalement d'accord avec toi *forcément ça fait rire de débuter ainsi* nous ne nous battons pour moi contre Liberation ou ses méthodes mais contre la société qui fait que nous sommes des parias en quelque sorte, Liberation a des méthodes radicales, violentes, explosives on peut trouver de nombreux superlatifs qui correspondent mais je crois que la vraie différence entre eux et nous n'est pas dans la lutte mais dans le pourquoi nous luttons. Je veux que tout le monde puisse vivre a l'air libre sans craindre de se faire bastonner parce qu'il est différent, positif, negatif, candidat tout ça je m'en fiche, on est des humains et on est tous différents au final. Liberation , pourquoi ils en sont arrivés la j'en sais rien mais eux selon moi, ils en ont assez des oppressions aussi et veulent inverser les rôles, et c'est tout aussi dangereux selon moi. Donc oui j'ai cautionné certains de leurs actes, méthodes mais pas forcément leur but apparent.

Evidemment que je ne pouvais parler de but apparent, je n'avais jamais cherché à contacter Liberation ou tenter de rencontrer un de leur membre au final, cela m'avait chatouillé souvent, généralement quand on ramassait un gamin laissé pour mort dans la rue, battu par des connards se croyant supérieurs.

La suite, visiblement elle ne comprenait pas, oui j'avais de la volonté à revendre, un but à atteindre et des outils pour y arriver, c'était mécanique, huilé, calculé.

- Maddison si je ne me fixe pas un but, je n’ai rien pour avancer pour ma part. tu es dans l’empathie, tu agis selon tes instincts, tes envies, tes colères, tu fais confiance aux gens naturellement aussi bien que tu t’en méfies, c’est en toi tout ça. J’ai pas ces outils, je n’ai que l’analyse froide des évènements, des facteurs, des risques, je me sens comme une machine à tout analyser en permanence et prendre des risques calculés. Et je ne le fais jamais pour moi mais pour l’underground alors crois moi si je te dis que je ne risque pas de me laisser aller à des folies stupides, c’est impossible tout simplement.

Je crois que jamais je n’avais été aussi franc avec elle, ça faisait mal de l’avouer mais exposer les faits clairement c’était finalement ce que je faisais le mieux.

- Je suis quelqu’un de confiance Maddision, et si j’avais voulu tenter de rejoindre Liberation, j’aurais viré cette puce il y a longtemps pour devenir un fugitif mais la garder c’est avoir le souvenir bien ancré de ma première épreuve de survie.


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Maddison DeLuca
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[je prends ça comme un compliment]

Maze n'était pas totalement d'accord avec moi. Vous entendez ? Pas totalement... D'accord avec moi. y avait-il des jours avec, des jours sans ? Des jours totalement, des jours pas du tout ? J'ai soupiré en agitant mon genou en rythme sur le bord de la table. Je n'avais jamais dit que l'on se battait contre Liberation. Je n'en avais pas envie, j'étais même pour l'inverse. Mais ça, je ne lui dirai pas tout de suite.

J'ai porté mon regard sur lui, me rongeant toujours l'ongle. Il ne pouvait deviner pourquoi mais je me faisais toute petite quand il parlait de Liberation. Je ne savais pas ce qui leur était arrivé et comment ils avaient pu en venir là mais j'avais mon idée. Abel m'avait exposé ses opinions, pas qu'une fois. Mes yeux dans ceux de Maze, je l'ai écouté sans rien dire d'abord. Il avait fait de même pour moi et de toute façon, je n'étais pas du genre à interrompre les gens. J'avais au moins cette intelligence. J'étais bornée, acharnée, passionnée et impulsive, mais je savais aussi réfléchir. S'il continuait, cependant, ce n'était plus mon ongle que j'allais ronger, mais mon doigt que j'allais manger.

Qu'on m'analyse, j'avais horreur de ça. Je détestais ça. Je ne savais jamais comment répondre ni comment me placer. Alors je m'énervais. Quand Jefferson ou Reese le faisait, je finissais généralement avec un geste peu poli et je tournais les talons. Il m'arrivait de ne pas avoir envie d'écouter ce que l'on avait à me dire. Ou du moins... Pas l'envie d'entendre. Mais quoi qu'il arrive, j'étais bien forcée d'écouter. Je ne voulais juste pas que l'on pense posséder un pouvoir sur moi. C'était le cas pour Maze également, à présent. Il ne m'analysait pas à proprement parler, il tentait même de m'expliquer des choses mais je lisais entre les lignes et je n'en avais pas envie. Aussi, j'ai secoué la tête en soupirant avec humeur, mon genou accélérant d'autant plus contre le bord de la table. En fait, ce n'était pas le fait qu'il parle de moi... C'était plutôt qu'il me parle à moi. Je ne supportais pas cette proximité.

Alors, je me suis levée d'un coup. J'ai pris mon téléphone en cherchant du réseau à travers la pièce. J'ai enjambé le cadavre sans me soucier plus que ça de lui et j'ai répondu à Maze avec des gestes amples. Traduction : je faisais les 100 pas.

– Il n'empêche que c'est là, Maze ! Je sais que tu es quelqu'un de confiance mais je n'y arrive pas, c'est tout. Bien sûr que non, nous ne luttons pas contre Liberation, je n'ai jamais dit ça ! Ils ne marchent pas pour l'égalité, ça c'est un fait ! Ils sont dans la vengeance ! Tuer Howard Stenton était un acte de vengeance ! Ils ont fait ce que nous n'étions pas capables de faire, Maze. Mais c'est là. Et depuis le début. Je ne veux pas me battre contre eux et je ne veux pas me battre contre toi. Mais c'est juste que...

J'ai crispé les doigts en pinçant les lèvres. Je cherchais à m'exprimer. Tout ça, finalement, n'avait même plus lieu d'être. J'étais restée sur un sentiment vieux de deux ans et je n'en avais plus bougé. Sans ça, aujourd'hui, il y avait de fortes chances que Maze et moi nous entendions bien. Voire même très bien. Nous taquiner aurait sûrement été notre jeu préféré mais je ne supportais pas de le voir aussi calme, aussi... "ouvert". Je voulais qu'il s'énerve, je voulais qu'il s'en prenne à moi et qu'on se batte même s'il le fallait. Parce que c'était plus simple pour moi d'avoir quelqu'un à détester sans qu'on me demande pourquoi, plutôt de ne pas comprendre pourquoi ça m'énervait autant. Pendant ce temps, personne ne remarquait que je me rapprochais de plus en plus de sa façon de penser. Ou bien se rapprochait-il de la mienne ? Quoi qu'il en soit, il y avait nous... Et Reese. Nous n'étions pas trois dans l'équation. Mais 2 + 1. Et Reese ne disait jamais clairement ce qu'il pensait de Liberation. Il était bien trop silencieux et je n'aimais pas ça non plus. Au moins, avec Maze, je savais à quoi m'en tenir. Sans ranger mon téléphone, je me suis retournée vers lui, à quelques mètres plus loin et j'ai ouvert les bras.

– Tu m'énerves ! Là ! Voilà ! Tu m'insupportes ! Tu veux toujours tout savoir ! Tu sais toujours tout mieux que les autres ! Tu as toujours raison et ça m'énerve au plus haut point ! Tout est grave avec toi ! Tout est solennel ! C'est insupportable ! On croirait entendre Liberation ! Tu te crois tellement supérieur, j'ai envie de te cogner la tête contre tous les murs de l'Underground à chaque fois que je te vois, c'est physique, Maze ! J'ai l'impression d'être la gamine face à ses parents en permanence ! Quand c'est pas Reese qui me fait les gros yeux, c'est toi qui me balance tes sarcasmes de l'autre bout de la pièce ! Quand tu parles, on dirait que tout le monde boit les paroles de Dieu, ça me gonfle ! Et moi, chaque fois que je t'entends, j'ai l'impression de partir à la guerre ! ET NON MAZE ! - Oui, j'avais hurlé. Oui oui. Voilà qui n'irait sûrement pas en ma faveur - On ne peut PAS sauver tout le monde ! Nous n'avons PAS ce pouvoir ! Sinon, ça se SAURAIT !

Sinon, j'aurais pu sauver mes parents. Pas faute d'avoir essayé.



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Maze Ellis
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J’observais Maddison à son tour quand elle me répondit et je fus surpris pas la violence de ses réactions malgré moi, je n’avais jamais envisager pouvoir l’effrayer en un sens, que les décisions que je pouvais prendre étaient éventuellement dangereuses pour Underground, hélas qu’avais-je hormis ma parole et mes actes passés pour lui prouver qu’elle avait tord de se méfier ?

Elle avait sauté d’un bon, son téléphone ne main, cherchant en vain un réseau inexistant et arpentant la pièce d’un pas vif et rapide, faisant monter la poussière du sol et créant presque un halo autour d’elle, c’était intéressant comme phénomène. Oui on s’attarde sur des choses étranges quand le choix est restreint.

- Je ne cherche pas à me battre non plus contre toi mais uniquement contre ce système.

Je tachais pour ma part de rester calme, froid et analytique, ne pas m’emporter sinon on risquait de se retrouver dans un abri anti atomique dévasté de l’intérieur et ce n’était pas franchement le but.

Je n’ajoutais rien de plus pour l’heure, Maddison cherchait ses mots pour les formuler, exprimer ce qu’elle ressentait, ses craintes et je voulais comprendre oui et faire ce qu’elle détestait, analyser son mode de fonctionnement pour tenter de la comprendre tout simplement. Je l’énervais oui je le savais, je hochais la tête, je n’allais pas la contredire, c’était réciproque de toutes façons, nous avions un don pour faire monter la pression et nous engueuler sans nous écouter réellement à la fin.

Elle finit sa tirade en hurlant et je la laissais faire, qu’elle évacue son stress et le reste ainsi cela ne me dérangeait pas. A mon tour de tenter de lui faire comprendre pourquoi je ne pouvais pas faire autrement, avais-je envie vraiment de lui dire, lui expliquer que je ne pouvais pas faire ou être autrement ? Je repensais encore une fois à Reese, il voulait qu’on perce l’abcès, même lui pourtant ne m’avait jamais posé de question sur mon passé sur ce qui m’avait forgé en somme, il savait que j’étais un candidat, cela s’arrêtait la. Mais Maddison, s’en doutait-elle seulement ? Je doutais qu’elle se soit posé la question et peut-être qu’elle finirait par comprendre si je lui parlais ? C’était difficile à faire, autant je n’avais eu nul mal à parler franchement et directement avec Marsh autant la.. Je n’imaginais pas qu’elle puisse vraiment imaginer ce que j’avais vécu.

- Nous ne naissons pas tous libres et égaux en droit, ceci est une fadaise servie aux français crois moi. Non nous avons des prédispositions plus ou moins développées, des talents, des capacités d’apprentissage, je fais parti des soit disant chanceux qui sont nés avec une intelligence plus poussée que la normale et on m’a poussé à toujours me dépasser, chercher l’excellence, alors oui forcément on s’habitude vite à être au dessus du lot commun. On accepte d’être méprisé pour cela ou envié mais au final on est seul. Et je ne parle que de l’enfance Maddison, ensuite…

La cela devenait réellement sensible pour moi.

- On m’a ensuite appris à tout analyser, décortiquer, pour faire des choix pragmatiques, froids, on a fait de moi un soldat, mais pas un simple troufion, celui qui dirigera, donnera les ordres, prendra les décisions et le pire ? J’étais volontaire pour cela car je pensais aider le monde à aller mieux. Je ne pouvais pas plus me planter au final, j’étais un ado, ils ont fait de moi une machine, avec ce que ça sous-entend Maddison, je ne ressens rien, je ne simule pas ce masque, tout est bloqué tu comprends ? La seule émotion qui affleure encore c’est la colère envers ce monde de merde et le fait que justement je sais que c’est impossible de sauver tout le monde, mais cela ne m’empêchera pas d’essayer. Alors oui je suis en colère après ceux qui refusent d’essayer, ceux qui comme toi ou Reese parfois me donne des couplets fatalistes, si je ne me bats pas je n’ai rien, je ne suis rien.

Si elle ne comprenait toujours rien alors j'aurais fait de mon mieux et je n'aurais rien à me reprocher pour la suite.


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Maddison DeLuca
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Je m’étais attendue à beaucoup de choses en m’en prenant à lui. Mais sûrement pas à ça. j’aurais nettement préféré qu’il hurle, qu’il montre les dents, qu’il s’énerve, qu’il s’en prenne à moi, qu’il m’insulte. Ce que vous voulez. Mais sûrement pas à ce qu’il s’ouvre à moi. Et je crois que c’est ce qui m’a laissée le plus interdite. Peut-être parce que c’était lui mais aussi parce qu’il n’était pas le premier. J’avais froncé les sourcils, un peu, les lèvres entrouvertes et je l’avais écouté, le souffle peut-être plus court que je ne le ressentais. J’avais cette impression - profondément désagréable - d’entendre quelqu’un d’autre que lui. Une part de moi, peut-être mais aussi de quelqu’un d’autre.

Je n’ai même pas relevé le couplet sur son intelligence. D’abord parce que c’était totalement insignifiant au point où nous en étions, ensuite parce que pour la première fois, je n’ai absolument pas pris notre petite querelle comme un jeu, pas cette fois. Enfin parce qu’il y avait du vrai. Cela faisait deux ans que je connais Maze, à peu près. Et autant que j’avais rencontré Abel. Les similitudes entre les deux m’avaient frappée plus d’une fois et j’étais à nouveau face l’une d’elle. Si je n’avais jamais rien demandé à Abel, je ne voyais pas pourquoi je l’aurais fait avec Maze. Je savais qu’il était différent de moi mais je ne m’y étais jamais arrêtée pour la simple et bonne raison que pour moi, il n’y a pas de différence. Nous partagions le même patrimoine, même si celui-ci nous avait été transmis d’une façon différente.

Mais la vérité, c’était que je ne comprenais pas. Bien sûr, j’entendais bien tout ce qu’il me disait, je ne faisais juste… Pas le lien. Je n’avais pas de problème avec son pouvoir ou comment il l’avait acquis mais avec son comportement. A moins que ces deux là soient liés à en croire ce qu’il me racontait. Quoiqu’il en soit, cette proximité qu’il m’imposait m’était d’autant plus inacceptable. Et quand je ne comprends pas quelque chose - ici, pourquoi se confiait-il à moi alors que je venais de lui dire qu’il m’insupportait - et bien… Je réagis comme toute personne qui perd le contrôle : je m’énerve ! Encore !

– Parce que tu crois peut-être que je n’ai pas de but ?! Que je me bats sans ?! Juste pour le plaisir ! - Je me suis désignée en pointant mon téléphone vers ma poitrine, légèrement penchée en arrière en reprenant un ton désabusé, ironique, voire même sardonique. - Oui, tu as raison ! J’aime ça, me fighter pour le plaisir ! C’est tellement… - J’ai ensuite montré l’extérieur d’un bras impérial, reprenant mon sérieux. - J’avais un but jusqu’à il y a deux ans avant que tes copains de Libération ne me l’arrache et que tu ne causes la division de l’Underground avec tes bonnes paroles de Messie ! Alors intelligent ou non, ça m’est totalement égal ! Je me fiche totalement de savoir d’où tu viens, ce que tu as pu faire avant et pourquoi ! Je veux savoir où tu vas, maintenant ! Et avec qui ! J’en ai rien à secouer des discours de Reese à ton encontre, j’ai pas besoin de lui pour te parler, alors arrête de sans arrêt t’en servir comme couverture ou comme exemple ! - J’ai levé des mains agacées. Il m’irritait. C’était indéniable. Encore plus que je ne le pensais. - Et cesse de dire mon nom comme si tu me donnais une leçon ! Je ne crois pas me servir de mon passé comme une excuse à ce que je suis aujourd’hui ! Mais si t’as un problème, je suis sûre que je peux t’aider à débloquer des trucs, je t’assure !

J’ai alors haussé les sourcils et fait quelques pas vers lui, engageante. Est-ce que j’avais envie de le cogner ? C’était une possibilité. Est-ce que j’avais envie de repousser mes limites du supportable avec lui ? Encore une possibilité. Est-ce que je testais les siennes de limites ? A n’en point douter. Quant à mon nom, Abel avait cette même façon de le prononcer. Et pour être honnête ? Ca me perturbait réellement. Beaucoup. Jusqu’où irait Maze dans sa bonne volonté à tenter de trouver un terrain d’entente ? Car c’était bien ce qu’il tentait de faire, non ? Il restait si calme, si « compréhensif ». Ce n’était pas dans ses habitudes. Sa façon de s’être assis à côté de moi, de s’être concentré sur moi. Il avait dit oui pour venir me chercher sans s’y opposer, pas même du regard. Ses petites pointes d’humour en arrivant, le fait de vouloir faire attention à ce que je ne me blesse pas avec le cadavre. J’en avais horreur.

Maze était une sorte d’exutoire pour moi. Il était celui que je pouvais cogner inlassablement sans qu’il ne ressente rien. Il s’en fichait. C’est ce que j’attendais de lui. C’est ce que je voulais qu’il soit. Et qu’il le reste.



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Maze Ellis
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Ok j'avais fait ce qu'on m'avait demandé de faire, j'avais tendu la main en un geste pacificateur, tenté d'expliquer ce que j'étais puisqu'au final elle me reprochait d'être tel que j'étais et pourquoi? pour me prendre une baffe parce qu'elle n'en avait rien à foutre de ce que je pensais, elle avait son opinion sur moi, sur ma façon de penser, d'agir et qu'elle n'en changerait pas.

Elle avait réussi cependant, mon sang froid s'était évaporé à mesure de ses dernières paroles, ma maîtrise partait et je n'avais qu'une envie lui rabattre le claquer, ne pas chercher la conversation, bref entrer dans la confrontation. Mais finalement c'était exactement ce qu'elle voulait depuis toujours, le combat, la lutte.

Malgré moi je me levais pour lui faire face, marre d'être assis sagement à m'en prendre plein la tronche.

- Tu veux savoir ce que je crois justement? T'es qu'une gamine qui fut gâtée, choyée et qui a une conscience aigue de son importance et qui ne supporte pas la concurrence. Voila c'est clair la? J'ai essayé de t'expliquer calmement mon point de vue tu me réponds avec des cris, des hurlements et tu me renvoie Reese à la gueule. Par contre t'oublie un détail, il est pas la on est coincé tous les deux et sérieusement t'en coller une me démange franchement, t'es la reine des emmerdeuses Maddie. Maddie c'est mieux que Maddison, ça fait moins gamine peut-être quand je parle?

C'était surement ça qu'elle voulait, quelqu'un pour la bousculer non? Elle m'avait attribué ce rôle et je n'étais donc personne pour choisir moi même ce que je voulais faire ou être.

- Va te faire voir avec ton pouvoir à la con, tu débloqueras rien du tout et je refuse de te voir bidouiller le temps. Si t'es pas une gamine prouve moi que t'es capable d'avoir une conversation, c'est pas la mort à la fin. Je vais pas te bouffer et oui j'ai soutenu un acte de Liberation mais ce ne sont pas mes copains, je ne connais personne de proche ou appartenant à cette organisation. Oui à Résistance nous agissons en franc tireur, en mercenaire en un sens mais putain, avons nous fait quoi que ce soit allant contre les intérets du groupe? Non jamais! Alors arrête de te cacher derrière des événements d'il y a deux ans, oui j'ai foutu la merde, je cherchais pas à créer une division, je voulais montrer que d'autres points de vue existaient, parce que si nous n'avons pas le droit de donner notre avis alors on vaut pas mieux que le système qui nous opprime.

Cela étant dit je me dirigeais vers l'étagère ou j'avais vu les tords boyaux, j'étais au bord de l'implosion, preuve en était mon langage peu chatié, la vulgarité n'était pas dans mes habitudes, je détestais ça, c'était la preuve qu'on perdait son sang froid et son contrôle de soit et donc de son jugement.

La bouteille entamée ferait l'affaire, je fis sauter le bouchon et but une longue rasade, c'était dégueulasse, brûlant le gosier, de l'alcool quasi pur en somme mais ça calmait les nerfs. Et la si je voulais pas tout casser il me fallait le silence et ne pas voir la cause de mon énervement.


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Maddison DeLuca
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Distance, distance, distance. Pour l’amour du ciel, Maze, conserve ta distance ! Il se levait enfin et paradoxalement, ce qui impliquait une distance psychologique induisait nécessairement… Une proximité physique. J’ai à nouveau fait un pas vers lui. Voilà le Maze que j’attendais. Toute cette colère que j’emmagasinais depuis des années, ma seule façon pour la contenir était de la canaliser vers lui, capable de tout encaisser. C’était son rôle, et il le jouait à merveille. Ainsi focalisée, j’étais assurée que les retombées atomiques n’atteindraient personne que lui ou moi. C’était, somme toute, une forme de protection.

– Moi, je suis une fille pourrie gâtée ?! Je suis même pas née dans une clinique ! Je ne sais pas ce que tu entends par là mais ce n’est sûrement pas de moi qu’on parle ! Tu veux m’en coller une ? - J’ai ouvert les bras et me suis mesurée à lui, mon torse à quelques millimètres à peine du sien. J’étais grande pour une femme mais il l’était plus que moi. J’ai relevé le menton pour le défier du regard, les dents serrées. - Et bien vas-y, qu’est-ce que t’attends ! Allez !

Vous souvenez-vous de ce qui arrivait lorsque je m’énervais ? J’entends par là, monter à un cran vraiment élevé d’énervement. Mon pouvoir s’activait. Il ne le faisait plus uniquement pour ma propre survie. Il agissait comme la représentation, la manifestation de mon humeur. Mais je suppose que cet endroit, peu importe les mondes, n’était pas différent. Les murs ont grondé, bien que légèrement, et si le cadavre avait repris sa place, pendu au-dessus de la table basse, derrière Maze, il m’arrivait parfois de disparaître sur une infime fraction de seconde. Comme une interférence statique. Cependant, ma colère n’était pas à la mesure de celle que j’avais éprouvée face à Abel. Il était très probable que Maze prenne ça pour une illusion d’optique et un défaut dans la plomberie…

Je ne saurais vous avouer combien j’avais envie qu’il donne le premier coup. Mais en même temps, je n’avais pas envie de me retrouver avec une mâchoire déboîtée. J’étais au-delà de la provocation, cependant. J’en étais à chercher les ennuis. J’étais remontée, la pression n’avait cessé d’augmenter depuis des mois. En réalité, je passais une année… Très pénible. Ce n’était pas la pire, loin de là, mais j’étais ébranlée comme jamais. Elle avait démarré sur les chapeaux de roue et avec l’arrivée de Samiha, puis d’Archibald, tout s’était enchaînée. Alors j’étais là, face à Maze, telle une cocotte minute sur le point d’imploser de l’intérieur avec un pouvoir qui n’avait de cesse que de déconner. Et puisqu’on en parlait… J’ai plaqué une main sur mon front, les yeux écarquillés. Mon pouvoir ! Il n’avait plus été évoqué depuis trop longtemps, maintenant ! Quand nous ne savions plus quoi faire pour m’incriminer… Mon pouvoir était une bonne issue de secours.

– Pour l’amour du ciel, Maze, je ne suis pas qu’un remonteur de temps ambulant ! Je sais aussi faire de choses de façon naturelle ! Que veux-tu que je fasse de mon pouvoir avec toi ?!

Je l’ai détaillé, m’enfoncer encore et encore. Mon pouvoir s’était apaisé et cela avait sûrement suffit pour permettre à Maze de m’atteindre sur ce point. Cependant, je venais de comprendre quelque chose alors qu’il s’éloignait de moi.. Ou du moins, je venais de trouver, à mon tour, un bouton sur lequel appuyer pour relancer la partie. J’espérais que celui-ci me ferait grimper au niveau suivant. Maze… Le plus meilleur jeu grandeur nature que la vie ait mis au monde.

– C’est ça ! Voilà, je comprends maintenant ! C’est donc ÇA qui te rend aussi péteux et suffisant ! Je fais la différence ! Ca te rend malade parce que je PEUX faire quelque chose en réalité ! Je peux changer les choses, je peux intervenir ! - Je l’ai désigné d’un bras infiniment moqueur. Il voulait du silence ? Allons, Maze, tu sais bien que ce n’est pas mon rôle. - Oui, bien sûr, tu as raison. Bois une grande rasade ! A ma santé. La maturité à l’état pur, j’ai nommé MAZE ELLIS ! Leader de la Résistance. Ca fera un excellent titre pour le prochain Blockbuster du World Wide Wire !



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Maze Ellis
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Ca y est ça partait totalement en sucette, c'était ce qu'elle avait voulu et cherché au final en se foutant de ma gueule alors que je faisais des efforts immense pour tenter d'ouvrir le dialogue. Quand elle se campa devant moi relevant la tête en une attitude bravache j'avais franchement envie pour une fois de satisfaire ses envies mais non je n'allais pas lui donner ce qu'elle voulait, ce serait la laisser gagner et le jeu ayant démarré sur les chapeaux de roue c'était impossible.

Je souris, de manière sardonique et au lieu de la frapper, ce qui m'aurait pourtant surement soulagé enfin j'imagine vu que je n'avais jamais frappé de femme hormis des soldats en voulant à ma vie. Et je levais la main droite vers son visage, l'air mauvais pour finalement de mon majeur lui donner une pichenette sur le front. Elle allait hurler encore plus mais vous savez quoi? Je m'en contrefoutais totalement.

Je n'étais pas stupide et comme je n'étais pas ivre, ou fatigué ou sous l'effet d'une drogue ou d'une chaleur tropicale je vis que Maddison s'estompait par infimes périodes pour des durées minimes, qu'est-ce qu'elle fabriquait encore? Elle voulait jouer et tenter de m'impressionner c'était ça son but? Qu'elle continue je n'en avais rien à faire du tout.

- Je ne veux ou n'attends rien de toi c'est ça que t'es pas fichu de comprendre. Je me fous de ton pouvoir, changer le cours du temps c'est dangereux et il est impossible d'envisager toutes les répercussions de la moindre action pour moi. Je voulais juste tendre une main mais j'ai pris une baffe, soit, c'était la première et dernière fois que j'essayais pour ma part, je passe mon tour.

Et elle continuait de brailler, une logorrhée, voila ce dont elle était atteinte quand elle s'emballait, et pour jouer à son jeu je levais la bouteille qui était toujours dans ma main gauche pour en boire une nouvelle rasade.

- A la tienne.

En fait j'ai failli continuer de tempester, de râler, d'argumenter mais c'était ce qu'elle voulait que je fasse et comme elle avait réussi à me braquer pour de bon, je fis en toute logique l'inverse, je fermais ma gueule et la laissait la pour retourner m'asseoir. Retrouvant ainsi en apparence ce flegme qu'elle haissait.


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Maddison DeLuca
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La pichenette. Maze avait à nouveau récupéré de la proximité. Je sentais le sang bouillir à nouveau dans ma tête alors qu'il restait silencieux. Pourquoi ne hurlait-il pas ? Il le faisait d'habitude ! Normalement, nous étions l'un face à l'autre, sans nous écouter que nous brailler dessus comme des écoliers. Alors POURQUOI est-ce qu'il préférait boire et rester silencieux, au lieu de lever la main sur moi ? Ne vous méprenez pas, je n'avais pas envie qu'il marque mon beau visage. Mais au moins, c'était un langage que je comprenais. Et puisqu'il ne voulait rien dire... J'allais le faire pour lui.

J'ai franchi les mètres qui me séparaient de lui et lui ai rageusement pris la bouteille des mains pour la poser plus loin. Et... En fait, j'ai même hésité à la vider. Je ne sais pas pour les autres Mutants, mais l'alcool, chez moi, ça me détraquait. Mais, méa culpa, je me suis contentée de lui poser le cul sèchement dans le petit évier improvisé. Une main sur la hanche, l'autre en appui sur le bord, j'ai dévisagé Maze, malgré la pénombre, les lèvres pincées.

– Tendre une main ? Quelle main ? Pourquoi faire ? Qui t'a dit de tendre une main ? Qui veut que tu essayes quoi avec moi ? C'est ton boulot ? Non, je ne crois pas. Je ne veux pas de ta main, je ne veux pas non plus te mettre de baffe, ce n'est pas mon travail ! Je veux que tu fasses ce pour quoi tu es là, c'est à dire assurer la sécurité de centaines de personnes dont tu as la responsabilité. Le reste m'est totalement égal. D'où tu viens, ce que tu as fait, si ça m'avait intéressée, j'aurais posé moi-même les questions, grand bien t'en fasse de désirer me répondre. - Je l'ai désigné d'un index. - Fais ce pour quoi tu es là, je ferai pareil. Quant aux autres, ouvre toi à ceux pour qui ça changera quelque chose. - J'ai à nouveau fait un pas vers lui, le visage toujours bien fermé et la voix basse. J'allais lui faire respecter sa distance. Quitte à en éprouver sa patience. - Quant à mon pouvoir, ne te fais pas de bile... Il ne marche plus. Je ne risque pas de changer quoi que ce soit. Sinon, je nous aurais déjà sortis d'ici, tu ne crois pas ?

Mon pouvoir... C'était une excuse qui m'était souvent donnée pour m'incriminer et j'avais fini par avoir l'habitude. Mais c'était pourtant ma corde sensible. Celle qui m'achevait. Quand l'on touchait à mon pouvoir, on me touchait moi directement. J'en étais fière, je n'avais pas honte, si je le possédais, c'était pour une raison, après tout, non ? Mais il était devenu bien trop facile de s'en prendre à moi de cette manière. A croire que c'était tout ce qu'on arrivait à me faire, finalement. J'ai secoué la tête, déçue. Déçue que ce soit tout ce qu'il ait pu trouver pour s'en prendre à moi.

– Va te faire foutre, Maze.

Pour lui passer à côté, j'ai donné un coup d'épaule dans la sienne et je me suis dirigée vers les escaliers. Il nous fallait sortir. Le moment où Maze exploserait - et éventuellement, c'est ce qui arriverait très vite selon moi - il vaudrait mieux que nous ayons une porte de sortie.



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Maze Ellis
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Sérieusement j’avais vraiment envie de lui en coller une, elle n’avait pas confiance mais refusait d’ouvrir ses œillères pour m’écouter, à quoi bon parler à un mure en fin de compte non ?

- Pourquoi ? Parce que justement tu refuses de m’accorder ta confiance alors que c’est stupide de ta part, je n’ai fait qu’agir pour le bien de l’underground et de nos gens depuis que je vous ai rejoint, oui je n’ai pas été la quand vous avez créé ce foyer, oui je ne suis arrivé qu’après et oui j’ai foutu la merde sans vraiment le vouloir mais je l’assume et j’agis pour que Resistance soit un quartier comme un autre maintenant, qu’il soit le tiers d’un tout, un tiers aussi primordial que les autres et toi tu restes campée sur tes putains de positions et peurs à la noix depuis plus de deux ans. Faut grandir et aller de l’avant Maddison. Et ton pouvoir comment je peux savoir qu’il fonctionne pas vu que t’es aussi aimable avec moi qu’une porte de prison, dès que j’ouvre la bouche tu te fermes et tu ne fais que te rebuffer contre moi. Choisissant avec soin les mots qui te déplaisent pour te concentrer dessus. On m’y reprendra plus Maddison, MAddie ou l’emmerdeuse de service à ton vouloir hein, je garderai mes distances et je ne tenterai pas de prouver quoi que ce soit, vis ta vie, je vivrai la mienne pour l’underground. Par contre un conseil et pas d’ami vu que nous ne le serons jamais, je sais pas pourquoi t’es sur la défensive toujours, prête à mordre, ou du moins je sais que c’est pas ma faute alors si t’as des souci règle les. Si t’as besoin d’aide, demande mais pour ma part je ne te proposerai plus.

Ma main était agrippée sur le fauteuil et avec la montée de ma colère et ma tentative de la contenir j’avais activé mon pouvoir et mon bras avait changé de consistance pour passer au dernier stade, celui du métal, et sous ma main le fauteuil était littéralement explosé, mieux valait cela que Maddison non ?

Elle me fila un coup d’épaule pour passer et ce fut un réflexe je l’attrapais par le bras, serrant plus fort que je ne l’aurais dû.

- Et arrête de fuir je ne sais quoi.c’est fatigant à la fin.


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Maddison DeLuca
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Je n’aime pas beaucoup les pouvoirs de force. Je me souviens de Sean, mon tuteur. Je ne l’ai vu qu’une fois utiliser son pouvoir mais je dois admettre que c’était une sacrée fois. Son corps s’était couvert de cicatrices alors qu’il se renforçait. Capable d’encaisser une roquette sans se fatiguer. Je vous assure que lorsque vous voyez ça une fois dans votre vie, vous savez pertinemment que personne n’est indestructible. Maze n’y faisait pas exception, quel que soit son pouvoir. S’il n’en était pas conscient - ce qui m’étonnerait connaissant l’animal - en tout cas, je l’étais. Mais je n’étais pas une roquette. Si je voulais blesser Maze, il me faudrait plus que ça. Je ne connaissais pas sa faille et je m’étais souvent demandée où elle se trouvait. Il aurait été plus humain à mes yeux.

Plus que des peurs, j’avais des craintes. Si c’était une réelle peur, il y a longtemps que j’en aurais parlé à quelqu’un. Maze me faisait l’effet d’une bombe à retardement. Je savais qu’un jour, il balancerait, je ne savais juste pas de quel côté. Peut-être avions-nous plus en commun que je ne voulais le reconnaître. Reese avait choisi l’Underground et c’était à notre tour de décider. Maze s’était installé à l’Underground mais n’avait pas semblé changer d’avis depuis. Mais qui sait ? Je gardais à l’esprit nos premières disputes et alors que je le fixais à cet instant, son bras serrant le mien sans que je m’en plaigne, je me suis demandée s’il était toujours aussi fidèle à l’Underground ou si, comme moi, il s’en trouvait quelque peu ébranlé ces derniers temps.

Son geste m’avait surprise, pourtant. J’avais fait volte face mais je n’avais pas répliqué, gardant mes yeux dans les siens, malgré la pénombre. Non, Maze ne me faisait pas peur, mais je ne supportais pas qu’il asseye une domination sur moi, peu importait de quelle façon. C’était pourtant exactement ce qu’il faisait avec ses doigts autour de mon bras. La respiration profonde, je me suis forcée à m’apaiser. Je sentais que quelque chose se passait chaque fois que la colère dépassait un seuil de sécurité. Et je n’avais pas envie d’offrir ce petit festival de sons et lumières à mon cher collègue. Les lèvres pincées, j’ai fini par répondre d’une voix blanche.

« J’ai toujours avancé à l’instinct. Et je ne me suis que très rarement trompée dans mes jugements. Un jour, tu rejoindras Libération. Peut-être pas maintenant, peut-être pas dans un an, ni deux… Mais un jour. Je ne sais pas quand, ni comment. Ni pourquoi, d’ailleurs. Mais je ne connais personne à l’Underground qui respire plus Libération que toi, qu’aujourd’hui tu le veuilles ou non. Tu veux que je te dise ? » Je me suis rapprochée de lui et j’ai levé à nouveau le menton vers lui. Je ne fuyais pas, au moins il ne pouvait pas me le reprocher. « C’est écrit sur ton front. C’est ça, mon problème. Maze. »



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Maze Ellis
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J'étais sur les nerfs elle avait ce don inné pour m'agacer et rien de ce qu'elle disait ou faisait en ce jour ne semblait pouvoir me calmer. Je voyais le moment ou je n'allais avoir aucune autre solution que celle de pousser mon pouvoir a son paroxysme pour nous sortir de la. Je détestais jouer avec les limites car je savais quel était le prix à payer mais si nous continuions sur cette lancée j'allais devoir exploser cette porte pour ce faire seul un bras en acier pourrait m'aider mais j'allais passer l'heure suivante avec un bras inutilisable et en plus il me faudrait demander à Maddison de conduire pour nous ramener, dans tous les cas c'était aller de Charrybde en Scylla à mes yeux.

Elle ne cilla pourtant pas, elle resta à me fixer, à me défier, j'appréciais cette bravoure qui la caractérisait et je n'en attendais pas moins d'elle au final, mais pourquoi persistait-elle dans ses craintes à deux dollars bordel? Je n'y entendais rien, oui j'avais dit que j'étais d'accord avec certains actes de Liberation mais avais-je fais quelque chose pour tenter de me rapprocher d'eux, de les rencontrer, les comprendre? Non jamais!

- Donc ton instinct te dit que je vais rejoindre Liberation, c'est bien t'es plus au courant que moi même de mes intentions futures, je suis donc un livre ouvert pour toi alors que je me voile la face moi même c'est l'idée si je résume non?

Pourquoi elle avait cette idée qui au final la hantait, pourquoi finalement elle tournait en boucle sur Liberation et le risque potentiel que je puisse les rejoindre? C'était elle qui était coincée avec cette idée, pas moi, pas Reese, personne dans l'Undeground qui nous soit proche au final.

J'essayais de comprendre, et le déclic se fit, ces mots, ses gestes, sa peur, ceux de Reese aussi, le fait qu'il savait qu'elle lui cachait des choses, qu'elle tramait un truc sans savoir quoi, jusque la je m'en fichais mais au final il n'y avait qu'une seule possibilité pour expliquer toute cette situation. Si elle craignait que je rejoigne Liberation, si pour elle c'était écrit sur moi que j'avais tout pour les rejoindre en somme c'est qu'elle les connaissait mais pas de loin, elle connaissait personnellement des gens qui étaient dans ce groupuscule, il n'y avait pas d'autre raison possible et logique. Pourquoi n'avais-je jamais réfléchi à cela avant?

Sans m'en rendre compte je libérais enfin son bras, je baissais la tête pour river mon regard dans le sien, nos visages proches, chaque mouvement ou geste pouvant trahir nos sentiments, émotions, et tout le reste.

- Tu les connais et bien contrairement à moi et pas depuis hier de surcroît et c'est personnel, tu as peur si je les rejoins que cela n'éclate au grand jour.

Pas de critique, juste un fait avéré, une vérité enfin mise à jour.


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Maddison DeLuca
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Qu’est-ce qui me faisait dire que Maze avait tout de Libération ? Il ressemblait tellement à Abel que je ne supportais pas d’être à côté de Maze plus de 5 minutes d’affilée. Et nous avions déjà dépassé, facilement, la demie heure. Mon seuil de tolérance avait déjà été dépassé mais les gestes de Maze ne rendaient pas la chose plus facile. Il portait sur lui ce mélange de Sean, Reese et Abel. Il incarnait à lui tout seul un père, un frère et un amant. Autant vous dire qu’en plus de me refuser à avoir confiance en lui, il me dérangeait. Vraiment.

J’ai serré les dents à l’approche de son visage. Si je n’avais rien dire au regard de son étreinte, j’ai tout de même été soulagée qu’il me lâche enfin, m’aidant de ce fait à rester plus calme et à ne pas faire trembler les murs autour de moi. C’était étrange. Je n’avais jamais pensé à cette éventualité. Que Maze rejoigne Libération me semblait si logique que je n’avais pas un instant songé qu’il puisse découvrir ma relation avec eux. Ou du moins avec Abel. Et d’autant plus étrange ? Je n’en ressentais aucune crainte. Mon sang bouillait à l’intérieur de moi. Non parce que Maze me rendait folle mais parce que je me sentais terriblement piégée. J’étais toujours restée à distance, j’avais toujours conservé mon recul vis à vis de lui. Et maintenant, j’étais là, à quelques centimètres de ses yeux, cloitrée dans une cave fermée à double tour de laquelle j’ignorais comment nous allions pouvoir nous en sortir… Et j’ai commencé à me demander si j’allais pouvoir me sortir également de la situation dans laquelle je me trouvais à présent. Elle n’était pas dangereuse, elle était bancale. Bravoure s’il en était, je cherchais juste quels mots employer.

J’ai tourné le buste afin d’être pleinement face à lui. Je me suis même d’autant plus rapprochée de lui. Si je ne voulais pas que l’on comprenne à quel point tout ça me perturbait, je devais faire l’inverse. C’était sûrement ce que Hayden cherchait à comprendre chez moi : ma capacité à mettre mes craintes en sourdine. J’ai baissé les yeux pour l’étudier une seconde avant de reporter mon attention sur son regard. Il y avait cette dureté, cette froideur même qui aurait sûrement dû me repousser mais qui m’amenait plus souvent qu’autre chose à m’en prendre à lui. Il y avait fort à parier que percer sa carapace était devenu une de mes obsessions - et j’en avais beaucoup. Mon visage s’est détendu. Non parce que je rendais les armes - dans ses rêves -, ni parce qu’il avait raison - puisque ce n’était pas le cas. Mais parce que j’ai repensé à ce que Abel m’avait dit à propos de sa soeur. Une chose que je n’avais pas relevée par choix. Je ne supporterais pas qu’elle s’en prenne à mon pouvoir. Qu’elle essaye de me l’enlever. J’en avais peine à respirer rien que d’y penser. Mais je ne m’étais jamais posée une autre question : que ressent-on lorsque ce pouvoir est posé artificiellement ? Mon regard s’est adoucit alors que je prenais conscience d’une chose à laquelle j’aurais probablement dû penser avant.

« Tu es un Candidat, Maze. Avec un désir de vengeance que je ne saurais te reprocher, peu importe d’où tu viens. Ce n'est pas l’Underground qu’il te faut pour atteindre ton but. Nous n'avons pas les armes nécessaires ni la volonté requise pour aller dans ce sens. Et tu ne te contenteras pas toute ta vie de chercher à aider les autres, quand bien même c’est ce que tu veux aujourd’hui. Parce que pendant ce temps-là, ce n’est pas toi que tu aides. Il va pourtant bien falloir que quelqu’un le fasse, à un moment donné, non ? » J’ai légèrement grimacé en rentrant ma tête dans une épaule. J’étais presque désolée de lui dire, j’avais l’impression de m’inviter dans un domaine où je n’avais pas été invitée. Je n’étais même pas sûre d’avoir le droit. En réalité, je ne l’avais pas. Mais je l’avais pris.

A quel point Maze était semblable ? A quel point son histoire pouvait-elle être proche de celle d’Abel ? Et de Sam ?



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Maze Ellis
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Avais-je espéré qu'elle lâcherait prise pour une fois? Oui il me fallait l'avouer, je l'avais écouté sans bouger ni même sourciller, sa proximité était étrange pas cela ne me perturbait pas le moins du monde.

Elle était brave et jouait les bravaches souvent et surtout elle faisait ce qu'elle me reprochait, elle cherchait à comprendre le pourquoi du comment pour quelle raison? Pour le plaisir d'avoir raison et par habitude surtout car son instinct ne la trompait pas souvent au final je me devais de l'admettre, dans ma tête en tout état de cause.

J'ai vu qu'elle se détendait alors qu'elle se mettait à parler, j'écoutais et la vis se pencher sur le côté pour m'observer différemment surement, elle avait vu juste sur certains points, mais son silence quand à mes paroles finirent de me convaincre qu'elle ne me contredisait pas car elle ne le pouvait pas tout simplement, me mentir maintenant n'était pas possible, nous étions trop proches physiquement pour que je ne vois pas ce genre de détail.

Je réalisais aussi que finalement, si Reese savait que j'étais un candidat , Maddie ne l'avait pas su, je n'en avais jamais parlé.

- Oui je suis Candidat c'est un fait mais d'ou je viens à tout à voir avec ce que je suis et pourquoi je le fais aujourd'hui.

Je tendis mes poignets pour montrer que nulle cicatrice n'était présente, la puce était la.

- Je ne fuis personne Maddison et je ne cherche pas de vengeance. Je suis tel que je suis parce que j'étais volontaire. Bien sûr on m'avait pas fait lire les petites lignes quand j'ai signé, on m'a utilisé, on m'a étudié, on m'a poussé à devenir meilleur, excellent.

Bien sûr à l'adolescence on n'a pas idée de ce à quoi on s'engage, je ne savais pas non plus ce que Yu développerait comme capacité en moi.

- J'utilise ce que je suis pour aider les gens, les aider à vivre et pas à survivre parce que les voir sourire , être rassurés, trouver un semblant de bonheur, de paix ou de sérénité, ça me permet de vivre par procuration tout simplement. La colère est la seule chose que je ressens, elle est un bon moteur mais pas une finalité. Est-ce ce genre de raison qui font qu'on rejoint Liberation ou pour toi le simple fait d'être un Candidat suffit? N'ai-je pas ma place à l'Underground parce que je ne suis pas né avec le gêne actif?


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Maddison DeLuca
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Je n’étais plus furieuse contre Maze, non, c’était totalement autre chose. Nous étions entrés dans une nouvelle phase de notre relation et même si je n’aimais pas beaucoup ça, je devais reconnaître que c’était sûrement plus sain pour l’Underground que nous réglions tout ça maintenant. J’avais des choses à dire, c’était un fait et j’étais persuadée que Maze aussi, que cela me concerne ou non. Alors, quand il m’a montré son poignet, j’ai levé mes mains, excédée et j’ai ouvert la bouche avant de lui agripper les bras et les serrer.

« Pour l’amour du ciel, MAZE ! Tout n’est pas une question de cicatrice ! Arrêtez de croire que c’est une marque de Libération pour se reconnaître entre eux ! Ca n’a rien à voir ! » Les yeux ronds, je l’ai fixé, sans le lâcher ni perdre une miette de ses paroles. J’avais du mal à faire la part des choses de ce que j’entendais. Je n’étais même pas sûre d’en comprendre la moitié. Mais un Candidat volontaire ?! Je savais que Echo était de ceux-là, elle ne s’en vantait pas mais elle n’en montrait aucune honte, presque fière de ce qu’elle avait accompli. Je ne pensais juste pas qu’il était possible qu’une autre personne puisse avoir été volontaire pour ces expériences. C’était au-delà de ce que je pouvais comprendre. Nous nous battions contre ça, pas pour que des petits Négatifs deviennent des monstres de foire. Les Positifs avaient accepté leur sort, ou pas selon le pouvoir dont ils avaient hérité. Mais je n’en connaissais aucun qui souhaiterait cela à ses enfants ou même à d’autres Négatifs.

J’ai lâché ses poignets pour envoyer un poing contre son torse et le faire reculer au moins d’un pas. « Et ça, tu l’as senti ?! » J’ai à nouveau levé mes mains, près de ma tête. « Qu’est-ce qui tourne pas rond, chez toi ?! Comment tu peux avoir été volontaire pour ça ! C’est une CHANCE que tu aies reçu le pouvoir que tu as et pas un autre ! Imagine ce qui aurait pu t’arriver ! » Est-ce que je montrais une certaine inquiétude pour Maze ?  Possible, il restait l’un des miens, quoi qu’il arrive. Est-ce que j’aurais fait un tour dans le passé pour tenter de l’en empêcher ? J’ignorais les raisons de son choix et il ne m’incombait pas d’aller contre ses décisions, quand bien même je ne les comprenais pas. De plus, Maze n’avait jamais semblé pleurer sur son sort de Candidat. J’ai serré les poings et j’ai refait un pas vers lui pour agripper le col de son t-shirt et le serrer entre mes doigts.

« Non ! Maze, tu as ta place à l’Underground mais ce n’est pas un clan de Positifs et Libération de Candidats, ce n’est pas comme ça que ça marche ! » J’ai donné un léger coup contre son torse sans me détacher de lui. « Candidat ou Positif, ça ne fait pas de différence à mes yeux, nous avons un gène en commun, chacun d’entre nous, c’est un héritage que nous devons accepter et c’est pour ça que L’Underground se bat mais Libération ne cherche pas l’égalité des genres ! » J’étais à bout de souffle, animée pour une raison qui m’échappait sur l’instant. Les révélations d’Abel m’avait déjà ébranlée et il fallait croire que je n’étais pas au bout de mes surprises, même à l’Underground. « Pour rejoindre Libération, il faut de la volonté, beaucoup de volonté, ce que tu as. De la force et de la détermination, aussi. La seule chose qui t’empêche de franchir le pas, c’est que tu as encore quelque chose à perdre. Le jour où ce ne sera plus le cas, tu n’auras plus rien à faire à l’Underground. Pour rejoindre Libération, il ne faut plus avoir de limite. » Je lui ai redonné un léger coup. « C’est pour ça que je m’en prends à toi ! Je veux m’assurer que tu as toujours cette limite ! Grâce à elle, tu demeures humain. Et ça, c’est notre force, à nous. » J’ai enfin lâché son t-shirt en le repoussant et j’ai fait un pas en arrière. J’ai soupiré, me rendant compte que j’avais presque arrêté de respirer tout le long, mais je n’ai pas rendu les armes avant d’en avoir fini. « Alors n’essaye pas d’être gentil avec moi, ou je sais pas ce que tu essayes de faire depuis tout à l’heure ! Je ne veux pas de ton aide, d’accord ?! J'ai besoin de m'assurer que je peux toujours compter sur toi ! Je ne veux juste pas que tu changes ! Je me fiche que tu me tendes la main, je ne crois pas avoir mentionné de problème, je t’ai demandé de venir me chercher parce que je n’ai pas ma moto et que j’ai peur que la jeep me lâche en plein carrefour, c’est tout ! »



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Maze Ellis
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En fin de compte je ne comprenais pas tout, enfin je voyais bien qu'elle avait changé de ton, de façon d'agir mais au final je manquais d'éléments pour pouvoir analyser correctement ses réactions et ne pas agir et la brusquer de nouveau et retomber pour une nième fois dans une impasse.

- Alors expliques moi Maddison, dis moi ce qui les différencient, ne sont-ils pas des candidats en fuite? même cela c'est faux? tu vois je ne les connais pas, je n'ai même jamais cherché à les connaître.

Ma colère retombait petit à petit et surtout cela me permettait de parler plus posément, sans me perdre dans des détails inutiles ou autre. Quand elle me donna un coup de poing sur le torse, malgré moi cela me fit sourire et je répondis du tac au tac sans réfléchir, amusé pour l'instant.

- Non rien senti désolé.

La suite par contre, pourquoi j'avais fait cela?

- Parce que j'ai été élevé pour devenir un bon petit soldat, mes parents m'ont poussé à cela, et quand j'ai signé pour devenir recrue j'étais un adolescent qui buvait les paroles de ses parents. Pourquoi aurais-je douté de deux agents du gouvernements? Pourquoi aurais-je imaginé un seul instant que je n'allais pas être formé simplement à faire comme eux un métier dangereux mais que j'allais être un rat de laboratoire? Pourquoi je ne l'ai pas envisagé? Parce que je ne savais même pas que c'était possible, j'étais un gamin idéaliste et je pensais pouvoir aider les gens, protéger le plus grand nombre. Au final cela ça n'a pas changé sauf que je ne protège pas ceux qui étaient prévus par ce...programme... 

Maddison continuait de frapper mon torse, surement pour évacuer sa nervosité, je la laissais faire dans le fond cela évitait qu'elle ne hurle, qu'elle ne monte dans les décibels et que je craque de nouveau et cède à la une vaine colère. 

Et j'écoutais attentivement ce qu'elle disait et au final je ne comprenais pas réellement ses peurs, pourquoi est-ce que je pourrais tout perdre? Si cela devait arriver cela signifierait que pour une raison ou pour une autre, l'underground et tout le monde aurait été détruit et cela me semblait impossible, j'étais trop volontaire justement pour envisager un tel échec, tout serait mis en oeuvre pour que cela n'arrive jamais mais elle avait raison sur un point, si on me poussait dans mes retranchements, garderai-je des limites? 

Un instant je fermais les yeux et envisageai une scène d'apocalypse, Amber baignait dans son sang avec à ses côtés le géant Marsh, Maybel avait le regard voilé la mort l'ayant déjà embarqué. Reese protégeait le corps de Camy mais un effondrement avait eu raisons des deux, les décombres les avait finalement détruits et dans cette vision Maddison était debout contre un mur, des éclats d'une vitre brisée plantés dans le corps, elle allait mourir mais même ainsi elle ne voulait pas tomber alors que c'était la fin. Et moi? Moi ce foutu don, pouvoir, peut importait le mot m'avait protégé, j'étais ébranlé, fatigué, épuisé mais vivant et seul... Que ferai-je en ce cas la? L'armurerie, les gadgets, les armes de destruction, c'était ça qui me venait à l'esprit, ça et des explosions de bâtiments gouvernementaux ou de la Waleman... Oui elle avait raison, si on me privait de l'Underground un jour alors je perdrai ma limite.


- Alors tache de rester en vie Maddison, assurons nous que l'Underground va tenir le coup, que ma "maison" ne sera pas détruite comme ça je garderai mes limites.

J'inspirais profondément avant de poursuivre.


- Je n'essaye pas d'être gentil avec toi Maddison, c'est juste que c'est visible que cela ne va pas, si j'ai besoin de ces fameuses limites, je crois que toi t'as besoin d'autre chose mais que t'es pas fichue d'en parler. Je suis une tombe alors si t'as besoin, tu sais ou me trouver, point, je n'insiterai pas plus. 


J'observais la porte blindée et j'ajoutais.


- Je peux détruire les gonds, par contre mon bras sera hs ensuite quelques heures tu devras conduire.


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Maddison DeLuca
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Est-ce que tous les Candidats étaient issus du Gouvernement ? Je devais ressembler à une ahurie en l’écoutant. J’avais toujours vécu dans un environnement où les pouvoirs causés par Yu n’étaient pas des bénédictions. Nous apprenions à vivre avec, à nous adapter, à les accepter et ne pas nous sentir rejetés à la moindre occasion. Mes parents s’étaient battus, aux côtés d’autres, pour que cette folie cesse et que nous soyons les seuls à porter un tel fardeau. Pouvait-il exister des parents contre ça ? Des parents qui poussent leurs enfants à devenir… Des monstres ? Et Maze n’avait aucun désir de vengeance ? J’avais tant de mal à y croire ! Je me disais souvent que quelque chose se passait avec ce monde, mais je me demandais toujours quoi.

Et puis, j’ai acquiescé. Sauvegarder l’Underground, au moins, nous avions une mission commune. J’ai baissé les yeux. J’ignorais d’où lui venait sa soudaine mise en garde de rester en vie mais pour sûr que je le ferais. Qu’il garde ses limites, c’était une bonne idée. Très bonne idée. Et je pensais qu’il avait fini. Je pensais qu’il en avait eu assez. Je m’étais suffisamment énervée comme ça. Maze et moi ne communiquions jamais. Ou alors de façon extrêmement rare, et toujours avec une tierce personne à côté. C’était peut-être la première fois que nous nous retrouvions seuls et que personne ne puisse faire faire le tampon entre nous. Au moins étions-nous seuls, sans caméra ni micro et donc personne pour nous entendre. Tout ce que nous nous disions resterait entre lui, moi et… Un cadavre qui puait l’ail pourri. J’allais tourner les talons, pour trouver une autre sortie mais déjà, il reprenait.

De la même façon que j’avais semblé inquiète pour lui, il continuait à bâtir un pont entre lui et moi, et je ne comprenais toujours pas pourquoi. Comment Maze aurait pu percevoir quelque chose et être le seul ? Pourquoi lui ? De toutes les personnes de l’Underground pour s’apercevoir qu’il se passait quelque chose chez moi, il avait fallu que ce soit lui ? Pourquoi pas Reese ? L’idée que Reese ait pu envoyer Maze m’a effleuré l’esprit. Cela faisait longtemps que nous ne parlions plus tous les deux en dehors des sujets de l’Underground, une sorte de commun accord. C’était assez étrange car cela durait depuis que j’avais rencontré Abel. Chaque jour qui passait, je me demandais pourquoi je ne lui en avais jamais parlé. Il était mon supérieur mais il était avant tout mon meilleur ami. Que Maze prenne sa place m’a rendue malade. Et comme chaque fois que quelque chose me retourne l’estomac...

« Comment ça, j’aurais besoin d’autre chose, qu’est-ce que tu entends par là ? » J’ai grimacé en reculant la tête. « J’ai besoin de quelque chose, comme des limites, pour ne pas rejoindre Libération, c’est ça que tu es en train de dire, Maze ? » J’ai écarquillé les yeux et levé les mains pour m’indigner. « Oh mon dieu, je refuse d’avoir cette conversation avec toi. » J’ai tourné les talons, une main toujours tendue vers lui. Mais c’était plus fort que moi. Je l’ai regardé, toujours estomaquée. « Qu’est-ce que j’ai bien pu dire ou faire qui te laisse penser que quelque chose ne va pas ?! Je vais bien ! D’accord ? Je vais même très bien ! Je suis heureuse, mais comme beaucoup de gens, j’ai des craintes, aussi incroyable que cela puisse paraître, oui, il m’arrive d’avoir des craintes ! Comme le fait de recevoir une lettre de l’armée qui m’annonce que mon frère ne rentrera jamais. Ou que si toi tu quittais l’Underground, d’autres se diraient « Hey, pourquoi moi je pourrais pas ?! » Mais je te rassure, tout de suite, je n’irai pas à Libération. Je ne ferai jamais ça à Reese. »

Sérieusement ? Etait-ce là ma seule barrière ? Reese ? Je n’en avais pas d’autres ? J’ai dégluti en ignorant totalement la possibilité de sortir d’ici. Je crois que quelque part, je n’en avais pas envie. Pas encore. C’était très étrange. M’énerver contre Maze me faisait du bien. Pas dans le sens du soulagement, mais cela faisait des mois que je ne disais rien. A personne. L’année avait été si dure et chargée en événements que j’avais mis d’autant plus d’effort à ne rien montrer. Tout ce qui m’était arrivé avait eu un lien, de près ou de loin, avec Libération et j’avais préféré me transformer en une tombe sacrée qu’en parler à quelqu’un. Etait-ce ça qui avait mis la puce à l’oreille de Maze ? A qui en aurais-je parlé, déjà ? Lui ? Vraiment ?! Je n’ai pas fui, je ne me suis pas éloignée mais j’espérais qu’il me donnerait encore de quoi alimenter ma colère. C’était la seule chose qu’il ressentait ? C’était la seule manière que j’avais de m’exprimer.



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Maze Ellis
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Visiblement nous avions quoi qu'il arrive un terrain d'entente et il fallait qu'il existe réellement parce que je voulais croire dans le jugement de Reese, à continuellement nous pourrir l'existence et nous affronter nous risquions avec Maddison qu'un jour ce conflit humain entre nous n'ait des conséquences autres dans nos quartiers respectifs. 
J'y avais réellement réfléchi depuis que j'avais parlé avec Reese et ce n'était pas pour lui que je faisais des efforts mais pour sauvegarder l'unité de l'Underground, si nous pouvions nous entendre en apparence ou dans les grandes longueurs ce serait bénéfique pour tous.

Cet enfermement qui aurait pu virer au cauchemar je le prenais pour une chance à saisir et si nous n'arrivions à rien ainsi alors il nous faudrait continuer et faire comme avant en espérant que cela n'éclate pas.

- Non je ne parle pas de limites Maddison, je t'avoue je ne t'ai jamais imaginé rejoignant Liberation mais peut-être que je me mets le doigt dans l'oeil en fait. Y as-tu songé, n'y a-t-il que Reese qui te retient ?


Ma question était sérieuse pas moqueuse le moins du monde,  j'entrapercevais une complexité que je n'avais jamais imaginer chez elle au final.

- Et pourquoi refuser cette conversation avec moi? 

Mais ce n'était pas la raison de ma question première, j'avais gardé en tête ce qu'elle avait dit plus tôt, et je souhaitais comprendre.

- Non quand je disais que je pourrais t'écouter et rien dire je parlais de ce que tu as dit, que ton pouvoir ne fonctionne pas. Comment est-ce arrivé, peux-tu changer cela?


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Maddison DeLuca
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Maze approchait de la limite. De celle que je ne voulais pas qu’il franchise. Peut-être pas. J’avais envie d’en parler à quelqu’un mais est-ce que Maze serait la bonne personne ? La plus indiquée ? J’ai serré les dents à sa question mais je n’ai pas répondu. D’ordinaire, je me serais insurgée, je n’étais pas du genre à mentir facilement, cela se lisait sur mon visage. Je savais toujours comment contourner les problèmes lorsque le besoin s’en faisait. Le fait même que Maze n’ait jamais songé que je puisse changer de bord - mais pas de camp - m’étonnait. Peut-être avait-il une meilleure image de moi que je n’en avais de lui. J’ai baissé les yeux à sa deuxième question. Reese avait toujours été mon supérieur. Mais Maze était une autre figure pour moi. Et j’avais horreur du pouvoir qu’il exerçait sur moi. Je doutais qu’il en ait été conscient, cela dit.

Contrairement à moi, Liberation n’était pas son sujet préféré. Je ne m’étais pas attention à ce qu’il se préoccupe de moi, en réalité. J’ai relevé les yeux sur lui avec une pointe d’étonnement dans le regard. Maze était-il plus proche de moi qu’il n’y paraissait ? J’ai enfoncé mes mains dans mes poches et rentré la tête dans les épaules, désinvolte.

« On m’a demandé un service l’autre jour. J’ai fait un retour en arrière de 10 jours pour prévenir quelqu’un de faire attention à quelque chose. Et euh… Je n’ai pas pu rentrer dans le présent. » J’ai à nouveau baissé les yeux. « J’ai dû attendre que les 10 jours se passent, je suis restée cachée pour ne pas me rencontrer ni moi ni personne d’autre. » J’ai regardé le plafond avec un rire sans joie. « Bon sang, à force, je ne sais même plus quel âge j’ai réellement. » Je me suis grattée une tempe et j’ai poursuivi après quelques secondes. Il ne faisait aucun doute que Maze attendait une meilleure explication. « Il y a quelques mois, j’ai rencontré un gars en Ville Haute. J’y suis allée pour poser des micros dans un des bâtiments qu’on ciblait et j’ai fait un silence radio plus long que prévu, je ne sais pas si tu t’en souviens. Et euh… Elvis s’était inquiété mais je l’ai rassuré, je lui ai dit qu’il y avait eu des drones un peu partout, que j’avais peur de me faire repérer. Disons que j’ai menti. » J’ai grimacé en haussant une épaule, désolée. « En fait, je me suis faite attaquer. J’ai rien voulu dire parce que je ne voulais pas qu’on me pose de questions, je ne voulais pas parler du gars qui est venu m’aider. On m’a attaquée au tazer et c’est de notoriété universelle que les Sliders détestent les chocs électriques. J’ai d’abord cru que mon problème venait de là. J’y ai beaucoup réfléchi pendant les 10 jours, je me suis demandée pourquoi je ne pouvais pas revenir si j’avais pu partir. J’en ai conclu que ça ne pouvait pas venir des tazer. » 

J’ai détourné mon regard pour le promener sur la pièce et je me suis passé la main dans les cheveux avant de soupirer. Si j’avais gardé mes mains dans mes poches, c’était avant tout pour éviter de paraître nerveuse à les agiter dans tous les sens. « Si tu n’as jamais cherché à trouver Liberation, moi si. » J’ai ouvert la bouche et j'ai terminé après une longue hésitation, et une nouvelle grimace. « Et il se pourrait que j’ai trouvé leur leader. »  J'ai reporté mon attention sur Maze avec une légère crainte de le voir me fondre dessus.



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Maze Ellis
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La réaction de Maddison était au moins une preuve que j'avais réussi l'exploit de la surprendre, de la prendre à contre pied la ou elle ne s'y attendait pas, si encore cela avait été pour jouer, non j'étais juste totalement sérieux en ce moment et le fait que personne ne puisse nous interrompre pour une fois changeait totalement la donne. Personne pour faire tampon, ou nous demander de nous taire en somme, nous étions face à nous même tout simplement et ce que nous disions la nous ne pouvions l'imputer à personne d'autre.

J'ai écouté avec attention ce que Maddison disait et j'ouvrais les yeux en grand tellement cela me semblait invraisemblable et impensable. Et surtout je trouvais cela inquiétant pour deux raisons, pour Maddison elle même qui avait du rester tapie et se cacher d'elle même? Existait-elle aux deux temps à la fois? cela me dépassait mais me rendait curieux et surtout pourquoi c'était arrivé.

- Cela t'était déjà arrivé de ne pas pouvoir revenir? Et dans ce cas... quand tu restes dans le passé, quand le temps présent arrive enfin celui du départ, comment cela se passe pour toi? tu réintègres la trame temporelle?


C'était abstrait pour moi mais je cherchais à comprendre, pas de manière malsaine non, mais pour tenter peut-être de comprendre ce qui rendait les sliders si particuliers finalement.

- Tu penses que cela avait un rapport avec le service ou le moment ou tu devais revenir en arrière?

J’acquiesçais pour la suite car je me souvenais de cette mission qu'elle avait effectué et du fait qu'elle était restée en planque pour ne pas être découverte, c'était hélas souvent notre lot quotidien de devoir disparaître sans pouvoir prévenir personne. Je notais l'attaque et notait qu'un "gars" l'avait aidé mais qu'elle ne le nommait pas. Le tazer ok cela pouvait expliquer que son pouvoir soit détraqué mais pourquoi plusieurs mois plus tard et pourquoi cela l'empêchait de revenir dans son temps mais d'aller dans le passé, c'était sans réponse pour moi et même si Maddison passait à la suite je revins sur ces points.

- Comment un choc électrique il y a quelques mois pourrait avoir un impact maintenant sur toi, as-tu senti des changements, une sensation autre quand tu es partie dans le passé? Et pourquoi cela n'aurait pas d'incidence du coup, tu as une autre hypothèse c'est cela?


J'inspirais profondément avant d'ajouter avec simplcité et sans jugement.

- J'avais donc encore une fois, oui tu vas détester mes mots, raison. Tu as cherché Liberation et tu as peur que je fasse de même. Si tu nous a rien dit c'est que tu as du estimer que Liberation n'était pas notre ennemi non? Et qui de mieux qu'un leader pour t'en convaincre.


Cela expliquait bien des choses, j'aurais pu lui en vouloir mais à quoi bon, cela n'aurait pas fait avancer les choses. Et surtout si elle craignait que je rejoigne tant Liberation c'est parce qu'elle savait comment ils fonctionnaient et que peut-être je pourrais être une recrue pour eux? De nombreuses questions fusaient mais pour une fois qu'on ne se hurlait pas dessus je ne voulais pas prendre de risque.



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Maddison DeLuca
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Le moins que l’on puisse dire, c’est que Maze m’étonnait. Je m’étais attendue à ce qu’il crie, m’insulte, même… Je m’attendais à ce qu’il me fasse passer pour celle qui a tout gâché, qui a trompé tout l’Underground. Encore qu’il n’avait pas tous les détails. Non, ce qui m’impressionnait le plus, c’était… Qu’il s’inquiète. Alors, quand il m’a demandé pour mon pouvoir, j’ai simplement secoué la tête. « Non, c’était la première fois. Je ne m’en étais pas aperçue avant parce que je ne m’en étais pas servi. Quand je voyage, je reviens quelques secondes après avoir disparu devant vous. Je réintègre simplement ma timeline. Je fais en sorte d’être unique dans chaque timeline et de ne rien modifier, de ne pas être vue pour que tout suive son cours. Mais peu importe. »

Je me suis frottée le front en soupirant. Parler de mon pouvoir en même temps que Liberation avait sûrement un lien, mais tout de suite, ça me donnait mal à la tête. « Non, ça n’avait rien à voir avec ce pour quoi j’étais revenue. Je ne sais pas si j’ai une autre hypothèse ou quoi, je n’en sais rien, je ne suis pas sûre de comprendre ! J’y ai longuement réfléchi, je n’arrête plus d’y penser depuis, ça me rend dingue, mais je suis quasiment certaine que le coup de tazer m’a fait quelque chose, que ça a… Déclenché, disons, ce problème, quand bien même c’était déjà en moi. Ce n’est pas mon pouvoir qui débloque. C’est moi. »

J’avais atteint la limite de ce que j’acceptais de confier à Maze. Encore qu’à un moment, je me doutais qu’il en demanderait plus et je ne lui en voudrais pas. Mais plus j’en dirais, plus je mettrais Liberation en danger. Pourtant, à regarder Maze… J’ai soupiré et j’ai lentement acquiescé, le front plissé par l’inquiétude.

« Et tu lui ressembles beaucoup. »

C’était là, mon plus gros problème depuis quelques temps. Les membres de Resistance avaient tous quelque chose de Liberation sans le savoir, ils avaient ce même feu, cette même volonté d’agir coûte que coûte. Cependant, ce n’était pas totalement exact. J’ai tourné les talons en poussant un profond soupir et j’ai agité un bras dans les airs avant de reprendre.

« Je ne connais que lui. Combien ils sont, quelles sont leurs missions, leurs champs d’action, je ne sais pas. Je ne connais pas non plus leur QG. Je l’ai trouvé lui, complètement par hasard, mais je n’ai jamais dit que je considérais Liberation comme des ennemis. Plutôt comme des dangers pour cette ville. Ils nous font du mal de par l’image qu’ils donnent aux Candidats et aux Positifs. Nous ne sommes pas tous comme ça, pourtant, c’est ce que tout le monde commence à croire. nous n’aurons plus une si grande marge de manoeuvre s’ils continuent à agir comme des terroristes. »

Je me suis mordue la lèvre, les mains à la hanche, et j’ai regardé la porte en haut de l’escalier en réfléchissant. J’avais commencé, je me devais de finir. J’ai renvoyé quelques mèches de cheveux d’une main en arrière et je me suis retournée vers Maze. Il ne criait toujours pas et j’avais moi aussi envie de profiter de cette accalmie. Je savais également que Maze de mon côté était une force de frappe au sein de l’Underground, inestimable. Si Maze savait, je me sentirai moins coupable. Reese ne comprendrait pas, lui. C’était, du moins, ce que je pensais. J’avais besoin de Maze à mes côtés. Alors, j’ai inspiré profondément.

« Il a envoyé quelqu’un pour nous trouver. Il voulait comprendre comment nous fonctionnons, où nous étions, je ne sais pas ce qu’il cherchait exactement mais en tout cas, il a réussi. » Maze était intelligent… Il comprendrait très vite de qui je parlais. « Je n’ai pas été courant suffisamment tôt, alors j’ai dû… improviser quand j’ai compris ce qui se passait, afin que personne d’autre ne le sache, éviter une guerre civile au sein de l’Underground. »

Je ne pouvais pas tout livrer à Maze aussi facilement. D’abord, parce que j’avais peur de sa réaction, ensuite parce que je ne voulais pas lui en dire plus qu’il n’en demanderait. Mais, j’ai pourtant secoué la tête. « Je suis désolée, Maze. » Et je l’étais. De n’avoir rien dit, de m’en être prise à lui un nombre incalculable de fois alors que je savais tout ça, d’avoir laissé Reese patauger, mais avais-je vraiment eu le choix ? Maze et moi n’étions pas vraiment ce que nous pouvions considérer comme des amis proches et de confiance. Mais aujourd’hui, il était mon meilleur allié. J'avais cherché à protéger L'Underground, comme Liberation, j'espérais qu'il le comprenne.



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Maze Ellis
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Je voyais bien que je surprenais Maddison, mais dans le fond quoi d’étonnant, nous nous côtoyons depuis plusieurs années, nous nous affrontions au quotidien quasiment mais jamais aucun de nous deux n’avait pris la peine de chercher à connaître ou comprendre l’autre, la situation nous allait. Allions nous remercier cette vieille folle de nous avoir enfermé avec un macchabée ? Non mais au moins nous aurons appris des choses l’un de l’autre et dans le fond pas forcément pour nous, mais pour l’unité de l’Undeground c’était un bon point.

Je hochais la tête suite à l’explication sur les timelines, au final je ne m’étais jamais intéressé au pouvoir des sliders, savoir comment cela fonctionner réellement, ce que cela pouvait impliquer ou pas, parce que je m’en foutais, c’était jouer avec le feu à mes yeux et j’avais commis la bêtise de ne pas vouloir comprendre, peut-être par jalousie envers ce don quasiment divin en un sens ?

La suite était on ne peut plus étrange, le tazer aurait donc déclenché quelque chose, une réaction éventuellement ? Son pouvoir ne débloquait pas réellement. C’était donc autre chose, une autre réaction, une autre cause qui avait provoqué cela et surtout c’était une chose que Maddison n’avait jamais connu avant.

J’écoutais en silence en réfléchissant avec les éléments en ma possession à mesure qu’elle se livrait. J’allais dire quelque chose quand elle enchaina sur Liberation et son leader et j’avoue avoir pris une douche froide sur le coup, je m’attendais à bien des choses, le monde était surprenant mais là. Je ressemblais au leader de Liberation ? En d’autres circonstances j’aurais surement ri de presque bon cœur face à ce genre de révélation mais étonnamment je savais que ce n’était ni le lieu ni le moment.

Je répondis donc à ce qui avait trait à Liberation, gardant en tête des idées pour le don de Maddison.

- Je ne te demanderais de toutes façons pas d’informations sur eux, ce qu’ils font, chacun ses plates bandes dirons nous, j’espère juste que tu es prudente et que tu ne livres rien sur nous. Mais je comprends mieux tes craintes maintenant. Je l’ai déjà dit sans que tu ne me crois réellement mais je ne pense pas pouvoir rejoindre Liberation parce que justement même si parfois j’aimerais agir avec moins de retenue, je ne suis pas prêt à détruire des vies innocentes pour que nous arrivions à nous faire entendre. Je combats pour éliminer la ségrégation qui est faite aux positifs, aux candiats et à tout ceux que ce monde rejette au final, don ou pas. Et si un jour Liberation devient trop nuisible pour nous alors j’envisagerais de les considérer comme des ennemis mais pour l’heure ce n’est pas le cas.

Je me demandais si rencontrer ce leader pourrait être constructif ou pas mais j’oubliais vite ce n’était pas la question du moment. J’écoutais la suite et voyant l’air réellement désolé de Maddison je blêmis, une seule personne était entrée chez nous sans suivre le chemin habituel de l’observation, des tests, et cette personne semblait tellement inoffensive en apparence.

- Est-elle vraiment amnésique ou le feint-elle ?

Je sentais monter à la fois une sourde colère envers elle, j’avais eu confiance en ce petit bout de fille, son naturel était piquant et sa compagnie agréable, jouait-elle la comédie ou pas ? Je me sentais trahi en un sens, mais pourtant Echo avait assuré qu’elle ne pouvait simuler l’amnésie.

Je trouvais malgré tout ce plan hasardeux si c’était bien Sam l’espionne, allaient-il jusqu’à provoquer l’amnésie de l’un des leurs pour qu’elle s’infiltre et apprenne de nous ? Mais ensuite comment était-elle sensée retrouver la mémoire ? J’étais perdu sur le coup autant que sous le choc. Mais d’un côté si le leader de Liberation avait avoué cela à Maddison c’était qu’elle l’avait revu plusieurs fois et …

Une idée nouvelle germa en mon esprit, bizarre, effrayante dans un sens mais possible ?

- Et si tu étais enceinte ? Un bébé, un élément nouveau et étranger en toi, cela pourrait dérégler ta maitrise sur ton pouvoir ? Si il a le don aussi, cela pourrait interférer, s’annuler ?

Oui je passais du coq à l’âne mais bon, j’avais beaucoup à réfléchir et cela demanderait plus que quelques heures pour que je démêle tout et décide ce que je devais penser réellement de tout cela, à froid.


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Maddison DeLuca
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J’ai soupiré et je suis allée m’asseoir sur le bras du fauteuil pour écouter Maze en me frottant le visage. J’ai secoué la tête. Non, elle ne feintait pas, c’était bien ça le problème. J’aurais préféré, elle n’aurait pas cherché à savoir qui j’étais, elle n’aurait pas embobiné Archibald pour des informations qu’elle possédait déjà. J’ai tapé mes cuisses de mes mains en reprenant. « Son vrai prénom est Eve. Et c’est sa soeur. » J’ai fermé les yeux une seconde en soupirant à nouveau avant de reporter mon regard sur Maze. « Bien sûr que non je ne dis rien sur l’Underground, c’est évident. Ils ne savaient pas où était notre entrée, ils ont émis des suppositions, le reste, Skandar a fait son oeuvre. Au final, c’était une chance qu’il soit arrivé. »

J’ai frotté mes mains sur mes cuisses, je ne savais pas réellement quoi faire, il y avait un sentiment étrange naissant. Maze… ne disait rien. Il ne criait pas, il ne s’énervait pas, c’était très bizarre. J’ai eu envie de lui demander de l'aide et par cette trêve, j’ai eu envie de tout lui dire. Mais il fallait croire qu’il avait tout deviné comme un grand. En revanche, sa remarque m’a glacé le sang. J’ai sursauté et je me suis redressée sans pouvoir réagir, les yeux ronds fixés sur lui. S’il ne plaisantait pas sur une théorie pareille, alors soit je n’avais pas le vrai Maze devant moi, soit je me sentais terriblement stupide de ne pas avoir cherché à le connaître mieux avant. J’ai ouvert la bouche mais aucun son n’en est sorti.

Vous savez, je n’ai jamais été très douée en mensonges, je crois. La plupart du temps, lorsqu’il s’agit d’un détail qui me gêne profondément, je… ris. Bêtement, comme une ado de 16 ans ! J’ai machinalement porté une main à mon ventre en secouant la tête, le visage blême. « Je ne suis pas enceinte Maze, crois-moi, je le saurais. Et pour ta gouverne, un machin, truc... bidule, enfin ce que tu veux là-dedans n'a jamais dérangé mon pouvoir, alors je ne vois pas… Mais attends une seconde… » Je me suis relevée en gardant un index en l’air pendant que je le fixais, un détail revenant inlassablement attiser ma curiosité. « Tu ne dis rien ? Tu ne t’énerves pas, pas de bras d’acier menaçant, pas d’éclats de voix ? » Et puisqu’il ne montait pas d’un cran… Je l’ai fait pour lui. « Maze, je vais avoir besoin de toi pour la faire sortir de l’Underground avant que toute sa mémoire ne lui revienne et que les autres se rendent compte du loup dans la bergerie alors si tu dois me hurler dessus à parce que je vous ai caché des choses pour éviter un conflit inutile, j’aime autant que tu le fasses maintenant ! »

Je me sentais de moins en moins en sécurité. Maze était plus proche de tout apprendre maintenant qu’il ne l’avait jamais été. Archibald avait dû faire des recherches pour ça et n’avait pas daigné me poser une seule question quand lui, en revanche, s’assurait ma franchise. Je ne supportais pas l’idée de le voir si calme, sans s’en prendre à moi. J’étais persuadée d’avoir commis une bêtise avec Abel et si Maze n’y réagissait pas, qu’est-ce que cela voudrait donc dire ?

« Je lui ai promis de la faire sortir sous trois semaines avant qu’il ne soit trop tard. Archibald a fait des recherches sur moi, il a fait le lien avec Liberation et Samiha et il a trouvé des fichiers je ne sais où. Il a des noms, des photos, des vidéos ! Je n’ose même pas imaginer ce qu’il peut faire comme dégâts s’il révèle tout ça à qui que ce soit. Liberation ne sont pas des terroristes ! Ce sont des gens biens, Maze, ils sont juste… Ils n’ont juste pas eu autant de chance que nous ! Je n’ai rien dit depuis tout ce temps parce que… Et bien parce que je les protégeais, je ne voulais pas qu’on me force à dire où ils étaient ! Et maintenant, je passe pour un traître alors que si j’écoutais Liberation, il aurait déjà fait un Raid sur l’Underground pour éliminer Archi ! Je veux dire… C’est… C’est compliqué ! Et je ne suis pas parfaite, je le sais ! Mais j’estime que nous avons d’autres chats à fouetter que Liberation en ce moment et je ne SUPPORTE PAS de savoir que quelqu’un m’a suivie et a découvert des choses sur moi particulièrement intimes qui me sont très personnelles ! Ces informations sont là, quelque part, prêtes à exploser comme une bombe parce que celui qui les détient me considère comme une ennemie au sein même de la communauté que J’AI fondée avec les autres. Je donne SUFFISAMMENT de mon temps, de ma vie et de ma dévotion à l’Underground pour avoir le droit, de temps en temps, moi aussi, de posséder quelques secrets qui, très honnêtement… » J’ai éclaté de rire, mais sans aucune joie, plus par sarcasme. « ...Ne regarde personne, Maze, crois-moi ! »

J'ai repris ma respiration, face à Maze et j'ai pincé les lèvres, peu fière et loin d'être aussi vindicative comme il en avait pris l'habitude, car ce n'était pas à lui que je m'en prenais, cette fois. S’il supposait que j’étais enceinte, j’imagine qu’il avait donc lui-même fait le lien, non ? … Non ?



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Maze Ellis
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Ainsi le véritable nom de Samiha était Eve, c'était marrant que le nom de la mère de l'humanité soit le pseudonyme choisit par un membre de Liberation, avaient-ils réellement des visées d'hégémonie et souhaitaient-ils que l'avenir de l'humanité passe par ceux ayant le don? Ou était-ce un signe de leur orgueil, se pensaient-ils vraiment supérieurs? Cela tournait dans ma tête je n'aimais pas spécialement cela.

J'inspirais profondément et rejoignit Maddison en m'asseyant sur le canapé, tête retenue pour mes mains, je me massais les tempes, pas par mal de crâne mais par réflexe, c'était signe d'une rare agitation en moi. Les fois ou perçaient plus que la colère étaient tellement rares que cela me perturbait et je n'aimais pas cela.

D'abord le premier sujet, le plus simple en un sens car Maddison avait des réponses à m'apporter. Je hochais la tête, ok elle n'était pas enceinte, c'était une hypothèse qui me semblait plausible sur le coup, je n'irais pas plus loin, le concept de déni existait mais au pire des cas Maddison vérifierait dès qu'on serait sorti de cette salle empuantie par la mort. Et je réalisais autre chose, elle avait donc déjà porté la vie au vue de ses paroles, une fausse couche? une ivg? elle avait connu le fait de porter la vie à un moment ou un autre pour certifier que ce n'était pas cela que cela ne perturbait pas son don. Je ne poussais pas les confessions ce n'était pas le but, j'avais ouvert trop de vannes c'était l'impression que j'avais, je voulais savoir, comprendre mais qu'allais-je faire de tout cela? Reese m'avait demandé d'en savoir plus c'était fait, et je ne savais pas mentir, pas plus qu'elle, nous étions donc dans un merdier monumental !

- Je ne m'énerve pas parce que je ne vois pas à quoi cela servirait, je ne suis pas seulement en colère Maddison, bien sûr ça bouillonne, mais la c'est tellement énorme que cela dépasse nos querelles habituelles, j'ai pas le droit de jouer les coléreux, l'heure est grave et tu sais aussi bien que moi, que je suis incapable de mentir moi aussi. Alors je réfléchis et j'ai pas de temps à perdre en hurlements ou coups sur les murs.

Cela ça viendrait après car j'aurais besoin d'un exutoire ensuite.
Analyse, tri, regroupement, j'étais doué pour ce genre de choses et avec quelques secondes de plus je finis de faire des liens que j'avais écarté de prime abord, Maddison ne connaissait pas juste Abel, elle avait une liaison avec lui et depuis longtemps déjà. En un sens cela ne m'étonnait pas, il me semblait impensable qu'elle puisse avoir une relation basique un mec lambda, elle était trop... elle !

Allais-je la juger? lui dire que c'étai irresponsable? Nul besoin elle savait que c'était dangereux, l'avait toujours su sauf que la soeur d'Abel chez nous cela changeait tout. On avait une espionne, un loup dans la bergerie, un loup adorable charmant mais ça c'était Sam, je ne connaissais pas Eve et encore moins ce qu'elle faisait, qui elle était avant. Je songeais à Reese et je secouais la tête, il appréçiait la "gamine" plus qu'il ne l'aurait du j'en aurais mis ma main à couper.

Le silence plana autour de nous alors que je baissais la tête, ce que j'allais dire était horrible je le savais mais Maddison avait demandé mon aide et j'allais lui dire ce que nous devions faire, nous leaders de l'Underground pour protéger les nôtres.

- Il n'y a que peu de solutions, soit Samiha reste parmi nous avec ou sans sa mémoire, peu importe, prisonnière de nos installations. Soit elle meurt, elle sait quasiment tout de nous, elle a été intégrée parmi nous comme l'une des nôtres, elle sait trop de choses, et autant j'aurais envie de dire Sam ne nous veut aucun mal autant tu ne peux pas me garantir que c'est le cas de Eve. Elle a été envoyée pour apprendre sur nous, et je ne peux pas envisager de laisser une telle faille dans nos défenses et installations en la laissant rejoindre son frère et Liberation.

Ou alors...

- Ou si on la rend à Liberation, on doit avoir accès aux même infos qu'eux et pas toi, tu es trop impliquée, ce doit être moi ou Reese. Les informations resteront entre nous mais nous devons avoir la même menace envers eux, la même certitude que nous pourrions agir contre eux au besoin. Je ne laisserai donc partir Sam vivante de l'Underground qu'à cette condition. Il y a donc trois choi.


L'idée de devoir tuer une "innocente" me déplaisait mais j'avais juré de défendre à tout prix ma propre famille et si Maddison avait peur de mes actes, elle pouvait mesurer pleinement ce que j'étais prêt à faire pour l'Underground et en aucun cas cela n'impliquait rejoindre ou être attiré par Liberation. Non la ils étaient les agresseurs, ils avaient voulu se jouer de nous, nous espionner, nous étions donc potentiellement une menace, un danger à leurs yeux, on ne va pas espionner des alliés, nulle part.


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Maddison DeLuca
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En réalité, j’aimais bien ce Maze. Il m’aidait à réfléchir, il me donnait du crédit, il essayait avant tout de comprendre, il posait des questions, ce que Archibald n’avait pas pris le temps de faire. J’avais un peu plus l’impression d’être entendue. Je me suis tordu un ongle le temps qu’il reprenne enfin la parole. Je me suis rassise sur le bord du fauteuil et j’ai soupiré en me frottant le visage à mon tour. Je n’étais pas lasse mais j’étais nerveuse, extrêmement nerveuse. Maze me promettait une bombe à retardement et je l’aurais méritée, alors je ne me serais pas défendue. Enfin, je ne pense pas.

J’ai relevé la tête quand il a repris la parole, toute ouïe. Mais je n’étais pas préparée à ce qu’il allait me proposer. Un coeur a raté un battement et j’ai manqué de m’étouffer à sa seconde solution. Je n’ai même pas attendu qu’il finisse pour glisser sur la table basse en poussant les objets et me placer face à lui en levant les mains.

« ‘Soit elle meurt ?’ Maze, tu te rends compte de ce que tu dis ?! Tu ne peux pas être sérieux... Tu t’es entendu ?! » Les yeux ronds, je l’ai observé alors qu’il n’était qu’à quelques centimètres de moi. J’ai penché la tête pour tenter de capter son regard, le souffle court. Si j’osais, j’aurais pris ses mains pour le secouer comme un prunier et le ramener à la réalité. L’idée même que Reese ou Maze s’approchent de Liberation m’était insupportable. Mon instinct de protection était aussi vivace pour les uns que pour les autres. J’étais blême quelques minutes plus tôt, je l'étais toujours. Je n’arrivais pas à croire ce que j’entendais. Pas venant de lui.

« Tu n’y penses même PAS, Maze ! » Soufflée, j’ai ouvert la bouche mais je ne savais plus quoi dire. « Et je ne vous laisserai pas vous approcher d’eux, non, c’est hors de question ! » J’ai pris son menton dans une main pour l’avoir bien en face. « Est-ce que tu sais quelle a été sa première réaction quand je lui ai parlé d’Archibald ? Il m’a expressément ordonné de le lui livrer pour l’éliminer. Ai-je obéi ? Bien sûr QUE NON ! Tu n’as pas l’impression d’avoir le même raisonnement ?! N’ose plus jamais me répondre que je n’ai pas de quoi m’inquiéter ! » J’ai lâché son menton, le regard dur et sévère et je me suis légèrement redressée. « On ne va tuer personne, Maze. Personne. On doit la rendre à Liberation. Reese a pris soin de ne lui montrer qu’une seule sortie, il nous suffira de la condamner et de trouver un autre moyen, c’est tout. Pour le reste, il ne m’a jamais posé de questions, je ne vois pas pourquoi il le ferait maintenant. Et ne me dis pas que je suis trop impliquée ! C’est VOUS qui vous êtes lâchement attachés à cette fille ! Nous avons suffisamment d'informations contre eux pour ne pas avoir à en chercher d'autres. »

Il fallait bien que je renvoie une pierre à Maze, je ne pouvais pas être seule à tout porter, vous ne croyez pas ?



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Maze Ellis
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Je savais que ce que je disais allais la faire revenir sur son inquiétude première mais comment pouvait-il en être autrement ? Si elle partageait une partie du quotidien de Abel, n’avait-elle pas entraperçu par elle-même ce qu’être Candidat signifiait ? Ne pouvait comprendre l’inoculation de ce virus, les tests, l’endurcissement, les tortures mentales et physiques que nous avions tous subi par n’importe quelle organisation avaient eu un effet plus que néfaste sur notre humanité et notre volonté ? Réduisant l’une à une fétu de paille et faisant atteindre des sommets à l’autre ?

Je levais un regard sans expression sur elle.

- Bien sûr que je sais ce que je dis, je ne lâche pas ce genre de phrase sans y songer sérieusement.


Elle s’énervait, je voyais en elle une petite mère dépassée par des mauvais enfants qui lui en faisaient voir de toutes les couleurs.

- Toi et moi-même si aujourd’hui nous avons trouvé certains points d’entente ne pourrons jamais penser pareil tu le sais très bien. Tu es tout ce que je ne pourrais jamais être, une mère protectrice pour l’Undeground, moi je suis son bras armé et je ne peux être autre chose c’est en moi Maddison. Ne me demande d’avoir de la pitié, je fais ce qui est juste pour nous tous, pour nous protéger. Evidemment que tu n’as pas donné Archibald, je ne sais pas si j’aurais réagi pareil, je pense que moi j’aurais enfoncé mon poing dans celui qui voulait que je lui livre un des miens, mais là on parle d’un membre de Libération en infiltration chez nous.


Je secouais la tête de dépit et aussi je me demandais si elle était sérieuse elle aussi.

- On bouche une sortie ? Oui bien sûr, même deux car avec pas de chance quand je lui ai fait prendre l’air je lui en ai montré une seconde sortie, c’est sûr cela règlera tous nos soucis. Il suffira d’oublier le fait qu’elle connait notre organisation, notre mode de fonctionnement, nous connait nous, leaders et autres, elle connait nos visages et nos noms, nos fonctions sous terre et peut-être les rôles extérieurs de nombreux membres de Salvation. Qu’est-ce qui empêchera Libération de nous traquer et de trouver nos autres entrées ? Rien du tout Maddison ou alors tu es une grande naïve. Et Reese ne t’a jamais posé de question mais il sait que tu lui caches des choses importantes et que tu mens par omission, ne le sous estimes pas, il est plus perspicace que moi crois-moi. Quand à Sam… Oui je l’apprécie, son naturel me changeait mais si tu imagines que je me suis entiché d’elle tu te mets le doigt dans l’œil profondément, j’aurais même volontiers partager mon lit avec elle, tout comme je l’aurais fait avec toi si t’étais pas si pénible et bavarde
.

S’enticher de quelqu’un ? En étais-je seulement capable ? J’appréciais ou pas la compagnie de certaines personnes, trouvant des sujets de discussions avec elle, ou des sujets de conflit, mais éprouver autre chose ? Non cela m’était impossible. Physiquement tout fonctionnait, je ressentais de l’attirance physique et avait des partenaires d’un soir mais cela se limitait à faire dans de l’hygiénique (Très classe non ? ;p je me fais rire comme une conne sur ce coup)

Relevant mon regard sur Maddison je ne la quittais plus des yeux tout en me relevant.

- Je t’aiderais à faire sortir Sam de l’Undeground, les pieds devant au pire, ou vivante si on peut en échange avoir le même niveau d’informations sur Liberation, à toi de voir et de proposer à Liberation. Et tu sais que je suis sérieux, je protégerais l’Underground et n’essaye pas de faire sortir Sam en douce parce que la ce serait trahir ce que tu as toi-même construit de tes mains.


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Maddison DeLuca
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Je n’étais pas fière, non. Je jouais avec mes doigts, les avant bras appuyés sur mes genoux pendant qu’il parlait. Quelque part, j’y entendais un certain compliment mais je n’ai pas osé y croire pour peu que ce ne soit pas le cas. Je n’imaginais pas Abel s’en prendre à moi, ni à l’Underground. Nous étions des Positifs et des Candidats, des Négatifs même, une sorte de camps de réfugiés et il me l’avait dit, il nous prenait pour des utopistes mais ils n’avaient aucune raison de nous attaquer, nous faisions la même chose qu’eux.

« Moi. Il ne me ferait jamais rien. » Sur ça, j’avais un doute mais profondément enfoui dans mon esprit, oublié et dissimulé sous un tas de débris inutiles. Néanmoins, je le savais à présent, Abel ne s’attaquerait pas à l’Underground sans une raison parfaitement valable, et pas si cela impliquait de me mettre en danger. Si c’était mon travail, il n’hésiterait pourtant pas à défendre l’Underground et tous ceux qui y vivaient s’ils étaient menacés. La crainte de Maze était infondée, ou bien mal dirigée. « Ils n’ont jamais cherché à nous attaquer, pourquoi le feraient-ils maintenant ?! Ils cherchaient juste une information, ils se fichent bien de savoir qui on est. »

A la mention de Reese, j’ai relevé les yeux sur Maze, d’autant moins fière et le front soucieux. Je ne voulais pas être une mère pour qui ce soit, j’avais suffisamment manqué de la mienne et j’avais - quelque part en moi - parfois le désir que jamais personne ne connaisse sa propre mère, simplement pour qu’ils sachent ce que cela fait. Et dans le cas présent… Je n’avais rien d’une mère si vous voulez que je vous dise la vérité. Mais peut-être que s’il ressentait des sentiments comme les miens, il ne tiendrait pas le même genre de discours. C’est pour cette raison que j’ai grimacé à l’évocation d’une Samiha dans les draps de Maze. Très sincèrement, rien que l’image me dégoûtait. J’ai une seconde fermé les yeux, le temps que ça passe mais il a enchaîné sur moi et là, j’ai même reculé sur la table basse en grognant.

« C’est dégoûtant. » Je suis certaine que tous les hommes adoraient entendre ce genre de réflexion lorsqu’il s’agissait de… leur virilité. « Oh, Seigneur, merci de m’avoir mis l’image dans la tête. Je ne peux plus te regarder, maintenant. » Les yeux fermés pour ne plus le voir, j’ai dressé un index en cherchant mes mots et j’ai fini par le désigner. « Je n’ai jamais fait référence à ce genre d’attachement, je m’en tenais au fait que vous la protégiez à présent comme l’une des nôtres et tu retournes ta veste maintenant ? » J’ai rouvert les yeux sur lui. J’alternais entre la leader protectrice, l’amoureuse fidèle et l’amie loyale. Les trois ensemble avaient de quoi coller une migraine à un mort, sûrement ce que Maze avait voulu dire par « pénible et bavarde ».

« Et quoi, je lui demande s’il est ok pour qu’on liquide sa soeur ? » J’ai relevé les yeux sur lui, plus froide. Je ne savais pas comment le prendre, comment lui faire comprendre, le toucher, d’une façon ou d’une autre. Mais je n’aurais jamais pensé un jour me mesurer à lui sur un sujet aussi sérieux et dangereux car, oui, c’était dangereux. Avant qu’il ne s’écarte, ne s’éloigne ou quoi que ce soit, alors que des frissons me parcouraient toute l’échine, j’ai attrapé son poignet pour le retenir et j’ai gardé le silence. J’ai une seconde fermé les yeux avec l’impression que mon coeur allait faire exploser mes côtes dans ma poitrine. J’étais dans une impasse, du moins, c’était l’impression que j’en avais et je manquais d’air, pas uniquement à cause de l’endroit où nous nous trouvions. Mais j’y étais. Ce moment que j’avais redouté pendant près de deux ans, j’avais toujours cru qu’il serait face à Reese, pas face à Maze.

« Tu crois vraiment que Reese te laisserait faire une chose pareille ? »

J’ai dégluti. Maze me mettait au défi de prouver ma loyauté envers l’Underground, mais je n’avais pas besoin de ma promesse faite à Abel pour refuser un tel traitement envers sa soeur. Je n’ai pas lâché son poignet malgré que mes doigts tremblaient sûrement. J’ai dégluti à nouveau, j’étais à ce moment qui m’avait faite garder un secret plus lourd que moi.

« Je ne peux pas te promettre une telle chose. » Je commençais déjà à établir un plan pour la faire sortir. Mais puisque je m’opposais à lui, je devais lui prouver que j’avais de bonnes raisons. Je me suis humectée les lèvres, pas stable pour un sou. « Je connais son vrai nom. Je sais d’où il vient, où il vit et j’ai des enregistrements de l’exécution de Howard Stenton. » Je me rendais malade. J’ai péniblement relevé le menton pour le regarder et j’ai cligné des paupières sur une voix bancale. « Ca devrait suffire, non ? » J’avais envie de vomir. Je me haïssais.



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Maze Ellis
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Quand Maddison me dit qu’Abel ne lui ferait jamais rien, je vis dans son regard qu’elle l’espérait réellement mais qu’elle n’était totalement sûre de son fait. Qu’elle mette sa vie propre en danger c’était son affaire même si cela m’aurait dérangé clairement.

- Pourquoi ont-ils décidé maintenant de chercher des informations sur nous alors ? Pourquoi ? qu’ont-ils obtenu qui assurerait qu’ils s’arrêtent la ? Je déteste l’idée d’avoir une épée de Damoclès au dessus de la tête.

J’avais dit une connerie je le savais bien mais en un sens cela m’amusait sur le coup, elle était jolie et attirante, pourquoi n’aurais je pas dit la vérité ? Qu’un cinq à sept avec elle, mon éternelle ennemie préférée ne me dégouterait pas ? mais bon visiblement l’éventuelle attirance n’étant pas franchement à double sens je me gardais d’en rajouter une couche et de faire ce que maitrisent les hommes : les lourds !

- Je protège l’Underground, elle était une des nôtres pour moi, Sam. Mais Eve… Je ne retourne pas ma veste je ne peux juste pas envisager de laisser une inconnue décider de ce qu’elle veut, peut balancer sur nous.


Bien sûr demander à Abel cela pour sa sœur c’était quelque peu limite je devais l’avouer. Et la suite me frappa comme une révélation, elle avait raison en un sens de se méfier de moi car j’agirais même sans l’aval de Reese je le savais. Avais-je besoin de répondre ? Bien sûr que Reese refuserait qu’on fasse du mal à Sam, il était protecteur. Au final être une arme sans conscience simplifiait les décisions froides et brutales c’était un fait mais voir l’horreur qu’on inspirait en disant ce qu’on pensait restait perturbant. Est-ce que cela m’arrêterait ? Non, quand je faisais un choix je m’y tenais mais cela m’ennuyait, je crois qu’avec le temps j’avais commencé à apprécier de me sentir écouté, que se passerait il si j’agissais contre tous ? Serais-je rejeté alors que je ne voulais que protéger les nôtres ?

J’ai failli virer la main de Maddison quand elle s’est saisi de mon poignet, j’avais l’impression qu’elle risquait de me brûler ce qui était stupide non ? Et Maddison se livra et je fus littéralement sous le choc. Elle avait gardé tout ça pour elle. Je restais un moment encore à ne rien dire avant de faire un truc spontané et stupide ne me ressemblant pas mais qui me semblait peut-être approprié pour le coup. J’attirais Maddison contre moi pour la serrer dans mes bras et dire.

- Tu nous as mis dans un sale merdier. Tu gardes ça depuis trop longtemps je crois.

Avant de la relâcher et tacitement peut-être d’accepter de revoir ma position.


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Maddison DeLuca
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Pour que quelqu’un que vous n’aimez pas - et qui ne vous aime pas - estime que vous avez besoin d’un gros câlin, c’est que, de toute évidence, votre visage vous a trahi et que vous êtes au bord du gouffre. Partant de cette idée, l'étreinte de Maze a eu un effet tout aussi inattendu chez moi. Non que je ne me sois réellement collée à lui, bien que je ne l’ai pas repoussé, pas même dans l’idée, ni que j’ai passé mes bras autour de lui pour le serrer d'autant plus, je n’avais tout de même plus 15 ans - sauf au contact de Jefferson. Mais le fait même que Maze puisse y songer et me considérer comme une âme à réconforter - quand bien même il estimait très bien que j’ai fait une grosse bêtise -, c’était beaucoup trop pour moi. C’était… Tout ce dont j’avais réellement besoin, sans l’avoir soupçonné jusque là.

J’ai porté une main à ma bouche en réalisant ce que je venais de dire, le geste de Maze, ses paroles. Si lui était content d’avoir des décisions difficiles à prendre car sa conscience ne le travaillait pas et si Reese était incapable de prendre ces dites décisions car son emprise humaine était bien plus présente que celle de Maze et moi réunis, quant à moi, j’avais non seulement une conscience forte, mais aussi la terrible faculté de prendre mes décisions, quoi qu’il en coûte. Comment l’Underground avait réussi à tenir jusque là avec trois leaders de la sorte, c’était probablement un miracle.

J’avais décidé, j’avais assumé, garder le secret d’Abel était mon choix et c’était aussi une promesse que j’honorerais. Ce n’était pas parce que je laissais entendre ce que je savais que j’allais livrer les informations aussi gratuitement. Si Maze voulait connaître un temps de guerre, j’allais lui montrer comment on prenait nos décisions autour d’un fusil d’assaut. Je n’avais pas encore trahi Abel, ni l’Underground. J’étais encore dans la course, mais j’ai failli, d’une certaine manière et un jour viendrait où je ne pourrai garder les lèvres scellées.

Un sale merdier, c’était un bien faible mot. Je l’ai laissé s’écarter et j’ai reniflé en me passant une main sur le visage pour écarter des mèches de cheveux en travers des yeux. J’ai acquiescé, les lèvres pincées. Deux ans, pour être exacte, presque jour pour jour. Et je ne gardais pas que ça pour moi, mais Maze avait-il réellement besoin de le savoir, ou essayais-je simplement d’alléger ma conscience ?

« Deux ans. » J’ai frotté mon nez de mon poignet avant de reprendre. « Après la mort de Stenton, j’étais furieuse et… J’avais envie de brûler le monde entier. J’étais ivre de rage que quelqu’un ait pu poser la main sur lui sans me laisser l’honneur de l’abattre moi-même après tout ce qu’il nous a fait. Alors j’ai cherché le coupable pendant des semaines, j’avais la ferme intention de me le faire, je voulais buter ce fils de pute qui m’avait pris ma place. » J’ai soupiré en secouant la tête et un léger sourire s’est dessiné sur mes lèvres. « Je n’ai jamais trouvé celui qui a tiré mais je l’ai trouvé, lui, un peu par hasard. Bien sûr, il n’a jamais voulu me dire lequel de Liberation avait tiré mais ça m’était égal, tout à coup. » Je me suis raclée la gorge en repassant une mèche derrière mon oreille, cherchant à récupérer ma contenance. « On ne parle jamais de l’Underground, ou de Liberation, on sait que ça impliquerait de mentir pour protéger les nôtres et le mensonge ne fait pas partie de nos options de communication. Alors, évidemment, quand j’ai appris pour sa soeur, j’étais furieuse, hors de moi. J’ai déjà cogné des gars, j’ai déjà tiré sur des hommes mais… Je ne crois pas avoir un jour frappé aussi fort que ce jour-là. » J’ai repris son poignet pour plonger mes yeux dans les siens. « Promets-moi, Maze… Promets-moi de ne rien dire à personne. S’il te plaît, personne ne doit savoir, Reese me tuerait s’il savait que je lui mens depuis des mois. Il faut que tu m’aides, c’est trop important. Si je dois avoir besoin de toi un jour alors c’est aujourd’hui. Tu voulais que je parle, je te parle, là ! Et si tu en veux plus, je t’en donnerai plus si ça peut te convaincre que tout ce que j’essaye de faire, c’est conserver une paix et la tête de troupes tournées dans le bon sens de la marche. Reese ne doit pas savoir, il ne comprendrait pas. »

Et ainsi est né la barrière qui s’est érigée entre Reese et moi. Jusque là, il avait été entre Maze et moi mais nous avions à présent un terrain d’entente sur lequel Reese n’avait pas de droit de passage. Ce qui nous mettait, naturellement, lui contre nous, d’une certaine façon. Je n’en étais pas fière et mais ça a sûrement expliqué mes nombreuses disputes avec Reese. J’aurais dû lui parler d’Abel, dès le départ, et il aurait sûrement compris. Je n’étais finalement pas si courageuse que je le disais. Le fait même de partir du principe que Reese, un Négatif, ne pouvait comprendre l’accord que je tentais de passer avec Maze, n’était-ce pas une manière détournée de me croire suffisamment supérieure et inégale pour le mettre à l’écart ?



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Maze Ellis
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En réalité j’avais été très surpris de ne pas me prendre une gifle ou un coup de poing dans le torse ou l’épaule parce que pour moi c’était ainsi que réagissait Maddison en temps normal mais la rien n’entrait dans le terme de « normalité » , cette conversation, ces échanges dans ce trou sous terre resteraient entre nous et ici.

Deux ans qu’elle gardait tout ça pour elle ? Pas étonnant qu’elle ait été à cran en permanence et dans la crainte que je me décide à aller voir à Liberation et que de la je réalise qu’elle y avait ses « entrées », c’était le monde à l’envers et je ne voulais pas prendre de décision à la hâte.

Puis elle recommença à prendre mon poignet, elle était tactile finalement comme fille c’était bizarre surtout pour moi, la voir faire ce genre de geste pour capter mon attention. Elle n’en avait pas besoin, ici il n’y avait qu’elle et moi, et un maccabée qui avait la décence de ne pas se manifester.

Je soupirais alors qu’elle me demandait l’impossible.

- Je ne peux te promettre de ne rien dire, de ne pas aborder le sujet peut-être oui, mais je ne sais pas et ne veux pas mentir, pas à Reese. Tu réalises ce que tu me demandes la réellement ? Le mettre sur la touche c’est à ça que ça revient, en gros je dois choisir entre lui ou toi c’est l’impression que me donne ta requête. Reese est peut-être le plus humain de nous Maddie et le plus à même de comprendre qui sait ?


J’avouais ne pas savoir comment il pourrait réagir à ce genre de bombe, et surtout comment pourrais-je ne rien dire si il me demandait si j’avais creusé sur ce qui dérangeait Maddison ? Mentir par omission ? Peut-être possible mais il me faudrait du temps pour choisir les termes que je pourrais livrer sans risque aucun et le pire c’est qu’il me faudrait voir avec Maddison pour qu’elle sache ce que je livrerai, qu’elle puisse être prête. Je commençais à réfléchir sur comment mentir ? Avais-je donc en parti déjà choisi de rendre « service » à Maddison ?

- Aie confiance en moi jusqu’au bout alors, dis moi ce que tu sais, tu ne porteras pas ce poids seule.

J’avais accepté, le diable m’avait détourné de ma route et je prenais une pente dangereuse, celle du secret, la pente même qu’elle disait craindre me voir prendre. Avoir des secrets c’était toujours le début de la fin ou alors j’aurais de quoi agir ensuite pour nous sortir de la. Par contre je commençais à manquer d’espace, il allait falloir que j’aille défoncer cette porte blindée et nous faire sortir de la, depuis quand étions nous ici ? J’avais besoin de respirer un bon coup, boire quelques verres et réfléchir à tout ça au calme, à froid, seul.


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Maddison DeLuca
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Pour quelqu’un qui n’avait jamais touché une parcelle de peau de Maze - à part dans mes rêves - il était vrai que je me montrais plutôt tactile. Mais je l’étais. J’ai serré les poings pour que Maze entende clairement un de mes arguments pour n’avoir rien dit.

« Reese… Est déjà passé par là. Bon sang, il a même failli se la marier la nana de la Waleman ! Et quoi, maintenant, je lui dis que j’ai protégé un membre de Liberation au sein de l’Underground parce que j’en ai fait la promesse à un gars de Liberation pour qui je donnerais ma vie ? Ca sonne comment à ton oreille, Maze, au juste ?! » J’ai cligné des yeux, la tête droite et la surprise irradiant mon visage. « Il ne nous a jamais déçus, comment suis-je supposée lui demander de continuer d’avoir confiance en moi et de me croire quand je lui dis que Sam n’était qu’un accident et que Liberation ne nous fera jamais de mal ? » J’ai porté mes mains sur ma poitrine. « Je sais que j’ai fait une très grosse erreur et je ne te dirai pas que parce que je le peux, je vais revenir en arrière pour la corriger parce que je n’ai pas envie de la corriger, Maze. J’aime cette erreur, et je sais que c’est grave, qu’un jour, je vais être les pieds au pied du mur avec un arme pointée sur ma tête et une seule possibilité : attendre le coup fatal. Je le sais et je l’assume, je trouverai une solution mais je ne peux pas… Te donner ces informations comme ça, je suis désolée. Je ne peux pas le trahir simplement parce que tu as besoin d’un point de pression ! Savoir que je détiens ces informations, ça ne te suffit pas ? Si Sam agit - ce qui m’étonnerait - alors nous aurons de quoi riposter mais ça n’arrivera pas ! J’ai besoin de savoir que je peux avoir confiance en toi mais il faut que tu comprennes que tu dois aussi commencer à avoir confiance en moi, sinon, tout ça ne fonctionnera jamais. »

J’ai repris mon calme et j’ai soupiré en fourrant mes mains dans mes poches, désolée. « Je n’aime peut-être pas l’idée que tu puisses être si proche de Liberation sans le savoir, je suis d’autant plus terrifiée à l’idée que Reese puisse comprendre à quel point je l’ai déçu. Mais ce qui me visse les pieds dans le sol et me tétanise ? » J’ai joué une seconde avec ma langue en roulant des yeux vers le plafond pour gagner suffisamment de courage. Je me suis mordue les lèvres en roulant des yeux et gesticulant sur mes jambes. Il fallait que je prouve à Maze que j’étais toujours la même, il fallait que quelqu’un soit de mon côté et comprenne. Si cela devait être Maze, alors qu’il en soit ainsi. « C’est que moi… Je puisse être attirée par Liberation. Je crois que ma seule option serait de quitter de l’Underground. »

Trahir l’Underground me travaillait l’esprit depuis un moment, maintenant. J’avais aussi compris une chose avec Samaël, c’est que je n’étais pas le cul entre deux hommes mais entre deux sentiments. Au fur et à mesure, ma voix avait baissé, jusqu’à exprimer de la honte, sûrement. « Et ça me fait peur, Maze, de ce que je pourrais devenir. Ca me terrifie. »

Je parlais souvent des méthodes de Liberation, j’étais contre et c’était ce que nous disions à tout l’Underground, que nous n’étions pas des meurtriers, qu’il existait d’autres options. Pourtant, j’aurais volontiers exécuté Howard Stenton moi-même et sans ciller ni une once d’hésitation.



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Maze Ellis
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Devais-je avouer qu’au final je n’en avais jamais rien eu à foutre de la vie sentimentale des gens et que du coup même si j’en avais entendu parler cela restait pour moi des trucs privés qui ne me concernaient pas ?

Je réfléchissais de fait et décidais que cela pourrait être cela ma version, Maddison avait une relation compliquée et cela lui bouffait la vie, comme d’autres tout simplement et qu’elle n’avait pas envie qu’on l’emmerde avec sa vie privée, en arrondissant les angles et en regardant de super loin c’était ça.

- Ok ok d’accord mais arrête de jouer les victimes avec moi s’il te plait, tu peux le faire non ?

Parce que bon que je devienne son « complice » c’était une chose, mais signer pour l’entendre pleurnicher et regretter ses erreurs sans façon ! Je jugeais ce petit bout de femme, oui elle avait gardé ça pour elle depuis deux ans, avait vécu dans le secret et le mensonge.

- Alors tu m’expliques qu’on a une infiltrée parmi nous, que tu as une relation avec le leader de Libération depuis deux ans, que la dite infiltrée c’est sa sœur, qu’ils ne feront rien du tout de ce qu’elle a appris et pourquoi ? Parce que tu en es convaincue et qu’en somme je dois croire en toi et tes convictions propres ? Maddison ne trouves tu pas cela totalement injuste et irrationnel de m’imposer tout cela au final. Car c’est toi qui m’a toujours accusé d’être le diable, la bombe à retardement, j’ai été tout ce temps ton exutoire à tes propres peurs et fautes ni plus ni moins. Un punchingball de bonne composition qui est entré dans ton jeu sans même le comprendre réellement. Je ressemble trop à ton Abel ? La bonne affaire, fallait regarder vers moi alors, tu nous aurais pas coincé dans ce bordel.

Je soupirais et finalement je me rapprochais d’elle, me baissant pour prendre son menton entre mes doigts et relever sa tête, qu’elle me regarde en face au moins.

- On va faire un deal tous les deux, j’accepte de te couvrir et je t’aide à faire sortir Samiha mais je t’interdis de faire de nouvelles conneries, t’es sensée être la tête pensante chez nous, t’as déjà vu une entité fonctionner sans sa tête ? Alors je serai la à te surveiller pour que tu ne songes pas trop à basculer du côté obscur de la force, et si tu sens que tu dérapes tu m’en parles.


Oui j’avais vu une copie d’un vieux film tout pourri du siècle dernier et alors ? J’aimais ça les vieux trucs de ce genre.


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Maddison DeLuca
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« Je ne joue pas les victimes ! Je vais très bien, merci, je n’ai pas de quoi me plaindre ! »

Et plus il énumérait l’évidence, plus je hochais la tête, les sourcils hauts. De « oui » en « oui ! », j’ai acquiescé, ne comprenant pas où il voulait en venir sinon résumer tout ce que j’avais déjà dit. J’étais d’accord avec lui, cela dit, je lui en demandais beaucoup, c’était injuste de ma part. Mais c’était aussi pour ça que je ne lui donnais pas toutes les informations, ainsi il ne pouvait pas mentir ! De plus, qu’en ferait-il ? Je ne lui demandais pas de porter tout ça avec moi, mais j’avais besoin de quelqu’un pour m’aider à y voir plus clair. Et paradoxalement, il remplissait extrêmement bien sa tâche, si on enlevait son envie d’éliminer Samiha. Je n’ai pas pu m’empêcher de rire doucement en fermant les yeux et baissant la tête.

Je lui ai donné un coup dans le torse avant de lui sourire. « Je les aime plus moelleux, et tu fais déjà un excellent punching-ball très libérateur. » J’ai relevé les yeux dans les siens, grognant un rire. La proximité me rendait nerveuse. Je lui ai glissé une réflexion à voix basse. « Je ne peux plus te regarder sans penser à tes fantasmes salaces, c’est malin… »

C’était étrange de l’écouter me complimenter. Le contact de ses doigts sur mon menton me faisait frissonner, je n’étais pas habituée à ce que qui que ce soit me touche à part Abel. Même Jefferson gardait toujours ses distances, quant à Reese, disons… Que j’avais creusé moi-même le gouffre qui nous séparait. J’ai fixé Maze, les yeux éveillés, enregistrant chacune de ses paroles. Je n’étais pas prête d’en entendre encore des beaucoup dans ce genre alors j’en profitais. « Je le ferai. C’est une promesse. » J’ai doucement pris sa main et l’ai serrée dans la mienne une seconde avant de lui rendre. J’ai finalement acquiescé en souriant. « Je commence à comprendre ce qui cloche avec mon pouvoir… Merci. »

Je ne pouvais être à l’Underground et avec Abel en même temps, ce n’était simplement pas compatible. L’idée de quitter les Sliders faisait doucement son chemin dans ma tête à présent, mais les mots de Maze me retenaient encore. Mais c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à regarder autour de moi. Il me fallait trouver quelqu’un pour me remplacer. Je venais de promettre à Maze de lui parler si je manquais d’équilibre et j’allai garder ça pour moi ? Je ne pouvais pas non plus lui dire tout ce qui me passait par la tête ! De plus, je l’imaginais mal me dire « Non, Maddison, quitte nous avec toutes nos informations, nous avons tous foi en toi, c’est une évidence ! » Maze était compréhensif et conciliant… Mais pas stupide. Je l’ai jaugé de haut en bas avec un air de juger la marchandise, impatiente.

« J’espère que tu n’attends pas un torride baiser pour défoncer cette porte, Iron Man, parce que j’aime autant te dire que c’est un fantasme qui ne se concrétisera jamais, c’est le but d’un fantasme ! » Un sourire en coin, la main sur la hanche, je lui ai désigné la porte d’un coup de tête.



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Maze Ellis
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Finalement elle me frappa, il ne fallait pas non plus changer les bonnes bases que nous entretenions depuis des années déjà, mais ce n'était pas avec la volonté de faire mal, plus le coup de poing du pote qui abuse, enfin je décidais de l'accepter ainsi. Après tout j'étais son punching-ball elle ne le remettait pas en cause. La suite m'arracha presque un grand sourire.

- L'idée va faire son chemin tu verras.

J'en rajoutais une couche, forcément c'était lourdingue mais tellement drôle non de pouvoir plaisanter après avoir parlé de sujets graves, avoir presque voulu acter la mort d'une jeune fille que j’appréciais, la routine ou pas en fait.
Par contre moi je ne voyais pas trop en quoi notre discussion avait pu l'aider à comprendre ce qui clochait avec son pouvoir, mes qualités d'empathes restaient proches du néant et de fait je n'avais pas compris le déchirement en elle qui la faisait disjoncter au final. En fait j'aurais peut-être du la considérer comme un tableau électrique, et tenter de rebrancher les connexions, c'eut été plus simple non?

Je haussais les épaules, comme si j'étais déçu.

- Pourtant c'est la récompense du héros non? Et je crois pas être assez mégalo pour jouer à Stark, dommage qui sait, ça m'irait bien non?

Cela étant dit la conversation étant finie, nos disputes closes pour ce jour je me dirigeais vers la porte. J'activais mon pouvoir, concentrant son action sur les bras et les épaules, ce serait con de se faire mal non? Et quand j'eus enfin obtenu la résistance qui me convenait de décider de jouer au pied de biche en quelque sorte, moi contre la porte enfin ses gonds.

Cela fut difficile réellement, la sueur perlait sur mon front, mes veines ressortaient sous l'effort mais le métal cédait et au bout de bien longues minutes un craquement sinistre nous indique que c'était "ouvert", les gonds ayant sauté la porte ne tenait plus et s'ouvrit à l'inverse de la normale. J'inspirais fortement une goulée d'air frais et je dis à Maddison conscient que dans les minutes à venir mon état allait devenir problématique.

- Envoies moi mon blouson s'il te plait. Que je l'enfile tant que je peux bouger bras et épaules, d'ici quelques minutes je vais être limité dans mes mouvements. Prends les clés de la caisse, poche intérieure gauche. Et si je croise la vieille je l'enferme ici à son tour !

Je ne plaisantais pas du tout, si elle avait le malheur d'être dans le coin elle irait attendre un bout de temps la dedans !


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Maddison DeLuca
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L’humour de Maze m’était inconnu. Pour ainsi dire, qu’on me fasse des avances, même pour plaisanter, et encore plus venant de lui, m’était assez inhabituel, tout court. Il était évident qu’il plaisantait et quand bien même ça n’aurait pas été le cas, je ne l’aurais pas cru. Pour le trouver lourdingue, il aurait fallu que cela soit une chose banale, mais c’était si… inattendu venant de lui que j’ai ri. « Je vais finir par croire que c’est une invitation. » Et avant qu’il ne s’éloigne vers la porte, je me suis penchée vers lui, aussi malicieuse sinon plus que lui. « Fais attention, Maze, tu pourrais me trouver irrésistible et ne plus te passer de moi comme tous ceux qui ont finalement cédé à mon charme naturel. » Le regard enjôleur, j’ai haussé un sourcil avant de croiser les bras, joueuse avec ça.

Je l’ai suivi des yeux en retrouvant mon sérieux alors qu’il atteignait la porte. Je n’avais jamais vu Maze utiliser son pouvoir, je crois. Je savais de quoi il était capable et j’en avais entendu parler. Nous n’étions pas pour ainsi dire amis, nous ne partagions rien. Il était époustouflant. Je n’ai pas pu défaire mes yeux de lui. J’ai vu ses muscles tendus, sa peau virer au rouge sous l’effort et la porte, petit à petit plier. J’ai lentement baissé mes bras, interdite, les lèvres entrouvertes. Et MON pouvoir faisait peur aux gens ?!

Quand Maze m’a parlé, je n’ai d’abord pas entendu. Je regardais encore l’état de la porte et de Maze et j’ai cligné des yeux en réalisant qu’il s’adressait à moi. J’ai relevé les yeux sur lui et inspiré profondément en m’activant. « Pardon, oui ! » J’ai récupéré ses affaires et je suis remontée à sa hauteur. J’ai récupéré les clés et j’ai ouvert son blouson pour qu’il puisse facilement s’y engouffrer. « Non, tu ne feras rien parce que je l’aurais faite enfermer avant. » J’ai redressé son col avant de lui sourire. « Rentrons… »

Je suis sortie et j’ai soupiré profondément de retrouver l’air « frais ». Voilà qui était bien mieux ! C’est là que je me suis rendue compte que j’étouffais à l’intérieur. Et si j’avais été seule ? J’ai dévisagé Maze, réalisant que sans lui, j’y serais encore à chercher une sortie. Je serais probablement encore en train de tambouriner cette porte, en vain, jusqu’à ce que quelqu’un finisse par en avoir marre et vienne voir ce qui se passe. La vieille avait détalé comme un lapin en voyant Maze sortir et j’aurais aimé avoir un pouvoir pour sentir la présence des gens, même cachés. Mais il n’en était rien. Si exceptionnels et pourtant confrontés à des situations si… terre à terre ? J’ai sorti mon téléphone de ma poche en soupirant et j’ai regardé autour de nous. Jeff avait inondé mon téléphone, comme je m’en étais doutée. Il s’est inquiété de ne pas me voir rentrer après lui. Je l’ai appelé, pour le rassurer et aussi pour annuler l’unité qu’ils avaient lancée à ma recherche. Et le temps que je finisse mon appel, ils étaient déjà là, au bout de la ruelle ! Jefferson m’a prise contre lui quelques secondes à peine et je me suis demandée ce qui se serait passé si Maze n’avait pas été là.

Nous n’aurions pas parlé d’Abel, nous n’aurions pas parlé de Samiha, nous ne nous serions jamais entendus, il n’aurait jamais compris et je ne l’aurais jamais écouté. Le temps qu’ils s’occupent du cadavre, j’ai raccompagné Maze à la voiture. Je suis repartie faire une courte déposition - il n’y avait pas grand chose à dire - je me suis changée pour retrouver enfin des vêtements civils et je me suis laissée tomber au volant à côté de mon co-leader. J’ai claqué la porte derrière moi et j’ai considéré un instant le silence dans l’habitacle. J’avais hâte de rentrer chez nous, la journée avait été longue, la soirée encore plus.

« Visiblement, elle venait toutes les semaines, pour diverses raisons, désigné un vol à l'étalage ou un magasin qui se faisait braquer, ce genre de délis qu’on essaye de régler tous les jours, mais on ne peut pas être à tous les endroits en même temps. C’est son frère qu’on a trouvé en bas et elle a décidé de nous le faire payer. Elle nous a avertis, nous n’avons pas réagi, elle a pris le premier flic sur son chemin - moi - et elle a voulu nous donner une leçon. » J’ai haussé une épaule en démarrant la voiture. Que vouliez-vous que l’on fasse contre ça ? Qu’est-ce que je pouvais y faire ? Je n’étais pas ce genre de personnes à m’incriminer à la légère, je savais ce qui était de ma faute et je ne me portais pas victime. J’étais coupable de bien des choses mais je l’assumais, car il était rare que j’agisse sans savoir ce que je faisais et ce que cela impliquait. J’ai pris la route, l’air las. « Peu importe… » Ce n’était pas parce j'étais consciente de mon impuissance que cela ne me mettait pas en colère.



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Maze Ellis
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Je n'avais rien ajouté, non ce n'était pas une invitation, cela ne me viendrait pas à l'esprit surtout maintenant que je savais qu'elle avait une relation stable et pas depuis un mois, le qui importait peu, au final je devais être assez vieux jeu, courtiser, dévoyer, peu importait le terme, une femme déjà engagée ne m'intéressait, je n'étais pas un chasseur, je n'étais pas Marshall.

Et je l'avais dit Maddie, si physiquement elle pouvait m'attirer, elle était trop , elle même, le "mad effect" quoi ;)

La suite fut rapide une fois la porte ouverte, elle m'aida en m'apportant mon blouson que j'enfilais rapidement pour qu'on ne voit pas trop ma peau, le temps que tout revienne à la normale en somme.

J'avais dit ça en l'air pour la vieille même si j'avouais que je n'aurais pas été contre lui donner une leçon, mais je n'étais pas revanchard et ce n'était qu'une vieille folle à mes yeux.

Le réseau reprenant ses droits, le téléphone de Maddie s'affola, son partenaire avait visiblement flippé pour elle. Il arriva rapidement sur les lieux parce que malgré tout il y avait eu un mort dans ce local, il ne me posa pas de question car je m'étais éloigné, comment Maddison avait expliqué la porte et sa sortie, je le lui demanderai plus tard surement mais j'attendais dans la voiture, sur la place du passager, avec la musique le temps qu'elle fasse sa paperasse et qu'elle se change.

Puis elle revint et j'écoutais. Pouvais-je en vouloir à cette vieille femme? Non ce n'était pas possible surtout quand j'ai su que c'était son propre frère mort en bas. Triste monde je vous l'assure.

Maddison prit la route pour nous ramener chez nous, je recommençais à sentir des fourmillements dans mes doigts, les sensations revenaient doucement, dans un moment je retrouverai l'usage de mes mains d'abord puis de mes bras, c'était pénible de se sentir incapable d'agir après avoir poussé mon pouvoir mais je savais ne rien risquer la. Resterait la partie délicate, faire sortir Samiha sans que Reese ne nous choppe et surtout trouver comment nous allions le lui expliquer. Et qu'allions nous dire à Samiha?



[Terminé pour moi, est-ce qu'on joue l'extraction de Sam ou pas? ou on fait un résumé ensemble de comment ça s'est fait et de ce qu'on a dit?]


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[CLOS] [Maze/Maddie] Bad mojo
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