2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Camy/Robyn] One more drink before the dark

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Camy Adriacco
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Septembre 2074




Il était tard, très tard. Même pour les critères d’une pocharde. Mais Camy avait dépassé ces considérations d’horaires. Elle avait d’ailleurs dépassé toutes les limites, soyons honnêtes.

Depuis qu’elle était rentrée de cette funeste mission, elle avait vécu deux vies. Le jour, elle donnait le change, ainsi qu’elle l’avait toujours fait. Elle avait quelques années de pratique en la matière, et était devenu imbattable à cacher ses drames personnels. Seuls ceux qui la connaissaient vraiment pouvaient noter la différence, et à ce jour, ils étaient deux.
L’un d’entre eux était Reese, qui s’abstenait de commenter son état en l’instant - peut être avait-il seulement des doutes trop nébuleux. Néamoins Camy savait à son regard qu’il n’était pas dupe.
L’autre… Elle n’avait pas revu Arch depuis qu’il avait quitté sa chambre. Il aurait pourtant su immédiatement qu’elle allait mal - si tant est qu’il acceptât encore de s’en préoccuper. Elle était sure que non, et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Mais ça n’aidait pas son humeur morose, ni ne faisait baisser son sentiment de culpabilité persistant.
Elle continuait quoi qu’il en soit à assurer, aussi bien au travail qu’à l’Underground. Elle était toujours casse-pied pour ses supérieurs, et maternait toujours Skandar et les autres.
Mais leur mission et ses conséquences tournaient en boucle dans sa tête, avec en point d’orgue, la mort d’Arch, une image qu’elle n’arrivait pas à chasser, malgré tout ses efforts.

Et puis elle avait son autre vie. Celle qu’elle débutait avec l’allumage de l’éclairage public et l’ouverture des bars, dans laquelle elle se plongeait dès que ses taches à l’Underground étaient terminées. Depuis 5 jours qu’ils avaient infiltré l’immeuble de Mitchell, elle n’avait passé que la nuit de leur retour dans sa chambre. Nuit qu’elle avait passée en grande partie à pleurer, poussant le drama jusqu’à sortir la chemise d’Arch et passer la nuit avec. A pleurer.
Peu désireuse de réitérer, elle avait préféré depuis faire le nécessaire pour découcher. En faisant en sorte en prime de dormir profondément. Pour cela, elle avait écumé les bars de la Ville Médiane, retardant son départ jusqu’à leur fermeture, après avoir repéré le pigeon idéal qui l’attirerait jusqu’à une chambre - la sienne ou un hôtel. Une fois en tête à tête, elle s’arrangeait pour que le « dernier verre » dure jusqu’à ce que son hote s’effondre ivre mort - avec parfois un coup de pouce de la part de Camy : une prise de sommeil accélérait les choses lorsqu’ils devenaient trop entreprenants. Devoir les laisser la tripoter pour avoir un toit était déjà difficilement supportable. Elle ne s'imaginait pas coucher avec aucun d'entre eux, pas alors que chaque fibre de son être ne lui réclamait qu'Arch - même si elle savait qu'elle n'aurait plus jamais la possibilité de satisfaire ce besoin devenu vital. Une fois le pigeon endormi, elle en profitait pour finir les bouteilles jusqu’à trouver elle-même un sommeil alcoolique et profond, sans image parasite.
Elle arrivait même à se réveiller en premier - merci l’entrainement militaire - et à se sauver avant que le pigeon ne se réveille. Pas de chemise de rechange, encore moins de rose extraordinaire en souvenir, elle n’en voulait aucun d’eux, de toute façon.

Mais ce soir, elle s’était faite avoir et avait manqué sa séance de chasse. Le bar avait fermé sans qu’elle n’ait de solution de couchage, et sans argent pour un hôtel correct, elle avait du reprendre le chemin de l’Underground. Avec un taxi, d’abord, parce qu’elle n’était pas en état de prendre les transports en commun et encore moins de rentrer à pied.
Elle avait ensuite déambulé dans les accès à l’Underground, d’abord dans le noir - avec sa petite lampe de poche qui ne la quittait jamais - en chantant des insanités, puis, Evan et Fungus la prenant en pitié, ils avaient éclairé un chemin pour la guider à l’abri. Le problème est que la seule entrée dont Camy s’était souvenue était celle de Sliders.

D’un pas hésitant et sur talons hauts, elle errait dans les couloirs en cherchant le chemin de Salvation. Mais pas trop vite quand même, parce qu’elle savait que Reese l’entendrait, se lèverait, et lui passerait un savon d’anthologie. Oubliant par la même occasion que Arch était à Sliders, lui. Quoiqu’inconsciemment, elle espérait tomber sur lui… Même si ça devait lui arracher les tripes une nouvelle fois.
Alors elle parcourait les couloirs de Sliders, une bouteille à la main - oui, elle était tombée sur le réfectoire en chemin - trébuchant sur ses talons hauts, dans son pantalon noir et son haut pailleté de noir. L’avantage était que la situation la faisait rire. L’alcool aidait, bien sur. Elle ricanait comme une bossue, camouflait ses faux pas par des pas de danse ridicules.

A moment donné, elle s’arrêta, campée les jambes, les bras en l’air, la bouteille dans une main, et se mit à chanter. En faisant des effets de voix débiles, passant des ultrasons à la grosse voix rauque, en remuant des hanches en rythme.

« Yo ho, YO HO !! a pirate's life for MEEEEE !
We pillage, we plunder, we riIIIIIIiiiIIiIiIIfle, and loot,
DRINK UP, me 'earties, yo ho.
We kidnap and ravage - OWI RAVAAAGE ME - and don't give a hoot,
Drink up me 'earties, yo ho. YOUHOOOOOU ! »


Et dans un élan d’enthousiasme, et sans se préoccuper de son équilibre déjà précaire et du fait qu’elle était sur 15 cm de talons, elle sauta joyeusement - pour se vautrer à la réception, heurtant un truc non identifié dans sa chute. Mur, porte, gens, elle n’en avait aucune idée. La seule chose dont elle était sure, c’était qu’elle était étalée par terre, qu’elle avait sauvé la bouteille, et qu’elle riait. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle se marrait.

Elle porta la bouteille à ses lèvres pour boire une nouvelle gorgée, oubliant qu’elle était couchée, et s’en mit partout - ce qui la fit marrer d’autant. Elle se roula à moitié au sol, ronflant de rire.



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Robyn Winters**
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[HJ] Alors là, j’avoue que pour la chrono de quand se passe se RP, je suis perdus ! Après et avant quoi ? [/HJ]

Robyn n’arrivait pas encore à dormir ce soir. Elle prenait maintenant l’habitude de se promener dans les couloirs de l’Underground avec son sac à dos, contenant quelques joujoux de son cru qu’elle pourrait utiliser si elle se rendait jusqu’à Salvation. Mais la plus part du temps, elle déambulait comme une ombre, réfléchissant en silence sur tout et rien. Elle passait ses journées enfermées dans son atelier, bien que c’était son refuge préféré, parfois elle sentait juste le besoin de se dégourdir les jambes. Oh moins, à cette heure tardive, le risque de croiser d’autre personne était plus mince. Sinon, c’était des habitués nocturnes, des gardes, de retour de mission …

« Yo ho, YO HO !! a pirate's life for MEEEEE !
We pillage, we plunder, we riIIIIIIiiiIIiIiIIfle, and loot,
DRINK UP, me 'earties, yo ho.
We kidnap and ravage - OWI RAVAAAGE ME - and don't give a hoot,
Drink up me 'earties, yo ho. YOUHOOOOOU ! »

… Des retours des bars de la ville basse.

Elle avait entendu la chanson biiiien avant les pas agressants d’une femme chaussée d’échasse. Plus elle approchait, plus elle pouvait entendre que les pas étaient hésitants, disparates, s’arrêtaient, reculaient, avançaient. Puis tout s’expliqua quand Robyn aperçu la fille. Du haut de talons trop haut, une bouteille à la main, une jeune femme qui avait nettement atteint son quota d’alcool pour ce soir, titubait dans le corridor. L’armurière roula du regard, exaspérée et essaya de se faire toute petite pour ne pas se faire remarquer.

Mais bien sure, la titubante vogua jusqu’à elle et au moment ou Robyn aurait voulu l’éviter dans ce saut de l’ange, elle se contenta seulement de laisser la femme soule la traverser comme si elle était qu’un fantôme.

L’atterrissage forcé retentit dans le corridor mais le son de la chute fut vite éclipsé par un rire un peu fou. Couchée au sol, la … la dame au sens engourdis porta la bouteille à sa bouche et comme… comme une personne soule, se renversa la totalité de la bouteille sur elle. Ce qui en prime, fit magnifiquement doubler son rire.

Énorme soupir, Robyn n’allait certainement pas laisser l’alcoolisé là, se vautrant dans les restants de sa vinasse, échouée comme un baleineau. Elle ajusta les bretelles de son sac à dos et s’approcha du pas lent.

- Est-ce que ça va ?

Question ridicule, non, nécessairement, ça n’allait pas.

- Attend, laisse moi t’aider à te relever mais avant, on va te rendre un petit service.

D’un geste vif, Robyn enleva les souliers de torture de la jeune femme, les accrocha sur son sac puis revient lui donner un peu d'attention. Elle lui agrippa un bras avec vigueur et l’encouragea à ce lever :

- Allez, hop ! Tu ne peux pas rester par terre comme ça. Un effort ! J’vais t’aider à rentrer chez toi.

En espérant qu’elle s’en souviennent il était où ce « chez soi »


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Camy Adriacco
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Camy réfléchissait sérieusement à l’opportunité de passer la nuit dans le couloir, finalement. Elle ne retrouverait pas le chemin de sa chambre - elle connaissait trop peu Sliders - et n’avait de toute facon aucun intérêt à rentrer, ce bon Reese aurait sans doute des choses à redire à son comportement. Et comme elle n’avait nulle part d’autre où aller… Le couloir serait aussi bien. En plus, qu’est-ce qu’on s’amusait dans ce couloir ! Comme la tête qui venait d’apparaitre dans son champ de vision en lui demandant si ça allait. La question la fit rire de plus belle tellement elle la trouvait compliquée, en l’état.

« Genre tu demandes pour de vrai ? Ou c’est pour la forme ? Parce que… parce que… Wooooow faudrait BEAUCOUP de temps pour y répondre ! Genre est-ce que ça va ! Mmmmm ppfff OUAHAHAHA ! »

Elle riait à gorge déployée, après avoir vaguement tenté de se retenir, et pourtant, au fond, elle n’était pas vraiment d’humeur à rire. Elle n’était d’humeur à rien, à dire vrai. Elle était sur pilote automatique, se regardant à distance, avec indifférence. Comme si ce n’était pas elle qui était bourrée et qui se comportait comme une abrutie. La Camy indifférente n’en avait cure. A dire vrai, plus grand chose n’avait d’importance. Alors la Camy bourrée pouvait bien faire ce qui lui plaisait.
Cela dit, sa crise de rire avait au moins un intérêt : elle se montra particulièrement docile lorsque Robyn lui enleva ses chaussures. Pourtant, elle était des plus revêches lorsqu’il s’agissait de ses chaussures. C’était sans doute sa plus grande concession à la mode, une bonne part de son salaire y passait. Elle y vouait presque un culte, alors laisser quelqu’un y toucher avait quelque chose d’exceptionnel.

« Owi ça commence par les chaussures et ça finit entre DES DRAPS ! Quoique j’en connais qui s’en fichent d’enlever les chaussures… Tu sais que j’en connais qui voulaient que je garde les chaussures, même ? RIEN sauf les chaussures ! Pis pas les baskets, noooooooon ! Des talons aiguilles rouges brillants ! Genre les pompes JAMAIS tu les remets ! Aaaaaa moins de se lancer dans le SM, là ouaaaaaais, tu peux ressortir des chaussures de poufiasse ! Ou si tu fais le trottoir… Tu crois que je devrais ? Par contre, hé ! T’y fais attention, hein ! J’y tiens à celles là ! Elle sont peut être pas rouges laquées, mais je les aime ! Je les ai commandées en soldes de Miamiiiiii ! » Elle prit un air un peu plus féroce, mais ça ne dura pas bien longtemps.

Elle eut un nouveau ricanement idiot qui s’amplifia quand Robyn l’attrapa par un bras et la tira pour l’inciter à se lever. Tout en ricanant, pendue au bras de Robyn, Camy se redressa à moitié, puis glissa sur ses fesses, ce qui la fit tourner avec un « Wowmmmhihihi ! » un brin hystérique. Elle finit par agripper les jambes de Robyn de sa main libre, et, prenant appui sur la rouquine, fini par se remettre sur ses pieds.
Elle se retrouva nez à nez avec l’armurière, un bras autours de sa taille. Camy fronca les sourcils, avança puis recula la tête comme si elle voyait mal. Ce qui n’était pas loin d’être le cas. Et puis finalement, elle reconnu Robyn, et son visage s’éclaira, les yeux grands ouverts et un sourire ravi. Elle poussa même jusqu’à sautiller sur place. Elle connaissait évidemment l’armurière pour lui avoir souvent confié ses armes. Elle l’aimait bien, même si elles n’étaient pas vraiment copines. Quoi que, dans l’état où était Camy… Robyn venait subitement de passer au rang de la meilleure amie de toujours. Il n’y avait qu’un seul détail qui gachait la crédibilité de l’allégation :

« ROSLYYYYYYN !!! » Oui. Elle n’avait qu’un vague souvenir alcoolisé de son prénom. « Comment je suis TROP contente de te voiiiiiir ! Je t’ai cherchée partouuuuut ! » Oui, on te croit Camy… « Tu sais quoi, Roslyn ? Faut qu’on aille en boite. On va danser comme des tarées et dénicher une paire d’étalons carénés… Ca sert à rien de rentrer chez moi, parce que chez moi a cramé. J’ai foutu le feuuuuu ! Youhouuuuu ! »

Les bras toujours autours de Robyn, elle se mit à danser sur place.



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Robyn Winters**
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L’hystérique rigola d’abord et avant tout quand Robyn lui demanda si elle allait bien. Au moins, elle arrivait toujours à respirer, ne semblait pas saigner, ni ne souffrait d’une commotion. Son rire allait réveiller tout le quartier des Sliders, mais au moins, la fille pourrait subir le courroux de Maddie sur ses deux pieds et non dans des échasses.

Elle roula des yeux avec un amer sourire sur le commentaire des pieds jusqu’aux draps puis, chaussure bien rangée dans son sac, elle écouta à peine son superbe laïus sur la couleur, le SM, être une prostituée et les soldes de Miami. Elle ne comprenait rien à son charabia, mais tant qu’elle parlait, cela indiquait qu’elle n’était pas en proie à un coma éthylique.

Essayant de la relever, la fille dont l’identité commençait de plus en plus à se révéler à Robyn se leva à moitié pour glisser dans la flaque de vin par terre et se retrouver une fois de plus sur les fesses. Un rire toujours aussi hystérique, l’armurière la laissa s’agripper à ses jambes, tentant de garder son équilibre, puis de peine et de misère, elle se retrouva enfin debout devant elle. Un bras au tour de sa taille, Robyn essayait de la maintenant en place quand elle releva son regard sur elle.

La femme la reconnut immédiatement et d’enthousiasme mal placé, se mit à sautiller sur place. Elle lui poussa de son haleine qui possédait un taux d’alcoolémie assez élevée pour rentre la rouquine soule entre deux souffles, un cri heureux.

Elle aurait préféré qu’elles se souviennent de son nom, mais c’était peut-être trop demandé dans l’état où elle était :

- Salut Camy. Je suis contente de te voir aussi.

Bien sûr qu’elle ne l’avait pas cherchée partout. Camy et elle n’étaient pas vraiment amies, plus des connaissances, ou entretenaient uniquement une relation professionnelle. Elle s’occupait de ses armes, mais elle la connaissait surtout parce qu’elle était le bras droit de Reese et qu’elle était la lieutenante redoutable de Salvation.

Mais là, elle n’avait rien de redoutable.

Camy lui dit qu’elle avait foutu le feu chez elle, ce dont elle doutait sérieusement de la véracité de ce fait, mais le prenait comme une envie de ne pas retourner chez elle. Robyn l’observa danser autour d’elle un instant puis prit une décision :

- Allez, si tu ne veux pas rentrer chez toi, je ne peux ne pas te laisser ici à hurler et réveiller tout le monde. Je t’amène chez moi. Une douche de la bouffe et un café te feront le plus grand bien.

Dans tous les cas, une fois qu’elle réussit à agripper Camy par les bras, elle la poussa tout au long du corridor et après quelques brefs détours, elles arrivèrent devant un mur sans porte. Pas question de la faire passer par l’armurerie ! Moyen dont elle s’amuse avec des explosifs « just for fun ». C’est donc de par son pouvoir que Robyn passa au travers le mur, entrainant Camy d’une poigne ferme pour se retrouver immédiatement dans son petit « grand » appartement à espace ouvert.

L’endroit était étrangement chaleureux. Des vieux tapis, des meubles de tous les styles, une décoration disparait et coloré. D’un coté un petit coin-cuisine avec une petite table, au milieu un petit espace relaxe, avec un canapé et un fauteuil devant une grande bibliothèque, au fond, son lit, caché par plusieurs rideaux de billes et une lumière filtrait d’une miniature salle de bain.

Une fois sur place, Robyn abandonna un instant Camy puis attrapa un récipient de plastique et lui tendit en souriant :

- Si tu vomis, vomis là dedans.


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Camy Adriacco
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Toujours agrippée à Robyn dans un équilibre précaire malgré le retrait des talons aiguilles, elle secoua la tête énergiquement, vacillant de plus belle.

« Nan, je VEUX rentrer chez moaaaa… Mais je PEUX paaaaas ! Y’a un loup garou dans ma chambre ! Sous le liiiiiit ! Il va me bouffer touuuuute crue si j’y retourne ! » Pas très sympa pour Reese, mais en l’état, c’était grosso modo l’effet qu’il lui faisait « Faut que j’attende que la pleine lune passe pour qu’il s’en aille… » Poétique façon de dire qu’elle devait décuver avant de pouvoir espérer réintégrer ses pénates.

L’idée qu’elle puisse réveiller du monde la fit rire une nouvelle fois.
« Moooh je vais réveiller personne, ils dorment tous comme des souches, je suis trop petite pour les réveiller ! Mais je veux bien mangeeeer ! » Oui parce que manger liquide, ça ne remplissait pas un estomac. A dire vrai, elle n’avait pas avalé grand chose de consistant depuis ces derniers jours, l’estomac trop noué pour y faire passer autre chose de plus gros qu’une cacahuète. Et là, elle avait un peu faim. Alors autant en profiter, même si elle n’était pas vraiment en état de faire ce genre de raisonnement, le résultat était le même.
Bras dessus, bras dessous, s’arrêtant tous les dix pas pour sortir une élucubration sans queue ni tête sur la couleur du ciel - inexistant dans les souterrains de l’Underground - , la qualité de la cuisine - rudimentaire, à Salvation peut être plus que dans les autres quartiers - , la décoration - spartiate - des lieux et le confort douillet - on y croit - de leurs locaux. Tout ce qu’il fallait pour entretenir une discussion sans fond avec Robyn.

Une fois face au mur nu, elle fronça les sourcils comiquement en se demandant ce que c’était, enfin surtout pourquoi elles étaient là. Et puis Robyn l’agrippa et lui fit traverser le mur. Camy se retrouva un peu étourdie, les yeux grands ouverts, de l’autre côté.
« Ouaaaaah … » Va-t-elle s’extasier sur le pouvoir de Robyn ? Elle se retourna et regarda à nouveau le mur avec des yeux de merlan frit. « T’as un mur holographiiiiiique ! » Non. Il ne lui vint pas une seconde à l’idée que la magie venait en fait du pouvoir de Robyn. Elle tendit la main pour voir si elle passait à travers, mais bien sur, ne rencontra que le ciment, bien concret. « Avec un champ de force protecteur en pluuuuus ! Vache, on dirait un vrai, la texture et tout ! Désactive le pour voiiiiiir ! » Elle se retourna en sautillant pour supplier Robyn du regard, mais s’emmêla les pieds et faillit se vautrer une nouvelle fois. Elle se rétablit cependant in extremis et attrapa le récipient dans le même geste. Elle loucha dessus, la bouche en cul de poule.

« Tu plaisantes, je vais pas vomir là dedaaaaans ! » Silence. « Il est trop beau... »

Elle le reposa sur la table et commença à ouvrir tout les placards à sa disposition pour les refermer aussitôt.

« La claaaaaasse vous êtes riche à Slideeeeers ! T’as une cuisine pour toi touuuuuute seule ! Vous avez eu des dons, hein, avoue ? Un riche investisseur qui vous a tous équipés en laissant les autres tout seuls … » Elle eut aussitôt les larmes aux yeux, puisque bien sur, le riche investisseur auquel elle pensait, c’était Arch. « Et si on parlait d’autre chose ? » Elle sautilla une nouvelle fois en tapant des mains d’un air décidé. « Et si on faisait des gaufres ?! Des gaufres avec de la chantilly partout ! »



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Robyn Winters**
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Patiente, Robyn l’écouta à propos du loup Garou en faisant semblant d’y comprendre quelque chose. Dans tout les cas, même si elle voulait y retourner chez elle, il n’était pas question que l’armurière la laisse faire avant d’avoir un peu décanté. Elle puait le fond de bouteille de bière chaude et elle n’était nettement pas en état d’aller bien loin sans se perdre. Ce n’est certainement pas l’image de la Lieutenant de Salvation qui encourageait le respect. Non, c’était mieux qu’elle suive Robyn dans ses cartiers.

Le chemin vers l’armurerie s’avéra pénible. Bras dessus, bras dessous, elle essaya de contrôler la démarche de Camy le plus efficacement possible en répondant des «  Oui, oui » et des « T’as raisons » à ces multiples élucubrations sans queue ni tête.

Elles traversèrent le mur sans problème mais sans une vague de question sur la technologie utilisée pour le faire. Un sourcil relevé, Robyn essaya d’abord d’expliquer :

- Non, c’est pas un mur holo’. C’est moi qui … enfin. Mais elle regarda Camy un instant et eu un gentil sourire en haussant les épaules. Oui, c’est ça, c’est fou, n’est-ce pas ?

Autant expliquer à une truite ce qu’était les nuages. Valait mieux garder les explications pour plus tard. Puis elle refusa de garder le bol au cas ou elle dégueulerait, prétextant qu’il était trop beau pour ensuite faire la tornade dans ses petits placards. Elle les ouvrit et referma tous et s’exclama sur l’aspect spacieux de son appartement.

Pourtant, une cuisine pour elle tout seule… un minuscule poêle, un petit réfrigérateur de quelques centimètre de haut et un petit espace comptoir entouré d’armoires. C’était peut-être luxueux pour tout ceux qui n’avaient l’espace et bénéficiait des repas gastronomique de la salle à manger commune, mais c’était définitivement rudimentaire pour cuisiner :

- Riche ? Ça non, mais comme je m’occupe de l’armurerie presque 24 heure sur 24, j’ai dealer certaines commodités en échange comme ça … Mais elle s’arrêta de parler voyant l’émotion monter dans le regard de Camy. Pourtant, y’avait rien à être triste ! Qu’est-ce qu’elle avait dit ?

Mais la Lieutnant Alcolo demanda de changer de sujet et se remit à bondir sur place en demandant de faire de gaufre. Robyn n’avait rien pour faire ça, surtout pas de gaufrier. Un instant, elle la jugea du regard et attrapa ses mains fermement :

- Avant quoi que ce soit, tu vas t’assoir ici, dit elle en la poussant sur son canapé et tu vas prendre une grande inspiration. Je vais te donner un verre d’eau pour commencer et après tu vas pouvoir grignoter un truc. Si tu commences direct avec du solide, la tu vas avoir besoin du bol.

Vite, elle alla chercher un verre dos et le ramena gentiment à Camy. Elle s’assit à côté d’elle et lui demanda simplement :

- Pourquoi tu t’es mis dans cet état ? C’est pas bon pour toi, tu le sais bien …


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Camy Adriacco
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Camy avait hoché la tête d’un air profondément concentré lorsque Robyn lui expliqua pourquoi elle avait eu droit à une kitchenette dans ses quartiers. Avant de froncer les sourcils en gonflant les joues d’un air air grognon.

« Genre… et moi j’ai même pas une salle de bain pritavique… tripavide… vratidi… à moi ! J’ai loupé ma vocation quoi… En même temps, une cuisine, je m’en fous. Je sais pas cuisiner. Par contre, je sais très bien me laver… Tu veux voir ?! »

Elle n’eut cependant pas le loisir d’organiser sa démonstration car Robyn la prit par les mains, avec le genre de poigne qui ne souffrait pas vraiment la discussion et l’invita - la force ? - à s’assoir sur le canapé. Dans lequel Camy se laissa tomber avec la délicatesse d’un hippopotame, trahissant au final sa fatigue pour le moins présente. Elle n’avait pas fait une vraie nuit depuis plusieurs jours, et ça commençait sérieusement à se voir. Surtout là, affalée sur le canapé, les yeux dans le vague avec un air de vache ruminante, le temps que Robyn revienne avec son verre d’eau. Que Camy ne fit même pas mine de prendre : elle avait oublié qu’il était pour elle.

Elle scruta Robyn un instant, les yeux plissé et la bouche entrouverte, donnant l’impression de chercher à se rappeler qui elle était. En fait, elle était surtout en train d’analyser ce que Robyn lui demandait et ce que cela impliquait. Cela impliquait de parler des événements d’avril puis de juin. Et surtout parler de cette foutue mission. Ca impliquait de parler d’Arch et de ce qu’elle ressentait. De son pouvoir et de ses aspects les moins attrayants. Rien que d’y penser, tout cela lui donnait le vertige - largement amplifié par son alcoolémie insolente. Et lui remettait en mémoire cette horrible soirée qui aurait pourtant pu être bonne - après tout, ils avaient discrédité un ennemi de l’Underground, l’éloignant pour un bon moment, si ce n’était définitivement, du pouvoir - mais qui s’était terminée de la pire des facons.

Et bien évidemment, évoquer cet épisode malheureux qui l’avait conduite à son état actuel ne fit rien pour arranger les choses : l’expression de Camy se décomposa progressivement pour la voir éclater en sanglots et se jeter sur l’épaule de Robyn, lui passant les bras autours de ce qu’elle pouvait, renversant le verre d’eau au passage.

« Arch et moi on est séparééééééés ! » Qu’ils aient été ensemble n’était en rien un mystère : ils s’étaient affichés ensemble dans les couloirs de l’Underground dès le premier jour, et sans doute que l’apparition de Camy en robe de soirée cinq jours plus tôt avait du faire le tour de l’Underground.



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Robyn Winters**
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Par chance qu’elle réussit de l’arrêter avant que Camy aie le temps de lui montrer comment elle savait merveilleusement bien se laver. Ensuite, Robyn observa drôlement l’alcoolisée qui elle même la scrutait comme si elle venait de redécouvrir son interlocuteur. Un peu plus et elle était prête à essuyer la bave qui allait sortir de sa bouche ouverte.

Enfin elle eu l’air de réfléchir un peu puis son visage se décomposa tristement au fil de ses pensées. L’armurière accueillit contre son épaule, la pauvre Camy en sanglot. Tendrement, elle l’enveloppa de ses petits bras et lui frotta avec énergie le dos.

(  patpat )

- Allons, allons… allez, pleure tout ton soûl…

Elle ramasserait le verre d’eau tristement échoué plus tard.

Robyn écouta l’explication pleurnichée de Camy et fronça les sourcils, cherchant qui était « Arch ». Ce n’était un secret pour personne que le bras droit de Reese avait trouvée chaussure à son pied mais jamais elles ne les avaient vu ensemble. Elle ne pouvait même pas dire quel était son nom complet.

Camy pleurait toujours contre elle et Robyn ne savait pas trop quoi dire. Ses amies filles (Haha ! Maddie était bien la seule) n’était pas du genre à s’épancher aussi rapidement sur leurs émotions avec elle. Et pourtant, l’armurière timide avait le don de laisser transparaitre toute ses émotions sur son visage. Son filtre était mince et cela ne l’aidait jamais beaucoup.

Qu’est-ce qu’elle aimerait ce faire dire dans ce genre de situation ? Hésitante sur le mot à employer pour ne pas empirer la situation, elle prit une grande inspiration et s’essaya avec la phrase d’usage :

- Là,là… ça va aller. Tout va bien, tout va bien. Raconte moi tout. Que c’est-il passé ?


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Camy Adriacco
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Elle resta contre l’épaule de Robyn à sangloter. Si l’alcool allait sans doute faire du mal à son hydratation, pleurer n’allait rien arranger. Au programme du lendemain ? Migraine carabinée. Mais maintenant que les vannes étaient ouvertes, elle avait du mal à s’arrêter. Le nez dans son cou, elle pleurait à chaudes larmes. L’alcool avait ceci de bon qu’il levait pas mal d’inhibition et laissait libre court aux petits drames individuels. Dans le cas de Camy, c’était étaler toutes ses faiblesses. Au lieu de noyer ses problèmes, au final… elle n’en vivait que plus intensément ses drames.
En l’occurrence, c’était la blessure à vif de sa mission avec Arch qui la travaillait et mettait en exergue tout le reste.

Pourtant, elle n’avait pas encore assez bu pour en oublier ses réticences à parler de ce qui la travaillait vraiment. Comment le pourrait-elle ? C’était ce blocage qui était la source même de sa détresse, et elle n’avait pas encore atteint le point où elle pourrait le passer - ou alors il lui manquait encore quelques grammes d’alcool...

Elle se recula donc en reniflant et hoquetant, tout en se frottant le nez et les yeux. Peu satisfaite du résultat, elle attrapa le bas de son haut et commença à s’essuyer le visage, le ventre et le soutien-gorge à l’air, tout en reniflant encore.

« Je vais pas… » reniflement. « Je vais pas… » reniflement encore. « Je vais pas… dire à toi ce que je peux pas dire à lui... même si faudrait que te dise à toi ce que j’ai pas dit à lui pour que tu comprennes pourquoi je l’ai pas dit à lui en te le disant à toi ! »

Pourtant… elle tenta de se reprendre, mais très vite, elle se remit à pleurer en se laissant tomber la tête dans les genoux de Robyn.

« Je suis trop nuuuuuulle, Jazmyn !!! C’est tout ma fauuuuute ! » geignit-elle depuis les cuisses de Robyn.



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Robyn Winters**
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Enfin, Camy se redressa avec l’air déconfit et grotesque. Elle se frotta les yeux une fois avec ses mains et visiblement ce n’était pas assez. Elle prit tout simplement le bas de son chandail et le remontant sans gêne, dévoilant son ventre et son soutif.

Robyn roula du regard, un peu exaspérée et écouta avec une patience qui semblait n’avoir pas de fin ce que Camy lui disait. Elle fronça d’abord les sourcils, puis regarda vers le plafond en essayant de faire du sens à ce qu’elle venait de dire.

- Je suis pas sure de comprendre ce que …

Mais à peine elle avait eu le temps d’essayer de démélanger ce qu’elle avait dit que Camy se remit à pleurer de plus belle.

Sur ses cuisses, elle se mit à se plaindre que c’était de sa faute, tout en prenant le temps de se tromper ENCORE une fois sur son prénom. Un énorme soupir, Robyn ferma les yeux et essaya de ne pas s’emporter trop rapidement :

- Écoute, si tu me dis rien, je ne peux pas t’aider et puis, je suis certaine que ça te fera du bien de déballer tout ça. Et qui sait, j’aurais peut-être un bon conseil pour toi !?

Bon, là ce n’était pas très convainquant.

- Tu me diras que je sais pas grand chose de … de tout ça mais euh… on sait jamais. Je te promets que je ne le dirais à personne.


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Camy Adriacco
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Là où Robyn avait de la chance, c’était que Camy n’était pas en état de se rappeler - éventuellement - que la rouquine n’était peut être pas la meilleure placée pour lui donner des conseils de coeur, si tant est que Camy ait jamais assez connu Robyn pour en juger, de toute façon. Elle ne risquait donc pas de lui tenir rigueur de s’avancer de la sorte, ni de se moquer. Elle n’était de toute façon pas d’humeur, la petite Camy.

Elle se contorsionna pour se mettre allongée sur le côté, les genoux ramenés contre sa poitrine, la tête toujours sur les genoux de Robyn. Les yeux dans le vague en se tripotant la lèvre et reniflante. Dans ses vapeurs d’alcool elle réfléchissait à ce qu’elle pouvait dire. Ou pas. Autant dire que l’exercice était compliqué puisque ses neurones avaient déjà du mal à la faire tenir debout. Mais finalement, la fatigue aidant, elle se lanca. Avec la cohérence propre à tout être imbibé à l’éthanol.

« Je lui ai sauvé la vie… Mais pas comme il faut… » On commençait bien. « Tellement pas comme il faut que j’ai failli pas lui sauver la vie !! J’ai eu teeeeellement peur ! C’était tellement affreux à voir, tout ce sang ! » Bon évidemment, ça manquait de détails pour vraiment bien tout saisir. Mais le fond était là, finalement : elle avait eu très peur de perdre Arch au milieu d’un bain de sang. Suffisamment pour que ça l’ai secouée. « Et quand on est revenus ici… Oh Jocelyn ! Ca a été horrible ! » Elle se passa les mains sur les yeux en geignant. « Je lui ai dit de partir ! » Elle renifla un grand coup. « Il voudra jamais reveniiiir... »

De là où elle était - et malgré le confort combiné du canapé et des genoux de Robyn - elle avait l’impression que rien n’irait jamais mieux.
Bon bien sur, les explications qu’elles donnaient, pour vrai qu’elles fussent, ressemblaient à des petits drames finalement bien ordinaires. Ce n’était cependant que la partie émergée de l’iceberg de névroses qu’elle pouvait avoir.



The storm is coming but I don't mind
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Now

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[CLOS] [Camy/Robyn] One more drink before the dark
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