2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Angela/Garin/David] Turning Point 2

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Garin DeLyons
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Septembre 2074

Quand on quitte ce monde, tout n’est pas blanc et rien n’est noir. Ni tunnel, ni lumière, ni le défilé de votre vie… Pour ce qu’en était la mienne, je vais pas me plaindre. Rien. Il n’y avait rien. Je me souviens avoir fermé les yeux et plus rien. C’était juste fini. Plus de souffrance, plus de douleurs, plus de sentiments. J’étais libre. Dans un sens, j’avais attendu ce moment pendant des années, peut-être même des siècles. J’avais toujours chercher à survivre, coûte que coûte. Tant que j’étais vivant, je me battais. Et puis j’avais abandonné. Je n’avais plus rien à quoi me raccrocher. Je n’avais plus rien du tout.

Il m’a fallu des heures pour réussir à ouvrir un oeil. Mes paupières étaient si lourdes. Je me sentais moi-même lourd et brûlant, des perles de sueur sur mon front, mais réveillé et la respiration stable, ce qui était une première depuis des années. Il y avait du bruit autour de moi. Des pas, parfois une voix, des frottements mais tout ça m’apparaissait si lointain.  Et j’étais fatigué.

Je m’étais déjà réveillé une fois mais je ne m’en souvenais pas sur l’instant. Je me rappelais juste de la douleur qui m’avait traversé le corps en me ramenant à la vie. Je crois même que j’en avais hurlé. J’étais si paisible, si calme, je ne sentais plus rien et tout à coup… J’ignore pourquoi et surtout comment j’ai réussi à prononcer le nom d’Angela. Je ne pouvais appeler Eve. Je ne pouvais appeler qui que ce soit d’autre, je n’avais, finalement, qu’elle. Je ne la connaissais pas et je ne savais rien d’elle, mais elle était la seule personne à laquelle j’ai pensé dans ce court laps de temps qu’était mon réveil avant de sombrer à nouveau dans le noir. J’ai tout juste eu le temps d’apercevoir ce gamin perché au-dessus de moi et de sentir sa main sur mon torse. L’arrivée d’Angela, je ne m’en souviens pas. Qu’on m’ait porté jusqu’à un lit - ou bien était-ce un canapé ? - non plus.

Tout ce dont je me rappelle, c’est que les images étaient de retour. J’étais à nouveau dans cette tempête de sable et je me débattais, les pieds ancrés dans le sol. J’étais oppressé, j’avais mal, ça me tirait dans tout mon corps, si j’étais éveillé, je n’en avais aucune conscience. Mon corps a fini par se calmer, quand il a eu fini de se rétablir. Ma blessure a la cuisse s’était refermée en une cicatrice brillante, bien plus que celle dans mon poignet, comme si on l’avait comblée avec du sable blanc.

J’ai enfin réussi à ouvrir les yeux. Je ne sentais plus aucune douleur dans mon corps. J’étais à nouveau vivant et j’ai cligné des paupières en déglutissant. Je n’ai pas cherché à savoir où j’étais ni avec qui. J’ai d’abord cherché à me souvenir de qui j’étais et d'où je venais...


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Butterfly Effect
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ANGELA : Quand tu arrives, il y a un enfant avec Garin. Mais en tournant la tête deux secondes, il a disparu et tu es seule dans a rue.

Tu as plusieurs solutions qui s’offrent à toi. La transformation du Candidat, qui a aidé son maintient en vie, l’a rendu aussi beaucoup plus lourd et d’une masse plus dense que d’origine. Tu es incapable de le soulever seule. Tu peux appeler ton frère (qui le reconnaîtra bien sûr mais ne se souviendra pas qu’il ait pesé aussi lourd), mais tu peux aussi demander l’aide de Matt et Alex. David seul ne pourra rien soulever non plus, à moins de se faire un tour de reins. Deux hommes forts avec toi, ce ne sera pas du luxe. A toi de choisir où tu décides d’emmener Garin. Chez toi ou au bar avec l’accord de Matt et Alex. Quoiqu’il en soit, Matt et toi étant à moto… Il va vous falloir autre chose. C’est à toi de décider.


[HJ : je n’ai rien contre Alex et il t’aidera si tu l’appelles mais au présent du RP, il ne sera plus là. Si je peux éviter de le PNJiser en plus de Garin, ça m’arrangerait… Et je pense que chez toi, c’est le mieux. Le bar, avec Jane en plus, c’est moyen.]


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Angela Foster
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Enroulée dans une couette, confortablement installée dans un fauteuil, je commençais à m’endormir. Il était tard, très tard. Mais je m’efforçais de garder les yeux ouverts, veillant sur l’homme allongé sur mon lit.

Quelques heures plus tôt, mon portable avait sonné. Une voix que je ne connaissais pas m’avait seulement dit qu’un ami avait besoin de moi et m’avait donné un nom de rue avant de raccrocher. Rien de plus. Bon nombre de personnes auraient été méfiantes et n’y seraient pas allés. Mais j’avais senti comme une espèce d’urgence dans cette voix, et j’étais, de toute façon, d’un naturel plutôt confiant. Je m’étais excusée auprès de Matt et Alex, et j’avais quitté le bar avant la fin de mon service pour me rendre à l’endroit indiqué. Ce que j’y avais trouvé m’avait étonné. Au premier coup d’œil, j’avais vu deux silhouettes, celles d’un homme allongé sur le sol et d’un enfant agenouillé près de lui. Un bruit derrière moi m’avait fait tourner la tête deux secondes et quand j’avais de nouveau regardé dans la direction des deux personnes, l’enfant n’était plus là.

Ramener Garin à la maison n’avait pas été chose aisée. Un phénomène que je ne m’expliquais pas l’avait rendu beaucoup plus lourd qu’il n’était censé l’être. J’en savais quelque chose pour l’avoir soutenu après sa crise de l’autre fois. J’avais dû appeler des renforts. Et naturellement, la première personne à laquelle j’avais pensé, avait été David. J’étais loin de savoir ce qui allait se passer une fois qu’il était arrivé. Non seulement mon frère était dans un état presque aussi lamentable que Garin (je dis presque parce que David, au moins, était encore sur ses deux jambes), mais sa réaction quand il vit l’homme allongé sur le sol dépassa tout ce à quoi j’aurais pu m’attendre. Il m’avait fallu user de beaucoup de persuasion pour convaincre David que Garin n’était pas un danger. Il avait fini par céder et par accepter de le ramener à la maison, mais je savais que je n’avais pas fini d’en découdre avec lui. Seulement, David, aussi musclé qu’il puisse être, n’était pas suffisant. Nous avions dû faire appel à quelqu’un d’autre et dans l’urgence, la première personne à laquelle j’avais pensé était celle que je venais de quitter.

Avec l’aide de Matt, nous avions pu installer Garin dans la voiture de David. Ils l’avaient ensuite installé dans ma chambre et nous en étions là, désormais. Matt nous avait laissé et David était resté un moment avec moi, il m’avait raconté ce qui s’était passé, sa confrontation avec Garin. Moi, je lui avais dit ce que je savais de lui, ce que nous avions partagé ensemble (sans vraiment entrer dans les détails) et j’avais fini par le convaincre que Garin n’était pas une menace. David était resté encore un peu et puis il avait fini par céder à la fatigue et était allé se coucher, non sans quelque appréhension à l’idée de me laisser seule avec Garin. Et moi, j’étais restée, recroquevillée dans mon fauteuil, avec ma couverture sur les épaules, à veiller sur lui, à attendre et espérer qu’il se réveille bientôt.

Il commençait justement à s’agiter, comme s’il était pris dans un mauvais rêve. Je me levai de mon fauteuil, abandonnant ma couette derrière moi et m’approchai du lit. Garin avait toujours les yeux fermés et semblait lutter contre quelque chose. Je m’assis à côté de lui et posai une main sur son torse tandis que je passai l’autre main dans ses cheveux, comme faisait ma mère lorsque j’étais enfant et que je faisais un cauchemar. Comme faisait désormais mon frère, parfois, parce qu’il m’arrivait encore de faire des cauchemars.

Ce n’était sûrement pas lié à moi mais, il finit par se calmer et, lentement, il ouvrit les yeux.

- Hey, Garin. Tout va bien, tu es en sécurité ici.

Ca aussi c’était un truc de ma mère. Un truc idiot, mais qui avait le don de me calmer parce qu’elle avait une voix douce et apaisante, ma mère. J’ai plongé mes yeux dans les siens et ai continué à caresser sa tête.

- Ne t’agite pas. Tu… tu es dans un sale état. Tu as besoin de repos.

Si Garin parcourrait la pièce du regard, il n’y verrait pas grand-chose indiquant qu’il était dans la chambre d’une fille, et encore moins dans la mienne, vu qu’il ne me connaissait pas tellement. Piano, guitare et violon cohabitaient avec cordes, mousquetons et harnais. Des partitions jonchaient le sol dans un coin et dans l’autre, des vêtements sales s’entassaient. Je n’étais pas la reine du rangement, c’était certain. Seule indice concernant l’habitant des lieux : une photo me représentant (à une époque où j’avais encore les cheveux longs) avec un jeune homme était posée sur la table de chevet.
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Garin DeLyons
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Je n’ai su que plus tard ce qui m’était arrivé. Enfin… Je le savais mais en ce qui concernait mon corps, c’était très flou. Les docs avaient dû se planter à l’agence. On a toujours cru que je n’étais simplement que composé de carbone et que, donc, d’autres pouvoirs pouvaient y réagir, comme celui de mon meilleur ami ce qui, vous vous en doutez, n’était pas bien pratique quand celui-ci avait la capacité de me tuer sans avoir besoin d’y réfléchir. Mais il semblerait que je sois capable de plus. Agressé par Abel, mon corps a tenté de parer les coups, de se défendre et donc, de me tenir en vie. Je crois que je comprends mieux d’où me vient ce fort instinct de survie… Malheureusement, il n’a pas réussi à temps. Je suis mort. Oui, c’est ça, je peux le dire, je suis mort ! J’ai connu une expérience extra-corporelle (ou ce que vous voulez, ne vous attendez pas à ce que j’en parle comme si tout était très clair dans ma tête), j’ai vu l’au-delà ! C’est ce que j’aime bien dire aux gens pour attiser leur curiosité et les agacer un peu. J’aime bien taquiner, c’est une chose qui n’a pas changé.

Mais quand je suis « revenu » (je suis un revenant, si c’est pas la classe…), mon corps s’est remis en route. Ce qu’il avait jusque là accompli ne suffisait pas à me maintenir en vie, d’ailleurs, c’est tout juste si j’ai eu le temps de me souvenir du numéro de téléphone d’Angela. Quant au gamin qui était avec moi, il m’était familier mais je ne savais pas d’où, je n’avais pas eu tout à loisir de lui demander. Je suis resté inconscient le temps que tout se mette en place. J’ai revu toutes les vies de Garin pendant ce temps. Depuis sa naissance, jusqu’à sa mort, et celles qui ont suivi, jusqu’à moi. J’avais si chaud que j’ai cru brûler. Toujours est-il que sur une échelle de 1 à 10, en tant que négatif, je pesais 5. Quand mon pouvoir s’est activé, je suis tombé à 3, tel un brave poids plume qui vole bien à travers les pièces. Aujourd’hui, sans être un poids lourd, je me suis stabilisé à un poids normal mais au-dessus de la moyenne, à 7 sur mon échelle débile et pas du tout représentative.

Alors forcément, quand mon corps a eu fini de se transformer, et je vous passe les détails de la mallette du petit chimiste, mes signes vitaux se sont à leur tour apaisés. Ce qui a tenu en une très longue journée pour le monde entier, a ressemblé à des siècles pour moi. J’avais senti la main d’Angela sur mon torse. Je l’ai même prise pour une autre jusqu’à entendre sa voix et enfin percevoir son visage. C’était la première fois que je ne me réveillais pas en sursaut. La première fois que je me souvenais à peu près bien de ce que j’avais vu dans mes rêves - ceux liés à mon pouvoir, du moins. C’était la première fois que je sentais mon coeur battre de façon régulière et normale, que ma respiration ne m’étouffait pas et que ma tête n’était pas prise dans un étau.

Je n’ai d’abord pas répondu à Angela, je suis resté silencieux, le temps de remettre les informations dans l’ordre et de comprendre où j’étais et qui elle était. Un processus qui a dû prendre de longues minutes et durant lequel j’ai refermé les yeux quelques secondes en portant une main à mon front. Mon visage était guéri, moyennant quelques petits filets de cicatrice à peine visibles. Je ne suis pas sûr d’avoir la capacité de me soigner avec mon pouvoir. Je pense que c’est plus une restructuration de mon corps, d’où les cicatrices brillantes sur les petites plaies. Elles n’avaient pas guéri, à proprement parler, elles s’étaient… refermées. Comblées. Et quand je verrai David, la première chose que je penserai serait « Hey salut, connard, tu m’excuseras, j’ai perdu ta balle. » Je ne sais pas si les caresses d’Angela me calmaient ou non, j’en étais tout juste conscient. Mais je sais que c’était agréable. Dans un sale état ? Si c’était vraiment le cas, je ne le sentais pas du tout. Je respirais bien ! Mes poumons ne me brûlaient pas. Et je me sentais remarquablement fort, aussi. L’impression que je pourrais courir un marathon pendant des jours, sans me fatiguer. Seuls mes yeux n’avaient pas changé. S’ils étaient bleus d’origine, ils avaient conservé leur aspect d’ambre depuis la manifestation de mon pouvoir. D’ailleurs, je remerciais mon corps d’avoir agi en me plongeant dans l’inconscience. La première fois que cette transformation m’était arrivée, j’avais connu un tout nouveau niveau de douleur, jamais expérimenté. La seule différence avec mes yeux étaient qu’ils jouaient avec la lumière à présent, comme s’il y avait une lueur de flammes à l’intérieur. Quelque chose comme de l’ambre, du sable cristallisé. Pour ce que j’en sais, je deviens poète.

L’entendre prononcer mon nom a eu un drôle d’effet sur moi, que je ne saurais décrire. Mais ça m’a permis de me souvenir plus rapidement. Les docks, David, Abel, Annie, le gamin, maintenant Angela… Tout se bousculait encore dans ma tête, il me faudrait plusieurs heures pour tout démêler.

– Hey…

J’ai essayé de sourire en rouvrant les yeux sur elle mais même stabilisé, je me sentais fatigué. Pour ne pas dire épuisé. C’était crevant de mourir, vous savez ? En réalité, c’était ma reconstruction qui m’avait pris toutes mes forces. Puiser dans mes ressources, c’est que mon pouvoir ferait à chaque fois qu’il s’activerait pour me défendre, maintenant. Je suis peut-être immortel, en fait ! Attendez que je commence à me tester…

– Non, ça va. Juste…

Je ne mentais pas, en dehors de la fatigue, je me sentais étrangement bien. Mieux que jamais, pour ainsi dire. J’ai dégluti en refermant les yeux et me passant une main sur le visage. Peut-être bien que les gestes d’Angela m’apaisaient, finalement. J’ai marmonné un « Tu verrais l’autre… » dans un sourire amusé et… Je me suis rendormi. L’autre, c’était David ou Abel, au choix. Le lien avec Angela ne s’était pas encore refait dans ma tête. Et tout ce qu’il me restait d’Abel était ce que j’avais balancé sur sa soeur. J’espérais pouvoir très rapidement lui fracasser la tête contre l’asphalte.

Quand j’ai à nouveau ouvert les yeux, il faisait jour. Du moins, le soleil se levait et tout était silencieux autour de moi. Cette fois, en m’éveillant, je me sentais regonflé. J’ai tourné la tête pour regarder la chambre, rassurée à la vue des instruments, moins à celles des accessoires d’escalade. Mon regard s’est arrêté sur la photo d’Angela. J’ai haussé les sourcils, elle était tout de même bien plus jolie comme ça. Les cheveux courts, ce n’était pas tant que ça ne lui allait pas… C’est que ça la rendait si sévère, si dure. Ce qu’elle n’était pas. Quant au type à côté… Aucun intérêt. J’ai tourné la tête pour passer mes doigts dans mon pantalon, au niveau de ma cuisse et tenter d’apercevoir ce qu’il restait de ma blessure. Mais au toucher, je n’ai senti que l’aspérité particulière d’une cicatrice. On aurait même presque dit qu’elle s’était étendue aux veines autour, comme un éclat de verre. Net mais tentaculaire. Une moue dubitative s’est peinte sur mon visage et je me suis redressé en laissant une jambe retomber du lit.

J’étais définitivement plus lourd qu’avant. J’ai légèrement grogné en portant une main à ma tête, penché en avant. Je n’avais plus mal nulle part, je n’étais plus fatigué, je me sentais fort et nouveau, c’était un fait. Mais lourd. Je vous entends au fond de la salle… Comptez sur moi pour me venger de chacune de vos remarques que je jugerai désobligeantes.

[...... C'est promis, je ne ferai plus aussi long...]


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Angela Foster
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[oh non sad j'adore les posts longs !]

Garin s’était rapidement rendormi et je décidai finalement de l’imiter. Je regagnai mon fauteuil, m’emmitouflai à nouveau dans ma couette et me laissai emporter par Morphée. Si la nuit de Garin (ou du moins ce qu’il en restait) avait été plutôt paisible, ce ne fut pas tellement le cas de la mienne. Mon fauteuil avait beau être confortable quand il s’agissait de lire, pour dormir ce n’était quand même pas l’idéal. Je ne cessais de me réveiller, de me tourner, cherchant une meilleure position et de me rendormir.

Je fus de nouveau réveillée, un peu avant l’aube, par des bruits légers en provenance de la cuisine. Je jetai un coup d’œil à mon réveil : David se préparait à aller au boulot. Je repoussai ma couette, me levai et allai rejoindre mon frère. Nous discutâmes un long moment, tenant entre nos mains une tasse de con café  imbuvable. Lui non plus n’avais pas très bien dormi. La présence de Garin le mettait dans un état étrange. J’avais beau lui avoir dit que je ne risquais rien avec lui, David n’en était pas moins inquiet. Inquiet et curieux. Garin titillait son instinct de flic. Il avait passé la journée à essayer de comprendre pourquoi le dossier de ce type était classé confidentiel, à tourner dans sa tête tous les indices qu’il avait récoltés, cherchant à résoudre cette énigme sans même réussir à toucher du doigt la solution. Il ne pouvait faire que des suppositions. Quoiqu’il en soit, il sentait que Garin était plus qu’un simple docker peut-être impliqué dans un trafic de drogue. Et à force de m’écouter, il se demandait s’il ne l’avait pas jugé un peu trop vite. Je sentais qu’il s’en voulait également, de lui avoir tiré dessus, d’une part, et d’avoir perdu son sang froid de la sorte. Mais ça, il se garda bien de me le dire clairement. Moi, en tous cas, je ne pouvais pas totalement lui en vouloir. Bien sûr, je lui avais fait comprendre qu’il avait dépassé les bornes. Mais finalement, David était aussi impulsif que moi… mais beaucoup plus fort…

Le soleil venait de se lever lorsque David finit par me laisser, non sans appréhension encore une fois, pour aller travailler. Quant à moi, je retournai auprès de Garin, lequel venait tout juste de se réveiller apparemment. Je le trouvai assis au bord du lit lorsque j’entrai.

- Hey, ça a l’air d’aller mieux !

Je m’approchai de lui et, tout de suite, un détail me sauta aux yeux. Son visage était… guéri. Il n’avait plus la moindre ecchymose. Voilà qui était surprenant. Si j’en croyais David, ils étaient chacun à l’origine des blessures de l’autre et mon frère avait encore une tête à faire peur, bien qu’il ait, selon lui, reçu moins de coups que Garin.

Je me remis rapidement de ma surprise et allai ouvrir légèrement les volets, pour faire entrer plus de lumière. Alors que je revenais vers Garin, mon regard croisa celui de mon reflet dans un miroir.  En parlant de tête à faire peur… j’avais les cheveux dans tous les sens et des valises sous les yeux. J’adressai un léger sourire à mon double (une chance que je n’aille pas travailler aujourd’hui, j’aurais sûrement le temps de me reposer), et je reportai mon attention sur Garin.

Je m’adossai contre le mur près de lui et enfonçai les mains dans mes poches d’un air sceptique.

- Tu es sûr que c’est une bonne idée de te lever ?

Après tout, étant donné l’état dans lequel je l’avais trouvé, on pouvait aisément comprendre que j’ai des doutes. Je m’inquiétais pour lui. J’avais beau savoir ce qui s’était passé entre lui et David, ce que Garin avait dit pour déclencher la colère de mon frère, je ne parvenais pas à lui en vouloir, à lui non plus. J’aurais peut-être dû me sentir vexée, ne plus jamais vouloir le revoir, mais je n’étais pas comme ça. Mon instinct me disait que tout ce qu’il avait dit, Garin ne le pensait pas vraiment.

Je me décollai du mur en soupirant et m’approchai de lui. Je posai la main sur son épaule et tentai de lui faire comprendre qu’il valait mieux qu’il se recouche en le poussant légèrement vers l’arrière.

- Je parie que tu te sens parfaitement capable de tenir sur tes jambes…

Mon frère était pareil.

- … mais tu étais plus mort que vif quand on t’a ramené alors pas d’imprudences, ok ?
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Garin DeLyons
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J’ai relevé les yeux à l’arrivée d’Angela. Aller mieux était un doux euphémisme. Je me sentais plus fort et plus résistant que jamais. J’aurais voulu qu’elle ouvre les volets en grand pour en profiter ! Pourtant, mon corps avait été privé d’oxygène pendant un moment avant ce gamin ne me ramène et n’appelle Angela. Combien de temps étais-je resté sans vie ? Finalement, c’était un miracle que personne ne m’ait trouvé avant et que personne ne m’ait signalé. J’ai regardé la main d’Angela en fronçant les sourcils. Capable de tenir sur mes jambes, c’était une certitude, pas un pari. Alors j’ai ignoré son conseil sous entendu et je me suis appuyé sur les bords du lit pour me redresser.

– Tu ne crois pas si bien dire.

Je n’étais pas plus mort que vif ! J’étais mort. Décédé. Kaput. Out. Hors de ce monde. Au paradis ou en enfer, personne n’avait encore décidé pour moi mais c’était en cours ! Je me suis rattrapé à un meuble une fois debout et j’ai écarquillé les yeux. Même si je me sentais plutôt faible et que mes jambes pesaient une tonne, je n’ai même pas senti une bribe d’accélération dans mon rythme cardiaque et pour ça… je me suis mis à rire.

– Hey regarde ça, sans les mains !

Et d’un coup, je me suis retourné vers elle en levant les bras hauts au-dessus de ma tête avec une expression joviale sur le visage, un grand sourire sur les lèvres. Et puis, je me suis désintéressé d’elle pour aller scruter le reste de l’appartement, posant une main sur l’encadrement de la porte. J’ai passé discrètement la tête pour voir s’il y avait quelqu’un. J’avais bien entendu la porte d’entrée mais je n’avais aucune idée de où j’étais, ni de qui venait de sortir. Mon instinct était suffisamment éveillé pour s’être mis en alerte maximale. Je connaissais Angela, c’était une information que j’avais enregistrée. Les instruments de musique étaient notés. La photo avec l’inconnu aussi. La pile de partitions également. J’avais remarqué sa fatigue également. Bref, je n’avais plus rien à faire dans cette pièce.

Quand bien même je n’avais plus rien ni aucune douleur, la jambe dans laquelle David avait tiré me tirerait à vie. C’était une nouvelle marque de ma vie, comme la cicatrice sur mon abdomen. Un instant, je me suis demandé ce que Angela avait vu. J’ai levé mon t-shirt pour m’assurer que tout était là. C’était rassurant, en un sens. Je sentais l’odeur du café et j’avais l’impression que c’était la première fois, ce qui n’était pourtant pas le cas. J’ai mis un pied dans le salon, marchant d’un pas lent en m’assurant qu’il n’y avait personne d’autre. Les oreilles tendues, je n’ai rien perçu d’autre.

– Tu ne vis pas seule, il me semble…

Et c’est là que le frère d’Angela m’est revenu à l’esprit. J’ai froncé les sourcils en étudiant mieux l’endroit, cherchant des photos ou un signe, quelque chose pouvant me dire qu’il était là ou non. C’était sûrement lui que j’avais entendu partir. Je n’avais pas idée qu’Angela ait pu faire appel à d’autre que lui.

– Combien de temps je suis resté dans les vapes ? - J’ai tourné la tête vers elle, curieux. C’était encore nébuleux dans ma tête. Je ne me souvenais pas l’avoir appelé, je ne me souvenais même pas encore du gamin. Mon dernier souvenir à ce moment-là n’était pas une ruelle mais le Sanctuaire. Mais tout ce dont je me souvenais était sombre. Tout se mélangeait dans ma tête. J’étais en train de confondre trop de choses. L’effort que cela me demandait pour garder le contrôle de la mémoire de ma vie et uniquement la mienne, était insensé. Et en même temps, j’avais l’impression que David m’avait tué et que c’était Abel qui me courrait après avec une épée pendant que Angela prenait feu dans une maison et que Eve hurlait à la mort. Ou bien était-ce réel ? Avais-je entendu Eve hurler ? Je n’en étais pas sûr. J’ai cligné des paupières, mes yeux dans les siens. - Angela… Tu m’as trouvé où ?


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Angela Foster
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Pourquoi ça ne m’étonnait pas ? Garin ignora mon conseil et se leva tout de même. Je restai derrière lui pour le rattraper au cas où. Oui, pendant quelques secondes, j’avais oublié que David seul n’avait même pas été capable de le soulever, alors comment j’aurais pu le retenir s’il avait perdu l’équilibre ? Lorsqu’il se retourna vers moi avec un grand sourire en levant les mains au-dessus de sa tête, je compris qu’il n’avait pas besoin de moi et reculai de quelques pas, répondant à son sourire par un éclat de rire. S’il était capable de me faire rire, c’est qu’il allait mieux, le doute n’était plus possible.

- Wow, tu es trop fort ! Mais comment tu fais ça ?

Je fronçai les sourcils tandis qu’il se dirigeait vers la porte. Avait-il l’intention de faire le tour du propriétaire ? S’il voulait visiter les lieux, libre à lui après tout. Je trouvais même ça normal. Je le laissai se balader tout seul, comme un grand, le suivant à quelques pas de distance. David et moi partagions un duplex confortable mais sans rien d’extraordinaire, simple, à notre image. Nous ne vivions ici que depuis deux ans. La déco était restée, somme toute, assez impersonnelle. Cet appart aurait pu être celui de n’importe qui. Il n’y avait pas la moindre photo au mur ou posée sur un meuble, exceptée celle que j’avais dans ma chambre. Au rez de chaussée se trouvait les pièces de vie et ma chambre, c’était plus pratique, je pouvais difficilement monter et descendre les escaliers quand je n’étais pas bien. Et à l’étage, il y avait la chambre de David, son bureau et la salle de bain.

La visite commença par le salon. C’était dans cette pièce que donnait la porte de ma chambre. Je m’arrêtai sur le pas de la porte et m’appuyai au chambranle, les bras croisés. C’était étrange de voir Garin se balader dans mon univers. Je n’avais amené que très peu de personnes ici. Elijah, une fois, mes amis bien sûr, mais c’était tout. L’occasion ne s’était pas présentée, tout simplement.

A la remarque de Garin, je me contentai de hocher la tête mais n’ajoutai rien. Je ne tenais pas tellement à parler de David, ne sachant pas comment il allait réagir. Je ne voulais pas prendre le risque de déclencher un orage. Il disait se sentir mieux mais… on ne savait jamais.  

- Combien de temps ? C’est difficile à dire. Je t’ai trouvé hier soir, un peu après la tombée de la nuit, mais qui sait depuis combien de temps tu étais là.

J’aurais bien voulu pouvoir lui répondre plus précisément, mais à vrai dire, je n’avais pas plus de détails. Quand j’étais arrivée dans la ruelle, il était, effectivement, déjà inconscient. C’était une ruelle dans laquelle il passait très peu de monde, il avait pu y être depuis plusieurs heures sans que personne ne l’ait remarqué. Au fond, il avait eu de la chance que ce gamin soit passé par là.

- Dans une ruelle isolée de la ville basse. On m’a appelée pour me dire que tu avais besoin d’aide alors je suis venue et je t’ai trouvé allongé sur le sol, entre deux bennes à ordures…

Je haussai les épaules. Ouais, il avait eu de la chance que quelqu’un passe par là, il fallait vraiment s’avancer dans la ruelle pour le voir. Il y avait cependant une chose que je ne m’expliquai pas. Pourquoi m’avait-on appelé moi ? Je n’étais certainement pas la « personne à contacter en cas d’urgence ». Garin avait d’autres amis, bien plus proches que moi. Alors pourquoi moi et pas Jason par exemple ? Attention, cela ne me dérangeait pas le moins du monde, j’aurais aidé Garin, quelle que fut la situation, mais cela m’intriguait. Quoiqu’il en soit, je gardai cette question pour moi. Je la lui poserai plus tard… si je la lui posais. J’avais autre chose à lui demander avant.

- Tu te souviens de ce qu’il s’est passé ?

C’était peut-être une question que je n’aurais pas dû poser, une question dont la réponse ne me regardait pas. Mais Garin venait de passer la nuit dans mon lit, il me devait bien une explication, aussi minime fut-elle, non ? Après, rien ne l'empêchait de m'inventer n'importe quel bobard, je n'était pas aussi douée que David pour détecter les mensonges.
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Garin DeLyons
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Je me suis mis à marcher dans l’appartement. Je boitais légèrement sur ma jambe mais je n’en ressentais aucune douleur, ce qui était un soulagement pour moi. J’avais l’impression qu’il s’agissait des deux plus longs jours de toute ma vie. D’abord les docks, David, rentrer au Sanctuaire à pied avec le risque d’exploser dans la ville à tout moment. Inconscience. Annie, Abel, Douleur, Mort. Réveil, Douleur extrême, Angela, le gamin, douleur. Inconscience. Angela, douleur. Inconscience. Réveil, Angela, doutes, incompréhension. Elle ne savait pas combien de temps j’étais resté là-bas ? j’ai tiqué en attendant la suite et alors qu’elle m’aidait à recoller les morceaux dans le bon ordre, j’ai secoué la tête avant de regarder à nouveau dans le salon.

– Sale fumier.

J’ai pesté entre mes lèvres, détaillant l’appartement de mes yeux, mémorisant machinalement tout ce que je voyais. Il m’avait ramené jusque dans la Ville Basse pour m’abandonner dans des poubelles. Si je pouvais le tuer, je le ferais de mes propres mains. Je n’aurais pas besoin de mon pouvoir pour ça. J’ai alors marmonné, sans me soucier si Angela pouvait m’entendre ou non.

– C’est ton numéro qui m’est venu à l’esprit en premier.

Oui, j’avais eu besoin d’aide et j’avais réagi comme à chaque fois : pour ma survie. Ce gamin m’avait sauvé la vie et c’était maintenant ma priorité : le retrouver. Je voulais comprendre pourquoi il avait fait ça et surtout comment. Comment était-ce possible. Je savais que j’étais mort. D’ailleurs, quand Angela m’a demandé si je me souvenais de ce qu’il s’était passé, je l’ai regardé, oui. Mais je n’ai rien répondu. Bien sûr que je me souvenais. Au fur et à mesure que je me réveillais et que mon cerveau reprenait totalement conscience, tous les détails me revenaient et reprenaient leur place. Mais je n’avais aucun moyen de me souvenir de ce dont il s’était passé pendant ce laps de temps où j’étais mort. Je n’avais pas envie de lui mentir mais je ne voulais pas non plus lui dire la vérité. C’aurait été engager Libération. Est-ce que Angela continuait à voir Jason ? Est-ce que celui-ci essayerait de l’appeler pour la prévenir que je suis mort ? Elle ferait vite le lien, elle n’était pas stupide. Mais lui dire qu’elle ne pouvait rappeler Jason lui mettrait d’autant plus la puce à l’oreille. Je devais m’assurer de leur nature de leur relation avant. Cependant, je pouvais lui donner l’idée. Lui dire que je me souvenais impliquait d’autres questions. Lui dire non impliquait qu’elle essaye de m’aider en lui mentant. Quand on ne sait pas quoi répondre d’intelligent, on se tait. Mes facultés de réflexion étant assez réduite pour l’heure, je n’ai pas pris de risque. Mais je me souvenais de tout, oui.

– Je ne pouvais appeler que toi, de toute façon. - Ce qui excluait toute ma bande. Annie, Jason et les autres que Angela avaient vus au bar. Si ce n’était pas eux, alors c’était elle. - Merci.

Je me suis retourné à nouveau vers elle en hochant la tête. Elle aurait pu ne pas répondre. Elle aurait pu ne pas venir me chercher et qui sait ce qui me serait arrivé. Je lui devais au moins un remerciement. Son frère savait-il que j’étais là ? Si oui, comment avait-il réagi ? J’étais arrivé aux escaliers et j’ai tendu le cou pour tenter de voir ce qu’il y avait à l’étage mais sans monter. Le simple fait de mettre un pied sur la marche et j’ai senti tout le poids dans ma jambe. J’ai tapoté mes doigts sur ma cuisse avant de tourner les talons. Elle avait sûrement des questions. Plein de questions.

– Ton frère sait que je suis ici ?

A première vue, j’avais vu toutes les issues. L’étage ne m’intéressait pas et j’avais remarqué la porte de sortie. Je m’en revenais du côté de la cuisine, affamé de n’avoir rien avalé depuis deux jours, jetant parfois un regard à Angela.

– Dans tous les cas, je préfère pas être là quand il va rentrer…

David n’était pas responsable. C’était ma faute et j’avais fait une erreur. Mais ce petit con tâterait de mon nouveau front en béton s’il essayait de me raconter la vie.


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Angela Foster
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L’interjection de Garin suffit à répondre à ma question. Manifestement oui, il se souvenait. Et A vrai, dire, je connaissais au moins le début de son histoire, ce que David m’avait raconté. Même si, selon mon frère, Garin était encore en vie et conscient quand il l’avait quitté. Il savait où il avait tiré, il savait également que Garin n’avait pas versé une goutte de sang. Sa balle ne pouvait pas être à l’origine de l’état dans lequel nous l’avions trouvé. Et je croyais mon frère. Malgré tout, l’adjectif de fumier me fit froncer le nez et je me pris à espérer qu’il ne s’adressait pas à David, même si c’était mérité.

Je restai appuyée contre le chambranle de la porte, les bras croisés tandis que Garin regardait autour de lui comme s’il voulait connaitre le moindre détail de notre appartement. En d’autres circonstances, j’aurais trouvé ça déplacé, mais je pouvais le comprendre. A sa place, j’aurais certainement fait pareil. De toute façon, nous n’avions rien à cacher. David et moi n’étions pas les personnes les plus secrètes au monde. Et le seul truc que j’aurais pu vouloir lui cacher, il le connaissait déjà donc… Je le suivais du regard, sans bouger de ma place. Pour tout vous dire, j’étais précisément à l’endroit stratégique, celui qui permettait de voir tout le rez-de-chaussée en ayant juste à tourner la tête.

La suite de ses paroles me laissa plutôt perplexe. Voilà qui répondait à la question que je n’avais pas encore posée. Je me redressai légèrement, changeant mes appuis et décroisai les bras.

- Moi ? Et…

J’allais dire « et Jason ? » parce que c’était le seul ami que je lui connaissais même si ce n’était probablement pas le seul qu’il avait. Mais je n’ajoutai rien, me contentant de le regarder d’un air légèrement suspicieux. Air que son « merci » fit disparaitre. Je hochai la tête en souriant.

- Tu n’as pas besoin de me remercier. On m’a dit que tu avais besoin de moi, je suis venue. C’était… normal.

Oui, normal pour moi, parce que je n’étais pas du genre à laisser un ami dans la panade, même si cet ami était plus une connaissance qu’un vrai ami, d’ailleurs.

La question suivant effaça légèrement mon sourire. C’était le genre de question que je redoutais. J’avais évité de parler de David jusqu’à présent, mais il fallait bien que ça arrive à un moment ou à un autre non ? Je changeai une nouvelle fois de position, appuyant mon dos contre l’encadrement de la porte et enfonçant les mains dans mes poches. Je fixai le bout de mes chaussures comme si c’était la chose la plus intéressante que j’ai vue de toute ma vie.

- Oui… C’est lui qui m’a aidée à te ramener. Enfin, il s’est démoli le dos à essayer de te soulever avant de reconnaître qu’il avait, lui-même, besoin d’un coup de main.

Je soupirai, attendant la réaction que Garin n’allait certainement pas manquer d’avoir. Mais il s’était éclipsé du côté de la cuisine. Sa remarque suivante me fit décoller de mon lieu stratégique et je m’approchai de lui.

- Garin, je sais ce qui s’est passé avec David, il m’a tout raconté. Il…

Je soupirai une nouvelle fois, cherchant mes mots avec soin. Je savais Garin aussi intempestif que moi et je ne voulais pas me disputer avec lui.

- Il regrette ce qui s’est passé, ce qu’il t’a fait.

Bon ok, il ne me l’avait pas dit clairement, mais je l’avais senti à son regard et à son ton lorsqu’il m’avait raconté leur altercation. Et je ne me trompais pas, je connaissais assez mon frère pour être sûre de ce que j’avançais.

- Il a dépassé les bornes et il le sait. Il a juste… perdu le contrôle. Menacer de t’en prendre à moi n’était vraiment pas la chose la plus intelligente à faire face à lui.

Je levai les mains en signe d’apaisement, consciente que cette dernière phrase ne serait certainement pas du goût de Garin.

- Quoiqu’il en soit, il s’en veut de s’être laissé submerger comme ça. Il ne viendra pas s’excuser, il est trop fier pour ça. Et peut-être un peu trop honteux aussi. Mais il est prêt à faire des efforts pour que ça se passe au mieux le temps que tu resteras ici. Et il le fera, je connais mon frère.

Je tirai une chaise de sous la table, invitant Garin à s’asseoir. Sans même lui demander s’il en avait envie, je préparai deux tasses de café et en posai une devant lui.

- Tu as un endroit où aller ? Parce que sinon, tu peux rester ici. David est d’accord et moi, je serais ravie d’avoir quelqu’un d’autre que lui sous les yeux pendant quelques jours !

J’espérais le convaincre, je n’étais pas fan de l’idée qu’il s’en aille. Quelque chose me disait qu’il valait mieux qu’il reste là. Personne ne savait qu’il était chez nous, hormis David, Matt et moi. Et je savais qu’aucun de nous ne vendrait la mèche. J’avalai une gorgée de mon café et grimaçai.

- Hum… bois pas ça ! C’est juste… infâme.

Je retirai la tasse de Garin de sous son nez et la vidai dans l’évier avec la mienne et le reste de la cafetière.

- David n’a jamais su faire un café qui soit buvable, je ne sais pas comment il fait pour boire ce truc. Tu dois avoir faim. Tu veux manger ou boire quelque chose ?
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Garin DeLyons
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Non, ce n’était pas « normal ». Angela aurait pu refuser à tout moment. Elle aurait pu paniquer mais elle était venue et elle l’avait aidé. Elle continuait même encore à le faire. Je l’ai regardée me répondre et j’ai haussé les sourcils de surprise. Son frère l’avait aidée à me ramener ici ? Il m’aurait tué s’il avait pu… Et il l’aidait ? Mais la suite me laissa interdit.

– Quoi ? Comment ça, attends de quoi tu parles ?

Se démolir le dos pour me soulever ? Moi ? J’avais toujours été résistant mais léger. Angela était-elle en train d’insinuer qu’ils avaient dû me porter à plusieurs ? Comme un cercueil ? J’avais déclenché un moulin à paroles et j’étais tellement bouche bée que je ne l’ai pas interrompue. Je ne savais pas comment j’avais pu survivre à Abel, j’étais certain d’être mort, j’en avais la certitude. Et tout à coup, je me suis demandé comment je pouvais être vivant. Et visiblement, en très bonne santé, qui plus est.

Elle a commencé à s’agiter autour de moi et je l’ai suivie des yeux. Elle ne songeait tout de même pas à me faire rester ici, si ? David était le cadet de mes soucis. J’avais un type à retrouver. Et à tuer de mes propres mains. J’avais une vie à retrouver. Mais j’étais en train de doucement me rendre compte qu’il m’était véritablement arrivé quelque chose. Et que cette fois, c’était peut-être plus sérieux que je ne le pensais.

– Tu… Tu veux bien arrêter de bouger, une minute ? - J’ai attrapé son poignet, me tenant au dossier de la chaise de l’autre main et je l’ai forcée à me regarder. - Ton frère, je m’en fiche pas mal. Et je n’ai jamais menacé de m’en prendre à toi. J’ai très certainement joué avec ses nerfs, oui, je reconnais, il n’y a pas de petit plaisir dans la vie. Mais c’est le cadet de mes soucis. Regarde-moi… Angela, combien de personnes savent que je suis chez toi ?

Je n’avais pas voulu serrer son poignet fortement mais je commençais à reconnecter les points entre eux, à reprendre mes forces. Comme le visage du gamin qui me revenait à l’esprit. J’avais toujours eu une bonne mémoire et j’avais l’impression que celle-ci me faisait défaut. J’ai fermé les yeux pour essayer de restructurer ma mémoire.

– J’étais chez moi. Puis dans la ruelle. Et maintenant chez toi. - J’ai inspiré profondément en rouvrant les yeux sur Angela - Reprends depuis le début. Comment ça, tu n’as pas pu me soulever ? Je fais tout juste 50 kilos… Je suis composé de carbone, c’est ça mon truc. Je suis résistant mais léger. Ca veut dire quoi ce que tu me racontes ? Je veux bien que tu sois malade mais ton frère ?! Je suis bien placé pour savoir qu'il n'est pas en reste question force si tu vois ce que je veux dire.


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Angela Foster
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Je tressaillis légèrement lorsqu’il attrapa mon poignet surprise par sa vivacité, lui qui, quelques heures auparavant était totalement inconscient. C’était idiot de ma part, Garin m’avait déjà expliqué qu’il était résistant, et il venait encore une fois de le prouver. Il n’y avait qu’à regarder son visage pour le savoir d’ailleurs. Mais je ne sais pas pourquoi, je n’arrivais pas à le voir comme tel, quand bien même je le savais. Je crois que, comme David, j’avais ce besoin de protéger les gens, même s’ils n’avaient pas besoin de moi.

Je me tournai vers lui. Avais-je vraiment le choix de toute façon ? Non seulement son ton était assez impérieux, mais qui plus est, il me tenait fermement. Un peu trop fermement d’ailleurs. Je n’étais pas aussi résistante que lui. Je grimaçai mais ne dis rien, me contentant de le regarder, comme il me le demandait. Je fronçai les sourcils et plongeai mes yeux dans les siens. Je sentais au son de sa voix que quelque chose n’allait pas, qu’il était inquiet.

- Juste David et moi. Et Matt, un ami. On… David n’arrivait pas à te soulever seul et Matt est la première personne en qui j’avais confiance et qui aurait accepté de nous aider sans poser de questions. Je…

Je ne savais pas pourquoi mais l’inquiétude de Garin me gagnait. Je parlais précipitamment, mes yeux ne cessaient de bouger pour toujours revenir sur lui avent de repartir, comme quelqu’un qui se sent pris en faute.

- Je ne savais pas quoi faire d’autre. Tu étais là, totalement inconscient et…

J’indiquai le sol de ma main libre, comme si je revoyais encore Garin à terre et que je le montrais.

- On ne pouvait pas te laisser là. Mais Matt est quelqu’un en qui on peut avoir confiance. Il ne dira rien. Il n’a d’ailleurs posé aucune question. Il s’est contenté d’aider David à te ramener ici.  

Je m’interrompis tandis qu’il se remettait à parler. Je sentais la douleur monter dans mon poignet. Avait-il resserré sa prise ou était-ce simplement moi ? Je ne savais pas. La suite me laissa sans voix pendant quelques secondes. Je ne savais pas quoi répondre à ça. Ce que je savais, c’est qu’habituellement, j’étais capable de soutenir le poids de David, qui était pourtant plus lourd que Garin mais là, j’avais été juste incapable de le faire bouger. Je haussai les épaules en signe d’impuissance.

- Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, et je suis incapable de t’expliquer pourquoi mais tu es plus lourd qu’avant. Et apparemment bien plus lourd que ce que David est capable de porter…

Et pourtant, Garin avait raison, niveau force, David s’en sortait plutôt bien.

- Tout ce que je sais, c’est que tu fais bien plus que 50 kilos. Sinon, je n’aurais même pas eu besoin d’appeler mon frère. Y’a un pèse-personne en haut si tu veux vérifier. Et… s’il te plait, Garin, tu me fais mal…

J’avais fini par relever les yeux sur Garin et cette dernière phrase, je l’avais prononcée d’une petite voix, presque inaudible. Je n’étais pas du genre à me plaindre, je n’aimais pas ça, mais comme je le disais tout à l’heure, j’étais beaucoup moins résistante que Garin, et il y avait certains jours où je supportais moins la douleur que d’autres.
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Garin DeLyons
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Un pèse-personne. Voilà une bonne idée. Bien sûr ! Je me souvenais de la douleur que j’avais ressentie dans ma cuisse, et celle dans ma poitrine lorsque Abel avait exercé son pouvoir sur moi. Peut-être qu’à ce souvenir, j’ai d’autant plus serré le poignet d’Angela que je ne l’aurais souhaité. Je n’avais pas voulu lui faire mal, j’étais juste purement inconscient de ma force. Je me demandais si mes nouveaux Docs pourraient m’aider à comprendre ce qui m’arrivait. A présent, qui pouvais-je appeler sans risquer de tomber sur Libération ? Abel savait-il à ce moment-là que j’étais toujours vivant ? Etais-je mort ? Avais-je la possibilité d’en avoir la avoir la confirmation ? Je me suis senti partir oui. Mais dans chacune des morts de Garin ou de qui que ce soit d’autre de ma « lignée », l’issue finale était toujours la même. Une arme blanche dans l’abdomen. Abel m’aurait donc épargné ? Avant de me jeter dans une poubelle ? Non… Perdu dans mes pensées, j’ai sursauté en entendant la plainte d’Angela. J’ai lâché son poignet et secoué la tête.

– Désolé.

Pas besoin de pèse-personne pour sentir le poids dans mes jambes. Il était différent, plus lourd. Quelque chose en moi avait changé. Je me sentais remarquablement bien et mes poumons ne me faisaient pas souffrir comme avant. Je me suis frotté le menton en m’éloignant, regardant par une fenêtre en me passant la main dans les cheveux. J’ai soupiré.

– Ton frère aurait dû me laisser partir. Bon sang, je hais les fédéraux. Pas capable de faire ce qu’on leur dit, même quand c’est pour leur bien. La blessure m’a déclenché une crise. Je suis rentré chez moi et j’ai perdu connaissance. Mais je ne vis pas dans la rue. - Je me suis retourné vers Angela. Je ne sais pas si c’était parce que j’étais déçu d’en être arrivé là, en colère parce que j’avais merdé avec David ou frustré d’avoir dû faire appel à quelqu’un comme Angela, mais j’avais envie de frapper un mur. - Je suis persuadé d’être...  - J’ai secoué la tête et me suis humecté les lèvres en regardant par la fenêtre du salon à nouveau. Après un temps, je me suis passé les mains sur la nuque avant de revenir vers elle. - Ecoute, je peux pas te demander de me laisser rester ici. C’est trop dangereux. Merci. Vraiment merci d’avoir pris soin de me ramener ici mais… Vous ne devrez jamais parler de ça. A personne. Aucun d’entre vous. Tu me promets ? Y a des types dehors qui me cherchent, et ce sera pas joli s’ils me trouvent. J’aimerais que tu ne sois pas dans les parages à ce moment-là. - J’ai levé la main - Alors oui, je sais, tu es une dure à cuire, je l’ai vu, j’en suis conscient ! Mais si tu pouvais faire ce que je te dis, pas comme ton frère, et que j’évite encore de me retrouver entre deux poubelles, ça m’arrangerait, si tu vois ce que je veux dire !


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Angela Foster
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Je me massai légèrement le poignet et secouai la tête.

- C’est rien. C’est juste qu’il y a certains jours où je suis moins… résistante.

Je lui adressai un sourire, pour le rassurer. Je ne lui en voulais pas, non. Certainement pas. Il semblait tellement perturbé, pas étonnant en même temps, après ce qui lui était arrivé. Je n’en connaissais pas les détails, mais qui ne serait pas perturbé en se réveillant dans une maison inconnue après s’est fait passer à tabac ?

A la mention de David, je laissai échapper un petit rire.

- Mon frère n’écoute jamais ce qu’on lui dit. Il est réputé pour n’en faire qu’à sa tête. C’est de famille, certainement. Mais, Garin…

Je fronçai les sourcils, la suite ne laissait présager rien de bon. Bon, ok, je n’avais pas toutes les données, je ne savais pas ce que Garin avait l’intention de faire, mais quelque chose me disait que ce n’était pas tellement une bonne idée de le laisser partir comme ça. Quand bien même il était assez grand pour prendre ses décisions et moi, de toute façon, pas assez forte pour le retenir.

- Personne n’en saura rien, je te le promets. Mais crois-tu que ce soit prudent de t’en aller ?

Je posai la main sur son bras, comme pour le retenir, ou lui faire passer plus facilement ce que je ressentais.

- Garin, si tu veux partir, je ne retiendrai pas mais… songe qu’ici tu es en sécurité. Personne ne viendra te chercher ici parce que personne ne sait que nous nous connaissons. Si tu t’en vas, où est-ce que tu vas aller ? Si les personnes qui te recherchent sont si redoutables, tu sais que tu ne peux plus retourner chez toi, ni retrouver ce qui faisait ta vie jusqu’à présent. Ton boulot, tes amis… Je suppose que si tu m’as appelée moi au lieu d’eux, c’est pour une bonne raison…

Je plongeai à nouveau mes yeux dans les siens. J’étais inquiète et je savais que ça se voyait, même si je ne voulais pas le montrer.

- Ne te jette pas dans la gueule du loup, Garin. Fais attention à toi. Je n’ai pas envie qu’il t’arrive encore quelque chose.

Je retirai ma main de son bras et indiquai l’ensemble de l’appartement d’un geste ample.

- Quelque soit la décision que tu prendras, sache que cet endroit te seras toujours ouvert. Je ne pense pas que ça soit une bonne idée que tu t’en ailles, mais comme je te l’ai dit, je ne t’en empêcherai pas. Mais je serai toujours là si tu as besoin d’aide.

J’hésitai quelques instants avant de continuer.

- Garin, je ne sais pas contre quoi tu te bats, mais tu n’as pas à te battre seul. En t’amenant ici, je me suis, en quelque sorte, impliquée dans ton combat. C’est un choix que j’ai fait. J’aurais pu choisir de rester en dehors et te laisser dans cette ruelle, mais je ne l’ai pas fait.

Ouais, la suite n’allait pas lui plaire. Mais je disais ce que j’avais à dire, et j’étais on ne peut plus sérieuse. Il le prendrait, ou il le jetterait, il en ferait ce qu’il voudrait, mais au moins, il le saurait.

- Je suis prête à t’aider, quoiqu’il arrive, quoique ça implique. N’oublie pas que deux personnes sont souvent plus fortes qu’une seule.

La détermination avait remplacé l’inquiétude dans mon regard. Non, Garin ne pouvait pas me demander de le laisser seul. Il ne pouvait pas me demander de revenir sur la décision que j’avais prise au moment où j’avais décidé de l’aider. Je n’étais pas comme ça.
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Garin DeLyons
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Et Angela a mis sa main sur mon bras. C’est à cet instant que j’ai compris que tout avait changé. Je portais un simple t-shirt - le même depuis deux jours maintenant sinon plus. Je m’étais battu avec, j’étais mort avec, je m’étais réveillé avec. J’avais peut-être toujours des réticences quand il s’agissait de mettre un orteil sous la flotte, mais je crois que je pourrais plonger dans l’océan juste me débarrasser de tout ça. Mais, les doigts d’Angela, le contact de sa peau sur la mienne ? Je n’ai rien senti. Ou presque. N’importe qui aurait eu un frisson, aurait senti sa froideur ou sa chaleur, sa douceur ou non. Mais j’ai juste senti sa main sur mon bras. Ni plus. Ni moins.

J’ai doucement tourné la tête vers elle et cherché à comprendre pourquoi dans son regard. Si j’avais cherché cette fille une fois, c’était bien parce que j’avais ressenti quelque chose. Quelque chose de suffisamment rare pour lui avoir attiré des ennuis - comprendre ici : Jason. Mais je ne pouvais lui en vouloir. Annie et lui étaient probablement ceux qui me manqueraient le plus. Et Gen, bien sûr. Gen, notre grande soeur à tous. J’ai toujours rêvé d’avoir une grande soeur. La vérité… C’est qu’ils me manqueraient tous, sauf Abel bien sûr mais… Je commençais à me sentir dans une famille, la mienne. Et puis j’ai merdé. Je les ai mis en danger, oui. J’ai baissé la tête en me disant qu’à la parce d’Abel ? J’aurais probablement fait pareil. Je l’avais déjà fait, non ?

Angela posait trop de questions et je commençais à avoir le tournis. J’ai porté une main à mon front en soupirant pendant qu’elle parlait. Qu’est-ce que j’allais faire, où est-ce que j’allais aller ? Pourquoi faire ? Et comment ? Angela semblait s’inquiéter pour moi bien plus que je ne le ressentais moi-même. Je ressentais une fausse note en moi mais je l’ignorais car c’était cette fausse note qui me faisait me sentir si bien. Et elle ne cessait de répéter mon nom, ce qui a commencé à me faire tiquer. Garin était un surnom que j’avais pris pour Libération. Un hommage et parce que je cherchais mon identité, la vraie, celle que mon pouvoir me montrait. Mais je n’aurais su comment m’appeler autrement.

Rester chez Angela était inconcevable. Avec son frère en plus ? Il me faudrait au moins retourner dans ma caravane pour récupérer des affaires cette nuit. Le reste, je pourrais m’en aller, le Canada c’était une bonne idée. Au Mexique, il faisait trop chaud et je n’avais pas d’argent pour rentrer en Angleterre, ni en France. Et de toute façon, il n’y avait plus rien pour moi là-bas. Cette fois-ci, c’était fini. Je n’avais plus rien, il ne me restait qu’un pantalon avec un trou de balle et un t-shirt qui sentait le souffre. Mais j’étais débrouillard, je trouverais. Je n’attendais pas que David m’aide, il ne le ferait jamais, j’imagine. Angela était perspicace. Elle sentait bien que ce qui m’était arrivé avait un caractère définitif. Pour ma part, j’avais encore du mal à le réaliser. Mais quoiqu’il en soit, je ne pouvais pas partir. Eve était là, quelque part. Je ne pouvais partir sans elle. Non, il me fallait du temps pour me recentrer, me souvenir de qui j’étais et de ce que j’allais devoir faire pour retrouver ma place. Pour l’heure… J’étais un homme mort.

– Est-ce que je peux prendre une douche ?

J’ai relevé les yeux sur elle, la tête encore légèrement penaude. Je ne répondais à aucune de ses questions, mais je n’en avais pas encore la réponse. J’espérais qu’elle comprendrait et qu’elle me laisserait le temps. J’ai à nouveau regardé mes pieds.

– Et euh… Quelque chose à manger. Peu importe quoi.

J’étais mort de faim. Affamé.


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Angela Foster
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Garin était resté silencieux pendant un long moment, et moi aussi. Je retirai rapidement ma main de son bras et m’appuyai contre la table en croisant les bras. Je n’attendais pas tellement à ce qu’il me réponde, pas tout de suite. Je pensais pouvoir comprendre ce qu’il ressentait. J’avais, en quelque sorte, vécu ça moi aussi. Je connaissais cette impression de se réveiller un matin et d’avoir tout perdu, comme si tout à coup, le monde se dérobait sous nos pas. Mais un jour où l’autre, la situation finissait par s’améliorer et on reprenait pied. Enfin, il parait. Pour moi, ce n’était toujours pas le cas et j’en avais pris conscience depuis peu de temps seulement.

Mais à vrai dire, pouvais-je vraiment prétendre savoir ce que Garin ressentait ? Non, certainement pas. Je ne savais pas ce qu’il venait de traverser, mais je sentais que ma situation à moi était moindre par rapport à la sienne.

Garin ne répondait toujours pas. Je n’insistai pas. J’étais partagée entre ma curiosité, mon envie de savoir ce qu’il se passait réellement, et ma raison. Ma raison qui me disait que tout cela ne me regardait pas et que, de toute façon, je n’étais pas la personne à laquelle Garin pourrait se confier.

Je me redressai quand il reprit la parole et hochai la tête avec un sourire.

- Bien sûr. La salle de bain est à l’étage. Ca va aller pour l’escalier ?

J’avais remarqué qu’il boitait, et j’eus un pincement au cœur parce que je savais que c’était la faute de mon frère.

- Il y a des serviettes dans le placard, tu verras. Et je… vais te donner de quoi te changer.

J’avais encore dans mon placard des vêtements qui avaient appartenus à Peter. Je ne savais plus trop comment ils s’étaient retrouvés chez moi. Et je n’avais pas été capable de me résoudre à m’en séparer. Quoiqu’il en soit, si le souvenir que je gardais de Peter était le bon, il faisait à peu près la même taille que Garin.

- Et je vais essayer de te trouver quelque chose à manger dans les placards pour quand tu seras redescendu.

Je pris la direction de ma chambre et me retournai vers Garin avant de passer la porte.

- Euh, ça te va comme programme ?
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Garin DeLyons
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J’ai baissé le nez sur ma jambe. Le pantalon était taché et le trou laissait apparaître la cicatrice de guérison dessous. J’aurais tout à loisir dans la douche de découvrir que de un, l’eau m’était devenue totalement supportable, m’autorisant même à en profiter un peu plus que de raison, et de deux, que David m’avait peut-être sauvé la vie, finalement. Mais avant ça, j’ai doucement acquiescé à l’attention d’Angela, avec un sourire. Il était assez imperceptible, mais il était là. Je n’étais pas fatigué physiquement, je me sentais le besoin de courir un marathon avec ces nouvelles jambes solides et une respiration stable. Mais moralement, j’étais abattu.

Je me suis rapproché d’elle pour récupérer les vêtements propres et je lui ai offert un meilleur sourire en hochant la tête. Un t-shirt basique, un jean basique et un hoodie basique. Pour un gars basique. Ce serait parfait. Je l’ai remerciée, une nouvelle fois. Tout m’irait. J’avais tellement faim que je pourrais dévorer un éléphant s’il y en avait un au menu.

Je suis l’as de la douche rapide - et froide. En top chrono, je suis lavé et les cheveux dans tous les sens. Du moins, normalement. Mais à partir de ce jour là, j’ai profité de l’eau. Si je n’avais pas ressenti la main d’Angela sur ma peau, c’était aussi le cas de l’eau. Comme si elle ne pénétrait plus mon épiderme. Ou comme si mon épiderme était plus normal à présent qu’avant. Se pouvait-il que je sois redevenu Négatif ? Un coup d’oeil au miroir en sortant de la douche chaude - dont je retrouvais l’agréable sensation après des années - et je me suis aperçu que mes yeux avaient toujours cette couleur dorée changeante selon la lumière. J’ai vérifié le reste de mon visage et de mon corps. Vu la taille de la cicatrice comparée à l’impact initial, j’en ai très vite déduit que s’il s’était passé quelque chose… C’était bien là. J’en ai profité pour me peser, me souvenant les dires d’Angela. Je n’étais pas de grande taille. Mais si initialement, j’avoisinais les 70 kilos en tant que Négatif, touchant juste les 50 comme Candidat, je venais de dépasser les 90… en… Quoi ? Positif réincarné ?! Et ils avaient été trois pour me soulever ? Je pesais combien à ce moment-là ?!

Je me suis habillé et finalement descendu au bout de bien quarante cinq minutes. Non que j’avais voulu m’imposer mais j’avais eu besoin de faire le tour du propriétaire. On ne revient pas de là où j’étais sans se poser des questions. Je me suis passé la main dans les cheveux pour leur donner un semblant de tenue - autant demander à un canar éméché de chanter sur l’océan… - et j’ai baissé la fermeture du pull sur mon torse. Je respirais si bien que j’avalais l’air à plein poumon.

– Désolé, j’ai pris mon temps.

C’était idiot de ma part de l’avoir laissée seule. Et si elle avait tenté d’appeler Jason ? Non, pas elle. Elle n’aurait pas fait ça. Notez que j’avais tout de même fait un passage par la chambre de David. Je n’avais touché qu’avec les yeux, jeté un bref regard, rien de plus. C’était encore plus austère que ma façon de m’habiller.

– J’en avais besoin. Je crois bien. Je te les rendrai quand j’aurai récupéré des affaires à moi.

Et ça, je ne savais encore pas comment j’allais bien pouvoir me débrouiller.


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Angela Foster
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J’avais eu un léger moment d’hésitation avant de finalement tendre les vêtements de Garin. C’était étrange comme sensation, ce n’étaient pourtant que des vêtements et tant qu’à faire, autant qu’ils servent à quelqu’un. Mais… c’était finalement plus dur que je ne l’aurais pensé. C’était purement psychologique bien sûr, ou une question de symbole, je ne sais pas trop. Je finis cependant par les lâcher, adressant un léger sourire à Garin et lui indiquant l’escalier d’un geste du menton.

Je le laissai monter en silence. Il n’y avait pas trente-six portes là-haut. Il trouverait bien la salle de bain tout seul. Quand il fut hors de vue, je m’appuyai un instant contre le chambranle de la porte et rejetai ma tête en arrière, le temps de me ressaisir. Et puis, passées quelques minutes, je m’activai pour remplir la « promesse » que j’avais faite à Garin.

Je farfouillai dans les placards à la recherche de quelque chose de mangeable. David et moi n’étions pas des pros de cuisine, et nous n’avions pas fait les courses depuis un moment. J’hésitai un instant, jetai un coup d’œil à la pendule et me dis qu’après tout, c’était l’heure du petit dej’. J’attrapai donc un bol, un paquet de céréales et une bouteille de lait. Ce ne serait pas de la grande gastronomie, mais ça serait toujours mieux que le café imbuvable de David.

Tout cela ne me prit pas quarante-cinq minutes. Pour occuper le reste de mon temps, j’allais chercher ma guitare et jouais un petit peu. Je n’étais pas exceptionnellement douée en guitare, mon instrument de prédilection étant le violon, mais je me débrouillais. Je jouais assez bien pour pouvoir m’accompagner quand je répétais mes morceaux. J’enchainai quelques morceaux sans voir le temps passer et la voix de Garin me cueillit au milieu de l’un d’entre eux.

- Y’a pas de sou…

Je m’arrêtai net. Je venais de relever les yeux sur lui et… merde, j’étais bien plus troublée que ce à quoi je me serais attendue. J’avais l’impression de revoir Peter et c’était… oui c’était perturbant. Je n’en était plus au stade où je me mettais à pleurer dès que je pensais à lui mais ça me chamboulait toujours plus ou moins.

- Je…

Je m’étais relevée lentement, tenant ma guitare par le manche, sans le quitter des yeux à tel point que ça en était certainement gênant pour lui. J’ai secoué la tête et j’ai tenté de me reprendre.

- Tu peux les garder. Ils ne servent plus… Je… Excuse-moi, je vais reposer ça. Je reviens.

Et je m’éloignai dans ma chambre avec ma guitare. Je remis celle-ci à sa place et pris un moment pour me calmer. Ok, en fait, je n’avais peut-être pas complètement dépassé ce stade. Je sentais ma gorge qui se rétrécissait, les larmes qui montaient. Je restai un moment comme ça, les mains contre le mur, fermant les yeux pour empêcher les larmes de couler.  C’était une technique qui marchait plutôt bien. Au bout de quelques minutes, j’avais repris une respiration normale. Je me composai un visage enjoué (comme à mon habitude) et rejoignis Garin dans la cuisine.

- Tiens, je t’ai sorti de quoi manger.

J’indiquai la table d’un geste de la main.

- Je suis désolée c’est pas terrible, mais après tout, c’est l’heure du p’tit dej donc… je me suis dit que ça pourrait passer. Et puis en fait, j’étais censée faire les courses hier et je n’ai pas eu le temps donc les placards sont plus ou moins vides.

Je tirai une chaise de sous la table et m’installai face à lui.

- Alors, tu as une idée de ce que tu vas faire maintenant ?
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Garin DeLyons
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Mon pantalon conservait des traces de mon sang. Je n’avais pas envie qu’un agent du FBI s’en serve. Il faudrait que je trouve une solution pour m’en débarrasser sans que personne ne mette la main dessus. Les brûler m’avait paru une bonne idée. Mais je ne savais juste pas où les mettre en attendant. J’allais lui demander une poche mais son regard m’a laissé sceptique. Pourquoi elle me fixait comme ça ? J’ai haussé un sourcil alors. Puis un second quand il lui a fallu des secondes entières pour formuler une phrase. Et bien quoi ? J’ai regardé mes mains mais non, ma peau ne devenait pas bleue. Ni rouge. Je ne brillais pas, le festival son et lumière, c’était pas pour ce jour-là !

Je l’ai suivie des yeux jusqu’à sa chambre et secoué la tête. J’ignorais quel était son problème mais le mien restait entier. Pendant qu’elle composait avec le souvenir que je lui avais involontairement soumis, j’ai ouvert des placards pour chercher mon bien. Comprenez que je me retenez de sortir la poubelle pour tout faire brûler dedans. Maintenant. Ici. Si j’avais été chez moi, peut-être.

En entendant sa voix, je me suis redressé à nouveau avant de jeter un oeil à la table. Il me faudrait sûrement le paquet entier, mais je ne serais pas celui qui abuse. Quant à son visage enjoué, on me la faisait pas à moi. Mais une fois encore, qu’est-ce que je pouvais dire ? Je ne la connaissais pas et ça ne me regardait pas. Il me fallait passer la journée ici puis m’en aller. Je ne pouvais lui infliger ma présence et encore moins mes ennuis. Et je n’avais aucune envie de revoir son frère. Elle se retenait sur les questions, je me demandais combien lui m’ne poserait à sa place.

Je me suis installé à table et j’ai inspiré profondément en me servant. D’abord lentement. Je n’ai pas voulu donner l’air d’un miséreux affamé. Et la seule raison pour laquelle je me suis calmé sur la cuillère, c’est qu’elle m’a posé une question. J’ai fini ma bouchée, un poing devant la bouche et j’ai secoué la tête.

– Il faut que je réfléchisse. Mais je peux pas retourner chez moi. Ils doivent m’y attendre. Ils ne doivent pas savoir que je suis encore en vie.

J’ai reversé du lait dans le bol pour le voir en grandes rasades. Affamé… Et assoiffé. Et je me suis resservi un deuxième bol de céréales.

– J’irai faire des courses avec toi, si tu veux. Mais ne t’en fais pas, je ne compte pas rester. C’est gentil de proposer mais j’attire les ennuis comme le miel et les abeilles. Ton frère en est l’exemple parfait. J’ai pas envie de lui donner la bonne idée de me faire un autre trou dans l’autre jambe. J’espère juste qu’il tire par sur tous ses suspects comme ça. Il doit remplir les hôpitaux. Il est conscient qu’il y a des personnes qui ont vraiment besoin de soins sans qu’on vienne leur piquer la place avec une blessure par balle parce qu’un flic a pas su s’empêcher d’appuyer sur la détente. Sincèrement…

J’ai secoué la tête en replongeant le nez dans mon bol.

– Il devrait voir un psy. Et prendre des cours de self-control. Parce qu’il est évident qu’il n’en a pas. Après, moi ce que je dis, c’est pour lui. J’ai rien contre lui, je m’en fiche. Mais il démarre au quart de tour ! Avoue que c’est tentant…

J’ai relevé sur elle un regard et un sourire hautement moqueurs en machonnant mes céréales comme un bien heureux !


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Angela Foster
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Wow, dire que Garin avait faim était un euphémisme. Combien de temps était-il resté inconscient pour avoir faim à ce point ? Je laissai échapper un petit rire et posai les coudes sur la table.

- Hey, ne vas pas t’étouffer ! Tu sais, le paquet sera encore là dans cinq minutes, je vais pas le ranger avant que tu sois rassasié !

Je réunis mes mains et les levai de façon à poser mon menton dessus. Le choc d’avoir vu Peter était presque passé, néanmoins j’en étais toujours troublée. Et comme je ne savais pas cacher mes émotions, nul doute que cela se voyait.

Quand il releva la tête pour me regarder avant de répondre à ma question, j’eu un léger mouvement de recul, comme si j’étais un peu déçue que ce soit lui en face de moi. Je me laissai aller contre le dossier de ma chaise et croisai les bras, réfléchissant à ce qu’il venait de dire. Je restai silencieuse, la tête baissée, tandis qu’il se resservait et qu’il reprenait la parole.

Je relevai la tête vers lui tandis qu’il attaquait son couplet sur mon frère. Je levai une main à mes lèvres avant de finalement reposer mes avant-bras sur la table et de me pencher légèrement en direction de Garin.

- Je sais… Il n’était pas comme ça avant. Mais l’armée l’a changé. Et moi aussi, un peu, sans le vouloir.

Je relevai les yeux sur Garin.

- Je ne sais pas pourquoi il a tiré. Il n’est pas entré dans les détails. Je sais en revanche qu’il a du mal à se servir d’une arme depuis qu’il est revenu de l’armée. Il a peut-être eu l’impression qu’il n’avait pas le choix, je ne sais pas. Mais il n’a pas fait ça sans raison.

Je me redressai et levai les mains en signe d’apaisement.

- Mais pour autant, cela n’excuse pas son geste et il le sait. Il sait aussi que je ne suis pas prête de le pardonner pour ça.

Et ce n’était pas peu dire. Nous avions longuement discuté à ce sujet pendant que Garin dormait. J’avais dit à mon frère ce que je pensais de tout cela, de sa réaction. J’avais vu son visage se durcir sous mes paroles et ses yeux flamboyer. Nous avions toujours été si proches qu’il avait du mal à supporter mes critiques. Je m’étais dressée contre lui, inflexible, et il avait senti qu’il risquait de me perdre s’il persistait.

- Garin…

Je joignis mes mains et les tendis devant moi, sur la table avant de plonger mon regard dans le sien.

- Reste. C’est plus prudent. Personne ne viendra te chercher ici, pas chez un agent fédéral ! Je ne crains pas les ennuis et tu le sais. Et je m’inquiéterai bien plus si tu pars ! Et…

J’esquissai un petit sourire mutin.

- J’adorerai te voir continuer à provoquer David.
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Garin DeLyons
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Ce n’est pas que j’avais moins faim mais j’ai commencé à me calmer. Je me suis humecté les lèvres et j’ai secoué la tête avant de lever une main pour la faire taire, mes yeux dans les siens.

– Angela, ton frère n’est pas mon problème. Je me fiche qu’il m’ait tiré dessus. Il n’a fait que son job et ce pourquoi il était là. J’étais un suspect, il m’a vu courir, il n’a pas pu me rattraper, il m’a tiré dans la jambe, il aurait aussi bien pu viser la tête. Je me suis arraché ma puce il y a des années maintenant. S’il ne trouve rien sur moi, c’est pas étonnant, je n’existe pas, ici. C’est juste…

J’ai soupiré en laissant la cuillère retomber dans le bol, et ma main à côté. J’ai porté l’autre contre mes lèvres avant de la passer dans mes cheveux en fermant les yeux. Je les ai rouverts sur Angela quand elle a prononcé mon nom. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi elle faisait tout ça. Elle aurait dû m’en vouloir, elle aurait dû s’en prendre à moi mais à la place de ça, elle m’aidait au-delà de ce que je lui demandais. J’ai à nouveau secoué la tête en reprenant la cuillère.

– Non… Je… Je partirai dans l’après-midi, je pense. Agent fédéral ou non, je ne peux pas rester. Si Jason fait le lien, c’est… Pas une bonne idée. J’ai confiance en toi, c’est pas le problème, je ne veux juste pas te mettre dans une telle situation. Et je n’ai pas envie de provoquer ton frère. Je l’ai fait pour réussir à m’enfuir, pas parce que ça m’amusait. J’ai merdé, il a mes empreintes et j’imagine qu’il est en train de fouiller tous les services de sécurité de la ville pour savoir qui je suis, d’où je viens et ce que j’ai à me reprocher. - J’ai montré la porte de la cuillère. - Il va rentrer et me poser une chiasse de questions auxquelles je ne veux pas répondre. Tu ne crains pas les ennuis mais tu les attires comme des mouches. Et je suis un aimant à noeuds. S’il y a ennui à connaître, à tous les deux, on aura carrément les Marshals en plus des fédéraux, et je ne parle même pas de la sécurité intérieure de Scotland Yard. Angela, ce n’est pas un jeu. Ca fait un moment que je suis recherché maintenant. Quand ton frère aura compris ça, ça voudra dire que je serai définitivement mort, cette fois. Ca voudra dire qu’ils m’auront trouvé. Donc… - Je me suis penché légèrement au-dessus de la table pour me rapprocher d’Angela - Merci. C’est très gentil à toi. Mais non. Je trouverai un endroit. Tout seul.

J’ai laissé la cuillère à nouveau retomber dans le bol et ma tête reposer sur mon avant bras dans un profond soupir. Je n’étais pas défaitiste, ce n’était pas mon genre. Quoique je pouvais me montrer sacrément négatif. Disons, réaliste. C’est ça. J’étais plutôt réaliste. Je n’arrêtais plus de penser à ce gamin qui avait appelé Angela. Il me faudrait le retrouver, j’avais deux ou trois questions à lui poser. A commencer par « est-ce que je suis vraiment mort ? ». J’ai levé ma main libre en formant un O de mes doigts.

– Je vais parfaitement bien, je suis un putain de warrior de la life.

Et j’ai laissé ma main retomber à son tour sur la table. Plus résistant que moi, ça ne semblait pas exister. Une vraie terreur. Indécrottable. Insupportable. Même à la raclette, on arrivait pas à m’enlever de cette vie. Abel, si tu m’entends… Je connais un jeu super sympa qui s’appelle « Je vois des Mutants qui sont pas morts… »


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Angela Foster
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J’ai su, au moment où j’ai vu Garin secouer la tête, que sa décision était prise et que rien de ce que je pourrais dire le ferait changer d’avis. Je me laissai aller contre le dossier de la chaise, un peu déçue, mais résignée.

Garin ne semblait pas trop en vouloir à David, cela me rassura quelque peu. Je pris une profonde inspiration qui pouvait trahir mon soulagement. Moi, je n’avais pas compris le geste de mon frère, je lui avais clairement fait comprendre qu’il avait commis une erreur, que je ne l’oublierai pas, mais ça restait mon frère. J’adressai un léger sourire à mon interlocuteur et restai silencieuse tandis qu’il continuait à parler. Le fait qu’il n’ait plus de puce ne m’étonna pas. J’avais remarqué la cicatrice camouflée par  des bracelets quand j’avais cherché son pouls, au moment où je l’avais trouvé dans la ruelle. J’en avais parlé à David. Oui, je faisais totalement confiance à mon frère. J’avais eu l’impression, pendant quelques  secondes, que quelque chose venait de faire tilt dans son esprit. Et puis il s’était repris et avait simplement ajouté que ça expliquait pourquoi il s’était enfui sur les docks. Il ne m’avait rien dit de plus, pas la moindre justification sur la petite étincelle de compréhension que j’avais cru voir dans son regard.

Quand Garin m’annonça qu’il allait partir dans l’après-midi, je me contentai de hocher la tête. Cette idée ne me plaisait vraiment pas. S’il était tellement recherché, pourquoi ressortir dans les rues au risque de se jeter dans la gueule du loup ? Mais je savais déjà que je n’arriverai pas à le faire changer d’avis. Il était aussi déterminé que moi. Peut-être même plus. Mais si l’idée de le laisser partir m’inquiétait légèrement, la suite de ses paroles ne me rassura absolument pas. Je fronçai les sourcils et le détaillai plus précisément. Je ne connaissais rien de lui, hormis le fait qu’il était candidat et clandestin. Qu’est-ce qui me disait que Garin n’était pas le pire criminel de la planète après tout ? Mon instinct, tout simplement.

- Et David ? En tant qu’agent fédéral, il peut peut-être t’aider ? Je sais pas, te faire « disparaitre » de la surface de la terre, te créer une autre identité. Ca fait partie de son boulot après tout. C’est pas le simple flic de banlieue, il a certains pouvoirs quand même.

Et il y avait tout de même un petit détail qui m’échappait dans toute cette histoire. Bon ok, pas un détail, tout m’échappait, ou presque, dans la mesure où je ne savais rien. Mais il y avait un détail qui m’échappait plus que le reste.

- Mais, dis, puisque que personne ne sait que tu es encore en vie, pourquoi est-ce qu’ils continueraient à te chercher ? On ne recherche pas quelqu’un qu’on croit mort.

La dernière phrase de Garin me fit sourire. Je secouais la tête, l’air de dire « toi alors ».

- Il n’y a rien que je puisse dire qui te fera changer d’avis, n’est-ce pas ? Dommage. Ca m’aurait plu de t’avoir à la maison quelques jours. J’aime David, mais il est un peu… rabat-joie sur les bords.

Je repoussai ma chaise, me frappai les cuisses et me levai.

- C’est que tu me donnes faim à manger comme ça.

Je m’approchai d’un placard et farfouillai à l’intérieur à la recherche d’un autre bol.

- Hey, Pete, tu m’as laissé un peu de lait au moins ?
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Garin DeLyons
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J’ai relevé la tête, dans mes mains pour me frotter le visage et j’ai soupiré. Tout ça devenait bien compliqué pour moi. J’avais envie que ce soit simple. Et en même temps, je me demandais depuis quand ma vie pouvait être simple. Je n’étais peut-être pas le pire criminel. Mais j’en étais un quand même.

– Je suis déjà mort quand j’ai abandonné mon identité de naissance. Je suis report parce que je dérange et maintenant je n’ai ni nom, ni prénom, ni identité. Je ne suis plus rien ni personne, cela dit… - J’ai soupiré et laissé mes mains retomber sur la table d’un air las. - J’ai toujours le même visage alors si je vais là dehors et qu’on me reconnait… Le nom que j’aurais choisi n’aura aucune importance. Et depuis que je vis ici, j’ai pas mal traîné dans les rues donc, j’imagine que je vais bien devoir me trouver autre chose parce que je ne compte pas quitter la ville. J’en ai pas fini ici.

Je me suis levé pour aller lui rendre mon bol et j’ai grimacé d’un air désolé en lui montrant la bouteille de lait vide. Je me suis rapproché d’elle pour poser le bol dans l’évier pendant qu’elle s’en cherchait un.

– Et Pete, je suis pas mordu. Quitte à changer de nom, encore, autant que ce soit un qui me plaise. Mais je crois que je préfèrerais… - J’ai réfléchi un instant, mon index sur ma lèvre - William ! - Oui, j’avais le sens de l’humour. Le type le plus obsédé à me retrouver et je prenais son nom. Une bonne tactique pour faire la nique à ses poursuivants, non ? - Ouais, William, ça sonne bien.

J’ai fait un clin d’oeil à Angela, posant ma main sur son épaule avant de m’éloigner. Je n’avais pas remarqué son trouble, je n’y avais même pas prêté attention. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être que je n’ai pas voulu le voir. Peut-être que j’ai voulu en jouer aussi. Je n’étais pas pour ainsi dire un ange. J’ai repris le pack de céréales pour y plonger ma main et continuer mon grignotage.

– Et je suis peut-être pas rabat-joie mais en tout cas, il paraît que je suis sacrément chiant. Regarde dans quel état j’ai mis ton frère. Dis-toi que je l’ai même pas touché ! - J’ai haussé les sourcils et je me suis tourné en levant les bras, le paquet de céréales dans une main. - Il s’est fait ça tout seul ! Je me suis contenté de sourire en pensant à toi et… J’ai enfanté d’un monstre. T’as vu ça ?! - Et je souriais si fièrement. J’avais mis David dans un tel état de colère que je n’en revenais toujours pas. De ça, au moins, j’avais un souvenir précis.


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Angela Foster
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Ses paroles m’intriguèrent au plus haut point, mais je ne réagis pas de tout de suite. J’étais restée sur son visage, trop connu.

- Raison de plus pour éviter de sortir et prendre le risque de croiser quelqu’un qui te connait.

Et puis, ça fit tilt. Je suspendis mon geste, le bras à moitié levé pour attraper un bol sur l’étagère du haut, et me tournai vers Garin, l’air un peu surprise.

- Attends… y’a un truc que je n’ai pas suivi là. Comment ça tu as abandonné ton identité de naissance ?

Je fronçai les sourcils et penchai la tête.

- Est-ce que t’es en train de me dire qu’en réalité, tu ne t’appelles pas vraiment Garin ? C’est ça ?

Wow, ça, c’était une chose à laquelle je ne m’attendais pas vraiment. Je m’étais bien doutée qu’il y avait quelque chose d’étrange avec lui. Le fait qu’il n’ait plus de puce m’avait mis la puce à l’oreille (pardonnez-moi le jeu de mot, il n’était pas intentionnel), mais j’étais à cent lieues de penser qu’il avait également changé d’identité.

Je lui adressai un sourire en coin et repris mon geste où je l’avais arrêté.

- Et ça serait trop indiscret de te demander ton vrai prénom ?

Simple curiosité, je n’étais pas animée de la moindre mauvaise attention à son égard et je pense qu’il le savait. C’était juste que ce garçon restait une énigme pour moi aussi, et j’avais envie de le connaitre un peu mieux. Parce que finalement, je l’aimais bien.

L’entendre prononcer le surnom de Pete me surprit. Au point que j’en lâchais mon bol qui s’écrasa sur le sol. Je ne m’étais même pas rendu compte de mon erreur, ça avait dû être un de ces tours que jouait parfois l’inconscient. Je baissai les yeux vers les débris de mon bol et soupirai.

- Et merde.

Je me baissai pour ramasser les morceaux et repris la parole tandis que je les jetai à la poubelle.

- Effectivement, Pete n’irait pas. Tu n’as pas une tête à t’appeler Pete. William…

Je penchai la tête sur le côté et fis semblant de le détailler. Et puis je finis par hocher la tête.

- Ouais William, ça t’irait pas si mal.

Je répondis au clin d’œil de Garin par un sourire et le suivis des yeux tandis qu’il reprenait le paquet de céréales. Bon sang, il avait donc si faim que ça, encore ? Sa remarque sur David me fit hausser un sourcil et je levai les yeux au ciel, un peu amusée.

- Ben voyons ! Je me demande à quoi pouvait ressembler ton sourire pour déclencher cette réaction chez lui. T’es sûr que tu l’as pas un peu cherché ?

Je haussai les épaules et pris un air satisfait.

- Au moins, ça prouve qu’il tient à sa petite sœur. On ne pourra pas lui reprocher de ne pas me « protéger ». Mais il va falloir que je fasse le point avec lui. Si un simple sourire déclenche cette réaction, il va finir par faire fuir tous les mecs qui essaieront de m’approcher !

Je me mis à rire et posai finalement les yeux sur la bouteille de lait vide.

- Ok, Will, t’es plus grand que moi hein ?

Je me plaçai à côté de lui, comme si je voulais en être sûre. Garin était effectivement plus grand que moi, pas de beaucoup, mais suffisamment quand même pour que la différence de taille soit visible.

- Tu serais un amour si tu m’attrapais une bouteille de lait, là-haut.

Je lui adressai un sourire et indiquai le haut d’un meuble, derrière Garin, où se trouvait notre réserve de lait, boites de conserve... en un mot, tout ce qui ne tenait pas dans les placards.
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Garin DeLyons
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Angela me marquait toujours par son innocence et… Une bonne partie de son ignorance. Vous entendez ça ? Elle n’avait pas imaginé que Garin puisse ne pas être mon vrai prénom. A mon tour de hausser un sourcil. Le pire, c’est qu’elle semblait ne le comprendre que maintenant ! Mais en tout cas, il était hors de question que je lui donne mon vrai prénom. Le simple fait d’avoir à y réfléchir plus de trois secondes à cause d’un trou de mémoire constituait déjà une bonne raison.

– Bien sûr que non, Garin n’est pas mon nom. J’ai pas de puce au poignet, tu penses bien que c’est pas pour être à la mode ! Mais c’est celui que j’utilise oui, c’est comme le mien, il n’est juste pas… Officiel.

Faux papiers pour les passages de la ville, salaires en liquide, de main à main et travail sous payé. Je n’avais pas besoin de quoi que ce soit de plus, et ça m’allait très bien. Sauf que mon argent, lui, il était bien planqué dans ma caravane. Si Abel s’amusait à le fouiller, je n’avais pas envie qu’il le trouve. Je ne voulais pas qu’il me trouve moi non plus. Finalement, j’aurais probablement encore un truc à demander à Angela. Quant à mon sourire ressemblait à quelqu’un de mesquin qui faisait tout pour énerver son assaillant et le faire sortir de ses gonds. L’épuiser en somme. Il ne l’aurait pas emporté au paradis. Il réagissait tant et si bien, je ne vois pas pourquoi je m’en serais privé, après tout ! J’aurais eu tort de m’en priver.

– Hey ! C’est lui qui m’a tiré dessus, je te rappelle. J’avais quand même bien le droit de me venger, non ?!

J’ai tourné la tête pour voir de quel meuble elle parlait et j’ai mâchonné mes céréales en reposant le paquet sur la table. Je lui ai remontré d’un index en haussant les sourcils. Moi, plus grand qu’elle ? Détrompez-vous, je n’aimais qu’on me fasse remarquer que je n’étais pas grand, mais l’inverse me faisait doucement rigoler, surtout dans ce cas de figure. Mais je pouvais bien être « un amour », compte tenu de ce que je m’apprêtais à lui demander de faire pour moi.

– Ne te force pas à m’appeler Will, en fait. En réalité, je disais ça ironiquement. Garin c’est très bien. C’est comme ça que je m’appelle et je ne compte pas changer.

J’ai tendu le bras pour attraper une bouteille de lait et en revenant vers Angela, j’ai mesuré mentalement sa hauteur comparée à la mienne. Il ne me semblait pas qu’elle soit si petite, encore moins par rapport à moi. Je me demandais si elle avait voulu voir quelque chose, moyennant une expression bizarre comme « tu serais un amour » et je lui ai tendu son bien.

– C’était qui, Pete ?


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Angela Foster
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Je me contentai de hausser les épaules. Ouais, j’étais pas très au courant de certaines choses, j’étais même plutôt naïve dans le genre. Mais après tout…

- C’est pas parce que tu n’as plus ta puce que tu as nécessairement changé de prénom. Je suis sûre qu’il y a des tas de clandestins qui ont conservé leur prénom de naissance. Comment je suis censée savoir que tu n’es pas un de ceux-là ?

Je me tournai à nouveau vers le meuble pour essayer, encore une fois, d’attraper un bol.

- Ok, ok. C’est lui qui a commencé, tu t’es vengé. Point partout, égalité. Et pendant qu’on y est, fin du match aussi. Cela dit, je suis quand même curieuse de voir le sourire qui a pu le faire sortir de ses gonds. Je sais que t’as un sourire ravageur mais quand même, t’es vraiment pas le type de David !

Je me hissais sur la pointe des pieds et réussis, enfin, à attraper un autre bol. Et celui là, je n’allais pas le lâcher. Hors de question. Un bol de cassé dans la journée, c’était déjà suffisant. Je me retournai vers Garin au moment où il revenait vers moi avec la bouteille de lait neuve.

- Merci bien. Et va pour Garin, très bien. C’est toi qui décides après tout, c’est ton nom.

Je lui adressai un petit sourire amusé et remplis mon bol de lait. Je piquai ensuite le paquet de céréales des mains de Garin, m’en servis et rendis le paquet au morfale susnommé. Je plongeai ma cuiller dans le bol et m’amusai un moment à « couler » mes céréales. La question de Garin me fit suspendre mon geste et relever la tête. Je fronçai les sourcils et plantai mon regard dans celui de Garin. Il me fallu quelques secondes avant de me décider à répondre. Ce n’était pas tant que je voulais garder ça pour moi, c’était juste que parler de Peter était encore un peu difficile. Je baissai la tête et repris mon manège avec mes céréales avant de répondre à Garin.

- Peter Lansford. On est sortis ensemble quelques temps. Ces vêtements étaient à lui.

Je faisais de mon mieux pour maîtriser ma voix et je m’efforçai de garder la tête baissée pour qu’il ne voie pas mon regard. Mais jusqu’à présent, je n’avais jamais réussi à duper Garin. Pas sûr que j’y arrive cette fois. Je finis cependant par relever la tête, pensant donner le change.

- Ils te vont bien au fait ? J’étais pas sûre que vous fassiez la même taille. C’est assez… flou dans ma mémoire.

J’entamai alors mon bol de céréales.

- La vache ce que ça fait du bien de manger !

Mine de rien, maintenant que j’y pensais, je n’avais rien mangé non plus depuis que nous avions ramené Garin à la maison.
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Garin DeLyons
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– Quand on enlève notre puce, c'est pour être anonyme, Angela, c'est le but même de la manoeuvre, qu'on ne nous retrouve pas, qu'on puisse circuler dans la ville sans être repéré. Jusqu'à ce qu'un mec du FBI s'infiltre et fasse genre d'un contrôle de puce. De toute façon, ça n'a plus d'importance. Je vais faire le mort quelques temps. Que ce soit avec mon nom de naissance ou non, dans les deux cas, je n'ai aucune envie qu'on me retrouve.

Et je comptais bien sur Angela pour m'aider là-dessus. Je n'avais pas envie qu'elle songe à m'aider et à enquêter sur moi. D'abord parce que je voulais pas que l'on remonte à Liberation par moi, pour protéger Annie, Gen et Jason mais aussi pour Eve, le jour où elle rentrerait. Car elle rentrerait, je le savais. Maintenant que je n'avais plus aucun compte à rendre à personne, j'allais mener ma petite enquête moi-même. Et la retrouver. Et l'emmener loin d'ici. Il était hors de question que je quitte la ville sans elle.

Pendant qu'elle jouait avec ses céréales, j'en grignotais quelques unes moi-même depuis le fond du paquet directement. A l'annonce des vêtements prêtés, j'ai brièvement abandonné Angela des yeux pour les baisser sur mon hoodie, tordant les lèvres en mâchant. J'hésitais à la réaction à adopter, en réalité. Est-ce que j'aimais perturber les gens ? Oui. Est-ce que j'aimais perturber Angela ? C'était assez drôle, elle semblait si imperturbable, si stoïque... Mais est-ce que j'appréciais de la perturber dans ce sens-là ? Non, pas vraiment. Je n'avais pas envie qu'elle me regarde de cette façon, non plus. Et de plus, elle avait cette capacité, assez dérangeante de mon point de vue, de changer de sujet sous couvert de banalité. Mais je me suis contenté d'acquiescer...

– Oui, ça va. Merci.

Je n'avais pas envie d'en savoir plus et je n'avais pas envie d'en profiter pour lui demander où en était Jason, celui-ci était une tombe quand il s'agissait de parler de lui. En revanche, j'allais avoir besoin d'elle. Passer par Jason était impossible, ce serait la mettre en danger. Et de toute façon, il ne la laisserait jamais s'approcher de près, ou de loin, du Sanctuaire et du Saloon de Liberation. J'ai laissé planer un silence avant de reposer les céréales et c'est à ce moment que j'ai commencé à ne plus savoir quoi faire de mes mains. Je ne pouvais pas y retourner. Plus que frustré, la colère me montait dans le ventre et instinctivement, j'ai cherché à me calmer, ne souhaitant pas me transformer en bombe humaine. Je ne me suis pas rendu compte tout de suite que rien ne se passait, c'était juste un réflexe.

– Je vais avoir besoin que tu y retournes pour moi. Je voudrais récupérer quelques affaires que je ne veux pas que l'on retrouve.

J'y avais décrit ma vie. Si j'ose dire. Plus que ça, j'y avais écrit toutes les mémoires qui traversaient mon esprit, avant qu'elles s'effacent. Je ne voulais pas que Abel tombe dessus. Ni Annie. Seul Eve était au courant et j'entendais que ça reste comme ça.

– Et je ne peux malheureusement pas y aller moi-même.


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Angela Foster
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Et Garin en resta là, sans poser plus de questions. Et ça m’arrangeait d’ailleurs, honnêtement. Je ne parlais pas de Peter, jamais, pas même avec mes amis ou avec David. Chacun de nous avait décidé, dans une sorte d’accord tacite, de ne plus jamais en parler. C’était mieux comme ça, moins douloureux. Aussi là, face à Garin, j’étais mal à l’aise. A l’idée d’en parler, mais aussi et surtout, à l’idée de les avoir confondus l’un et l’autre, ne serait-ce qu’un instant.

Je laissai le silence s’installer un moment, en profitant pour vider progressivement le contenu de mon bol. Je réfléchis un instant à l’incongruité de la situation. Si quelqu’un m’avait dit, un jour, que je prendrais mon petit dej’ chez moi en compagnie de Garin… je crois que je lui aurais ri au nez. Surtout s’il avait ajouté qu’en plus, Garin avait besoin de mon aide. C’était assez improbable, en fait, en y réfléchissant bien. Je ne le connaissais pas, il ne me connaissait pas. Pour le peu que j’en savais de lui, il ne semblait avoir besoin de personne. Il était d’ailleurs assez catégorique là-dessus. J’avais beau avoir essayé de le convaincre d’accepter mon aide, ou ne serait-ce que la protection de ma maison, il n’avait pas cédé. Aussi sa demande me laissa perplexe.

Je relevai la tête et plongeai mon regard dans le sien. Avais-je bien entendu ? Me demandait-il vraiment de faire quelque chose pour lui ? Je fronçai les sourcils et pris le temps de réfléchir avant de lui répondre. Etais-je prête à l’aider ? Oui, évidemment, la question ne se posait même pas. J’avais pris cette décision au moment même où j’avais reçu l’appel me demandant de venir le chercher. Et je n’allais pas revenir dessus maintenant. Quand bien même ce pouvait être un peu dangereux. Il en était juste hors de question. Je ne me demandais même pas pourquoi j’étais si déterminée. C’était comme ça, c’est tout. J’avais déjà plus ou moins la réponse au fond de moi.

Après un temps qui aurait pu sembler long pour Garin, je finis par hocher la tête, lentement.

- D’accord. Je suppose que tu veux les récupérer aujourd’hui de préférence ?

Je jetai un coup d’œil à l’horloge, il était encore tôt, mais si je devais faire quoique ce soit pour Garin, c’était maintenant. J’étais censée passer l’après-midi à l’hôpital et je ne pouvais pas annuler. On n’annule pas une séance de traitement.

- J’irai te chercher ça dans la matinée, mais tu ne les auras probablement pas avant ce soir. De quoi tu as besoin ?

Ca semblait simple, il avait besoin d’affaires, j’allais les chercher. Oui, c’était aussi simple que ça. Sauf que…

- Et si je croise quelqu’un ?

Je ne m’inquiétais pas pour moi, non, loin de là. Mais puisque Garin était censé être mort, ça pouvait paraitre louche que quelqu’un (moi en l’occurrence), se pointe chez lui pour récupérer quelques affaires. Un mort n’a pas besoin de ses affaires.
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Garin DeLyons
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J’ai acquiescé. Oui, je les voulais aujourd’hui avant que quelqu’un ne vienne fouiller dans mes affaires et se les partager. Je n’avais jamais raconté ce que je voyais à qui que ce soit, en dehors de Eve, et je n’avais pas envie que Abel mette la main dessus. Même s’il penserait que je suis mort, il y avait encore Annie et Gen et je doutais que ces deux là restent là sans rien faire. En réalité, j’avais plus peur que Annie fouille plutôt que Abel.

« Et bien, ne croise personne. » C’était simple, dis comme ça, non ? « Là où je vis, c’est genre un peu reculé et en espérant que Annie ne vienne pas fouiller, je ne pense pas que qui que ce soit s’approche. » Je n’aurais probablement pas dû mentionner le nom d’Annie. Mais je lui demandais de prendre un risque pour un moi, je ne pouvais pas lui cacher toutes les informations, elle en aurait besoin pour se protéger. Je me suis levé et j’ai commencé à chercher de quoi écrire jusqu’à ce que je trouve. Je suis revenu m’asseoir à table à côté d’elle et je lui ai dessiné un plan. Aller jusqu’au Sanctuaire n’était pas difficile, mais c’était si vaste.

« Tu devras rester prudente. Ca craint un peu, par là-bas. Et avec ta propension à t’attirer des ennuis… » J’en étais la preuve. Tout ce que je savais d’Angela se rapportait à des ennuis. Moi y compris. « Je vis dans une caravane chromée dans le fond, pas très loin du souk. Pas mal de gens savent où j’habite alors fais-toi discrète. J’insiste. » J’ai relevé les yeux sur elle, les sourcils légèrement inquiets. Je n’avais pas non plus envie que Abel lui tombe dessus. Ou que Annie voit quelqu’un chez moi et l’appelle lui pour déloger l’intrus. Je ne voulais pas non plus que l’on me soupçonne encore dans les parages. « Fais vraiment attention, d’accord ? Tu verras, il y a un autocollant à l’arrière qui dit ‘Salut les pétasses.’ C’était… Là quand je suis arrivé. Sous l’évier, il y a un faux fond. Tu verras, à l’intérieur, il y a quelques carnets et de l’argent. » Je me suis redressé et j’ai sorti de mon col une chaînette avec une clé au bout avant de la tendre à Angela. « Ouvre le fond avec ça. Dedans, il y a aussi un trousseau de clés dont j’aurais besoin. Si tu peux prendre quelques fringues aussi, le temps que je m’en achète d’autres et que je me trouve un endroit où crécher. »

Angela pouvait le faire. J’en étais presque certaine. Il ne fallait pas qu’elle rencontre Annie. Ou Jason. Ou encore Abel. Ni Gen……. Bon sang, pourvu qu’elle ne rencontre pas Libby. « Sois prudente, d’accord ? Je sais que ce que je demande, c’est beaucoup, surtout après ce que ton frère et toi avez fait pour moi. » Je me suis gratté la tempe en grimaçant. « Evite de dire à ton frère ce que je te demande, aussi… Je pense que ça vaut mieux, je n’ai pas envie de me retrouver avec une autre jambe boiteuse. »


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Angela Foster
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«  Ne croise personne »… ah ah, très drôle. Comme si je pouvais être maître de ça. Si encore j’avais le pouvoir de figer les gens le temps de faire ce que j’avais à faire. Ou bien de me rendre invisible, ça marchait aussi. Ou encore, le pouvoir d’éloigner les gens quand ils approchaient de trop près. Mais je n’avais pas un pouvoir comme celui là. Je n’avais aucun pouvoir d’ailleurs.

- Mouais, c’est plus facile qu’à faire.

Je le suivis des yeux pendant qu’il cherchait quelque chose pour écrire. Il aurait pu me demander, ça aurait été plus vite, mais avant que j’ai eu le temps de dire quoique ce soit, il était déjà revenu, papier et crayon en main. Je suivis sa main du regard tandis qu’il me dessinait un plan pour me rendre chez lui. Quand il avait parlé du sanctuaire, j’avais un peu tiqué. Me rendre là-bas n’était pas tellement compliqué, j’y étais déjà allée, mais c’était tellement… immense. Chercher l’habitation de Garin sans la moindre indication aurait été comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Heureusement que j’avais un plan. Heureusement aussi que, contrairement à un certain nombre de filles, je savais les lire.

Je relevai les yeux sur Garin tandis qu’il se mettait à me donner divers conseils. Le maître mot : discrétion. Je tiquai à nouveau lorsqu’il me parla de mon habitude à attirer les problèmes. J’esquissai une moue un peu sceptique. Je n’avais pas tant d’ennuis que ça. Et puis d’ailleurs, qu’est-ce qu’il en savait ? Mais je ne relevai pas. D’autant qu’il avait enchaîné sur la description de son chez lui. Alors comme ça, il vivait dans une caravane ? C’était marrant, mais je n’avais pas imaginé ça. J’ai écouté attentivement tout ce qu’il me disait, notant tout dans un coin de mon esprit, espérant que cela n’allait pas s’effacer entre temps. J’avais une mémoire tellement incertaine !

J’attrapai la clef qu’il me tendait avec un sourire et passai la chaîne autour de mon cou. C’était, à mon sens, le meilleur moyen de ne pas la perdre.

- Tu auras tout ça ce soir, quand je rentrerai. J’ai un truc important cet après-midi et je n’aurai certainement pas le temps de repasser par ici avant d’y aller. Si toutefois tu repensais à quelque chose, appelle moi. Utilise le fixe, ça sera plus sûr que ton portable.

Si tant est qu’il l’ait conservé, ce qui n’était pas certain. Quoiqu’il en soit, à force de vivre avec un agent fédéral, j’avais développé une certaine logique.  

Et puis Garin se remit à me conseiller la prudence. Je mis à rire et secouai la tête.

- Quoi ? Serais-tu en train de t’inquiéter pour moi ? Rassure-toi, on ne dirait pas comme ça, mais je suis capable d’être discrète. Cela dit…

Je me penchai au-dessus de la table pour me rapprocher légèrement de Garin et plongeai mon regard dans le sien.

- … J’espère que tu sauras me remercier à la hauteur des dangers que je prends pour toi !

Je lui décochai un sourire un brin aguicheur et me laissai retomber contre le dossier de la chaise, positionnant mes mains de chaque côté de mon bol.

- Quand à David, moins il en sait, mieux c’est. A propos de cette excursion, du moins. Parce que, je ne pense pas qu’il s’en prenne une nouvelle fois à toi, pas physiquement du moins, mais si je pouvais conserver ma liberté d’aller et venir, ça serait fort appréciable.
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Garin DeLyons
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Je me devais aussi d’abandonner aussi ma voiture. Ce qui me tirait une grimace car je l’avais volée en arrivant en ville et je n’avais pas eu envie de m’en séparer depuis. Ouais, je sais. Cependant, cela faisait trois fois que Angela me répétait la même chose. J’ai levé la main pour l’arrêter. « Oui, ce soir, ce sera très bien, Angela, fais juste attention à toi, c’est tout. » Quant à la requête de ses remerciements, j’ai froncé les sourcils. Comment voulait-elle que je la remercie ? Je n’en avais pas d’idée moi même. Le fait de sauver une vie ne lui suffisait pas ? C’est avec son sourire que j’ai compris et croyez-le ou non… Mais j’ai bien cru qu’elle plaisantait. J’avais plus facilement l’habitude de faire ce genre de drague que l’inverse.

« Euh… »

Oui, c’est tout ce que j’ai réussi à dire. C’était peut-être le fait d’être mort mais en tout cas, mes priorités n’allaient absolument pas aux filles. Non, je dois avouer que malheureusement, elle allait plutôt du côté de la vengeance. Je sais que c’est mal. Mais pour l’instant, je n’arrivais pas à penser à autre chose. Et je ne comptais pas dire quoi que ce soit à son frère, en tout cas.

« Tu sais, ton frère, je trouve qu’il contrôle un peu trop ta vie. Si tu as envie d’aller draguer des dealers de drogues dans les immeubles en ruine de la ville, c’est toi que ça regarde, hein ! » J’ai haussé les épaules et je me suis relevé pour aller ranger les céréales.

« Oublie les vêtements, juste la boîte avec les carnets et l’argent et ce sera très bien. Je m’en sortirai avec ça. » J’avais une idée. Très mauvaise mais j’avais le mérite d’en avoir une. De toute façon, il était rare que j’aie de bonnes idées. « Je vais aller faire un tour en ville. » Mais je n’en ai rien fait, en réalité. Quand Angela est sortie, je me suis retrouvé tout seul et… En fait, je n’ai pas réussi à mettre un seul pied dehors. Je crois que c’est ce qu’on pourrait appeler être sous le choc ? J’avais besoin de réfléchir avant d’agir. D’habitude, j’avançais et j’improvisais mais cette fois, je ne pouvais m’offrir ce luxe. Je ne pouvais prendre le risque d’être aperçu et que ma mort ne serve à rien. J’avais là une chance inouïe de recommencer à zéro. Je pouvais quitter le pays et tout recommencer. Pourquoi n’avais-je pas fait ça dès le départ ? Plus j’y pensais, moins je ne me comprenais.

« Angela ? » J’ai gardé le silence avant de soupirer. « Merci. Encore. » J’ai levé une main en secouant la tête. « Je ne sais pas encore comment je vais te payer mais je trouverai. »


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Angela Foster
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Je ne m’étais pas tellement attendue à cette réaction, cette hésitation. Habituellement, c’était plutôt lui qui me sortait ce genre de réparties. Aussi, je m’étais imaginée qu’il jouerait le jeu. Quoiqu’il en soit, son « euh » me fit rire et je secouais la tête, comme pour dire « je plaisantais, t’inquiète » mais restais silencieuse, laissant planer le doute sur mes intentions réelles. Je repris mon bol et le portai à mes lèvres tandis que Garin reprenait la parole.

- Oui… je sais. Et il est parfois insupportable. Mais je ne peux pas lui en vouloir. Il cherche juste à me protéger autant que possible. Il a toujours été comme ça, mais ça s’est amplifié depuis que je suis malade.

Je haussai les épaules et repris, le nez dans mon bol :

- Ça part d’un bon sentiment. Et il est adorable le reste du temps alors ça compense.

Je laissai le silence s’installer, prenant le temps de terminer mon petit déjeuner. Je réfléchissais à la façon dont j’allais m’y prendre pour récupérer tout ça. Y aller, et trouver ce qu’il me demandait n’était pas la partie la plus compliquée de l’affaire. Et ça pouvait très bien se passer, à condition que personne ne me voie. Bon sang, si je tombai sur Jason, qu’est-ce que je pourrais bien lui dire ? Comment je pourrais justifier le fait d’être là-bas ?

Je me levai et déposai mon bol dans l’évier, d’un air absent. Il y avait une chose dont j’étais sûre : il ne fallait surtout pas qu’on fasse le lien entre moi, et la possibilité que Garin soit encore en vie. La voix de Garin me tira alors de mes pensées. Je me tournai vers lui et m’appuyai contre le bord de l’évier.

- Garin…

Je soupirai, secouai la tête et lui souris.

- Ce n’est pas la peine de me remercier. Je n’attends rien de toi en échange de tout ça. C’est normal. Tu aurais certainement fait la même chose si nos rôles étaient inversés, je suppose…

Mais à vrai dire, je n’avais aucune certitude. Je ne connaissais pas Garin. Qu’est-ce qui me disait qu’effectivement, si j’étais à sa place et lui à la mienne, il m’aiderait ?

- Mais si tu tiens vraiment à me remercier, tu pourrais commencer par m’appeler Angie, déjà. Et…

Ouais, la suite, il l’avait déjà entendue. Et ça ne lui plairait certainement pas. Mais j’étais persuadée, au fond de moi, que c’était, pour le moment, la meilleure solution. C’était aussi un peu pour ça que je ne pouvais pas en vouloir à David d’être si protecteur, j’étais un peu comme lui.

- Reste.

Je n’attendis pas qu’il me réponde pour bouger. Je me redressai et retournai dans ma chambre me préparer à partir. J’en ressortis avec mon sac sur le dos et mon casque à la main.

- J’y vais. En attendant, fais comme chez toi. Hésite pas à fouiller dans les placards si tu as faim. Si toutefois tu en avais besoin, mon ordi est dans ma chambre, quelque part sous le tas de partitions.

J’avançais vers la porte et me retournai vers lui pour ajouter une dernière chose.

- Et si David revient avant moi, dis-lui que je suis à l’hôpital et que je devrais être capable de rentrer toute seule.

J’adressai un dernier sourire à Garin et refermai la porte derrière moi.


Plus tard.

Vous est-il déjà arrivé d’avoir cette sensation que vous ne teniez le coup que pour rentrer chez vous ? Qu’une fois la porte passée, votre corps vous lâche parce qu’il n’est plus capable de vous soutenir plus longtemps ? Comme s’il s’était donné la mission de vous ramener à la maison et que maintenant que c’était fait, il se relâchait. C’est cette impression que j’eus, ce soir-là, en garant ma moto dans l’allée. Je m’étais forcée à tenir sur le trajet du retour et maintenant que j’étais arrivée, j’avais la sensation d’être complètement vidée. Le traitement était déjà assez lourd et le manque de sommeil n’avait rien arrangé. Mais j’étais rentrée, et je n’avais pas eu besoin d’appeler David à la rescousse, ce qui n’était pas plus mal.

Je longeai la maison jusqu’à la porte en m’appuyant sur le mur et, une fois arrivée dans l’entrée, je laissai tomber mon casque, alertant ainsi Garin de mon retour. Je ne savais pas où il était, ni-même s’il était encore là (peut-être était-il sorti durant mon absence), j’aurais même pu oublier sa présence, si ce n’est le poids inhabituel de mon sac qui me le rappelait. J’avais réussi à trouver la caravane de Garin sans encombres et j’avais eu de la chance, je n’avais pas vu âme qui vive dans le coin. Garin avait raison de dire que c’était assez reculé comme endroit. Cela m’avait facilité la tâche en tous cas. Grâce aux indications qu’il m’avait données, j’avais rapidement trouvé ce dont il avait besoin. En temps normal, je me serais certainement un peu attardé, faisant le tour de son lieu de vie comme il avait fait le tour de notre appartement. Mais je ne tenais pas à m’éterniser, mieux valait ne pas laisser le temps à quelqu’un d’arriver ou même simplement de passer et de repérer la moto. J’avais fourré ses affaires dans mon sac et j’étais partie aussi rapidement que j’étais arrivée.

Mon regard croisa celui de mon reflet, dans le miroir de l’entrée. J’étais déjà assez pâle en temps normal, mais ce soir, j’étais blafarde. Je fis quelques pas, lâchai mon sac et m’affalai sur le canapé, à bout de forces. Je n’avais, en cet instant précis, qu’une seule envie, me laisser dorloter par David comme à chaque fois que j’étais dans cet état-là.

- David ?

Je patientai quelques secondes, attendant que mon frère arrive jusqu’à moi. Je n’avais pas fait attention lorsque j’étais rentrée, mais sa voiture n’était pas dans l’allée. Il n’était pas encore là.
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Garin DeLyons
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Une fois seul dans la maison, je n’ai donc pas réussi à mettre le nez dehors. La main sur la poignée pour sortir, j’ai hésité. Longuement. Je l’ai serrée, comme pour me convaincre de l’ouvrir mais rien à faire. Je m’étais réveillé ici et je n’avais pas encore envie de voir autre chose. Angela avait raison, il valait mieux que je reste. Au moins quelques jours. En son absence, j’ai fouillé les poches de mon pantalon pour chercher mon téléphone. Je l’ai observé, ainsi que les numéros à l’intérieur. A présent bien réveillé, tous les événements revenaient plus clairement dans ma tête et mes rêves s’enfuyaient peu à peu. Tout ce qu’il me restait alors, c’était Abel, en train de m’éliminer. Et ce gamin dans la ruelle qui avait appelé Angie.

Comme pris d’un sursaut, j’ai fouillé l’appartement à la recherche d’un objet en particulier. Une poubelle d’aluminum avait fait l’affaire. J’y ai jeté mes vêtements et toutes mes affaires qu’il me restait. J’ai hésité un instant en fixant mes bracelets qui dissimulaient ma cicatrice dans mon poignet. Et puis j’ai fini par les couper aussi et les jeter à leur tour, accompagné par mon téléphone. Et dans le jardin, j’ai tout brûlé. Je me suis assis dans l’herbe, les coudes sur les genoux et les doigts mêlés. J’ai longuement observé les flammes anéantir tout ce qui avait appartenu à Garin. Ou du moins, son alter-égo. Pourtant, je ne ferai jamais ça aux carnets que j’écrivais depuis que j’avais reçu mon pouvoir. Je ne voulais rien oublier de ça, c’était ma quête, c’était la grande question de qui j’étais réellement, de qui était Garin, de ce que j’étais devenu.

Près de la poubelle en feu, je me suis assoupi jusqu’à entendre la moto d’Angela qui rentrait. L’oeil un peu endormi, je me suis redressé. La poubelle fumait encore mais tout était détruit à l’intérieur, ce qui m’a tiré un sentiment de soulagement. Si j’étais mort, alors je pouvais tout recommencer. Mais pas sans elle. Je suis revenu dans la maison pour voir Angela tomber dans son canapé. Je dois dire que si je n’étais pas aussi pâle qu’elle - ce qui m’a inquiété dans un premier temps - je n’étais très franchement pas dans un meilleur état. J’avais eu plusieurs heures pour réfléchir, comprendre, et aussi réaliser ce qui m’était arrivé. J’ignorais encore ce qui m’avait visiblement sauvé la vie que j’étais persuadé d’avoir perdue, mais je savais qu’Angela y était pour quelque chose.

« Tu vas me donner combien de noms, au juste ? Un seul me suffit, tu sais ? »

Un léger trait d’humour et je me suis assis à côté d’elle, une jambe repliée sous moi. Je me suis accoudé sur le dossier du canapé pour l’observer. « Hey… » J’ai tourné son visage vers moi et je l’ai dévisagée quelques secondes. Qu’est-ce que je pouvais lui dire ? Elle était sûrement dans cet état à cause de moi mais je n’avais pas envie de m’excuser. J’avais eu besoin d’elle et elle aurait aussi bien pu refuser. Elle l’avait fait et j’étais content de la savoir en un seul morceau. Alors je me suis contenté de lui sourire, un pouce longeant doucement sa mâchoire, afin qu’elle comprenne qu’elle n’avait pas fait tout ça pour rien.


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Angela Foster
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La voix de Garin, au moment où je m’attendais à entendre celle de mon frère, me fit tourner la tête vers lui. Je ne l’avais pas vu rentrer, je ne l’avais pas entendu non plus. J’esquissai un léger sourire à sa boutade et secouais la tête tandis qu’il venait s’asseoir à côté de moi.

- Et toi, tu te rappelles que tu n’es pas le seul homme susceptible de se trouver dans cette maison à cette heure-ci ?

J’avais beau être HS, je n’avais pas perdu le sens de l’humour. Je ne le perdais jamais, ou alors, il fallait que j’aille vraiment très mal. Je fermai les yeux et détournai légèrement la tête.

- J’appelais mon frère en fait. Mais puisque tu réponds à sa place, je suppose qu’il n’est pas encore rentré ?

C’est alors que Garin m’incita à tourner de nouveau la tête vers lui. Je me laissai faire en rouvrant les yeux et plongeai mon regard dans le sien. Son « hey » et la caresse de son pouce m’arrachèrent un autre sourire fatigué.

- Ca va toi ? Tu récupères ?

Ouais visiblement, en cet instant précis, je semblais être la plus mal en point des deux, mais je n’avais pas oublié dans quel état j’avais trouvé Garin. Et même s’il semblait aller beaucoup mieux, je le trouvais toujours un peu pâle. Plus que d’habitude en tout cas. Je tournai la tête pour indiquer mon sac d’un regard et posai à nouveau les yeux sur lui.

- J’ai ramené ce que tu m’as demandé. Tout est là-dedans. Et je t’ai quand même pris quelques vêtements, je me suis dit que ça pourrait t’être utile. Et t’avais raison, c’est plutôt désert chez toi, y’avait pas un chat. Enfin si…

Je fis une légère pause, pour ménager un petit peu de suspens et je fronçai les sourcils, comme si je farfouillais dans ma mémoire.

- Un petit tigré, tout mignon. Il avait l’air un peu perdu le pauvre.

C’est alors que j’avisai son poignet. Pour autant que je m’en souvienne, il avait toujours eu une espèce de bracelets à chaque fois que je l’avais vu. Plusieurs en fait, qui semblaient entremêlés. C’était pour ça que je n’avais pas remarqué sa cicatrice jusqu’au moment où je les avais repoussés pour prendre son pouls, quand je l’avais retrouvé.

- Hey, t’as enlevé tes bracelets !

Je tendis la main, suivis la cicatrice du bout des doigts. Elle était loin de ressembler à ces fines cicatrices que font les chirurgiens. Il avait dû retirer sa puce lui-même, et ça n’avait pas dû être facile.

- C’était douloureux ?

Je regrettai cette question aussitôt qu’elle fut sortie. Je me mordis la lèvre inférieure, consciente que non seulement, il ne voudrait certainement pas répondre, mais qu’en plus, c’était idiot, comme question.
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Garin DeLyons
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Est-ce que je récupérais ? Je pense, oui. Peut-être que je ne m’en rendais pas encore compte, que je ne réalisais pas totalement ce qui m’arrivait mais je ne m’étais rarement senti aussi bien depuis des années. Et si je semblais pâle, c’était très probablement le reflet de mon esprit, plus que de ma santé. Donc, j’ai acquiescé dans un léger sourire, pas plus étendu que le sien.

J’ai jeté un regard à son sac mais sans avoir envie de me précipiter dessus. Que je sache, je n’avais jamais eu de chat. J’espérais juste que ce n’était pas Jericho qui était venu s’amuser à fouiller. Mais ce n’était pas son genre et puis, moi mort, pourquoi utiliser une forme quand on pouvait mettre des pieds humains chez moi ?

L’étonnement d’Angela m’a fait hausser les sourcils. J’ai regardé mon poignet et l’ai serré entre mes doigts pour le frotter en fermant le poing. C’était une sensation bien étrange. Je me sentais nu, en réalité. Sans mes bracelets, ma cicatrice était à la vue de tous, je n’avais pas pensé à ça en brûlant tout ce qui m’avait appartenu. J’ai haussé les épaules en laissant mes mains retomber. Encore une fois, le contact d’Angela était désagréable. Non parce qu’elle me touchait, mais parce que je ne la sentais pas. Je la voyais, je suivais son geste des yeux mais c’était comme si j’étais sourd à ses mots. Et j’avais horreur de ça. Pourtant, j’ai ri. J’ai baissé le menton avec un sourire amusé. Moi non plus je ne perdais pas mon humour, même quand lorsque la situation ne s’y appliquait pas.

« C’est le moins qu’on puisse dire, oui. Ton frère a apporté la preuve que j’avais la peau bien résistante, pas vrai ? Je ne suis plus à une cicatrice moche près ! » Mon sourire s’est évanoui malgré tout et le silence a repris.

Je me suis baissé pour attraper le sac et fouiller dedans. J’ai attrapé la boîte en métal et j’ai reposé le reste à terre. Je l’ai ouverte sur mes genoux et j’ai ressenti la soudaine envie de tout brûler aussi. Ce que j’avais écrit restait dans ma mémoire, à présent. Que je m’en souvienne ou que je lise ce que j’avais lu des milliers de fois, tout ça ne restait que des images floues… Mais en ce cas, Angela aurait fait tout ça pour rien. C’était sans compter les clés… Non, Angie n’avait pas fait tout ça pour rien. Je n’aurais jamais voulu que Abel ou le reste de Liberation tombe sur mes carnets.

« Mais j’ai survécu. Je survis toujours. »


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Angela Foster
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Le trait d’humour de Garin ne m’arrache même pas l’esquisse d’un sourire, preuve que je n’étais pas au meilleur de ma forme. Au lieu de cela, je tournai la tête vers la porte et me mis à la fixer comme si je désespérais de la voir s’ouvrir sur David. J’avais besoin de mon frère, de sa présence réconfortante. Non que celle de Garin me fût désagréable, loin de là, mais il n’était pas David. Et j’avais un peu honte de me montrer aussi faible alors qu’il venait de traverser quelque chose qui, manifestement, me dépassait.

Le mouvement de Garin attira mon regard. Je le suivis des yeux tandis qu’il farfouillait dans mon sac à la recherche de ce qui lui appartenait. Un pressentiment me disait que c’était, désormais, les seules choses qu’il avait en sa possession. Et tout cela tenait dans mon sac à dos. J’eus un pincement au cœur à cette idée. Je n’avais pas toutes les clefs en main pour être totalement objective concernant Garin, mais, tel que je le voyais, je me disais qu’il méritait tellement mieux. J’avais envie de l’aider, de lui offrir ce dont il semblait manquer cruellement : un endroit où il serait vraiment chez lui. Mais quelque chose me disait que ce n’était pas dans mes cordes. Je ferais de mon mieux, quoiqu’il en soit.

- Garin… cette cicatrice fait partie de toi, de ton histoire. Elle a contribué à faire de toi ce que tu es maintenant. Elle n’est pas moche. Elle est…

Je secouai la tête, à court de mot.

- Quoiqu’il en soit, il vaudrait mieux que tu trouves autre chose pour la cacher. N’importe qui pourrait se rendre compte que tu n’as plus de puce en la voyant. Ce n’est pas très prudent. Mais je suppose que tu le sais déjà.

Je tentai de me redresser sans grand succès tandis qu’il ouvrait la boite que j’avais ramenée de chez lui. Je ne savais pas ce qu’elle contenait, mais j’en avais une petite idée, Garin m’ayant parlé de carnets. Je l’observais du coin de l’œil tandis qu’il en regardait le contenu. Il semblait perdu dans ses pensés, partagé entre différentes émotions, comme s’il ne savait pas ce qu’il devait en faire. Et sa dernière phrase sonnait tellement triste. J’avais tellement envie de l’aider, mais je ne savais pas comment m’y prendre. Et j’avais peur, un peu, qu’il ne repousse mon aide.

- Tu as la peau dure, c’est vrai, mais, dis-moi si je me trompe, tu n’es pas immortel. Je n’aimerai pas qu’il t’arrive quelque chose alors fais attention à toi. Ok ?

C’était marrant, ce conseil, « fais attention à toi », il m’avait donné exactement le même si ma mémoire était bonne, et pas qu’une seule fois. Je continuai à l’observer un moment et eux soudain l’envie de ramener un sourire sur son visage. Je jetai un bref coup d’œil à l’horloge et adressais un franc sourire à Garin.

- Bon aller, je sais pas toi, mais moi, je commence à avoir faim. Une pizza, ça te dit ? C’est le seul truc que je sais faire de toute façon, en dehors des pâtes, des œufs et du riz…

Je tentai de me lever du canapé et sentis alors la tête me tourner. Ma vue se brouilla et je vis un millier de petits points lumineux, comme ça peut arriver parfois quand on se relève trop vite. Je vacillai et retombai sur le canapé.

- Ok, ça va attendre un peu, je crois.
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Garin DeLyons
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L’avertissement d’Angela a sonné comme une douce farce à mes oreilles mais je n’ai pas relevé. Faire attention à moi… Pour un peu que j’avais envie de tester tout ce que mon corps était capable d’encaisser maintenant. En revanche, j’ai ri à l’idée d’être immortel.

« Je ne sais pas si je suis immortel mais en tout cas, je suis mort deux fois, maintenant. Et je suis revenu deux fois. Certains me qualifieraient surtout de tenace plus que d’immortel mais j’imagine que l’un ne va pas sans l’autre ! Pourtant, j’aime assez l’idée ! Garin, l’Immortel tenace, écrit en grosses lettres sur le parvis du Rex à Paris. Je m’y vois déjà. »

J’ai levé le bras pour montrer un panneau en l’air, fièrement. Reprenant mon sérieux, j’ai haussé les épaules et j’ai refermé la boîte. A présent bien réveillé et remis de mon escapade nocturne parmi les morts, ma faim ne s’était pas calmée. Elle avait presque empiré et je n’avais pas osé fouiller dans les placards. J’avais eu les idées bien occupées, cela dit. J’ai acquiescé en dépliant une jambe, allant pour me lever. Une pizza ferait plus que l’affaire, j’en étais certain. Mais alors que Angela basculait en arrière, je l’ai retenue en serrant son bras fermement dans ma main. Je n’avais, en tout cas, pas perdu mes réflexes, ce qui était une bonne nouvelle. Je me suis rassis à ses côtés, les sourcils froncés.

« C’est pas grave, je vais le faire. Ca va ?! Je suis désolé, Angie, je n’aurais pas dû te demander d’aller là-bas. J’aurais dû y aller moi-même. Je vais… Je vais faire à manger, ne bouge pas. »

J’ai posé ma main sur son épaule et je me suis levé en rangeant la boîte dans son sac à dos. Elle serait bien plus en sécurité là-dedans qu’à la vue de tous et surtout de son frère. Si j’avais confiance en Angela pour qu’elle ne lise pas, ce n’était pas du tout le cas de son frère. Je gardais en tête les paroles d’Abel. Bientôt, ils viendraient me chercher et ce serait probablement parce que David les a mis sur la piste. Voilà une bonne raison de rester près de lui, donc. Il y avait de fortes chances qu’ils ne viendraient pas ici vérifier si j’étais chez celui qui les avait alertés. Pas vrai ?

J’ai retroussé les manches du pull jusqu’à mes coudes pour m’affairer dans la cuisine, le temps qu'Angela se remette sûrement de ses émotions. J'espérais vraiment qu'elle n'avait rencontré personne et qu'elle ne se contentait pas de se taire pour ne pas m'inquiéter.


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Angela Foster
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Je ne relevai pas tout de suite ce qu’il venait de dire. Il fallait laisser le temps à mon cerveau fatigué de faire le lien. Aussi me suis-je d’abord arrêtée à l’idée du panneau que Garin me décrivait. Je ne connaissais pas Paris, encore moins ce « Rex » dont il venait de parler, je m’imaginais plutôt une de ces enseignes lumineuses comme on pouvait en voir sur Broadway. Je ris, moi aussi, à cette idée.

- Chut, ne le crie pas trop fort, un cirque pourrait débarquer et t’emmener pour te montrer comme un de ces phénomènes de foire et pfwit, fini la tranquillité !

Je secouai la tête, imaginant la voix de Monsieur Loyal annoncer le prochain numéro : « Et maintenant Mesdames et Messieurs, l’incroyable Garin, qui ne meurt jamais ! ». Et c’est à ce moment précis que mon cerveau se réveilla et fit le lien. Mon sourire s’effaça, je fronçais les sourcils et relevai les yeux sur Garin, à la fois surprise, intriguée, et un brin paumée.

- Attends, qu’est-ce que ça veut dire « Je suis mort deux fois » ? La mort est censée être quelque chose de définitif. On ne revient pas d’entre les morts, tu le sais ça ?

Oui, je sais, j’avais encore beaucoup de choses à apprendre. Je savais que positifs et candidats étaient capables de choses assez extraordinaire, mais jamais je n’avais été jusqu’à imaginer qu’ils puissent ramener quelqu’un à la vie. C’était juste quelque chose de difficilement concevable dans mon esprit.

Je sentis la main de Garin me retenir comme dans une sorte de brouillard alors que je retombais sur le canapé. Je lui adressai un sourire pour lui indiquer que ça allait, qu’il ne fallait pas qu’il s’inquiète, mais c’est alors qu’il se mit à parler. J’étais un peu trop au ralenti pour répondre avant qu’il se soit levé. Mais cela ne m’a pas empêchée de rire lorsqu’il s’excusa de m’avoir envoyée là-bas.

- Hey ! Tu crois que c’est mon escapade de ce matin qui me met dans cet état-là ? Que ce serait, quoi, une sorte de trop plein d’émotions fortes ? Je ne suis pas le genre de fille qui tremble de peur à l’idée d’aller dans une caravane complètement isolée pour récupérer quelques affaires avec cette espèce d’épée de Damoclès au dessus de ma tête : « et si je croisais quelqu’un ? ». Tu me déçois, je pensais t’avoir montré que je valais mieux que ça !

Je m’indiquai d’un geste de la main, même si je me doutais que Garin ne pourrait pas le voir de là où il était.

- Je parie que je suis l’une des filles les plus…

Je m’arrêtai quelques secondes, le temps de trouver l’expression la plus adéquate et repris.

- … « idiotement téméraire » que l’on puisse trouver dans ce pays. Je n’ai peur de rien, ce qui me pousse parfois à provoquer les ennuis, comme je l’ai fait le soir où je t’ai rencontré.

Je secouai la tête et repris mon sérieux, conservant néanmoins un ton enjoué.

- Non, mon état n’a strictement rien à voir avec toi. Je suis malade, tu n’as pas oublié ? Et comme toute cancéreuse condamnée qui se respecte, je dois subir un traitement assez lourd toutes les semaines. Et il arrive que parfois, je le supporte moins bien. Quand je viens de passer une nuit blanche, par exemple. Mais…

Je m’interrompis un instant, comme si je réfléchissais.

- … en fait, si, tout bien réfléchi, c’est de ta faute ! J’espère que tu sais cuisiner, parce que le repas à intérêt à être bon si tu veux que je te pardonne pour ça !

Et je ponctuai cette phrase d’un rire qui montrait que je ne lui en voulais absolument pas.
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Garin DeLyons
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« Et bien moi, j’en reviens » avais-je simplement rétorqué en me levant. Et j’ai poursuivi. « Non, je n’ai pas oublié, c’est bien de ça que je parle et pas de ta témérité, qui, oui, en effet, finira par avoir ta peau, plus vite qu’une boule dans la tête. » Je me suis penché pour la voir et lui ai donné ce regard, les sourcils hauts. Le regard d’avertissement, le regard que son frère lui donnait déjà sûrement de nombreuses fois.

Que tout soit finalement de ma faute ne me dérangeait pas. Je n’ai même pas réagi. Pourquoi faire ? C’était le cas. Quoiqu’elle en dise, qu’elle s’en amuse ou non, ce qui lui arriverait à partir de maintenant serait de ma faute. J’ai gardé le silence quelques minutes pendant que je m’affairais. Je n’avais pas beaucoup de qualités mais j’avais au moins celle de savoir faire à manger. Encore une question de survie. « Ca serait bien que tu te décides à avoir peur de quelque chose. »

C’était marrant comme les gens avaient besoin de sentir la peur chez les autres. Ca les rassurait, ça leur rappelait qu’ils étaient entourés d’humains et non de machine. Je faisais partie de ces gens pour avoir été longtemps entouré de machines. Je ne m’étais pas enfui pour retrouver ma prison ailleurs. Je suis revenu vers elle, une cuiller en bois dans la main.

« On ne parle pas de valeur mais de précautions. Tu n’en as visiblement pas ! On t’appelle pour te dire qu’un mec crevé dans la rue a besoin de toi, tu rappliques ! Ce même gars - dont tu ne sais visiblement rien - te demande d’aller prendre des risques au Sanctuaire, tu dis encore oui ! Un gars te drague dans un bar alors qu’il est en ma compagnie - et si tu ne sais rien de moi, tu sais au moins que je suis pas net - et tu y vas quand même ! Bon d’accord, pour Jason, je t’ai peut-être un peu poussée, mais tu l’as fait quand même, tu aurais pu lui poser un lapin ce qui… Aujourd’hui, aurait pu s’avérer plus sécuritaire, mais qu’importe. » J’ai soupiré en laissant mes bras retomber le long du corps. « Je ne cesserai jamais de te dire de faire attention, que tu m’écoutes ou non. Ton frère te protège peut-être des autres, mais ça serait bien que tu te protèges un peu de toi-même. Je sais que tu veux… Te sentir en vie, ce genre de trucs. Mais que ce soit moi ou Jason, on n’est pas vraiment ce qu’on appelle des types hyper recommandables. Même si ta témérité m’a peut-être sauvé la vie. La prochaine fois… Laisse-moi là-bas. J’étais à peine conscient, c’est la seule chose que j’ai été capable de prononcer mais ce n’est pas te rendre service. Et oui… Il serait peut-être temps de te mettre à avoir peur. C’est pas grave, d’avoir peur, tu sais ? Moi-même, je suis terrifié la majeure partie du temps. C’est pas ça qui fait de moi un criminel ou un moins que rien. » Un faible sourire s’est dessiné sur mes lèvres. « J’ai d’autres bagages pour ça. »


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Angela Foster
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« Moi j’en reviens ». Ces mots résonnèrent quelques secondes dans ma tête. Je fronçai les sourcils et relevai les yeux vers Garin. C’était une phrase simple, si simple, parfaitement compréhensible. Le message était clair. Mais en même temps, elle était pour moi comme une véritable énigme. Peut-être tout simplement parce qu’elle contredisait tout ce qu’on m’avait toujours appris. Je scrutai son regard à la recherche d’une lueur, de n’importe quoi qui aurait pu me montrer qu’il plaisantait. Mais quelque chose me disait qu’il était on ne peut plus sérieux. Je n’ajoutai rien là-dessus, pas pour le moment, il me fallait du temps pour digérer l’information. Peut-être l’interrogerai-je, plus tard ? Quand mon cerveau aurait assimilé le fait que ça soit possible. Et puis, de toute façon, Garin était déjà passé à autre chose. Et là…

… Le visage de David vint subitement se superposer à celui de Garin. Bon sang ce regard, je le connaissais par cœur. Il semblait vouloir dire « attention jeune fille, ne va pas trop loin ». David était le spécialiste de ce genre de regard. Et à chaque fois, je finissais par baisser la tête, me sentant un peu honteuse pendant quelques minutes. Parce que oui, j’avais bien conscience que je n’étais pas des plus « prudentes », mais c’était plus fort que moi. Et David le savait. Allez savoir pourquoi mais, alors que j’avais tellement envie que mon frère soit là, voir cette expression que je connaissais si bien sur le visage de Garin me réconforta un peu. Et j’eus soudainement envie de me reposer sur lui comme je le faisais sur David.

Mais seulement voilà, c’était Garin que j’avais en face de moi. Garin qui ne semblait pas vraiment porter mon frère dans son cœur, ce que je pouvais comprendre. Aussi n’eus-je certainement pas la réaction à laquelle il s’attendait. Au lieu de baisser la tête comme une petite fille prise en faute, je me mis à rire. C’était idiot, mais je trouvais cela très ironique en fait.

- On dirait David, dis-je, sans expliquer d’avantage cette soudaine gaieté.

Je laissai s’éloigner en direction de la cuisine sans même songer à le retenir. Ma mère aurait été là, elle m’aurait fait la leçon : « Mais enfin, Angie, c’est un invité, ce n’est pas à lui de préparer la cuisine ! ». Mais, bizarrement, ma mère s’inquiétait beaucoup moins de mon manque de « bonnes manières » depuis que j’étais malade.

Sa déclaration, venue directement de la cuisine, me fit relever la tête. Je lui suivis des yeux tandis qu’il revenait vers moi brandissant une cuiller en bois. Je l’écoutai patiemment tandis qu’il me débitait son discours sur la peur, mais je regardais dans le vide avec une expression indéchiffrable.

- J’ai des peurs comme tout le monde Garin. C’est évident ! Je ne suis pas un robot. J’ai juste moins peur que d’autres face à certaines situations. Ma vie n’est pas aussi compliquée que la tienne, je suis tranquille, personne ne me recherche, je peux aller et venir, faire ce que je veux quand je veux. Je ne me montre pas brave juste pour impressionner la galerie, je n’ai pas peur, c’est comme ça.

Je levai les mains en signe d’impuissance. J’avais toujours été une tête brûlée, alors certes, cela s’était amplifié depuis que je savais que ma vie ne serait pas très longue, mais c’était déjà là avant et j’étais incapable de l’expliquer.

- Alors non, même si je ne sais rien de toi ou de Jason, je n’ai pas peur de vous. Mais vous ne m’avez jamais vraiment donné de raisons de vous craindre en même temps. De bonnes raisons, je veux dire. Et puis, je ne sais pas, je fais facilement confiance aux gens, et mon instinct me dit que vous ne me ferez pas de mal, pas si vous pouvez l’éviter. Je ne sais pas ce que vous avez fait pour que tu te qualifies toi-même, et Jason aussi, de personnes peu recommandables et je m’en fiche. Je vois ce que vous êtes, face à moi, et ce que je vois ne me m’impressionne pas.

Je secouai la tête et me passai la main dans les cheveux.

- Mais avoir peur ou pas, ce n’est pas quelque chose que l’on peut décider ni même expliquer. Je suis moins craintive que beaucoup d’autres filles, j’en ai conscience. Pourquoi ? Je ne sais pas, c’est comme ça. Ca ne veut pas dire pour autant que je n’ai peur de rien.
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Garin DeLyons
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Au bout du compte, ça ne me rassurait pas plus. Pour la simple et bonne raison que toute prudente qu’elle serait, je ne pourrais me sentir moins coupable de l’avoir entraînée là-dedans. Parce qu’elle y était. Parce que je ne le regrettais pas. Parce que si c’était à refaire, je le referais. Angela était la seule personne dans cette ville sur qui je pouvais compter. Avec Annie. Mais Annie était hors de question, à présent. Et Eve n’avait toujours pas été détectée par les radars. Elle n’était peut-être déjà plus en ville, qui sait. Je n’ai pas souhaité m’appesantir sur cette idée plus longtemps. Quant à appeler Richard… Allons. Il était le brave toutou d’Abel, qu’aurais-je pu tirer de lui ? Angela était ma seule et unique porte de sortie. J’étais coupable de ça, oui. Mais je n’en ressentais aucun remord, ni regret. J’étais juste… Désolé de lui infliger ça. Instinct de survie.

Je ne pouvais pas non plus lui dire qui était Jason en réalité. Parce que ça ne changerait rien. Il était, je pense, un des rares déserteurs comme nous à pouvoir continuer d’errer dans la ville sans être repéré. Je n’avais jamais rencontré quelqu’un d’aussi discret, droit et convaincu que lui. Si Liberation perdait sa couverture, Jason serait le seul que personne ne trouverait jamais. Il était sûrement le plus humain de nous tous, le seul à avoir conservé sa propre personnalité, à ne pas avoir changé. J’en étais jaloux, oui. Il n’avait jamais besoin de mentir sur qui il était… Ce que l’on voyait de lui était ce qu’il était, là où nous autres devions faire des pirouettes pour sembler plus naturels. Comme moi avec mon humour de merde. Mais j’avais un autre problème, que n’avait pas Jason : je ne savais pas qui j’étais. Lui, si. Je ne savais pas non plus ce que je voulais dans ma vie. Lui avait un but. J’ignorais où j’allais et lui empruntait un sentier, volontaire et engagé. Pas moi.

Je me suis humecté les lèvres et j’ai acquiescé en baissant les yeux pour m’en revenir à la cuisine. Quoi que je pourrais dire à Angela, bien qu’elle m’écouterait, ça ne changerait rien. Une part de moi était rassuré de savoir Jason pas loin d’elle. Il garderait toujours un oeil sur Angela. Il la protègerait même quand elle l’ignorerait. C’était son rôle, il l’avait toujours eu et il faisait ça très bien.

Ma vie était compliqué. Elle était même chaotique. Je me battais pour la vivre, je m’arrachais la peau, les muscles et les membres pour survivre… Mais je n’ai jamais su ni compris pourquoi. J’ai juste… Survécu. Sans savoir pour quoi à la fin de la journée. Peut-être un ardent désir, une forte curiosité, de lever le voile sur ce mystère.

J’ai laissé Angela se reposer et j’ai arrêté de faire appel à ses nerfs et ses réserves jusqu’à mettre la pizza au four. C’était étrange d’utiliser ces machines. Depuis que j’avais atterri ici, je n’en avais plus vu. Et même si j’avais fixé l’engin pendant un moment, les réflexes étaient vite revenus. Et ça me rappelait ma mère. C’était comme si je me souvenait de toute ma vie ce jour-là. C’était rafraîchissant et fatiguant. Alors, quand je me suis souvenu de David, et bien, je n’ai tout simplement pas eu hâte de le voir rentrer. Parce que lui… Des questions, il en poserait, c’était certain. Et pas question de le faire taire comme Angela !


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Angela Foster
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Quand j’eus terminé de parler, je me sentie alors encore plus vidée qu’au moment où j’avais passé la porte. Mine de rien, soutenir une conversation aussi sérieuse, réfléchir sur ses peurs, ça pompe pas mal d’énergie. Parce que oui, la remarque de Garin m’avait amenée à réfléchir. J’avais des peurs, je pouvais en citer : le feu, perdre ceux que j’aime, mon avenir, et les araignées… oui, je sais, c’est le truc un peu ridicule, mais j’étais paralysée face à une araignée. Mais pas n’importe lesquelles non plus, je ne suis pas trouillarde à ce point, non, les seules capables de me clouer sur place, c’étaient les grosses velues avec des grosses pattes. Brrr, rien que d’y penser, j’en avais des frissons.  Bref !

J’étais vidée donc, et reconnaissante à Garin de ne rien ajouter de plus. Un petit sourire se mit à flotter sur mes lèvres. Je me trompais certainement sur les pensées de Garin, mais le fait qu’il ne réponde rien m’amena à penser (oh seulement quelques secondes), que je lui avais cloué le bec. Et je n’avais pas souvenir que ce soit déjà arrivé. Mais je ne pouvais pas vraiment me fier à ma mémoire.

J’attrapai un coussin et me rallongeai sur le canapé, glissant le coussin sous ma tête. Bercée par les bruits dans la cuisine, j’étais à deux doigts de m’endormir quand la porte d’entrée s’ouvrit. Je tournai la tête pour voir qui entrait, comme si ce pouvait être quelqu’un d’autre que David. Il avait l’air épuisé mais son visage se fendit d’un sourire lorsqu’il posa les yeux sur moi.

- Hey !

Il se débarrassa de ses affaires et s’approcha de moi. Il déposa un baiser sur mon front et m’interrogea du regard.

- Ca a été la séance aujourd’hui ? Comment tu te sens ?
- Vidée, mais ça va.

Il m’adressa un sourire réconfortant avant de relever la tête brusquement quand il entendit un bruit en direction de la cuisine. Pendant quelques secondes, j’eus l’impression qu’il avait oublié que Garin était là. Mais c’était bien mal connaitre mon frère.

- Qui est dans la cuisine ?
- Garin. Il nous prépare à manger ! Tu te rends compte ? Il semblerait qu’il sache cuisiner. On va peut-être manger mieux que d’habitude ce soir.

Je lui décochai le sourire le plus joyeux dont j’étais capable dans mon état et vis mon frère baisser les yeux sur moi, vraisemblablement surpris.

- Attends, quand on l’a ramené, il était presque mort et là il est en train de s’activer en cuisine ? Tu te moques de moi ?
- Non je te jure, il est… très résistant.

Mon frère opina du chef, le regard rivé vers la cuisine.

- Je reviens.

Il se leva et je sus immédiatement ce qu’il allait faire, je l’attrapai par le bras et le retins.

- David, soit gentil avec lui. Ok ?
- Je ne m’approcherai pas à moins d’un mètre, promis.

Je laissai échapper un petit rire et lâchai le bras de mon frère. Celui-ci se dirigea vers la cuisine, s’arrêta sur le pas de la porte et enfonça les mains dans ses poches. Il avait encore son insigne d’agent fédéral accroché à sa ceinture. Mais il avait posé son arme de service sur un meuble près de l’entrée dès qu’il était arrivé. Sa voix me parvint et je compris, à son intonation qu’il n’était pas super à l’aise. Ce que je comprenais parfaitement étant donné ce qui s’était passé entre eux.

- Salut. Tu as l’air d’aller mieux à ce que je vois.

Un sourire se dessina sur mes lèvres. Mon frère n’était pas très doué quand il s’agissait de parler avec les gens. Ce qu’il pensait ou ressentait se traduisait par des regards, des gestes, mais rarement par des paroles. Et je connaissais suffisamment mon frère pour savoir, sans même le voir, l’attitude qu’il avait en ce moment face à Garin : les mains dans les poches, une épaule appuyée contre le chambranle de la porte et son regard, distant, méfiant. Il n’avait pas totalement confiance en Garin, je le savais, il me l’avait déjà dit, néanmoins, il avait accepté de me laisser seule avec lui, ce qui était une preuve que David était prêt à faire des efforts et à passer outre ses à-priori.

Je m’imaginai également que mon frère devait être en train de scruter Garin, aussi. Cherchant à comprendre comment il pouvait être en train de faire la cuisine alors qu’il y a quelques heures il était encore dans un état lamentable. Il avait certainement une foule de questions qui tournoyaient dans sa tête, je le savais. Je savais aussi qu’il ne tarderait pas à les poser. Mais il resta silencieux. Il attendait peut-être le bon moment.

J’entendis alors sa voix monter de nouveau jusqu’à moi.

- Angie m’a dit que tu étais plutôt résistant. J’avais du mal à le croire, mais il semblerait qu’elle avait raison.
- J’ai toujours raison ! lançai-je depuis le canapé.
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Garin DeLyons
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Je n’ai pas entendu la porte à cause de l’eau dont j’ai coupé l’arrivée en même temps. C’est quand j’ai mis la pizza dans le four que j’ai entendu sa voix. Je nettoyais la table quand il est arrivé dans la cuisine et j’ai porté mon pouce à mes lèvres pour en nettoyer la sauce tomate. J’ai alors relevé les yeux vers lui sans rien dire. S’il me saluait, je ne pouvais que répondre de la même manière. J’ai acquiescé en guise de réponse. Qu’il ait aidé à me sauver la vie ne signifiait pas qu’il méritait mon amabilité. A cette heure-là, seule Angie le méritait. Il m’a étudié, dévisagé… Et j’ai fait de même, sans rien dire. Mais seulement quelques secondes avant de ramasser les couverts pour les mettre dans l’évier en lui tournant le dos.

Je n’ai pas pu m’en empêcher. Sans ce gars-là, j’aurais encore mon travail. Ma vie, Liberation, ma caravane… Angela loin de mes radars et Annie n’aurait pas eu à affronter ce qu’Abel m’avait fait subir. J’avais peut-être commis une erreur mais rien de tout ça ne serait arrivé sans cet abruti. Alors, je me suis retourné à moitié pour le voir et j’ai haussé un sourcil, sarcastique comme jamais.

« Quoi, le cadeau que tu m’as offert ne t’avait pas déjà convaincu ? »

Je faisais bien sûr référence à la balle qui s’était logée dans ma cuisse et qui n’était qu’une éraflure comparée à tout ce que j’avais vécu depuis. Je n’avais même pas élevé la voix. Elle n’avait pas dépassé ses décibels. J’ai légèrement tourné les yeux vers le salon en imaginant Angela et j’ai joué de ma langue contre mes dents un instant. Je me demandais combien de temps David tiendrait à se contenter de me regarder comme ça. Il finirait bien par se lasser, non ? J’ai essuyé la table avant de répondre à ce qu’il n’avait pas encore demandé.

« Mais je suis désolé de t’apprendre que tu n’es pas celui qui m’a mis KO. » J’ai haussé une épaule dans un rictus et une moue des lèvres alors que je relevais les yeux sur lui en me redressant. « Oh, tu es responsable de tout ça, oui… Mais ne te flatte pas, non plus. » J’ai acquiescé en fronçant les sourcils. Si David était venu « en paix », du moins en apparence, je ne pouvais pas m’offrir le luxe de réagir de la même manière. Et je me suis donc retrouvé, droit dans mes bottes, les dents serrées, face à lui, le regard dur et défiant. S’il n'avait pas appuyé sur la gâchette, il restait celui qui m’avait conduit à perdre tout ce qu’il me restait. Et il ne me restait déjà pas grand chose.


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David Foster
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Garin ne m’avait manifestement pas entendu entrer dans la pièce. Il était occupé à nettoyer la table sur laquelle il avait cuisiné. C’était assez étrange de le voir là, dans mon univers. Il se mouvait dans la cuisine, comme s’il était un de nos amis, comme s’il vivait ici et, quelque part, je n’aimais pas ça. Je ne lui faisais pas confiance. Je n’avais pas accepté de laisser Angie seule avec lui de plein gré. Mais je n’avais pas eu le choix, je devais aller travailler. Mais maintenant que j’étais rentré, je comptais bien l’avoir à l’œil. Je fermai les yeux et me morigénai intérieurement.  Ce matin, j’avais promis à Angie de faire des efforts, de me montrer amical. Autant dire que ce n’était pas gagné. Je l’avais néanmoins salué en essayant de gommer toute hostilité dans ma voix.

Quand je vis Garin hocher la tête mais rester silencieux, je pensai, pendant quelques secondes qu’il avait choisi d’adopter la même conduite que moi. Il me rendit mon regard tandis que je l’observai. Le visage qu’il m’offrait me surpris. Je n’avais pas vraiment pris le temps de le regarder lorsque nous l’avions ramené. Il faisait nuit quand Angie m’avait appelé pour que je vienne l’aider et ensuite, elle m’avait vite viré de sa chambre sous prétexte qu’il devait se reposer. J’avais obtempéré, mais uniquement parce qu’elle m’avait suivi aussitôt. Quoiqu’il en soit, je ne m’attendais pas à ce que je vis. Mon visage à moi était encore marqué par les coups que j’avais reçus, pourtant moins nombreux que ceux que j’avais donné. Et mes phalanges étaient encore meurtries également. J’y jetai un œil alors que je venais de me frotter l’arrête du nez dans un geste inconscient. Mais le visage de Garin, lui, était… lisse. Comme si rien ne s’était passé. Je savais déjà qu’il y avait quelque chose de bizarre avec ce garçon lorsque j’avais constaté que ma balle n’était même pas entrée dans sa cuisse.

Sa réplique me cueillit en pleine réflexion. Je crispai la mâchoire et m’exhortai intérieurement à rester calme. Je tournai la tête pour regarder en direction du canapé. Angie ne réagit pas. Alors à moi on me faisait promettre d’être gentil, mais elle n’avait manifestement pas tenu le même discours à Garin. Sympa petite sœur ! Je posai à nouveau les yeux sur Garin mais gardai le silence. Mon expression était assez expressive comme cela. Mon visage et mon regard s’était durci et je dus me forcer pour desserrer le poing. J’avais fait une promesse à ma sœur, je me devais de la tenir. Pour donner le change, je portai ma main à mon front, fermant les yeux, m’efforçant à garder le contrôle. Garin me provoquait, j’en étais certain, et j’étais à deux doigts de marcher dans son jeu, comme l’autre fois. Et je savais où ça nous avait mené, je ne voulais pas refaire la même erreur.

Cependant, Garin reprit la parole, continuant son petit jeu. Je relevai les yeux sur lui pour voir son petit rictus. Chacun de ses mots me mettaient en butte à deux sentiments contradictoires : le remords parce que j’avais dépassé les bornes l’autre fois et je le savais, alors oui, j’étais soulagé de savoir que ce n’était pas moi qui l’avait conduit là, mais j’avais aussi l’envie irrépressible d’effacer cette expression de son visage.

Je sortis une main de ma poche et pointai mon doigt dans sa direction tandis que je m’approchai de lui, transgressant la promesse que je venais de faire à Angie de conserver une distance minimum d’un mètre. Je le toisai de toute ma hauteur, ce qui n’était pas difficile, vu que j’étais plus grand que lui.

- Je suis aussi celui qui t’a ramené ici alors que tu gisais entre deux poubelles. Je suis celui qui accepte que tu te caches chez moi, celui qui est prêt à t’aider, aussi. Je risque mon boulot et bien plus encore. Et Angie…

Je déplaçai ma main pour indiquer le salon où ma sœur se trouvait encore.

- Angie endosse les mêmes responsabilités que moi, les mêmes risques que moi, par ta faute. Et je ne pourrai peut-être pas la protéger des conséquences que cela pourrait impliquer.

Je me détournai de Garin et allai frapper le chambranle de la porte, exprimant toute la frustration que cette idée m’apportait. Et puis j’explosai. Je me retournai vers Garin et m’avançait à nouveau vers lui, montrant une nouvelle fois le salon où se trouvait Angie.

- Non mais regarde là ! Tu crois qu’elle a vraiment besoin de ça ? Pourquoi tu l'as appelée, elle ?

Une voix s’éleva alors dans mon dos, impérieuse.

- David !

Angie se tenait dans l’encadrement de la porte. Ou plutôt, s’y accrochait. Elle était blanche comme un linge mais son expression reflétait sa détermination. C’est à ce moment là que je compris que, quoi qu’il arrive, quelles que soient les conséquences, elle aiderait Garin. Mon regard passa de l’un à l’autre, cherchant à comprendre ce qui pouvait les lier à ce point tous les deux. Car il était évident, pour moi, que si Garin avait appelé ma sœur à l’aide, c’était parce qu’il y avait une raison.

Je secouai la tête et je lançai un regard d’avertissement à Garin. Je n’en avais pas fini avec lui, mais tant qu’Angie était là, à portée de voix, je préférais instaurer une sorte de trêve. Nous reprendrions cette discussion lorsqu’Angie serait endormie.

- Angie… qu’est-ce que tu fais là ? Tu tiens à peine debout.
- Je t’empêche de l’étriper.


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Garin DeLyons
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Bien sûr que David mordait. Il était si prévisible. J’ai d’autant serré les dents quand il s’est rapproché de moi en me désignant de son index. Je n’ai pas baissé les yeux une seconde. Sauf pour le jauger de haut en bas dans une grimace. « Je ne t’ai pas demandé de venir me chercher, je n’ai pas demandé ton aide, je ne t’ai pas appelé toi, je l’ai appelée ELLE ! » J’ai donné un coup dans sa main avec peut-être un peu trop de rage, sans contrôler cette nouvelle « force » en moi, mais c’était ma partie du jeu. « Ne la montre pas du doigt et laisse-la en dehors de ça. »

Je n’ai pas sursauté, je n’ai pas cillé. Lorsqu’on vit avec quelqu’un comme Abel, on apprend à ne pas montrer ce qui nous surprend ou nous fait peur. On tient à rester droit et fier face à l’ennemi. C’est ainsi qu’on gagne le respect. De toutes les questions possibles, je ne m’étais pas attendue à celle-ci. Pourquoi Angie ? La réponse était pourtant… Si simple ! Je pensais qu’il la connaissait. J’ai fait un pas vers lui et j’ai haussé le ton. Pour être tout à fait honnête, j’ai crié.

« Parce qu’elle est tout ce qu’il me reste aujourd’hui ! » J’ai desserré les dents en fixant David et je me suis figé. Le calcul était vite fait. « C'est la vérité. » Ce n’était pas pour rien que j’avais pensé à elle, même inconscient. J’ai dégluti et j’ai repris. « Plus de travail, plus d’argent, plus de nom, plus de maison, plus d’amis ! Ma vie ! Telle qu’elle était n’existe plus. Tu as débarqué et tu as tout pris ! Tu ne t’es jamais dit que si on n’avait pas notre puce, on ne se l’était sûrement pas arrachée pour rien ! Tu as juste débarqué et tu as tout pris ! Et je te hais pour ça ! C’est toi qui m’a pris mon boulot, qui m’a tiré dessus ! Et il a fallu que je rende des comptes pourquoi j’avais le FBI au cul ! Tu crois que ça m’a fait plaisir d’ouvrir un oeil entre deux poubelles quand la seule certitude que j’avais, en dehors d’un numéro de téléphone, c’était celle d’être mort ? Je suis peut-être résistant mais je ne suis pas immortel ! Alors PARDON si je bouscule ta petite vie tranquille de Négatif au visage pâle mais toi, au moins, il t’en reste une. »

L’arrivée d’Angie m’a permis de feinter. Je me suis approché d’elle mais plus pour lui passer à côté que pour m’arrêter à sa hauteur. Néanmoins, je me suis retourné et j’ai adressé à nouveau des yeux durs à David, tout en m’adressant à sa soeur. « Je t’avais dit que c’était une mauvaise idée. » Sans lui adresser un seul regard, j’ai déposé un baiser sur sa tempe, fugace. C’était ma façon de lui dire que j’étais désolé. Et j’ai tourné les talons, non sans montrer le four à David.

« Ce sera prêt dans 20 minutes. Prévoyez plutôt 15, ça évitera que ce soit cramé. » De retour dans le salon, je me suis penché pour récupérer la boîte dans le sac d’Angela et j’ai fait volte face vers David, les sourcils hauts. « Oh et, la prochaine fois que des dockers pas suspects détalent à l’arrivée du FBI, mêle-toi de tes fesses. Ou alors, apprends à mieux faire ton travail d’infiltration avant de tirer sur un mec dont, visiblement, tu ne savais rien. Ne me remercie pas du conseil. » Et je lui ai fait un salut avec un clin d’oeil, prêt à partir, si on me laissait… Ou à en découdre s’il me cherchait.


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Angela Foster
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Du canapé du salon, j’entendais tout ce que les garçons se disaient dans la cuisine. Et je n’aimais pas ce que j’entendais. Je n’avais pas aimé la façon dont Garin s’était adressé à David, comme s’il le provoquait ouvertement. Je n’avais pas aimé non plus la façon dont David lui répondait. C’était même pire à mon sens. Garin avait des raisons de parler comme ça, après ce qu’il venait de vivre. David, lui, n’en avait aucune, hormis l’hostilité qu’il ressentait pour Garin depuis qu’il l’avait rencontré. Le ton montait, il fallait que j’intervienne avant que ça dégénère.

Je me suis levée tant bien que mal du canapé et je parvins à me glisser jusqu’à la cuisine en prenant appui sur les meubles et les murs que je trouvais sur mon chemin. J’arrivais à la porte juste comme Garin répondait à la question de mon frère et cette réponse me laissa sans voix. Et plus il parlait, mieux je comprenais sa situation actuelle. Je gardai les yeux rivés sur lui, incapable de faire quoique ce soit d’autre, hormis agripper le chambranle de la porte pour me maintenant debout.

Quand il s’arrêta de parler, mon regard passe de lui à David qui avait baissé les yeux et restait silencieux. Je pouvais lire sur le visage de mon frère ce qu’il ressentait. Il prenait pleinement conscience de la conséquence de son acte. Il se sentait mal, il était désolé de ce qui arrivait à Garin, il avait juste voulu faire son boulot le mieux possible, pour ne pas avoir de problème avec sa conscience et maintenant, elle allait le torturer d’autant plus, certainement. Et, bien que je détestasse ce sentiment, je ne pus m’empêcher de ressentit de la pitié pour mon frère. Mais pas pour Garin. Je relevai les yeux sur lui, tandis qu’il s’approchait de moi. Je n’avais pas voulu que ça en arrive là. J’aurais dû intervenir plutôt, je n’aurais pas dû laisser David entrer dans la cuisine seul. J’aurais dû trouver un autre endroit pour cacher Garin, Tom aurait sûrement été d’accord. Bon sang, pourquoi je n’avais pas appelé Tom au lieu de David ?

Je le suivis du regard tandis qu’il s’éloignait dans le salon et là, en un éclair, je sentis que ce qui allait se passer. Enfin, ce qui pouvait se passer plutôt. Et je ne pouvais pas laisser ça se faire. Je me redressai tandis que David me demandait ce que je faisais là.

- Je t’empêche de l’étriper.

Je lui lançai un regard lourd de reproche et il ouvrit la bouche pour se défendre mais je l’interrompis d’un geste de la main.

- Non David, tu en as assez fait.

Et je vis l’expression de mon frère changer. La douleur passa sur son visage, s’insinua dans son regard tandis qu’il me fixait intensément. Je secouai la tête et me détournai de lui pour rejoindre Garin.

- Garin, attends.

Un claquement de porte m’appris que David était sorti par la porte de derrière et j’entendis sa voiture démarrer. Je fermai les yeux quelques secondes. Mon frère était comme ça, quand il souffrait, il prenait la fuite. Il allait se calmer et revenir et peut-être, alors, serait-il capable de parler à Garin sans l’agresser. Bon sang, pourvu qu’il revienne. Nous ne nous étions jamais trouvés dans une situation comme celle-ci. Cette fois ça dépassait le simple « laisse-moi vivre ma vie », cette fois, c’était beaucoup plus sérieux. Et s’il ne revenait pas ? Et si tout était différent maintenant ? J’avais besoin de mon frère ! Je m’arrêtai de marcher en sentant des larmes rouler sur mes joues. Je les essuyai du plat de ma main et reportai mon attention sur le seul homme qui restait sous ce toit.

- Garin, s’il te plait…

Je m’avançai jusqu’à lui en m’aidant des murs et des meubles pour m’empêcher de m’écrouler. Bon sang, la dernière chose dont j’avais besoin en ce moment, c’était bien de devoir faire le tampon entre deux hommes auxquels je tenais mais qui, eux, se détestaient.

Je ne sais pas ce qui me poussa à faire cela en cet instant précis. Mais, une fois arrivée au niveau de Garin, je lâchai le mur pour l’enlacer et enfoui mon visage contre son torse.

- Je suis désolée, je… Il…

J’avais du mal à trouver les mots juste, je ne savais pas vraiment non plus ce que je voulais lui dire.

- Pardonne-lui, je t’en prie. Je sais que tu as tout perdu mais ça peut se reconstruire. Tu peux repartir de zéro, te créer une nouvelle vie. La vie dont tu as toujours rêvé. Avec une autre identité, une autre maison, un autre boulot, une autre famille.

Je me décollai de lui mais sans le lâcher pour autant.

- Je sais que ce n’est pas facile mais, je suis là, je t’aiderai.

J’hésitai légèrement avant de continuer, consciente que cela ne plairait pas à Garin.

- Et David t’aidera aussi. Je sais qu’il est la cause de tout ce qui t’es arrivé mais… c’est quelqu’un de bien, il voudra certainement se racheter maintenant qu’il sait ce qu’il a causé…

Je baissai les yeux et secouai la tête.

- C’est de ma faute, j’aurais dû appeler quelqu’un d’autre, t’emmener ailleurs. Je ne pensais pas qu’il réagirait comme ça, il avait l’air prêt à t’aider quand je l’ai appelé. Enfin, ça ne l’enchantait pas, mais il n’était pas réfractaire à cette idée.

Je finis par relever les yeux sur lui.

- Je t’en prie Garin, laissez-vous le temps d’apprendre à vous supporter. Il pourra t’aider à réparer tout ce qu’il a brisé, mais seulement si tu le laisses approcher.

Je m’accrochai de plus en plus à lui, mais ce n’était pas tellement pour le retenir. Non, je savais que s’il prenait la décision de s’en aller, je ne ferai rien pour l’en empêcher, quand bien même cela ne me plaisait pas du tout. Mais je me sentais au bord de l’effondrement.
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Garin DeLyons
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Je vis David s’engouffrer dans la porte de derrière et j’ai haussé les sourcils, vexé en le désignant avec ma boîte pour m’adresser à Angie. « C’est ça ton super frère trou de balle du FBI ? Ca fuit en plein milieu d’un conflit ?! Je suis désolé, je ne suis pas vraiment réputé pour mon caractère calme, cela dit, moi au moins, je ne fuis pas devant une discussion qui me dérange ! Jamais il se défend ? C’est comme ça que ça marche chez eux, ils tiennent l’arme et nous, on a juste à recevoir les balles, qui on est, d’où on vient, ces gars-là s’en foutent ! »

J’ai pincé les lèvres et j’ai baissé les yeux quand son avertissement a sonné à mes oreilles. J’aurais probablement dû me taire, rester plus calme, faire preuve de plus de patience. Mais je ne pouvais pas m’en prendre à Angela et je ne pouvais pas retourner me venger au Sanctuaire. David était la seule personne contre laquelle je pouvais me défouler et même si ce n’était pas très sain ni la meilleure chose à faire, sur le moment, je ne voyais pas comment me calmer autrement.

Mais Angela, elle, avait la solution, et je ne m’y attendais pas du tout. Je l’ai reçue en plein coeur avec tant de surprise que j’en ai reculé d’un pas, les bras ouverts, hésitant à la marche à suivre. Mon regard s’est perdu dans le vide pendant qu’elle se remettait à parler. Il m’a fallu plusieurs secondes pour refermer mes bras sur elle et faire abstraction de cette si désagréable impression de ne rien sentir. « Angie, c’est déjà la troisième que je dois me reforger une vie. Je tenais à celle-ci et je suis un peu fatigué… »

J’ai à nouveau baissé les yeux à la mention de David. Il n’y avait rien à ajouter, je savais qu’elle avait raison et que si je devais rester ici, je devais faire selon leurs règles et pas les miennes. Jen ‘avais juste plus l’habitude de vivre dans une maison avec des droits et des devoirs. Je vivais au Sanctuaire depuis des années, maintenant, et je n’aimais pas plus qu’on me dise ce que je devais faire ni comment je devais me comporter. Force m’était de constater que c’était, cette fois, ma seule chance de survie. Alors, j’ai acquiescé.

« D’accord… » J’ai serré Angela contre moi autant pour la soutenir que pour me trouver un appui, mon menton contre sa tempe. « Je suis désolé de m’être énervé, je n’arrive juste pas à… me calmer. » Je me suis redressé pour la regarder, déposant mes doigts sur sa joue, l’air désolé. Et puis en la dévisageant, j’ai froncé les sourcils. « Tu es toute pâle. » J’ai soupiré en regardant le canapé. « Ecoute, va te reposer, je vais retrouver ton frère. Dis-moi où il est parti, il ne doit pas être bien loin. Je vais le ramener par la peau des fesses. J’ai encore deux mots à lui dire. » D’un bras, j’ai soutenu Angela jusqu’au canapé.


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Angela Foster
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Je me retournai vers la porte de derrière tandis que Garin laissait exploser sa colère contre David. Je savais cette colère parfaitement légitime et même si Garin avait raison sur toute la ligne, ce que j’entendais me faisait mal. David avait des défauts, beaucoup, mais c’était mon frère et il était, je crois, ce que j’avais de plus précieux.

- Je crois qu’il est parti à cause de moi…

Je n’en étais pas certaine à cent pour cent, qui pouvait savoir vraiment ce qu’il se passait dans la tête de mon frère. Mais je n’arrivais pas à oublier ce regard qu’il m’avait lancé juste avant que je ne me détourne de lui. Un regard lourd chargé de déception et de douleur. J’avais pris le parti de Garin, David avait compris que j’étais déterminée à l’aider, quand bien même il était persuadé que ce n’était pas une bonne idée et quoi qu’il dise. Il était sûrement en train de ruminer la pensée que moi en cet instant : Garin allait peut-être nous éloigner l’un de l’autre. Et pour autant, je n’arrivais pas à en vouloir à  Garin. Ce n’était pas de sa faute si David avait dû mener une enquête justement à l’endroit où il se trouvait.

Je relevai la tête vers Garin et la secouai pour chasser les larmes qui me montaient aux yeux. Ce n’était pas le moment de craquer, vraiment pas. Je sentais que ces deux là devaient travailler ensemble s’ils voulaient s’en sortir, l’un comme l’autre, et j’étais le seul lien entre eux. Certainement la seule chose capable de les rapprocher.

- Ne lui en veux pas. Quand la situation devient trop tendue, il préfère s’éloigner pour prendre du recul et éviter de faire une bêtise qu’il regretterait. Ce n’est peut-être pas la meilleure des solutions, mais c’est sa façon à lui de gérer les conflits. Il va se calmer, de son côté, et ensuite vous pourrez en reparler.

Je n’ajoutai rien tandis qu’il m’avouait sa fatigue à l’idée d’avoir à tout recommencer de zéro une nouvelle fois. Cela me fit tiquer cependant, je me demandais ce qu’il avait bien pu faire pour avoir déjà dû prendre cette décision une première fois. Mais ce n’était pas le moment de poser des questions. Qui plus est, Garin n’y répondrait certainement pas. Je me contentais de le serrer un peu plus fort, pour lui montrer que, comme je venais de lui dire, je serai là, je ne le laisserai pas tomber.

Petit à petit, je le sentis se calmer. Je relevai les yeux sur lui tandis qu’il prenait la parole.

- Garin, tu n’as pas à t’excuser, tu as le droit d’être en colère. Et tu as le droit de l’exprimer. C’est, de toute façon, le meilleur moyen de s’en libérer.

C’était ce que je pensais, même si j’aurais largement préféré qu’il tourne sa colère vers moi plutôt que sur David. Contrairement à mon frère, je savais encaisser sans riposter, si tant est que cette colère fut légitime, comme l’était celle de Garin.

Je laissai Garin me guider jusqu’au canapé, réfléchissant à ses dernières paroles. Etait-ce une bonne idée de le laisser partir à la recherche de David ? Ne risquait-il pas de rencontrer quelqu’un, d’être reconnu ? Et mon frère, comment allait-il l’accueillir ? Ne valait-il mieux pas le laisser revenir de lui-même ? Je soupirai et sortis mes clefs de ma poche avant de les tendre à Garin. Ma décision était prise. Ces deux-là avaient des choses à se dire et ils seraient plus tranquilles si mes oreilles ne trainaient pas dans les parages. Et puis, avec mon casque et ma moto, Garin serait moins reconnaissable. Restait à savoir où se trouvait David. Mais j’avais une petite idée à ce sujet.

- Il doit être du côté de la baie. Il va toujours là-bas quand il a besoin de s’éclaircir les idées…

Mais avant de laisser Garin partir, j’avais encore quelque chose à dire.

- Garin, fait attention à toi. Et vous avez intérêt à revenir en un seul morceau, l'un comme l'autre.
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Garin DeLyons
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Moins reconnaissable était le mot. J’ai pris le casque en clignant des yeux. Voilà une chose étrange. La moto, ce n’était pas vraiment mon truc. Alors, je lui ai rendu.

« Je vais y aller à pieds. Je ne sais pas conduire ces trucs. Ce n’est pas si loin, de toute façon. Le temps que j’arrive, il sera peut-être calmé. Et moi aussi. » J’ai acquiescé et lui ai souri pour la rassurer. Il ne m’arriverait rien. Mon pourcentage de malchance avait été remarquablement bien vidé avec ma mort, qu’est-ce que je pouvais risquer de plus, après tout ? J’ai serré sa main et j’ai soupiré avant de reposer ma boîte dans son sac. « Repose-toi, Angie. Promis, je n’étriperai pas ton frère, sauf s’il me tire encore une fois dessus. »

Et je suis sorti, suivant le chemin de son frère. J’ai dû marcher pendant une bonne demie heure ce qui, étrangement, m’a aussi fait beaucoup de bien. La Ville Médiane conservait un certain charme à la tombée de la nuit lorsque le soleil se couchait à l’horizon sur l’océan. Je comprenais mieux pourquoi tant de personnes venaient vivre ici. Mais cela restait un monde auquel je n’appartenais pas. Ma capuche sur la tête, les mains fourrées dans les poches, je suis arrivé à la Baie en me mêlant à plusieurs groupes de personnes. C’était un peu le rendez-vous. Le port n’était pas loin et la Ville Médiane possédait le plus grand parc pédestre de la ville. Trouver David là-dedans me prendrait un certain temps.

J’ai rentré la tête dans les épaules, me crispant à l’idée de toucher qui que ce soit et de ne rien sentir à nouveau. De plus, je ne voulais pas que l’on me remarque. Je ne connaissais personne de Liberation qui viendrait par ici mais je ne savais pas tout d’eux, non plus. Que faisait Jericho de son temps libre ? Etait-il toujours avec Libby ? Et Gen ? Suivait-elle toujours Abel comme un Marine de Première Classe ? Annie, avait-elle besoin de se changer les idées ? A force de tourner, j’ai fini par le trouver. J’ai soupiré avant de m’approcher d’un pas lent et discret, dans son dos.

« Tu dois quand même avoir une certaine confiance en moi, cachée quelque part dans ce crâne, pour me laisser seul aussi longtemps avec ta soeur, tu ne crois pas ? »

Si j’avais voulu me montrer sarcastique et provocateur, j’y aurais probablement mis le ton. Mais ce n’était pas le plan que j’avais élaboré le temps d’arriver jusqu’ici. Ce n’était pas la manoeuvre que je voulais employer. Je le comprenais. Je me doutais de ce par quoi il passait, je n’étais juste pas capable de faire abstraction de ce par quoi moi je passais pour ne pas m’en prendre à quelqu’un que je tenais pour responsable de ma situation. Du moins, pas pour le moment. Ma capuche n’était pas retombée et mes mains avaient conservé leur cachette. Je n’avais même pas froid. Ni chaud. Je sentais mon coeur battre normalement, j’étais à l’air libre et je comprenais pourquoi David venait se calmer ici...


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David Foster
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Angie… son regard, son ton cassant alors qu’elle prenait le parti de Garin, comment vous expliquer, mais ce fut comme un coup de poignard. Je ne pouvais pas rester ici, en supporter davantage. Je me sentais incapable de tenir la promesse que j’avais faite à ma sœur, incapable de continuer à regarder ce petit merdeux et d’être forcé de me retenir pour ne pas le démolir. Et vous savez ce qui était le pire ? De voir Angie se dresser contre moi, si déterminée à l’aider lui. J’étouffais soudain, ici, dans cette cuisine. Je ne pris pas la peine de repasser par le salon, j’avais toujours mes clefs dans ma poche, je sortis et pris ma voiture.

Je roulai pendant de longues minutes, j’avais besoin de prendre l’air, de réfléchir à tout ça, de me calmer. Et j’avais un endroit pour ça. Angie avait le sien aussi, elle m’en avait parlé une fois, mais n’avait jamais dit où il se trouvait précisément, ni ce qu’il était. Je savais juste qu’elle était comme moi, elle avait son endroit. Le mien, c’était la baie, un endroit précis de la baie. Un endroit dans lequel nous venions souvent avec nos parents quand nous étions enfants : un petit parc, qui offrait une vue incroyable sur l’océan. Nous y pique-niquions et puis nous restions là jusqu’au coucher du soleil.

J’étais là, à regarder l’océan, réfléchissant à tout ce qu’il venait de se passer depuis quelques heures. Angie… Nous avions toujours été proches, toujours dans le même camp, toujours à se soutenir l’un l’autre. Bien sûr nous nous disputions, souvent, surtout depuis qu’elle était malade, mais nous savions l’un et l’autre que ce n’était pas méchant, que cela ne changerait rien entre nous. Jusqu’à ce soir. A la voir prendre parti comme ça pour Garin, j’avais compris que je risquais de la perdre si je ne prenais pas la bonne décision. Mais avais-je envie de la prendre ? Ca revenait à aider quelqu’un pour qui je ne ressentais qu’une profonde aversion et qui me le rendait bien. Mais lui, il avait une vraie bonne raison de me haïr.

C’est vrai, que m’avait-il fait au fond ? Hormis s’approcher un peu trop près d’Angie alors que je le jugeais peu recommandable, il ne m’avait rien fait. Moi, je lui avais pris sa vie, je l’avais compris tandis qu’il déversait sa rage sur moi. J’avais aussi compris que je m’étais trompé sur ses intentions. Quand il avait parlé d’Angie, la première fois que nous nous étions croisé, j’avais senti comme une menace voilée derrière ses paroles et pourtant, ce qu’il venait de dire ce soir, « elle est tout ce qu’il me reste », je ne pouvais m’empêcher de penser que finalement, il était plus attaché à elle qu’il n’y paraissait. J’étais partagé entre la conviction d’avoir fait mon boulot comme je le devais et la culpabilité de ce que tout cela avait entrainé.

Petit à petit, je me calmais. L’océan avait toujours eu le don de m’apaiser, c’était comme ça depuis que j’étais enfant. Son immensité, sa capacité de passer de la violence au calme, tout cela m’impressionnait. Je pris une profonde inspiration. Etais-je prêt à aider Garin ? Cette idée ne m’enchantait pas du tout mais Angie m’avait supplié de le faire. Elle aussi semblait tenir à lui. Je relevai la tête et soupirai, fixant l’horizon, les mains dans les poches, incapable encore de prendre cette décision. Même si je savais que c’était la seule chose à faire pour ne pas perdre Angie.

J’entendis alors des pas dans mon dos, et sa voix s’éleva dans les airs. Cette voix, la dernière que j’aurais imaginé entendre en cet instant. Que faisait-il ici ? Je me retournai, doucement, pour le regarder, comme pour m’assurer que c’était bien lui. Il se tenait à quelques pas de moi, les mains dans les poches, la capuche de son pull dissimulant son visage.

Il me fallut quelques secondes pour lui répondre, le temps de l’observer et de juger que son attitude avait changé. Il était moins… hostile quoique je le sentis toujours sur la défensive. Je reportai mon regard sur l’horizon, qu’on ne distinguait plus vraiment à cette heure-ci.

- Tu ne lui feras pas de mal… je l’ai compris tout à l’heure.

Je laissai le silence s’installer quelques secondes et me retournai vers Garin. Si lui avait le visage dans l’ombre, moi j’étais éclairé par un lampadaire. L’inquiétude passa sur mon visage tandis que je pensais à ma sœur que j’avais lâchement laissé tomber alors qu’elle n’était pas en grande forme.

- Comment va-t-elle ?

Je ne savais ce que Garin venait faire ici, je ne connaissais rien de ses intentions. La prudence me dictait de rester en terrain neutre pour l’instant. Angie était le seul « lien » qui nous unissait et certainement la seule chose qui puisse nous mettre d’accord. Du moins si j’interprétais bien ses paroles de tout à l’heure. Mais je ne pouvais pas tourner définitivement autour du pot.

- Qu’est-ce que tu fais ici ?

Comme Garin, j’avais gommé l’hostilité de ma voix. J’étais venu ici pour me calmer, ça avait fonctionné, autant essayé de rester calme le plus longtemps possible. Lui et moi étions des grandes personnes après tout, nous devions être capable de nous parler sans nous sauter à la gorge quand même nous ne pensions pas beaucoup de bien de l’autre.
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Garin DeLyons
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« Tout à l’heure, peut-être, mais pas hier soir. Tu l’as laissée toute la journée seule avec moi. Et moi seul chez vous… Peu importe. Il est évident que je ne lui ferai rien. »

Je me suis approché de lui, baissant ma capuche, non sans jeter un regard dans notre dos. A cette heure-ci, le parc se vidait ou bien se constituait principalement de coureurs et autres couples occupés. J’aurais pu lui dire que je l’avais embrassée et rien de plus, que je l’avais fait marcher. Peut-être que cela aurait aidé à calmer l’animal furieux en lui mais j’ai eu l’intelligence de ne pas trop forcer sur ma chance. J’ai inspiré profondément en m’accoudant à la rambarde de sécurité et j’ai acquiescé pour lui répondre.

« Elle va bien, je lui ai dit de se reposer. Ca veut pas dire qu’elle le fait, cela dit. » J’aurais pu en rire, profiter d’un peu d’humour, mais au lieu de ça, j’ai baissé les yeux jusqu’à sa question suivante. Ouah, c’était réellement tout ce qu’il avait à me demander ? Ou bien est-ce qu’il préparait le terrain ? J’ai levé un genou pour appuyer un pied sur une barre plus bas et j’ai tourné la tête vers lui, les sourcils froncés.

« Je n’ai pas fini de parler. Je n'aime pas qu'on ne me laisse pas finir. Et je suis pas du genre à me défiler même si je ne suis pas un modèle de courage. Je t’ai dit que je ne voulais pas qu’Angie soit mêlée à ça. Voilà ce que je fais là. Si j’ai encore des choses à dire, j’aime autant qu’elle ne soit pas là à les entendre. »

J’ai repris mon observatoire de l’océan. Ca au moins, c’était quelque chose que nous avions en commun. J’aurais pu aller dans n’importe quelle autre ville mais j’avais choisi celle-ci, pour sa taille, et aussi pour son rapport à l’océan qui était mon lien vers chez moi, si toutefois un jour je pouvais remettre un pied là-bas.

« J’ai compris mon erreur quand on m’a demandé où l’était l’arme qui m’avait tirée dessus. Avant ça, j’étais trop dans le schwarz pour réfléchir. Mais je crois que mes empreintes ne t’ont pas aidé à mettre un nom sur moi, je me trompe ? » J’ai reporté mon regard sur lui avec un léger sourire en coin. C’était un flic, un agent du FBI. Est-ce que je le prenais suffisamment pour un abruti et que je croyais qu’il n’avait pas sauté sur l’occasion pour connaître celui qui avait osé toucher sa si délicate soeur ? Cependant, si oui, David avait fait des recherches sur moi alors en effet, j’allais devoir me montrer bien plus prudent dorénavant. Je me suis même mis à rire - sans joie - en regardant l’horizon et j’ai secoué la tête.

« Un pauvre agent du FBI qui vient déjouer une affaire de trafic de drogue sur les docks de Megalopolis et qui repart avec les empreintes d’un mec sans puce ni fiche… Si seulement ce gars savait dans quoi il a sauté à pieds joints… Ca ferait un excellent sujet de blockbuster d’action ! » Je ne pouvais pas m’empêcher de faire de l’humour. C’était impossible. « Tu n'es pas dans la même merde que moi parce que tu m'as aidé hier. Tu l'es parce que tu m'as tiré dessus. C'est ça, le plus moche dans l'histoire. »


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[CLOS] [Angela/Garin/David] Turning Point 2
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