2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Camy/David] One goes out, one comes in

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David Foster
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Octobre 2074

C’était étrange cette sensation, que quelqu’un que vous aviez du mal à supporter allait finalement vous manquer. C’était ce que je ressentais en ce moment précis, tandis que je voyais McNeal préparer ses cartons. Mon coéquipier nous quittait. Le bleu avait décidé de quitter la ville pour aller s’installer avec sa fiancée à l’autre bout du pays. Il avait obtenu sa mutation facilement. Malgré tout ce que je pouvais dire tout haut, McNeal était un bon agent. Enfin… pas sur le terrain. Disons qu’il avait ses propres qualités.

Je soupirai tout en l’observant. Je ne m’étais pas tellement bien entendu avec lui. Enfin, on travaillait ensemble, mais on n’avait pas cette « cohésion » que je pouvais avoir avec mon ancien coéquipier. Quelque chose m’empêchait de lui faire totalement confiance. Probablement parce qu’il commettait encore des erreurs impardonnables. La dernière en date m’avait mené à me retrouver face à quelqu’un qui me braquait avec ma propre arme. Alors oui, mon équipier était excellent pour tout ce qui était travail de bureau, mais j’avais assez risqué ma vie à cause de lui pour lui faire totalement confiance. Et ça, entre deux coéquipiers, ce n’est pas… bon. Mais malgré tout, je m’étais habitué à lui, à ses bourdes. Et quelque part, oui, il allait me manquer, un peu.

Je secouai la tête et laissai échapper un petit rire ironique. McNeal, me manquer ? Si je m’étais attendu à ça ! Je repoussai ma chaise et me levai. L’équipe avait organisé un petit pot de départ pour McNeal. J’avais trop de boulot pour perdre du temps comme ça mais j’étais son coéquipier alors… Et puis bon, une petite bière, des gâteaux apéros, ça ne pouvait pas faire de mal.

La fête se déroula comme n’importe quel pot de départ. Petit discours de notre supérieur puis de McNeal et… pourquoi ils me regardaient tous comme ça ? Fallait que je parle moi aussi ? J’avalais ma gorgée de bière et ouvris la bouche.

- Euh…

Mince, qu’est-ce je pouvais dire ?

- Amuse-toi bien à Seattle. Ils ont de la chance de t’avoir.

Mouais… je pouvais difficilement faire mieux. Heureusement pour moi, on ne m’en demanda pas plus et je pus terminer tranquillement ma bière dans un coin en discutant avec deux trois collègues. Tranquillement ? C’était sans compter sur mon supérieur qui vint me taper sur l’épaule.

- Foster, vous pouvez venir un moment.

J’acquiesçai, posai ma bière sur une table et le suivis jusqu’à son bureau sans dire un mot.

- Vous connaissez l’agent Adriacco ?
- De vue, et de réputation, oui.

L’agent Adriacco, Camy de son petit nom, si je ne me trompais pas. C’était un bon agent pour ce que j’en avais entendu. Elle avait été blessée quelques semaines plutôt, elle n’avait pas encore repris le travail.

- Ce sera votre nouvelle coéquipière désormais. Ne bougez pas, je vais la chercher.

Wow une nouvelle coéquipière, déjà ? McNeal n’avait même pas encore quitté les lieux ! Mais je devais reconnaitre que pour une fois, j’avais de la chance. L’agent Adriacco était un agent expérimenté. Moi qui avais l’habitude qu’on me refile les bleus tout juste sortis de l’académie, ça allait me changer. J’allais peut-être enfin avoir un coéquipier digne de ce nom.
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Camy Adriacco
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Ils l’avaient gardée deux semaines avant le l’autoriser à sortir. Deux semaines où elle avait été d’une docilité peu commune pour qui la connaissait. Elle avait beaucoup dormi - elle en avait besoin. Beaucoup réfléchit aussi, sur ce qu’elle avait fait, devrait faire. Elle n’avait pas vraiment avancé, à dire vrai. La seule chose dont elle était sure, c’était qu’elle voulait retourner chez elle. A l’Underground. Retrouver son lit, sa salle de bains, les odeurs de mousse à raser, les gens qu’elle connaissait. Même Skandar. En fait, surtout lui. Ce petit emmerdeur trouverait à coup sur le moyen de lui remonter le moral - et la faire sortir de ses gonds par la même occasion.
Reese n’avait pas quitté son chevet durant tout ce temps, sans forcément parler. Il était juste… là. Elle s’était posé la question de savoir si elle n’aurait pas préféré qu’il la laisse seule. Mais comme souvent, cette idée lui faisait peur. Elle n’avait donc rien dit. Juste profité d’un moment où il s’était absenté pour glisser à l’infirmière son léger - hem - problème d’alcoolisme et qu’elle voulait de quoi passer le cap du sevrage. Un DT avec des points de suture tout frais n’aurait pas été bienvenu.
Au bout de 5 jours, elle avait été transférée dans un service soins de suite, où elle avait pu terminer son sevrage physique. Le reste ne dépendrait que d’elle. Mais il ne fallait qu’un premier pas, n’est-ce pas ?

Elle avait encore attendu une semaine supplémentaire avant de ressentir les fourmis qu’elle connaissait bien : le besoin que ça bouge. Elle avait appelé le Bureau pour demander à reprendre le travail. Reese avait râlé, tenté de la dissuader, mais rien n’y avait changé. Elle avait assez fait la petite chose fragile.
Elle avait donc eu son chef au bout du fil, qui lui avait expliqué le changement d’urgence qu’il avait du opérer avec son partenaire. Le nouveau duo trouvant son équilibre mieux qu’on ne pouvait l’espérer, et du coup, son chef préférait lui faire faire équipe avec quelqu’un d’autre, en rade de partenaire aussi. Il avait même un nom pour elle : David Foster. Elle avait du faire un effort de réflexion pour se remettre en tête de qui il s’agissait, et ses états de service. De mémoire, elle se rappela de quelqu’un de propre dans son travail et de sérieux. Ce qui lui convenait très bien. Même si elle ne croyait plus vraiment aux institutions qu’elle défendait - la raison de son implication dans l’Underground - elle n’en était pas moins consciencieuse. Faire équipe avec quelqu’un qui salopait le travail était encore le meilleur moyen de la faire sortir de ses gonds. Rendez vous pris pour la semaine suivante, elle avait raccroché.

Le jour dit, elle s’était habillée avec un de ses habituels tailleur-pantalon. Comme à son habitude aussi depuis qu’elle avait été autorisée à quitter cette immonde chemise d’hôpital, elle avait regardé comme un corps étranger la cicatrice - encore à vif avec ses points - laissée par la balle et l’opération. Pourtant, on lui avait proposé de passer entre les mains d’un healer à son retour à l’Underground. Elle avait refusé net. C’était sa premiere cicatrice, malgré sa vie de soldat, et serait sans doute la seule qu’elle aurait jamais, du moins physiquement. Elle savait parfaitement pourquoi elle l’avait, et ce qu’elle signifiait. Camy voulait la garder comme un rappel. Un avertissement. Une cicatrice en grigri, c’était peut être extreme… mais après tout, si ça la sauvait ?
Elle évitait encore de se regarder en face. Elle n’avait pas vraiment repris de couleurs et elle avait toujours les joues creuses parce qu’elle n’avait pas beaucoup mangé en trois semaines - quatre si on comptait celle entre ses deux missions. Bref, elle ne se reconnaissait pas vraiment, encore.

Elle était arrivée à son bureau - par l’ascenseur au lieu de l’escalier, ce qui la faisait râler - et avait jeté un regard de veau mort à ses dossiers à finaliser. Elle n’avait pas eu le temps de faire quoi que ce soit de plus que le boss était arrivé, la faisant un peu sursauter.

« Adriacco ? Comment allez vous ? » Il avait l’air passablement inquiet, tout en cherchant à le cacher. Mais Camy n’était pas dupe, elle avait assez vu cet air là ces derniers jours.
« On se débrouille, chef. Contente de voir que vous n’avez pas déménagé le bureau. » Le chef avait rit.
« Vous savez qu’on n’a pas le budget ! Allez venez, je vais vous présenter votre nouvelle moitié. » Camy grimaca, goutant peu la comparaison, mais suivit néanmoins le mouvement. Devant son bureau, le chef la fit passer la premiere avec un petit geste cérémonieux et Camy croisa le regard de son nouveau partenaire.
« Camy Adriacco, David Foster. Je crois que vous avez déjà tâté de la réputation de chacun. Je vous laisse faire connaissance, Adriacco a encore des papiers à finir de toute façon - j’ai quatre rapports qui me manquent encore, je vous rappelle… - et vous commencerez le terrain dans quelques jours. Des questions ? »

Camy secoua légèrement la tête à la négative et jeta un coup d’oeil à Foster pour voir si lui avait des choses à y redire. Elle avait eu une semaine pour se faire au changement, mais lui ? Depuis quand savait-il qu’il avait un nouveau binome ?



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David Foster
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Je tournai en rond un moment dans le bureau du chef avant qu’il ne revienne avec Camy. Je commençais presque à regretter de ne pas avoir emmené ma bière. Au moins, j’aurais pu la finir, parce que là, pas sûr qu’il en reste grand-chose…

Je me laissai tomber dans un fauteuil en soupirant. Un nouveau coéquipier (non, pardon, une nouvelle coéquipière), c’était un sacré changement dans une vie professionnelle aux dires de certains. Moi, j’y étais habitué. On me collait les bleus pendant quelques temps, je les formais à la réalité du terrain et puis on les envoyait ailleurs, dans un autre service, une autre ville, ou on les mettait avec quelqu’un d’autre. Je ne savais pas trop comment je devais prendre ça d’ailleurs. Mais du coup, ça ne laissait pas le temps de créer de vrais liens.

J’étais en train de me demander si cela allait changer désormais quand mon supérieur revint avec Camy. Je me levai du fauteuil pour lui faire face. Je la détaillai tandis que le chef faisait les présentations. Je ne me souvenais plus vraiment de son visage, enfin j’avais bien une idée, mais je n’étais pas très sûr. Maintenant que je la voyais, ouais, c’était bien elle. Elle n’avait pas bonne mine. Enfin, ce n’était pas étonnant après ce qui lui était arrivé.

Et puis d’ailleurs, je ne présentais pas un meilleur visage moi-même. L’altercation avec Garin m’avait laissé quelques traces qui n’étaient pas encore tout à fait guéries. J’avais encore quelques points à l’arcade sourcilière, sans compter l’état pas très reluisant de mes mains. Tout ça contrastait légèrement avec le costume cravate habituel aux agents du FBI.

Je secouais négativement la tête moi aussi pour indiquer que je n’avais pas de questions et reportai mon attention sur Camy tandis que le chef nous laissait « faire connaissance ». Autant que je vous le dise tout de suite, je suis un mec plutôt réservé et pas tellement bavard, mais puisqu’on allait travailler ensemble, il ne tenait qu’à moi que ça se passe bien alors j’adressai un sourire à Camy.

- Wow, j’aurais jamais pensé avoir un nouveau coéquipier aussi vite !

Je sortis une main de ma poche et la tendis à Camy.

- J’ai appris pour ta blessure. Ca va ?

Ouais… comme entrée en matière, on peut mieux faire, c’est certain.
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Camy Adriacco
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Elle n'avait pas encore vraiment récupéré - ça pouvait se comprendre - ce qui fait qu’elle restait quelque peu en retrait. En temps normal, elle serait allée sur David franchement, un sourire plaqué aux lèvres et une poignée de main vigoureuse avant de le bombarder de questions - de quoi justifié sa réputation de petite boule de nerfs. Seulement elle n’avait pas récupéré un niveau d’énergie suffisant, ni même reprit suffisamment ses marques avec elle-même pour pouvoir se comporter comme à son habitude. A dire vrai, elle se faisait parfois l’effet d’une étrangère.

Elle resta donc debout, les mains croisées devant elle, observant David avec attention pendant que le chef parlait. Il avait l’air d’avoir connu des jours meilleurs, à en croire la série de points à son arcade et ses mains qui avaient visiblement rencontré un léger problème.
Cependant, ce qu’elle voyait lui plaisait. Il avait l’air franc et solide. Pas la tête du petit con qui vous plante un poignard dans le dos pour son avancement ou qui n’en branlent pas une et qui s’attribuent tout le succès d’une opération ensuite. Bref, il correspondait à sa réputation. C’était déjà ca.

A son tour, elle secoua la tête à la négative à la question du chef. Oh bien sur, elle aurait pu demandé pour quelle durée était prévue cette association, mais ça aurait pu paraitre grossier envers David, bien que sa question était purement de savoir s’ils auraient le temps de prendre leurs habitudes ou pas. Elle n’était au Bureau de Mégalopolis depuis trois ans et ne s’était toujours pas vraiment habitué à son coéquipier - ex coéquipier à dire vrai. Elle avait pris plus facilement le pli des habitudes de Reese en un peu moins de deux ans - mais ils étaient deux militaires, et Reese… Elle avait commencé à prendre la mesure de ce que leur relation pouvait être différente.

Il lui sourit, et elle lui sourit en retour. Avec un air amusé lorsqu’il s’étonna d’avoir retrouvé un coéquipier aussi rapidement.

« Je ne pensais pas que je changerais de coéquipier jusqu’à la semaine derniere… »

Dit-elle, un brin sarcastique, en lui serrant la main.

« Merci… Ils pensent enlever les points dans deux semaines, si tout va bien. » Elle fit une grimace un peu comique avant de poursuivre. « J’aimerais surtout retrouver un peu de force… Au moins, c’est le bras gauche, tu me diras… »

Elle le désigna d’un doigt nonchalant.
« Et toi ? Tu as rencontré une tondeuse à gazon, ou bien ? » Moment critique : avait-il de l’humour ou pas ? Peut être que le fond du problème avec son ancien équipier venait de là : il avait un humour pour le moins étrange, et était hermétique à celui de Camy.



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David Foster
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Je lui adressai un nouveau sourire tandis qu’elle répondait à ma poignée de main et ouvris des yeux surpris lorsqu’elle reprit la parole.

- La semaine dernière ? Veinarde, moi, on ne m’a mis au courant qu’il y a dix minutes. Qu’est-ce qu’il s’est passé avec ton ex-coéquipier ? Pourquoi on te change de binôme ?

Ca pouvait ressembler à un interrogatoire, j’en avais conscience. Mais que voulez-vous, à force de pratiquer ce métier, le côté flic reprend facilement le dessus. Et puis, ces questions n’étaient pas totalement anodines non plus. Puisque que j’allais désormais travailler avec Camy, il était important que je commence à la cerner. Changer de coéquipier, quand il n’est ni mort ni muté ailleurs, n’est pas chose si courante.

Je la regardai avec indulgence tandis qu’elle me parlait de sa blessure. Encore deux semaines pour les points de suture ? Comment se faisait-il qu’elle ait repris aussi vite ? Pour avoir été moi-même blessé, je savais que généralement, on nous arrêtait jusqu’à ce que les points aient été retirés, histoire d’être sûr que la plaie ne se rouvre pas. Pour ma part, j’avais suivis les conseils des médecins. En même temps, je n’avais pas tellement eu le choix. Angie avait planqué mes clefs de voiture et ne m’avait pas quitté d’une semelle pour s’assurer que je ne quittais pas la maison pendant qu’elle était absente. Ca avait été les semaines les plus longues de toute ma vie. Alors, ouais, même si je savais que ce n’était pas prudent, je comprenais pourquoi Camy avait repris aussi vite.

- Ca reviendra vite. Mais faudra que tu te ménages pour éviter que les points sautent. Puisqu’à l’avenir on va travailler ensemble, si je peux éviter d’avoir à t’emmener à l’hôpital, ça m’arrangerait.

La question de Camy me fit baisser les yeux sur mes propres mains. Je haussai les épaules et laissai échapper un petit rire. Oui, de l’humour, j’en avais, un peu. Même si cela ne se voyait pas au premier abord. Je savais de quoi j’avais l’air. Je savais aussi que ma réserve pouvait me faire passer pour un type assez distant. Je l’étais, c’est vrai, mais seulement avec les personnes que je ne connaissais pas « bien ».

- Hum, c’était plus une armoire à glace qu’une tondeuse à gazon.

J’esquissai un sourire et m’expliquai un peu plus.

- Disons que j’ai essayé d’arrêter un suspect et qu’il ne s’est pas laissé faire. Il a réussi à s’échapper d’ailleurs, le corps à corps n’est pas ma spécialité…
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Camy Adriacco
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Camy ne pouvait pas lui en vouloir de ces questions. Elle aurait fait pareil. D’ailleurs elle aurait du faire pareil… Si elle avait été dans son état normal. Mais elle était bien moins en forme qu’elle ne voulait le faire croire, et quand on en était à se remettre en question… on agissait avec plus de circonspection. Elle se contenta donc de lui offrir un sourire paisible. De toute façon, qu’il s’enquiert de ce genre de détails était parfaitement normal de la part d’un collègue, encore plus venant d’un équipier. Et ils étaient là pour ça non ? Faire connaissance ?

En guise de réponse, elle haussa les épaules avec une petite moue.

« Apparemment, le chef a joué aux chaises musicales pendant que j’étais à l’hosto… Il a fait bosser mon équipier avec un autre orphelin et la paire a marché plus qu’il n’avait imaginé… Et vu qu’en deux ans, je ne me suis jamais faite à son balai dans le cul et à ses blagues moisies, je t’avouerai que je n’ai pas vraiment pensé à m’en plaindre… » Peut être un peu brut pour une premiere rencontre, mais autant tester tout de suite si David serait à même d’apprécier le petit caractère de sa nouvelle partenaire. Autant savoir tout de suite si leur association allait être intéressante ou juste professionnellement obligatoire...

« Le chef m’a laissé revenir à la condition d’être vissée à ma chaise et me contenter de visites simples. Aucun risque que cette oeuvre de couture ne pete. Je te rassure, je ne projette pas de passer plus de temps à l’hopital ! Ca m’a suffit ! » Elle n’ajouta pas que ça avait été son premier séjour dans un établissement de soins, malgré son parcours. Ca aurait voulu dire entrer dans les détails de son pouvoir, et elle n’avait pas envie de le faire maintenant. Elle ne savait même pas s’il savait qu’elle était Positive. Ni sa position sur le sujet, d’ailleurs.

A la place, elle écouta son explication sur l’état de ses mains - et de son arcade par la même occasion, supposait-elle. Et elle se fendit d’un sourire de compassion.

« Aïe… On tachera de tirer d’abord alors... » Elle eut une grimace comique. « Je suis pas forcément très douée en combat rapproché non plus... » Le « pas forcément » nécessitait forcément des explications, mais peut être n’en demanderait-il pas ? Elle savait très bien qu’elle devait compter sur son pouvoir au corps à corps et que sans cela… Elle se faisait battre, invariablement. Voila ce qui arrivait quand on se reposait trop sur ses facilités...

« Tu es resté combien de temps avec ton équipier ? » demanda-t-elle. Changer de conversation, qui sait...



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David Foster
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Je m’appuyai sur le bureau du chef et croisai les bras. Je ne pouvais m’empêcher de détailler son visage, ses yeux, surtout. Autre habitude de flic certainement. Avec le temps, j’avais appris que tout passait par les yeux. Le miroir de l’âme à ce qu’on dit. C’était plutôt vrai. Je notai mentalement les détails qu’elle me donnait sur sa relation avec son ancien équipier : balai dans le cul, blagues moisies. Heureusement pour moi, ce n’était pas tellement mon genre. Mais ça ne signifiait pas pour autant que ça pouvait coller. Quoiqu’il en soit, elle était directe et c’était le genre de qualité que je savais apprécier chez les gens.

Je hochai la tête avec un sourire en coin et restai silencieux tandis qu’elle enchainait sur sa blessure et les points de suture. Quand elle eut terminée, je décroisai les bras, enfonçai les mains dans les poches et me mis à rire en baissant la tête.

- Ouais, c’est chiant l’hôpital. Je te comprends, j’y ai passé un certain temps aussi.

Quand elle parla de tirer d’abord, je relevai la tête en fronçant le nez. Je scrutai son visage un instant, cherchant à voir si elle était sérieuse ou pas. A voir la tête qu’elle faisait, j’optai pour la seconde hypothèse (la plaisanterie) et hochai la tête.

- Bonne idée, d’autant que je suis plutôt doué avec les armes ! Bien plus qu’au corps à corps !

Plutôt doué, c’était un euphémisme. Comment ils avaient dit déjà, mes instructeurs à l’armée ? Ah oui, que j’avais un talent inné pour le tir. Si je m’étais retrouvé dans une unité de tireurs d’élite, ce n’était pas pour rien. Alors oui, j’étais précis à plusieurs centaines de mètres, mais cependant, depuis l’armée j’avais du mal à utiliser mon arme. Je ne tirai qu’en dernier recours, lorsque je sentais que je n’avais pas le choix, et après plusieurs sommations. Et encore, je faisais toujours exprès de viser un endroit douloureux mais pas mortel.

- Tu entends quoi par « pas forcément » ? Que des fois t’es douée et des fois non ?

Je haussai un sourcil mi-interrogateur mi-amusé. Je ne savais pas grand-chose de Camy finalement. Il y avait certainement des bruits de couloirs sur elle, mais je ne prêtais jamais attention aux bruits de couloir. Alors comment j’aurais pu savoir qu’elle était positive ?

A sa question, je levai la tête et fixai le plafond, calculant mentalement.

- Quelque chose comme 4 ou 5 mois.

Je posai de nouveau le regard sur Camy.

- Ouais un truc comme ça. McNeal est un bleu, je l’ai récupéré à sa sortie de l’académie. Mais c’est comme toi avec ton ancien équipier, on n’a jamais vraiment accroché lui et moi.

Je haussai les épaules et adressai un léger sourire à Camy.

- Autant dire que je ne suis pas tellement déçu de ne plus travailler avec lui.  
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Camy Adriacco
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Elle avait conscience qu’il l’observait. Ca ne la gênait pas vraiment, mais elle se demandait ce qu’elle pouvait bien renvoyer. Sans doute rien de bien vaillant. Elle était toujours pâle et les joues creuses : il lui faudrait du temps pour se remplumer. A dire vrai, elle-même avait un peu de mal à se reconnaitre dans le miroir. Elle se posait beaucoup de questions - plus que d’habitude - et ça se voyait. C’était compréhensible, après tout. Elle avait souffert - et pas seulement de la balle qu’elle avait prise. Elle n’avait pas encore repris l’habitude de le cacher comme auparavant.

Elle sourit avec lui à l’évocation des joies de l’hopital.
« Entre deux maladroits, j’espère qu’on ne va pas passer plus de temps en soins intensifs que sur le terrain… » lacha-t-elle, taquine. « Je me débrouille pas mal au tir non plus, c’est déjà ça. On s’approchera pas trop des emmerdeurs, voila tout. » Sans avoir un talent naturel reconnu, elle ne pouvait cacher son passé militaire qui avait laissé des traces appréciables sur ses compétences au tir. « Et puis si jamais on tombe sur une bombe un jour, aucun problème : j’étais au déminage à l’armée... » Non que le FBI se retrouvait si souvent face à une charge explosive, mais puisqu’ils en étaient aux présentations, autant détailler le CV immédiatement.

Et bien sur, après les qualités opérationnelles, il allait bien falloir arriver aux talents particuliers. Comme supposé, David n’avait pas manqué de lever le lièvre par une question des plus directes. Ma foi, autant mettre les pieds dans le plat immédiatement. Si le fait qu’elle soit positive devait poser un problème - l’intolérance envers les positifs était encore bien vivace dans tout le pays - autant le savoir tout de suite. Cela dit, elle préféra rebondir d’abord sur le probleme des partenaires.

« Ouah… Ca fait pas long… Et comment ça se fait qu’il est parti aussi tôt ? »

Elle fit quelques pas pour aller s’appuyer à la cloison en face de David. Autant mettre une distance raisonnable entre eux, et pouvoir observer directement sa réaction. Quoi qu’il pourrait dire ensuite, sa première impulsion serait révélatrice du fond de sa pensée - et scellerait probablement leur relation à l’avenir. L’avenir… bonne blague...
Elle croisa les bras et se fendit d’un sourire teinté de fatalisme.

« C’est un peu ça... » Elle savait qu’elle avait une réputation de chance assez insolente. Peu savaient vraiment pourquoi. « En réalité, c’est très simple… Je suis positive. » Elle eut un petit haussement de sourcils. « Mon pouvoir me permet de voir les choses un tout petit peu en avance, sur une courte période. En fait, ça me permet de voir les gestes de mon adversaire avant même qu’il n’y pense, ou presque. Pratique pour anticiper. » Et pas seulement les coups, ça incluait toutes les situations critiques, c’était comme ça qu’elle avait pu sauver son autre partenaire, Reese, un certain nombre de fois - avec les conséquences qu’on savait pour la derniere. Elle eut un haussement d’épaules. « En général, ça me permet de neutraliser quelqu’un en moins de deux minutes… » Avant de grimacer. « Le problème, c’est que du coup, je ne me suis jamais foulée sur la théorie… Du coup, si je ne peux pas utiliser mon pouvoir, là par contre… mes lacunes se voient vite... » Pas de quoi être fiere, vraiment.



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David Foster
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[O.O je n’avais pas vu que tu avais répondu. Bizarre. Je suis vraiment, vraiment désolé pour l’attente du coup. J’essaierai que ça se ne se reproduise pas !]



Je relevai la tête quand elle mentionna l’armée. Mon regard se fit curieux, et en même temps, légèrement plus distant. Depuis que j’avais quitté l’armée, j’avais une sorte de méfiance un peu étrange envers ses éléments. Heureusement que Camy était une « ancienne ».

- Au déminage hein ? J’étais sniper, moi.

J’esquissai une grimace. Je ne gardais pas un très bon souvenir de mon passage dans l’armée. Ce n’était pas pour rien que je l’avais quittée d’ailleurs. Et Camy devait avoir une bonne raison elle aussi, non ? D’ailleurs…

- Pourquoi tu l’as quittée ?

Oui j’étais curieux, mais il y avait un truc à savoir sur moi : dans un cas comme celui-ci, je ne posais jamais de questions auxquelles je ne pourrais répondre moi-même.

A sa question sur McNeal, je penchai la tête sur le côté et haussai les épaules.

- Il a demandé sa mutation. Sa fiancée a trouvé du travail à Seattle, il a décidé de la suivre.

C’était aussi simple que ça. Pas de trucs secrets, de choses un peu bizarres. Que Camy se rassure, je n’étais pour rien dans sa décision de partir. Je ne savais pas si j’étais un bon coéquipier, mais pour ce que j’en savais, personne ne s’était jamais plaint de moi. Pas directement du moins. Et à vrai dire, connaissant le chef, j’en aurais entendu parler si ça avait été le cas.

Quoiqu’il en soit, si je posais des questions pour apprendre à connaitre un peu plus ma coéquipière, rien ne m’avait vraiment préparé à entendre qu’elle était sur le point de m’annoncer. Je relevai les yeux sur elle, un peu surpris et laissai le silence s’installer quelques secondes. Je n’avais rien contre les positifs, au contraire, si je pouvais les aider, je le faisais. Dans la mesure de mes moyens. Aussi, que ma coéquipière soit positive ne me posait aucun problème. Du moment que j’étais prévenu et que je savais de quoi elle était capable. Ce que je sus très rapidement d’ailleurs. J’haussai un sourcil appréciateur tandis qu’elle me décrivait son pouvoir et ce que ça impliquait. Pratique pour anticiper oui, c’était certain. Vous voulez mon avis ? Si tous les flics avaient ce genre de pouvoir, nul doute que nous serions plus efficaces dans notre lutte contre la criminalité. Restait à savoir l’utiliser à bon escient. Mais Camy avait bonne réputation en tant qu’agent donc…

- OK, c’est bon à savoir. Il va peut-être falloir qu’on s’entraine sérieusement alors, toi et moi. Moi pour améliorer ma technique, toi pour combler tes lacunes. On ne sait jamais. Quelque fois, on ne peut pas rester à distance. J’en sais quelque chose !

J’eus un rire ironique et me frottai l’arcade sourcilière. Mais il y avait quand même un truc qui me turlupinait dans toute cette histoire de pouvoir et d’anticipation.

- Mais dis-moi, si tu as le pouvoir d’anticiper les actes des autres, comment ça se fait que tu n’as pas évité cette balle ? Tu n’as pas pu utiliser ton pouvoir ?

J’avais indiqué son bras d’un geste de la main tandis que je posai ma question. Question fort impertinente d’ailleurs, je le savais. Mais puisque nous étions coéquipier, autant essayer d’être aussi franc l’un envers l’autre que possible. J’en avais entendu des histoires où les binômes avaient été droit à la catastrophe parce qu’aucun n’avait su être assez franc avec son partenaire.
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Camy Adriacco
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[désolée pour le retard :redface: ]

A son tour, Camy grimaça quelque peu. Evoquer son passage à l’armée n’était pas son sujet favori, expliquer pourquoi elle n’avait pas rempilé encore moins. Ca ne faisait pas partie de ses meilleurs souvenirs. Y avait-t-il cependant des raisons de le cacher ? Elle n’en avait pas parlé à son précédent partenaire parce qu’il n’avait jamais mis les pieds chez les militaires. Elle n’était pas persuadée qu’il aurait compris ce qu’on pouvait ressentir à perdre un subalterne sous sa responsabilité. Et puis Donovan avait une empathie proche du zéro absolu. David n’était sans doute pas pareil… Cela ne l’empêcha pas de baisser le nez.

« J’ai perdu un gamin… » Dit-elle à mi-voix. « Peu de temps avant la fin de mon engagement. Il avait désobéi à mes ordres, mais… J’aurais du le prévoir… J’aurais… Enfin j’ai choisi de ne pas rempiler. »

Elle finit par relever la tête et le regarder un peu en biais. Il avait probablement une histoire similaire, le lui rappeler n’était pas des plus sympathique. Elle était donc partagée entre discrétion et curiosité. Mais après tout, il avait demandé en premier, non ?

« Et toi ? »

Elle hocha la tête avec un sourire en coin à la suite de ses explications sur le départ de son partenaire, teinté d’envie. Ca faisait plaisir de constater que des gens arrivaient encore à vivre une vie normale. McNeal n’était sans doute pas positif, ce qui facilitait les choses. Néanmoins, une part de Camy avait envie de poser les armes, au moins un peu. Prendre une balle, ça faisait réfléchir, mais elle n’avait pour l’instant aucune raison valable de le faire, notamment parce qu’ils n’étaient pas au bout de leur combat.

Et puis la question qu’elle n’avait pas anticipée vint. C’était la grosse faille dans son histoire que Donovan, grand obtus devant l’Eternel, n’avait pas relevée. Preuve que sa réputation n’était pas usurpée, David n’avait mis lui que deux minutes à se poser la bonne question.
Et que lui répondre ? Elle répugnait à mentir à quelqu’un qui aurait sans doute sa vie entre ses mains plus d’une fois. C’était une affaire de confiance. C’était même fondamental, dans leur travail. D’un autre côté, elle ne pouvait décemment pas lui parler de l’Underground, ni lui avouer qu’elle avait menti à la police et à son ex-partenaire - un agent fédéral - sans le mettre dans une posture tout aussi délicate : garder le silence et devenir complice, ou la balancer et entacher sérieusement sa réputation dans le service. Or ce n’était pas à lui d’endosser cette charge. Pas encore en tout cas. Plus tard, peut être, elle lui en parlerait - bien qu’elle en doutât. Mais elle savait encore trop peu sur lui pour être prête à lui faire autant confiance.
Ca ne répondait cependant pas à la question de quoi lui dire. Ne pas mentir, mais ne pas tout dire… Elle passa en revue ce qu’il s’était passé dans le train - avec ce que ça impliquait de souvenirs… compliqués - et ce qu’elle avait raconté à Donovan. Mentir de façon crédible n’était pas une mince affaire, surtout quand on ne voulait pas partir trop loin dans le mensonge. Et puis la solution la plus simple lui vint.

« Ca ne marche pas comme ça… Il faut que je sois suffisamment stressée pour ca. J’arrive à peu prêt à le contrôler, mais si on me prend par surprise, en revanche, mon pouvoir ne se déclenche pas. Et là… L’intervalle était trop court pour anticiper correctement... » C’était quasiment vrai.
Mais au final, elle était plus focalisée sur les événements du train que sur ce qu’elle disait. Un voile douloureux ombra son regard : beaucoup de choses avaient changées, en peu de temps. La plus importante était sa relation avec Reese, et elle ignorait encore où cela la mènerait, et une part d’elle même en avait peur.

Elle finit par revenir à David avec un pauvre sourire.
« Comme tous les outils… Si on ne l’utilise pas correctement, ça ne sert à rien. »



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David Foster
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Je m’appuyai au bureau du chef tandis qu’elle me révélait la cause de son départ à l’armée. Perdre un gamin, ce n’était jamais une situation facile, que je n’avais heureusement pas eu à vivre. Je n’étais pas resté assez longtemps pour monter en grade et avoir des soldats sous mes ordres. Non je n’avais pas vécu de situation pareille et j’avais de la chance.

- Ce sont malheureusement des choses qui arrivent. Chacun de nous sait qu’il peut y laisser la vie quand il s’engage. Et on sait que ce n’est pas toujours de la faute de nos supérieurs.

Quand elle me retourna ma question, mon regard se perdit dans le vague un instant. « J’ai tué des gosses » aurait été la réponse la plus sincère que j’aurais pu lui donner à cette réponse. Mais je ne pouvais pas lui parler de cela, c’était un truc que je gardais au fond de moi depuis des années. Un truc qui faisait que je me réveillais parfois en sursaut la nuit. Au lieu de lui ça donc, je lui offris une autre version de l’histoire, une version qui, tout en étant aussi vraie que la première, était plus reluisante. Alors oui, je sais ce que vous allez dire, j’ai pourtant insisté sur l’importance de l’honnêteté entre deux coéquipiers, mais c’était quelque chose que je ne me voyais pas lui balancer tout de suite comme ça, alors qu’on ne se connaissait que depuis quelques minutes.

- Disons que je me suis rendu compte qu’on m’utilisait pour de mauvaises raisons. J’ai préféré demandé l'autorisation d'entrer à l'académie plutôt que de continuer à suivre des ordres qui allaient à l’encontre de mes idées.

Je fronçai les sourcils tandis qu’elle m’expliquait comment elle n’avait pas pu éviter de se prendre cette balle. Mais quelque chose me disait qu’elle n’était pas entièrement sincère. Enfin, si je me doutais bien qu’elle ne mentait pas sur le fait qu’elle ne pouvait pas utiliser son pouvoir n’importe quand, à n’importe quel moment. Mais c’était comme si elle ne me disait pas tout.

Chaque agent du FBI développe  ses propres spécificités. Moi, j’étais spécialisé dans l’infiltration, donc autant vous dire que le mensonge, ça me connaissait. Et de ce fait, j’avais développée la particularité de pouvoir mentir sans que rien ne me trahisse  (ou presque, mais il n’y avait, pour le moment, qu’une seule personne encore capable de me démasquer). Et, liée à cela, j’avais également acquis la capacité de déceler le mensonge chez les autres. Et Camy avait un regard étrange. Le regard typique de quelqu’un qui dit quelque chose mais en pense une autre.  

- Oui, je comprends…

Je comprenais surtout qu’elle me cachait quelque chose. Mais pouvais-je vraiment lui en vouloir ? Moi-même je ne lui disais pas tout. Il était encore trop tôt. Plus tard peut-être, quand nous aurions mutuellement acquis la confiance de l’autre. En attendant, nous faisions simplement connaissance.

Je décidai de changer de sujet et d’aborder quelque chose de plus léger.

- Bon, petite question d’ordre pratique : les beignets, tu les préfères à quoi ? Histoire que je sache au cas où on se retrouverait à devoir faire des planques.
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Camy Adriacco
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Camy n’était pas une experte pour ce qui était de repérer les mensonges, même si elle avait suivi la formation à Quantico, comme tout les agents. Par contre, elle savait reconnaitre le voile qui avait traversé le regard de David lorsqu’il s’était remémoré les conditions de son retour à la vie civile. Elle savait qu’elle avait le même. Aussi ne fut-elle pas dupe de l’explication sans nul doute édulcorée qu’il lui servit.
Mais pas plus que lui elle n’envisagea de lui en vouloir. Outre le fait qu’ils ne se connaissaient que trop peu, elle savait aussi qu’ils avaient tous leurs secrets - et leurs blessures. Elle n’avait aucun problème avec cela, se gardant comme à son habitude de porter le moindre jugement sans connaitre David. Et elle ne pensait pas avoir à jamais le regretter. Qui plus est, elle était persuadée qu’il n’était pas dupe non plus pour ce qui la concernait, ce qui était parfaitement logique, et quelque part… rassurant.

Et puis juste au moment où elle commençait à se dire que les choses devenaient pesantes pour une première rencontre, David changea de sujet - fort à propos. Elle sourit largement, amusée de sa question.

« Au cas où ? C’est CERTAIN qu’on va se retrouver en planque tôt ou tard ! » Elle se fendit même d’un petit rire. « Confiture. De framboise. Et sans glacage ! N’imagine même pas me servir un de ces trucs dans leur coque de sucre fluo ! » Elle rit encore un peu. « Et toi ? »



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David Foster
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Et Camy m’offrit son premier « vrai » sourire depuis qu’elle était entrée dans ce bureau. Oh elle avait sourit déjà, mais à chaque fois, je l’avais senti voilé par quelque chose que je n’étais pas encore à même de saisir parce que je ne la connaissais pas assez. Mais ce sourire là, il était franc, et lumineux, comme si soudain, le voile s’était levé. Cela me réconforta un peu. Je n’étais pas tellement doué en termes de relations humaines. J’étais plutôt du genre taciturne, un peu trop réservé, un peu trop sérieux aussi, et distant. Un peu comme un loup solitaire, qui voit ses congénères arriver avec méfiance. Mais depuis que j’avais revu Sunny Sullivan, je faisais des efforts. « Vous devriez laisser une personne vous apprivoiser », c’était ce qu’elle m’avait dit. Je n’étais pas tellement sûr de le vouloir, mais face à Camy, je commençais à me dire que ce ne serait pas une si mauvaise chose, de la laisser m’approcher un peu, pour que nous puissions faire notre travail correctement.

Et, tandis que Camy se mettait même à rire, je lui adressai un petit sourire. Sa question me fit réfléchir quelques instants. Si la jeune femme avait été en mesure de me sortir ses beignets préférés en un claquement de doigt, ce n’était pas tellement mon cas.

- J’en sais trop rien. Chocolat peut-être ? Ou non, nature ! Avec un peu de sucre dessus.

Je haussai les épaules et continuai.

- Rien ne vaut les classiques. Mais tu sais… Je suis un agent d’infiltration. Je n’ai pas encore eu l’occasion de faire beaucoup de planques jusqu’à présent. Généralement, on m’envoie en première ligne. Et je n’ai pas tellement l’occasion de manger des beignets lorsque je suis en plein milieu d’une bande de criminels en pleines négociations !

C’était peut-être pour cela, finalement, que je préférais les beignets nature, je n’avais pas tellement eu l’occasion d’essayer d’autres gouts.

- Tu risques d’être plus souvent seule à surveiller et écouter tout ce qui se passera autour de moi !

Allez savoir pourquoi mais cette idée me troubla. Je me passai la main sur la nuque tandis que je pensais à ces quelques fois où j’avais senti que le danger n’était pas passé loin juste parce que McNeal n’était pas totalement à l’affut et avait failli ne pas arriver à temps. Cela expliquait aussi en grande partie pourquoi je n’avais jamais réussi à faire totalement confiance à mon partenaire. Espérons que Camy s’en sorte mieux que lui.

Tandis que ces pensées me traversaient l’esprit, je relevai les yeux sur elle et la regardai intensément, comme si j’essayai de la jauger, comme si un simple regard pouvait me rassurer sur cette question. Et puis, me rendant compte que je la fixais sans raison apparente, je détournai rapidement le regard et me raclai la gorge.

- Enfin… cela dit, peut-être que le changement de coéquipier va modifier ça aussi…
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Camy Adriacco
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Elle attendit, les sourcils un peu haut, que David lui livre le fruit de ce qui semblait apparemment être une forte réflexion. Comment un simple parfum de donut pouvait sembler une telle gageure à trouver ? Il eut l’obligeance de lui en expliquer la raison. En tout cas, une partie de la raison : s’il a été effectivement plus souvent en infiltration qu’en planque, il ne devait pas donner souvent dans le cliché. Encore que...

« Et les malfrats ne font jamais de réunions avec beignets ? » Le taquina-t-elle.

Et puis il la fixa avec une intensité qui lui parut pour le moins étrange. L’impression d’être sur la sellette, en quelque sorte, s’imposa à elle. Impression qu’elle chassa rapidement tant elle lui paraissait ridicule.
David n’avait aucune raison de la méjuger alors qu’ils n’avaient encore rien fait ensemble.

Néanmoins, elle lui rendit regard pour regard avec un petit fond bravache qui lui faisait du bien après ces derniers jours à se sentir faible, voire inutile.

Lorsqu’il détourna le regard, elle eut un petit haussement de sourcils en réaction à ce qu’il avait finalement dit.

« Pourquoi ? L’infiltration n’est pas vraiment mon truc. Et avec mon pouvoir, je suis plus utile à couvrir mon partenaire qu’à mettre les mains dans le cambouis. » Couvrir son partenaire pouvant chez elle prendre des proportions dramatiques, elle en avait pris conscience dans ce fichu train. Ca n’en restait pas moins son meilleur poste. Enquêter, inspecter, perquisitionner, oui. Se fondre dans des milieux divers et variés sans se faire voir ? Ce n’était clairement pas ce qu'elle aimait.



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David Foster
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La réflexion de Camy me fit légèrement rire. Je baissai la tête et la secouai.

- Pas vraiment non. Ou du moins je n’ai jamais assisté à une rencontre où quelqu’un avait amené des beignets. Et pourtant, j’en ai fait ! Ce n’est pas tellement dans l’esprit malfrat faut dire... Ils sont trop égoïstes pour songer à partager des beignets !

Je ne m’attendais pas tellement à ce que Camy soutienne mon regard de la sorte. Quand je l’avais vu entrer dans la pièce, j’avais eu l’impression d’avoir en face de moi une femme éteinte. Ce n’était pas tellement étonnant étant donné ce qu’elle venait de vivre. Chacun avait une façon différente de réagir à une blessure par balles. J’avais réagi comme elle, moi aussi, la première fois. Alors quand je vis cette défiance dans son regard, quelque part, cela me rassura. L’agent fédéral Adriacco dont j’avais entendu parler n’était pas loin, sous la surface. Elle ne demandait d’ailleurs qu’à réapparaitre. Et quelque chose me disait que ce serait en partie à moi de l’aider à remonter la pente. Je n’étais pas sûr d’être à la hauteur pour ça, mais en tant que partenaire, je me devais de l’aider quoiqu’il arrive.

A sa question je haussai les épaules. Pourquoi les choses changeraient-elles ? Je n’en savais rien à vrai dire. J’avais juste remarqué, plusieurs fois, que la formation de nouvelles équipes pouvait amener à une redistribution de certains rôles. Mais j’étais doué pour me fondre dans la masse, me faire passer pour ce que je n’étais pas. Alors je doutais que le bureau me réaffecte à un autre genre de missions.

Je hochai la tête en entendant la remarque de Camy sur son pouvoir. Je n’avais rien contre les positifs, mais Camy avait avoué elle-même qu’elle ne pouvait pas utiliser son pouvoir dans certaines conditions. J’espérai alors qu’elle ne se reposerait pas uniquement dessus lorsque nous serions en mission. Imaginez que son pouvoir lui fasse défaut précisément au moment où j’avais besoin qu’elle me couvre ? Je préférai ne pas réfléchir aux conséquences que cela pourrait avoir.

Je soupirai, m’efforçant à me reprendre. Je ne la connaissais pas encore, je n’avais jamais vu son pouvoir à l’œuvre. Elle avait une bonne réputation, il fallait que je lui laisse sa chance avant de la juger. Mais j’en avais vu tellement avec McNeal que cela m’avait rendu méfiant. Je plongeai à nouveau mon regard dans le sien.

- Quand on sera sur le terrain, ma vie sera en grande partie entre tes mains. Beaucoup de choses dépendront de ta capacité à réagir correctement, et à temps. Que se passera-t-il si ton pouvoir ne fonctionne pas ? Seras-tu capable de faire ton boulot quand même ? Est-ce que je peux te faire confiance ?

J’avais conscience d’être un peu dur avec elle, que ma question laissait paraitre ma méfiance. Je savais aussi que ce genre de question ne se posait pas vraiment lors d’une première rencontre, mais nous allions travailler ensemble désormais et notre duo ne fonctionnerait vraiment que si nous nous faisions une confiance pleine et entière. Alors oui, cette question allait surement la déstabiliser, peut-être croirait-elle que j’étais réticent à l’idée de travailler avec elle. En réalité, il n’en était rien. Je cherchais juste à savoir ce qu’elle avait vraiment dans le ventre. Elle pouvait me retourner la question d’ailleurs, je savais déjà ce que je répondrais.
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Camy Adriacco
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Alors que David semblait prendre le temps de réfléchir à ce qu’il pourrait ajouter, Camy ne s’était certes pas attendue à ce genre de remarque. Ni ce genre de question. Une chose était sure, c’était direct, et elle n’était pas sure de savoir comment réagir correctement. Quoi qu’il en soit, son sourire disparut et son regard se fit nettement plus incisif.

A bien réfléchir, les inquiétudes de David étaient légitimes. Il risquait gros en jouant les infiltrés, il avait forcément besoin d’être sur que la personne qui couvrait ses fesses n’allait pas flancher, n’allait pas relacher son attention une seule minute, parce que la moindre défaillance pouvait lui couter la vie. Elle en était pleinement consciente - elle en avait fait l’expérience, apres tout. Pas réellement depuis qu’elle avait rejoint le FBI, mais durant ses neuf ans de service. Sur des théatres pas forcément agréables, elle avait expérimenté le danger, et ce sans avoir forcément l’appui réconfortant de son pouvoir - bien qu’elle l’ait si souvent mis à contribution. Son récent alitement l’avait forcée à remettre de la perspective sur ses deux carrières, et elle avait bien été obligée de reconnaitre que ses bilans n’étaient pas aussi mauvais qu’elle s’était toujours obstinée à vouloir les voir.

Elle prenait d’autant plus mal la question de David que les deux dernières fois où elle avait compté sur son pouvoir, elle avait fait ce qu’il fallait.
Elle avait protégé Arch.
Elle avait protégé Reese, même s’il le lui reprochait.
Elle y avait laissé des plumes, bien sur. Cette mission avec Arch l’avait ébranlée plus profondément qu’elle ne l’avait imaginé. Et évidemment, elle avait failli mourir à la place de Reese.
Mais surtout, elle avait fait appel à son pouvoir au bon moment, les deux fois. Se débrouillant sans avant. En une quinzaine d’années, elle avait appris à gérer son pouvoir, identifiant le bon moment pour lui lacher la bride, améliorant ses compétences pour être efficace sans.
Elle ne risquait pas d’en parler maintenant à David - et sans doute jamais. Mais il fallait bien qu’il se mette en tête qu’elle n’était pas là par hasard.

La machoire serrée, elle se redressa et s’approcha de David, le regard plongé dans le sien avec un air de défi assumé.

« J’utilise mon pouvoir depuis que j’ai 16 ans. J’ai fait des conneries avec. J’ai combattu ces cons de chinois avec. J’ai appris depuis longtemps à faire ce qu’il fallait pour sortir mes hommes et moi des embrouilles. Mes états de service… ma foi, je te laisse le plaisir de fouiller mes dossiers du FBI et des Marines. Mon pouvoir est un outil utile 5 min. Sur 6 h d’opération en terrain hostile, tu as foutrement intérêt d’être capable de faire ce qu’il faut sans lui. » Elle se planta devant lui, les bras croisés et son regard s’étrécit. « Quant à savoir si tu peux me faire confiance, il va bien falloir. Parce que jusqu’à ce qu’il soit démontré qu’on ne puisse pas bosser ensemble, on va faire équipe. Un probleme avec ca, Soldat ? » Elle ne réalisa même pas qu’elle avait repris l’expression de Reese. Ca lui était venu naturellement.
Elle ne réalisa pas non plus que c’était la premiere fois depuis qu’elle était sortie de l’hopital qu’elle montrait autant de combattivité. Un point pour David, même s’il ne l’avait sans doute pas fait exprès.

Lieutenant Adriacco, back on duty !



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David Foster
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En un rien de temps, je vis le sourire de Camy s’effacer, son visage se refermer et son expression se durcir. Certains n’auraient pas apprécié ce genre de réaction, d’autres auraient tenté de calmer le jeu en lui assurant que ce n’était pas contre elle, que c’était juste pour être sûr. Moi, je me contentai de la regarder. Elle était là. Etait-ce que j’avais cherché à faire ? La ramener complètement ? Peut-être, mais pas uniquement. Je voulais qu’elle me prouve que c’était une battante, qu’elle remontait la pente, qu’elle ne se laissait pas abattre. Je vous l’ai dit, j’étais passé par là moi aussi, je pensais pouvoir comprendre ce qu’elle ressentait. Et puis, oui, je voulais m’assurer qu’elle était à la hauteur de sa réputation aussi. Parce que vous savez ce que c’est un bruit de couloir. C’est une personne au départ qui dit qu’un agent a assuré dans une situation bien précise, et, avec le bouche à oreille, l’agent en question fini par devenir un super-héros. Je ne connaissais pas Camy, elle avait une excellente réputation, mais je préférais me faire mon propre avis ?

Je continuai à la fixer sans ciller, attendant sa réponse. Bon sang, au regard qu’elle me lança, je ne pus m’empêcher de penser que si ses yeux avait été des revolvers, je serais déjà mort. Quand elle s’approcha de moi, je ne fis pas le moindre mouvement, je soutins son regard. C’était bon signe, pour moi, qu’elle me regarde comme ça. Quelque chose me disait qu’on allait se pousser l’un l’autre à sortir le meilleur de nous-mêmes. J’esquissai un petit sourire. De mon point de vue, c’était ce qui faisait une bonne équipe. Si nous pouvions prendre ce chemin, nous ferions certainement de l’excellent boulot.

Je l’ai écouté, esquissant un léger sourire. Elle avait l’air déterminée à me convaincre, c’était bon signe. J’ai hoché la tête en signe d’assentiment quand elle me parla de la nécessité de lui faire confiance.

- Bien.

Mais quand elle a conclu sa phrase d’un « soldat », ce fut à mon tour de me durcir.

- Ne m’appelle pas comme ça.

Mon ton fut plus dur que je ne l’aurais voulu et mon regard plus cinglant. Comprenez moi bien, mes années passées à l’armée pesaient sur ma conscience. J’avais vu des choses que je n’aurais jamais imaginées, j’avais fait des choses dont je n’étais pas fier. J’aimais mon boulot au FBI, et je savais que mon entrainement militaire avait développé certaines compétences, certains réflexes, que d’autres n’avaient pas, et que c’était souvent cela qui faisait la différence entre un agent mort et un agent vivant. Mais je regrettais de m’être engagé.

Conscient que rien ne justifiait cette réaction aux yeux de Camy, je soupirai, secouai la tête et me frottai la nuque.

- Je ne suis plus un soldat.
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Camy Adriacco
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Il n’avait pas détourné le regard d’un poil de chat, et ne recula pas plus. Pour elle aussi, c’était un indicateur intéressant : visiblement, David ne serait pas le genre à se défiler à la première difficulté. Un point pour lui, elle savait qu’elle pouvait se montrer imbuvable. Autant qu’il s’y mette tout de suite. Mais il n’avait pas flanché. Un point pour lui. Et au sourire qu’il lui servit, elle se demanda s’il ne l’avait pas provoquée à dessein.

« Bien… » Fit-elle en écho à David. Voila dans tous les cas un point clairement posé. Elle hocha la tête et s’apprêtait à se reculer quand il l’apostropha ensuite, et pas très aimablement. Elle lui jeta un regard interrogatif et méfiant, se demandant d’où venait cette hostilité. Elle en eut vite la réponse.

Elle réalisa alors que David réagissait au sobriquet encore plus mal qu’elle. Elle remballait systématiquement Reese, mais n’en prenait cependant pas ombrage outre mesure. Même si elle avait quitté l’armée, elle restait une Marine quelque part. Seulement là, David avait plutôt l’air hostile. Camy pouvait comprendre, mais se demandait à quoi cela pouvait bien être du. Que s’était-il passé pour qu’il réagisse aussi violemment ? Néanmoins, elle avait l’intuition que ce n’était pas le bon moment de demander cela.
Elle eu cependant un sourire en coin, un peu triste.

« On n’est peut être plus à l’armée, mais on sera toujours des soldats… Du moins… » Son sourire se fit plus ironique. « … Tant qu’on trainera encore nos casseroles… » Elle pencha la tête sur le côté, un air plus entrainant. « Bon, on va le boire, ce verre ? » Oubliant momentanément qu’elle n’était plus sensée boire à proprement parlé.



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David Foster
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On sera toujours des soldats… cette phrase se mit à résonner dans mon esprit et je n’aimais pas cette sensation. Mais je savais que Camy avait raison. J’avais été un soldat à une époque, j’avais acquis des compétences, des réflexes propres à un soldat. J’avais une expérience, des souvenirs. J’avais une attitude, une façon de voir les choses. Quoiqu’il arrive, je restais loyal à mon pays.

Je soupirai et me passai à nouveau la main dans les cheveux.

- Ouais, tu as sans doute raison. Mais quand même, à l’avenir, évite de m’appeler comme ça. Tu peux me trouver le surnom que tu veux, mais pas ça.

Vraiment, le surnom qu’elle voulait ?

- Pas sûr que j’y répondrai cela dit !

Parce que ouais, nan, il ne fallait pas exagérer quand même. Je n’aimais pas spécialement les surnoms. Les diminutifs, pourquoi pas, mais les surnoms, non, ce n’était pas tellement mon truc. J’avais eu droit à Junior pendant… euh mes parents m’appelaient toujours comme ça en fait.

Je retrouvai le sourire lorsqu’elle me parla du verre. C’est vrai que c’était toujours le pot de départ de McNeal dans la salle de détente. Avec un peu de chance, il y avait encore de quoi boire.

- Allez viens, je te paye une bière.

Façon de parler bien sûr. Les bières nous étaient offertes par le bureau. J’ouvris la porte du bureau du chef pour inviter Camy à passer la première.


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[CLOS] [Camy/David] One goes out, one comes in
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