2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Alex/Angie] Question pour un champion

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Angela Foster
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Octobre 2074


J’étais perturbée depuis plusieurs jours. Et cela se ressentait dans mon travail. J’étais maladroite, j’oubliais parfois les commandes des clients, je me trompais souvent de table au moment de servir. Fort heureusement, cela n’avait eu aucune vraie incidence sur le bon fonctionnement du bar. Le bon côté de la maladie, c’était que j’avais souvent l’air fatiguée, et quelque part, ça rendait les clients plus compréhensifs, surtout lorsqu’ils étaient là pour se détendre. Le hic, c’était toute cette vaisselle cassée. Matt et Alex étaient restés cools jusqu’à présent, mais ils allaient certainement finir par me tomber sur le dos si je continuais de la sorte.

Ce qui me perturbait ? C’était à la fois simple et compliqué. J’avais recueilli Garin quelques jours auparavant. Je ne l’avais pas revu depuis cette fois, dans la ruelle, où nous avions beaucoup parlé, où nous nous étions beaucoup livrés aussi. Et, alors que nous cohabitions depuis quelques jours, quelque chose qu’il m’avait dit ce soir m’était revenu en mémoire. C’était quand il m’avait dit qu’il trouverait un moyen de me remercier, ça avait fait écho avec cette promesse qu’il m’avait faite de parler à ses médecins de mon cas.

Et depuis, je n’arrêtais pas de me poser des questions sans pour autant oser les lui poser à lui. J’avais peur d’en entendre les réponses je crois. Avait-il eu le temps de leur en parler ? Que lui avaient-ils dit ? Se pouvait-il qu’ils aient une solution ? Ou même ne serait-ce qu’une idée ? Et si c’était le cas, moi, comment devais-je réagir ? Quelle décision devrais-je prendre ?

Vous savez, j’avais tellement espéré durant ces presque trois dernières années. Régulièrement, mes médecins m’annonçaient qu’ils avaient mis au point un nouveau protocole censé être miraculeux. On me faisait miroiter une guérison pendant quelques mois et puis on venait finalement me dire que le traitement n’avait pas l’effet escompté. Le mieux qu’ils avaient réussi à faire jusqu’à présent, c’était ralentir la progression de la tumeur, la ralentir, pas la stopper. Et à chaque échec qu’on m’annonçait, c’en était plus douloureux. A tel point qu’aujourd’hui, je ne me sentais pas capable de supporter un nouvel échec.

J’en étais rendue à me demander si je devais continuer à subir des traitements, à essayer de nouvelles choses. Si ce n’était la promesse que j’avais faite à Peter de continuer à me battre quoiqu’il arrive, je crois que j’aurais abandonné depuis longtemps. Malgré tout, je ne pouvais m’empêcher de me poser la question à chaque nouveau traitement : Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? Et à chaque fois il m’était de plus en plus difficile de me convaincre d’essayer.

Alors oui, je me posais des questions. Et je ne les posais pas à Garin parce que je ne voulais pas l’entendre me dire que ses médecins avaient quelque chose. Je ne voulais pas me retrouver devant cette décision à prendre. Et je ne voulais pas non plus l’entendre me dire qu’il n’y avait rien. Je ne voulais pas qu’il me donne de faux espoirs, mais je ne voulais pas qu’il le détruise totalement non plus. Sacré dilemme hein ?

Et voilà que je venais de heurter Alex de plein fouet avec mon plateau, envoyant son contenu s’écraser au sol (coup de pot, il n’y avait rien de cassable pour une fois) et manquant de me retrouver par terre moi aussi.

- Désolée, je ne t’avais pas vu…

Ce n’était pourtant pas difficile. Il était au milieu du chemin. Et ce n’était pas comme s’il était petit et qu’il avait pu être caché par mon plateau. Mince quoi, Alex, je ne pouvais pas le louper ! A moins d’être perdue dans mes pensées, et c’était le cas.

Je me baissais pour ramasser mes affaires et relevai la tête vers Alex. J’avais toutes ces questions qui bouillonnaient dans ma tête et aucun moyen d’y répondre par moi-même. Et ça influait sur mon boulot et je ne pouvais pas continuer comme ça. Peut-être que si je les posais à quelqu’un, j’arriverais à y voir plus clair et j’arrêterais les bourdes ?

- Alex ?

Ouais mais comment les formuler ces questions ? Je n’avais rien dit à mes collègues pour la maladie. Ce n’était pas un secret, mais je n’avais pas tellement envie qu’ils le sachent. Le bar était encore un endroit où j’étais « normale », où j’arrivais à oublier que ce n’était pas le cas, du moins, jusqu’à il y a quelques jours.

Je me relevai en fronçant les sourcils et serrai mon plateau contre moi.

- Dis… Si on te faisait miroiter quelque chose que tu espères vraiment au plus profond de toi-même mais sans que tu puisses savoir si tu l’auras ou non. Tu irais le chercher au risque de ne pas l’avoir et que ça te détruise ou tu préférerais fermer les yeux et faire comme si on ne t'avait rien dit ?

Plutôt énigmatique comme question non ? Mais elle cernait plutôt bien le nœud du problème.
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Alex Peterson
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Rater Angela, ces derniers temps, c'était comme ne pas vouloir s'avouer à soi-même que l'on était amoureux de la voisine d'à côté ou qu'on n'avait jamais pensé à elle en tant qu'ado. Sa maladresse n'avait d'égal que les rêveries de Matt à l'époque de son arrivée. A croire que le bar plongeait les gens dans une sorte de transe.

J'avais tendu les mains pour éviter le choc quand je l'avais vue arriver, mais c'était trop tard. Le plateau a roulé sur lui-même, faisant tomber le pot avec la clé magnétique de la caisse, le torchon et les quelques pièces de poureboire. J'ai soupiré et je me suis baissé pour l'aider à tout ramasser. "Tu es sûre que tout va bien ?"

Lexy lui avait sûrement posé cette question au moins une ou deux fois depuis le début de la semaine et Angela était de ce genre à n'avoir besoin de personne, jamais. Et parce que j'étais ce que j'étais, je la laissais tranquille, de la même façon que j'avais laissé Matt tranquille, jusqu'à ce qu'il "s'habitue" à l'air ambiant ? Le bar devait avoir un décalage horaire, sûrement. Je me suis relevé avec elle et j'ai penché la tête. J'espérais qu'on ne me ferait pas regretter de l'avoir engagée sur un coup de tête, simplement parce que nous avions besoin de monde. Ma patience était à rude épreuve ces derniers temps, je ne dormais que très peu, je travaillais le reste du temps et j'avais une gamine de 9 ans à l'esprit. En permanence.

Sa question m'a parue étrange mais j'ai froncé les sourcils et j'ai inspiré profondément en lissant un torchon entre mes mains, tout en fouillant dans ma mémoire si j'avais déjà été confronté à ce genre de situation. La vérité… c'est que personne ne me faisait miroiter quoi que ce soit, personne n'en avait le temps. Quand je voulais quelque chose, j'allais le chercher moi-même, je ne demandais jamais rien à personne. Ca valait pour ma famille, mes amis, comme pour le bar, d'ailleurs. Mon indépendance lassait Lexy et faisait sûrement parfois rouler les yeux de Matt. Mais je détestais demander de l'aide, ce qui ne m'empêchait pas de déléguer des tâches, cependant.

Dans une légère grimace de réflexion, je me suis gratté l'oreille. "Euh…" Prenons le cas de Lexy. Je m'étais moi-même fait miroiter l'idée d'une relation. Cette simple idée m'a rappelé Cosima et ma réflexion s'est faite plus sérieuse. C'était probablement la relation la plus proche d'un engagement que j'avais eue depuis que j'avais "abandonné" ma femme. Ne me regardez pas comme ça, j'ai fait un choix pour le bien de tous, je ne le regrette pas, même si je n'en suis pas fier. J'avais cru tenir quelque chose avec Cosima, et il m'avait semblé que c'était réciproque jusqu'à ce qu'elle… Disparaisse. D'habitude, elle revenait, elle réaparaissait, toujours. Mais voilà plusieurs mois qu'elle ne répondait plus et que je n'avais plus de nouvelles. Avais-je envie de savoir ? Avais-je envie de réaliser que j'étais passé à côté de quelque chose ?

Je me suis raclé la gorge en reprenant mes esprits et mon air désinvolte. J'ai fait une moue en me frottant le menton avant de répondre. "Je pense que je voudrais savoir. Je préfère que quelque chose me détruise et que j'en connaisse la cause, ainsi je peux me relever en me disant que j'ai passé cette épreuve avec brio. Ne pas savoir, ne pas chercher à savoir, c'est se mentir à soi-même et se voiler la face, alors… Je pense qu'on se doit au moins la vérité à soi-même, quitte à la cacher aux autres. Mais si on n'est pas honnêtes envers soi-même alors on ne peut pas être au clair avec les autres." N'est-ce pas ? Je mentais comme je respirais, c'était un fait. J'étais le meilleur menteur du monde. Mais je ne me voilais jamais la face. J'ai haussé les sourcils et l'ai désignée d'une main. "De plus ! Si on t'a promis quelque chose, une promesse est une promesse. Celui qui ne l'honore pas est un gros con, si tu veux mon avis."



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Angela Foster
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Alex prit le temps de la réflexion avant de me répondre, ce qui me laissa, à moi aussi le temps de réfléchir un peu à la question que je venais de lui poser. Debout, appuyée contre le bord d’une table, serrant mon plateau contre moi, j’en vins à me dire que j’aurais peut-être mieux fait de me taire. J’appréciais Alex, et quelque part, je lui faisais confiance. Autant qu’à Matt. Ils étaient, l’un comme l’autre, gentils et attentionnés, mais chacun à sa manière. Là où Matt se révélait être quelqu’un à qui on pouvait parler facilement, Alex lui ne posait aucune question, ne jugeait pas, fermait les yeux sur beaucoup de choses qui en auraient fait tiquer bien d’autres. Lexy aussi était adorable, bien sûr, mais je me sentais plus à l’aise avec  Matt et Alex, même après quelques mois. J’appréciais la jeune femme, mais je me montrais bien plus réservée avec elle qu’avec les deux hommes. Oui, je me sentais bien dans ce bar, et c’était la première fois depuis longtemps que je trouvais un endroit comme celui-là. J’espérais bien ne pas avoir à le quitter de si tôt.

Mais malgré cela, je regrettais un peu ma question à Alex. Nous ne parlions jamais vraiment sérieusement. Il ne posait pas de questions et moi non plus. Il donnait l’impression de ne pas s’intéresser à notre vie à l’extérieur du bar et ça ne me dérangeait pas outre mesure, bien au contraire. Mais cela faisait que, finalement, je ne le connaissais pas tellement. Alors pourquoi lui avais-je posé cette question à lui ? Peut-être parce que j’avais besoin de parler, et peut-être justement parce que je savais qu’il ne poserait pas plus de questions.

Et puis, finalement, il répondit et je relevai les yeux sur lui. Il avait raison, en temps normal, pour une toute autre question, j’aurais été entièrement d’accord avec lui. Mais là, parce que je savais que c’était une épreuve dont je n’étais pas destinée à me relever, à terme, j’émettais plus de réserve.

Je hochai la tête et me relevai de la table sur laquelle je m’étais appuyée.

- C’était pas tellement une promesse, c’était plutôt... la promesse d’essayer. Parce que le résultat en soit est quelque chose qu’on ne peut pas garantir. Le souci, c’est qu’on m’a tellement promis d’essayer sans que ça donne le moindre résultat satisfaisant que du coup… je ne sais pas si j’ai encore envie de tenter le coup.

Je relevai à nouveau les yeux sur lui et lui lançai un regard du style « tu vois ce que je veux dire » ? Mais comment pourrait-il voir quoique ce soit ? Je restai volontairement dans le vague, je déroulais mes pensées à haute voix sans même lui donner les clefs pour les comprendre. Je secouais la tête et esquissait un sourire gêné à Alex.

- Je suis désolée, je sais que niveau boulot, je suis pas vraiment au top ces derniers temps. Mais je vais me rattraper, je te le promets. J’ai juste… la tête ailleurs en ce moment. Mais je vais me reprendre.

Je me sentais bien dans ce bar, je vous l’ai déjà dit. Et je n’avais pas envie de perdre ce job parce que je n’étais pas capable de faire la part des choses et de laisser mes problèmes à la maison quand je venais travailler.

Je fis quelques pas en direction du comptoir, comme pour signifier que la discussion était close et que j’allais me remettre au  travail. Mais je me retournais finalement vers lui.


- J’ai une autre question… Quand ton espoir est continuellement réduit à néant, ça vaut le coup de s’accrocher et de persister ? Je veux dire, est-ce qu’il ne serait pas plus simple et plus judicieux de reconnaitre que c’est foutu et de passer à autre chose une bonne fois pour toute ?

Le problème, avec les questions générales, c’est qu’elles ne collaient pas toujours à la situation. Alex me l’avait dit, il ne fallait pas se voiler la face et j’étais d’accord avec lui sur ce point. Sauf que dans mon cas, laisser tomber, c’était revenir à se dire c’était foutu, que j’étais déjà morte. Alors oui, je n’avais plus beaucoup d’espoir à l’heure actuelle, mais j’en avais encore un petit peu, ne serait-ce qu’une étincelle qui se mettrait à grandir malgré moi si quelqu’un m’annonçait qu’il y avait peut-être une réponse. Je n’étais pas tout à fait sûr de vouloir éteindre définitivement cette étincelle.
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Alex Peterson
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"C'est rien, Angie, fais juste attention aux verres, d'accord ?"

J'allais repartir à mes occupations quand elle a repris. Quoiqu'il se passe dans sa vie, cela semblait la bousculer. Je ne sais pas si j'étais la personne la plus indiquée pour l'aider mais en tout cas, c'était vers moi qu'elle venait. Et il m'a semblé que je n'avais aucun point comparatif à ce qu'elle semblait traverser. Je l'ai dévisagée en considérant sa question sur l'espoir. Me demander ça à moi revenait à me demander si j'étais puceau. Quand on ne se souvient pas de comment on l'a perdu, c'est difficile de répondre. Est-ce que j'avais perdu tout espoir ? En avais-je jamais ressenti, d'ailleurs ?

Je me suis raclé la gorge et j'ai acquiescé en lui refaisant face. Angela cherchait un conseil. Auprès de moi. A défaut de manquer d'espoir, je n'étais pas totalement pessimiste. "Euh…" J'ai pincé mes lèvres dans une moue dubitative et j'ai soulevé une chaise pour la retourner sur la table. Il était tard et nous avions encore pas mal de rangement à faire, mais c'était paradoxalement les quelques heures où tous les employés du bar étaient les plus proches. Sauf le matin lorsque Matt arrivait tôt. Je l'entendais d'ailleurs discuter avec Lexy en cuisine. Qu'aurait-il eu à répondre à ça ?

"Je pense que…" Et je me forçais à ne poser aucune question. "La vérité c'est que c'est très aléatoire. Tu sais ce qu'on dit, tant qu'il y a de l'espoir, il y a de la vie. C'est un peu comme quand tu veux draguer une nana, tu courtises, courtises, baratine, en espérant qu'elle finisse par te voir ! Et puis un jour, tu vas te dire que tu arrêtes d'essayer parce que visiblement, ça ne sert à rien. Tu penseras que si le destin doit se faire, alors il se fera. C'est le jour où tu cesseras d'y penser et où tu seras toi-même que tout se fera naturellement. Alors…" J'ai inspiré profondément en regardant au loin et j'ai soupiré en secouant la tête. J'ai reporté mon regard sur elle, plus sérieux. "Je ne suis pas quelqu'un qui fonde beaucoup d'espoir en un tas de choses, mais je sais un truc. C'est qu'on n'échappe pas à son destin. C'est fatal, c'est écrit. Si ton… machin doit arriver, alors il arrivera. Mais parfois, le destin a besoin d'un petit coup de pouce. Si tu abandonnes ce que tu veux réellement, tu abandonnes une part de toi. C'est pas l'idée, pas vrai ?" Et puis je lui ai souri, racoleur à souhait, avec un clin d'oeil entendu. "T'en fais pas, Angie… C'est pas foutu pour toi et moi, si c'est ça qui t'inquiète."

Angela me faisait souvent l'effet d'une fille qui méritait de rire plus souvent. Elle me faisait encore une fois penser à Matt quand il était arrivé. On venait souvent me voir parce qu'on s'ennuyait et que j'avais toujours l'histoire pour rire, ou bien parce qu'on avait envie de penser que ma vie était idéale, équilibrée, parfaite, belle et désinvolte. Il n'en était rien, bien sûr mais pour moi aussi, ce bar était un havre de paix. Et je m'étais promis de tuer le premier qui viendrait essayer de perturber cet endroit.

Je me suis penché pour attraper une autre chaise et la soulever. "Je crois pas au miracle de Noël. Les miracles en général, c'est de la foutaise, comme les oasis en plein désert. Moi je crois en ce dont on mérite. Je mérite mon club et je peux te jurer que je vais me battre pour ça." Je me suis retourné vers elle et j'ai désigné le mur derrière lequel les débris se trouvaient, en attente d'un accord qui se faisait désirer. "Alors si tu veux quelque chose suffisamment fort et que tu te juges méritante, bats-toi pour l'avoir. Si tu abandonnes, alors un jour, tu regarderas en arrière et tu te diras que t'as pas essayé assez, que peut-être si t'avais essayé encore, ça aurait marché. Et tu t'en voudras. Parce que aujourd'hui, tu crois que tu n'as pas la force de persévérer mais demain, tu vas te réveiller et tu l'auras, mais ce sera trop tard. Ne laisse jamais personne, qui que ce soit, insuffler en toi l'idée que tu ne peux pas avoir ce que tu désires le plus. C'est ta vie. Ton envie. Tu es la seule maîtresse de ton destin, tu décides de ce que tu veux et de ce qui est le mieux pour toi. Les autres, tu les emmerdes. Je dis que si cette personne t'a promis d'essayer, alors elle doit essayer. Encore et encore. Et si cette personne ne peut pas te garantir le bon résultat que tu attends alors essayes en une autre. C'est la vie, c'est comme ça. Theodore Roosevelt a dit : le courage, ce n'est pas d'avoir la force de continuer… C'est de continuer même quand on n'a plus la force."

Et je crois que c'était ce qu'elle voulait entendre.



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Angela Foster
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Encore une fois, Alex prit son temps avec de répondre. Je le regardai soulever la première chaise et balayait l’air de la main, me détournant soudainement de lui.

- Laisse tomber, je ne sais même pas pourquoi je te demande tout ça. Ce… n’est pas important.

Je fis quelques pas en direction de la cuisine, la tête baissée. Si, bien sûr que c’était important. Ca l’était pour moi, mais comme lorsque j’avais posé ma première question à Alex, je me sentais idiote. Je ne comprenais pas pourquoi j’avais besoin d’en parler, justement maintenant, justement à lui. Comme je le disais, Alex était quelqu’un que j’appréciais beaucoup, mais je n’avais jamais vraiment eu de discussion très sérieuse avec lui. C’est à ce moment là qu’il se remit à parler. Je m’arrêtai de marcher et me tournai vers lui, attendant la fin de sa réponse. Je ne sais pas vraiment ce que j’attendais de lui. Est-ce que je voulais qu’il me guide ? Mais comment aurait-il pu le faire alors qu’il ne savait pas contre quoi je me battais ?

Je l’écoutai, le regard dans le vague, tandis qu’il me disait ce que lui pensait de tout ça, de l’espoir, du fait de s’accrocher. Mon regard s’assombrit alors qu’il évoquait le destin. C’était quoi mon destin ? Autrefois, je pensais que c’était de soigner les gens, et puis de vivre la même chose que des tonnes de jeunes filles : tomber amoureuse, se marier, fonder une famille. Mais il avait pris une autre direction.

- On n’échappe pas à son destin… alors je suis déjà morte.

Je ne m’étais même pas rendue compte que j’avais parlé tout haut. Et Alex non plus, probablement, parce qu’il avait continué à parler. Je relevai les yeux sur lui en entendant sa boutade. Je fronçais les sourcils face à son sourire racoleur et me mis à rougir légèrement en percutant le sens de ses paroles.

- Je ne pensais pas à ça. Mais… merci, je suis ravie de le savoir !

Je lui adressai un faible sourire et j’allais me remettre au travail lorsqu’il reprit à nouveau la parole. Alex ne posait pas de questions, mais en revanche, il répondait toujours consciencieusement à celles qu’on lui posait. Et c’était l’une des choses que j’appréciais chez lui. Et vous savez quoi ? Alex avait beau n’avoir aucune idée de ce que je ressentais vraiment, il me répondait tout de même précisément comme j’avais besoin qu’il me réponde.

Je relevais sur lui un regard reconnaissant et hochai la tête. Il avait probablement raison et il rejoignait la promesse que j’avais faite à Peter. Elle était si dure à tenir, mais je savais que je m’en voudrais si je baissai les bras.

- « Continuer même quand on n’en a plus la force »…

Oui, c’était précisément ce que j’avais besoin d’entendre. Je jetai un regard à Alex, consciente que mon comportement devait l’intriguer. Il fallait que je me ressaisisse avant qu’il n’ait le temps de se poser des questions. Avant qu’il ne lui vienne à l’idée de me poser ces questions. Et si Alex décidait justement de faire une entorse à sa règle ? Mieux valait prévenir que guérir.

Je me forçai à afficher un sourire satisfait et m’approchai de lui suffisamment pour lui asséner une grande claque dans le dos (enfin, une claque amicale quoi).

- On dirait pas comme ça, mais finalement, t’es capable de donner de bons conseils quand tu te donnes la peine de réfléchir sérieusement. Merci !

Oui, bon ok, j’en faisais trop, c’était certain. Mais peut-être ne se rendrait-il compte de rien. Je reculai en direction de la cuisine et l’interpellai.

- Oh, au fait, ce que tu as dit tout à l’heure, c’est pas entré dans l’oreille d’une sourde.

Je faisais référence à sa boutade, mais je n’étais pas sûre qu’il saisisse. Je portai deux doigts à mes tempes puis les pointait dans sa direction dans une sorte de salut et me glissai derrière le comptoir pour y déposer mon plateau.
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Alex Peterson
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On a tous nos secrets. On a tous une part de nous cachée quelque part. Tout le monde. Même la gamine la plus innocente du monde a un secret. Alors même quand elle a laissé échappé sa pensée à voix haute, je n'ai pas posé de questions. J'ai haussé un sourcil en me disant que ce n'était qu'une façon de parler. On s'imagine souvent que si on dérape, on finit à la casserole. Mais je n'ai pas fait d'entorse à la règle, je l'ai regardée s'approcher de moi et j'ai bougé l'épaule sous sa claque, plus pour faire entendre que je me laissais faire plutôt que parce que le coup m'avait effectivement ébranlé. Mais je me suis tout de même senti vexé !

"Parce que tu en doutais avant de me poser tes questions existentielles sorties de nulle part ?"

Je réfléchissais toujours. Tout le temps. Il fallait croire que je réussissais dans l'entreprise de montrer ce que je voulais que les gens pensent de moi. Ce n'était pas toujours flatteur, malheureusement. Mais au moins, pendant ce temps, on ne me posais de questions… à moi, on me pensait souvent trop stupide, j'imagine. On pourrait croire que remettre en cause mon intelligence me révolterait mais non. J'avais toujours fait des choix difficiles dans ma vie et je les assumais, quoi qu'il arrive.

Je l'ai laissée s'échapper jusque derrière le comptoir et j'ai souri en secouant la tête avant de remonter une nouvelle chaise. Bien sûr que mon insinuation était gratuite et sans lendemain mais ça m'avait traversé l'esprit. Juste une seconde. Peut-être deux et peut-être que ça n'avait pas été qu'une boutade. Il était possible que je m'ennuie ou que je me languisse. Mais alors ce n'était pas juste pour Angela, ni pour moi, d'ailleurs. Donc je m'en amusais, c'était plus facile. Le fait était que ma femme me manquait, ma fille aussi et par extension, la personne sur qui j'avais transposé ce manque : Cosima. Oui, les journées étaient longues et fatigantes mais les nuits l'étaient encore plus.

Je suis revenu vers le comptoir et j'y ai passé un rapide coup de torchon avant de m'accouder pour la regarder avec le regard de quand j'avisais une fille dans le bar et mon sourire calculé au millimètre. "C'est ce qu'elles disent toutes." Pourquoi je faisais ça, au fait ? Et puis j'ai repris mon sérieux. Du moins, façon de parler. Je l'ai désignée du menton. J'étais persuadé que tout ça n'était qu'une question de mec. Comme ça l'était toujours avec les filles. J'ai penché la tête vers la cuisine alors que Lexy éclatait d'un rire sonore. C'était assez incroyable, le même frisson me parcourait l'échine, comme la première fois et ça n'avait jamais changé. Et sans perdre mon sourire dont je ne me séparais jamais, j'ai reporté mon attention sur Angela. "Je sais que Matt est assez dur à approcher mais tu finiras bien par y arriver à un moment donné. Je peux lui parler, si tu veux !"

Et sur ces mots, je lui ai fait un nouveau clin d'oeil en me redressant, prêt à me remettre au travail.

[Cassedédi pour toi, mon Bro !]



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Angela Foster
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Je relevai les yeux sur lui, un peu étonnée par sa remarque. Alex était du genre à plaisanter de tout mais… est-ce que je l’avais vexé ? Je posai mon plateau sur le bar et soupirai en posant mes bras de chaque côté, sur le comptoir.

- Bien sûr que non, sinon je ne t’aurais pas posé toutes ces questions. C’était juste une boutade…

Je vidai le contenu de mon plateau et commençais à placer les verres sales dans le panier du lave-vaisselle.

- C’était pas drôle, désolée. C’est juste qu’on n’a jamais vraiment eu l’occasion de parler sérieusement tous les deux.

Je glissais le panier dans la machine et lançai le lavage avant de relever à nouveau les yeux sur Alex.

- Et ça me plait ! C’est aussi pour ça que je te les ai posées à toi, parce que tu ne poses pas de questions. Tu te contentes d’écouter et de répondre sans chercher à creuser davantage. Si j’en avais parlé à Matt, il m’aurait interrogée pour connaitre le fond de ma pensée et comme je suis incapable de mentir sans me trahir d’une façon ou d’une autre, il aurait fini par tout comprendre et…

Je soupirai, secouais la tête et m’intéressai de nouveau au lave-vaisselle.

- Je n’y tiens pas particulièrement.

La machine avait fini son cycle de lavage. J’en sortis le panier, attrapai un torchon et commençais à essuyer les verres. Je relevai le nez juste à temps pour croiser le regard d’Alex qui venait de s’accouder au comptoir. Avec l’estrade, j’étais presque à sa hauteur. Je lui décochai un sourire ravageur tout en m’emparant d’un autre verre mais je ne m’attendais pas à la suite.

- Matt ? Euh…

J’eus un moment d’hésitation pendant lequel je posais mon verre sur l’étagère derrière moi. Matt était carrément craquant, il fallait bien que je l’avoue. Et dans un autre contexte, je l’aurais certainement abordé. Mais ce contexte-ci était différent. Je le connaissais, je savais comment il était ou du moins, ce qu’il me montrait. On bossait ensemble, on se voyait tous les jours. C’était à l’encontre de mes principes.

- Merci mais non. Matt est un garçon adorable et je suis sûre que des tas de filles se battraient pour lui. Mais... Il mérite de trouver une fille qui souhaite construire quelque chose avec lui. Et ce n'est pas mon cas.

Je choppai un autre verre et me mis à l’essuyer énergiquement.

- Et de toute façon, j’ai pour principe de ne jamais sortir avec un homme que je connais déjà. Ce qui veut dire que…

Je relevai les yeux sur lui et pris une moue gênée, que mon regard amusé contredisait.

- Désolée, mais malgré ce que tu as dit tout à l’heure, c’est bel et bien foutu entre toi et moi.
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Alex Peterson
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Tout le monde semblait se tromper sur moi. J'avais si bien joué ? Je lui ai souri sans rien dire et j'ai croisé les bras sur le comptoir.

"Personne ne me connaît. Je suis désolé mais ta théorie ne fonctionne pas sur moi. Ni sur Matthew, d'ailleurs. Tu me vois, tu sais comment je m'appelle, encore que tu n'a pas mon nom en entier, tu ne sais pas non plus ce dont je suis capable, où je suis né, quel âge j'ai, où j'ai grandi et par quoi je suis passé." J'ai pris une profonde inspiration "Tu ne sais pas quelle est ma couleur préférée, quelle est mon équipe préférée… Ta théorie est bidon. Si tu pars du principe que tu connais un gars juste parce que tu le vois, alors tu connais tous les gars avec lesquels tu vas sortir." J'ai dressé un index en haussant les sourcils. "De plus ! On ne peut pas sortir avec quelqu'un que l'on ne connaît pas. C'est déjà un engagement en soi que de se dire que cette personne dépassera le 6h de relation maximum avant l'entrée dans le niveau "sortie". Tu vois ce que je veux dire ? Tu veux que je te dise ce que je pense ?"

Je me suis redressé, sans la quitter des yeux, les sourcils toujours hauts. "Tu poses trop de questions." Je me suis écarté du comptoir pour retourner à mon levage de chaises. J'ai brandi ma main devant elle, faisant pare feu avec ma paume. "Mais j'accepte ta décision ! Rien… ne sera possible entre nous ! Parfait ! Je respecte. Je…" Je lui ai tourné le dos dans un levé de cape théâtral et je m'en suis allé m'occuper d'aller chercher le balais au fond de la salle.

"Hey, Crackers, je t'ai dit que c'était mon soir de balais !"

J'ai relevé la tête, peut-être un peu plus vivement que je l'aurais voulu en entendant la voix de Lexy. Elle s'est approchée de moi avec son sourire qui me faisait fondre. Instinctivement, je me suis raidi, sans trop comprendre pourquoi. "Euh…" J'ai resserré le manche du balais contre moi. "Non, mais je vais le faire. Rentre chez toi, Princesse."

Elle s'est secouée d'un rire admiratif et mes poils se sont dressés sur mes bras. "Princesse ? Vraiment ? Je crois que tu as plus de poussières dans l'oeil que ce balais n'a de noeuds dans sa brosse."

Je me suis fendu d'un sourire gêné et elle a sautillé jusqu'à moi pour serrer mes bras dans ses mains. "Ca tombe bien que tu dises ça. J'ai un rencard ce soir et j'avais peur d'être en retard ! Merci !" Elle s'est dressée sur la pointe des pieds pour m'embrasser et m'a tapoté les épaules dans un immense sourire ravi. "Je te raconterai demain !" Elle a agité une main vers Angela pour la saluer et s'est mise à courir vers la cuisine, m'abandonnant là, au milieu de mon bar. "MATT ! Je rentre avec toi ! Attends-moi !"

J'ai dressé lentement deux pouces avec un magnifique faux sourire jusqu'à entendre la porte de derrière se fermer. J'ai inspiré profondément et j'ai secoué la tête avant de me remettre au travail.



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Angela Foster
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J’allais ouvrir la bouche au moment où une tornade entra dans la pièce. C’était Lexy. Cette fille, c’était toujours comme une bouffée d’air frais partout où elle passait. Je l’admirais quelque part parce qu’elle semblait toujours de bonne humeur, quoi qu’il arrive. J’avais le regard fixé sur Alex au moment où elle entra aussi, sa réaction ne m’échappa pas. Pendant qu’elle était avec nous, j’avais l’impression que l’attitude d’Alex avait changé du tout au tout. Et cela se confirma lorsque je vis l’espèce de sourire qu’il lui adressa tandis qu’elle quittait le bar avec Matt.

Je gardai cela dans un coin de ma tête et repris la conversation où nous l’avions laissée. Les paroles d’Alex avait soulevé quelques remarques que j’avais l’intention de lui dire avant de les oublier.

- Alex…

Je jetai mon torchon sur mon épaule et me penchai dans sa direction, posant mes avant bras sur le comptoir.

- Je n’ai pas dit que je te connaissais… Enfin si, mais…

Mince, sa théorie faisait tourner mon cerveau à plein régime. Elle était vraie quelque part, bien sûr, mais ce n’était pas comme ça que je voyais les choses.

- Ecoute, je bosse ici depuis… quoi ? 3 ou 4 mois ?

J’avais du mal à être plus précise parce qu’en réalité, je ne me souvenais plus vraiment quand j’avais franchi le seuil de ce bar pour la première fois. Maudite mémoire, elle avait vraiment un problème avec les dates. Je soupirai et plongeai mon regard dans le sien. Elle était pratique cette estrade, je n’avais pas besoin de me hisser sur la pointe des pieds pour espérer être presque à sa hauteur.

- Evidemment que je ne te connais pas, pas plus que Matt ou Lexy. Pas dans le sens où tu l’entends du moins. Mais je te vois presque tous les jours. Je vous vois presque tous les jours. Alors bien, sûr, je ne vois que ce que chacun de vous accepte de montrer et c’est réciproque d’ailleurs. Tu ne vois que ce que j’accepte de montrer bien que je n’ai pas tant de chose à cacher. Mais… avec le temps, j’ai quand même appris des choses. Je sais que Matt est parfois dans la lune, qu’il est compréhensif et qu’il écoute quand on a besoin de parler. Je sais également qu’il est prêt à aider sans poser de questions quand bien même ce qu’on lui demande peut-être bizarre. Je sais que Lexy est adorable avec nous tous, attentive, comme pourrait l’être une maman ou presque. Elle est  comme une bouffée d'air frais quand quelque chose nous oppresse. Elle s'inquiète pour nous et fait de son mieux pour qu'on se sente bien. Quand à toi…

J’hésitai un instant avant de continuant, rassemblant mentalement les données que j’avais réussi à glaner par-ci par-là à propos de lui.

- Je sais que tu les aimes, ces deux-là. Comme un frère et une sœur, et peut-être même plus…

J’indiquai d’un geste de la main la cuisine qui se trouvait derrière et, par extension, Matt et Lexy qui y étaient encore quelques minutes plus tôt.

- Je sais que tu en souffrirais s’il devait leur arriver quelque chose. De même que tu souffrirais si quelqu’un devait « toucher » à ce bar. Je sais aussi que, si on a besoin de se changer les idées, de rire un peu, on peut compter sur toi. Je ne te connais pas, mais quelque chose me dit que je peux te faire confiance. Tu as répondu à mes questions sans même me demander d’où elles sortaient, peu de personnes auraient fait de même. Et je sais que je t’apprécie pour ça. Alors peut-être que je me trompe, que tu caches bien ton jeu et que tu n’es pas du tout comme ça. Mais quelqu’un qui tient à ses collègues comme tu tiens à ces deux-là, ne peut pas avoir un mauvais fond.

Je me redressai, tirai mon torchon de mon épaule et me remis au boulot.

- Alors oui, je ne te connais pas, c’est vrai. Mais il y a quand même une sacrée différence entre toi et un mec que j’aurais rencontré depuis une heure à peine. Parce qu’au final, on s’en fiche de savoir qu’elle est ta couleur préférée ou quelle chanson tu chantes toujours sous la douche. Ca n’est pas représentatif de ta personnalité. Tiens, si je te disais que…

Je suspendis mon geste quelques secondes, cherchant quelque chose qui pourrait étayer ma thèse.

- … ma couleur préférée, c’est le bleu, et que je déteste les choux de Bruxelles, est-ce que ça te donnerait des précisions sur ce que je suis pour autant ? Non, tu saurais juste que j’aime le bleu et que je vais probablement te vomir dessus si tu me forces à manger de ces infâmes trucs verts. Ce qui, en soi, est bon à savoir, je te l’accorde. Mon frère ne fera plus jamais cette erreur…

J’esquissai un sourire comme si je me souvenais d’un moment agréable et secouai la tête pour me forcer à revenir au présent.

- Bref, ce que je veux dire, c’est que, de mon point  de vue, on apprend à connaitre les gens avec le temps, à force de les côtoyer. Et quelques heures ne permettent pas de connaitre quelqu’un, surtout si on passe ces quelques heures à… faire autre chose que discuter.

J’eus une moue gênée, haussai les épaules et me remis à travailler, adressant un sourire à Alex par-dessus mon verre.

- Mais… Merci de te montrer si compréhensif. Cela dit, un principe n’est qu’un principe… Il n’est pas rare qu’on passe outre. Tant que ça ne devient pas sentimental.

Je continuai à l’observer quelques instants en silence, essuyant mes verres, les rangeant, lançant une autre machine. Et, tandis que le lave-vaisselle tournait, je finis par rejeter mon torchon sur mon épaule et par rejoindre Alex au milieu de la salle, suite à quoi, je m’assis sur une table à côté de lui. Je savais que ce n’était probablement pas le meilleur moment pour parler, on avait encore du boulot, mais je savais également que c’était les seuls instants où nous pouvions parler entre collègues. Je n’avais jamais eus de moments comme ça dans mes autres jobs, mais je savais qu’ils étaient précieux, parce qu’ils renforçaient notre cohésion en tant qu’équipe. Ils nous aidaient à nous connaitre, à nous lier, à travailler ensemble et non pas chacun pour soi. Alors j’étais prête à échanger n’importe quoi, même à faire des dizaines d’heures supplémentaires non payées pour compenser ces instants.

- Pourquoi tu ne tentes pas ta chance ? Les relations entre collègues ne sont pas forcément une bonne idée mais c’est toujours mieux que de rester comme ça à la regarder partir avec un autre, non ? Et puis, on ne sait jamais, ça pourrait marcher…
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Alex Peterson
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Une chose était sûre, quand elle partait, on ne l'arrêtait plus. Et ce n'était même pas d'elle qu'elle parlait. Son analyse n'était pas mauvaise mais elle oubliait quelque chose. Je crois qu'elle était beaucoup trop sérieuse.

"Ouah, tu poses beaucoup de questions existentielles, mais tu parles tout autant, en fait !"

J'ai ri en m'activant dans le bar, replaçant Matt, Lexy, ma femme et ma famille dans un autre coin de ma tête pour quand je me retrouvais seul face à moi-même et libre de réfléchir. Angela glissait sur une pente qui ne m'intéressait pas, autant sur le plan professionnel que personnel. Et je ne supportais pas non plus que l'on montre du doigt ce qui m'était le plus cher. Voyez-vous, si quelqu'un comme Angie - une quidam de la porte d'à côté, en quelques sortes - était capable d'identifier ce qui "m'affaiblissait", alors c'est qu'il me fallait réfléchir à comment les protéger pour que personne ne serve d'eux contre moi. Je ne savais pas que Matt était de l'Underground, quant à Lexy… Et bien, quant à Lexy. Et forcément, quand quelque chose me dérangeait, je ne le faisais pas forcément savoir, mais je reprenais cet Alex que je voulais que l'on voit. J'ai donc rebondi sur les choses qu'elle aimait en riant.

"Non, ça veut dire que je sais dorénavant quoi t'offrir pour ton anniversaire ! Des choux de Bruxelles bleus."

J'ai affiché mon plus beau sourire, moyennant un clin d'oeil appuyé. J'ai acquiescé à ses remerciements et j'ai soupiré avant de secouer la tête. "Je plaisantais, Angie." La plupart du temps, les gens fuyant le sentimental étaient de ceux qui avaient un problème, et je savais de quoi je parlais. Pourtant, même quand ce n'était pas ce que nous semblions rechercher, c'était pourtant là que nous retombions à chaque fois. Cosima en était la preuve. J'ai haussé les épaules. "Tu peux avoir tous les principes du monde, quand tu ressens quelque chose, tu ne peux pas l'éviter et tu ne l'as, en général, pas prévu ! Il faut faire avec. Ou pas, mais ensuite, c'est ton choix !"

Que nous soyons seuls à présent ne m'avait pas échappé. Et pour une raison inconnu, ça me dérangeait. Non parce qu'il s'agissait d'Angela mais parce qu'elle était seule avec moi… A parler de choses qui n'auraient pas dû être. J'ai froncé les sourcils, sans m'arrêter de balayer. "De quoi tu parles ?" Les relations entre collègues ?! La seule raison pour laquelle je n'ai pas pensé qu'il pouvait s'agir d'elle-même, c'est parce qu'il n'y en avait qu'une que je laissais partir. Je me suis redressé et j'ai appuyé mes mains sur le haut du manche pour la regarder dans un soupir. Ne croyez pas que je paraissais triste ou touché ou ce que vous voulez. J'ai pris une expression étonnée.

"Lexy ?! J'ai un principe. Jamais avec des collègues." Je lui ai servi un clin d'oeil avant de me remettre au travail. "Et puis c'est ma meilleure amie. On a déjà essayé, il y a quelques années, ça ne marche pas." Et je me suis mis à rire en réalisant quelque chose. Je lui ai fait face avec un sourire de petit con sur les lèvres. "Tu crois que j'ai des sentiments pour Lexy, c'est ça ? Et bien, Jimmy Kimmel vient de se réveiller d'entre les morts et il a une question pour toi : ne t'est-il pas venu à l'esprit que je pouvais simplement m'inquiéter pour elle et ce gars dont j'ignorais l'existence jusqu'à ce soir ? Tu l'as dit toi-même, je ferai n'importe quoi pour Matt et Lexy. (Mac Lesguy ? Je sors…) C'est aussi simple que ça ! Je crois que tu me confonds avec quelqu'un d'autre."



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Angela Foster
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La remarque d’Alex me fit rire. Je levai les bras au ciel, mimant l’impuissance.

- Et oui, je suis une fille, que veux-tu ? J’ai beau essayer de le faire oublier parfois, ça finit toujours pas me rattraper. Je parle beaucoup trop, à tort et à travers et je pose trop de questions.

Je me frappai alors la poitrine dans un air de douleur et secouai la tête.

- Mais pourquoi suis-je une fille ?

Je m’étais remise à essuyer des verres lorsqu’il rebondit sur les choux de Bruxelles. Je posai sur lui un regard sceptique, hochai finalement la tête et esquissai un franc sourire.

- Tu as le goût du risque hein ? Dieu merci, tu ne connais pas la date de mon anniversaire !

En réalité, je n’étais pas totalement sûre de cette affirmation. La date figurait sur mon CV. Mais je savais que ce n’était pas l’information la plus importante qu’il contenait et Alex l’avait regardé si rapidement avant de le jeter à la poubelle que je n’étais même pas sûre qu’il se soit arrêté dessus. Et quand bien même il l’aurait fait, il n’avait probablement pas mémorisé quelque chose d’aussi insignifiant qu’une date de naissance. Quel intérêt ça aurait eu ?

Je relevai la tête et fronçai les sourcils quand il évoqua l’inévitabilité des sentiments. Je me contentai de hausser les épaules tout en reprenant mon boulot.

- Disons que j’évite de me mettre dans une situation où je pourrais risquer de ressentir quelque chose. C’est plus simple, y’a moins de prise de tête.

Je lui lançai un regard mutin et continuai.

- Déjà que je me pose trop de questions, je ne vais pas en plus en rajouter en me lançant dans une histoire sentimentale !

Je l’observai, tandis qu’il continuait à balayer. J’eus un petit rire ironique tandis qu’il me parlait de son principe à lui et hochai la tête d’un air appréciateur.

- Oh je vois. D'accord, je comprends.

J’allais me contenter de son explication, je pensais qu’il allait s’en tenir à « on a essayé, ça n’a pas marché ». Aussi, je pris appui sur la table et sautai sur le sol. Ce fut le rire d’Alex, comme s’il réalisait soudain quelque chose, qui m’arrêta. Je me retournai vers lui, le temps d’apercevoir son sourire.

- Je n’ai pas parlé de sentiments !

Je haussai les épaules avec un petit sourire malicieux.

- Mais ce que j’en dis moi, c’est que tu as « changé » au moment même où elle est entrée dans la pièce, bien avant de savoir qu’elle avait un rancard. Et oui, je parle trop, je pose trop de questions, et je vois des choses que je ne devrais probablement pas voir. T'as de la chance d'être un mec, profites-en. Mais n’oublie pas ce que tu m’as dit : il ne faut pas se voiler la face.

Je retournai en direction du comptoir et m’arrêtai au bout de quelques pas.

- Et j’ajouterai même que la frustration met de mauvaise humeur. Après, ce que j’en dis…

Je haussai les épaules et repassai derrière le bar pour me remettre au travail.


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Alex Peterson
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Ne dites jamais à Angela que quand il s’agissait de fille, je les visualisais avec plus de poitrine et plus de jambes.

« Bien sûr que je suis différent quand elle est là ! Elle est ma meilleure amie, c’est comme une soeur, l’affection que j’ai pour elle n’a pas de limite, c’est une complicité éprouvée sur plusieurs années. Je suis différent quand Matt entre dans la pièce, aussi ! »

J’espère être suffisamment convaincant comme ça. J’ai haussé les épaules en apportant l’évidence même à Angela. Je ne me voilais pas non plus la face mais ça, elle ne pouvait pas le savoir. Et si je n’avais rien expliqué à Lexy - ni à Matt ou alors juste à demi mots - je n’allais pas m’épancher sur Angela. Ce que je venais de lui dire était vrai, cette affection que je portais à Lexy n’était pas visible que ce soir, elle l’était tout le temps. Nos petits jeux, nos taquineries… Quand elle était dans la pièce, j’étais différent et ça ne tenait pas uniquement à un rencard. Elle faisait sortir le meilleur de nous-même. Je me suis souvent demandé si je pouvais récupérer ma famille, est-ce que j’étais prêt à prendre ce risque pour être avec eux. Mais trop d’années avaient passé, trop d’eau avait coulé et plus le temps filait, moins je n’avais l’impression de mériter de retrouver ma place. J’avais fait un choix, pris une décision difficile, je me devais de l’assumer, sinon, tout ça n’aurait servi à rien.

« Est-ce que j’ai l’air de mauvaise humeur ? Je ne suis pas frustré ! Je me demande juste c’est qui ce type qui sort de nulle part, c’est tout. Et au lieu de t’occuper de ma vie, tu ferais mieux de travailler. Le plus secret dans ce bar, c’est sûrement pas moi ! » Je faisais allusion à Matt mais à bien y réfléchir, Angela n’était pas en reste. J’étais persuadé d’avoir le plus lourd passif de tous et que, par conséquent, si je n’étais pas capable d’accepter les secrets des autres, alors je ne pouvais pas leur demander d’accepter le mien. C’était ainsi que je fonctionnais.



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Angela Foster
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La réaction d’Alex me laissa perplexe. Je plaisantais depuis le début (du moins pour la partie concernant Lexie), mais j’eus soudain l’impression que ce n’était pas son cas à lui. Je fronçais les sourcils et hochai la tête, pas totalement convaincue. Vous voulez mon avis ? Il se défendait un peu trop vite et trop fort pour être totalement sincère. Je lui adressai un sourire en coin et haussai les épaules. Le lave-vaisselle avait fini son cycle. J’allais me remettre vraiment au travail lorsque la remarque d’Alex me cueillit de plein fouet.

Pas de mauvaise humeur ? Et ça alors, c’était quoi ? J’eus cependant la présence d’esprit de rien répondre à cela. En fait, je sentais que la raison de cette mauvaise humeur, c’était moi et quelque part, je m’en voulais un peu. Je n’avais pas eu l’intention de provoquer une réaction de ce genre. Je voulais juste discuter. Manifestement, je ne savais pas comment m’y prendre avec Alex. C’était étrange, en règle général, je m’entendais plutôt bien avec les gens, j’arrivais bien à les cerner et je savais comment faire pour les mettre de bonne humeur mais lui…

Je relevai les yeux sur lui, hésitai un instant, me demandant quelle attitude adopter. Devais-je m’excuser, m’indigner de sa façon de me remettre à ma place, ou prendre ça à la rigolade ? J’optai pour une solution toute autre : l’indifférence.

- OK, message reçu.

Je sortis le panier de la machine et récupérai le torchon que j’avais négligemment jeté sur mon épaule. J’entrepris alors de faire mon boulot avec le plus grand professionnalisme et surtout, en silence, n’accordant plus la moindre attention à Alex. Quelque chose me disait qu’il valait mieux que je le laisse tranquille pour le moment. Mon but n’était pas non plus de le pousser dans ses retranchements. Je ne m’étais pas rendue compte que j’avais touché un sujet délicat et je ne voulais pas mettre à mal la bonne ambiance de ce bar. Je me sentais bien ici, je ne voulais pas me sentir obligée de partir parce que les choses ne se passeraient pas bien par ma faute.

J’ignorai tant et si bien Alex que je finis presque par l’oublier. Tandis que je m’occupais de mes affaires, je me mis à fredonner une chanson que j’avais dans la tête. Doucement d’abord, puis de plus en plus fort pour finalement me lâcher complètement sur le refrain.

- Just beat it, beat it, beat it, beat it. No one wants to be defeated. Showin' how funky strong is your fight. It doesn't matter who's wrong or right. Just beat it, beat it. Ouh !

Je ponctuai ce “ouh” d’un tour à la Michael Jackson et, tandis que je revenais face à la salle mon torchon dans une main, un verre dans l’autre, les deux mains à moitié levées vers le plafond, mon regard capta la silhouette d’Alex que j’avais, pour le coup, finis par complètement oublier. Je m’arrêtai net, secouai la tête et levai la main comme pour prévenir toute remarque intempestive.

- Oui, je sais, je ferais mieux de travailler.

Et ayant dit cela, je me remis à essuyer mes derniers verre avec autant d’ardeur que j’en avais mis à faire ma pirouette. Au bout d’un moment, cependant, mon ardeur retomba (on ne pouvait pas garder un tel rythme très longtemps, ou en tous cas, pas moi) et en même temps, je me remis à penser à tout cela, à tout ce que nous avions dit ce soir, l’un et l’autre, à la façon dont il avait répondu à mes questions. Il m’avait donné son avis, un avis que je trouvai parfaitement sensé, mais malgré tout, je n’arrivais pas à prendre une décision. Bon, certes, je n’avais pas encore de décision à prendre parce que rien ne me disait que Garin avait trouvé une solution à mon problème, mais et si c’était le cas ? Je voulais y réfléchir avant, pour savoir comment réagir au moment venu.

Je commençais à sentir la fatigue tomber. Depuis quelques semaines, ma vue se troublait parfois lorsque j’étais épuisée. Je ne distinguais plus les choses autour de moi pendant quelques secondes et puis, ça redevenait net. C’était resté un fait anecdotique au départ mais maintenant c’était de plus en plus fréquent et de pire en pire. On m’avait dit que ça risquait d’arriver et qu’on ne pouvait rien faire de plus.

Je me massai les yeux quelques secondes, espérant que ça suffirait à faire passer ce voile et me remis au boulot. Mais cela n’arrangea rien, au contraire… Je rouvris les yeux pour me trouver face à un écran noir.

- Alex ?

Il n’avait pas fait ça quand même ? Il n’avait pas éteint la lumière alors que j’étais encore en train de travailler ! Mais dans ce cas-là, la lumière indiquant la sortie de secours serait quand même visible… Commençant à paniquer, je tournai sur moi-même, cherchant quelque chose, une lumière, un reflet, n’importe quoi !

- Alex ! Ce n’est pas drôle !

J’avais haussé la voix, laissant apparaitre ma peur. Je voulais croire que c’était seulement une blague qu’il me faisait, qu’il avait complètement coupé l’électricité ou un truc de ce genre. Je n’y connaissais rien, peut-être qu’il suffisait d’une coupure de courant pour éteindre la sortie de secours.

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Alex Peterson
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Je n'aimais déjà pas beaucoup parler de moi, mais parler de Lexy et moi, c’était encore bien plus hors de portée. Et pour quoi ? Par peur de montrer une faiblesse ? Je ne voulais pas que l’on me regarde comme ça, je voulais gérer ce bar comme ma maison et le défendre comme ma famille. Quand bien même j’avais tenté de m’éloigner de tout ce qui comptait pour moi, je ne pouvais faire abstraction de tout attachement. J’avais besoin d’un équilibre et la raison pour laquelle je ne retournais pas auprès de ma femme, et bien c’était surtout par honte. Mais j’y songeais de plus en plus, depuis que Cosima n’était plus là. Je n’étais pas vraiment dingue de Lexy, j’étais surtout attiré par la stabilité émotionnelle qu’elle m’offrait. Et tant que Cosima était là, tout conservait un équilibre. Et pourquoi m’empêcher d’être avec elle ? Tout simplement parce que ce que nous avions aujourd’hui était bien plus précieux qu’un simple… couple.

J’avais souri et secoué la tête à la pirouette d'Angela. Elle apportait une dose de joie en plus au bar. Je ne pouvais cependant pas m’empêcher de la considérer comme une triste petite personne. Elle était aussi rêveuse que Matt mais elle possédait toutefois la même énergie que Lexy. Quant à ce que cela faisait de moi, je n’en ai aucune idée. Pendant qu’elle finissait de s’occuper du bar, j’ai rangé la cuisine. Nous avions déjà mangé et j’avais hâte de retrouver mon lit. J’en rêvais quand j’ai entendu Angela m’appeler. « Quoi ? »

Je suis revenu dans la salle et je l’ai vue, à moitié affolée, sans trop comprendre pourquoi. « De quoi tu parles ? Je n’ai rien fait ! » Je me suis approché d’elle et j’ai pris ses épaules dans mes mains pour qu’elle cesse de gigoter dans tous les sens. Je me suis baissé pour avoir son visage près du mien. « Angie ! » Ses yeux étaient bizarres et j’ai froncé les sourcils en me demandant ce qui pouvait bien lui arriver tout à coup. « Hey, tout va bien ! »



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Angela Foster
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La voix d’Alex me parut lointaine, comme s’il était dans la cuisine ou à l’autre bout de la salle. Elle venait de derrière moi, mais j’avais tellement tourné que je ne savais plus vraiment dans quelle direction j’étais orientée. Je ne l’avais pas vu se rendre dans la cuisine, je ne savais pas où il était. J’essayai de le localiser mais son simple « quoi ? » n’était pas tellement suffisant.

- Où est ce-que tu…

On s’était mis à parler en même temps et tandis que je posai ma propre question, j’entendais la sienne. Je crois que n’importe qui aurait fait la même chose que moi en entendant son « je n’ai rien fait », je laissai la panique m’envahir. Elle était due à deux raisons. J’avais toujours plus ou moins eu peur du noir. Mais pas de tous les noirs, uniquement de celui que je ne « contrôlais » pas. Comment expliquer cela ? Je n’avais pas peur lorsque j’étais seule dans ma chambre, dans le noir, parce que je savais ce qu’il se passait, je savais que j’étais seule et c’était moi qui avais éteint la lumière. Mais quand j’entrais dans une pièce obscure, je ressentais toujours une espèce d’angoisse tant que je n’avais pas allumé et cette angoisse grandissait si je n’arrivais pas à trouver l’interrupteur tout de suite. Et c’était la même chose quand j’étais dans une pièce et que la lumière s’éteignait sans que je m’y attende. L’autre raison que j’avais de paniquer, c’est que, quelque part, mon esprit commençait à faire le lien.

- La lumière…

Je m’arrêtai de parler lorsque je sentis des mains sur mes épaules, qui m’incitaient à rester calme. Et la voix d’Alex s’éleva, juste à côté de moi. C’était ce qu’il fallait pour calmer ma peur du noir, que je sente que je n’étais pas seule et qu’il n’arriverait rien. Seulement mon autre angoisse était toujours là. Elle était même de plus en plus présente au fur et à mesure que je comprenais ce qu’il se passait.

- Dis-moi que c’est toi qui as éteint la lumière !

Je commençais à comprendre, mais je ne voulais pas reconnaître que c'était possible. Je tremblais presque sous l'effet de la panique. Je portais les mains à mes yeux, dans ce geste de réflexe qu'on a souvent lorsque nos yeux sont fatigués ou qu'on a l'impression que notre vue nous joue des tours. Et puis, c’est revenu, progressivement. Le visage d’Alex me parut d’abord très flou et très sombre, mais je le voyais. Le rythme de ma respiration ralentit alors, progressivement, tandis que l’image devenait plus nette. En cet instant, j’eus l’impression que le visage d’Alex était la plus belle chose qu’il m’était donné de voir. Mais pas parce que c’était Alex, c’était juste parce que je voyais à nouveau et mon soulagement était à la hauteur de l’inquiétude que je venais d’avoir.

Et ce fut ce même soulagement qui m’amena les larmes aux yeux tandis que je posai mon front sur l’épaule d’Alex.
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Alex Peterson
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Les gens réagissent tous différemment à la panique. Certains crient, d’autres restent de marbre. Certains agissent, d’autres deviennent impuissants. J’étais un peu de tout ça. Je ressentais la panique des autres, ce qui faisait accélérer les battements de mon coeur, je n’élevais pas la voix sauf s’il le fallait pour me faire entendre, et j’agissais autant que possible avant que, quoi que je fasse, cela demeurait inutile.

« Quelle lumière ? Non, Angie, je n’ai pas éteint la lumière, pourquoi j’aurais éteint la lumière s’il y a encore quelqu’un dans la pièce ? » Je me voulais rassurant mais je doutais de l’être. Il est possible d’agir contre quelque chose que nous voyons ou que nous comprenons. Mais face à l’inconnu comme Angie, j’étais démuni. J’ai cligné des yeux quand elle a frotté les siens et j’ai cherché son regard jusqu’à ce qu’elle semble enfin me voir. Des accès de « folie » comme celui-ci, j’y avais été habitué avec ma mère, mais Angela ne m’avait pas parue aussi déséquilibrée qu’elle ! Quand ma mère s’était murée dans cet état bizarre, il y avait une raison à cela, elle se protégeait de quelque chose et, éventuellement, les crises avaient un jour fini par se calmer jusqu’à disparaître. Mais ça n’avait rien à avoir avec Angela. J’ai porté ma main à sa joue en haussant les sourcils, comme si je lui demandais silencieusement si ça allait mieux, qu’elle comprenait que tout allait bien.

Je n’avais aucun élément pour comprendre ce qui lui arrivait, ni aucun repère. Jamais personne n’avait été malade dans ma famille. Ma grand mère était morte de vieillesse, ma soeur était bien portante et je ne connaissais pas mon père. Alors c’est sans un mot que je l’ai laissée venir contre moi en redressant la tête. J’ai passé mon bras autour de ses épaules et j’ai scruté la pièce, comme si quelqu’un, ou quelques chose, allait pouvoir m’expliquer ce que je détestais ne pas comprendre. J’ai serré son épaule dans ma main. J’ai penché la tête pour la voir en passant mes doigts dans ses cheveux et lui caresser la tempe du pouce. Je l’ai gratifiée d’un sourire rassurant. « Tout va bien, d’accord ? »



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Angela Foster
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La réponse d’Alex à ma question n’avait rien pour me rassurer. En fait, elle confirmait ce que je me refusais à accepter jusqu’à présent. Maintenant que ma vue était revenue, la panique s’en était allée, mais elle laissait derrière elle un sentiment étrange. Comme une sourde angoisse. J’avais toujours eu peur de la façon dont ça pouvait évoluer et ça, me retrouver dans le noir en permanence, était l’une des choses que je craignais le plus.

Je restai un instant contre Alex. Je sentais son bras autour de mon épaule et sa main dans mes cheveux, mais c’était étrange, c’était comme si je ne les sentais pas vraiment. Comme si, entre ses mains et moi, il y avait je ne sais quelle substance qui estompait ses gestes. Je n’arrivais pas à me défaire de cette angoisse, je sentais encore mon cœur tambouriner dans ma poitrine. J’avais passé mes bras autour de la taille d’Alex et je m’accrochais à lui comme on s’accroche à une bouée de secours. Avais-je conscience de ce que je faisais ? Que c’était Alex ? Pas sûr, j’étais ailleurs, perdue dans mes pensées, luttant contre l’angoisse qui remontait, essayant de refouler mes larmes et de calmer ma respiration.

Ce sont ses mots qui me ramenèrent sur terre. Non tout n’allait pas bien ! Et si ma vue n’était pas revenue ? Qu’est-ce que j’aurais fait ? Que se serait-il passé ? Que se passera-t-il quand ce sera le cas ? Parce que je savais que ça arriverait forcément un jour. Je savais que j’allais forcément me retrouver dans le noir, une bonne fois pour toute. Et vous vous souvenez ? J’ai peur du noir. J’acquiesçai cependant et me détachai d’Alex, prenant soudainement conscience que je m’accrochais à lui comme une désespérée. C’était plus ou moins ce que j’étais mais je ne voulais pas qu’il s’en rende compte. Même si c’était sûrement trop tard.

Je m’essuyai les yeux avec la paume de ma main et hochai la tête une nouvelle fois.

- D’accord. Je…

Je secouai la tête. J’avais le sentiment qu’il fallait que je me justifie. Il devait se poser des questions. Je savais qu’il ne me les poserait pas directement, mais je me doutais qu’il essaierait d’y répondre par lui-même, avec ce qu’il savait de moi. Et j’avais un peu peur de ce qu’il pourrait penser. Après tout, comme Matt, il avait pu se rendre compte de ma propension à me blesser régulièrement, il y avait aussi mon comportement de cette semaine. J’avais peur qu’il ne parvienne à une fausse conclusion. Et en même temps, je ne voulais pas non plus qu’il arrive à la bonne.

- Je suis désolée, je suis fatiguée, je crois. Je…

Je jetai un œil au bar.

- Je termine ça et je vais rentrer, c’est mieux.
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Alex Peterson
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Je ne comprenais toujours pas ce qui se passait mais je savais, en mon fort intérieur, que ça n’avait rien de bon. Ce n’était pas un bon signe et à en juger par son état ? Vraiment pas bon signe du tout. J’ai soupiré en la laissant s’écarter mais je n’ai… posé aucune question. Et si elle était malade ? Et si il y avait quelque chose de si horrible dans sa vie qu’elle n’ait pas le courage d’en parler à voix haute, qu’elle prenne ça pour de la pitié ! Et pire… Et si je soupçonnais une maladie… Mais qu’elle n’en sache rien avant de se poser des questions ? Non, questionner les gens n’était jamais une bonne idée, surtout quand vous ne saviez pas où vous mettiez les pieds. J’ai posé ma main sur son épaule.

« Je vais te ramener, c’est mieux. » J’ai acquiescé, ne voulant pas clairement dire que si elle devait à nouveau traverser un tunnel qui n’existe pas, il valait mieux que la personne au volant, ce soit moi. « Sinon, tu peux dormir ici si tu préfères. Je peux prendre le bureau, c’est pas gênant. Mais… je ne pense pas qu’il soit très indiqué quoi qu’il en soit de te laisser rentrer seule. » J’ai souri. « Je suis un connard, pas un abruti. » Un léger rire a secoué mes épaules et j’ai caressé sa joue avant d’acquiescer. « Laisse ça pour ce soir, c’est trois fois rien, je le ferai demain matin. »



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Angela Foster
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Fidèle à lui-même, Alex ne me posa pas la moindre question. Et je lui en fus reconnaissante. Je n’aurais pas été capable de lui mentir. Enfin, je ne l’étais déjà pas d’habitude, mais ça ne m’empêchait pas d’essayer, même si je savais que les gens n’étaient pas dupes. Mais là, je crois que je n’aurais même pas réussi à trouver la moindre excuse autre que « je suis fatiguée ». J’espérais d’ailleurs l’avoir convaincu avec ça. Mais je n’avais aucun moyen de le savoir. Je n’étais pas aussi douée que mon frère pour lire sur les visages des gens, même si je me débrouillais pas trop mal. Mais là, en l’occurrence, je gardais la tête baissée, j’osais à peine le regarder. Je crois que j’avais peur qu’il lise dans mon regard ce que je voulais garder pour moi.

Sa main sur mon épaule, je l’ai vraiment sentie cette fois. J’ai froncé les sourcils en entendant sa proposition et j’ai secoué la tête.

- C’est gentil, mais ça va aller.

En fait, je n’en étais pas très sûre (et ça se voyait certainement sur mon visage), mais quelque chose me disait que le pire était passé pour aujourd’hui. Les « crises » de ce genre avaient beau être fréquentes, elles ne se suivaient tout de même pas avec un intervalle de temps aussi court. Je savais que je pouvais rentrer chez moi sans problème. Ou du moins, sans problèmes de vue. Parce que je savais aussi qu’une fois seul, aux commandes de ma moto, je me perdrai dans mes pensées, ma moto continuant son chemin tout seul, comme si elle était en mode pilote automatique. C’était quelque chose qui m’arrivait souvent et qui était assez dangereux, je devais bien l’avouer, parce que du coup, j’étais moins concentrée sur la route.

- Et il faut que je ramène ma moto.

Oui, je sais, pour beaucoup, c’était une excuse bidon pour refuser l’aide de quelqu’un sans lui dire clairement qu’on n’avait pas besoin de lui. Pas pour moi. J’aimais bien Alex, je n’avais aucune raison de refuser son aide. La seule chose qui m’inquiétait, c’était qu’il découvre la vérité, mais comme il ne posait pas de questions, c’était plus facile de la garder pour moi.

Et puis, il parla de rester ici.

- Non, je… Alex, c’est…

Je me passai la main sur la nuque et soupirai en haussant les épaules.

- C’est très gentil mais je voudrais pas te déranger. Je…

J’essayai d’esquisser un petit sourire mais il ne devait pas avoir l’air vraiment convaincant.

- Je t’ai déjà fait perdre assez temps pour ce soir. Je vais finir mon boulot, j’ai presque terminé de toute façon, tu l’as dit toi-même. Ce n’est pas à toi de le faire. Et puis… ça me permettra de me remettre les idées en place avant de prendre la route. C’est plus prudent.
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Alex Peterson
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J’ai inspiré profondément. S’il y avait un comportement qui attisait ma patience, c'était celui-ci. Pourquoi les gens ne pouvaient-ils pas se contenter de ce qu’on leur disait ? « Il faut que je ramène ma moto ». C'était sûrement l’excuse la plus bidon et la plus nulle que je connaisse. Ramener sa moto ? Comme si elle ne pouvait pas rester ici. De quoi avait-elle peur, qu’on lui pique ou que je devienne gênant ? J’ai opté pour les deux à la fois. Et subitement, c’était me déranger qui la dérangeait. Et donc, se remettre les idées en place était la nouvelle excuse. Et bien sûr, tout ça était soudainement plus… Prudent.

Je ne sais pas ce qui m’a rendu plus raisonnable. Ce bar ? Le contact stable de Lexy quand je suis arrivé ? Les responsabilités qu’on m’a offertes sans que je doive trouver un moyen de les accepter ? Toute ma vie, je l’avais passée à fuir quelque chose et je n’avais pas envisagé ni de me marier si tôt - il fallait plus y voir un acte de rébellion qu’une véritable envie de me passer la bague au doigt - ni même de devenir père aussi jeune - je l’avais accepté, bien sûr mais je l’aurais d’autant mieux accepté 10 ans plus tard, autrement dit… Dans ces jours-là. Le bar était la première et seule chose que j’avais jamais autant désirée et m’en occuper était loin d’être une corvée. C’était dur, bien sûr et je m’énervais parfois parce que tout n’allait pas comme je le voulais mais j’étais devenu exigeant.

Quoiqu’il en soit, j’étais aussi devenu plus responsable et avec ça, plus sévère. Mon regard s’est durcit, je détestais les fausses excuses et comme Angela ne mentait pas, elle n’avait donc, selon moi, pas de raisons valables d’employer ce genre de parades. Pourquoi les gens se devaient-ils d’être toujours aussi têtu ?!

« Angela, ou tu dors ici, ou je te ramène en voiture mais en aucun cas, moi vivant, tu ne remonteras sur cette moto pour rentrer à une heure pareille alors que tu as été aveugle pendant plusieurs minutes. »

Donc, taper une crise, s’effondrer contre moi et ensuite me faire croire « que c’était plus prudent » qu’elle rentre seule à moto, c’était normal selon elle ? A mes yeux, il s’agissait clairement d’un appel à l’aide. Vous savez, comme quand une fille vous dit non en riant, ce qui veut clairement dire oui. Je n’étais pas né de la dernière pluie. J’ai fait un pas en arrière en lui montrant son torchon et j’ai haussé les sourcils.

« Tu ranges tout ça, tu ramènes ta moto en arrière-boutique et pendant ce temps je te prépare un bain. » J’ai refait un pas vers elle. « Oui, parce qu’à la réflexion, j’ai la flemme de me cogner le double trajet jusqu’en Ville Médiane donc tu vas dormir ici. » J’ai tourné les talons en revenant vers la cuisine. J’ai néanmoins crié depuis les escaliers. « Fin de la discussion ! »



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Angela Foster
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Si j’avais espéré avoir convaincu Alex de me laisser me débrouiller, que ça irait, je devais bien me rendre à l’évidence qu’il n’en était rien. Manifestement, il était déterminé à m’empêcher de rentrer chez moi seule. Et il devait être encore plus têtu que moi. Quoique ça, ça restait à prouver, parce que généralement, je ne lâchais rien. Ou bien je faisais juste semblant de lâcher pour éloigner les « enquiquineurs ». Mais ce soir, face à Alex, j’étais juste tellement remuée par ce qu’il venait de se passer que je n’eus même pas la force de contester plus.

Je relevai les yeux sur lui en entendant le mot « aveugle ». Aussi étrange que cela puisse paraitre, c’était un mot que je n’avais même pas osé penser. Parce qu’il représentait trop de choses, il avait un caractère trop définitif et surtout parce qu’il me faisait peur. Pendant une fraction de seconde, j’eus envie de le reprendre, de lui dire « non, tu te trompes, je n’étais pas aveugle ». Mais c’était pourtant bien précisément comme cela qu’on appelait les gens qui ne voyaient plus, ne serait-ce que pendant quelques minutes.

Et Alex continua à parler, d’un ton qui ne souffrait aucune contradiction. Mais de toute façon, j’avais déjà cédé face à sa détermination, comme je le disais, je n’avais pas la force d’être plus têtue que lui, pour une fois. Cependant, si j’étais prête à le laisser me ramener, l’autre solution m’était plus difficile à envisager. J’ouvris la bouche pour protester à nouveau, même si je savais que c’était probablement peine perdue, mais n’eus pas le temps de prononcer le moindre mot. Alex, comme s’il venait de lire dans mes pensées, venait de me crier un « fin de la discussion » impérieux.

Je soupirai, résignée et fit ce qu’il me demandait. Vous savez, rien ne m’empêchait de partir quand même, d’aller récupérer mes clefs et mon casque dans l’arrière-boutique et de m’en aller pendant qu’Alex avait le dos tourné. Mais j’étais tellement secoué que cela ne vint même pas à l’esprit. Mon côté rebelle n’avait pas la force de se manifester. Au lieu de cela, je finis de ranger le bar et garai ma moto dans un coin.  

Lorsque j’eus terminé, je me sentais un peu mieux. Ou du moins, j’étais plus calme. Comme je l’avais dit à Alex, travailler encore m’aiderait à me remettre les idées en place. Il m’avait laissée seule alors j’avais pu réfléchir à loisir. Et si l’angoisse persistait, elle s’accompagnait maintenant d’une sorte de résignation. Qu’est-ce que je pouvais y faire de toute façon ? Je n’avais pas les moyens de changer ça. Mes médecins n’avaient pas non plus les moyens de changer de ça. Et au moment où je me disais cela, je pris conscience qu’une fois encore, le traitement que je suivais ne fonctionnait pas. Sinon, les choses n’auraient pas évolué de cette façon. Je me laissai tomber sur un tabouret, posai mes coudes sur le bar et pris ma tête entre mes mains, exposant mon tatouage à quiconque viendrait dans mon dos. J’avais beau m’être efforcée de ne pas espérer, je n’avais pas pu m’en empêcher et, encore une fois, la déception venait conclure tout ça.


[HJ, désolée, je ne savais pas trop quoi ajouter]
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Alex Peterson
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En m’éclipsant, je me suis laissé entendre que je pouvais redescendre et trouver le bar vide. Elle aurait pu en profiter pour s’éclipser elle-même mais elle était là, en bas, au comptoir avec la tête d’une fille des mauvais jours. Quand l’une d’elle arrivait dans cet état, je venais souvent à sa rencontre, je leur servais un verre gratuit accompagné d’un « dure journée ? » et d’un sourire compatissant. Mais il était trop tard pour ça, nous avions tout rangé. De la porte battante de la cuisine, je l’ai appelée.

« Allez, viens, c’est prêt. Ca te fera du bien avant de dormir, je voudrais pas me montrer grossier mais t’as une mine à déterrer des zombies, alors… » J’ai haussé une épaule. « L’eau est chaude, je t’ai sorti une serviette et comme je sais pas comment tu dors, je t’ai mis un vieux t-shirt sur le lit. » Vu ma taille et en considérant son poids, je me suis demandé combien on pourrait en mettre des comme elle, dans mes vêtements. « Je vais tout éteindre, prends ton temps. » J’allais tourner les talons pour m’occuper des poubelles dehors avant de fermer, mais je me suis retourné vers elle avec un sourire. « Et tu ne me déranges pas. Quand on vit ici, avec tout le bruit la journée, Matt qui arrive tôt le matin, Lexy qui part tard le soir… On pourrait croire qu’être seul fait du bien mais, en réalité, c’est plutôt agréable d’avoir de la compagnie. »

Je lui ai fait un clin d’oeil et je lui ai montré l’étage avant de me détourner. 10 minutes plus tard, j’avais tout éteint, les poubelles étaient sorties, toutes les portes étaient verrouillées et je suis remonté, baillant au corneille pour aller m’installer dans le bureau. J’ai retiré ma veste, non sans jeter un regard vers la chambre pour deviner où elle était.

« Hey, tout va bien ? »



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Angela Foster
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La voix d’Alex me fit relever la tête. J’étais tellement perdue dans mes pensées que j’avais oublié qu’il était encore là, que j’étais encore au bar. Oui je sais, j’avais tendance à facilement tout oublier. Quand j’étais dans un état comme ça, je me forgeais une sorte de bulle et plus rien n’existait autour. Il fallait soit me parler soit me secouer pour me ramener sur terre.

Je fronçai les sourcils, me demandant de quoi Alex parlait. Et puis, cela me revint : le bain, dormir ici… J’esquissai un pâle sourire à la remarque d’Alex.

- Mouais, ça ne doit pas tellement changer de d’habitude.

Je savais très bien de quoi j’avais l’air, habituellement. J’étais naturellement pâle, que voulez-vous, les blonds ont rarement la peau foncée. Et j’avais l’habitude de sortir le soir, ce qui faisait que je ne dormais généralement pas assez la nuit et que j’avais l’air assez fatiguée en permanence. Mais je compensais cela par ma bonne humeur et mon énergie. Ce soir, il me manquait juste la bonne humeur…

Je me levai de mon tabouret, et pris la direction que m’indiquait Alex. En passant à côté de lui, je m’arrêtai, me hissai sur la pointe des pieds et déposai un  baiser sur sa joue.

- Merci.

Alex s’était montré plus que gentil ce soir. Non pas que ce ne soit pas dans ses habitudes, mais jusqu’à présent, nous n’avions jamais été dans ce genre de situation. Il était attentionné, serviable. Et il était « là », tout simplement. Ca aurait été n’importe qui, j’aurais agi de la même façon.

Je montai à l’étage et m’enfermai dans la salle de bain. L’eau était vraiment chaude, c’était agréable et, peu à peu,  je me détendis. Allongée dans la baignoire, je continuais à réfléchir jusqu’à ce que, petit à petit, mes pensées prennent elles-mêmes un autre chemin. Prendre un bain, ce n’aurait certainement pas été la première idée qui me serait venue. En fait, si j’avais été seule, j’aurais très probablement enfourché ma moto et roulé, roulé encore sans but, juste pour sentir le vent, voir le paysage urbain défiler sous mes yeux, me griser par la vitesse. Ou peut-être que j’aurais pis mon violon ou ma guitare et que j’aurais joué jusqu’à avoir mal aux doigts.

Lorsqu’Alex m’interrogea de l’autre côté de la porte, j’avais la tête sous l’eau. Je faisais toujours ça quand je prenais un bain. A un moment où à un autre, je plongeais et restais ainsi jusqu’à ce que mes poumons ne réclament de l’air de toute urgence. J’entendis sa voix, très assourdie et remontai à la surface, prenant une grande inspiration, soulageant ainsi mes poumons qui commençaient à souffrir. Je me passais la main sur le visage pour en chasser l’eau et recoiffai mes cheveux vers l’arrière.

- Oui, ça va, merci.

Je sortis du bain, me séchai et enfilai le t-shirt qu’il m’avait prêté. Il était d’ailleurs vraiment trop grand, je nageais dedans. En fait, je crois qu’on aurait pu sans problèmes en mettre deux comme moi à l’intérieur. Mais Alex était beaucoup plus grand et plus baraqué que moi. En même temps, ce n’était pas bien difficile, même si j’étais assez fière de ma silhouette (pas un pet’ de graisse, que du muscle !). Ca n’avait pas été évident de garder une bonne condition physique, mais je n’avais jamais cessé le sport.  

J’hésitai quelques minutes et finis par sortir de la chambre pour frapper à la porte du bureau.

- Alex ?

J’attendis qu’il me donne l’autorisation d’entrer. J’ouvris alors la porte et m’appuyai sur le chambranle, la tête basse.

- Je n’ai pas tellement envie de rester seule cette nuit…

Si j’avais été à la maison, j’aurais certainement rejoins mon frère dans sa chambre. C’était une habitude que nous avions pris alors que nous n’étions encore que des gamins. Dès que je faisais un cauchemar ou que j’avais peur de l’orage, je le rejoignais dans son lit. Il me prenait dans ses bras et me serrait fort contre lui et il n’y avait que comme ça que j’arrivais à me rendormir. Nous avions grandi, mais cette habitude était restée. Sa présence était rassurante. J’avais besoin de sa présence ce soir. Mais il n’était pas là. Alex était la seule personne vers qui je pouvais me tourner pour l’instant.
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Alex Peterson
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Mon moment préféré de la journée : enlever mes chaussures, le pyjama et un peu d’ordinateur le temps de laisser la pression redescendre. Dans le bureau, un genou relevé contre mon torse, je me tordais la lèvre entre mes doigts en vérifiant les tableaux du bar. Ensuite, je m’intéressais à ce qui se passait dans le monde, je regardais aussi dans les infos s’il se passait quelque chose du côté de ma femme ou de ma mère, je vérifiais les dernières actualités de l’université de ma soeur… Ca me prenait une petite heure et ensuite je dormais. Je jouais doucement des doigts en rythme sur mon genou, les yeux rivés sur l’écran, lorsque je l’ai entendue dans l’entrebâillement de la porte.

« Mmmhh ? » J’ai tourné la tête pendant qu’elle parlait et à contre jour avec la lumière du couloir, je n’ai pas tout de suite fait attention. Je n’ai pas tout de suite répondu, j’étais trop occupé à percuter qu’elle était sûrement… nue… sous mon t-shirt.

Vous savez… Avant de poursuivre, il faut que je vous dise qu’un gars comme moi, ça n’aime pas rester seul, et si je puis même dire plus, ça ne sait pas vivre seul. Pendant de longs mois, j’avais eu la chance de connaître Cosima et je m’étais habitué à sa présence, à la savoir passer ses nuits ici, même si la plupart du temps, le matin elle était déjà partie lorsque je me réveillais. Elle incarnait un mystère que je n’aurai jamais su dévoiler et je n’ai jamais cherché à savoir ni à comprendre parce que j’aimais ce qu’elle représentait. Elle était sauvage, je l’étais aussi… Je me sentais bien avec elle parce qu’elle m’offrait tout ce dont j’avais besoin. C’était plus facile d’avancer et de laisser les jours se succéder quand elle était là. Mais depuis un moment maintenant, tout ce qu’il me restait, c’était ce bar. Matin, midi, soir… Nuit… Et pour tout vous dire, je pétais les plombs.

J’ai dévisagé Angela des pieds à la tête en me demandant sincèrement si je devais sous entendre quelque chose ou bien si je me faisais des idées. Ca m’a traversé l’esprit, cela dit, que si je lui avais dit de rester, sans vraiment lui donner le choix, c’était sûrement un message de mon subconscient, une sorte d’acte manqué. Il fallait vraiment que je me trouve un autre endroit pour vivre qu’au-dessus de ce bar où je passais déjà ma vie et où, quand j’hébergeais quelqu’un, je devais me taper le convertible horrible du bureau. Traduction : quand il s’agissait d’une fille, cela me demandait bien des ressources pour résister à la tentation - et j’étais facilement tenté. J’incarnais à la perfection l’adage cliché qui dit « Je ne suis qu’un homme, après tout ».

Je me suis raclé la gorge en baissant ma jambe et je me suis légèrement tourné vers elle. J’ai inspiré profondément en me passant une main dans les cheveux pour les ramener en arrière. « Okay… » Des ressources que vous n’imaginez même pas. « Euh… » Je pouvais entendre les battements de coeur cogner à l’intérieur de mes poignets, conséquence de ma résistance. J’ai croisé les doigts sur mes genoux sans arriver à la regarder dans les yeux. Alors, nerveusement, j’ai ri. « Et tes principes ? » C’est ce que j’aurais dû dire. « Je ne suis pas certain que ça te fasse du bien », aurais-je pu également dire. « Je ne peux pas te faire ça, Angie », c’est ce que j’aurais sûrement dû lui dire ! Mais je n’en ai rien fait. Je me suis levé et me suis approché d’elle d’un pas lent en me pinçant les lèvres. Une fois à son niveau, je me suis passé une main sur le visage avant de laisser mon épaule s’appuyer contre la porte pour la regarder.

J’ai baissé les yeux sur elle avec une voix basse. « Et en quoi je peux t’aider ? » « Qui soit une meilleure idée que celle que j’ai en tête », j’aurais mieux fait d’ajouter… Elle semblait encore plus maigre dans mes vêtements que dans les siens, j’avais peur de la casser. J’étais si proche d’elle que je sentais encore la chaleur du bain s’échapper de sa peau.



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Angela Foster
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Alex était installé devant son ordi au moment où j’avais ouvert la porte. Il se tourna vers moi au moment où je me mis à parler et me regarda d’un air… étrange. Je connaissais ce regard, je l’avais déjà vu un bon nombre de fois. Je n’étais pas du genre pudique, mais, alors qu’il me détaillait du regard, j’eus l’envie irrépressible de tirer sur le bas de mon t-shirt. Ce n’était pas comme si je n’avais rien dessous, j’avais remis mon boxer, mais à dire vrai, c’était le genre de geste incontrôlable, dont on ne se rend compte qu’une fois qu’on l’a fait. Je tirai donc sur le bas de mon t-shirt, ce qui ne servait strictement à rien d’ailleurs parce qu’il reprit sa position initiale dès que je l’eus lâché. A rien, sauf à peut-être attirer un peu plus l’attention d’Alex sur moi ?

Ce que je voyais dans le regard d’Alex, je n’y prêtai, sur le coup, pas plus d’attention. Je me disais que c’était comme moi, quand je me retournai sur un homme que je croisais dans la rue, mais sans arrière pensée, juste parce que, l’éclair d’un instant, je l’avais jugé « pas mal ». Je ne prêtai donc aucune pensée de ce genre à Alex. Si j’avais compris ce qu’il se passait vraiment dans sa tête, j’aurais certainement rougi, je me serais excusée de l’avoir dérangé et j’aurais refermé la porte entre lui et moi. Mais comme je l’ai dit, je ne pensais pas que ce regard signifiât quelque chose.

Je restai sur place tandis qu’il se levait et s’approchait de moi, lentement, comme s’il hésitait. Je relevai alors les yeux sur lui pour le dévisager un instant. Il avait toujours ce drôle de regard et, pendant une fraction de seconde je me pris à penser que ce n’était peut-être pas si anodin que je le pensais. Mais je chassai cette idée de ma tête très rapidement. Ce n’était pas ce que j’étais venue chercher, enfin, je ne pensais pas et j’étais convaincue que ce n’était pas ce qu’il voulait non plus.

Quand il me posa sa question, je croisais les bras derrière mon dos relevai la tête.

- En étant juste « là ».

Je haussai les épaules, ça me semblait si évident. C’était ce dont j’avais besoin. Je précisais quand même, au cas où. Ce qui me semblait simple à moi ne l’était pas forcément pour les autres, j’avais pu m’en rendre compte avec le temps.

- Tu pourrais… je sais pas, me prendre dans tes bras et me laisser dormir contre toi.

Cela ne me semblait pas plus compliqué que cela. C’était ce que David faisait. En somme, je demandais juste à Alex de remplacer mon frère. Mais Alex n’était pas mon frère. Je le savais, mais à ce moment précis, je semblais l’avoir oublié. Etais-je si naïve pour penser qu’Alex pourrait faire ça de la même façon que David, tout naturellement, sans se poser de questions ? Et puis d’ailleurs, attendais-je vraiment d’Alex qu’il le fasse sans espérer plus ?
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Alex Peterson
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Etait-elle sérieuse ou faisait-elle semblant ? J’aimais bien Angela, c’était une chic fille ! Je n’étais pas vraiment le genre de type avec un genre de femmes et celle-ci ne m’opposait pas réellement de challenge. « Angela… »

J’ai porté mon poing à mes lèvres en réfléchissant, la tête basse. Si seulement elle pouvait imaginer… Ce que je m’apprêtais à faire, c’était surtout pour elle, plus que pour moi. Je me suis raclé la gorge et j’ai joint mes mains contre mon nez pour lui expliquer quelque chose. Quelque chose dont personne ne se souciait, ou du moins, que personne ne devait réaliser, pensant très probablement que je m’en sortais très bien tout seul et que, à après tout, je pouvais faire ce que je voulais sur mon temps libre. Me lançant, j’ai inspiré profondément.

« Angela, je tiens ce bar depuis quelques années, maintenant et pas uniquement parce que je m’en tiens responsable mais parce que j’aime ce que je fais. C’est ma planque, je suis bien ici, c’est chez moi, j’y passe beaucoup de temps. Je voudrais faire plus encore et pour ça, je dois travailler. Beaucoup. J’ai régulièrement une somme… inimaginable de nombres, de chiffres et de $ qui se suivent dans ma tête. Parfois, ça me hante la nuit, il m’arrive même, certains mois, de serrer tellement les fesses que je pourrais en distiller de la bière pour nos clients les plus péteux. Pour ce bar, j’ai sacrifié beaucoup de choses dans ma vie, à commencer par ma propre famille. » J’ai levé une main en haussant les sourcils. « Je ne tiens personne pour responsable, c’est mon choix, je l’assume, c’est très bien comme ça. Cependant, vois-tu… Le temps que je passe à ce bar, c’est du temps que je ne passe pas… A autre chose. » J’ai tendu le cou vers elle, un regard entendu dans le sien et je l’ai soutenu quelques secondes avant de continuer. « Ce que j’essaye de te dire, c’est que… Malgré toute ma volonté de t’aider et tout ce que je peux compatir à ce qui semble t’arriver et dont je ne te demanderai aucun détail car il s’agit de ta vie, je crains qu’il me soit malheureusement physiquement impossible de t’aider dans ce domaine. Ce que je veux dire ! C’est que sans ça, je me jèterais sur toi. Alors, plutôt que d’imaginer ce qui se passe sous mon t-shirt… » J’ai baissé les yeux sur sa poitrine et un profond soupir s’est échappé de mes lèvres alors que je fermais les yeux. « Je me fais violence pour conserver ta dignité. » J’ai rouvert les yeux sur elle, d’un air désolé et puis j’ai grimacé. « Tu peux pas débarquer dans la piaule d’un gars, gaulée comme une amazone à moitié à poil et lui demander de rester sage, Angie… Je ne suis malheureusement pas ces hommes aussi décents… Demande plutôt à Matt. »



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Quand il prononça mon nom, je sus que quelque chose n’allait pas. Mon cœur manqua un battement tandis que je m’attendais à ce qu’il me repousse. Je baissai les yeux, secouai la tête, comme pour dire que ce n’était pas grave, que je me débrouillerais toute seule. De toute façon, s’il refusait de me laisser franchir le pas de sa porte, je n’aurais guère le choix que de laisser tomber non ?

Aussi, quand il se remit à parler, je m’attendais à ce qu’il me sorte un truc du style « non, je ne peux pas ». Un truc direct, en cinq mots, pas plus. Aussi fus-je un peu surprise lorsqu’il commença à me parler du bar. Je relevai la tête et l’écoutai en silence, me demandant où il voulait en venir. Je tiltai à peine lorsqu’il me parla de sa famille qu’il avait sacrifiée tellement je me demandais le rapport que ça avait avec moi. Je fronçai tout juste les sourcils. J’ignorai qu’Alex avait une famille. Il ne m’en avait jamais parlé. Mais peut-être était-ce un choix qu’il avait fait. Quoiqu’il en soit je ne lui posai pas de questions. D’une part parce que j’estimais que cela ne me regardait pas, et que s’il n’en avait jamais parlé jusqu’à présent, c’était certainement parce qu’il avait ses raisons. Et d’autre part parce qu’il s’était remis à parler. Et la suite me laissa sans voix. J’ouvris légèrement la bouche sous la surprise et les rouages de mon cerveau se remirent en route.

En un rien de temps, je compris la signification de son regard. Bon ok, il venait de mettre des mots clairs dessus. Je m’étais trompé, là où j’avais cru que ce n’était qu’un regard sans grande conséquence, qui ne mènerait à rien, il se trouvait qu’il y avait finalement quelque chose derrière.

Je croisai les bras sur ma poitrine et réfléchis quelques secondes. 2, peut-être 3, c’est le nombre qu’il me fallu pour comprendre que cette idée ne me déplaisait pas. Que malgré mes principes, j’en avais envie, moi aussi. Sinon pourquoi étais-je restée ? Pourquoi avais-je frappé à sa porte ? Au diable les principes, ce soir, j’allais suivre ma devise, celle qui me tenait tellement à cœur que je l’avais tatouée sur la hanche : « carpe diem ».

Je repoussai le chambranle de la porte avec mon épaule pour me redresser et fis un pas vers Alex.

- Je ne te le demande pas.

Je posai alors mes paumes sur son torse et le poussai pour l’inciter à reculer à l’intérieur du bureau. Je refermai la porte derrière nous en la poussant avec mon pied et plongeai mon regard dans celui d’Alex.

- Arrête de te battre contre toi-même, Alex. C’est un combat perdu d’avance.
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Alex Peterson
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Après 2h du matin, il ne se passe jamais rien de bien. Il était 2h01 et pensez-vous que j’ai regardé ma montre ?J’ai baissé les yeux sur ses mains alors qu’un frisson me parcourait l’échine, des reins à la nuque. Je me sentais un peu comme une équipe toute entière sortant du couloir avant un Superbowl. J’allais bientôt jouer le match le plus important de la saison et je n’avais aucune idée de si j’étais capable d’assurer aussi bien que la dernière manche de l’année précédente. Je devais avouer que j’avais connu Cosima pendant un long moment. Et elle seule. Depuis qu’elle avait disparu, je n’avais plus touché une seule fille, j’avais préféré me consacrer intégralement au bar.

« Non mais, y a… » J’ai montré le couloir d’une main alors qu’elle me faisait reculer. Il y avait un lit dans ma chambre, ce serait quand même franchement mieux que ce convertible… La porte fermée, j’ai à nouveau baissé les yeux sur Angela et je l’ai dévisagée une seconde. Une seule. Pour le coup, elle ne pouvait pas être plus claire. Et si elle parlait de ses tatouages, c’est parce qu’elle m’avait toujours vu qu'en t-shirt au minimum. Mais comme je l’avais expliqué à Jane, j’en avais un, moi-même, pour chaque personne importante de ma vie. Et le dernier était plutôt récent pour symboliser la gamine. Du torse au mollet en passant par le dos et les bras, je portais ma vie sur moi. Mais si je devais tous les expliquer, on en oublierait Angela, pas vrai ?

Une seule seconde, donc et j’ai fondu sur ses lèvres comme on remonte à la surface pour reprendre sa respiration. J’ai soulevé son t-shirt avant de retirer le mien, ne quittant ses lèvres qu’une fraction de seconde à chaque fois. Certains aurait dit que j’avais faim. Ce n’était pas impossible, je vous y vois bien, vous… Je l’ai pressée contre moi, soutenant sa nuque dans une main des fois qu’elle décide de s’échapper au dernier moment. Si on m’avait parlé d’Angela, j’aurais probablement ri. Elle était si frêle que j’avais réellement peur de la casser. Elle était à l'opposé même physiquement de ma propre femme mais plus proche de Cosima. Cependant, cela faisait trois types de femme totalement différents. Est-ce que j’avais un type ?!

Je l’ai déposée sur le lit que je n’avais pas fini d’installer pour la nuit et pour le reste, ma foi, je ne vais pas vous faire un dessin ! C’était un peu comme remonter à vélo, des habitudes qu’on n’oublie pas mais des gestes qu’on adapte à une nouvelle personne. Et finalement, je lui ai donné ce qu’elle était venue chercher auprès de moi : j’étais là, je la tenais contre moi, mon bras entourant ses épaules, ma main libre dans la sienne. J’ai renversé la tête en arrière pour réussir à voir à travers la fenêtre et estimer l’heure qu’il était, pour voir la lune filtrer à travers une éclaircie des nuages. Elle était bien brillante, en tout cas. J’ai baissé les yeux sur Angela et j’ai caressé sa tempe de mes doigts pour écarter ses cheveux et je lui ai souri.

« Est-ce que ça va ? » Je me serais bien avancé à dire que oui, mais ma question ne me concernait pas, je la posais avant tout pour elle car elle commençait à m’inquiéter et que je n’aimais pas m’inquiéter. Mes doigts glissaient sur son bras mais je ne la quittais pas des yeux.



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Angela Foster
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La réaction d’Alex ne se fit pas attendre bien longtemps. Une seconde, peut-être deux ? J’avais l’impression que le temps avait été mis sur pause tandis qu’il me regardait. Durant cette fraction de seconde, je cru que tout était encore possible, qu’il pouvait encore juste tourner la tête, s’éloigner de moi, me demander de sortir. J’avais des principes, lui aussi, et si les miens avaient été balayés avec de simples paroles, je n’étais pas sûre que ce soit le cas pour ceux d’Alex.

Et puis il s’empara de mes lèvres, comme un homme assoiffé qui trouve enfin de l’eau. Mon t-shirt ne tarda pas à voler dans un coin de la pièce, suivi de près par celui d’Alex. Il me donnait l’impression d’être comme un torrent retenu par un barrage. Il était les deux à la fois, la force du torrent qui cherche à s’échapper et celle du barrage qui résiste coûte que coûte. Mais ce soir, le barrage venait de céder et le torrent déferla sur moi, m’emportant dans son sillage. Et j’aimais ça, cette sensation, l’instant où je sentais que je ne contrôlais plus rien, où je laissai mon instinct prendre le dessus et agir à la place de mon cerveau. Je lui rendis ses baisers avec la même fougue qu’il mettait à me les donner. Mon esprit avait cessé de raisonner correctement, mes sens s’embrasaient, je n’étais plus qu’un feu qui ne demandait qu’une chose. J’en avais besoin, probablement autant que lui.

Lorsque l’incendie se calma, je restai un moment contre lui, la tête sur son épaule. J’étais bien. Je suivais du doigt les contours de l’un de ses tatouages dans un geste presque inconscient. Je n’avais jamais vu Alex torse nu, je n’avais pas pensé qu’il puisse avoir autant de tatouages. Chacun devait certainement avoir une signification bien précise, une raison bien particulière de les avoir, comme moi avec les miens, mais je ne lui demandai rien. Je crois que je préférais ne pas savoir. De la même façon que je préférais ne rien lui de trop précis sur moi. Quand j’étais au bar, j’étais juste moi, ce que j’étais au présent. Je n’étais pas malade, pas condamnée, j’étais juste une serveuse. Je vivais au présent, nous vivions tous au présent. Aucun de nous ne parlait de ce qu’il faisait vraiment en dehors du bar, de ce qui lui était arrivé, de comment il avait atterri ici. Je crois qu’on s’en fichait. On était peut-être un peu curieux parfois, enfin, moi pour le sûr, mais au final, ça nous était égal de savoir.

Quand Alex tourna la tête pour regarder dehors, je pris quelques secondes pour l’observer. Les clientes qu’on servait au bar se retournaient plus facilement sur Matt que sur Alex. Ils étaient différents. De la façon dont je voyais les choses, Matt était comme une statue grecque, incroyablement séduisant, avec un regard qui pouvait vous transpercer, mais il était trop calme, trop gentil, trop lointain, tellement adorable qu’on pouvait avoir peur de lui faire mal. Matt me donnait parfois l’envie de le protéger. Alex, lui, dégageait quelque chose de plus… sauvage. Il semblait habité par une espèce de force animale qui ne demandait qu’à s’exprimer. Il m’apparaissait un peu comme un diamant à l’état brut, il nécessitait qu’on s’intéresse à lui pour dévoiler toute sa valeur. Enfin, c’était du moins, ce que je pensais, je n’ai pas la prétention de m’exprimer au nom de tout le monde. Ce que je peux dire, en revanche, c’est que c’étaient précisément les hommes dans le genre d’Alex qui m’attiraient le plus.

J’étais perdue dans mes pensées, caressant toujours l’un de ses tatouages sans vraiment m’en rendre compte lorsqu’il me posa sa question. J’interrompis mon geste, relevai les yeux vers lui et répondis à son sourire.

- Je me suis rarement sentie aussi bien.

Et c’était vrai. J’étais parfaitement sereine. Alex avait réussi à me faire oublier tout ce qu’il y avait autour de moi, tout ce que j’avais dans la tête quelques heures auparavant. C’était ce que je recherchais généralement quand j’étais avec un homme et Alex avait réussi là où bon nombre d’entre eux échouaient.

Je me redressai légèrement, levai la main pour caresser la joue d’Alex et m’approchai pour l’embrasser. Oui, j’étais bien. L’inquiétude reviendrait, c’était obligé, mais pour l’instant, je me sentais bien. Et j’en profitais. Je sentais ses doigts glisser sur ma peau, l’électrisant encore à chaque passage. Je réprimai un frisson et lui souris de plus belle.

- Et toi ?
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Alex Peterson
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J’étais un connard, je le savais, j’en étais conscient et j’essayais de ne pas en être avec Angela. Mais je me sentais tellement à cran ces derniers temps, depuis que Jane était arrivée dans nos vies, en fait, que j’avais cru que ce qu’il me manquait, c’était un peu d’intimité. Un truc à partager. Mais je réalisais que non. Je me sentais toujours à cran, pas soulagé par quoi que ce soit, j’étais toujours… à vif.

J’ai haussé les sourcils et reculé la tête pour la dévisagé, amusé. « Jamais aussi bien, hein ? » J’ai souri avec un léger rire. j’étais plutôt fier ! Je ne m’étais pas spécialement attendu à ce genre de réflexion, d’autant que j’avais posé une question à propos d’elle et de ce qui ne tournait pas rond chez elle. Mais je me suis contenté de cette réponse, je l’ai trouvée très honnête ! « Oh, vraiment ? » J’ai affiché un air particulièrement fier jusqu’à ce qu’elle revienne m’embrasser.

Elle n’avait pas vraiment répondu à ma question et je me demandais quoi répondre à la sienne. Je ne pouvais en dire autant qu’elle et quand bien même je savais mentir, il me fallait un brin de vérité. Angela n’était pas n’importe qui, j’étais amené à la revoir et à travailler avec elle. Je ne pouvais me contenter de lui mentir de façon éhontée sans craindre un retour de bâton.

« Mieux. »

C’était faux mais ça avait été vrai pendant quelques secondes, au moins ! La vérité était que, pour autant que j’étais capable de jouer de douceur et de tendresse dans ces moments-là, je n’aimais particulièrement qu’on fasse de même avec moi. Et j'osais espérer qu’au réveil, Angela reprendrait sa vie et moi la mienne. J’avais pris un risque et je n’étais pas très sûr qu’il ait été très indiqué pour le bar. Et nos principes, alors ?! J’ai repris mon sourire taquin.

« Est-ce que tu sais que dans ma chambre, il y a un lit qui sent moins le moisi que ce convertible pourri ? Et pourtant, c’est ce que tu a choisi ! Je sais que je vis pas dans un palace mais tout de même ! je veux dire que si tu avais une idée dans la tête en venant, tu aurais pu au moins m’attirer là-bas, tu crois pas ? Non ? » J’ai grimacé. « Ouais, je comprends, j’ai entendu un rat l’autre jour, j’arrive pas à le choper, il est quelque part dans les murs, je reconnais que c’est pas hyper glamour… T’as sans doute eu raison. »



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Angela Foster
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J’esquissai une moue approbatrice et reposai ma tête au creux de l’épaule d’Alex. Je m’attendais à ce genre de réponse, mais je la mettais sur le compte du soulagement qu’il devait ressentir à ne plus avoir à se retenir de me sauter dessus. Je ne connaissais rien des secrets d’Alex, comment aurais-je pu savoir que je me trompais ? Quand à moi, si je n’avais pas totalement répondu à sa question, c’était uniquement parce que je ne l’avais pas comprise. Quand on me demande si ça va, je réponds oui, ou non, suivant la situation, mais je me demande rarement si elle a un sens caché. Mais en même temps, je crois que même si je l’avais saisie, je n’aurais pas répondu honnêtement. Comme je l’ai dit, ici, je n’étais pas malade, personne ne s’inquiétait pour moi au moindre instant, personne ne me regardait avec l’air de dire « ma fille, tu vas mourir et on est désolé ».

Je me remis à dessiner sur la peau d’Alex. J’hésitais entre rester un peu ou retourner dans sa chambre. Mais le fait est que je n’avais pas vraiment envie de partir, je me sentais trop bien.  Quand il me rappela à nous étions et sur quoi nous étions allongés, je relevai la tête et regardai autour de moi pendant un moment.

- Ah oui…

C’était comme si j’avais oublié que nous étions dans le bureau, comme si je ne m’étais pas rendu compte que le convertible était si miteux. Je le savais pourtant, mais je n’avais juste pas fait attention. Sa remarque me fit rire légèrement.

- Non, en fait, ce n’était pas vraiment prévu au programme. Ca va à l’encontre d’un bon nombre de mes principes, tu sais. Mais je résiste difficilement aux hommes dans ton genre. Et une fois que je suis lancée, je ne réfléchis plus vraiment. Et puis, je n’avais pas envie de te faire patienter plus longtemps.

Je lui adressai un clin d’œil et calai mieux ma tête sur son épaule tout en continuant à rire.

- Mais je m’en souviendrai pour l’éventuelle prochaine fois, s’il y en a une.

Mais je doutais qu’il y en ait une. Non pas que je n’avais pas apprécié cette expérience, mais les habitudes ont la peau dure, et il y avait encore quelques principes que je n’avais pas encore égratignés. Toutefois, je savais, au fond de moi, que si jamais Alex revenait vers moi, je ne résisterais pas. Et c’était ce que j’essayai de lui faire comprendre.

- Un rat ?

Alex devait certainement s’attendre à ce que je prenne un air horrifié ou dégoûté, mais certainement pas à ce que je rie de bon cœur.

- Tu crois vraiment qu’un rat nous aurait arrêtés ? Je veux dire, je ne suis même pas sûre qu’on l’aurait entendu. Et puis j’ai déjà connu pire qu’un simple rat qui se balade dans un mur !

Je fronçai alors les sourcils et secouais la tête, mimant un frisson.

- Mais ça remonte à un moment, je ne suis pas sûre d’avoir envie de retenter l’expérience. En tout cas, ça ne m’encourage pas à y retourner. Si tu espérais me faire partir d’ici, c’est complètement raté ! Mais peut-être n’était-ce pas ce que tu voulais ?
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Alex Peterson
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Elle ne résistait pas à des types comme moi ? J’ai haussé les sourcils en me désignant d’un index. « J’ai un genre ? Ouahou, je ne pensais pas qu’on pouvait me résister tout court, en réalité ! » Dans un sourire, j’ai fini par froncer les sourcils. Il ne m’avait pas fait patienter, en toute logique, elle m’avait planté l’idée dans la tête et m’avait fait croire que je ne pouvais pas toucher. Je suis un gosse, on me dit de pas toucher, j’ai envie de toucher. Je l’ai laissée se recaler contre moi, mon sourire s’effaçant progressivement. Une prochaine fois, s’il y en avait une, oui. Je n’étais pas du genre à prévoir ces choses là. Je les vivais, elles arrivaient, se faisaient, repartaient comme elles étaient venues, c’était tout. Je n’étais pas capable de dire si tout ça se reproduirait. Dans un sens, je dois avouer que je n'espérais pas. Nous travaillons ensemble et ça ne me semblait pas une bonne idée, cependant, je n’en étais pas à regretter quoi que ce soit ni à revenir sur ce que j’avais dit. Non, je n’étais pas ce genre là non plus.

J’ai baissé les yeux sur les dessins qu’elle faisait du bout des doigts sur mon torse. C’était souvent à ce moment qu’on me demandait d’où ils venaient. Il y avait ceux pour les périodes de ma vie et ceux pour symboliser les gens qui faisaient intégrante de ma vie. Comme celui que j’avais fait au niveau du poignet, l’année précédente. Une sorte de bracelet avec des dessins tribaux… C’était pour Matt. A force de le voir tripoter le sien dans tous les sens, j’avais associé tout ça à Matt. Ce que j’avais pris à la base comme un truc joli que j’avais gribouillé en attendant une visite médicale s’était révélé plus qu’un symbole aujourd’hui. Pour Lexy, j’avais un arbre de vie. Son mon épaule, j’avais ce crâne sur lequel tout le monde grimaçait mais hey… Moi aussi j’avais mon symbole. Une citation de ma femme sous le bras et j’avais le plus gros, de la moitié du torse gauche jusqu’à la citation de ma femme avant de rejoindre l’arbre de Lexy, c’était pour ma fille. Et de l’autre côté, un plus petit… Pour Jane. Entremêlés tous ceux-là, il y avait des dessins que j’aimais bien, des agrémentations que j’avais faites au fil des ans… Ma mère, ma soeur… Même mon père était représenté sur ma peau. Honnêtement… Quand une fille me demande ce que signifient mes tatouages ? Je réponds simplement que j’aimais bien le dessin. Point. Heureusement, Angela ne faisait pas partie de ces filles.

Curieux, j’ai rebondi sur ce qu’elle disait. « De quoi tu parles ? Tu crois que c’est ce que j’essaye de faire ? » J’ai froncé les sourcils et je me suis échappé de son étreinte pour me tourner sur le flan, face à elle. J’ai appuyé ma tête dans une main et j’ai secoué la tête. « A quel moment est-ce que tu as cru que j’essayais de te convaincre de… partir ou je sais pas quoi ? » J’ai ri en levant ma main libre. « Quelle expérience peut être pire qu’avoir des rats mutants à l’intérieur de ses murs qui grattent nuit et jour en vous rendant dingue ? Je crois que tu n’as jamais entendu le bruit que fait une famille de rats, c’est… » J’ai écarquillé les yeux. « Oublie tout ce que tu sais sur les Positifs, c’est PIRE ! C’est une obsession, tu les entends gratter en permanence, c’est là, ça grignote tout sur son passage, c’est insensé ! » Je me suis désigné de la main. « Je suis un Candidat et ça me rend taré de les entendre. J’envisage de déménager et de refaire cet étage à neuf. Un immense bureau ! Avec une douche à la place de la baignoire pour gagner de la place et faire une percée dans le mur. On manque de lumière ici, y a de quoi étouffer une vierge, sans déconner ! Non ?! »



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Angela Foster
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Je relevai la tête un peu trop brusquement à mon goût. De quoi je parlais ? Je fronçai les sourcils. De rien en particulier, c’était une façon de parler, une boutade, un truc dans ce genre. Une remarque sans arrière pensée, sans grande conséquence. Je savais bien qu’Alex ne me chasserait pas. Sinon,  il l’aurait probablement fait depuis longtemps. Au lieu de cela, son bras était toujours passé derrière mes épaules, il n’avait pas bougé quand j’avais reposé ma tête sur la sienne. Je me soulevai légèrement pour lui permettre de récupérer son bras plus facilement et me tournai, moi aussi, pour lui faire face. Je secouai légèrement la tête et esquissai une moue qui semblait vouloir dire « j’en sais rien, c’était juste une expression. »

Et puis, il se mit à rire et me posa une question à laquelle je pouvais facilement répondre.

- J’en sais rien, peut-être une famille de rats affamés qu’aucun mur n’empêche de venir grignoter ta peau ?

Je parlais en connaissance de cause. Ca m’était arrivé une fois, une seule. Après ça, j’avais disposé des répulsifs tout autour de mon matelas. Cette expérience avait été difficile, mais je m’étais mise moi-même dans cette situation, et à l’époque, j’étais trop butée pour reconnaitre que j’avais pris une mauvaise décision. Je m’en étais bien sortie remarquez, les traces de morsures étaient restées quelques jours et puis elles avaient fini par disparaitre. Ca aurait pu être pire, ils auraient pu me refiler n’importe quelle maladie qu’ils véhiculaient. Alors oui, j’avais entendu la famille de rats, j’avais même senti leurs dents, mais ça, Alex ne pouvait pas le savoir, n’est-ce pas ? D’autant que j’avais parlé en prenant un ton interrogateur, comme si je n’étais pas sûre de ce que j’avançais.

Lorsqu’il employa le mot obsession, je ne pus m’empêcher de rire, un tout petit peu.

- Alex, ce ne sont que des rats, ils ne vont pas te bouffer, pas tant qu’il y a encore un mur entre eux et toi !

Je posais mon index contre son torse et le poussai légèrement en esquissant un sourire coquin.

- Hey, un peu de courage que diantre ! T’es un grand garçon mince !

Je n’avais rien dit lorsqu’il m’avait sorti de but en blanc qu’il était un candidat. Depuis que Garin m’avait expliqué ce que ça signifiait, je comprenais mieux les choses, je comprenais mieux la différence entre les positifs et les candidats. J’avais envie de poser une foule de questions à Alex, genre « c’est quoi ton pouvoir ? » ou « t’étais volontaire ? » mais je m’étais retenue. Etait-ce vraiment si important de connaitre la réponse à ces questions ?

Je basculai sur le dos pour embrasser la pièce du regard. Trop sombre ? Bon, c’est vrai que la fenêtre ne permettait pas de laisser entrer beaucoup de lumière. Et la pièce en elle-même était loin d’être lumineuse. Je veux dire, même si vous avez une fenêtre minuscule, il existe des astuces pour donner à une pièce l’impression qu’elle était claire. Mais ces astuces n’avaient pas été mises en pratique ici. Je glissai mes mains sous ma tête et haussai les épaules.

- J’aime bien les pièces un peu sombres. Elles sont plus intimistes, plus propices à la réflexion. Mais pas trop sombres quand même. J’ai une peur panique du noir.

Je levai mon index pour mettre un bémol à ce que je venais de dire.

- Enfin, dans certaines conditions seulement.
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Alex Peterson
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Je n’ai qualifié ce dont j’étais capable de « pouvoir ». J’aurais préféré malédiction mais je ne sais pas si j’aurais été encore en vie aujourd’hui sans ça.

« Non, Angela, si ça se trouve, y a un trou quelque part et c’est comme ça qu’ils vont de pièce en pièce ! Qu’est-ce qui me dit qu’il n’y a rien d’autre entre ces murs ? Et tu as pensé à l’hygiène de la cuisine ? L’accès à l’étage devrait être indépendant de la cuisine et jusque là, j’ai eu de la chance lors des contrôles ! » Un silence où je l’ai détaillée, l’air désabusé et ahuri avant de hausser franchement les épaules, pas une seconde désolé. « J’étais leur genre aussi ! » D’accord, ce n’était arrivé qu’une seule fois. Bon, ok, deux, dont une lors de mes premiers mois au sein du bar, c’est pour ça que Ennis m’avait gardé : je lui avais sauvé la mise lors d’un coup pendable de sa femme qui croyait pouvoir mettre la main sur le bar en le faisant fermer.

« Oui, à ce propos… » J’ai froncé les sourcils en me penchant vers elle. « J’ai cru comprendre… » sa peur du noir était assez évidente mais il n’y avait pas eu que ça. J’aurais sûrement flippé aussi si tout à coup, je n’y voyais plus rien, sans raison apparente. Je me suis raclé la gorge avant de relever les yeux dans les siens. Après une seconde, j’ai repris. « Ma chambre est plus sombre, encore, elle donne sur le vis à vis de l’immeuble d’à côté, il n’y a quasiment pas de lumière qui y entre. Si je viens avec toi, que je promets de te protéger du croque-mitaine ET si tu es sage de te montrer ce que je sais faire dans le noir… Tu me laisserais pioncer dans mon plumard cette nuit ? C’est pas contre toi ou ton… Envie subite, si j’ose dire… Mais le peu que je vais réussir à ronfler, et maintenant que je t’ai vue nue sans pudeur restante, j’aimerais autant que ce soit chez moi, donc… Toi, tu vas prendre ça. » J’ai relevé la couverture pour la laisser retomber sur elle. « Et je te rejoins quand j’ai éteint ici. »



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Angela Foster
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Les rats, la cuisine, l’hygiène. Ouais, c’est sûr que ce n’était pas réjouissant tout ça. J’avais beau n’être qu’une simple serveuse et ne pas trop m’y connaitre en réglementation, je savais ce qu’un rat dans la cuisine d’un établissement comme celui-ci pouvait impliquer. Je savais aussi ce que signifierait la fermeture du bar, pour moi surtout, pour Alex peut-être un peu. Pour Matt et Lexy également. Quand Alex sous-entendit ce qu’il avait fait pour éviter le pire lors des contrôles des services d’hygiène, je haussai un sourcil. Allez savoir pourquoi, ça ne m’étonnait pas plus que ça. En fait, je me disais que j’aurais probablement été capable de la même chose si j’avais été à sa place. Alors je n’allais pas le juger, même pas relever.

- Les rats n’ont pas forcément besoin de trous, ils se faufilent dans les murs et les plafonds.

J’esquissai un frisson tandis que je me remémorai ces nuits que j’avais passées à les entendre gratter tout autour de moi. Le répulsif les empêchait d’approcher trop près, mais je n’avais pas pu me séparer de l’angoisse qu’il ne fasse pas effet. J’avais vieilli de 10 ans depuis cette époque, et aujourd’hui, les rats ne me faisaient plus peur.

- Pourquoi Ennis ne fait rien ? Il sait pourtant ce qui nous pend au nez si les services de l’hygiène voient quelque chose de pas net dans nos cuisines.

C’était quelque chose que j’avais du mal à comprendre à vrai dire. Ennis avait la chance de posséder un bar qui fonctionnait bien, un bar auquel ses employés étaient attachés, employés qui, entre eux, s’entendaient admirablement bien. Nous formions comme une sorte de famille et c’était notre maison. J’aurais été prête à tout pour sauver un endroit comme celui-ci. Pourquoi n’était-ce pas son cas ? Quand avait-il cessé de s’y intéresser ?

Quand Alex reprit la parole, je crus, pendant quelques secondes, qu’il allait rompre avec ses habitudes et me poser des questions. Il aurait été en droit de le faire après tout, il avait été témoin de quelque chose d’assez inexplicable quand on n’était pas au courant de ce qui se passait à l’intérieur de mon crâne. Il aurait été en droit aussi d’obtenir des réponses à ses questions. Réponses que je n’avais, bien évidemment, pas l’intention de donner. Je devrais donc lui mentir et il le saurait tout de suite. Mais…

… Il s’arrêta là et enchaîna sur autre chose. Qui avait un rapport, certes, mais qui était totalement différent de ce que je craignais. Mon soulagement dut se lire sur mon visage, je pense que j’avais légèrement crispé la mâchoire, je m’en rendis compte alors que je me forçais à me détendre. Sa demande me fit sourire. « Ce que je sais faire dans le noir »… hum, j’étais curieuse de voir ça ! Je n’avais aucun problème à accepter sa demande, mais, juste pour le plaisir, je fis semblant d’hésiter. Je posai mon index sur mes lèvres, comme si je prenais le temps d’étudier la question.

- Si je comprends bien, tu préfères encore les rats qui grattent au matelas qui sent le moisi ?

Je lui adressai un sourire coquin et finis pas hocher la tête.

- Ok, ça me va.

Je ramassai la couverture autour de moi et me levai du convertible pour rejoindre la chambre d’Alex, récupérant mon t-shirt au passage.


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Alex Peterson
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J’ai ri en la bousculant pour qu’elle s’active. « Oui, je préfère les rats à ce truc miteux, allez ! » Je l’ai laissée se lever, regrettant qu’elle soit si bien enveloppée et quand elle a disparu dans le couloir, je me suis relever pour éteindre l’ordinateur. J’ai attrapé mes affaires et je suis sorti à mon tour avant d’éteindre la lumière à son tour. J’ai franchi les derniers mètres qui me séparaient d’Angela et je lui ai pris son t-shirt des mains avant de le jeter avec le mien.

« Là où tu vas, tu n’as pas besoin de ça. » Je l’ai rattrapée par le bras avant de la faire tourner face à moi et j’ai glissé ma main dans sa nuque pour la soutenir en revenant sur ses lèvres. J’ai tiré sur la couverture pour l’en dégager avec un sourire en coin. « Toutes les filles qui passent cette porte doivent en répondre… » Entre vous et moi, elle n’avait pas vraiment le choix. J’ai tendu la main dans mon dos sans la quitter des lèvres pour éteindre la chambre et j’ai soulevé Angela dans mes bras. Elle était si légère que j’avais peur de l’écraser ! Je l’ai laissée retomber sur le lit avec moi pendant que j’achevais cette pensée et je me suis redressé, le souffle court, pour la détailler des pieds à la tête, m’assurant qu’il n’y avait rien de cassé. « Tu es tellement fine, c’est à se demander si je vais pas te briser des os ! » J’ai rabattu la couverture sur nous avant de fondre dans son cou pour embrasser sa gorge. « C’est tellement plus efficace que des comprimés ou un coup de massue derrière la tête... »

J’aurais probablement dû la ramener chez elle. J’aurais dû m’écouter quand je m’étais dit que tout ça était une mauvaise idée. Pas qu’il y ait eu quoi que ce soit à regretter, après tout, mais des fois… Je me dis que les choses auraient été plus faciles dans ma tête si je n’avais pas cédé. Cela dit, vous me direz, c’était pourtant moins difficile de réfléchir ensuite. Je n’étais pas tellement soulagé ou plus au clair avec moi-même, mais quand j’avais une tentation, j’étais partisan de l’adage qui disait que la meilleure façon de venir à bout d’une envie, c’est d’y succomber. Ainsi, après, on n’y pense plus, et nécessairement, c’est plus facile pour rester objectif. En ça, Angela m’a aidé. Mais je n’ai pas véritablement songé à ce qu’il pouvait se passer dans sa tête à elle et si c’était une bonne chose pour elle. Ca ne l’était pas, non, mais je m’en fichais pas mal, je crois. Ses signaux me disaient clairement de ne plus me soucier de quoi que ce soit, à l’entendre, les rôles étaient même inversés et j’étais celui qui se battait contre lui-même. Ce qui, de toute évidence, n’était pas le cas. Mais elle avait ouvert une porte qu’elle ne saurait fermer.



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Angela Foster
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Je sentis mon t-shirt s’échapper de mes mains avant même que je ne me sois rendu compte qu’Alex m’avait déjà rejointe. Tandis que je le voyais voler à l’autre bout de la pièce, je tournai légèrement la tête vers Alex. Pas besoin ? Vraiment ? J’esquissai un sourire et laissai Alex m’attirer à lui sans résister. Je ne retins pas la couverture quand il me la retira. Je me contentai de planter mon regard dans le sien et de lui sourire d’un air coquin.

- Si je comprends bien, je n’ai pas tellement le choix ? murmurai-je contre ses lèvres. J’aurais dû me douter que c’était un piège…

J’étais un peu étonnée, je n’aurais pas pensé qu’Alex aurait voulu recommencer cette nuit. Mais pour être honnête, je crois que je n’aurais pas pu dormir dans le même lit que lui sans tenter quoique ce soit. Comme je l’ai déjà dit, il dégageait une espèce de force qui m’attirait irrésistiblement. J’avais essayé de l’ignorer jusque là, et j’y étais très bien parvenue jusqu’à ce soir. Mais maintenant que j’y avais goûté, je craignais de ne pouvoir m’en passer. Mais je ne me préoccupai pas de cela pou l’instant. Carpe diem, j’aviserai demain.

Je glissais mes bras autour de sa taille tandis qu’il s’emparait de mes lèvres. Je me sentais bien, mais, alors qu’il éteignait la lumière, je ne pus m’empêcher de tressaillir. Je m’efforçai de me raisonner. Je n’avais peut-être pas éteint moi-même, mais je savais qu’il n’y avait rien ni personne d’autre que nous deux dans cette pièce, la porte était fermée et Alex était là. Je pris une profonde inspiration, me détendis à nouveau et me laissai faire quand il me souleva. Il semblait me porter sans aucune difficulté, je me sentais tellement légère ! Et vous savez quoi, ce n’était pas désagréable comme sensation. Sa réaction quand il me lâcha au dessus du lit me fit rire joyeusement.

- T’en fais pas pour moi, je suis moins fragile que j’en ai l’air.

Ca, libre à lui d’en douter, je crois qu’il m’avait suffisamment vu me ramener avec des blessures diverses et variées, mais jamais (et j’avais eu, pour l’instant, beaucoup de chance) avec des fractures. Alors oui, j’étais casse-cou, mais plutôt résistante finalement.

Je nouai mes mains autour de son cou pour l’attirer à moi au moment où il descendait de lui-même dans mon cou. Ca c’était juste… le truc qui abaissait définitivement mes défenses quoiqu’il arrive si je ne l’avais pas déjà fait avant. Ses baisers me faisaient frissonner. Pitié faites qu’il ne s’arrête pas.
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Alex Peterson
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Pour être très franc, je ne me souviens pas de grand chose ensuite. Je sais que je me suis endormi assez rapidement. J’étais dans mon lit, pas seul, il faisait chaud et… Oui, disons que je commençais à me sentir mieux ! Si Angela m’a parlé, je ne suis pas sûr d’avoir répondu. Ou alors, je l’ai fait en somnolant et j’ai sûrement dit des trucs sans queue ni tête. J’ai toujours espéré qu’elle n’en avait pas profité pour me poser des questions secrètes si elle était restée éveillée et pas moi. Quoiqu’il en soit… Elle a eu ce dont elle avait besoin et moi aussi.

Je croyais dormir si profondément qu’un tremblement de terre n’aurait même pas averti une seule de mes paupières. Pourtant, quand j’ai entendu Lexy m’appeler d’en bas, j’ai sursauté, les yeux grands ouverts. J’ai inspiré profondément en grimaçant et je me suis redressé dans le lit, une main sur le visage. Une autre raison pour moi de me trouver un endroit où vivre : ne plus être réveillé le matin. J’ai jeté un oeil au réveil et j’ai grogné en me levant. Il était bien trop tôt et je n’avais définitivement pas assez dormi. J’ai enfilé le premier pantalon qui traînait sur une chaise et j’ai attrapé mon t-shirt pour l’enfiler dans les escaliers. Je me suis passé une main dans les cheveux avec un visage des mauvais jours, pour trouver Lexy en train d’ouvrir les volets du bar. J’ai tiré sur mon t-shirt en arrivant à sa hauteur, la fusillant du regard, le temps qu’elle me voit.

« …plus de mecs comme ça qui t’emmènent au cinéma, puis au restaurant. Je croyais que c’était réservé aux adolescents ! Bref ! » Elle s’est retournée pour me regarder mais n’a pas pris en compte l’expression que je lui renvoyais, à savoir : je vais te tuer. Les mains levées, elle s’est approchée de moi avec un immense sourire. Dans d’autres circonstances, je me serais sûrement trahi, d’une certaine façon. Mais là, c’était différent. « Il me raccompagne, comme un gentleman qu’il est. Il me dépose et là… Au lieu de m’embrasser, il me demande si on peut se revoir. C’est pas tellement adorable ?! » Elle a ri en secouant la tête mais je n’ai toujours pas réagi, alors elle m’a montré la porte de derrière en fronçant les sourcils. « Hey, j’ai vu la moto d’Angela derrière, tout va bien ? » Elle a commencé à écarquiller les yeux en avisant ma tête de pas réveillé-dérangé. Mais je crois qu’elle a ri. « Oh, Crackers… »

J’ai roulé des yeux. Et puis quoi encore ? Je ne me prendrai pas un sermon, sûrement pas ! « Elle ne s’est pas sentie bien, je lui ai dit de dormir ici, j’ai pris le bureau. » Elle s’est penchée vers moi et a commencé à me renifler alors j’ai reculé de deux pas en levant les mains et je me suis indigné pour qu’elle me laisse tranquille. « Woh ! Ca suffit avec le reniflage ! Et tu devrais gueuler encore plus fort, le voisin sourd du 3e ne t’a pas entendue. » D’un regard réprobatif, je l’ai laissée là avant de remonter pour réveiller Angela si ce n’était pas déjà fait. Je me suis assis sur le bord du lit pour poser ma main sur son épaule. « Hey… » Je lui ai souri finalement. « Si tu veux dormir encore, vas-y, je vais fermer les portes du haut. Tu veux que je te monte quelque chose à manger avant ? »



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Angela Foster
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Je me suis endormie assez rapidement aussi. J’étais, il faut bien le dire, épuisée, je l’étais déjà quand j’avais pris mon service ce matin alors ce n’était pas tellement étonnant. La fatigue ne disparait jamais totalement, pas tant qu’on n’a pas dormi un minimum en tout cas. Elle s’éclipse parfois, mais finit toujours par revenir au galop. J’étais épuisée donc, mais aussi totalement détendue, ce qui a facilité mon endormissement certainement. J’ai probablement rêvé durant la nuit, mais rien de bien méchant. Je faisais régulièrement des cauchemars, et j’aurais cru qu’avec ce qui s’était passé hier soir, ma cécité aussi soudaine que passagère, ça aurait été le cas cette nuit. Mais rien. Etait-ce grâce à Alex ? Certainement oui, il avait réussi à tout me faire oublier l’espace de quelques heures.

Moi, quand je dormais, je dormais vraiment, d’un sommeil lourd, imperturbable, que mon réveil ne parvenait généralement pas à percer. En fait, c’était David qui réussissait à me tirer du sommeil à force de me secouer. C’était comme ça tous les matins. Et tous les matins il râlait : « Si tu te couchais plus tôt, tu serais moins crevée, tu l’entendrais peut-être ton réveil ! » ou alors « pourquoi tu mets pas la sonnerie plus fort, elle est au minium aussi ! ». Je lui répondais par un grognement et j’enfouissais ma tête sous mon oreiller. Mais c’était plus par jeu qu’autre chose. C’était notre petit rituel du matin. Bon sang, c’était le genre de chose qui me manquerait s’il devait partir pour vivre sa vie. Peut-être que je le retenais, inconsciemment ? Mais bref, on n’est pas là pour réfléchir à ça. Et de toute façon, je dormais si bien que je ne pensais pas du tout à David.

Je dormais si bien que la voix de Lexy ne me réveilla même pas. Tout juste me fit elle remuer légèrement, comme quand quelque chose nous dérange un peu mais que ce n’est pas suffisant pour nous réveiller complètement. Je ne sentis même pas Alex bouger à mes côtés, se lever, je ne l’entendis pas prendre ses affaires et ouvrir la porte. Je dormais comme une bienheureuse, tout simplement.

Ce n’est qu’en sentant la main d’Alex sur mon épaule que je commençais à émerger.

- Alex ?

J’avais tellement bien dormi que j’en avais presque oublié où j’étais. Et puis, en voyant son visage, son sourire, la nuit entière me revint en mémoire. Je me retournai et étirai mes bras au dessus de ma tête en souriant comme une femme qui vient de passer une excellente nuit.

- C’est déjà le matin ?

Quand il me proposa de dormir un peu plus longtemps, je commençais par hocher la tête. J’étais encore dans les vapes et oui, j’avais encore envie de dormir. Et puis, je me rétractai. Si c’était le matin, Matt et Lexy n’allaient probablement pas tarder à arriver. Ils arrivaient toujours plus tôt que moi le matin. Il valait peut-être mieux que je descende avant ?  

- Non, c’est bon, je descends. Merci.

Je me redressai et cherchai mes affaires du regard. Alors que j'essayai de localiser mes sous-vêtements (je n'arrivais pas à trouver mon boxer, j'avais dû le laisser dans le bureau), j’entendis du bruit au rez-de chaussée. Je levai les yeux sur Alex et fronçai les sourcils.

- Ils sont déjà arrivés ? Quelle heure il est ?
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Alex Peterson
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« Non, il n’y a que Lexy. Matt ne sera pas là avant deux bonnes heures, encore. Il n’est pas tout à fait 8h, elle est surtout en avance. Et visiblement ravie de sa soirée si tu veux papoter chiffon au réveil. » J’ai pouffé de rire. Ses affaires ? Elles étaient là où elle les avait laissées la veille ! En dehors de ce qu’elle portait au bureau que j’avais jeté avec mes propres affaires, je n’étais malheureusement pas là quand elle avait pris son bain ! Un grand manquement à ma réputation, d’ailleurs. Caressant son épaule, j’ai continué. « Je vais préparer le petit-déjeuner en bas, tu descendras quand tu voudras. On est toujours là tôt mais on s’active pas avant un moment, t’en fais pas. Lexy veut juste me raconter sa soirée… »

« Booooones ! Matt arrive à quelle heure, la machine fait encore des siennes ! » J’ai soupiré en fermant les yeux et je me suis frotté le visage. J’étais persuadé qu’elle le faisait exprès. J’ai relevé la tête vers le couloir. « Non, il faut… Une seconde, j’arrive ! » J’ai reporté mon attention sur Angela et j’ai glissé un index sur sa joue avec un sourire. « Okay, j’y vais avant qu’elle ne réveille tout le quartier. Dors autant que tu veux, on sera en bas, t’en fais pas. »

Je me suis relevé et j’ai fait un passage par la salle de bain rapidement avant de redescendre pour retrouver une Lexy en pleine forme, apte à me raconter chaque détail de sa soirée autour d’un café. La machine marchait très bien, on la débranchait chaque soir depuis que Matt l’avait réparée pour la protéger des micro coupures de courant. Comme je vous l’ai dit, tout ça n’a rien changé à ma vie. Je me suis senti un peu plus calme pendant un jour ou deux et ensuite, tout est revenu. J’avais suffisamment de patience pour ne pas m’en prendre à Matt ou à Lexy. La mort d’Ennis - et surtout ce qu’il nous laissait sans qu’on en ait eu un seul soupçon - aurait dû m’apaiser. J’allais enfin avoir ce dont je rêvais mais ça n’avait pas d’importance, il me manquait toujours quelque chose. Ce n’est que quelques mois plus tard que j’ai réalisé.

Mais en attendant… Le bar reprenait reprenait sa petite vie tranquille. Je pourrais vous dire « comme si de rien n’était » mais pas tout à fait. Quelques sourires, quelques attentions un peu plus particulières. Mon comportement ne changeait pas mais je ne la traitais plus comme une étrangère. Elle avait rejoint le rang de Matt et Lexy, finalement. Et peut-être qu’un jour viendrait où elle aurait son tatouage aussi. Allez savoir...

[Allez, fini ici, c'parti par là !]



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[CLOS] [Alex/Angie] Question pour un champion
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