2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [PRESSE] Carter Mitchell : le candidat de l’anti-diversité - 16/01/2075

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Shannon O'Dair
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Carter Mitchell :

le candidat de l’anti-diversité

« Megalopolis Post - 16 janvier 2075
Propos recueillis par Shannon O’Dair »





Carter Mitchell, Candidat à la Mairie de Megalopolis
Ce n’est plus un nom anonyme : depuis que Carter Mitchell est passé de la startup immobilière d’avenir à la politique, il ne se passe plus une journée sans matraquage de ses spots de pub et de ses affiches à l’arrière-goût doucereux. Ici une famille, le sourire aux lèvres, les enfants sur les genoux de leurs parents, fiers d’emménager dans le tout nouveau quartier Saint-Mitchell, là une personne âgée, lunettes sur le bout du nez, scrutant les passants, image de la sécurité retrouvée pour tous depuis le début des campagnes de nettoyage de la Ville Basse. Même notre bon vieux clochard de quartier a été prié de plier bagage pour assurer l’avenir du candidat Maire Mitchell.

Bien entendu je me fais ici la plume de ses détracteurs ; c’est là en substance le contenu de leurs propos. Et si Megalopolis compte assez de bouis-bouis à bobos philosophes pour débattre de sa légitimité, et de plateaux télés rutilants pour donner la parole aux différents partis de cette future investiture, la presse écrite n’est pas en reste, n’en déplaise à nos lecteurs que je sais toujours fidèles.


UN PARCOURS SANS FAILLE

Carter Mitchell est né à Boston, Massachusetts, et a fait ses études universitaires à Megalopolis, PD. Diplômé d’économie, c’est le businessman de génie qui a su s’imposer dans les hautes sphères de la Ville Haute et se faire un nom parmi les grands de l’immobilier. D’abord employé dans la Richmond Firm en temps qu’acquéreur foncier, il a, moins de cinq ans plus tard, pris la tête du département des saisies immobilières. Rapidement il a noué plusieurs contacts bien placés avec les banques One et FBA (First Bank of America), les deux géants du rachat de crédit immobilier, actuellement sous contrat avec la mairie de Megalopolis pour la liquidation des biens saisis pour cause du surendettement. C’était plutôt logique que ce personnage d’envergure fonde, dix ans plus tard à peine, sa propre société et rafle sous le nez de la Richmond, la plupart des contrats juteux. Via la One et la FBA, Mitchell noue également des contacts avec les élus de Megalopolis qu’il côtoie d’ailleurs le premier mercredi de chaque mois dans le Gentlemen Club de North High Park. Est-ce sous l’égide de ces puissants qu’il a finalement décidé de se faire le porte-bannière de la lutte pour l’assainissement des quartiers populaires de Megalopolis, ou bien y voit-il simplement l’occasion de belles plus-values sur des terrains laissés à l’abandon par la prospérité ?

MEGALOPOLIS, FUTURE VILLE DE STANDING

Ne nous y trompons pas, les nouveaux bâtiments flambant neufs à l’orée de la Ville Basse n’ont rien de logements sociaux et les maigres salaires des anciens locataires n’ont plus cours dans ces ensembles rutilants. La destruction progressive des quartiers dits « sensibles » était l’un des projets phares du candidat Mitchell dont la volonté première est de faire de Megalopolis un lieu « convivial, de bien-être et de savoir-vivre » selon les propres mots du chef d’entreprise. « La racaille grouillante de la Ville Basse, ceux qui se cachent dans l’ombre et vivent des commerces parallèles ne parasiteront plus longtemps notre société » ajoute-t-il face aux journalistes à la sortie d’un débat télévisé. Mitchell ne s’en cache pas : les Positifs sont pour lui une gangrène dont l’importance est exacerbée par le quartier légendaire - et surtout incontrôlable - de l’Underground.

LA DESTRUCTURATION DE L'UNDERGROUND D'ICI 5 ANS

Voilà tout bonnement ce qu’il annonce, et sans ciller, comme le projet prioritaire de sa magistrature. L’Underground est non seulement un repère de hors-la-loi mais une surface habitée non soumise aux impôts, qui se nourrit sur le dos des contribuables de Megalopolis en détournant certains réseaux électriques, d’approvisionnement en eau et de géothermie, selon le candidat, largement soutenu par les plus fortunés. « Le peuple en a assez de payer pour des monstres cachés dans les égouts » lance sa première secrétaire et surtout plus grande supportrice. Plusieurs éclats de voix semblent soutenir ce point de vue. Pas moins de dix associations Pro-Positifs saisiront tout de même le tribunal d’instance pour « incitation à la haine raciale et propos antipositifs ». L’affaire n’a sans doute pas terminé de déchaîner les passions. Mais Carter Mitchell avait donc promis cinq années… Pour trouver et détruire toute la communauté insaisissable de l’Underground de Megalopolis et ainsi rendre à la mégalopole toute sa fierté et sa lumière.

LE CRÉPUSCULE D'UNE TRAÎNE-LA-PATTE



Liberty Island, Ville Basse de Megalopolis
« Traîne-la-Patte » est un nouveau terme urbain donné aux habitants de la Ville Basse, notamment ceux vivant le plus près des ruines de Long Island, péninsule rebaptisée Ghost Island après sa coulée sous les eaux. Des murmures commencent à se faire entendre. Alors que la Ville Médiane grandit et se peuple, la Ville Basse intéresse de moins en moins de monde. Trop éloignée de la Ville Haute, de ses grands centres commerciaux, la United Transportation a fait appel à un Shuttle afin de relier les habitants de Megalopolis d’une façon plus simple et plus rapide mais les faits sont là : New-York n’existe plus et la Ville Basse n’inspire plus que de la peur et le désarroi, tel un vieux quartier mal famé où vivent des créatures étranges aux pouvoirs incontrôlables. Carter Mitchel a annoncé, lors de son débat pour la Mairie, que le niveau de l’eau de la Baie de Manhattan avait atteint le premier orteil de la Statue de la Liberté sur Liberty Island. Estimant la Ville Basse sous les eaux dans moins d’une dizaine d’années, son deuxième projet prioritaire aurait été d’extrader le symbole de toute une nation au sein des terres, dans le Washington Square Park de la Ville Haute, en réponse à la Liberty Bell 500 mètres plus loin. « Plus qu’un symbole, La Statue de la Liberté incarnera la mémoire de toute l’histoire de notre pays, un hommage à celle qui aura été notre capitale pendant des siècles. » avait ajouté Mitchell lors du débat. Un hommage que beaucoup de « Traînes-la-Patte » ne partagent pas, considérant le monument comme la dernière fierté émergente d’une ville autrefois surnommée « Celle qui ne dort jamais ».

UN PROCÈS SOUS HAUTE SURVEILLANCE LE 27 JANVIER PROCHAIN

Outre le déchaînement médiatique autour de ces simples propos, le témoignage de plusieurs expropriés des anciens bâtiments rasés par la société de Mitchell est accablant. Il semblerait pourtant que ces naufragés du rachat immobilier n’étaient pas tous en cessation de paiement auprès des organismes créanciers et des logeurs. Dans ce cas, où est passé l’argent ? Et de quel groupe extrémiste parle-t-on ? Tant de questions demeurent sans réponse. Une grande manifestation anti-Mitchell est d’ores et déjà prévue sur le parvis du tribunal, en soutien à ces familles mises à la rue et aux habitants du fameux quartier Underground que le politicien comptait raser dès le début de son mandat. « Au nom de quelle liberté vous battez-vous, Mitchell ? » avait ri la candidate opposante républicaine George Kellog lors du débat. Cette question est à présent sur toutes les lèvres.

La mairie de Megalopolis annonce le déploiement de forces armées supplémentaires pour assurer la sécurité aux abords du palais de justice. Il va sans dire que les forces de l’ordre craignent des débordements. Une fois Carter Mitchell derrière les barreaux, qu’est-ce que cela signifiera pour les habitants de Megalopolis ? Affaire à suivre.



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