2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Lizzie/David] A l'assaut de la ville basse

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David Foster
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Début Avril 2075

Je n’avais pas vu passer la fin de la semaine et le samedi soir était déjà arrivé. Et avec lui, le concert d’Angie et la soirée avec Elizabeth. J’avoue que je n’étais pas spécialement à l’aise à l’idée de cette soirée, mais comme Elizabeth l’avait dit elle-même, j’étais un homme de parole. Je ne revenais jamais sur un engagement. Qui sait, peut-être que j’allais passer une bonne soirée finalement. Et puis, c’était un concert, pas un dîner en tête à tête.

Je l’avais rappelée la veille au soir, pour lui demander si ça tenait toujours pour le concert et je lui avais dit que je passerais la prendre directement à son hôtel. Après le discours que je lui avais tenu, je n’allais tout de même pas lui dire de venir toute seule dans la ville basse ! Et puis, j’étais bien élevé et serviable, vous vous souvenez ? Il ne me serait même pas venu à l’idée de lui dire de venir dans la Médiane pour l’emmener ensuite.

Le soir venu, donc, j’avais pris la direction de la ville Haute et de l’hôtel qu’Elizabeth m’avait indiqué. Je n’étais pas en service ce soir, j’avais donc laissé mon costume d’agent du FBI à la maison, choisissant pour l’occasion le genre de tenue que je portais toujours quand je ne travaillais pas : un jean et t-shirt à manches courtes desquelles dépassaient mes tatouages. Le bracelet tribal qui encerclait mon biceps gauche était entièrement visible, mais ce n’était, en revanche, pas le cas de celui de mon bras droit. Seule se voyait la devise du 75th ranger regiment, Sua Sponte, et on devinait la base de l’insigne qui le surmontait. Tel que j’étais à cet instant, il aurait été bien difficile à quelqu’un ne me connaissant pas de dire que je bossais pour le FBI. La plupart du temps, on pensait d’ailleurs que j’étais encore un ranger, la faute au tatouage.

Je me garai devant l’hôtel d’Elizabeth en laissant échapper un soupir. Je n’aurais pas pu vivre dans un endroit comme celui-ci. Sincèrement, je ne savais pas comment elle faisait. C’était si… impersonnel et sophistiqué à la fois. Trop compliqué. La ville Médiane me convenait mieux, plus chaleureuse, plus simple.

Je frappai trois coups à la porte d’Elizabeth et attendis patiemment qu’elle vienne m’ouvrir.


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Lizzie Scott
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Lizzie avait passé une semaine assez étrange finalement mais l'électrochoc du poste de police même si elle refuserait de l'admettre l'avait poussé à réfléchir sur ce qu'elle voulait vraiment et une chose était certaine, s'intégrer en ville était sa première priorité si elle voulait espérer pouvoir mener ses études et sa thèse à son terme. Dans un sens peu importait le résultat final, le but était de mener l'analyse et donc d'enquêter pour tenter de comprendre comment tournait le monde ici.

Elle avait donc poussé l'agent immobilier à s'activer et avait changé ses critères de recherche et il avait trouvé son bonheur en 48h. Elle emménagerait donc le lundi dans un petit meublé de la Ville Médiane, au dernier étage d'un immeuble plutôt correct et elle aurait une vue sur la baie de Manhattan. C'était cossu sans être riche et cela allait lui permettre de découvrir un nouvel aspect de la Ville qui jusque la se refusait à elle.

La jeune femme avait bien compris qu'elle ne pouvait se montrer telle qu'elle était au quotidien car cela pouvait être pris pour une provocation aussi avait-elle fait simple même si du coup elle avait acheté sa tenue exprès pour sortir, paradoxal non?

Vêtue d'une paire de collant, une robe de maille allant jusqu'aux genoux, un perfecto de cuir noir et des bottes noires, un serre tête, elle avait fait de son mieux pour ne pas être dans le paraître ce qui n'était pas un exercice simple non plus.

Quand on frappa à sa porte elle était prête ne restait qu'à enfiler les chaussures et le manteau finalement. Elle alla ouvrir et découvrit du coup son cavalier du soir dans une tenue bien moins formelle forcément. Un coup d'oeil rapide et elle découvrit les tatouages, tiens donc, l'agent Foster avait donc une vie ailleurs qu'au FBI, d'avant peut-être? Elle sourit franchement en le saluant.

- Bonsoir David. Laissez moi juste dix secondes pour enfiler une paire de bottes et mettre mon manteau et je suis à vous pour la soirée.

Cela étant dit elle laissa la porte entrouverte et se chaussa rapidement avant d'enfiler son perfecto.

- Alors ça ira vous pensez?


HJ: gros mea culpa pour t'avoir fait attendre en tout cas sad


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David Foster
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Et cette porte s’ouvrit assez rapidement d’ailleurs, pour laisser apparaitre… Elizabeth. (Vous vous attendiez à quoi, c’était elle que je venais chercher). Elle m’adressa un immense sourire et me salua par mon prénom. Ce qui, je l’avoue, me déstabilisa quelque peu. J’étais tellement habitué à « agent Foster ». Rares étaient les personnes qui m’appelaient David, en fait, surtout quand elles me connaissaient professionnellement, comme c’était le cas pour Elizabeth. Hey, je l’avais arrêtée, faite conduire à un poste de police et interrogée dans le cadre d’une enquête quand même ! Qui, dans cette situation, m’aurait donné du David ? D’ailleurs, à bien y réfléchir, qui, dans cette situation, aurait accepté de m’accompagner à un concert ? Attendez, en fait, la vraie question, ça serait plutôt quel agent du FBI invite un de ses « suspects » à un concert ? Ne cherchez pas, à part moi, il ne devait pas y en avoir des masses… J’étais étrange comme garçon, non ?

- Bonsoir, mademoiselle Scott.

Un peu trop formel peut-être ? Pour ma défense, j’avais toujours un peu de mal à vraiment « sortir » du boulot. Et les familiarités, pour ma part, ce n’était pas hyper habituel non plus. Je manquais de pratique, je crois. Sunny avait raison, je ne sortais pas assez, je ne rencontrais pas assez de gens. J’acquiesçai quand elle me demanda un petit peu de temps et enfonçai les mains dans mes poches, ce qui eut pour effet de dévoiler un peu plus l’insigne du 75th.

- Prenez votre temps, je ne suis pas pressé.

Pour une fois. J’avais décidé de prendre mon temps, et de profiter de la soirée. Je n’étais plus très sûr de bien savoir comment on faisait, cela dit. Ça faisait combien de temps que je n’étais pas allé à un concert d’Angie ? Trop longtemps. Pour être honnête, je n’étais même pas sûr de me rappeler comment on faisait pour se détendre.

A sa question, je l’examinai de la tête au pied, et esquissai un léger sourire.

- C’est…

Ca lui allait bien. Elle était charmante en réalité. Mais ce n’était pas ce que j’allais répondre, bien évidemment. Je me raclai la gorge avant de continuer.

- Peut-être un peu trop « mignon ». Mais c’est mieux. Ça ira pour ce soir en tout cas.

Et si ça n’allait pas, j’étais là après tout, non ? Que qui que ce soit vienne lui chercher des ennuis et il me trouverait sur son chemin. Et vous savez quoi, le tatouage du 75th était tout aussi efficace qu’un insigne du FBI dans la ville basse.

- Prête à affronter la ville basse ?

Bon sang David, c’est quoi ce ton raide ? Il va vraiment falloir que t’apprennes à te décoincer.


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Lizzie Scott
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L'agent Foster puisque tel était son patronyme répondit aux salutations de la jeune femme avec un ton plus formel. Cela la fit sourire, en général aussi elle mettait directement de la distance avec les gens mais elle trouvait cela incongru avec lui justement parce qu'il avait été celui qui l'avait ramassé alors qu'elle était en plein trip, qu'elle racontait tout et n'importe quoi. Comment pouvait-elle espérer paraître vraiment crédible après cela?

- Allez vous avez mon autorisation pour utiliser mon prénom.

Son sourire s'était agrandi devant cette flagrante provocation.
Néanmoins une fois prête et après avoir fait son tour sur elle même elle arbora une drôle de moue.

- Des heures à me préparer pour obtenir un too cute? Qu'ai-je fais de mes tendres années et de ma superbe dites le moi par pitié.

Ce n'était pas destiné à David c'était une phrase légère à l'envolée comme l'oiseau sur sa branche d'oranger.

Il n'était pas à l'aise c'était un fait et elle espérait qu'elle parviendrait à le faire se sentir plus à son aise cependant.

- Prête pour découvrir la face cachée de cette grande ville oui et d'entendre le groupe de votre soeur. Vous êtes musicien vous aussi?


Cela étant dit elle prit son sac à main et ferma la porte de la chambre d'hôtel, elle laisserait le passe en bas à la réception, inutile de l'emporter. Elle n'avait aucun bijou sur elle ce soir, elle ne voulait réellement pas créer de vague.

- Et vous prêt à supporter une écossaise toute une soirée?


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David Foster
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L’autorisation d’utiliser son prénom ? Allez savoir pourquoi, cette remarque, et surtout le sourire qui l’accompagnait, me fit détourner le regard. Ce n’était pas tant que cette idée me déplaisait, mais d’une certaine manière, c’était comme effacer un peu les distances qu’il y avait entre nous, faire sauter la barrière professionnelle, et, oui, ça me mettait mal à l’aise. Le manque d’habitude, encore une fois. J’étais maladroit et ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. De là à ce qu’elle le remarque, il n’y avait qu’un pas. Peut-être même en jouerait-elle ? Je ne savais pas trop quel genre de femme elle était.

Je relevai les yeux à sa question, mais m’abstint de tout commentaire. De la façon dont je l’entendais, c’était une question rhétorique, qui ne s’adressait pas vraiment à moi. Inutile que je réponde. Je n’étais pas du genre à gaspiller ma salive pour des remarques inutiles.

La question suivante, par contre, m’était clairement destinée. Et ne pas y répondre aurait été faire preuve d’une grande impolitesse.

- On peut dire ça, oui. Je joue du piano. Mais ma sœur est mon seul public pour l’instant.

Et je n’étais pas sûr d’avoir envie que ça change, de jouer devant un public d’inconnus comme le faisait Angie, s’entend. J’aimais bien jouer seul, ou en petit comité, pour les personnes qui m’étaient chères. Si quelqu’un d’autre qu’Angie devait m’entendre prochainement, ce serait quelqu’un qui compterait beaucoup pour moi ou en tout cas, pas de parfaits inconnus. Des amis, probablement. Ou peut-être plus qu’une amie... Mais pour que cette personne puisse m’entendre, encore fallait-il que je la trouve et que je la laisse s’approcher. Et pour ça, j’avais des progrès à faire, beaucoup de progrès.

- Pourquoi ? Les Ecossaises sont si difficiles à supporter ? Je voudrais bien voir ça. Et quand bien même, vous allez vous trainer un agent du FBI, je ne suis pas sûr que ça soit plus supportable qu’une écossaise.

Je la guidai jusqu’à ma voiture, clairement pas le type qu’Elizabeth devait avoir l’habitude de voir en ville haute, mais elle correspondait à ce qu’un agent du FBI pouvait s’offrir. En parfait gentleman que j’étais, je lui ouvris la portière et la laissai s’installer avant de la refermer et de contourner la voiture pour rejoindre ma propre place.

- Quand on sera en ville basse. Il vaudrait mieux que vous laissiez votre sac sous le siège. D’une part parce que vous serez plus à l’aise pour bouger à l’intérieur du bar, et d’autre part parce que vous attirerez moins la convoitise. Je veux bien vous servir de garde du corps, mais si vous pouviez éviter de tenter le diable, ça m’arrangerait, en fait. Ne prenez que ce qui est absolument nécessaire. Et si vous n’avez pas de poches, je vous trouverai une place dans les miennes.

Je lui jetai un petit regard en coin et pris la direction de la ville basse. Il nous fallait, pour y arriver, traverser une partie de la ville médiane. Je ne savais pas si Elizabeth avait déjà fait un circuit comme celui-ci, mais elle pouvait aisément se rendre compte des différences entre chaque partie de la ville. Et quand nous entrâmes dans la ville basse, celles si s’accentuèrent.


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Lizzie Scott
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Lizzie voyait bien que David peinait dans cet exercice de se montrer naturel et de faire la conversation, pourtant, force était d'admettre que dans son boulot il n'avait aucun mal à mener la conversation, comme quoi entre le boulot et la vie de tous les jours il y avait un monde pour certaines personnes.

- Il faut bien débuter par quelqu'un non? Mes parents m'ont forcé enfant à apprendre le solfège et à jouer du piano et du violon, j'ai détesté cela mais je me demande encore comment ils ont accepté que j'arrête la musique alors que c'était la "tradition"

La suite sembla un peu le détendre.

- Surtout quand elles se détendent, elles ne font plus attention et leur terrible accent ressort, il parait que cela écorcherait les tympans fragiles des américains. Quand à l'agent du FBI je suis persuadée qu'il a plusieurs cordes à son arc, déjà il joue du piano et il est tatoué, et pas un vulgaire tatouage non un truc de... ranger? soldat? Je n'y connais rien mais ça ressemble à ça non?


Lizzie monta dans la voiture sans même hésiter, peu importait le véhicule, ce n'était pas une voiture sale, c'était ça qu'elle détestait, les gens qui faisaient de leur voiture ou maison une belle porcherie, c'était un manque de contrôle et de maîtrise sur sa vie impensable pour elle.

Une fois installée, ceinture enclenchée elle suivit les conseils de David et sortit de son sac à main son portable qu'elle mit dans la poche intérieure de son blouson et de son portefeuille elle sortit une carte bancaire qu'elle glissa dans un porte monnaie. Le reste serait dans son sac à main, son identité était dans sa puce. Cela l'ennuyait pour le raccord maquillage mais bon elle pouvait s'en passer quelques heures après tout.

- C'est bon j'ai pris ce dont j'avais besoin, le minimum vital dirons nous. Par contre vous avez interdiction de me dire que mon maquillage a un raté ce soir.

Elle avait dit cela en souriant franchement car cela ne l'effrayait pas franchement. Malgré elle, elle se tut ensuite alors que David approchait de la Ville Basse, elle n'en perdait pas une miette, observait tout, elle n'avait encore jamais mis les pieds ici et elle tenait à bien mémoriser tout, lire, regarder des videos c'était bien, se faire sa propre opinion, c'était sans prix!


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David Foster
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- Chez nous aussi, c’était une sorte de tradition. Mais chez nous, on s’y conformait plutôt avec plaisir, je dois dire.

Bon, ok, les années de solfège, ça n’avait pas été marrant tous les jours. Surtout au début, quand on n’a pas encore la possibilité de toucher l’instrument tant qu’on ne maitrise pas certaines bases. Mais à partir du moment où j’avais commencé à jouer de façon relativement correcte, je n’avais plus lâché mon piano. Et Angie avait été pareille, avec son violon. Mais ma sœur, c’était spécial, elle avait la musique dans le sang. C’était plus qu’un passe-temps, un moyen de se détendre pour elle, c’était une vraie passion.

Les yeux rivés sur la route, je conduisais prudemment, mais sûrement. Je n’étais pas en service, je n’étais pas à la poursuite de qui que ce soit, je n’avais donc pas de raisons d’avoir une conduite particulièrement rapide et sportive. Le commentaire de la jeune femme m’arracha un léger sourire. Je n’avais pas souvenir d’avoir entendu un accent écossais. Je veux dire, un pur accent écossais, le genre pure souche, qui coule naturellement, sans que la personne qui parle ne cherche à le corriger. Je tournai légèrement la tête vers elle et acquiesçai quand elle m’interrogea sur mon tatouage.

- Ranger, oui. C’est l’insigne et la devise du 75th regiment. J’étais soldat avant d’intégrer le FBI.

Quant à avoir plusieurs cordes à mon arc, oui, certainement. Quelque chose me disait qu’elle pourrait être surprise si elle cherchait à en savoir un peu plus sur moi.

Je l’observai un instant, du coin de l’œil, tandis qu’elle découvrait la ville basse. Elle regardait par la fenêtre comme si elle se trouvait dans un endroit fantastique et qu’elle ne voulait pas rater le moindre détail. Espérons qu’elle ne se soit pas fait trop de fausses idées sur l’endroit.

- C’est autre chose que la ville Haute, n’est-ce pas ?

La ville basse était… non pas un champ de ruines, elle n’en était pas à ce point là, mais presque. Il y avait, effectivement, des immeubles abandonnés, soumis à la dégradation du vent et de la pluie. Et ceux qui étaient encore habités ne payaient pas de mine. Je veux dire, nous étions dans le quartier le plus pauvre de Megalopolis. On était loin des immeubles luxueux et propres de la ville Haute. On était loin aussi des petits pavillons de banlieue avec jardins de la médiane. Nous étions dans une ville aux rues étroites, aux poubelles éventrées, aux bâtiments qui semblaient être là depuis des siècles. Au premier abord, cette partie de la ville pouvait faire peur. Mais quand on la connaissait bien, on apprenait à aller au-delà des apparences.

Nous passâmes devant le bar et je garai ma voiture dans une rue, plus loin. Entre les épaves et les voitures de ceux qui vivaient dans le quartier, c’était déjà difficile de trouver une place, alors imaginez quand en plus, il se passe quelque chose dans l’un des bars de la ville ?

- On y est. Prête ?

Je lâchai le volant et interrogeai Elizabeth du regard. C’était l’heure du grand saut !


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Lizzie Scott
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La jeune femme sourit franchement avant de répondre.

- En temps normal je me pliais vraiment à tout mais cela devait être le cours particulier de trop, Je crois qu’à l’époque j’avais envie de pouvoir jouer comme les enfants de mon âge et ne pas passer tout mon temps libre à étudier encore des choses pour…je cite « parfaire son éducation ma chérie est le privilège et l’apanage des futurs dirigeants de ce monde ». Notez qu’au final je suis devenue ce qu’on me demandait, une bête d’étude et cela me plait mais j’ai du avoir des envies de rébellion qui ont payé.


Pourquoi donc elle parlait autant ? pour le détendre un peu aussi sûrement.
Revenant sur le tatouage elle opina du chef.

- Et pourquoi avoir quitté le service des rangers du coup ? Une envie de vous poser dans une grande ville ?


Elle avouait ne pas trop savoir comment cela se passait avec l’armée, peut-être n’avait-il pas eu le droit de rester toute sa vie, pas envie de faire carrière la bas, vu des horreurs ?

- Vous avez voyagé quand vous étiez ranger ?

Elle avait observé la Ville Basse pour s’en imprégner, enregistrant, mémorisant, notant mentalement des remarques.

- C’est sale, abimé, parfois cela donne l’impression d’être au bord de la destruction et pourtant c’est vivant. Pas aseptisé, la ville Haute c’est une belle vitrine pour moi, ici, c’est le cœur de la ville.

Ce n’était pas une critique blasée, mais c’était ce qu’elle ressentait, finalement la vie fourmillait ici, plus violente surement mais sans artifice aucun. La voiture garée elle défit sa ceinture et ouvrit la portière pour sortir, vérifiant avant que son sac était bien dissimulé sous le fauteuil passager, c’était bon il était petit de toutes façons. Elle sortit finalement et observa le ciel qui se drapait de son voile nocturne.

- Prête à découvrir le groupe de votre sœur et à m’imprégner des lieux.


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David Foster
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J’esquissai un léger sourire, opinai du chef et sortis de la voiture. Je la contournai rapidement pour aller ouvrir la portière d’Elizabeth et la laisser sortir. Serviable, on vous a dit. Mes parents m’avaient élevés comme ça. Et j’étais bien élevé, non ? Je n’allais tout de même pas renier mon éducation.

- Vous avez raison. A propos de la ville basse. C’est cette partie-ci qui est le plus vivante. Les gens ne s’embarrassent pas de fioritures. Ils n’en ont ni le temps, ni les moyens. Ils sont plus vrais. Plus simples.

En réalité, j’étais comme Angie, je vivais dans la Mediane, mais mon cœur, mon âme, appartenaient à la ville basse. Mon regard se posa sur les gens qui se trouvaient dans la rue. Il n’était pas rare qu’on y voit des sans-abris, des gens qui marchaient vite, la tête basse, parce qu’ils enchaînaient les heures de boulot pour pouvoir nourrir leurs enfants. De ce côté-ci de la ville, la vie n’était pas facile. La vie n’était pas juste, d’ailleurs. Elle était là, la raison pour laquelle j’avais quitté l’armée, sous nos yeux. Et c’est à ce moment que je me rendis compte que je n’avais même pas répondu à ses questions. Je crois que j’étais trop occupé à la regarder découvrir la ville basse, je n’avais pas dû percuter sur le moment. Et nous étions vite arrivés.

- C’est pour eux que j’ai quitté l’armée.

J’indiquai les gens qui circulaient, ici et là, d’un geste de la main qui englobait toute la rue. Toute la ville d’ailleurs, par extension.

- En partie. Je voulais me battre pour une bonne cause. Défendre les gens qui en avaient vraiment besoin. Protéger et servir la population. Et j’ai voyagé, oui. J’ai été basé en Turquie, pendant un moment.

La Turquie… On continuait d’y envoyer des troupes régulièrement. Et régulièrement nous pouvions lire dans les journaux que nos hommes continuaient de s’y battre, et d’y perdre la vie. Les conflits là-bas n’étaient toujours pas réglés. Elizabeth le savait-elle ?

Je pris la direction du bar, lançant quelque fois des regards à Elizabeth. J’avais l’air plus détendu, mais j’étais vigilant à ceux qui se trouvaient autour de nous. Angie était plus d’une fois tombée sur des types pas très nets. Ici, on n’était jamais vraiment à l’abri de ça. Et Angie n’était pas vraiment du même style d’Elizabeth. Elle ressemblait moins à une éventuelle proie.

- Ne vous éloignez pas trop.

Je tendis la main dans sa direction, comme pour l'inviter à se mettre en marche.


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Lizzie Scott
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Je n'avais pas eu le temps de sortir que mon cavalier du soir se montrait encore une fois un parangon de vertu, y avait-il un vice bien caché sous ce jeune homme qui semblait respirer la perfection, la gentillesse et le professionnalisme aussi dans son travail? C'était à creuser ne croyez vous pas?

- Le temps est denrée rare pour tous, nous sommes égaux face à lui.

C'était bien la seule seule face à laquelle on ne pouvait rien concrètement.
Encore que certains Sliders avaient un avantage finalement.

- Vous avez donc changé de forme de combat tout simplement car les Rangers aussi ont leur combat notamment en Turquie. Mais j'imagine que celui que vous avez embrassé maintenant n'est pas plus simple au contraire. Suivre des ordres quand on est militaire accomplir des missions c'est mécanique presque, ici, vous avez une lourde tâche cela doit être épuisant au quotidien.Vous êtes au FBI depuis combien de temps?


L'actualité, les conflits du monde, la presse, elle se tenait au courant, fouillait, décryptait, c'était sa deuxième drogue, le savoir c'était le pouvoir non?

Elle suivit David alors qu'il l'y invitait sans l'ombre d'une hésitation. Elle aurait volontiers posé sa main sur le bras tendu mais elle doutait que cela fut l'intention de David que de proposer son bras réellement. Dans son monde à elle, cela se faisait mais ce soir elle se pliait à d'autres règles.

- Une vraie tique promis!


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David Foster
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Je glissai ma main dans son dos, quelques secondes, comme pour lui donner la direction à suivre.

Je m’arrêtai brusquement en entendant ses paroles. J’avais essayé de me montrer amical, ou du moins cordial, jusqu’à présent. Je n’étais pas sûr cependant que ce soit l’impression que je donnais réellement. Mais que voulez-vous, je faisais des efforts, ça valait déjà la peine d’être noté. Ce n’était pas ma faute si j’avais du mal à être à l’aise. Oui, bon, si, ça l’était, il m’aurait suffi de sortir plus souvent pour que cela me vienne plus naturellement. Mais bon, j’étais comme ça, mais, j’essayai de changer.

Bref, en entendant ses paroles, donc, je m’arrêtai, la retins légèrement par le bras, comme pour lui demander de s’arrêter également et de me regarder. Mon expression, qui n’était déjà pas très détendue, était encore plus raide qu’à l’accoutumée, et mon regard s’était fait un peu plus dur. Je n’avais pas l’intention de m’en prendre à elle ou de lui faire peur, mais je ne pouvais pas ne pas réagir à ses paroles. Je rivai mon regard au sien, m’arrangeant pour qu’elle ne me quitte pas des yeux, pas une seule seconde. On m’avait dit une fois que j’avais un regard perçant, qu’il était difficile de soutenir. J’attendais d’elle qu’elle le fasse. Parce que mes yeux exprimaient bien plus mes pensées que mes paroles. Et mes yeux, à cet instant précis, reflétaient la douleur que ses paroles avaient fait remonter à la surface.

- Mécanique ?

Et puis quoi encore ? Ca revenait presque à dire qu’en tant que soldats, nous n’étions ni plus ni moins que des robots capables d’exécuter un ordre sans ressentir la moindre émotion !

- Ce n’est pas si simple d’obéir à un ordre quand il vient contredire vos convictions. C’est encore pire quand vous savez qu’exécuter l’ordre que vous avez reçu revient à condamner des dizaines de personnes. Tuer un homme n’a rien de mécanique. C’est quelque chose de difficile, dont on ne ressort jamais indemne, quand bien même c’était un ennemi et que c’était notre vie ou la sienne. On ne s’habitue jamais à ça. En plein combat, tirer devient un réflexe, mais une fois que le combat est terminé, notre conscience rapplique au galop. Ca nous torture toute notre vie.

Je retirai ma main de son bras, relevai la tête, détournai le regard et me passai une main dans les cheveux.

- J’ai quitté l’armée il y a 6 ans, parce que je pensais que nous combattions pour de mauvaises raisons. Les ordres que je recevais me mettaient sans cesse en confrontation avec ma propre conscience. Au FBI, nous n’avons peut-être pas juste à suivre des ordres comme des machines qui n’ont pas besoin de réfléchir, mais au moins, je peux me battre chaque jour pour des valeurs qui me semblent justes.

Je baissai à nouveau les yeux sur elle. La pauvre, elle avait grandi dans une cage dorée, dans un pays lointain, qu’est-ce qu’elle aurait pu savoir des états d’âmes d’un soldat lambda ? Je soupirai et captai à nouveau son regard.

- Je vous prie de m’excuser.

On n’était même pas encore entrés dans le bar. Quand je lui disais que se coltiner un agent du FBI, c’était pas franchement marrant… surtout quand c’était moi !


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Lizzie Scott
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Le but de Lizzie n'était pas forcément de toujours choquer même si elle avait trouvé en cet art une sorte de signature. Non elle avait utilisé des mots simples sans vouloir se montrer blessante tout simplement mais la réaction de David en disait long sur son vécu plus que ses mots aussi virulents soient-ils, il était marqué profondément et depuis longtemps par ce qu'il avait vécu.

La pimpante écossaise se tut cependant, sachant très bien quand il était temps de parler ou pas et la en l'occurrence mieux valait se taire. Elle laissa David exploser en un sens et libérer ce qu'il avait sur le coeur plutôt que de tenter de le contredire ou quoi que ce soit d'autre.

Quand il eut fini elle esquissa un doux sourire avant de répondre à son tour.

- Ne vous excusez pas d'avoir une opinion tranchée et de vous battre pour elle David, c'est une des premières choses qu'on nous enseigne à Eton. Nous devons assumer nos actes, nos pensées et être prêts à les défendre car sinon ils sont vains et futiles.

Elle hésita un infime instant avant de poursuivre.

- Je ne voulais pas paraître réductrice quand à votre vie de soldat loin de moi cette idée là, je voulais juste pointer du doigt la différence de tâche entre un protocole militaire à suivre, une mécanique bien huilée justement et la diversité de votre labeur ici, l'a- mpleur de la tâche que représente Megalopolis c'est tout. Je sais que suivre des ordres qui vont à l'encontre de sa morale doit remuer les tripes et remettre en question et franchement vous avez respirez l'intégrité David sans moquerie aucune alors soyez sûr que personne ne peut imaginer que vous ayiez mal agi et suivi des ordres bêtement. Mon franc parler me joue aussi parfois des tours voyez vous, quand je pense pouvoir parler simplement je réalise qu'il n'en est rien, vous n'êtes pas dans ma tête pour suivre mes raisonnements après tout.

A elle de les délivrer sans non dit pour éviter toute erreur d'interprétation, même dans une soirée anodine, finalement ville haute ou basse, les gens étaient les mêmes !

- Le premier verre est pour moi et je vous jure que vous n'allez pas prendre un lait fraise, vous êtes de repos ce soir!


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David Foster
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- Non, je m’excusais pour vous avoir parlé de la sorte. Vous ne le méritiez pas.

J’avais conscience que mon ton avait été plus que froid, à la limite de l’hostilité mais sans pour autant tomber complètement dedans. Elle n’avait pas mérité que je lui parle de cette façon. J’aurais dû me contenir, c’était ce qu’on attendait de moi, normalement, en tant qu’agent. Et en général, j’y arrivais plutôt bien (mis à part un raté mémorable, mais il faut dire que le gars avait vraiment cherché à me faire sortir de mes gonds et qu’il avait trouvé tout de suite où frapper). Et puis, à travers mes paroles, je lui avais certainement dévoilé un peu de ce que j’avais vécu à l’armée. Ce n’était pas une expérience sympa à proprement parlé, c’était mon fardeau, et je n’avais pas à m’en décharger sur elle. Même si j’avais parlé de façon assez générale, une fille aussi intelligente qu’elle n’aurait aucun mal à faire le lien avec mon propre vécu.

Les paroles qu’elle m’adressa ensuite me firent l’effet d’une douche froide. J’avais beau savoir que ce n’était pas son intention et qu’elle essayait juste de m’expliquer qu’elle n’avait pas su s’exprimer précédemment mais qu’elle ne doutait pas de ce que je venais de dire, je ne pus m’empêcher de ressentir comme une espèce d’amertume. « Personne ne peut imaginer que vous ayez mal agi et suivi des ordres bêtement ». Si elle savait… Bon, c’est vrai, j’avais essayé de les discuter ces ordres. Mais j’avais fini par les suivre. Le problème, c’est que dans l’armée, si on désobéissait à un ordre direct, on risquait gros. Et je faisais encore confiance à mes supérieurs à cette époque-là. Je n’étais pas d’accord avec leur méthode, mais je pensais qu’ils savaient ce qu’ils faisaient.

Et quand ce fut à son tour de s’excuser (enfin, ce n’était pas vraiment des excuses mais je les prenais comme telles), je secouai la tête et reportai mon regard sur un point au-dessus de son épaule. Elle n’avait pas à s’expliquer, beaucoup de gens étaient comme elles. Il y avait toujours un décalage entre ce qu’on disait et ce qui sortait réellement de notre bouche. Le problème, c’est que j’avais tendance à prendre un peu trop les choses au premier degré. Ce qui expliquait que j’avais parfois un peu de mal à comprendre les allusions, ou les vannes un peu pourries.

- Ca serait bien, pourtant.

Je pris conscience de ce que je venais de dire, et surtout de ce que ça pouvait laisser entendre alors qu’en fait, ce n’était que la suite logique de mon propre raisonnement, que ses paroles venaient d’enclencher.

- Enfin, je veux dire, ça nous serait utile pour coincer les criminels, si on pouvait savoir ce qu’il se passait réellement dans leur tête au moment où on les interroge.

J’esquissai un sourire en coin et me passai la main dans les cheveux. Ce geste trahissait toujours une gêne chez moi. Bizarrement, quand j’étais en infiltration, il disparaissait. Il allait falloir que je travaille là-dessus pour quand j’étais moi-même également.

- Vous voyez, moi aussi je ne suis pas toujours très clair.

Et quand elle se mit à parler de lait-fraise :

- Et si j’avais réellement eu envie d’un lait fraise ?

Non, en réalité, ça n’était absolument pas le cas. Je n’étais pas fan de ce genre de boisson, je leur préférais largement la bière. Mais contrairement à ce qu’Elizabeth disait, même si je n’étais pas en service, je n’avais pas l’intention de prendre quelque chose ayant une dose d’alcool plus forte qu’une bière. Je voulais garder les idées claires. Pour éviter de faire quoique ce soit que je pourrais être amené à regretter plus tard.


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Lizzie Scott
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Aux explications concrètes sur les excuses formulées la jeune Scott répondit d'un franc sourire, nul besoin de commenter plus avant finalement elle risquait de commettre de nouveau bourde involotaire.

La suite qu'elle pensait pourtant  vraiment, sans fausse note à ses yeux fit briller le regard de l'agent du FBI, tout n'était donc pas si rose et simple dans sa vie bien ordonnée cela se sentait mais ce n'était ni le moment ni le lieu pour essayer d'en savoir plus.

Elle rit franchement de bon coeur quand à son tour il parla de nouveau, la phrase était claire, elle en avait compris le sens mais il y avait tellement de façons de détourner les propos du jeune homme timide et maladroit qu'elle ne pu retenir son rire clair.

- Les branches sont basses dit-on par chez moi.

Et d'accompagner le tout d'un clin d'oeil, elle avait compris oui. Mais elle tairait bien pour sa part son opinion sur cette possibilité de lire dans l'esprit des gens, cela existait déjà elle le savait et elle doutait franchement que les possesseurs de ce don soient tous de grands altruistes motivés uniquement par la recherche de criminels. Lire dans les pensées cela ouvrait les portes à pratiquement tous les excès et manipulations possibles et y songer, cela lui faisait juste froid dans le dos.

Reprenant la main elle rebondit sur le lait fraise.

- Parce que vous devriez savoir que nous n'avons nul besoin d'ingurgiter du lait animal pour bien nous porter, en plus cela se digère mal et un excès peut être très néfaste pour votre santé finalement.


Elle avait dit cela avec le plus grand sérieux avant d'avouer.

- Je déteste juste le lait. Alors vous pouvez boire ce que vous voulez sauf ça, mon éthique personnelle ne peut le cautionner.


C'était drôle non de sa part qui avait été ramenée au poste par david totalement défoncée? angel



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David Foster
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«  Les branches sont basses ». Je connaissais aussi cette expression. Et elle me fit réagir instantanément.

- Non, c’était vraiment ce que je pensais !

Allez, vas-y David, continue de t’enfoncer, quand bien même c’était réellement ce qui t’avais traversé l’esprit. Et forcément, je ne pus m’empêcher de rougir, un peu. Maladroit on a dit, je n’allais pas cesser de vous le prouver. C’était étonnant, cette faculté que j’avais de me glisser dans la peau de n’importe qui et de jouer mon rôle à la perfection quand j’étais au boulot. Mais quand j’étais David… j’étais David. Et David était incorrigible. C’était juste le manque d’habitude, bien sûr, ça finirait par venir plus naturellement, mais en attendant… Bon sang, pourquoi ne faisait-il pas encore nuit ?

Je détournai rapidement le regard et soupirai de soulagement lorsqu’elle passa à tout autre chose.

- Et c’est vous qui me dites ça ?

Sous entendu, son éthique s’appliquait sur du lait, pas sur la drogue ? Un peu étrange non ? Si vous voulez mon avis, Elizabeth avait bien besoin de revoir ses « priorités ». Priorité n’étant pas le terme exact, bien sûr, mais même en réfléchissant, je peinais à trouver mes mots. Ca ne me réussissait pas des masses, pour l’instant, de sortir.

- Je n’avais pas l’intention d’en prendre, de toute façon. Je n’aime pas ça non plus.

Avec tout ça, nous avions fini par arriver à la porte du bar. Le concert avait dû déjà commencer, j’entendais de la musique filtrer par les portes du bar. Il y avait beaucoup de monde dans la rue, des clients qui étaient sortis pour fumer (et pas que du tabac à en juger par l’odeur), principalement. Je posais ma main dans le dos d’Elizabeth, pour la guider à travers tout ce monde. D’aucun diraient que c’était un geste un peu protecteur, possible, allez savoir, pour ma part, c’était plus instinctif qu’autre chose et je le faisais sans même m’en rendre compte.

Comme je l’avais supposé, le concert était déjà commencé, mais un coup d’œil à ma montre m’indiqua que nous n’en avions pas manqué grand-chose. Je croisai le regard de ma sœur, quelques secondes et levai la main pour la saluer mais je n’étais pas certain qu’elle m’ait vraiment vu, en fait. Une chose était sûre, la musique était chouette, et le groupe s’éclatait, ça se voyait.

L’intérieur était bondé, mais nous avions de la chance, nous arrivions juste comme un petit groupe de personnes se levait d’une table pour sortir prendre l’air. J’y accompagnai Elizabeth, ma main toujours dans son dos et la laissai s’installer.

- Qu’est-ce que vous prenez ?

Gentleman toujours, c’était moi qui irais vers le bar pour passer la commande. En attendant sa réponse, je reportai mon attention sur Angie. Cela ne se voyait peut-être pas, mais j’étais fier de ma petite sœur. Elle avait une de ces voix un peu rauque, puissante, taillée pour le rock. Une voix  qui ne correspondait clairement pas à sa silhouette si frêle. Ca m’avait toujours étonné, et je n’étais probablement pas le seul.


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Lizzie Scott
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Elle ne rajouta rien surtout, ne pas mettre son compagnon de soirée plus mal à son aise qu'il ne l'était. Elle se demandait si elle n'était pas destinée à rencontrer des hommes timides finalement.

- Eh bien soit je note

Le sourire de la jeune femme s'agrandit justement alors qu'il relevait justement la perche tendue sans aucune subtilité.

- Qui mieux que moi justement pour faire ce genre de constat non?
Je vous l'ai dit, je sais ou se situe la limite du bien, du mal mais j'aime jouer.


Et finalement elle ne mettait que sa propre vie en jeu, ce jeu la n'engageait souvent qu'elle même, mais elle savait que David ou la majeure partie du monde ne pouvait comprendre cela.

Il lui passa la main dans le dos pour l'inciter à avancer et pour la diriger, sans réagir elle se laissa faire et entra dans le bar. La son était fort et la musique emplissait l'air.

Curieuse elle observa la scène pour y découvrir le groupe déjà en train de se produire, une seule fille, une jolie blonde et elle n'était pas sans rappeler David, ils se ressemblaient assez finalement physiquement.

Bon il avait décidé de ne pas la laisser offrir le premier verre? Elle respectait cela et n'allait pas le contredire. Elle s'installa et répondit après une brève hésitation.

- Une bière, brune ou ambrée, si ils ne font que de la pills alors je prendrais un martini s'il vous plait

Cela étant dit je me tournais vers la scène pour osberver le groupe et écouter.


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David Foster
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J'acquiesçai aux dires d'Elizabeth. Elle n'était pas sans me rappeler Angie sur ce coup-là. Elle aimait flirter avec les limites. Mais la différence entre elles deux, c'est que ma soeur basculait facilement du mauvais côté. Elle avait cet espèce de penchant pour l'interdit que je n'arrivais pas à m'expliquer et qui, surtout, mettait régulièrement sa vie en danger. Combien de fois n'avais-je pas dû intervenir pour la remettre dans le bon chemin. Bizarrement, elle n'écoutait que moi dans ces cas-là. Je me rappelais encore les conversations que j'avais eues avec mes parents, alors qu'ils m'appelaient à l'aide pour remettre Angie sur les rails...

Je notai la commande de la jeune femme dans un coin de ma tête et lui adressai un sourire. C'est-y que je commencerais à me décoincer un peu ?

- Ok, je vous ramène ça tout de suite.

Je me frayai un chemin jusqu'au bar, passai la commande et revins vers la table, une bouteille de bière dans chaque main. J'en déposai une devant la jeune femme et tirai une chaise pour m'installer à côté d'elle, de façon à pouvoir voir la scène et discuter avec elle en même temps. Je levai ma bière dans sa direction, comme pour trinquer.

- A votre première soirée dans la ville basse !

Quoi ? Il fallait bien que je dise quelque chose, non ? C'était moi qui lui avait proposé cette sortie, ce n'était pas pour qu'elle se retrouve face à un mur pendant toute la soirée ! D'ailleurs...

- Je vous prie de m'excuser si je vous parais un peu distant. Je n'ai pas tellement l'habitude de sortir et de côtoyer des gens, autres qu'elle.

J'indiquai Angie d'un geste du menton. J'avais conscience que j'étais loin d'être très bavard et pas très détendu non plus. Mais après un ou deux bières, et le temps aidant, quand je me serai habitué à la présence d'Elizabeth, ça devrait aller mieux.

- J'espère que vous arriverez quand même à passer une bonne soirée. Mon but n'est pas vraiment que vous vous ennuyiez. Si vous avez besoin ou envie de quelque chose, n'hésitez pas.


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Lizzie Scott
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Ouah l'exploit, déjà? Il souriait et cela changeait totalement son visage sévère, ainsi il faisait plus jeune et semblait tellement plus avenant.

- J'ai promis de pas m'enfuir et de pas errer seule dans les rues.

Elle le taquinait pour montrer que finalement c'était agréable non de lâcher un peu prise. David ramena une bière, elle était contente, elle avait eu peur qu'ils n'en servent pas. Elle avisa la bière, c'était une bonne vieille kilkeny, une bière irlandaise de renom encore distillée.

Elle leva la bouteille et trinqua avant de boire.

- A notre soirée.

Elle but une bonne gorgée de sa bière avant de la reposer et d'ajouter.

- Si je peux me permettre un conseil, nul besoin de vous excuser pour votre façon d'être, Vous n'avez pas l'habitude cela se comprend, laissez venir, essayez de profiter du moment présent tout simplement. voyez d'abord vos repaires pour vous sentir à l'aise, vous aimez la basse ville, une bonne bière, un concert de votre soeur et voyez moi juste comme un facteur d'imprévu pour la soirée. Ou le petit piment qu'on trouve dans un bon rougail, on sait qu'il est la mais on ne le réalise vraiment qu'en le croquant par inadvertance sans plus y penser.

Oui oui elle se voyait en petit piment pour épicer la vie des gens non?


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David Foster
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J'écoutai son conseil avec attention. Tout conseil était bon à prendre non ? Même quand il venait d'une fille que j'avais arrêtée pour consommation de substances illicites. Qui sait, elle en savait plus que moi sur la situation. Je pouvais la conseiller sur la drogue (ou plutôt l'arrêt de drogue) et elle pouvait me renvoyer l'ascenseur. Et puis si ses conseils ne me plaisaient pas, je pourrais toujours choisir de les ignorer.

Mais ils étaient justes. Et je le savais, parce que ce n'était pas la première fois qu'on me les donnait. Lâcher prise... Je penchai la tête sur le côté, l'air de dire que ça n'allait pas être facile et portai ma bière à mes lèvres. Ca allait me demander pas mal d'efforts (se forcer à lâcher prise, c'est pas un peu contradictoire d'ailleurs ?) mais j'avais l'intention de les faire. Avec les séances avec Sunny, j'avais fini par comprendre que c'était important pour mon équilibre. Et puis, je crois que je m'en voudrais si Elizabeth devait retourner chez elle après avoir passé une mauvaise soirée.

- Ok, une bière, un concert, un peu de piment... Pourquoi pas. Ca ne peut pas me faire de mal de toutes façons !

Les yeux rivés sur la scène, je suivis Angie du regard en souriant. Jusqu'à ce que je la vis regarder dans ma direction. Son regard passa sur Elizabeth, revint sur moi et elle m'adressa un immense sourire. Je la connaissais trop bien pour savoir ce qui se passait dans sa tête. Je jetai un coup d'oeil à la jeune femme à mes côtés, sentis mes joues s'empourprer une nouvelle fois et  secouai la tête pour démentir tout de suite avant que ma soeur ne se fasse des idées, mais elle ne me regardait déjà plus.

Je soupirai et posai les avants bras sur la table pour me détourner un peu de la scène et m'intéresser à Elizabeth de plus près.

- Alors dites moi, vous avez eu l'occasion de rencontrer des gens depuis l'autre jour ? De vous faire des amis ?

Je me rappelai encore de la remarque qu'elle m'avait faite à propos de manger seul au resto. Si elle savait à quel point ça pouvait me peser aussi, parfois.


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Lizzie Scott
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Finalement l'ambiance ici était certes moins feutrée que dans les bars de la Ville Haute, les gens différaient, leurs atours du moins mais les conversations fleurissaient, la vie suivait son cours de la même manière.

- C'est de toutes façons un bon début.

David observant la scène je fis de même et forcément je vis l'échange de regard entre le frère et la soeur et un coup d'oeil me permit de voir qu'il venait de rougir. Le but n'étant pas de le mettre encore moins à l'aise je fis comme si de rien n'était et je profitais du moment présent tout simplement.

- Ouh la je suis certes quelqu'un qu'on peut qualifier de sociable, j'aime le monde la compagnie mais les amis sont des denrées rares. Je dois sortir avec quelqu'un que j'apprécie dans deux jours mais sinon mes rencontres se sont limitées aux agents immobiliers dernièrement. J'ai trouvé un meublé en Ville Médiane, dans un petit immeuble , dernier étage vue sur la baie, ce sera moins froid que l’hôtel. Enfin encore faudra-t-il que je prenne le temps de décorer tout ça pour sortir de ce blanc si impersonnel.


J'avais déjà quelques idées bien entendu mais pour l'heure je n'avais rien acheté, je verrais quand je poserai mes valises la semaine suivante, surement en fin de semaine. Je bus quelques gorgées avant de poursuivre.

- Et sinon j'ai prévu d'apprendre à mieux connaître Mr Lanford, le conservateur de la médiathèque de Megalopolis, je l'ai noyé avec mes demandes d'accès à de nombreux sujets et archives.


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David Foster
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- Vous verrez, la ville médiane c'est... tranquille.

C'était le premier mot qui m'était venu à l'esprit pour la décrire.

- Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne s'y passe pas grand chose. Elle me fait penser à une sorte de cité dortoir. Les gens qui y vivent travaillent principalement dans la haute ou dans la basse. C'est l'endroit parfait pour qui veut vivre paisiblement, avoir son petit coin de jardin et élever ses enfants en toute quiétude.

Je la connaissais bien la Médiane, c'était là que j'avais grandi, là que je vivais toujours. Nous y étions loin des préoccupations de la Haute et des tracas de la basse. C'était une partie de la ville dans laquelle on pouvait facilement se sentir en sécurité.

- Vous y serez bien. Vous risquez de vous y ennuyez, par contre. Mais je suppose que c'est le prix à payer pour la sécurité et les petites pavillons avec pelouse et massifs de fleurs...

Je pris une nouvelle gorgée de bière. J'avais l'air un peu cynique, mais il n'en était rien. J'aimais cette partie de la ville. Et quand j'essayais d'imaginer mon avenir, c'était là bas que je me voyais, entouré de ma famille. Pas ma soeur, ni mes parents. Non, MA famille. Mais pour l'instant, c'était mal barré.

A sa réplique concernant le conservateur de la médiathèque, j'esquissai un nouveau sourire. Je le connaissais bien, dans mon esprit, il était là depuis la création de la médiathèque. Il n'en était rien, bien sûr, mais aussi loin que remontait ma mémoire, il y avait toujours travaillé. Il était déjà à son poste quand j'y allais, enfant, pour dévorer les bandes dessinées.

- Il est vraiment sympa, et très serviable, vous verrez. J'ignorais qu'il travaillait encore d'ailleurs.

Je me laissai aller contre le dossier de ma chaise. La bière et les futilités aidant, je commençais à me détendre, un peu. Tant qu'Angie ne me ferait pas d'autres signes du même style que tout à l'heure, ça devrait aller.

- Cela dit, je suis mal placé pour vous donner des conseils en terme d'amitié. Je n'ai pas tellement d'amis moi-même. C'est drôle de voir qu'en infiltration, je suis capable d'être tout le contraire de ce que je suis réellement.

Mais j'avais une théorie là-dessus.

- Parfois, je me dis qu'à force d'être quelqu'un d'autre, j'en oublie comment être simplement David Foster.

Ouais, je commençais à lâcher prise, tout doucement.


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Lizzie Scott
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Lizzie Esquissa un sourire presque dépité à ses premiers mots.

- J'avoue que c'est ma crainte en un sens. Vous êtes sûr que vous êtes en train de me convaincre que c'est bien la Ville Mediane la, parce qu'à vous écouter je ne vais y trouver qu'un dortoir ennuyeux, au moins à l'hotel en ville haute j'ai une vie en société à portée de main non?

Je bus quelques gorgées de bière de nouveau avant de poursuivre.

- Enfin peu importe mon choix est fait, je ne reviens pas en arrière, je serais peut-être moins tentée de vivre la nuit et de sortir du coup et ma thèse sera ma seule distraction. Jardin, enfants, j'avoue pour l'heure c'est la dernière de mes préoccupation, je me vois pas vraiment en poule pondeuse ou mère au foyer.


La suite par contre eut un effet surpenant, comment diable connaissait-il le conservateur? Un ancien soldat devenu agent du FBI, pourquoi trainait-il à la Médiathèque? J'avoue il avait raison il avait des cordes à son arc que je n'avais pas pu soupçonner un seul instant.

Elle se pencha en avant les coudes posés sur la table, bière en main (au cas ou quelqu'un voudrait la lui prendre) et son sourire s'agrandit.

- Vous venez d'attiser ma curiosité et pas qu'un peu voyez vous, je n'imaginais pas un instant que vous puissiez avoir le goût des bibliothèques en tout cas, les visiteurs hors des étudiants y sont rares ou alors ils sont trop vieux pour travailler. Mais je confirme il m'a semblé très serviable oui, même si il déplorait toute la paperasserie que je lui imposais, une carte de presse ça donne des accès plus poussés que la normale mais il faut des signatures de tout bord.

Elle observa David quelques longues secondes avant de dire en toute simplicité.

- Endosser un rôle est plus simple que de se montrer au naturel croyez moi, je comprends parfaitement.

La musique changeait, le nouveau morceau était bien plus rythmé, plus rock, c'était pas mal du tout assurément.



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David Foster
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Je grimaçai en me rendant compte de l’image que je lui avais donnée de la ville médiane. Je n’avais pas eu l’intention de la dépeindre comme étant la partie de la ville où on s’ennuyait à mourir, je lui disais juste ce qu’elle était, sans essayer d’exagérer. Ce n’était pas totalement faux, bien sûr, mais ce n’était pas l’entière vérité non plus. En fait, si on voulait y trouver quelque chose à faire, on le trouvait, sans aucun doute.

- Non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Je veux dire, on trouve toujours quelque chose à y faire. A condition de se donner la peine de chercher. C’est facile de rencontrer du monde, ou de se faire des amis, dans la médiane. Il suffit de sortir de chez soi et d’engager la conversation avec un voisin. Et… bref.

Arrête Foster, pas la peine de t’enfoncer d’avantage. Je repris une gorgée de ma bière pour me donner une contenance. Et je fus très content lorsqu’elle changea de sujet pour me parler de la bibliothèque et de son conservateur. A son étonnement, je me contentai de hausser les épaules tout en faisant tourner ma bière dans la bouteille.

- La lecture, ça occupe quand on est tout seul.

Simple constat. Angie travaillait tous les soirs alors j’étais seul la plupart du temps. Et il fallait bien que je m’occupe d’une manière ou d’une autre. Je n’étais pas très télé, sauf pour les matchs de football américain alors j’avais vite renoué avec la lecture. Après tout, c’était une habitude que nous avions prise quand nous étions enfants.

- Je connais Mr Lanford depuis longtemps, il travaillait déjà là-bas quand j’étais petit. Mais je dois avouer que ça fait un moment que je n’y suis pas allé, j’ai un stock de livres à la maison que je n’ai pas encore lu.

A son commentaire, je penchai la tête sur le côté et la secouai légèrement.

- Vous avez sûrement raison. Et pour autant, endosser un rôle n’est pas si simple. Pas quand le moindre faux pas peut vous coûter la vie. Mais je suis encore en vie, il faut croire que je suis bon à ça !

Je ponctuai cette remarque d’un sourire et levai ma bière comme pour trinquer, avant de porter le goulot à mes lèvres une nouvelle fois. Inutile de plomber l’ambiance avec des paroles un peu trop sérieuses David, ton attitude le fait déjà assez comme ça.

Avec le changement de rythme dans la musique, les gens commencèrent à se lever pour danser un peu. Et certains esprits commençaient à s’échauffer aussi, l’alcool aidant. Je levai les yeux vers la scène juste à temps pour voir Angie faire un pas en arrière pour éviter le verre qui venait de s’écraser à ses pieds. Il n’en fallait pas moins pour réveiller le grand frère un brin trop protecteur qui sommeillait en moi. Je me levai d’un bond et croisai le regard de ma sœur qui m’enjoignit, d’un signe de la tête, de rester tranquille. Elle ne semblait pas perturbée le moins du monde, comme si ce genre de chose lui arrivait régulièrement. Je crispai la mâchoire et cherchai du regard le lanceur de verre avant de voir deux videurs empoigner un homme par les épaules et le guider manu militari vers la sortie.

Je me laissai retomber sur ma chaise, et reportai mon attention sur Elizabeth.

- Bienvenue dans la ville basse !


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Lizzie Scott
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La jeune femme était d’humeur taquine aussi elle laissa son sourire éclairer son visage.

- Je m’amusais David, n’ayez crainte, je suis persuadée que la Ville Médiane est déjà un bon moyen de mieux m’imprégner et m’intégrer à Megalopolis, cela me fait sortir de ma tour dorée, de mon monde aseptisé et parfois faux je le sais. Quant à discuter avec les voisins, je n’ai jamais apprécié cela, vous êtes un homme vous avez un point de vue différent mais en tant que femme, si j’engage la conversation, souvent on le prend pour une ouverture et rapidement on se sent envahi et finalement, si je suis souvent entourée de monde, je préfère la solitude à la mauvaise compagnie. Je choisis les gens avec qui je parle réellement.

Peut-être se sentirait-il ainsi plus à son aise, elle avait de l’estime pour ce qu’il faisait et le trouvait digne d’intérêt, pas comme ce groupe de jeunes qui les observaient depuis un moment déjà et dont les regards l’agaçaient, même en étant habituée, être toujours jugée parce qu’elle était une femme cela l’énervait.

- Je voue une passion sans borne aux livres. Je travaille pour le Clarendon Press, ils payent ma thèse, si je les ai rejoint ce n’est pas pour la carte de presse en réalité mais parce qu’ils ont accès à la plus grande bibliothèque d’incunable du vieux continent à Oxford.


Son regard brillait en songeant aux raretés qu’elle avait eu dans les mains, et parcouru aussi religieusement que la bible.

- Vous devez être bon tout simplement, n’ayez pas honte de cela. Nous ne naissons pas égaux, et je ne parle pas de niveau social mais de capacités, de volonté, de physique, le monde et la nature elle-même sont injustes. Je suis une bête de travail que vous le croyez ou non, jamais je n’aurais réussi l’entrée à Eton sinon.

La salle s’agita, David aussi, Lizzie se crispa, attendant et observant pour ne pas en rajouter. Elle avait suivi du regard l’action et vu avec quel naturel Angela avait géré la situation.

- Plus que la Ville Basse, j’y vois un frère soucieux de protéger sa petite sœur non ?


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David Foster
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Je tournai légèrement la tête vers Lizzie, l’interrogeant du regard. Sa remarque m’étonnait un peu. Elle semblait presque être un peu surprise de ma réaction envers Angie. Mais à moi elle me paraissait on ne peut plus normal.

- C’est mon rôle. Quel frère serais-je si je ne me souciais pas de la sécurité de ma sœur ?

Et ce n’était pas seulement parce qu’Angie était ma sœur. Ca, ça ne faisait qu’accentuer encore plus mon côté protecteur. Il ne fallait pas oublier dans l’équation le fait que j’étais un ancien soldat, et un représentant des forces de l’ordre. Protéger les gens, c’était ma mission première.

- Vous n’en avez pas ?

De frère, je voulais dire. Peut-être aurais-je du préciser ma pensée, mais je me disais que c’était inutile, et j’essayais de ne pas m’embarrasser des choses inutiles. Je creusai ma mémoire pour essayer de me rappeler les détails que l’examen de sa puce m’avait révélés. Mais je devais bien avouer que j’avais tendance à oublier tout ce qui ne touchait pas de près ou de loin à mon enquête. C’était pour ça que je notais toujours tout. Pour être sûr de pas passer à côté de quelque chose. Des détails qui nous paraissent totalement anodins au premier abord peuvent parfois se révéler très important. Je l’avais appris, avec le temps, et l’expérience.

Au fond de la salle, dans notre dos, cela continuait à s’agiter. Mais tout à ma conversation avec Elizabeth, je n’y prêtai pas vraiment attention. Un seul problème à la fois. Je ne pouvais pas être partout. Cela dit, j’étais assez en alerte pour réagir sir l’agitation passait au niveau supérieur.


[J’introduirais bien un élément perturbateur, histoire de ramener un peu d’action, que ça bouge un peu plus parce qu’on va vite tourner en rond sinon, mais je ne sais pas trop quoi. Une idée ?]


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Lizzie Scott
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Lizzie haussa les épaules ne sachant pas trop quoi répondre en toute honnêteté.

- Je ne sais pas vous dire, mes frères n’ont jamais été du genre très protecteur, hormis pour pavaner devant des filles et encore.

Cela répondit en partie à la question qui suivit finalement.

- J’ai deux frères ainés, le premier succèdera à père et a déjà eu la chance de rencontrer sa future femme, une jeune femme exquise choisie pour lui pour ses titres et terres, et le second fait carrière dans l’armée. Mais j’avoue qu’aucun des deux ne me manque.


Le fond de la salle s’agitait effectivement et si certains pouvaient penser qu’il s’agissait d’une bagarre ils se trompaient, non c’était bien plus intéressant que cela, ce soir se jouait le titre de girafe du bar, oui vous avez bien entendu et compris ! Le jeu était simple, des girafe de shot de tequila accompagnées de sel et de citron frais coupé, un luxe d’ailleurs ! Et il s’agissait de les enchaîner sans tomber, vomir ou même avoir un haut le cœur.

Les premiers concurrents se lançaient dans la compétition, certes il y aurait de la viande saoule dans un moment plus ou moins proche mais en attendant il y avait le jeu, la compétition et on pouvait dire que ce genre de jeux, Lizzie maîtrisait.

Indiquant du menton le lieu des joutes elle sourit.

- Allez on oublie le rôle du sérieux, j’vous mets au défi de tenir cinq shots David. Je vous dis pas de faire le concours c’est sûrement pas votre truc mais je vous propose un instant de folie.

Son regard brillait d’amusement et d’envie de jouer.


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David Foster
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Je fronçai légèrement les sourcils et posai un regard désolé sur elle.

- Votre famille semble être à l’exact opposé de la mienne.

Pourquoi j’étais désolé ? Parce que ma famille à moi avait toujours été soudée. Nos parents étaient présents pour nous, passaient du temps avec nous. Bon d’accord, mon père travaillait beaucoup, mais dès qu’il rentrait à la maison, il s’intéressait à nous, nous emmenait ici ou là. Le dimanche, on s’entrainait au base-ball tous les deux pendant que ma mère nous préparait son habituel poulet rôti. Quant à Angie, on était comme les deux doigts de la main. On avait toujours été très proches tous les deux. Je me rappelai encore à quel point ça avait été dur quand j’avais quitté la maison pour partir à l’armée. C’était ça, pour moi, une famille. Un groupe de personnes qui tiennent l’un à l’autre et qui restent soudés quoiqu’il arrive. Alors face à la description qu’Elizabeth me faisait de la sienne, je ne pouvais faire autrement que me dire que c’était peut-être pour ça, qu’elle était un peu partie à la dérive. Bon, ce n’était pas bien méchant cela-dit, et elle pourrait facilement redresser la situation.

- C’est dommage. Les frères et sœurs peuvent s’apporter beaucoup de choses. J’ai du mal, personnellement, à imaginer une vie dont Angie ne ferait pas partie.

Je reportai mes yeux sur ma sœur et terminai ma bière, perdu dans mes pensées. Je ne pouvais m’empêcher de me demander ce que je serais devenu, si Angie n’avait pas survécu. Quel genre de vie aurait été la mienne après ça ?

Les paroles de Lizzie me tirèrent de mes réflexions. Je tournai la tête vers elle, puis vers l’endroit du bar où se trouvait l’animation avant de revenir sur elle. Elle semblait plus qu’enthousiaste à l’idée de mettre sa proposition à exécution. C’était, du moins, ce que laissait penser son immense sourire et le pétillement de ses yeux. Et encore une fois, je ne pus m’empêcher de me faire remarquer qu’elle avait vraiment de très beaux yeux.

- Un instant de folie ?

J’hésitai un peu, pesant le pour et le contre. J’avais décidé de ne pas boire plus que de raison, désirant garder les idées claires jusqu’au bout. Mais en même temps, ne m’avait-on pas dit qu’il fallait que je me lâche un peu ? Que je m’amuse ? Cinq shots de tequila ? Je tenais assez bien l’alcool, mais cinq shots ?

- Vous êtes sûre que c’est une bonne idée ?

Chassez le naturel, il revient au galop. Quand on est un peu coincé, ben… on est coincé. Mais on peut parfois se donner un bon coup de pied au derch. Alors… Je pris une profonde inspiration et finis par acquiescer.

- Ok. Mais rassurez-moi, vous tenez bien l’alcool ? Vous n’allez pas encore me faire le coup de me prendre pour quelqu’un d’autre ?


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Lizzie Scott
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La jeune écossaise haussa les épaules sans avoir rien à ajouter finalement, c'était un constat peut-être assez triste en un sens que de n'avoir pas une famille très liée mais dans son monde c'était tellement fréquent qu'elle n'avait pratiquement jamais cotoyé de gens attachés à leur cocon familial. La personne qu'elle chérissait? Son défunt grand père, pour lui elle avait déplacé des montagnes et franchit les portes d'Eton car il lui avait montré la voie.

Elle termina sa bière la reposant sur la table avant d'écouter David.

- Et moi j'ai du mal à imaginer mes frères venir s'inquiéter pour moi. L'adage du on choisit ses amis pas sa famille me semble approprié dans mon cas. On fait avec ce qu'on a en somme tous autant que nous sommes.


Ah enfin elle captait l'attention de David et son regard semblait hésiter, il allait céder à la tentation, elle le voyait, elle appliqua son plus joli sourire, une vrai petit ange aux grands yeux envoûtants.

- Oui comme ça pour s'amuser.

Elle aurait sûrement en d'autres circonstances proposé un peu de méta mais David était forcément la dernière personne au monde à vouloir essayer non?

- C'est une idée à défaut d'être bonne elle me plait. Et je tiens bien l'alcool, par contre ne vous affolez pas si l'envie me prend de chanter, la il faut m'en empêcher ou je perdrais toute dignité tellement je chante faux.


Avant que David ne puisse changer d'idée elle héla un serveur et passa commande, 10shots de tequila, du sel, du citron.


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David Foster
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Je ne pouvais qu’accepter de toute façon. Elle ne m’aidait vraiment pas à résister, avec son air d’ange. Son grand sourire, et son regard, non, vraiment, quand on en est à peser le pour et le contre, il ne faut pas grand-chose pour faire pencher la balance et ça, ça suffisait.

Sa réplique eu l’avantage de me faire sourire.

- Je vous en empêcherai, je vous le promets.

Et pendant quelques secondes, je l’imaginai, tentant de chanter plus fort qu’Angie. Cette pensée m’arracha un autre sourire, un peu plus franc d’ailleurs. J’imaginais fort bien la réaction de ma sœur si elle entendant une autre voix s’élever. Une voix qui braillerait plus qu’elle ne chanterait. Quoique, non, en fait. Comment réagirait-elle, ma petite sœur ? La connaissant, elle serait prise d’un fou rire et serait incapable de continuer durant quelques minutes. Les fous rires d’Angela étaient aussi communicatifs qu’ils étaient difficilement surmontables, pour elle. Elle pouvait rire pendant de longues minutes, sans pouvoir s’arrêter. Dès qu’elle essayait, elle repartait de plus belle. Quelque part, j’étais un peu jaloux de sa capacité à rire autant. J’étais vraiment trop sérieux, hein ?

Je soupirai en m’adossant contre le dossier de ma chaise tout en faisant ce constat. Qu’est-ce qu’elle faisait encore à côté de moi, cette beauté brune aux grands yeux bleus ? J’étais aussi gai qu’un croque-mort, elle devait s’ennuyer comme une tombe. Pas étonnant qu’elle propose ce petit défi. Si l’alcool n’aidait pas à me dérider un peu, au moins il lui rendrait la soirée plus supportable, certainement.

- Cela dit, votre dignité ne devrait pas être plus sévèrement touchée que l’autre soir !

Là, vous l’avez vue ! La mini étincelle qui a traversé mon regard l’espace d’une seconde. Se pourrait-il que, derrière cette façade de sérieux indéridable, se cache une petite once d’humour ?

Le serveur vint nous apporter notre commande et je le remerciai d’un signe de tête.

- Alors dites-moi, comment on fait ? On se les enfile en même temps et en regarde à la fin lequel de nous deux arrive le mieux à marcher droit ?


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Lizzie Scott
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Elle aimait gagner et avoir le dernier mot cela se voyait sur elle comme le nez au milieu de la figure mais elle savait aussi avoir le triomphe modeste dans tous les cas.

- Mieux vaudra oui je ne voudrais pas vous mettre en porte à faux avec l'artiste de la soirée.

Elle ouvrit grands les yeux quand David lui lança une pique et partit d'un franc rire. Il pouvait s'amuser donc, devait-il l'asticoter encore plus pour qu'il se déride totalement?

La soirée était prometteuse et surprenante, elle s'attendait à bien des choses en venant mais pas à s'amuser comme quoi.

- L'autre soir ne compte pas, je ne m'en souviens pas.

Et le pire, c'est que c'était vrai, elle n'avait aucun souvenir de rien hormis avoir pris les cachets, s'être assise et avoir retrouvé ses esprits au poste.

Le jeu annoncé comme ça semblait bien fade pour la pétillante jeune femme. Elle mis en place les verres devant David et devant elle et prit quelques secondes pour réfléchir, pour la forme.

- Non c'est du binch drinking digne des ados. Non on va régresser encore plus, on va jouer à action ou vérité, action on boit, vérité... Allez David, à vous l'honneur, action ou vérité?


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David Foster
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Action ou vérité ? Sérieusement ? Je tournai ma chaise de façon à me placer face à elle et plantai mon regard dans le sien. Je connaissais ce jeu, bien sûr, même si les règles que je connaissais étaient relativement différentes.

- Attendez. Et pour « vérité », il se passe quoi ? Si le but est de vider ces verres, autant prendre uniquement des actions non ? Quel intérêt aurais-je à choisir « vérité » ?

Je cogitai peut-être un peu trop, mais que voulez-vous, quand je jouais à un jeu, j’aimais en connaitre toutes les règles. Connaitre les tenants et les aboutissants de chaque chose. J’étais trop « carré » ? Peut-être. Mais un jeu comme celui-ci, quel intérêt avait-il, au fond ? Quand on y jouait, quand on était gosse, on espérait tous secrètement que le joueur choisisse vérité, pour pouvoir lui poser une question très personnelle à laquelle il n’aurait d’autre choix, s’il se prenait au jeu, que de répondre honnêtement. Et on attendait qu’il choisisse « action » pour lui faire faire un gage tiré tout droit de notre imaginaire un peu tordu, le genre de gage qu’on aurait refusé d’effectuer nous-mêmes. Et là, quelles étaient les véritables intentions d’Elizabeth ?

En attendant sa réponse, je continuai à soutenir son regard. Je n’avais pas des yeux aussi renversants que les siens, mais on m’avait fait comprendre plusieurs fois que mon regard était assez… particulier, aussi. Intense, du genre qui donne parfois l’impression de lire à travers vous.


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Lizzie Scott
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Ah voila que les choses devenaient intéressantes pour Lizzie, David changea de position et se planta en face d’elle, rivant son regard bleu dans le sien. Savait-il qu’il avait de beaux yeux et un sourire doux quand il se laissait aller ? Avait-il déjà laissé quelqu’un profiter de ce doux visage sans se cacher derrière son travail, son devoir ? Ah c’est qu’elle était la curiosité incarné la petite Lizzie.

- Alors les règles du jeu sont adaptables David, il suffit juste qu’on soit d’accord quand on démarre.

Le regard pétillait de malice chez elle, elle n’avait pas songé qu’il puisse vouloir jouer et encore moins qu’il trouve les règles trop simples.

- On peut établir que l’action ne consistera pas forcément à boire en ce cas si vous êtes assez joueur pour cela, quand à la vérité c’est la curiosité, l’envie de découvrir des choses, appâter l’autre pour qu’il fasse de même qui va nous pousser à la choisir. On peut boire quand on veut finalement mais répondre en toute franchise, est-ce si simple que cela ? Avez-vous peur de livrer un peu de vous David ?


Coudes posés sur la table elle se pencha en avant, se rapprochant de David, son visage à quelques centimètres de celui de son interlocuteur, provocante comme toujours.

- Je choisir vérité, posez la question que vous voulez.


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David Foster
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Est-ce que j’étais joueur ? A une époque, j’aurais dit oui, sans hésiter. Aujourd’hui, je l’étais beaucoup moins. Trop de responsabilités, de culpabilité, pas le temps. Un mélange de plein de choses en fait. Une chose était sûre, aujourd’hui, j’étais devenu trop sérieux. Et je n’aimais pas spécialement ça. Mais la nécessité force parfois à devenir ce qu’on ne voulait pas être au départ.

- Vous êtes consciente qu’il y a certaines questions auxquelles je refuserai de répondre ?

Je n’avais pas la moindre idée de ce que j’étais en train de faire ou de dire. C’était quelque chose qui ressemblait énormément au David d’avant, mais pas à celui d’aujourd’hui. J’avais la sensation de lâcher prise, petit à petit. Et j’aimais cette idée.

Lorsqu’elle se pencha en avant, cependant, j’eus un léger mouvement de recul, comme pour m’éloigner d’elle. Je n’étais pas à l’aise avec la proximité féminine. Pas que je n’aimais pas ça, mais je n’avais pas l’habitude et j’étais d’un naturel plutôt méfiant. Rares étaient les femmes qui avaient réussi à « m’approcher ». Et je préférais garder une vue générale sur elle. Quelque chose me disait que je pourrais facilement me perdre dans ses yeux et que ce n’était pas une bonne idée.

- Donc vous commencez finalement ? Ok. Alors…

Je m’adossai contre le dossier de ma chaise, le temps de la réflexion.

- Qu’est-ce qui vous a amenée à tester la drogue ?

J’aurais pu trouver mieux, certainement, mais hey, on ne chasse pas le flic si facilement. Et c’était une question qui m’intéressait. Parce que quelque part, je me sentais responsable d’elle, comme de tous les jeunes que j’arrêtais. J’avais envie de l’aider. Je pouvais pas m’en empêcher.


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Lizzie Scott
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Lizzie battit des cils comme si il venait de lui asséner une mauvaise nouvelle.

-Cela ne fait pas partie des règles du jeu. Si vous vous rétractez vous aurez un gage tout simplement.

Alors comme ça il savait par avance qu'il allait vouloir cacher des choses? Elle n'irait pas lui poser des questions sur son travail ou ses missions en turquie, elle avait compris que c'était douloureux et trop proche finalement.

Quand elle s'était approché, il avait reculé, par peur? Possible, elle savait qu'elle pouvait être déstabilisante. Et oui elle avait commencé pour ne pas lui laisser le temps de trop réfléchir et de se rétracter éventuellement. La première question vint donc, à moitié surprise par la teneur de cette dernière elle réfléchit avant de répondre. Pourquoi avait-elle fait cela?

- Vous n'allez pas aimer ma réponse je le sais mais je crois c'est parce que c'est interdit que je l'ai fait. A toujours devoir et vouloir être parfaite, étudiante et fille modèle on en vient à s'oublier et j'avais besoin d'une soupape. J'ai débord testé l'herbe comme beaucoup de jeunes et j'ai aimé cette sensation grisante, cette perte de contrôle, et avec le temps et surtout avec l'argent on en vient à tout essayer pour aller plus loin...


Finalement elle était en un sens comme David, incapable de lâcher vraiment prise naturellement, la drogue était son moyen de laisser tomber le protocole et toute sa vie ordonnée.

- A votre tour David, Action ou Vérité !


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David Foster
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Un gage ? Je fronçai les sourcils en entendant ce mot. En même temps, qu’est-ce que je risquais ? Si le gage ne me plaisait pas, elle ne pourrait pas me forcer à le faire, n’est-ce pas ? Mon gabarit contre le sien, aucune chance qu’elle ne m’oblige à quoique ce soit. Le seul truc qui pourrait vraiment arriver, c’est que ça mette fin à la soirée directe et que je ne la revois plus ? Est-ce que ça me gênerait ? Un peu. Je m’en voudrais de lui avoir gâché sa soirée. Quant au fait de ne jamais la revoir, j’avoue que ça me laissais plutôt indifférent. Nous n’avions pas encore sympathisé assez pour que je ressente l’envie de la revoir un jour. Non pas que ça me déplairait, mais ce que je veux dire c’est que… bref, je pense que vous m’avez compris, non ?

La réponse qu’elle me fit ne me surprit pas plus que ça. C’était le genre de réponse à laquelle je m’attendais. Une jeune femme de bonne famille, de la haute société, même, ne pouvait tomber dans la drogue que pour échapper à quelque chose de trop lourd, une pression qu’on aurait posée sur ses épaules. Lorsqu’elle eut terminé j’acquiesçai pour lui signifier que sa réponse me convenait et ce fut à mon tour de choisir.

J’hésitai quelque peu. J’avais le choix entre l’action, au risque de la voir me demander de faire tout et n’importe quoi, et la vérité, au risque de l’entendre me demander des choses peut-être trop personnelles. Lequel valait mieux que l’autre ? Pour ma tranquillité d’esprit, aucun.

- Je suis vraiment obligé de choisir l’un ou l’autre ? Il devrait y avoir une troisième option, une sorte de joker.

Je soupirai et me décidai finalement.

- Bon alors hum… vérité ?

Je plissai le nez, pas certain de ce qui allait me tomber dessus. Mais j’avoue que je n’avais pas envie de bouger ma chaise et dieu seul savait ce qu’elle pouvait me demander comme action.


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Lizzie Scott
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Lizzie vit bien dans le regard de David qu'il ne semblait pas vraiment surpris par sa réponse mais en même temps elle n'était pas du genre à raconter des mensonges quand il s'agissait du jeu de la vérité, elle avait de l'honneur.

Il tergiversait, hésitait cela se voyait comme le nez au milieu de la figure on eut dit qu'il devait choisir entre Charybde et Scylla.

- Allons allons David, on ne joue pas aux marchands de tapis, on suit les règles du jeu.

Que demander pour ne pas le brusquer et éviter qu'il ne se ferme comme une huître. Elle cherchait vraiment.

- Je vais démarrer gentiment pour ma part, dites moi David, quand et comment avez vous enfreins la loi?

il l'avait forcément fait un jour, un bonbon dérobé, un oubli de paiement, un feu grillé... Elle ne pouvait avoir monsieur parfait en face non?


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David Foster
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La question, autant que de me surprendre, eut le mérite de me faire sourire. C’était marrant qu’elle me pose cette question, à moi, qui était censé faire appliquer la loi. Mais ce qui me faisait surtout sourire, c’était comme elle avait tourné sa question. « Quand avez-vous… » et non pas « Avez-vous un jour… ». Elle supposait donc que je l’avais forcément déjà fait, au moins une fois. Est-ce que j’avais une tête à avoir déjà enfreint la loi ? Remarquez, celle que j’avais en face de moi était jolie comme un cœur, et je l’avais coffrée pour consommation de substances illicites. Comme quoi, ne jamais se fier aux apparences.

- Parce qu’il ne vous vient pas à l’esprit que je pourrais ne l’avoir jamais fait ?

Je me creusai un peu pour chercher ce que j’allais lui répondre. Bien sûr que j’avais enfreint la loi. Plusieurs fois même. La dernière en date, j’avais hébergé un déserteur de la CIA sous mon toit et j’avais trafiqué certains dossiers informatiques pour protéger son identité. Mais il était évident que je n’allais pas dire la vérité à Elizabeth. Trop risqué.

- Ok, j’avoue, j’ai cambriolé plusieurs magasins d’alimentation, il y a quelques mois.

Je laissai passer quelques secondes, le temps de ménager un peu mon effet, avant d'avouer :

- Mais j’étais en mission. Ça compte quand même ? Sinon… J’ai piraté de la musique, quand j’étais ado. Mais personne n’est au courant alors si vous pouviez garder le secret.

Je m'étais penché vers elle, comme si je ne voulais pas qu'on nous entende. Quand j'eus terminé, je repris ma position initiale et l'indiquai du menton.

- A vous.


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Lizzie Scott
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A la question de David, Lizzie sourit franchement en secouant la tête.

- Non cela me semble tellement impensable qu'on soit exempt de toute faute, même une broutille, la sainteté c'est un état de grâce inventé par les Eglises pour mieux nous convaincre de les suivre.

Cela étant dit, David jouait le jeu et se livra finalement un peu plus qu'elle n'aurait pu l'imaginer au premier abord.

- Des cambriolages, rien que ça, mais vous jouez dans la cours des grands David finalement. Et pour la musique voila un exemple typique d'adolescent, vous êtes donc parfaitement normal si jamais vous en avez douté un instant cela va de soit.

La jeune femme fit mine d'hésiter un bref instant. Puis histoire de varier les plaisirs elle annonça.

- Action pour moi .

Allait-il donc juste lui imposer de boire son shot de tequila ou aurait-il envie de la tourner en "bourrique".


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David Foster
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Je partageais son avis, sur la sainteté. Tout le monde avait fait quelque chose d’un peu répréhensible. Même si ce n’était pas très méchant. Personne n’était parfait. Il y avait juste des gens qui avaient un peu plus de morale et de bon sens que d’autres.

Son commentaire face à mon aveu me fit sourire à nouveau. Oui, finalement, j’étais capable de me détendre, petit à petit. Et mon sourire, même s’il était loin d’être très grand et très joyeux, avait au moins le mérite d’être sincère. Je n’avais pas eu l’intention, ni même la prétention de l’impressionner en mentionnant les cambriolages. Et puis, comme dit, j’étais en mission alors c’était un peu de la triche, même si mes collègues ne passaient finalement voir les propriétaires des magasins qu’après coup, pour que tout ça ait l’air le plus vrai possible et éviter de griller ma couverture.

- Evidemment que je suis normal. Je n’avais pas le moindre doute à ce sujet. Parce que vous en aviez, vous ?

Parce que tout compte fait, c’était bizarre, quand même, cette réaction. Comme si elle s’attendait à ce que je sois… je ne sais pas à quoi elle aurait pu s’attendre en fait. Mais le fait est que j’étais normal, oui.

- Action ?

Je pris un moment de réflexion. Sauf que je n’avais pas la moindre idée. Le but du jeu était de boire, non ? Donc logiquement, j’aurais dû lui demander de boire un premier shot. Sauf que faire boire les gens, même par jeu, c’était un peu contraire à mes principes, en fait… Oui, je suis vieux jeu, je sais. Et surtout, je n’avais pas encore assez bu pour me détendre assez pour ça.

- Vous me montrez comment chante une écossaise en temps normal, quand elle n’est pas bourrée ?


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Lizzie Scott
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Lizzie haussa les épaules sans répondre à la question de David, c'était plus amusant de le laisser mariner tout simplement plutôt que de répondre à sa question directement. Et bon franchement elle n'avait pas douté un instant qu'il fut quelqu'un d'anormal dans le fond, elle l'imaginait droit dans ses baskets, dur à la tâche et surtout à fond sur ce qu'il faisait, donc son boulot visiblement.

En tout cas elle avait réussi une nouvelle fois à le destabiliser et se poser des questions.

Elle attendait la suite avec une certaine curiosité et l'observa en faisant les yeux ronds quand le verdict tomba.

- Que c'est vilaine d'utiliser ce que j'ai dit contre moi comme ça directement.

Néanmoins elle n'était pas femme à se débiner. Aussi elle se leva et contre toute attente elle se dirigea vers la scène et parla avec un homme puis un second. Ils discutèrent, elle minauda, battit des cils et sautilla sur place comme une enfant avant de revenir vers David tout sourire.

- Je vous chanterai une belle chanson quand le groupe de votre soeur aura fini, et je vais vous la dédicacer, on verra de fait qui aura le plus honte de nous deux à ce moment là. Mon action est donc temporisée mais ne prendra pas des heures de ce que j'ai compris. A vous, Action ou Vérité?


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David Foster
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Ma question resta sans réponse. Ce n’était pas tellement qu’elle en attendait vraiment, mais la plupart des gens se contentaient de répondre à ce genre de question et passaient à autre chose. Forcément, face au silence d’Elizabeth, je ne peux que froncer les sourcils en me demandant ce qu’elle pensait réellement, pour le coup. J’essayai de lire la réponse dans son regard mais je n’y lu rien de particulier. Mon instinct me disait qu’elle faisait exprès de ne rien répondre. Non pas que la réponse m’importait tant que ça, en fait. Mais j’aimais bien qu’on réponde à mes questions. L’habitude des interrogatoires, simplement. Je laissai ça de côté, le temps de lui donner son gage.

- C’est la seule idée qui m’est venue autre que celle de vous demander de boire. Mais pousser une femme à boire, c’est contre mes principes. Et je n’ai pas assez bu pour passer outre mes principes.

En même temps, je n’étais pas certains que l’alcool y change grand-chose, d’ailleurs. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle réagisse de la sorte. Je pensais qu’elle allait rester à notre table, et se contenter de me chanter un truc, ne serait-ce que « Oh Susanna ». Un truc tout simple quoi. Mais non ! Je la suivis du regard, étonné, me demandant ce qu’elle allait faire, tandis qu’elle se dirigeait vers la scène. Elle n’allait tout de même pas prendre la place d’Angie ? Mais non, elle revint rapidement, m’informa qu’elle avait obtenu le droit de chanter après le groupe de ma sœur. Et qu’en plus elle me dédicacerait la chanson. Ok, pourquoi je lui avais donné  ce gage moi ?

- On peut dire que vous ne faites pas les choses à moitié vous. Et vous allez me chanter quoi ? Quitte à me dédicacer une chanson, autant que c’en soit une que j’aime bien.

Ok, donc c’était à nouveau à mon tour. Je n’eus pas à réfléchir trop longtemps cette fois.

- Vérité.

Oui, j’avais toujours un peu peur de ce qu’elle pourrait me demander de faire. Parce qu’autant, vérité, rien ne nous empêche de broder ou de mentir, autant l’action, difficile de se défiler, non ?


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Lizzie Scott
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Lizzie ne se départissait pas de son sourire, elle jouait c'était visible comme le nez au milieu de la figure et elle se sentait clairement l'âme du chat en chasse de la petite et fragile souris devant elle. Rien de méchant, rien de spécial, juste le plaisir du jeu pour elle dès qu'elle sortait de ses études en fin de compte ou de son milieu tout simplement.

- En ce cas il va falloir que vous choisissiez de boire aussi un peu de vous même David non?

Cela étant dit, même si rien ne l'y obligeait, juste parce qu'elle en appréciait le gout, elle but son premier shot de tequila, sel, citron.

- Les choses à moitié faites ou à faire ne m'intéressent pas non, je suis entière et je crois que j'aime la démesure quel que soit le domaine concerné finalement. Quitte à chanter, autant que tout le monde en profite, ils penseront tous que je suis une jeune femme trop ivre pour réaliser ce que je fais et ils applaudiront et riront de ma prestation et l'oublieront dans la foulée reprenant le cours de leur vie.


Elle grimaça quand il annonça vérité, mais cela ne dura pas.

- Bon soit vérité mais je rappelle que si vous refusez de répondre ou que je vois que vous mentez vous devrez boire un shot en gage. Donc question pour vous. En temps normal... /laisse planer quelques secondes/ quel genre de femme ou d'homme vous plait?



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David Foster
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Je relevai les yeux sur elle et plongeai mon regard dans le sien tandis qu’elle me conseillait de boire de moi-même. Quelles étaient ses intentions au juste ? J’avais l’impression que c’était précisément ce qu’elle voulait, je lâche prise, que je passe au-dessus de mes principes. Pourquoi ? Qu’est-ce que ça pouvait lui apporter ? Mis à part passer une meilleure soirée peut-être ? Elle me donnait l’impression de n’attendre que ça, que je me laisse faire, que j’entre dans son jeu. Mais j’avais naturellement trop de retenue pour ça.

J’acquiesçai quand elle me rappela les règles du jeu, mais je ne doutais pas un instant de réussir à les transgresser. S’il y avait une chose qui ne changeait pas suivant l’identité que j’endossais, c’est que j’étais un bon menteur. Même quand j’étais simplement David Foster et que je n’avais pas de rôle déjà écrit à l’avance. J’avais été entraîné pour ça. J’arrivais à tromper un détecteur de mensonges neuf fois sur dix.

J’eus cependant un temps d’arrêt quand la question arriva. Je ne m’étais pas attendu à ce qu’elle me pose ce genre de questions. Vraiment pas. J’aurais eu une bière sous la main, je crois que j’en aurais pris une gorgée, pour me redonner une contenance. Elizabeth pouvait au moins se vanter de me déstabiliser avec une facilité déconcertante. Jouer un rôle était tellement plus simple que d’être moi. Quand j’étais quelqu’un d’autre, je n’étais pas aussi maladroit, ni aussi facile à troubler. Mais je n’avais pas de bière alors à la place, je me passai la main sur la nuque.

- Je… j’en sais trop rien.

C’est que je n’avais jamais eu tellement de comparaison. Je veux dire, depuis Emily, je n’avais pas tellement pris le temps de m’intéresser aux femmes. Et ça remontait à plus de trois ans. Et avant Emily, j’étais dans les rangers, en Turquie. Autant vous dire que ma préoccupation première à cette époque là était plutôt de survivre que de me trouver une petite amie. Et encore avant ça, c’était le lycée, des histoires sans lendemain, des filles qui ne répondaient pas à des critères particuliers. Qui me plaisaient surtout parce qu’elles étaient jolies. Hey, j’étais ado à l’époque, me jugez pas !

Je me perdis légèrement dans mes pensées tandis que je répondais à la question d’Elizabeth de la façon la plus honnête possible.

- J’aime quand elles me font rire.

Notez : « elles », pas « ils », détail qui avait son importance.

- Quand elles essaient d’avoir l’air fortes quand je pars en mission et qu’elles me sautent au cou quand je reviens parce qu’elles se sont inquiétées pour moi. Quand elles me montrent qu’elles ont besoin de moi. Quand elles sont douces, et sensibles et qu’elles pleurent en regardant un film triste.

Je ne sais pas si je pouvais dire que j’avais vraiment un genre. Mais en tout cas, j’avais aimé Emily, vraiment et c’était elle que j’étais en train de décrire.

Je finis par relever les yeux sur Elizabeth, et une lueur passa dans mon regard, comme si je venais de me rappeler qu’elle était là et que je m’étais livré à une parfaite inconnue. J’attrapai mon premier shot et le vidai d’une traite. J’avais besoin de dissiper le malaise que je sentais monter en moi.


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Lizzie Scott
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Lizzie aurait presque pu sautiller sur place de joie d'avoir encore une fois réussi à faire réfléchir son interlocuteur, à le mener la ou elle le souhaitait, le temps aidant elle trouvait qu'elle commençait à exceller dans ce genre de jeu, certes dangereux parfois en fonction des interlocuteurs mais pour ce soir c'était sans risque aucun, hormis pour les oreilles des gens assemblés dans ce bar quand elle irait chanter.

- Allez David soyez honnête, on a tous un stéréotype en tête même si la réalité diffère souvent.

Et finalement il avait perdu le contact avec la réalité pendant de longues secondes, comme il semblait loin, ailleurs et concentré, souvenirs du passé visiblement mais heureux ou pas, c'était une grande question.

Elle avait noté de suite le "elle" et pas le "il", ça aurait pu, il aurait eu un succès fou parmi les homo, beau, athlétique mais pas une barraque non plus, un sourire d'ange et des yeux à tomber.

- Une chose est sûre elle a marqué votre coeur.

Elle ne poussa pas plus loin de peur de le faire se refermer comme une huître sans eau. Elle l'enviait finalement d'avoir vécu quelque chose d'aussi beau et simple en même temps non?

- Allez vérité pour moi aussi, j'ai pas envie que vous demandiez de danser en plus de chanter tout à l'heure.

Et hop d'une traite elle enfila son deuxième shot.




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David Foster
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La remarque d’Elizabeth me fit baisser les yeux et hocher la tête, doucement, tandis que je reposai mon verre vide sur la table. Un peu qu’elle avait marqué mon cœur. J’avais fini par faire la part des choses, je m’étais fait une raison, avec le temps, mais elle avait laissé derrière elle comme une sorte de trace indélébile. Ou un grand vide. Et je me demandais parfois si quelqu’un d’autre arriverait à le combler. En même temps, je ne cherchais pas vraiment à trouver quelqu’un qui le comblerait, n’est-ce pas ? Et puis, quelque part, j’avais toujours un peu l’espoir qu’elle vienne sonner à ma porte un matin, comme elle l’avait fait la première fois. Cela ne voulait pas dire pour autant que j’étais fermé à autre chose. Mais entre le boulot et Angie, je n’avais pas pris le temps de m’intéresser au sujet.

Je relevai les yeux sur la jeune femme quand elle m’annonça la couleur, baissai à nouveau les yeux sur les verres alignés devant moi et fis tourner un second shot entre mes mains, le temps de réfléchir à la question que je pourrais lui poser. Mais en réalité, la Tequila n’eut pas le temps de faire beaucoup de tour dans le verre. La question m’était venue assez rapidement.

Je me redressai et plongeai mon regard dans celui d’Elizabeth, comme si je cherchai à scruter l’intérieur de son être à travers ses yeux.

- Vous semblez prendre un malin plaisir à me déconcerter avec vos questions.

Voilà un détail que je n’aurais peut-être pas dû lui donner. Avouer qu’elle me perturbait, c’était comme lui offrir ma faiblesse en cadeau en prenant le risque qu’elle en profite. Mais j’étais curieux de comprendre.

- Ne faites pas l’innocente, je vois la lueur qui éclaire vos yeux au moment où la question percute et que je laisse le silence s’installer avant de répondre. Pourquoi ? Quel est votre but au fond ?

Parce qu’elle devait bien avoir une idée derrière la tête non ? Je me souvenais de son comportement au poste de police. J’avais cru y déceler un petit quelque chose et sa dernière question allait dans le même sens.

- Et quand vous aurez répondu, ça sera « action » pour moi. J’ai peur de ce que pourrait être votre prochaine question.  


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Butterfly Effect
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Le membre 'Maze Ellis' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Quitte ou double' :


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Lizzie Scott
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Lizzie n'était pas fille facilement impressionnable pour une simple et bonne raison, elle avait l'habitude de mener la danse, d'imposer le rythme et de choisir ou elle allait et comment elle y allait. Une adepte du freakcontrol en somme.

Son sourire s'aggrandit et ses cils papillonnèrent quand David lui annonça en la fixant clairement qu'elle aimait à le déstabiliser, elle n'allait pas chercher à le détromper c'était la pure vérite.

- Allons comment pourrais-je seulement oser prétendre être une jeune fille innocente devant vous?

La suite par contre la surprit, elle ne s'attendait pas à ce genre de question, pour le coup il venait de la prendre à son propre jeu non? Son regard se perdit dans le vague pour la simple et bonne raison qu'elle n'avait jamais réfléchi à cela. Elle agissait ainsi, toujours mais pour quelle raison par contre?

Elle ouvrit la bouche pour répondre un "je m'amuse" mais elle s'arrêta en cours de route car ce n'était pas la vérité. Elle passa sans le réaliser sa langue sur sa lèvre supérieure, comme lorsqu'elle se concentrait quand elle travaillait. Elle observa la téquila salvatrice pour éviter une réponse franche mais finalement elle se lança, que risquait elle après tout?

- J'ai toujours voulu tout contrôler tout simplement, avoir les cartes en main, maîtriser ce qui m'entoure, l'argent aide je ne le cache pas mais c'est le travail, le besoin d'exceller de ne rien devoir à personne et savoir que je vais ou je veux, quand je veux et comme je veux, parfois je me dis que c'est maladif ce besoin de contrôler tout mais comme cela passe par l'acquisition du savoir, je me plonge toujours plus la dedans. la connaissance revêt de nombreux aspects et arriver à comprendre le gens fait parti de cet...exercice?

Oui après tout elle obtenait toujours ce qu'elle voulait non. Elle était même persuadée que si elle voulait que David l'embrasse sur le champ, comme ça il allait le faire sans qu'elle ait besoin de demander.

God bless Lizzie:
 

Néanmoins elle devait choisir une action pour David.


- Vous allez boire deux shots de tequila pour la peine.



HJ : le lancer de dés est au dessus :p


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David Foster
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J’avais tapé juste avec mon observation, son sourire et son regard me le confirmaient. Donc, elle aimait vraiment me déstabiliser. Etait-ce seulement pour moi, ou pour tout le monde comme ça ? C’était aussi un peu ça que contenait ma question. Question qui sembla la déstabiliser autant que les siennes pour moi. Du moins… j’en eus l’impression. Elle laissa passer quelques secondes de silence avant de répondre, tandis son regard se faisait un peu plus lointain et je la vis hésiter entre la téquila et la réponse honnête.

J’avoue que sur le coup, je n’étais pas mécontent de mon effet. On me disait souvent que j’étais un peu trop perspicace pour mon bien. Personnellement, je prenais ça pour une qualité. Et ça s’avérait utile dans mon boulot. Savoir lire entre les lignes et poser les bonnes questions, c’était souvent ça qui permettait d’avancer dans une enquête.

Je l’écoutai simplement, me raconter son besoin de contrôler chaque chose autour d’elle, son envie de comprendre les gens qui croisaient son chemin. Quelque part, je la comprenais. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’étais pareil, mais je crois que je n’en étais pas très loin, du besoin de contrôle absolu. Disons que ma vie avait été plutôt chaotique, remplie d’événements imprévisibles, de choses qui n’avaient pas tournées comme elles auraient dû. Je commençais à aspirer à quelque chose d’un peu plus « prévisible ». Donc oui, je la comprenais.

Je ne sais pas ce qui m’a pris à cet instant. J’aimerais pouvoir mettre ça sur le compte de l’alcool, mais je n’avais pas assez bu pour me perdre moi-même à ce point-là. Je n’avais pas quitté son regard. Je vous ai déjà dit l’effet que ses yeux avaient sur moi. Peut-être que ça venait de là, de ce qu’elle me disait aussi, de sa sincérité. Ou peut-être que je me prenais à son jeu sans m’en rendre compte. Peut-être, enfin, que je me lâchais, suivant les conseils de Sunny. Je n’avais pas bu beaucoup, mais suffisamment déjà pour me désinhiber un peu. Enfin bref, je n’ai pas de raisons particulières, rien à dire de précis pour me justifier, tout ce que je sais, c’est que j’en ai eu envie. Une envie irrépressible.

Je me penchai au dessus de la table, réduisant l’espace entre elle et moi et glissai une main dans ses cheveux pour l’attirer à moi. Et sans prendre le temps de réfléchir à ce que je faisais (sinon, vous pouvez être sûr que je me serais arrêté là et confondu en excuses), j’annulai totalement l’espace qui restait entre elle et moi, m’emparant de ses lèvres dans un baiser léger et doux. Je n’avais pas embrassé de femmes depuis Emily, autant vous dire que ça remontait à un sacré bout de temps. Mais c’est quelque chose qu’on n’oublie pas. On oublie plus facilement la sensation que ça procure. Ca faisait longtemps que je l’avais oubliée moi, et je la redécouvrais et c’était plus qu’agréable.

Au bout de quelques secondes néanmoins, je m’écartai d’elle, comme si je revenais à la réalité. Je baissai les yeux, secouai la tête et me passai la main dans les cheveux, cherchant à dissimuler mon trouble. Je n’étais pas gêné uniquement pour ce que je venais de faire, mais aussi pour ce que j’avais ressenti à cet instant.

- Je suis désolé.

Qu’est-ce que je pouvais dire de plus ? Je reçus son gage comme un soulagement. Hochant la tête, je m’emparai du premier shot et le vidai avant de faire suivre le même chemin au second. J’en avais bien besoin. Pas sûr, cependant, que ça soit une bonne idée. Augmenter la dose d’alcool dans mon sang, je veux dire. Mais ça allait au moins servir à dissiper ce moment gênant. Non ?


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Lizzie Scott
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Lizzie était donc dans l'attente de voir David prendre ses deux shots, ni plus ni moins, c'était après tout le gage imposé et son choix de ne pas se dévoiler plus ce qu'elle respectait malgré sa curiosité maladive. Cependant alors qu'elle l'observait elle vit quelque chose, un je ne sais trop quoi, un truc assez incompréhensible surtout.

David se penchait au dessus de la table et elle se demandait bien à quoi il jouait. Et pourtant elle ne bougea pas ne réagit pas quand il se pencha et l'attira vers lui. Sa main glissée dans ses cheveux puis le contact doux de ses lèvres sur les siennes. Cela n'allait pas, ce n'était pas normal, il n'était pas sensé agir ainsi, elle n'avait pas démontré le moindre signe ou fait la moindre invitation réelle, elle appréciait les hommes mais finalement elle évitait les contacts humains, préférant, observer, manipuler, comprendre, être derrière une barrière.

Malgré elle, ses yeux se fermèrent quand il l'embrassa et une pensée saugrenue lui revint en tête, un flash.



Elle avait dix ans pas plus et elle était avec son père et son aîné à une foire estivale dans le Comté paternel. Il faisait beau, les éleveurs du coin présentaient leurs meilleurs chevaux à un concours d'élégance. Et c'est la qu'elle le vit, un magnifique étalon, à la robe bai dun, il possédait le gène primitif transformant sa robe en une teinte dite sauvage. Il était splendide, magnifique et elle le voulait. Son regard se posa sur son père et elle montra le cheval.

- Je le veux !

- Chérie c'est hors de question, nous avons déjà assez de chevaux et puis tu n'aimes même pas l'équitation.

Son frère s'était moqué d'elle, arguant qu'elle montait à cheval comme une fille des champs, sans grâce et sans élégance, qu'elle ne ferait qu'avilir une bête aussi splendide. Elle avait sentit monter en elle une détermination profonde. Son regard avait croisé celui de son père, ce cheval était sien, elle l'avait décidé. Et son père leur tourna le dos et s'en alla plus loin. La fillette se mit à pleurer à chaudes larmes de crocodile, blessée, vexée... Son frère se moquait d'elle mais cela ne dura qu'un temps car une dizaine de minutes plus tard son père revint avec une longe qu'il tendit à Lizzie.

- Tiens ma chérie, va le chercher il est tien, Squirrel t'appartient.

Elle n'en revenait pas, son frère non plus. La suite de la journée fut écourtée vu qu'il fallait ramener l'animal au Manoir. Sa mère ouvrit de grands yeux quand elle vit le cheval et son regard se posa sur son père contrarié.

- Quelle est donc cette nouvelle facétie? Avons nous besoin d'un cheval? Nos juments ne poulineront pas avant l'année prochaine.

Lizzie sautait sur place.

- Il est à moi, c'est le mien, papa me l'a offert.


Sa mère l'observa puis son regard se riva de nouveau dans celui de son père.

- Pourquoi diable as-tu cédé à un tel caprice?


- Je ne sais pas, cela m'a semblé être la meilleure des choses à faire sur le mom...


Sa phrase resta en suspens, ils n'ajoutèrent rien mais sa mère secoua la tête. Son père esquissa un pâle sourire et se tourna vers Lizzie.

- Ma chérie, va préparer une valise avec tes jouets et des livres, nous allons aller rendre visite aux King, nous partons ce soir.


- On va aller voir Ed? Oh oui, je vais faire mes affaires, je me dépêche.


A son retour en Ecosse une semaine après, le cheval n'était plus chez elle et elle n'en avait rien à faire, elle ne s'était jamais posée de question, pas à cette époque du moins.




Elle revint à la réalité quand David détacha ses lèvres des siennes. Elle n'était pas vraiment présente, perdue dans ses pensées, ses souvenirs et dans l'étrangeté de l'instant. David s'excusa alors qu'en son ventre une boule se nouait violemment, la peur l'étreignait et son regard changea. David prit ses shots alors qu'elle même se levait comme un zébulon, debout, d'un geste brusque et mal assuré peu coutumier elle se saisit de sa veste qu'elle enfila.

- Je dois partir, je suis navrée David, nous... bonne fin de soirée.

Elle n'attendit pas qu'il réponde, elle avait besoin de sortir, prendre l'air, fuir cette salle qui l'oppressait, elle allait étouffer et cette boule d'angoisse qui lui nouait les tripes ne semblait pas décidée à la quitter. Son sac était dans la voiture de David? Peu importait elle avait son téléphone et son argent, elle pouvait prendre un taxi, un bus, n'importe quoi pour partir loin, elle en avait besoin !

Et dans sa tête cela tourbillonnait et l'alcool n'y était pour rien. Mais une certitude emplissait son esprit elle avait besoin d'être seule pour réfléchir.


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David Foster
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Je relevai les yeux sur elle tandis que je reposais mon deuxième shot sur la table. Ma gêne ne s’était pas dissipée. Comme si j’avais réellement cru que deux shots de téquila auraient suffi à la faire partir, comme si rien ne s’était passé. J’avais clairement la sensation d’avoir fait ce qu’il ne fallait pas. Je ne savais pas trop comment elle avait pu prendre la chose, mais pour ma part, ça n’était pas… correct. Je n’arrivais toujours pas à comprendre pourquoi j’avais fait ça. Quoiqu’il en soit, je n’avais plus la tête à jouer. En réalité, si j’avais pu, je crois que je me serais levé, aurait trouvé n’importe quel prétexte et serais parti. Oui, j’aurais fui, autant dire ce qui est. On peut être sans peur face à un criminel et particulièrement lâche face à une femme, surtout quand elle nous plait. J’en étais la preuve, non ? Mais je ne pouvais pas partir. Je n’oubliais pas que nous étions dans la ville basse, qu’elle ne la connaissait pas et que c’était moi qui l’avais amenée. Je ne pouvais décemment pas la laisser repartir seule. Et ma bonne éducation prenait le pas sur ma lâcheté.

Bref, tout ça pour dire qu’au moment où je relevais les yeux sur elle, me demandant si je devais lui proposer de la ramener maintenant, je vis une drôle de lueur passer dans son regard. Une lueur que je ne compris pas tout de suite. Elle se leva brusquement, enfila sa veste et me planta là, sans la moindre explication autre que « je dois partir, je suis désolée ». Et forcément, la première chose à laquelle je pensai, c’est que j’avais merdé. Et en beauté.

Je la suivis du regard deux petites secondes, le temps de percuter qu’elle était vraiment en train de partir, seule, dans la ville basse. Je laissai quelques billets sur la table à l’intention de la serveuse qui passait (et s’en saisit aussitôt avant qu’on ne les lui vole) et sortis à la suite de Lizzie dans l’intention de la rattraper. Si c’était vraiment ma faute, il fallait vraiment que je m’excuse, qu’elle comprenne que ce n’était pas dans mes habitudes, que je ne savais pas ce qui c’était passé et que ça ne se reproduirait pas. Et une fois ceci mis à plat, je la raccompagnerais chez elle. Parce que, je répète, hors de question qu’elle se balade seule dans la ville basse à cette heure-ci.

- Elizabeth !

Comment étais-je censé savoir qu’elle voulait rester seule ? Je la rattrapai, la retins doucement par un coude pour qu’elle s’arrête et me plaçai face à elle.

- Je suis…

Je m’interrompis au milieu de ma phrase. Ce regard, cette expression qu’elle avait, ce n’étaient pas ceux d’une fille gênée, qui vient de se faire draguer par un type lourd et qui cherche un moyen de lui échapper. Elle semblait… inquiète ? Je fronçai les sourcils et cherchai à capter son regard.

- Qu’est-ce qui se passe ?

Je secouai la tête, conscient que je dépassai peut-être les limites en lui posant ce genre de questions.

- Ecoutez, vous n’êtes pas obligée de me répondre. Vous n’êtes même pas obligée de me parler non plus. Mais il est hors de question que je vous laisse seule dans la ville basse à une heure pareille. Même en plein jour, je ne le ferai pas. Je vous ramène à l’hôtel, où ailleurs, si vous préférez ?


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[CLOS] [Lizzie/David] A l'assaut de la ville basse
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