2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Bogdan/Gen] Show me Love

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Bogdan Lupescu
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Avril 2075

Maddison était rentrée dans un drôle d'état. Mes oreilles ayant traîné un peu, comme d'habitude, j'ai cru comprendre qu'elle avait rencontré Gen. Quelque chose dans sa façon de la décrire que j'étais seul à comprendre. Dans un sourire, je me rends chez Gen alors que la nuit est bien entamée. Je ne sais pas ce qui s'était passé, ni pourquoi, mais ça m'est égal. J'y vais.

Je ne l'avais pas revue depuis la dernière fois. Bizarrement, je m'étais attendu à sa réaction. Qu'elle me plante là, c'était la seule chose qu'elle pouvait faire, et je comprenais. Finalement, je n'avais rien dit, je ne l'avais pas retenue, juste… J'avais saisi une chance, et c'était tout. Mais avec le recul, je ne suis pas satisfait. J'ai besoin de la voir. Elle a répondu à mon baiser, je n'ai pas rêvé, ce n'est pas une farce de mon pouvoir.

Je résiste une heure. Une seule, et je prends la voiture - un vieux tas de ferraille que je partage avec Maze ? - jusqu'au Sanctuaire, sans dire à personne où je vais. Et quand j'arrive, le Sanctuaire dort presque autant que l'Underground. Gen m'a dit ne pas avoir changé d'emplacement, ce qui me rassure car il n'est pas à côté du Saloon. Je me gare suffisamment loin et je fais le reste du chemin à pieds.

La porte de sa caravane est ouverte, alors, prudemment, j'ouvre la moustiquaire et je fais un pas à l'intérieur. Que je ressemble à Abel ne m'est jamais venu à l'esprit. Sans m'approcher, je la cherche du regard et quand je l'ai trouvée, je souris.

"Hey…" Je lui montre l'extérieur du menton. "Tu devrais voir l'autre…" Et puis, je retrouve mon sérieux en m'approchant. "Qu'est-ce qui s'est passé ?"


Dear Dad,
I think about you every day. The end of your world. The beginning of mine. Six billion lights that went out in six months. Six billion lives lost to a mystery. All the mothers, fathers, sisters, brothers over the age of innocence. Of fifteen years full of missing you.
But I keep you alive in my words.
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Gen Caleb
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J'étais rentrée chez moi dans un état plutôt lamentable. Physiquement, ça allait à peu près. J'allais avoir un bleu du feu de DIeu à l'estomac, mais rien de visible pour le monde extérieur, et je m'en remettrais. Et puis, ça pourrait toujours passer sur le compte de la mission de sauvetage de Samaël en VIlle Haute. Émotionnellement... j'étais à ramasser à la petite cuillère, et ce n'était pas peu dire. J'aurais bien voulu vous voir vous remettre d'un deuil pareil sans broncher.

Les cyniques qui me demanderaient "deuil de quoi, y'a jamais rien eu" pouvaient bien tous aller crever au fond d'un vieux trou.

J'avais laissé la porte de ma caravane ouverte: il faisait bon au Sanctuaire ce soir, et de l'air frais n'avait jamais fait de mal à personne. J'étais en train de tergiverser sur quoi me faire à manger - parce que j'avais faim, mais aucune envie de cuisiner - tout en fouillant ma chambre à la recherche de mon paquet de clopes dont j'avais un grand besoin en ce moment lorsque j'ai senti quelqu'un qui grimpait dans mon petit chez-moi.

Les sourcils froncés, j'ai interrompu ma quête du Graal pour prendre le pistolet sur ma table de chevet avant d'aller voir ce qui se passait à l'avant: l'arme n'était pas braquée, juste tenue en main.

"Bogdan ?!"

J'ai déposé l'arme sur mon comptoir. Je n'aurais pas été plus surprise si j'avais vu un éléphant rose entrer. Je ne l'avais pas revu depuis cette fameuse fois à la fête, et je ne m'attendais pas à le revoir après l'avoir planté là, surtout pas chez moi, surtout pas maintenant. J'allais lui demander ce qu'il faisait là, mais il s'est expliqué lui-même.

"Si t'es là, c'est que t'as vu l'autre, justement, non ?"

J'ai soupiré.

"Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?"

Est-ce que Maddison connaissait bien Bogdan ? Ce serait bien le foutu bouquet. Maze, Eve, Bogdan, Abel, et puis qui encore ? Merde... Abel. Si Maddison se mettait en tête de lui dire ce qui était arrivé, je n'étais pas mieux que morte. S'il ne me trucidait pas, j'allais de toue façon mourir de honte.


"Those who make peaceful revolution impossible will make violent revolution inevitable."

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Bogdan Lupescu
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(je sacrifie du temps au taf pour te répondre le plus tôt possible gros smile J'ai bien avancé cette semaine !)

Non, je ne suis pas étonné qu'elle dégaine, je m'y attendais. Alors je me contente de lever les mains en guise d'armistice. Je souri un peu à sa question. Oui, je l'ai vue et elle avait l'air en meilleur état. Je m'approche d'elle à pas feutrés des fois qu'il lui vienne en tête de me mordre et je secoue la tête.

"Rien. On ne se parle pas beaucoup."

Si je lui pose la question, c'est que de toute évidence, je n'en sais rien. Je n'aime pas beaucoup les messages rapportés, j'aime avoir mes informations à la source. Ce que je suis venu chercher, donc. Je ne connais pas Maddison, malgré les années. Et j'ai de toute façon confiance en Gen et personne d'autre. Je tends une main vers son visage pour l'étudier.

"Je l'ai entendue parler et l'ai vue revenir, mais c'est tout." J'ai reporté mes yeux dans les siens. "Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? En général... Maddison explose. Assez rapidement. Là, elle n'a rien dit."

Je reprends ma main et les range toutes les deux dans mes poches. Je n'oublie pas le pseudo-rejet qu'elle m'a fait affronter quelques semaines alors je garde mes distances. Pourtant, je n'ai qu'une envie... Et la voir dans cet état ne fait qu'accentuer cette envie. D'abord, la serrer contre moi. Ensuite, la protéger. Gen a beau être ce qu'elle dit être, nous sommes tous fragiles, d'une façon ou d'une autre, c'est une preuve de courage que de l'accepter. Je ne me suis jamais vraiment marqué comme quelqu'un d'infaillible, au contraire. Je n'ai rien d'un héros, je suis même sacrément bien planqué. Je me suis rarement battu aussi. Pas comme elle. Mais je pense pouvoir dire que je m'en sors mieux qu'elle, pourtant.

"Are you okay ?"

Cette fois, je suis même inquiet.


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Gen Caleb
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[Punaise le forum il m'en veut il rame sa race ce soir !]

"Bien."

Allez savoir pourquoi, j'étais soulagée d'apprendre qu'elle n'était pas proche de lui. Si elle devait avoir Abel... je ne savais pas expliquer pourquoi, mais ça m'allait parfaitement bien que Bogdan soit... comment dire... juste à moi. Je l'ai vu tendre la main vers mon visage, puis se raviser. J'imagine que ma réaction de la dernière fois venait de lui revenir à l'esprit, et que ça l'avait fait changer d'avis.

Pourtant... si l'autre fois ça m'avait terrifiée, là, tout ce que je voulais, c'était du contact. Du contact et du réconfort de quelqu'un qui, d'être humain à être humain, me dirait "je suis là, je te vois, je suis là". J'ai soupiré et je suis allée fermer la porte, juste pour avoir de quoi à faire l'espace d'un instant, puis j'ai parlé:

"C'est... je... Maze Ellis, ça te parle ? Il s'est fait kidnapper, et un des nôtres aussi. Abel m'a envoyée le récupérer, c'est moi la meilleure en infiltration, tu sais ? Et l'Underground a envoyé Maddison pour Maze. C'était... la première fois que je la voyais en vrai."

J'ai soupiré. Je n'arrivais pas à regarder Bogdan en parlant - je pouvais tout dire, ou je pouvais le regarder, mais clairement, pas les deux à la fois.

"Je l'avais déjà vue... dans les pensées d'Abel."

J'ai dégluti - ça voulait tout dire, pour moi. Qu'il comprenne ce qu'il avait à comprendre.

"Je l'ai tout de suite détestée, c'était viscéral. Et réciproque. Pour résumer..."

J'ai finalement trouvé le courage de le regarder. Mes yeux devaient le supplier d'être là pour moi, parce que j'entendais chaque cellule de mon corps crier à l'aide.

"No. I'm not okay."


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Bogdan Lupescu
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Pour autant que je sache, je suis là et je vais consoler Gen parce que c'est ce que je fais, ce que je suis et la raison pour laquelle je suis là. Mais je m'apprête à le faire en me disant que j'aurais bien pu rester chez moi si ce n'était que ça. Je ne suis pas quelqu'un de fondamentalement masochiste, j'estime avoir suffisamment vécu de trucs moches et de persécution pour ne pas avoir à m'en infliger moi-même gratuitement, aux frais de la princesse. En général, quand je vois quelque chose qui ne va pas, qui coince les rouages, je ne force pas. Je me bats, oui, mais pas pour des causes fatales.

Alors oui, Maze Ellis, ça me parle et j'entrouvre les lèvres, en me demandant de quoi on parle et le rapport. Je hausse un sourcil à la mention de Maddison. Qu'est-ce que ça peut bien avoir à faire avec le reste ?! Et puis, j'écarquille les yeux parce que je commence à mieux comprendre ce que Maze voulait dire par "On l'a faite quitter l'Underground avec Maddison". Quand toutes les pièces du puzzle sont réunies, je me dis que quelque part, j'aurais peut-être dû forcer. D'un côté, comme de l'autre. Je ne suis pas assez simplet pour ne pas faire le lien entre A et C par B. Ou de A à M par G.

Et tout ça… Pour Abel. Encore.

Je retiens un soupir. Je ne peux pas en vouloir à Gen, après tout. Mais je comprends mieux le bordel de l'Underground, j'ai la confirmation que Maddison était bien louche pendant que Eve était là. Je suis en colère parce que j'aurais dû le savoir, j'aurais dû percuter plus tôt. Je ne m'y suis juste pas intéressé parce que j'ai eu confiance en l'Underground. Je me demande ce qui arriverait si je le disais tout haut. Je ne suis pas un leader. Je ne prends pas de décision. Gen non plus. Mais une liaison Maddison et Abel, je ne peux pas m'empêcher de me dire que c'est de la connerie en barre sans sucre, amer et acide. Et le pressentiment de merde qui me vient des tripes ne me dit rien qui vaille.

Et me retrouver face à Gen, pour la consoler parce que l'homme de sa vie en préfère une autre… Pour ne pas avoir une migraine, je me mens en me disant qu'il y a sûrement autre chose.

"Je le savais !"

Je savais rien du tout. J'ai juste besoin de mentir un bon coup. Néanmoins, la voir comme ça me fend le coeur. Je soupire et je m'approche d'elle en ouvrant un bras et entoure ses épaules pour la ramener contre moi.

"Je suis désolé…"

Absolument pas. Autant dire que c'est un mensonge gros comme la terre plate. Mais de là où elle est, elle ne peut remarquer les taches sombres qui gigotent sur ma mâchoire. On dira que de la barbe m'ait poussée dans la nuit.
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Gen Caleb
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J'ai vu une ouverture, et je m'y suis jetée sans réfléchir, trouvant refuge dans les bras de Bogdan. J'étais... à bout. Tellement à bout que lorsque ses bras se sont refermés autour de mes épaules, j'ai craqué. Juste... craqué. Je me suis effondrée de manière tellement fracassante que je n'ai même pas réalisé le mensonge à peine voilé qui sortait de la bouche de Bogdan. Je pleurais, pour de bon cette fois: ce n'était pas la première fois que je pleurais pour Abel - j'osais espérer que c'était la dernière, mais quelque chose me disait que je rêvais en couleurs.

"I saw him - I saw him the first time I met him, and in over two years he's never seen me - why ?"

J'avais vu en cet agent en fuite du MSS le potentiel de changer ce monde, et j'avais eu raison - il était devenu Abel Henoch, il était devenu Liberaion parce que je l'avais laissé filer. La première fois qu'on s'était parlé, il m'avait demandé sur un ton sarcastique s'il devait me remercier pour ça. Non, je ne m'étais pas attendue à de la gratitude, mais... à force d'être là, à force d'être loyale, j'avais cru être en droit d'être considérée. D'être vue.

J'aurais dû le savoir, pourtant - j'aurais dû savoir que c'était une cause perdue d'avance. J'aurais dû lâcher le morceau il y avait longtemps, mais il avait fallu que je me casse la figure aussi violemment pour comprendre.

"What is WRONG with me ? Am I invisible ? Why didn't anyone TELL ME I was FUCKING invisible ?!"

Au minimum... au minimum, j'aurais dû lâcher le morceau lorsque j'avais vu Maddison dans les souvenirs et les pensées d'Abel. Elle ou moi ? Abel n'était pas aveugle, quand même.

"I've seen her. She's so beautiful..."

Ma voix n'était qu'un murmure à présent.


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Bogdan Lupescu
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Ce n'est pas peu dire que je serre les dents. Je respecte Abel et le protège, même. Je le laisse tranquille, je ne dis rien. Je n'ai même plus jamais abordé le complexe de Magda. Néanmoins, une part de moi - enfouie - continue de le tenir pour responsable. Je ne veux pas ramener ça sur le tapis avec Gen, mais c'est une raison suffisante pour ma colère.

Je serre Gen contre moi, mais je sais que c'est avant tout pour la protéger elle que parce que j'en ressens vraiment le besoin. Je suis là, à tout ramasser derrière lui et elle est inconsolable. Sa tête contre moi, je la tiens dans une main protectrice en caressant ses cheveux. Je n'ai jamais imaginé Abel avoir une liaison avec qui que ce soit. Mais après tout, en près de 3 ans, il a sûrement dû changer. Nous ne nous sommes pas séparés pour rien, pas vrai ?

Les larmes de Gen contre moi sont contagieuses et pour un peu, j'y ferais bien un concert. mais je suis d'autant plus en colère qu'attristé. Elle était dans un sale état parce que Abel n'était pas doué avec les gens. Faire avancer une troupe, oui, nourrir la rage de soldats, oui, aussi. Mais pour la sensibilité, on repassera. Ce n'était pas nouveau. J'étais différent, je ne me cachais pas derrière ma prison russe. Elle m'avait plutôt donné des armes mais contrairement à Abel, je n'ai jamais été seul. C'est ce qui m'a sauvé.

Tout à coup, je me redresse et sépare Gen de moi. Pourtant, j'encadre son visage fermement pour que ses yeux se plantent dans les miens.

"Tu n'es pas invisible ! Je t'ai toujours vue !"

Ce n'est pas exactement vrai… Mais qui compte les mensonges ici ? Il me faut de longues secondes pour assimiler son dernier commentaire. Qui ça ? Ah oui...

"Tu veux parler de cet homme large qui se fait passer pour une femme avec des cheveux longs et des gros nichons qui étouffent le premier qui veut jouer avec ?! De toi à moi, si Abel veut mourir asphyxié, c'est lui que ça regarde."

Maddison n'était absolument pas mon genre. Trop grande, trop grosses, trop rebelle, trop forte. Gen était plus petite, plus fine, plus sensible… C'était terrible de me dire que je connaissais mieux Gen que Maddison. Mais je crois que comprendre à quel niveau elle a "trahi" l'Underground me rendait malade. C'est une chance que Liberation n'ait pas répliqué mais je comprends mieux pourquoi maintenant.

"Tout… Va très bien chez toi, Gen… Absolument tout."

Tout, non… Faut pas pousser. Sinon, elle ne me plairait pas. Mais elle a besoin de l'entendre à cet instant et je ne rechigne pas à lui donner ce privilège qu'elle mérite de toute façon. Et alors que je la fixe, les yeux ronds tant je suis abasourdi par ses dires… Ca me sort tout seul. Du coeur et de l'âme.

"Pourquoi est-ce que toi, tu ne me vois pas, Gen ?!"


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Gen Caleb
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Lorsque Bogdan s'est redressé pour m'éloigner de lui, j'ai eu peur. J'étais bien dans ses bras, pourquoi est-ce qu'il nous séparait ? Personne ne comptait les mensonges, pas même moi, et heureusement. Surtout qu'en l'occurrence, si mensonge il y avait, il me faisait trop de bien pour que je cherche à voir à travers. Si je n'avais pas été dans cet état, j'aurais sans doute ri de la façon dont il décrivait Maddison, mais dans la situation présente, la description très peu flatteuse m'a à peine arraché un sourire.

Sa question, en revanche, a été comme un coup de fouet et une douche froide. Oui, les deux en même temps. Sous le choc, j'ai ouvert la bouche, pour ensuite la refermer quelques secondes plus tard, vu que de toute manière aucun son n'en sortait.

Depuis le temps où je ne voyais qu'Abel et personne d'autre dans mon champ de vision... jamais je ne m'étais demandée si, de l'autre côté, il n'y avait pas quelqu'un qui me voyait aussi sans que je le vois. Pour moi, c'était juste impensable - je n'étais qu'un soldat, qui était là pour me voir ? Qui était là pour s'apercevoir de qui j'étais réellement ?

Bogdan était là - et je ne l'avais jamais vu. Est-ce que... est-ce que ça datait vraiment de son cours séjour à Liberation ? Est-ce que c'était pour ça qu'il était au Sanctuaire en pensant à moi ? Je vous jure, l'idée que je sois aussi importante pour quelqu'un qu'Abel l'étati pour moi me semblait inconcevable. J'ai dégluti.

"Tu étais parti."

Cette fois, contrairement à notre rencontre au Sanctuaire, il n'y avait pas le reproche de sa trahison de Liberation dans ma voix. Il n'y avait pas de reproche tout court. Ça me semblait plutôt maigre comme excuse, surtout que je ne l'avais pas vu à l'époque, et que j'avais surtout pris mes jambes à mon cou lorsqu'il m'avait embrassée la dernière fois. Doucement, j'ai posé ma main sur la sienne - je crois bien que ma main tremblait - sans détacher mon regard du sien. Ce qu'il faisait là, juste ses mains qui encadraient mon visage... c'était plus de contact physique et de tendresse en trois minutes que je n'en avais eu dans les trois dernières années.


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Bogdan Lupescu
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J'étais parti. Oui. C'est vrai. Et je sens quelque chose tomber au fond de mon estomac. Ca doit être la bile. Ou mon coeur entier. Quoiqu'il en soit, si ce n'est pas une accusation, je la ressens comme telle. Je plisse le front en me baissant légèrement pour me mettre à son niveau, mes yeux dans les siens. En vérité, je crois que je suis à deux doigts de pleurer moi aussi.

"Je sais." Je déglutis. "Et je suis désolé." Nope. "Je suis vraiment… Désolé." Nope, nope ! "Et je ne reviendrai pas. Ce n'est juste pas moi, je ne suis pas comme ça, ce n'est pas comme ça que je veux que les gens me voient. Ce que j'ai vécu en Russie n'est pas une excuse valable, je ne veux pas être comme eux, je ne veux pas être comme Abel. Il n'est que colère, rage et vengeance. J'aurais fini par partir tôt ou tard. Je ne suis pas revenu pour toi plus tôt parce que…" Je réfléchis. Vite. Et puis, je hausse les épaules. "Parce que…" Je n'ai pas envie de lui cracher Abel au visage. Ce ne serait pas juste, et même assez mesquin et méchant. Je hausse les sourcils. "Je n'aime pas les pancakes d'Abel !" J'en raffolais, j'adore les pancakes...

"Ne me juge pas pour mon choix, Gen… S'il te plaît. Je suis là, maintenant."

Du pouce, je caresse sa joue. Je me souviens l'avoir regardée de travers quand elle est arrivée à Liberation parce qu'elle me faisait penser à Irina et que je ne voulais pas me dire qu'elle me plaisait simplement parce qu'elle me rappelait quelqu'un, un mauvais souvenir, une épreuve terrible de ma vie. Je voulais l'aimer pour qui elle était, une personne entière et unique. Elle a ses yeux dans les miens et c'est comme si elle me voyait pour la première fois, d'une certaine manière. Elle ne regarde pas juste le mec de Liberation qui est parti se réfugier à l'Underground, elle me regarde moi. Sa main sur la mienne est comme une invitation. D'une voix basse, je reprends.

"Et je n'ai pas envie de partir, cette fois."

Ma phrase, je la finis sur ses lèvres en me redressant. Je tiens toujours sa tête entre mes mains, mêlant mes doigts à ses cheveux.


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Gen Caleb
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"Je ne juge pas ton choix."

C'était vrai, du moins en ce moment c'était vrai. J'avais autre chose à penser que le fait qu'il ait pris la décision de quitter Liberation du jour au lendemain - la façon dont ses mains touchaient toujours mon visage, notamment.

"Mais tu avoueras..."

Je me suis mordue la lèvre inférieure. J'avais l'impression de marcher un peu sur des oeufs parce que... je ne voulais pas qu'il s'éloigne ou qu'il parte, à aucun prix.

"C'est plutôt difficile de voir quelqu'un qui n'est pas là."

J'ai tenté un léger sourire en levant lentement la main pour toucher sa joue, comme si je doutais qu'il soit réellement là avec moi. Mes yeux ne s'étaient toujours pas détaché des siens, des fois qu'il disparaisse lorsque je détournerais le regard. Je ressentais une connexion comme je n'en avais pas ressenti depuis... depuis... en réalité, je ne croyais pas m'être déjà sentie comme ça une seule fois dans ma vie avant aujourd'hui. Il me voyait moi - pas le soldat, pas le membre de Liberation, pas l'ancien agent de la CIA, pas la Listener, moi.

Je vous ai dit à quel point ça faisait du bien ? Je lui aurais bien répondu de ne pas partir, j'étais même prête à le supplier de ne pas partir, mais tout d'un coup je me suis retrouvée avec ses lèvres sur les miennes et... cette fois, croyez bien que je n'allais pas fuir. Je me suis redressée, glissant mes doigts derrière sa nuque en répondant à son baiser comme si ma vie en dépendait.


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Bogdan Lupescu
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J'ai appris à saisir les chances qui s'offraient à moi, à ne pas les laisser me filer entre les doigts. Qu'il s'agisse d'une opportunité pour fuir la Russie, d'une occasion de traverser les océans en toute sécurité, ou tout simplement de gagner la fille que je voulais. Quand Gen répond, c'est un soulagement. Elle a encore le goût salé des larmes et une voix dans ma tête me dit que je ne perds pas de temps, que je m'engouffre dans quelque chose qui me dépasse sûrement, ou bien qui va me retomber dessus un jour. Mais j fais taire cette voix. Elle dit n'importe quoi. Gen n'est pas une chose. Elle ne me dépasse pas. Que je sache, nous ne sommes pas ennemis et il n'y a aucune loi m'interdisant de la voir. Et personne n'oblige Gen à rester Bonne-Soeur.

Mes mains glissent sur ses bras dans une caresse pendant que mes lèvres se perdent dans son cou, puis son épaule. D'un geste, je soulève légèrement son débardeur en embrassant son menton jusqu'à ses lèvres à nouveau. J'ai beau être être assez impulsif dans mes actions, je sais également les savourer. Je passe mon pull par dessus ma tête pour me libérer et je le jète sur la petite banquette de fortune à côté. L'aperçu que j'ai eu de sa peau m'incite à en réclamer plus. Je retire son débardeur en lui levant les bras dans une nouvelle caresse et il rejoint mon pull très vite.

Des doigts, je retrouve ses hanches en me resserrant contre elle dans un baiser. Je l'enlace dans une étreinte protectrice et mon coeur s'emballe. La chaleur qu'elle dégage, couplée à celle du Sanctuaire me rend la vie. Il fait souvent frais à l'Underground et je ne me plains pas d'avoir enfin un peu d'air et de la chaleur… humaine, qui plus est. J'entraîne Gen avec moi jusqu'au fond de sa caravane mais sur le chemin, je fais tomber un ou deux objets. Si je m'excuse, c'est pour la forme, mais je ne quitte pas ses lèvres. Maintenant que je la tiens, je ne la lâche plus.

Quand je sens le lit contre mes genoux, je me laisse asseoir et je glisse mes mains de son dos sur ses hanches pour lui embrasser le ventre. Je défais les boutons de son jean avant et l'attire sur mes genoux, mes doigts remontant dans son dos en une multitude de lentes et tendres caresses pendant que mes lèvres rejoignent les siennes. Doucement, je la fais chavirer avec moi sur le dos et je parcours son corps de baisers chauds de son visage tout entier à sa gorge, puis sa poitrine et son ventre. Je fais glisser son jean pour libérer ses jambes et c'est autant de baisers que je lui offre que de peau que je découvre.

Quand je procède au chemin de retour vers ses lèvres, je laisse mes mains s'aventurer sur ses jambes, ses genoux et ses cuisses. Je n'arrivais pas à croire que Gen ait attendu Abel si longtemps, sans aucune attente de sentiment réciproque. Je sais reconnaître une cause perdue quand j'en vois une et je sais que je n'aurais jamais eu la patience d'attendre. Une part de moi se met à hurler que je vais devoir soit 1/ filer avant le lever du jour fissa comme un voleur, 2/ devoir poireauter toute la journée dans le sauna d'une caravane d'être sûr que la voie est libre, soit 3/ me faire jeter le matin venu parce que Gen se sera souvenu de l'amour de sa vie - qui n'est pas moi de toute évidence, encore une fois, je ne suis pas du genre à m'attacher bêtement. Mais pour l'heure, je m'en fiche. Gen est là, je suis là et la seule chose qui m'importe, c'est l'enlacer et sentir son coeur battre contre le mien. Pour l'heure… Il n'y a que nous, et demain est un autre jour.


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Gen Caleb
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Ses excuses dites pour la forme ?

Pas entendues.

Les babioles tombées pour lesquelles il s'excusait par principe ?

Pas remarquées.

Tout ce qui importait et tout ce dont je me rendais compte, c'était ses mains et ses lèvres sur moi. Tout ce qui était important à ce moment, c'était qu'il était là, avec moi: il me voyait, il me désirait, et je ne saurais même pas vous décrire à quel point c'était bon de ressentir ce contact, cette chaleur humaine, cette connexion: je ne me souvenais même plus de la dernière fois où c'était arrivé.

Oui, c'était à ce point.

J'ignorais à quoi le lendemain matin ressemblerait. Pour tout vous dire assez directement... je n'en avais rien à carrer. Demain n'existait pas encore. Tout ce qui importait, c'était maintenant.

If we die, we die - but first we'll live.

** Walk like an egyptia Walk like an egyptia Walk like an egyptia Walk like an egyptia Walk like an egyptia **

Le lendemain matin... est arrivé assez tôt, en fait, puisque le soleil était matinal à ce temps-ci de l'année au Sanctuaire. Doucement, j'ai relevé la tête de mon oreiller, constatant que Bogdan dormait toujours, et... que je n'étais pas vraiment certaine de la marche à suivre. Je serais bien partie à pas de loup, pour tout vous dire...

Mais j'étais comme qui dirait chez moi.


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Bogdan Lupescu
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Je la sens bouger à côté de moi. Je sais que c'est elle parce que je ne suis encore pas totalement sénile et que ma mémoire ne me fait pas encore défaut. A dire vrai, ce qui finit de me réveiller, sans que je n'ouvre les yeux, c'est la migraine qui tape sévèrement contre mes tempes. Je l'ai sentie venir à des kilomètres, ça et le gargouillement dans mon estomac. Je n'avais pas mangé depuis un moment, maintenant et ça m'en collait la nausée.

Charmant au réveil. Au moins, celui-ci serait le genre à ne pas oublier ! J'ouvre un oeil lentement parce que je ne la sens plus bouger, peut-être qu'elle ne s'était pas encore éveillée ? Et pourtant, elle est là, alors mon sourire s'étend sur mes lèvres.

"Bonjour..."

J'inspire profondément en finissant me réveiller et je porte ma main à mon visage avant de me cacher dans un oreiller dans un grognement. Je le sais bien, que ça va passer, mais en attendant, c'est là et c'est à me fracasser le crâne contre un mur.

"Bonjour à toi aussi, migraine."


Dear Dad,
I think about you every day. The end of your world. The beginning of mine. Six billion lights that went out in six months. Six billion lives lost to a mystery. All the mothers, fathers, sisters, brothers over the age of innocence. Of fifteen years full of missing you.
But I keep you alive in my words.
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Gen Caleb
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J'ai esquissé un sourire lorsque j'ai réalisé qu'il se réveillait à son tour. "Bonjour," ai-je répondu avant de l'entendre grogner et de le voir se planquer la tête dans un de mes oreillers comme s'il venait de se réveiller avec une violente gueule de bois - et pourtant, je vous jure qu'on avait même pas bu ! J'ai doucement posé une main sur son épaule lorsqu'il a mentionné une migraine. "Tu veux quelque chose ?" ai-je demandé en un chuchotement.

Je savais que Bogdan se sentait mal lorsqu'il disait trop la vérité... mais, quand même, il n'était pas atteint au point de ne plus être capable de dire bonjour sans se taper un mal de crâne ? J'ai fait glissé ma main de son épaule à son cou, mes doigts massant légèrement sa nuque. Mes yeux se sont égarés sur son dos et sur les taches noires qui couvraient sa peau. Je me demandais... est-ce qu'il en avait une pour chaque mensonge ?


"Those who make peaceful revolution impossible will make violent revolution inevitable."

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Bogdan Lupescu
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Je secoue la tête en grognant légèrement. Ca passera, je ne me fais pas de souci. D'ailleurs, quand mon téléphone sonne, quelque chose me dit qu'elle va très vite passer. Dans un effort surhumain, je me redresse, pourrissant le responsable qui m'éloignait de Gen même d'un mètre. Je fouille mon jean jusqu'à trouver mon HP et je décroché en me laissant retomber contre elle, le nez contre son épaule. Je ferme les yeux dans un profond soupir alors que je porte le téléphone à oreille.

"T'es où ?"

"Au Maroc, j'avais envie de loukoums."

"... Tes mensonges ne marchent pas au téléphone, Bogdan."

Ah oui, c'est vrai.

"J'avais piscine, je trouvais la monitrice sexy, je me suis endormi sur son tapis de Yoga." Un temps de silence. "Je me suis fait courser par des licornes."

"Bogdan... C'est déjà pas drôle de se faire tambouriner à la porte parce que des gamins se demandent où est passé leur petit déjeuner. Alors tes mensonges..."

"Oops."

"Ouais. Oops."

"Je me paye la migraine du siècle, j'arrive. Je suis là, juste le temps que je prenne une douche, que je me réveille, et je m'en occupe."

"Je suis dans ta piaule, je m'inquiétais parce que tu n'étais pas là et que ce n'est pas dans tes habitudes. Je vois bien que tu n'es pas 'là'."

"Damn it you !"

Je raccroche et lance le téléphone à travers la caravane avant d'entourer Gen d'un bras... Pour me rendormir. Ces derniers temps, je fais une consommation scandaleuse de ces appareils, mais je n'ai jamais beaucoup aimé le téléphone. Mon pouvoir ne marche pas avec ces trucs. Je n'aime pas ça. Au moins, le simple fait de les dire apaise mon mal de tête et soulage mon estomac. Je resserre un peu plus Gen contre moi.

"Ils attendront un peu..."


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Gen Caleb
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La sonnerie du téléphone de Bogdan m'a prise au dépourvu: curieuse, j'ai naturellement suivi la conversation - du moins, la moitié que j'étais en mesure d'entendre - comprenant rapidement que l'absence de Bogadn à l'Underground ce matin s'était déjà faite remarquer et qu'on se posait des questions sur son compte. Quoi, ils faisaient des appels de présence à main levée comme à la petite école ? Avec tout ce monde ? Ou bien Bogdan avait-il une place plus importante au sein de l'Underground qu'il n'avait voulu me laisser entendre ?

Quoi qu'il en soit, son rôle n'était apparemment pas assez important pour l'empêcher de ne pas se précipiter là-bas, et c'était toujours ça de pris. Rejetant son téléphone, il s'est callé à nouveau contre moi, m'arrachant un sourire. Apparemment, la migraine était passée: même, il s'est rendormi après avoir décrété qu'ils n'avaient qu'à attendre.

Mais moi, j'étais bien réveillée, maintenant. Doucement, pour ne pas l'éveiller, j'ai passé mes doigts dans ses cheveux, un sourire sur mes lèvres: je ne m'étais pas sentie aussi bien et aussi près de quelqu'un depuis... depuis... en fait, je ne pense pas que c'était arrivé. J'ignorais si c'était mon pouvoir qui me faisait ressentir cette connexion, mais ce que je savais, c'était que ça me faisait un bien fou de penser qu'après tout ce temps à être invisible... j'avais droit à mon moment à moi.


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Bogdan Lupescu
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Si je me rendors, c'est contre mon gré. Je n'y comptais pas, je voulais profiter de Gen, mais j'étais bien, contre elle. Peut-être un peu trop, même. Tout de même, je ne me rendors pas pour la matinée. Il fait chaud au Sanctuaire et je n'ai jamais très bien dormi ici. J'ai toujours préféré les climats tempérés et ombragés comme les forêts.

Quand je rouvre les yeux, je commence à avoir chaud. Je m'étire quelque peu en lui embrassant l'épaule avant de me frotter le visage. Et puis, je me redresse sur un coude pour la regarder, un sourire naissant sur mes lèvres. Je lui embrasse un oeil, puis la joue, avant de descendre dans son cou, pendant que ma main la resserre contre moi en glissant dans son dos. Je m'attarde dans son cou avant de rejoindre ses lèvres. Oui, je suis un garçon câlin. Et quand je relève la tête pour l'admirer, j'écarte quelques cheveux de son front, suivant mon geste du regard. De mon point de vue, la plus belle fille du monde.

"Bien dormi ?"


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Gen Caleb
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J'ignorais s'il avait réellement dormi ou juste somnolé un peu plus: un léger sourire aux lèvres, je jouais doucement dans ses cheveux jusqu'à ce qu'il ouvre à nouveau les yeux et les lève sur moi. Ma main s'est arrêtée sur sa joue, le sourire toujours sur mes lèvres. "Bon matin."

Un léger rire m'a échappée lorsqu'il m'a embrassée et serrée contre lui, c'était... doux, tendre, câlin. Je me sentais pratiquement revivre auprès de lui. Je vous ai fait savoir que je n'avais pas vécu ça depuis... des années ? Qu'on ne m'avait pas touchée, embrassée, regardée de cette manière depuis au moins une éternité ?Et que c'était vachement bon ?

Oui, plein de fois ?

D'accord, je voulais juste être bien certaine que vous soyiez au courant. Sa question m'a arrachée un autre sourire. "Comme un bébé." À nouveau, j'ai lentement passé ma main dans ses cheveux. "Remis de la migraine ?"


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Bogdan Lupescu
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Je hausse une épaule dans un léger sourire.

"J'ai l'habitude depuis 15 ans... C'est rien." Je tourne la tête pour lui embrasser la paume avant de la serrer dans ma propre main. "Mais il va falloir que j'y aille. J'ai du travail. Je ne pensais pas dormir autant et rentrer à l'heure pour le petit dej, mais... Je dois planifier une alerte satellite contre un missile nucléaire qui va attenter à la survie de notre planète. Tout dépend de moi, le monde repose sur mes épaules, tu comprends ? Et si je ne te revois pas..."

Je l'embrasse à pleine bouche, comme si c'était la dernière fois que je la voyais, dans les larmes et la douleur, la souffrance ! Je me dégage d'elle et porte ma main sur mon front en fermant les yeux, théâtral.

"Dis à ma femme et mes enfants que je les aime." Il m'arrive d'oublier que mes conneries passent pour du sérieux à cause de mon pouvoir. "Mais ma dernière pensée sera pour toi, de tes lèvres sur les miennes !"


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Gen Caleb
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J'ai eu un blanc mental d'au moins cinq secondes, du genre "... il est sérieux ?" avant de me rendre compte que "BIEN SÛR QUE NON !" et de me mettre à rire de bon coeur. "T'es vraiment trop bête, tu le sais ça ?" Sauf que... derrière la connerie du satellite, de la mission nucléaire, de la femme et des enfants se cachait quand même une vérité: Bogdan était sur le point de s'en aller. Et, tout d'un coup... j'ai comme qui dirait pris peur.

"Attends, est-ce que..." Je me suis mordue la lèvre inférieure. Elle venait d'où cette crainte ? Cette vulnérabilité ? Sans même m'en rendre compte, j'avais repris sa main dans la mienne, comme pour le retenir: je l'ai relâchée lorsque j'ai réalisé mon geste. "Est-ce que tu pars et je te retrouve par hasard dans deux ans, ou..." J'ai dégluti et levé les yeux vers lui, étrangement nerveuse. "Ou on peut parler d'un délai, plus, euh... raisonnable ?"

J'aurais peut-être pu le savoir autrement.

Mais je voulais l'entendre.


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Bogdan Lupescu
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[Je cloture ainsi que les autres sans réponse depuis des mois (hahem, juillet... Ca tire un peu là)]

Si elle est nerveuse, ce n'est pas mon cas. Sûrement parce que j'ai la réponse à sa question et qu'elle n'a rien de négatif. Je me suis redressé pour regarder par-dessus mon épaule si je voyais mes affaires et je fronce les sourcils sous la concentration. C'est pourtant pas grand. Mais justement, on dirait que le lit, c'est la pièce tout entière. Je commence à ramasser tous mes biens et à me rhabiller.

"Fiouf, dans deux ans, je ne serai plus là !"

Je fronce un peu plus les sourcils en me tournant vers elle. Elle a pris ma main et l'a récupérée et je me demande bien pourquoi elle semble si inquiète. Elle croit sincèrement que je suis venu jusque là, que je lui ai dit toutes ces choses la veille au soir... Pour m'enfuir ensuite comme un voleur ? ... Elle a peut-être raison de le craindre mais en fait, non. Toujours est-il que ça me laisse curieux. Oui, je dois m'enfuir parce que j'ai de la route et qu'il est déjà tard et que je ne veux pas attirer trop l'attention sur des activités hors underground. Mais tout ça n'a rien à voir avec elle.

J'enfile mon pull - toujours ce même truc sans forme que je portais quand j'ai quitté Liberation et rejoint l'Underground qui connaitrait bientôt un destin funèbre - et je lui souris en me passant la main dans les cheveux pour essayer de les discipliner un peu. Peine perdue, ça a toujours été une sale crinière.

J'apprécie qu'elle n'ait pas utilisé son pouvoir sur moi. Je n'ai pas le choix, c'est comme ça et je sens toujours l'acide m'enflammer la poitrine, je ne peux pas dire la vérité. Si je ne peux pas tout à fait lui répondre, je peux encore faire quelque chose. Je reviens au-dessus d'elle, en appui sur mes bras de part et d'autre de ses épaules et je l'embrasse sans arrêter de sourire. Puis, à son oreille, je lui glisse une séquence de chiffres - mon téléphone. Je la répète une deuxième fois pour qu'elle l'enregistre. C'est un ancien agent de la CIA, une PSY, je sais qu'elle n'a pas besoin de plus pour l'avoir en mémoire.

"Je dois vraiment filer."

Je l'embrasse à nouveau, lui fais un clin d'oeil en me redressant et je récupère mon téléphone que je range dans la poche de mon pantalon. Je lui envoie un dernier baiser dans l'air et je m'échappe.


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